Jozef Siroka

Archive du 5 novembre 2011

Samedi 5 novembre 2011 | Mise en ligne à 12h00 | Commenter Commentaires (7)

Le court du week-end: La lutte

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La lutte (1961) de Michel Brault est un classique incontesté du cinéma direct. Pas seulement dans la sphère de notre cinéma national, mais dans l’histoire du 7e art en général. Un film accompli à tout point de vue; technique, esthétique, thématique. Il s’agit également d’une oeuvre terriblement divertissante.

Le synopsis fourni par l’ONF :

Ce documentaire propose une incursion dans le monde de la lutte professionnelle à Montréal. Les combats, simulés et spectaculaires, se déroulent au Forum de Montréal, mais aussi à l’arrière-scène, lieux où se pratique cet art guerrier. Les caméras attentives aux moindres détails captent les bons et les méchants lutteurs qui s’empoignent, se frappent, rugissent et grimacent, rivalisant d’ingéniosité pour le plus grand plaisir des spectateurs.

Le protagoniste du film est Edouard Carpentier, héros du peuple québécois à l’ère de la Révolution tranquille. L’homme fort est décédé l’année dernière. Sa biographie, impressionnante, est à lire ici.

Voici un extrait de l’analyse de La lutte écrite par mon ancien prof à Concordia, Donato Totaro, tirée du recueil Guide to the Cinema(s) of Canada :

La lutte est un des films phare du courant cinéma vérité issus de l’unité francophone de l’ONF. [...] La voix du cinéaste est ressentie partout. Le film est rempli d’humour, de réflexivité (l’interjection d’intertitres rappelant le cinéma muet), et d’ironie. S’inspirant de l’étude des mythes de Roland Barthes, La lutte est un examen engagé d’une forme de divertissement de la classe ouvrière, imprégné de catharsis émotionnelle et de violence ritualiste. À travers une série de gros plans remarquables, nous sommes témoins d’un public fièrement impliqué dans une bataille manichéenne entre le héros et le méchant, leurs émotions gouvernées par le rythme du match de lutte. La musique stylisée (orgue, clavecin) assimile l’aréna de lutte à un sanctuaire. La lutte démontre comment le sport, avec ses aspects ritualistes, en est venu à signifier la nouvelle religion séculaire d’un Québec moderne et urbain.

«Dans un party on rencontre Roland Barthes»

Michel Brault raconte comment une rencontre fortuite avec le philosophe Roland Barthes a changé son approche du film, ce dernier insistant que la lutte est une sorte de fiction nécessaire, qui sert d’«exutoire à la foule».

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