Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mardi 27 septembre 2011 | Mise en ligne à 12h00 | Commenter Commentaires (20)

    Drive : variations sur les surfaces

    drive

    À mi-chemin dans Drive, premier essai aux États-Unis du cinéaste danois Nicolas Winding Refn, un gangster prénommé Nino (Ron Perlman) examine une voiture de course modifiée. Visiblement déçu, il demande au garagiste, Shannon (Bryan Cranston), pourquoi elle a un air si banal, alors qu’il a mis une petite fortune dessus. Et ce dernier de rétorquer: c’est la mécanique élaborée, dissimulée en dessous de la carrosserie qui la rend si efficace, et non le design visible. En d’autres mots, c’est l’être qui compte, et non le paraître.

    Voilà une des nombreuses pointes auto-dérisoires qu’on retrouve dans cette oeuvre inclassable, alliant avec une dextérité jouissive clichés du cinéma d’action hollywoodien et sensibilité de films d’auteur européens. Refn, qui s’est fait un nom avec avec l’ultra stylisée et violente trilogie Pusher (1996-2005), ainsi que le classique culte instantané Bronson (2008), est, contrairement à Shannon, principalement concerné par le pouvoir de l’esthétique. Ce qui n’est pas dire que Drive est une belle coquille vide; plutôt, que le travail de surfaces minutieux suffit à lui seul pour inculquer au film une surprenante dimension existentialiste. On ne parle cependant pas d’un existentialisme qui concerne à priori l’homme, mais bien le cinéma… de genre.

    Refn est le dernier venu d’une longue lignée de cinéastes étrangers (Fritz Lang, F.W. Murnau, John Schlesinger, Werner Herzog, Roman Polanski, etc.) qui, ayant connu la gloire en leurs terres natales, viennent braquer leur lentille sur l’expérience américaine. Ce qui l’intéresse en particulier, ce n’est pas tant les thèmes de la solitude et du crime dans une grande métropole colorée, ou les possibilités et plaisirs cinétiques reliés à un film de chars, comme Drive a été promu. Ces éléments sont bien sûr présents, et d’ailleurs exploités de manière très satisfaisante – le sens du rythme et du suspense du récipiendaire du Prix de la Mise en Scène à Cannes est admirable. Mais ce n’est pas ce qui rend Drive si significatif. L’objectif premier de Refn est en fait de déconstruire les rouages de ces innombrables films similaires, bons ou mauvais, qui l’ont précédé et de saisir les raisons qui nous poussent d’y revenir sans cesse, membres de l’industrie et du public compris.

    L’intrigue de Drive et, jusqu’à un certain point, les caractéristiques psychologiques des protagonistes, représentent les facettes les moins intéressantes du film. Il y a le mystérieux et héroïque Driver (Ryan Gosling), cascadeur sur des plateaux de tournage le jour, et chauffeur à louer pour des braqueurs la nuit. Il est, bien entendu, Le Meilleur dans ces domaines respectifs. On retrouve aussi la fille d’à côté, la vulnérable Irene (Carey Mulligan), qui s’éprend de Driver, un bandit sadique (Albert Brooks, inquiétant dans un rôle à contre-emploi), un vol qui tourne mal, une valise remplie d’argent sale, des menaces, et beaucoup de comptes à régler sanglants. En somme, Drive englobe les archétypes de bon nombre de fictions hollywoodiennes qui ont dominé le grand écran depuis les débuts du 7e art, allant des westerns de John Ford, aux films noir avec Humphrey Bogart, en passant par les plaisirs coupables du 80s Action.

    drive-trailer-red-band

    Driver est un homme de peu de mots. Il ne délie sa langue de manière soutenue qu’à deux reprises pendant le film, et c’est pour répéter le même mantra: «If I drive for you, you give me a time and a place. I give you a five-minute window, anything happens in that five minutes and I’m yours no matter what. I don’t sit in while you’re running it down; I don’t carry a gun… I drive.» Ce règlement auquel se doivent de se plier ses éventuels employeurs d’un soir agit davantage comme l’écho d’un film cool et viril qu’une prédisposition ancrée dans la réalité. On semble en effet entendre le credo de Neil McCauley (Robert De Niro) dans Heat (1995) de Michael Mann, un chef d’oeuvre néo-noir et une influence majeure de Drive: «A guy told me one time, “Don’t let yourself get attached to anything you are not willing to walk out on in 30 seconds flat if you feel the heat around the corner.“».

    Mais cantonner Drive au simple rang de pastiche ne lui rendrait pas entièrement justice. Comme le dit avec justesse Wesley Morris du Boston Globe dans sa critique, «Le propos de Drive n’est pas tant les autres films. Il s’agit de la perception par Refn de la filmitude de la vie». Dans de nombreux entretiens, le cinéaste de 40 ans décrit Driver comme quelqu’un qui se définit comme le héros d’un conte de fées. Il est un chevalier ou un cowboy solitaire moderne, se portant à la défense de la demoiselle en détresse, conduisant des chevaux chromés à quatre roues se nommant Impala ou Mustang…

    drive_elevatorclip_hd

    Vivre comme dans un film peut toutefois nous mener dans un complexe labyrinthe moral, où les actions et les fantasmes donnent parfois lieu à un cocktail malsain. Et c’est en cela que les trajectoires des personnages de Refn divergent de celles des créatures «pulpeuses» de Quentin Tarantino, par exemple, qui échappent à tout dilemme éthique en tapissant leurs expériences d’un humour uniformément ironique.

    Une scène, plus que toute autre, cristallise, avec une économie phénoménale, les obsessions du cinéaste danois. On se trouve dans un ascenseur baigné d’une lumière jaune ocre alarmante, qui transporte vers le rez-de-chaussée (l’abîme?) Driver, Irene et un homme de main au dessein louche se croyant faussement incognito. La tension, paroxystique, est d’abord d’ordre sexuel: les deux amoureux échangent un premier baiser langoureux, filmé en ultra ralenti sur fond de musique envoûtante, avec le danger imminent hors cadre. Le relâchement de cette tension est ensuite sèchement transféré vers un grotesque acte de violence – une rupture de ton qui ferait rougir David Lynch – alors que Driver démolit le Méchant sans crier gare, à la stupéfaction d’Irene et du spectateur. L’existence filmique, aussi sensuelle soit-elle, comporte des conséquences bien concrètes.

    À mon avis, Refn répond avec Drive à la fameuse question de François Truffaut: «Le cinéma est-il plus important que la vie?» Sa thèse est peut-être entièrement étayée à l’aide de jeux de surfaces; tour à tour hypnotisantes, éthérées et glissantes. Il réussit néanmoins, à travers une approche à la fois agressivement fabriquée et foncièrement sincère et, il faut l’admettre, par une magie qui m’échappe, à élever le superficiel au rang d’essentiel. Ni plus ni moins une des plus belles lettres d’amour aux images en mouvement.

    Liens intéressants à consulter :

    > Entrevue de Nicolas Winding Refn à Cinema Scope
    > Entrevue de Ryan Gosling à Vulture
    > Drive : anatomie d’une scène
    > Only God Forgives : la prochaine collabo Gosling-Refn
    > Télécharger la bande originale de Drive sur iTunes


    • Coquilles: neo, éhappent, à coté, ascenceur.

      Merci ghost! J’ai un nouvel ordi (l’ancien a explosé, ce qui explique mon absence prolongée) et mon correcteur d’orthographe était désactivé. -js

    • Bon texte!

    • Ce film me « travaille » encore, une semaine après son visionnement.

      Le film semble un peu trop conscient de sa propre « cool attitude », ce qui m’a vraiment irrité (je n’ai pourtant pas ce problème avec Tarantino). Néanmoins, Drive ne me sort pas de la tête, au point où je me dis qu’il faudrait bien que je retourne le voir juste pour me libérer l’esprit.

      Un collage de la bande sonore :
      http://www.youtube.com/watch?v=A9J4R4KYv-s

    • “Driver est un homme de peu de mots …” De toute évidence, Refn est un fan fini de TWOLANE BLACKTOP (1971) :) (On se souviendra que The Driver (James Taylor) et The Mechanic (Dennis Wilson) étaient eux aussi des hommes de peu de mots …) Je n’ai pas encore vu le film. Y a-t-il un personnage qui serait le penchant du verbomoteur GTO (Warren Oates) ??

    • Belle analyse, Mr. Siroka. Encore une fois: quel film.

      Et la trame sonore est un must. Cliff Martinez en a 2 bon cette année qui rehaussent leur film respectif, avec Drive et Contagion.

      Martinez est aussi présent au générique de Lincoln Lawyer, très bon petit film. -js

    • Excellent texte, et grand film.

      Mais j’ai une réserve (sur le texte): l’existentialisme de Drive ne concerne pas que le film de genre, ça concerne l’homme en premier lieu. Refn travaille ici la même thématique que dans ses derniers films (peut-être ses premiers aussi, je n’ai pas vus): expression de l’âme par le corps, de la spiritualité par la matérialité du corps (c’est Valhalla Rising en gros). Driver n’a pas de passé établi (outre celui du cinéma) parce que Refn s’intéresse à l’expression de l’émotion ou de l’intériorité, pas au pourquoi. On ne sait pas pourquoi Driver lance ce regard dans la scène de l’ascenseur, on comprend l’émotion qu’il exprime, mais on ne peut pas le rattacher à un profil psychologique quelconque. Il n’y a que cette émotion, pure dans son expression parce que détachée de toute justification ou explication.

      La réplique sur les autos va dans ce sens, comme la discussion autour d’un dessin animé avec l’enfant de sa voisine (comment tu sais qu’il est méchant? parce que c’est un requin. mais est-ce que tous les requins sont méchants?) La question concerne moins l’être qui serait plus important que le paraître, mais plutôt comment le paraître peut traduire, cacher ou trahir l’être. La mise en scène n’est pas “cool”, elle traduit entièrement l’intériorité du personnage principal, par des chansons pop ou des cadrages qui disent ce que lui ne peut ou ne veut pas dire par exemple, autre relation entre l’intérieur/l’extérieur (on peut penser à toutes ses scènes filmées dans un endroit restreint, la première poursuite, filmée entièrement à l’intérieur de la voiture, ou l’ascenseur, les deux moments où nous sommes le plus près du personnage). L’approche a peu à voir avec Tarantino, mais c’est très proche des deux David (Cronenberg et Lynch).

    • Très pertinent. Néanmoins, on doit mettre beaucoup de crédit sur Gosling puisque n’eût été de sa performance, je me demande si le film aurait autant cartonné ?

      Tout à fait. D’ailleurs savez-vous que c’est lui qui a engagé Refn? Drive devait à la base être une franchise à la Fast & Furious avec Hugh Jackman -js

    • @ guy777 : Drive n’est pas vraiment un succès commercial. 21 millions après deux fins de semaine.

      Sur le pourquoi et le comment (en anglais) : http://www.deadline.com/2011/09/autopsy-report-young-guys-didnt-drive/

    • Je partage l’opinion des intervenants précédents sur la qualité de votre analyse. Par contre, la critique d’Antony Lane dans le New Yorker rejoint davantage mon impression du film. Sortie de route et dérapage vers le gore dans la seconde moitié, qui laisse un goût amer.

      http://www.newyorker.com/arts/critics/cinema/2011/09/26/110926crci_cinema_lane?currentPage=1

    • @frederic

      En utilisant le mot “cartonné”, je faisait davantage référence à la bonne critique que le film semble avoir engendré mais aucunement n’ais-je voulu parler de succès commercial puisqu’il est clair que l’oeuvre en question ne s’est pas hissé au sommet du Box-Office. Cela dit, il m’apparait tout de même évident que l’acteur principal(Gosling) y est pour beaucoup dans ce “succès” au sens large du terme.

      @js

      Effectivement, Gosling a, pourrait-on dire, jouer les bonnes cartes. Merci encore pour les précisions monsieur Siroka.

    • @ guy777 : D’acc. Je n’avais pris “cartonné” que dans le sens “succès public”. En effet Gosling est un acteur majeur (à plusieurs points de vue) dans la réussite du film.

    • Jozef, d’où tenez-vous que ce devait être une franchise à la Fast & Furious? J’ai lu qu’il s’agissait d’un projet mettant en vedette Jackman, sous la réalisation de Neil Marshall (l’excellent The Descent et le très moche Doomsday, entre autres). La rumeur voulait que le budget soit d’environ 100M$, ce qui en aurait certainement fait un film bien différent et probablement plus générique, mais pas nécessairement un film de gros chars, de machos à camisoles et de pitounes huilées. Pas que j’aie quelque chose contre les camisoles et l’huile, ceci-dit.

      On ne saura jamais ce qu’aurait été le film qui ne sera jamais. On sait par contre que le film que nous a livré Refn est excellent et semble avoir tiré profit de la liberté artistique engendrée par les attentes financières modestes d’un film à petit budget (15M$).

      Refn en entrevue à AV Club. Lecture fortement suggérée. Un extrait :

      AVC: Drive existed as a project in Hollywood before you came on board. What state was it in when you came to it?

      NWR: It was owned by Universal, which had bought the book. There is a really, really, really smart and clever producer called Adam Siegel who had read the book many years ago, and I don’t know how he had gotten Universal to buy it, because the book is a 100-page existentialist novel about a stuntman in Los Angeles. I guess Universal didn’t get high on that, so they wanted to make it about a wheelman, which is a very small part of the book. Hossein Amini was hired by Universal to adapt it into a franchise concept, like The Fast And The Furious, and I believe it was designed for Hugh Jackman to star. But in the last six years, it never got made. They never greenlit it.

      -js

    • Bah. Ce film s’inscrit dans ce que les américains appellent un «FAD», c’est tendance, c’est léché, la machine est rutilante, impeccablement huilée, la bande son, à l’avenant, est au goût du jour (tout en étant mâtinée d’inflexions délicieusement rétro)… En même temps, je ne peux m’empêcher d’exprimer quelques réserves s’inscrivant en faux de l’assentiment général et d’un enthousiasme, qui malgré le plaisir que j’ai éprouvé à visionner Drive, me paraît un tantinet surfait… Don’t mean to be a killjoy, mais, si je m’appuie sur les quelques commentaires bon enfants et puériles que nous offrent immanquablement un Refn goguenard en entrevue, attribuer à Drive l’étiquette du trip sensoriel, celle du trip stylistique dont la genèse est d’ailleurs la concrétisation d’un voeu pieux – rappelons que Drivé est né d’une boutade lancée lors d’une soirée bien arrosée entre ses deux instigateurs (soit Refn et Gosling) -, ne me semble pas totalement non fondé. Ceci dit, le spectre fataliste me semble davantage planer sur le destin de Driver que les relents existentialistes auxquels vous faites référence… bref, tout cela me semble hautement discutable.

    • J’y ai trouvé une similarité avec le personnage qu’incarne Rosling à celui de Mads Mikkalsen dans Valhalla Rising (que vous n’avez pas mentionné d’ailleur :) ). Des forces violentes mais silencieuces.

    • Je voulais juste te mentionner à quel point tu as un très bel style d’écriture.De plus, cette critique était juste et décrivait tellement bien le syle du cinéaste,l’histoire.Bref très beau travail!

    • Très bon film, que je qualifierais de polar ou film “noir”. Certainement pas un feel good movie en tout cas.

    • Beaucoup de mots pour un film de genre un peu ennuyeux. Drive est bien fait mais je suis un peu las de ces reprises stylistiques. D’abord, The American qui cultivait l’esthétiques des années 70 et maintenant Drive qui replonge dans l’univers de Michael Mann. Je n’ai rien contre les films de genre, au contraire, mais The American et Drive se déclinent comme des prestations de quatuors de musique ancienne qui tiennent mordicus à jouer avec des instruments d’époque. Boring.

      Je pense que l’échec commercial de ce film est symptomatique de ce problème. Presque par définition, un film de genre réussi doit correspondre aux goûts du jour et de l’époque. Un film de bandits qui ennuie le public des 18-25, ce n’est pas une réussite… Dirty Harry ou Die Hard étaient des films de genre excitants en leur temps. Certains des gamin(e)s qui les ont vus sont par la suite devenus cinéastes à leur tour. Drive n’influencera personne.

    • Merci pour votre analyse. J’ai adoré le film mais j’avais de la difficulté à saisir pourquoi. Vous me donner de quoi réfléchir.

      Je reviens sur les commentaires de certains qui parlent d’échec commercial. On parle d’un film au budget de 13 millions $ et des recettes à ce jour de 23 millions $. Je m’excuse mais je ne peux pas parler d’un échec, au contraire, d’un point de financier c’est un très bon rendement. La réussite financière se juge à la lumière des revenus mais aussi des dépenses engagées.

    • Je viens de visionner [enfin!] Drive hier soir après une longue attente et je dois dire que je suis plus nuancé dans mon appréciation que la majorité des commentateurs sur ce blogue.

      Contrairement à lobolduc qui qualifie de “dérapage vers le gore” la 2e partie du film, je dirais au contraire que c’est cette partie du film qui justement sauve ce dernier! Honnêtement, après 45 minutes, je me demandais vraiment où ce film hyper cliché et télégraphié s’en allait.

      Contrairement à Hobo w.a.s.g., la violence [dans la 2e partie du film] est beaucoup plus crédible et pertinente. Aussi, elle est soudaine et saisissante; c’est ce que j’ai particulièrement apprécié de ce film. Le réal. joue énormément non seulement avec les tons, mais aussi avec le rythme d’une scène à l’autre, ce qui amplifie de manière magistrale les nombreux crescendos. Plusieurs scènes génèrent un peu le même sentiment de confusion/révélation soudaine propre aux [premiers] films de Shyamalan, suivis d’une violence éloquente et brutale, mais authentique et crédible un peu à la Tarantino (Fiction Pulpeuse, Jackie Brown et Death Race). Je crois que toutes les scènes d’action sont non seulement superbes visuellement parlant (la scène du matelas de chambre d’hôtel et de l’ascenseur sont excellentes!), mais également parfaitement intégrées… sauf la toute dernière! ATTENTION SPOILER : de la manière dont l’employeur de Driver avait vu son bras dépecé une dizaine de minutes plus tôt, aucune chance pour que Driver survive au coup de couteau infligé dans le bassin par le Bad Guy dans le stationnement.

      Et c’est essentiellement ce que je reproche au film : une photographie, une trame sonore, des jeux de tons et de rythmes qualifiables de chef d’œuvre, mais une intrigue somme toute vraiment nulle (je ne parle pas du scénario – dialogues – , mais bien du « plot » en anglais)! Les premières 45 minutes ont mis la table à la 2e section j’en conviens, mais était-ce vraiment nécessaire de sombrer dans le romantisme bidon? ATTENTION : SEMI-SPOILER : Le gars est en prison depuis plusieurs années et Irène l’a attendu tout ce temps et 10 jours avant sa libération, elle se laisse « séduire » par Driver? Come on… et la scène du braquage (ATTENTION : SPOILER), il était écrit dans le ciel que le mari allait se faire descendre. Et d’ailleurs, pour faire référence à la scène finale, pourquoi est-ce que Driver a accepté de rencontrer le dernier des Bad Guy plutôt que (attention : SPOILER) de le descendre comme il a fait avec Nino? Et pourquoi a-t-il laissé l’argent là? Ou bien la mafia était au courant de son existence, ou bien elle ignorait tout de lui : dans un cas comme dans l’autre laisser l’argent sur place ne change rien. Et s’il est pris en chasse [par la mafia], combien de temps pense-t-il survivre sans argent et gravement blessé?

      Je crois que si on s’en tient aux principaux concepts du film, notamment le combat entre le bien et le mal justifiant la dérogation au code du Wheelman et la spirale de violence qui en découle, et l’aspect « temps présent » qualifiant Driver (comme le mentionne le réal dans les suppléments, il ne semble avoir aucun passé mais surtout aucun projets/rêves contrairement à d’autres héros similaires qui avaient un objectif quantitatif – Val Kylmer dans The Saint, Pacino dans Carlito’s Way – ou qualitatif – Tom Cruise et le maintien de sa réputation immaculée dans Collateral) clairement établi pour justifier leur activité illicite), et surtout si on s’en tient aux qualités techniques irréprochables de ce film, on obtient facilement un 9/10, voire un score parfait. Mais lorsqu’on ne considère que l’histoire/intrigue d’une simplicité quasiment gênante à la History of Violence (lequel en plus n’avait pas le raffinement esthétique de Driver), on dégringole à 5/10.

      Bref, un film à la fois extrêmement gratifiant et frustrant selon la perspective choisie : 7,5 / 10 … mais il aurait pu/dû se mériter au moins 8,5!

      N.B. Gosling est excellent!

    • @pgon@

      J’ai bien aimé The American et quoique moins satisfaisant que Driver à certains égard (les changements de tons et de rythmes dans Drive figurent dans mon top 10 à vie!), j’ai trouvé The American globalement mieux balancé et sans grande faiblesse… et beaucoup moins frustrant (i.e. intrigue, scènes télégraphiées, etc.).

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