
Kirk Douglas a perdu l’usage de la parole il y a quinze ans suite à une crise cardiaque un AVC. Depuis, il est en période de réadaptation, et réussit à brièvement parler une fois de temps en temps. L’accident l’a évidemment contraint à abandonner sa passion et, au lieu d’attendre «le retour du cinéma muet», il chérit le temps qui lui reste auprès de sa femme Anne, avec qui il est marié depuis 50 ans.
Suite à la lecture d’un article de Christopher Hitchens*, collaborateur chez Vanity Fair qui chronique régulièrement sur sa vie depuis qu’il a attrapé un vilain cancer de l’oesophage, Douglas a rédigé une réponse sous la forme d’une touchante lettre publiée dans la présente édition du magazine.
Le légendaire acteur de 94 ans y inclut trois poèmes épurés et sans prétention, d’une franchise et d’une simplicité que ne semblent pratiquer que les gens au crépuscule de la vie. En voici un, les deux autres sont à lire ici.
Romance begins at 80
And I ought to know.
I live with a girl
Who will tell you so.I sit by her bath
As she soaks in the tub.
Then help her out
For a strong towel rub.She likes that a lot
But before I tire,
It’s time to pour the wine
And start lighting the fire.As the fire crackles,
We talk of the past.
We met over 50 years ago.
Did you think it would last?The glasses are empty.
The ashes are red.
“Thanks for a lovely evening
But it’s time for bed.”When you get to 90,
Cherish the memories you had.
Those are the only things
That can make you feel glad.
Voici une scène de Ace in the Hole (1951) de Billy Wilder, mon film préféré avec Kirk Douglas. Il y incarne un journaliste sans scrupule qui crée un cirque médiatique autour d’un homme emprisonné dans une grotte. Un exposé impitoyable et cynique du métier qui, 60 ans plus tard, se montre plus pertinent que jamais. Ci-dessous, on voit Douglas proposer, de manière assez musclée merci, ses services à un modeste quotidien d’Albuquerque, au Nouveau-Mexique. (Bande-annonce ici).
* Christopher Hitchens a été, avant sa maladie, un fascinant et infatigable polémiste que les médias s’arrachaient. Maniant un sens de la rhétorique et de la répartie comme pas un, cet ancien gauchiste britannique friand de cigarettes et de Johnnie Walker Blue, devenu depuis peu citoyen américain, condamnait invariablement la religion, la guerre contre la drogue et l’usage de la torture (quoiqu’il est un fervent supporter de l’invasion de l’Irak). Il a plus spécifiquement attaqué des figures populaires comme Henry Kissinger, Bill Clinton et Mère Theresa.
Ci-dessous, une intervention typique de Hitchens, à Fox News, où il ne met pas de gants blancs pour démolir le pasteur Jerry Falwell peu après sa mort. (Un excellent portrait du personnage plus grand que nature à lire sur le site du New Yorker).
Illustration : TONGUE-TIED, un auto-portait de Kirk Douglas
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