Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mardi 26 juillet 2011 | Mise en ligne à 15h15 | Commenter Commentaires (10)

    Haywire : Soderbergh moins quatre (bis)

    Haywire-Poster

    Steven Soderbergh a mis son chapeau de réalisateur purement commercial pour Haywire, thriller d’action à vedettes qui pourrait bien accoter les recettes au box-office de son plus grand succès en carrière, Ocean’s Eleven (2001). Les premières descriptions font état de «Bourne avec une brassière»… Ceci dit, n’allez pas croire que j’attribue de connotation le moindrement péjorative à «commercial»: il y a une réelle jouissance à soutirer de ces films que Soderbergh fait «pour eux»; ce sourire en coin d’un artiste constamment à la recherche de sa zone de confort qui s’amuse à appliquer, plus ou moins franchement, les codes hollywoodiens.

    Pardonnez-moi si je viens de faire un quasi copier-coller de mon récent texte sur le prochain Soderbergh, Contagion, qui prendra l’affiche en septembre. Mais je ne voyais pas la nécessité de forcer un autre angle; les deux projets, qui prennent l’affiche à 3 mois d’intervalle, semblant sortis de la même réunion de production. Pas que je m’en plaigne, bien au contraire!

    Dans Haywire, Gina Carano, une étoile des arts martiaux mixtes féminins, incarne une «super-soldate» qui travaille pour une firme privée de type Blackwater. Trahie par un membre de son équipe après une mission ratée, elle tentera de découvrir l’identité de celui qui lui a tendu un coup monté. Et, si l’on se fie à la bande-annonce ci-dessous, va tenter au cours de sa razzia de vengeance de briser le record de Steven Seagal pour le cassage de membres.

    Soderbergh a discuté de son film la semaine dernière de passage à Comic Con, l’imposant symposium de fanboys qui se déroule annuellement à San Diego.

    J’ai vu Gina combattre à la télévision un jour et me suis dit, «Pourquoi est-ce que personne ne construit un film autour d’elle?». Je n’ai jamais vu personne comme elle se battre – dans une cage!

    À propos de la structure narrative:

    C’est une genre d’introduction froide, on vous parachute en plein milieu du récit. À un certain point, on rattrape le récit… la seconde moitié du film est en temps réel. J’adore les films d’espionnage et nous avons essayé d’être vraiment précis par rapport à cet univers… nous avions quelques consultants qui ont travaillé avec nous pour assurer que tout ce que nous faisions était factuellement exact.

    Au sujet des scènes de combat, Soderbergh note qu’elles seront «plus courtes que ce qu’on a l’habitude de voir». Comme dans la série des Bourne, elles visent un air naturaliste, à la différence majeure qu’elles ont été tournées à l’aide de quelques plans fixes, contrairement à une série de plans très brefs. On revient donc au conflit philosophique sur le rythme au cinéma qui opposait les deux grands maîtres russes, Sergei Eisenstein et Andrei Tarkovski. Le premier prônant la construction du rythme à travers le montage, et le second à l’intérieur du cadre.

    Haywire prendra l’affiche le 20 janvier 2012.

    Le site The Playlist a révélé en exclusivité hier que Soderbergh avait complété en catimini un documentaire sur un de ses films-cultes, End of the Road (1970), comédie dramatique classée X scénarisée par son idole Therry Southern, un satiriste surtout connu pour ses scénarios de Dr. Strangelove (1964), Barbarella (1968) et Easy Rider (1969).

    «Mis à part le réalisateur, tout le monde [qui a collaboré sur le film] est encore vivant, on a donc plein de bonnes entrevues. C’est un projet sur lequel je travaillais depuis de nombreuses années, et je suis vraiment excité qu’il sorte.» a dit Soderbergh, sans toutefois préciser de date.

    Une édition en Blu-ray de End of the Road sera mise en vente en octobre.

    Malgré ce documentaire qui sort du champ gauche, le cinéaste assure qu’il compte tout de même prendre sa retraite au moment prévu. Il admet cependant que la mini-commotion qu’à provoquée son étonnante décision est une source de distraction, et blâme Matt Damon, qu’il décrit comme «aussi discret qu’une fille de 14 ans», d’avoir dévoilé son plan jusque-là secret sans autorisation. (Plus de détails sur Deadline). Voici donc les trois derniers films de fiction qui restent pour compléter sa filmographie.

    > Magic Mike (pré-production)

    Channing Tatum, ancieur danseur nu, en incarnera un dans cette comédie bromance à saveur particulière, mettant également en vedette le jeune mannequin Alex Pettyfer. Large clientèle gaie et de jeunes adolescentes à prévoir. Oui, en effet, Soderbergh est définitivement LE cinéaste caméléon de notre génération.

    > The Man from U.N.C.L.E. (pré-production)

    Pour sa septième collaboration avec George Clooney, Soderbergh va adapter la populaire série télévisée d’espionnage The Man from U.N.C.L.E. (Des agents très spéciaux en version française), diffusée entre 1964 et 1968 sur NBC. Clooney reprendra le rôle de Napoléon Solo, un espion qui lutte contre une organisation criminelle internationale durant la guerre froide.

    > Liberace (pré-production)

    Michael Douglas pourrait bien offrir l’interprétation de sa vie dans la peau de l’extravagant et kitchissime chanteur de music-hall Liberace, qui a brillé entre les années 1950 et 1970. Ayant dissimulé son homosexualité toute sa vie, Liberace était pourtant une des plus grandes icônes de la communauté gaie. Il est mort du sida en 1987.

    À lire aussi :

    > Contagion : Soderbergh moins quatre
    > L’héritage de Steven Soderbergh
    > The Girlfriend Experience : document d’époque
    > Che et la volonté de Soderbergh


    • Hmmm… physiquement, Gina Carano semble en effet très à l’aise, mais en tant qu’actrice, j’ai des doutes.

    • …kind of Andrée Watters on steroïds …

    • “Comme dans la série des Bourne, elles visent un air naturaliste, à la différence majeure qu’elles ont été tournées à l’aide de quelques plans fixes, contrairement à une série de plans très brefs. ”

      Intéressant cette réflexion sur les scènes de combat. Mais je me demande jusqu’à quelle point il s’agit réellement d’une philosophie de réalisateur. J’ai toujours cru que cela dépendait plutôt de la qualité des chorégraphes et des capacités acrobatiques des acteurs: un montage rapide tendant généralement à camoufler la piètre qualité des uns et/ou des autres…

      S’il y a un truc qui dépend «d’une philosophie de réalisateur», c’est bien le placement de la caméra. Si Soderbergh tourne une scène de combat en deux trois plans, voire un plan-séquence, et que Greengrass (qui a réalisé les 2 derniers Bourne) tourne sa scène avec une vingtaine de plans, et une grosse pensée pour la salle de montage, c’est intentionnel, c’est une certaine vision de mise en scène qui transparaît. Maintenant, pour ce qui est de la capacité acrobatique des acteurs, c’est bien sûr un facteur qui entre en jeu, mais qui est généralement secondaire sur des productions d’une telle envergure, qui ont recours à des professionnels en principe bien entraînés. -js

    • Pour un exemple récent et réussi de scène de combat en un seul plan, il y a Hanna, de Joe Wright.
      La scène en question : http://www.youtube.com/watch?v=cVGnf2_q_Gg

    • Hum… l’affiche ressemble tellement à celle-ci.

      Très bien vu! Je me demandais si quelqu’un allait relever l’hommage. -js

    • À toute première vue, Haywire me semble beaucoup plus intéressant que Contagion. J’imagine que les deux seront de très grande qualité, reste que Contagion me laisse de glace. L’idée d’exploiter une fois de plus les virus, pour faire peur au monde après les pétards mouillés du H1N1 et du SRAS, je ne sais plus trop… Le film aurait eu intérêt à être filmé il y a 10 ans, et non maintenant. Ça fait un peu trop propagante à mon goût. Ça reste une opinion très personnelle.

    • On imagine bien le retour de Soderbergh dans dix ans, c’est une fausse retraite, un peu comme celle de Ferland…

    • Moi, j’arrête de boire janvier 2013.

      Le documentaire sur End of the Road est ce qui m’intrigue le plus dans tout ça.

    • “Steven Soderbergh a mis son chapeau de réalisateur purement commercial pour Haywire, thriller d’action à vedettes qui pourrait bien accoter les recettes au box-office de son plus grand succès en carrière, Ocean’s Eleven (2001).”

      J’ai beau chercher sur l’affiche de Haywire mais je ne vois aucune vedette de la trempe d’Ocean’s Eleven.

      Encore une fois, une critique confond film de genre avec film commercial.

      En fait, c’est Soderbergh lui-même qui admet alterner entre le mode «commercial» et «d’auteur». Et votre commentaire semble confondre présentation de film et critique… -js

    • @alexisp

      “Encore une fois, une critique confond film de genre avec film commercial.”

      Donc, un film commercial est défini comme une production contenant des grosses vedettes? Ah bon. Juste pour le plaisir de la chose, je propose un concours de contre-exemples!

      Attendez… StarWars… Episode II tiens. Film de genre?

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