Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Samedi 8 octobre 2011 | Mise en ligne à 0h00 | Commenter Commentaires (2)

    Le court du week-end : Elephant

    elephant

    Un long court-métrage pour un long week-end. Produit par Danny Boyle, Elephant (1989) est la dernière, et la plus fameuse, oeuvre d’Alan Clarke, réalisateur de téléfilms pour la BBC extrêmement influent qui a révélé des talents comme Ray Winstone (Scum, 1979) ou Tim Roth (Made in Britain, 1982).

    Situé à Belfast, le film de 39 minutes est basé sur Les Troubles en Irlande du Nord et dépeint 18 assassinats documentés. La structure répétitive, la mise en scène minimaliste, l’absence de dialogue, tendent vers un cinéma de l’abstraction qui peut soit fasciner, soit irriter le spectateur.

    Comme le dit Dennis Lim du Village Voice, «[Elephant] réduit un cycle d’une violence insensée à une géométrie cruelle et anonyme.» On peut également voir dans la démarche de Clarke une sorte de ballet brechtien, qui force une réflexion intellectuelle à travers un assemblage formel rigoureux.

    Le titre du court fait référence au «déni collectif des problèmes sociaux sous-jacents en Irlande du Nord», affirme le scénariste du film, Bernard MacLaverty. Le fameux éléphant dans le salon.

    Gus Van Sant a d’ailleurs repris le même titre pour son exposé lyrique inspiré de la tuerie à Columbine, une manière de rendre son dû à Clarke, dont il s’est approprié le style pour sa Trilogie de la mort (Gerry, Elephant, Last Days).

    (Avertissement: violence graphique)


    • Du vrai grand cinéma, à l’image de nos vies : insupportable.

    • J’ai vu ce film en première partie du Elephant de Van Sant à la Cinémathèque il y a quelques années, un programme double assez lourd.

      Mais Clarke ne va pas jusqu’au bout de son idée, il rate son coup : le film n’est pas assez répétitif, ni assez minimaliste. Il varie trop sa formule: après quelques meurtres, Clarke s’amuse à jouer avec nos attentes, on ne sait jamais si la caméra suit la victime ou le meurtrier, et on ne sait jamais quand ni comment le meurtre aura lieu. Tout un suspens s’installe ainsi et l’on s’amuse, avec le réalisateur, à découvrir toutes ces variations sur un même motif. La répétition ne marche plus, ni l’effet d’accumulation, il n’y a pas non plus d’accoutumance, il n’y a qu’un effet de surprise qui devient assez plaisant. Il importe peu alors que le film soit silencieux ou que les meurtres sont sans contexte, totalement gratuits, le film se transforme peu à peu en exercice de style, une sorte d’énumération de comment mettre en scène un meurtre. Si les premières minutes sont suffocantes, insupportables, plus le film avance, plus il devient fascinant, et la dénonciation ou plutôt le constat s’efface pour laisser place à une virtuosité esthétique. Je ne pense pas que ce soit l’effet voulu (et si ce l’est, il est hautement critiquable).

      Le style de Van Sant doit beaucoup plus à Tarr qu’à Clarke à mon avis, il l’a dit très souvent d’ailleurs. Il y a beaucoup de parallèles intéressants entre Satantango et Elephant (Van Sant), au-delà de la reprise d’une esthétique et d’une structure, Van Sant dialogue vraiment avec Tarr.

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