Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Vendredi 22 juillet 2011 | Mise en ligne à 14h30 | Commenter Commentaires (7)

    Le court du week-end: Deux hommes et une armoire

    originalitate

    Roman Polanski a réalisé sept courts-métrages alors qu’il était étudiant à l’école nationale de cinéma de Łódź (prononcer «woodge»). Deux hommes et une armoire (1958) est fort probablement celui qui se démarque le plus du lot et qui lui a valu la plus grande reconnaissance internationale. Quatre ans plus tard il réalisera son premier long-métrage – et certains diraient son meilleur – Le couteau dans l’eau (1962). Il s’agissait du premier film polonais à obtenir une nomination à l’Oscar du meilleur film étranger (c’est finalement Fellini qui l’emporta, pour 8 1/2).

    Dans Deux hommes et une armoire on peut déjà déceler tous les thèmes et obsessions de l’oeuvre de Polanski à venir: un climat d’hostilité et de menace, le mépris et la duperie qui règnent en maître dans la société, un goût pour l’étrange et l’absurde, l’humour noir, le malaise érotique, la claustrophobie, l’humiliation. Et, enfin, cette notion fataliste d’éternel retour – ces deux hommes forcés de trimballer une armoire coûte que coûte ne sont-ils pas en fait deux Sisyphes? -, qui habite chacun de ses films à divers degrés, plus particulièrement Le locataire (1976) et son image finale inoubliable.

    À propos de son fameux court, Polanski a dit en entrevue : «Je voulais montrer une société qui rejette l’anticonformisme ou toute personne qui dans ses yeux est affligée par un fardeau moral ou physique». Ceci dit, tant d’interprétations peuvent découler de ce formidable et unique film, j’attends avec impatience les vôtres.

    - À voir sur YouTube

    - À surveiller: Polanski fait une apparition dans la peau d’un violent voyou, rôle qu’il «reprendra» dans son classique Chinatown (1974).


    • Wow ! Merci pour la découverte !

      Patrick

    • Film prémonitoire à bien des égards. Comme quoi pour un grand réalisateur une simple idée suffit surgie des flots telle un image : ne reste plus qu’à la développer ou la promener le long du chemin de la vie comme un miroir de notre réalité.

    • D’accord avec lavoial; il possède la qualité première des courts : une seule idée qui porte (sans jeu de mots). À 25 ans, c’est fort. Si on y ajoute une belle imagerie, ça nous donne un film comme celui-ci. Merci de nous le partager. (La seule erreur majeure a été de vouloir nous montrer les baffes alors qu’elles étaient très mal foutues.)

    • Je rêvais de voir ce court métrage depuis… longtemps. C’est maintenant chose faite grâce à vous, Jozef. MERCI INFINIMENT :)

    • Je suis un fan de cinéma.

      Les histoires de Mel Gibson peuvent passé et j’aime toujours ses films surtout “L’homme sans visage” le gars a de sérieux problèmes de consommation mais je crois qu’il serais une bonne personne s’il était sobre. Mais quand il s’agit de Polanski c’est plus fort que moi je ne peux plus voir aucun de ses films peu importe son talent. C’est un prédateur sexuel ajeun et c’est la que l’on voit le cœur pourri d’une personne. C’est ma façon a moi, inconsciente et consciente, de me rebeller contre la mafia artistique européenne qui sont toujours prêt a lui pardonner ses péchés auxquelles il n’aura jamais payé complètement a cause de son sois-disant talent. Les hommes et les femmes ont une moral élastique lorsqu’ils veulent faire du cinéma avec un producteur tel que lui. Ils n’ont plus aucune conscience. C’est choquant a la fin et ce sont les victimes qui n’ont pas le dernier mot. Ils se battent contre Goliath.

      “Thus it happens in matters of state; for knowing afar off (which
      it is only given a prudent man to do) the evils that are brewing,
      they are easily cured. But when, for want of such knowledge, they
      are allowed to grow until everyone can recognize them, there is no
      longer any remedy to be found.”
      (The Prince, Niccolo Machiavelli [1469-1527])

      Daniel Olivier

    • Pendant le visionnement de deux hommes et une armoire de Roman Polanski*, je pensais au film la chaîne (The Defiant Ones) 1959 de Stanley Kramer avec Sidney Poitier et Tony Curtis. Dans le premier, les hommes sont liés l’un à l’autre par une armoire tandis que pour le second ils le sont par une chaîne.

      Cette chaîne qui relie les deux prisonniers vient tout droit d’un fourgon cellulaire alors que l’armoire et les deux individus sortent de la mer pour y retourner par la suite. Si j’ai bien compris la symbolique de la chaîne, j’ai du mal à interpréter celle de l’armoire. Deux fables surréalistes à bien des égards.

      _________
      *Sans plonger dans la controverse, je seconde l’opinion de danielolivier à 12h04.

    • Je suis allé aujourd’hui à l’expo Stanley Kubrick à la Cinémathèque française. Absolument génial! Je vous raconte plus tard dans la semaine.

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