Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à lapresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Vendredi 8 juillet 2011 | Mise en ligne à 19h00 | Commenter Commentaires (102)

    De: Stanley Kubrick – À: Ingmar Bergman

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    Le toujours fascinant site Letters of Note a récemment dégoté un autre bijou : une lettre que Stanley Kubrick a envoyée à Ingmar Bergman, qu’il considérait comme le «plus grand cinéaste en activité». Je traduis :

    Cher M. Bergman,

    Vous avez certainement obtenu suffisamment de consécration et de succès à travers le monde pour rendre ce mot tout à fait inutile. Mais pour ce que ça vaut, j’aimerais ajouter mes louanges et ma gratitude à un collègue réalisateur pour la brillante et surnaturelle contribution que vous avez apportée au monde entier grâce à vos films (je n’ai jamais été en Suède et n’ai donc jamais eu le plaisir de voir votre oeuvre théâtrale). Votre vision de la vie m’a profondément touchée, beaucoup plus que je ne l’ai jamais été par d’autres films. Je crois que vous êtes le plus grand cinéaste en activité. De plus, permettez-moi de dire que vous êtes insurpassable dans la création d’ambiance et d’atmosphère, la subtilité de l’interprétation, l’omission de l’évident, la véracité et l’exhaustivité de la caractérisation. À cela, il faut également ajouter tout le reste qui entre en compte dans la réalisation d’un film. Je crois que vous êtes bénis par des acteurs magnifiques. Max von Sydow et Ingrid Thulin tiennent une place vive dans ma mémoire, et il y en a tant d’autres dans votre troupe d’acteurs dont les noms m’échappent. Je vous souhaite à tous la meilleure des chances, et j’Attends avec impatience chacun de vos films.

    Cordialement,

    Stanley Kubrick

    La lettre a été écrite en février 1960; Kubrick avait 31 et commençait à se faire un nom dans le milieu. Notamment grâce à l’excellent thriller noir The Killing (1956) et au formidable film de guerre Paths of Glory (1957). L’année qu’il a tapée la lettre à son idole, il travaillait sur Spartacus (1960), un péplum colossal sur lequel il n’avait qu’un contrôle artistique partiel. Une situation navrante qui ne se reproduira plus jamais.

    Bergman, quant à lui, avait déjà derrière lui deux des films les plus emblématiques de sa carrière: Les fraises sauvages et Le septième sceau, tous deux sortis en 1957. Mais le film du maître suédois qui a dû laisser la plus forte impression sur son jeune admirateur allait prendre l’affiche une dizaine de mois après la lettre en question. Il s’agit de La source (1960), une puissante et austère méditation sur la vengeance, qui contient d’ailleurs une scène de viol qui reste, à ce jour, un des moments les plus terrifiants de l’histoire du cinéma. (Wes Craven en a fait un remake avec The Last House on the Left (1972), son premier film, et certainement son plus déconcertant). On ne peut qu’imaginer l’effet que La source a dû avoir sur Kubrick, pour qui le rapport des humains à la violence constitue le thème prédominent de son oeuvre.

    Je trouve plutôt fascinantes ces interactions entre grands cinéastes qui, à première vue, ne partagent pas nécessairement des affinités artistiques. Cela me rappelle une de mes anecdotes préférées : Quand David Lynch travaillait sur Dune (1984) – son propre Spartacus, en un sens- , la production chaotique et les pressions de la part des producteurs devenaient si insupportables qu’il commençait à se sentir suicidaire. Un jour, sur le plateau de tournage, il reçoit la visite d’un représentant de Kubrick qui lui dit que Eraserhead (1977) est le film préféré de son client, qu’il l’a vu une dizaine de fois, et qu’il l’a projeté à toute son équipe avant de tourner The Shining (1980) afin d’illustrer l’atmosphère qu’il désirait transmettre. Un message qui a pris la forme d’un ange bienfaiteur et qui, dans les mots de Lynch, lui a carrément «sauvé la vie».

    Pour terminer, je vous propose deux articles plutôt surprenants sur Bergman; le premier sur le fait qu’il aurait été «échangé à la naissance», et le second sur un journaliste britannique qui découvre la passion du légendaire cinéaste pour les films d’action hollywoodiens. Quelqu’un a dit élitiste?

    À lire aussi :

    > Scorsese sur Bergman
    > Kubrick réinventé à l’heure du web


    • À proprement parler: hallucinant!

    • J’ai écrit une lettre à Spielberg quand j’avais 20 ans, j’espère qu’on ne la publiera jamais ! Sinon que dire? Je suis autant un fan de Bergman que de Kubrick… très cool à voir, et à lire.

    • Je partage votre engouement pour La Source, mon préféré de Bergman avec Persona. Je connaissais bien The Last House on the Left the Wes Craven, et n’avais aucune idée qu’il s’agissait d’un remake de La Source. Du coup en regardant ce dernier, j’ai cliqué quand le film prends cette sombre tournure et que l’on tombe dans l’histoire de vengeance.

      Sans doute le plus grand plaisir à écouter les vieux classique: réaliser l’influence qu’ils ont eu sur le cinéma qui a suivis.

    • Je m’en allait dire que j’étais très surpris, voire flaberghasté.. jusqu’à ce que je lise:

      ”La lettre a été écrite en février 1960; Kubrick avait 31 et commençait à se faire un nom dans le milieu.”

      Ce qui explique un peu la chose. Il n’aurait ‘peut-être’ pas écrit la même lettre 10 ou 15 ans plus tard…

      Ça n’en demeure pas moins incroyable de lire ça, merci de partager ça avec nous.

    • Pour David Lynch, oui en effet il en parle dans son livre Catching the big Fish. Ça semble avoir été un élément charnière de sa carrière, cette petite tape sur l’épaule de Kubrick.

      À n’en pas douter une seconde: se faire encourager -aussi brièvement et simplement soit-il- par un poid lourd de son domaine, ça peut probablement changer une vie.

    • Je viens de revoir Barry Lindon à la télévision et même là l’éclairage demeure somptueux. Des grands génies comparativement à la tonne de productions médiocres qui sévissent actuellement ds le monde et qui ont transformé en business un authentique art de ce dernier siècle. Remarquez qu’il y a encore d’excellents films mais peu offrent ce genre d’ambiance régénératrice.Merci à vous !!!

    • Jon8, je ne comprends pas trop ton message. Tu trouves Bergman emmerdant et tu es donc heureux d’apprendre que Kubrick, qui n’est encore on le sait que le cinéaste pitoyable de merdes comme Killing et Paths of Glory, était encore trop jeune pour avoir ton goût très sûr, c’est ça?

      Pour l’anecdote, un peu après, Kubrick enverra une lettre admirative au cinéaste montréalais Arthur Lipsett en lui demandant de monter la bande-annonce de Dr Strangelove. Ce dernier fera aussi l’admiration de George Lucas.

    • Selon Helen Faradji du 24 Images (http://www.revue24images.com/articles.php?article=1601), il y a eu 3 dieux du cinéma, Bergman, Kubrick et… Terrence Malick.

      Cette affirmation est énorme et plutôt controversée. Je suis d’accords avec ses choix, mais probablement que j’ajouterais 2 ou 3 noms.

    • @centaure

      Selon Helen Faradji du 24 Images (http://www.revue24images.com/articles.php?article=1601), il y a eu 3 dieux du cinéma, Bergman, Kubrick et… Terrence Malick.

      Si Chaplin est pas dans les trois premiers, je trouve que ca part mal, mais bon c’est très subjectif ces palmarès-la.

    • Je remarque que SK utilisait le papier à entête de la Universal (un mot qui lui va bien).

    • Si une critique de 24 images a décrété qu’il y avait 3 dieux du cinéma (la sainte trinité?), cela ne m’étonne pas car cette très bonne revue a parfois un petit côté chapelle qui sent trop l’encens, en plus d’un petit complexe de colonisé face aux Cahiers du cinéma.

      Pendant la période «Mao» des Cahiers au tournant des années 60-70, les Cahiers encensaient 3 films par année : un Godard, un Straub et un obscur film tiersmondiste d’agit-prop. Les numéros étaient complétés avec l’intégrale des listes d’épicerie de Dziga Vertov et Eisenstein…

      Tout le reste était de la merde bourgeoise impérialiste révisionniste!

      Dites-moi ghost, vous pensez vraiment que The Killing est une merde ou c’est juste de la provoc?

      Ce n’est certes pas une oeuvre de maturité, on sent l’ombre du Asphalt jungle de Huston (surtout à cause de Sterling Hayden, du dénouement et des codes du film noir). Ce n’est pas un chef d’oeuvre mais il y a une certaine distance entre le chef d’oeuvre et la merde.

      Mais on y sent déjà tous les thèmes kubrickiens, la mise en scène est impressionnante, la structure narritive est riche, la direction photo et le montage impeccables; sans parler de l’interprétation. Sterling Hayden, c’est la classe!

      Je vous rejoint cependant davantage sur Paths of Glory, film surestimé et faussement anti-militariste.

    • Oh Goupil! C’est de l’ironie ou de l’indirect libre…

      “Les numéros étaient complétés avec l’intégrale des listes d’épicerie de Dziga Vertov et Eisenstein…”

      Excellent!

    • 24 images est tellement provincial…

    • En fait, Faradji écrit que Malick est le dernier Dieu du cinéma vivant depuis la mort de Bergman et Kubrick, n’importe qui mort avant ces deux-là peut donc théoriquement revendiquer sa divinité. Alors, teddybear, Chaplin est sauf! (Heureusement) Ce n’est pas vraiment controversé de dire que Bergman et Kubrick sont des Dieux, mais est-ce que Malick est bien le Seul vivant?

    • OK, le fameux indirect libre de Flaubert, un type qui pouvait passer des jours, voire des semaines sur un paragraphe. (allusion indirecte et libre au temps que Malick peut passer en montage).

      Totalement incompatible avec l’immédiateté des nouveaux moyens d’expression…

    • Divinités vivantes: Oliviera, Godard, Oshima, Kiarostami, Lynch, Kubrick.

    • Eastwood.

    • Claire Denis.

    • J’oublais Coppola, Spielberg (le meilleur cinéaste américain avec le suivant), Brian de Palma, Scorsese.

      Denis, un cran en dessous, avec Rivette, Léos Carax, Philippe Garel.

    • Bergman, je veux bien, mais il est mort la même journée que Antonioni, assez divin également…

    • Cronenberg

    • Oh la la, je ne sais pas pourquoi j’ai mis Kubrick! Lapsus…

    • Pas mal d’accord avec cette liste (sauf Oliviera que je connais à peine), je suis panthéiste itou. Spielberg, je suis en train de me faire une rétro justement, et il est en train de monter pas mal haut dans ma liste de divinités, mortes ou vivantes (ça n’a pas de sens cette idée, elles sont éternelles). Mais le meilleur américain, je ne sais pas, il y a Malick quand même, et Lynch.

    • Moi c’est, actuellement, Brian De Palma, Spielberg et Malick. Lynch moins haut depuis quelques années. Son dernier chef-d’oeuvre a dix ans, mine de rien. Eastwood aussi, moins haut que dans les années 90. Pour l’ensemble de la carrière, Coppola sans doute.

    • @cinematographe: en effet, je n’avais pas compris la phrase comme cela, mais effectivement toux ceux qui sont morts avant Kubrick peuvent également être des dieux du cinéma. Désolé Mme Faradji d’avoir mal interprété vos propos.

      Dieux vivants: Lynch sans aucun doute, même s’il ne semble plus vraiment se concentrer sur le cinéma, hélas.
      Malick, bien sûr, peut-être le plus grand cinéaste présentement, malgré que The Tree of Life semble soit confirmer sa divinité ou au contraire (comme M. Siroka) le faire redescendre sur Terre.
      Scorsese: il a fait tellement de chefs-d’oeuvre que même ses moins bons films sont vraiment intéressants (difficile de dire cela de Spielberg bien que je le porte en haute estime).
      Alain Resnais: un grand oublié, il a réalisé plusieurs chefs-d’oeuvre et la qualité artistique est au rendez-vous dans chacun de ses films.

      Autres pas très loin: Spielberg, Von Trier, Godard
      À surveiller: C. Nolan, PT Andersen, …

      Mais de là à les comparer à Kubrick et Bergman, il y a quand même une marge assez large.

    • Ha oui, Cronenberg, en effet, je le classerais avec les demi-dieux comme Spielberg, Von Trier et Godard (God-art).

      Voilà ceux qui me viennent à l’esprit.

    • Bon ça y est ! Je le savais que j’allais en oublier d’autres qui me tiennent à coeur:

      Autre demi-dieu selon moi: Michael Haneke. D’ailleurs, Le ruban blanc est un film qui se rapproche beaucoup de Bergman avec la touche habituel de son auteur.

    • J’ai l’image de tous ces nuages sur lesquels sont perchés des divinités (un peu comme dans les Douze Travaux d’Astérix!) mais on n’y voit que des réalisateurs qui gèrent chacun un coin de leur monde. Chaplin, Kubrick, Bergman, Malick, Spielberg, Coppola, Scorsese, De Palma, Kurosawa, Leone, Fellini, Hitchcock et j’en passe et j’en passe, il y en a tellement! Je voudrais aussi rajouter les frères Coen dans cette mythologie cinématographique, si vous me le permettez.

      L’image me fait bien rire. Chez Malick la faune est luxuriante mais les gens semblent tous trop petits, presque perdu dans leur environnement, chez Kubrick c’est la guerre dans un immense labyrinthe divisé en deux (Jung), chez Lynch… Oh je préfère ne pas m’y aventurer…

      D’ailleurs, on offre quoi comme sacrifice à un Dieu du cinéma?

    • Oui, le dernier chef-d’oeuvre de Lynch a dix ans, mais il n’a fait qu’un seul autre film depuis. Je ne pense pas qu’on peut perdre sa divinité parce qu’on allonge son septième jour de repos.

      Eastwood, justement la Faradji dans son dernier édito se plaignait que la critique ne sait plus c’est quoi des auteurs aujourd’hui, on utilise le mot à tort et à travers, puis elle disait que Invictus et Hereafter sont des films “anonymes”. Et là on se dit qu’effectivement, on ne sait pas c’est quoi des auteurs aujourd’hui s’il est possible d’affirmer que des auteurs aussi patents qu’Eastwood font des films anonymes, comme si un auteur pouvait faire des “films d’auteurs” qu’une fois sur deux. Bref, Eastwood est divin, et je le mettrais largement au-dessus de Palma. Malick, Lynch, Eastwood, Spielberg je crois. Avec Michael Mann et David Fincher dans les demi-dieux. Et un paquet d’asiatiques, Bong Joon-ho, Johnnie To, Tsai Ming-liang, Hou Hsiao-hsien, Jia Zhang-ke, Weerasethakul…

    • Les dieux ignorent nos prières et ne font qu’à leur tête. Tout cela pour leur plus grande gloire ou la nôtre, pauvres cinéphiles ignares. Nous sommes tellement loin d’eux et de leur génie. De temps en temps ils daignent intervenir par des manifestations dites artistiques (cinématographiques) qu’on qualifie ensuite de célestes pour ne pas les vexer ou attirer sur nous leur colère divine: tels Ingmar Bergman et quelques autres inaccessibles pour moi du moins. Là haut dans leur demeure paradisiaque, ils se congratulent à tour de bras en se fichant de la plèbe que nous sommes tous, simples profanes à leur pontifiant discours.

      Rares parmi eux à qui on peut adresser nos suppliques ou nos neuvaines. Même en leur chantant un “Te Deum”, cela ne les appaise pas (lol).

    • Je voulais dire: Malick, Lynch, Eastwood, Spielberg seraient le haut de mon panthéon américain vivant. Et les asia dans le semi-.

    • Je vois pour Lynch, mais avec ses conneries transcendentales, j’ai l’impression qu’il a perdu la gniac, sinon l’esprit… Faradji s’intéresse au maniérisme, alors, j’imagine, elle ne sait pas trop quoi faire d’un cinéaste post-classique comme Eastwood. Mais c’est un fait que le cinéaste de Carmel n’a pas fait autant de grands films dans la dernière décennie que dans la précédente – en fait j’en vois deux: Mystic River et le diptyque d’Iwo Jima. Pour le reste, j’avais bien compris que tu mettais les Américains au-dessus de tout le reste…

      De Palma c’est le plus grand, le plus créatif, même si Spielberg a fait plus de chef-d’oeuvre récemment.

    • J’essais de me souvenir l’autre jour qui m’avait dit cette anecdote à propos de Lynch ;) Orson Welles avait déjà encensé Kubrick après avoir vu The Killing. Il trouvait que c’était le cinéaste le plus doué de sa génération.

      C’est vrai que pour Bergman, comme atmosphère , c’est incroyable et j’ai souvent eu le goût de me faire agrandir les images de ses films en poster. On peut sûrement voir l’influence de Bergman sur Kubrick dans Barry Lyndon et Shinning. Pour ce qui est de l’amour des films d’action Hollywoodien de Bergman, dans une entrevue que j’ai lu avec Kubrick, ce dernier critiquait George Lucas ” Pourquoi cesse-t-il sa carrière de réalisateur? Starwars fut un excellant film, je ne comprend pas son idée de se lancer un empire.”

    • @ guy-antoine 07h41

      [...] Il est vain d’offrir des sacrifices aux dieux. Ils s’immolent au besoin sachant très bien qu’ils vont ressuciter le troisième jour… Eux-autres, ils l’ont l’affaire :)

      Bonne journée.

    • Cassavetes trouvait en 64 que les deux cinéastes les plus doués de la jeune génération étaient Kubrick et Jutra.

      Par ailleurs, l’un qui fut un dieu n’est autre que Cimino. Triste carrière. Quelqu’un a vu le segment de Chacun son cinéma? Il semble qu’il prépare un film pour 2011, mais je n’en sais pas plus.

    • Ses conneries transcendantales ne datent pas d’hier, et il fait apparemment un excellent café, ça rattrape tout! Oui, Eastwood est moins fort qu’il l’a déjà été, mais il demeure géant.

      Je ne mets pas les Américains au-dessus de tout le reste dans l’absolu, disons que c’est une phase: quand j’ai commencé en cinéma, la première chose que mon prof m’a apprise c’est de détester Hollywood et je l’ai pris au mot pour une bonne décennie (on est hautement influençable devant son premier prof), alors aujourd’hui je suis en maudit d’avoir cru aussi longtemps de telles conneries. C’est le cas pour Spielberg, que je ne me suis pas permis d’aimer pendant longtemps, ledit prof nous ayant balancé l’équivalent de la lecture hyper-réductrice que fait Paul Warren de Jurassic Park. Un jour j’équilibrerai tout ça, pour l’instant je déguste ma plus ou moins récente découverte d’Hollywood (contemporain, le pré-Jaws on avait le droit d’aimer). De toute façon, hiérarchiser des réalisateurs de cette trempe, qu’ils soient divins ou semi-, morts ou vivants, c’est un peu idiot, la différence est moins grande et plus difficile à cerner qu’entre, disons, Spielberg et Ron Howard.

    • Je suis très peu touché par le cinéma d’Eastwood, un très bon réalisateur qui a fait quelques films magnifiques, mais il est loin d’être dans mes préférés.

      C’est drôle qu’on parle de De Palma parce qu’il ne figure jamais dans le top des palmarès. Et ce n’est pas pour rien! Désolé unholy_ghost, mais ça fait longtemps que De Palma n’a plus fait rien de vraiment bon. Pour avoir la qualification de dieu, il faut avoir une certaine constance. De plus, ses films sont très stylisés (il emprunte d’ailleurs beaucoup à d’autres, Hitchcock étant sa référence la plus évidente, est-il même qu’un copieur?), mais un peu à la manière d’un Ridley Scott, la forme écrase le fond. Et comme Scott, il a réalisé quelques classiques intemporels qui ont marqué l’histoire du cinéma.

    • Absolument. Qu’est-ce qui est meilleur, les fraises ou les bleuets? Question de goût. En tous les cas, les deux sont meilleurs que les navets…

    • Centaure, tu rigoles. Femme fatale et Redacted, c’est du génie. Black Dahlia est un excellent film classique. Trois réussites de suite. Avant, les chef-d’oeuvre ne se comptent plus. Carlito’s Ways est le grand film américain des années 90. De Palma n’a qu’une seule mauvaise période, de 85 à 90, et encore, les films de cette période se regardent bien.

    • “De plus, ses films sont très stylisés (il emprunte d’ailleurs beaucoup à d’autres, Hitchcock étant sa référence la plus évidente, est-il même qu’un copieur?), mais un peu à la manière d’un Ridley Scott, la forme écrase le fond.”

      Et bien, ça me console, tu ne captes pas trop De Palma et le maniérisme.

    • @ghost

      ”je ne comprends pas trop ton message. Tu trouves Bergman emmerdant et tu es donc heureux d’apprendre que Kubrick, qui n’est encore on le sait que le cinéaste pitoyable de merdes comme Killing et Paths of Glory, était encore trop jeune pour avoir ton goût très sûr, c’est ça?”

      drôle de commentaire, ghost!

      Je soulignais simplement que Kubrick était jeune et n’avait pas encore fait les immenses films qui ont suivis dans sa carrière, donc il avait forcément l’état d’esprit d’un gars qui admire plus qui se fait admirer. Y a rien de bien extraordinaire là dedans, c’est tout à fait normal et ça rend le type plus ‘humain’. C’est pas Martin Brodeur qui admirait Patrick Roy étant jeune ?
      Bergman était un génie, mais d’un tout autre genre que Kubrick. Ce dernier est dans une classe à part.

      Bergman c’était un poète, un psychologue, un philosophe.

      Kubrick c’était un cinéaste, avec un grand ”C”. Très fort en contenu mais aussi très fort en technique.

      Le premier pouvait faire son art via le théâtre. Le second aurait étouffé complètement devant tant de limitations.

    • Paul Warren moi j’aimais bien, son analyse d’Hitchcock, les Oiseaux, de Jaws, des techniques hollywoodiennes pour harponner le monde au cinéma américain, du bonbon.

    • Bergman n’était pas fort en technique? Bergman n’était pas un cinéaste avec un grand C? Tu confonds la technique avec les effets spéciaux et le cinéma avec la magasin La Source (super film de Bergman).

    • “Paul Warren moi j’aimais bien, son analyse d’Hitchcock, les Oiseaux, de Jaws, des techniques hollywoodiennes pour harponner le monde au cinéma américain, du bonbon.”

      Analyse réductrice au possible, Ciné l’a bien vu.

    • @ghost

      C’mon mon vieux, un peu de bonne foi que diable.

      Bergman n’aurait jamais remué ciel et terre pour trouver des f0,7
      tu comprends très bien mon point ;-)

    • Si je peux me permettre, quand jon8 dit «technique», je pense qu’il fait plutôt référence à «technologie»…

    • Curieux que ce soit La Source qui ait impressionné Kubrick. C’est un film que Bergman a regretté d’avoir fait, notamment parce que c’est l’un des rares dont il n’a pas écrit le scénario. En tout cas, c’est ce qu’il disait vers 1970: qu’il n’aurait pas dû tourner ce film.

      Que La source ait impressionné Kubrick, ce n’est qu’une hypothèse de ma part… -js

    • D’accord, entendons-nous sur les mots et leurs sens:

      http://www.olats.org/schoffer/deftech.htm

      ”La technologie est l’élaboration et le perfectionnement des méthodes permettant l’utilisation efficace des techniques diverses prises isolément, en groupe ou dans leur ensemble – qu’il s’agisse de techniques ou mécaniques, physiques ou intellectuelles (…) ”

      Je disais de Kubrick qu’il était ‘technique’, principalement à cause de son background de photographe, de son implication notoire dans le détail, de ses choix artistiques qui l’entraînaient vers des films (et des situations de travail) où il serait confronté à des défis techniques colossaux.

      Bref, c’était son trip. C’était lui, ça.

      Fouiller pour trouver des lentilles f0,7 pour tourner la scène des chandelles dans Barry, ça n’aurait probablement PAS été une condition sine qua non pour un autre réalisateur. Pas plus que le steady cam dans Shining, où la scène du jogging dans 2001. Mais tout ces ‘détails’ font ce que Kubrick a été: un type qui allait au bout de ses idées et ses challenges étaient essentiellement d’ordre technique. Le gars aurait visiblement tripé solide à notre époque avec toutes les possibilités via ordinateur.

      Bergman ? Je ne crois pas une seule seconde que ça aurait changé d’un iota.
      Le gars était torturé par plein de choses; la religion, les relations humaines, la guerre, entre autres choses… Et il utilisait les outils du cinéaste sans aller vers l’obsession. Ses obsessions, il les avait déjà, et c’était d’un tout autre genre.
      Le message, les dialogues, le contenu brut primait devant l’aspect purement mécanique de la technique. Les outils servaient son contenu, point final.
      …Alors qu’un type comme Kubrick pouvait pousser l’outil jusqu’à en faire du contenu. Nuance.

      T’a des cinéastes ‘poètes’, des auteurs, des artistes instinctifs et émotifs…
      Mais tu as aussi des cinéastes ‘techniques’.

      Bien sûr, rien n’est jamais blanc ou noir, c’est toujours dans les nuances de gris.
      N’empêche… Dans le groupe des cinéastes ‘techniques’ tu as les Kubrick, Hitchcock, Spielberg, Lucas, et actuellement bien sûr Chris Nolan.

      Du côté de l’autre groupe, tu retrouves les Bergman, Von Trier, Lynch, Van Sant, Malick…

      Puis bien évidemment ceux qui batifolent dans le milieu, au gré de leur humeur (et de leurs besoins/capacités): Burton, Tarantino, Aronofsky, etc…

    • Autre dieux morts pas encore évoqués : Bunuel, Mizoguchi, Buster Keaton (que je considère supérieur à Chaplin sur le plan cinématographique), Fellini, Griffith, Dovjenko, Vigo, Rocha, Howard Hawks, Monteiro, Méliès, Lang, Murnau, Fuller, Melville, Satyajit Ray, Dreyer, von Stroheim, Ozu, Bresson.

      Une déesse vivante : Agnès Varda.

    • J’oubliais Flaherty et bien sur, Pierre Perrault, le plus grand cinéaste québécois toutes époques et genres confondus.

    • En passant, lorsque j’utilise le terme ‘technique’ pour qualifier, je ne veux pas seulement dire qui a rapport avec la technologie dans le sens ”effet spéciaux” ou maîtrise de l’utilisation des outils comme les lentilles, caméra, etc… Mais bien l’ensemble des moyens que peut prendre un cinéaste pour créer.

      Ceci inclut: photographie, son, éclairage, montage, décor, plans, etc.. Mais aussi des aspects beaucoup plus subjectifs et humains, comme le sens du rythme, la direction d’acteur, la maîtrise des ambiances.

      Bref, le ‘technique’ est essentiellement un ‘analytique’. Probablement adepte du reverse engineering, aussi.

      Le dernier de Nolan, Inception, est un des films les plus calculés que j’ai vu de ma vie. C’est fluide, mais on sent la technique mur à mur. Le scénario a probablement été analysé et décortiqué avec un microscope. Le montage aussi.

      Alors qu’à l’autre bout complètement, tu as un David Lynch qui tourne Inland Empire sans aucun scénario pré-écrit, avec une caméra de merde équipé d’un lentille super wide angle!

      Remarquez bien qu’il peut (et il y a) du mauvais et du bon des deux côté. Tu as des films très calculés qui sont excellent au point de vu émotif, et des films très instinctifs qui tombent à plat même du côté émotion.

      C’est la beauté du cinéma, y a pas vraiment de recette.

    • Et l’animation : MacLaren, Tex Avery, Myazaki (vivant!)

      Et Rossellini, et Renoir bordel! Le patron! Rossellini et Renoir sont les grands pères européens de toute la mouvance de la nouvelle vague française.

    • teddybear, moi aussi j’aime bien Warren, mais il faut aller un peu plus loin, Warren ne voit que le côté séducteur du cinéma hollywoodien, indéniable, mais il y a souvent beaucoup plus. Spielberg, justement, ses spectacles sont ambigus, ils séduisent, évidemment, mais ils nous mettent aussi en garde sur ce qu’on est en train d’apprécier, ou plutôt de la façon que nous le faisons. Si la séquence de Jurassic Park que Warren analyse (la première apparition des dinosaures) fonctionne essentiellement par l’émerveillement, il en est tout autrement par la suite. L’émerveillement enfantin et purement naïf de John Hamond envers son spectacle de dinosaures est durement critiqué, donc le regard que Warren reproche à Spielberg dans cette scène (le spectateur émerveillé de cette reproduction en numérique des dinosaures = émerveillement de Sam Neill devant reproduction génétique, deux reproductions à des fins de “simple” spectacle) est exactement celui que Spielberg critique aussi dans son film. Alors pour la valeur propagandiste du champ / contrechamp ou du reaction shot annihilant la réflexion du spectateur par l’identification aux personnages et à leurs valeurs, ici, on y repensera.

    • «Le dernier de Nolan, Inception, est un des films les plus calculés que j’ai vu de ma vie. C’est fluide, mais on sent la technique mur à mur. Le scénario a probablement été analysé et décortiqué avec un microscope. Le montage aussi»
      Que le scénario ai été analysé et décortiqué, c’est possible, mais bon Dieu qu’il semble tomber à plat à chaque phrase prononcé. Le montage est rapide mais très fluide, une des qualités de ses films, mais là où les plans d’un Kubrick ou même Malick relève d’une quelconque imagination, où il explore les possibilité de la caméra, je ne vois rien chez Nolan; il ne fait que du BABA( champ-contre champ). Zéro mise en scène, aucun gut si je puis dire, aucun Hop!. Certe il y a des explosion, mais technique ses films ? Peut-êtres ses scénarios qui, il est vrai, sont des labyrinthes mathématiques,complexifiés pour rien, mais niveau techniques, selon votre explication, il n’en est rien.

    • Personnellement dans Jurassic Park, je prenais pour le T-Rex, surtout quand il mange l’avocat! Mais Spielberg a décidé d’épargner Hammond dans son scénario, contrairement au roman de Crichton, qui le faisait bouffer par de tout petits dinosaures, l’équivalent de chihuahuas.

      Si Spielberg avait voulu «durement critiquer» le pt de vue de Hammond, il l’aurait fait bouffer par ses créatures.

      Mais je considère moi aussi que si l’analyse de Warren a ses limites, elle met un doigt sur un aspect fondamental (mais pas unique) du cinéma hollywoodien.

    • @ishimwe

      un commentaire que j’ai fait sur un autre forum:

      —————————————
      ”J’ai à mon tour re-visionné Inception.

      Effectivement le scénario est tight, la réalisation efficace et fidèle à Nolan et les scènes d’actions tiennent en halène.

      Je rajouterais que le casting est solide, malgré mes réserves au sujet de la ”ptite fille de Juno”.

      Ceci dit, je continue de penser que c’est un gaspillage de potentiel. Le film manque d’air, emprisonné dans un long métrage, et ça aurait mérité une série télé, même courte, ou au moins une trilogie (bien annoncée d’avance).
      Là, on sent la compression dans le timeline, comme s’il fallait foutre le max de stock le plus vite possible tout en faisant passer ça pour de l’action/thrill…
      Uhm.. Nous aurions voulu plus: Plus d’historique des personnages, plus de mythologie, plus de temps pour apprivoiser le concept, la psychologie, les rouages de toute cette chose ou cette technologie dont on ne dit à peu près rien. Bref, il manque énormément de profondeur, faute de temps pour creuser. Et c’est bien dommage.

      À cela, on rajoute le manque de plus en plus évident de touche humaine de la part de Nolan, qui fait qu’un film est moins mécanique, moins technique, moins froid. En ce sens que les beaux yeux rougis de Marion Cotillard ne suffisent pas à convaincre. Évidemment, Nolan est déjà plusieurs coches au dessus d’un Georges Lucas à ce niveau, mais quand même. On voit les faiblesses du bonhomme, qui étaient moins visibles cachées derrière Batman! ”

      ——————————————

      Inception est victime d’un mauvais packaging. Imaginez LOTR en un seul film de 2hrs…

      Un des trucs qui fait de Kubrick un grand parmi les grands, c’est qu’il était capable de diriger ses acteurs avec une effroyable efficacité (pôvre Shelly Duvall…), chose qui n’est vraiment pas donné à tous. Extirper un résultat d’une machine ou d’une caméra c’est autre chose que d’un être humain. Il faut avoir une vision précise et, surtout, une capacité de communication hors pair, voire même un grand talent en psychologie.

    • Il faut tuer son personnage pour montrer son désaccord envers lui? Je ne crois pas, Hammond est pitoyable dans ce film, il est présenté comme un enfant et c’est ce point de vue qui est critiqué, regarder la vie adulte avec la naïveté de l’enfance. En fait, tout Spielberg est un anti-La vie est belle (Benigni), il refuse de transformer l’horreur en simple jeu et à quelque part c’est ce que fait Hammond, voir ses T-Rex et ses vélociraptor comme un simple amusement, ce qui sera sa perte. Le viol de l’innocence est un passage nécessaire chez Spielberg, et tout le problème d’Hammond est d’avoir subi son viol un peu trop tard (les enfants, eux, au contraire, grandissent dans ce film, au final ils sont plus “adultes” que lui).

    • Jon8, merci pour l’argument de vente sur la technologie. Mais le cinéma ce n’est pas le contenu ou la technique, mais la mise en scène ne t’en déplaise. Et Persona, Les Fraises sauvages ou Le septième sceau n’ont rien de théâtraux; c’est de la pure mise en scène cinématographiques qui utilise toutes, mais alors toutes les ressources techniques du cinéma même s’il n’en invente pas (encore que, Persona invente) et qu’il n’a pas ce tape-à-l’oeil qui impressionne les gogos. Il aurait peut-être pu transposer leurs contenus sur scène mais certainement pas leur mise en scène savante, le jeu sur le contraste de Persona, etc. Oui, Kubrick est un formidable technicien comme Hitchcock, mais ça n’en fait pas un plus grand Cinéaste avec un grand C que ceux qui se contentent d’une mise en scène lumiériste comme, au choix, Dreyer, Renoir ou Ozu. À l’inverse, être un grand inventeur technique ne fait pas de nous un grand cinéaste, les exemples de tâcherons comme Bay sont légion. La techno ce n’est ça le cinéma. Ce n’est pas la steadicam qui fait de Shining un grand film; d’ailleurs les effets spéciaux sont très simples.

    • Parlant de Shining… je m’amuse souvent à revisionner des films et observer leur évolution dans le temps, au niveau de la perception. Provocant des surprises plus ou moins agréables.

      Shining est toujours frais comme une rose. Plus même que Eyes Wide Shut, c’est dire.

      Comme un bon Hitchcock, impossible d’arrêter le visionnement une fois commencé. Quel ambiance!

      2001 par contre… ça commence à être un peu râpeux dans la gorge.

    • “Comme un bon Hitchcock, impossible d’arrêter le visionnement une fois commencé. Quel ambiance! ”

      Dans le fond pour toi le cinéma c’est un peu les manèges à la Ronde.

    • Je vous rejoins sur La vie est belle. Faux bon film. Bons sentiments. Un des rôles fondamentaux d’un père est d’ouvrir son enfant au monde.

      J’ai d’ailleurs déjà écrit sur ce blogue que le Jurassic Parc de Spielberg raconte en sous-texte l’histoire d’un camp de concentration pour dinosaures. Spielberg a souvent montré des parents incompétents qui sont pris en charge par leurs enfants (War of the Worlds).

      Mais je réitère que Spielberg n’a pas eu le courage de tuer Hitler/Hammond dans son film. Comme vous le dites bien, Hammond est représenté comme un enfant. C’est peut-être ce qui le rend intouchable pour Spielberg. Peut-être aussi que la scène de la mort de Hammond ètait tournée et les test-screenings ont démontré que tuer Hammond serait rébarbatif pour le box-office?

    • Hammond c’est le Speilberg des années 80 jugés par celui des années 90. Jurassic Park est le film du renouveau dans son oeuvre.

    • “J’ai d’ailleurs déjà écrit sur ce blogue que le Jurassic Parc de Spielberg raconte en sous-texte l’histoire d’un camp de concentration pour dinosaures.”

      ‘est bonne!

    • Ce qui est génial à propos de la réception d’Inception, ce sont les manifestations des désirs des spectateurs. Rarement vu autant de réactions de la sorte à propos d’un film, comme si ceux qui n’ont pas apprécié était déçu de ne pas avoir vu ce qu’ils *voulaient* y voir. Pour avoir arpenté plusieurs forums de discussion à la sortie du film, j’ai remarqué une quantité stupéfiante de « Ça aurait dû être comme ceci plutôt que comme cela ».

      Inception : pas un film sur le cinéma (Saito/producteur, Cobb/réalisateur, Fischer/spectateur… Zzz…), mais plutôt un film-cinéma. Tout n’est que projection(s).

    • Comme 2001…

    • Toutte est dans toutte.

    • @ghost

      ”À l’inverse, être un grand inventeur technique ne fait pas de nous un grand cinéaste, les exemples de tâcherons comme Bay sont légion. ”

      Pour dire ça il faut que tu aies soit mal lu ou alors mal compris mon point.

      Je n’essai aucunement de hiérarchiser les types de cinéaste. Le type ‘technique’ n’est ni meilleur ni moins bon que ‘l’instinctif’. Sauf qu’il y a des sujets et des genres de films qui se prêtent mieux aux styles respectifs de chacun.

      Tu parles de Michael Bay qui fait des films dont le sujet de base est des p**** de robots-jouet. Need i say more ? Y a personne pour se sortir vivant de ça, no matter what.

      Un moment donné, tu es le réalisateur que tu es *aussi* par les choix de projets que tu fais. T’en a qui vont dans toutes les directions et d’autres qui tapent sur le même clou toute leur vie.

      Je dis Cinéaste avec un grand ‘C’ simplement parce que ces gens là ne pourraient s’exprimer aussi fortement en dehors de leur médium: le cinéma.

      Alors que tu as des cinéastes qui pourraient tout aussi bien faire dans le théâtre, écrire un livre ou même se mettre à la peinture. Essentiellement ils ont quelque chose à dire, et le cinéma n’est QU’UN moyen parmi d’autre pour le faire. Moi c’est ça que j’ai toujours senti avec Bergman. Et plusieurs autres, d’ailleurs.

      Aussi, il y a le côté cinéma d’auteur qui entre dans l’équation. ”écrit et réalisé par” est une toute autre game que ”réalisé par X mais écrit par Y”.

      Kubrick pouvait s’approprier l’histoire et la transformer au point de faire rager ses auteurs (ex: Stephen King) parce qu’il considérait ça comme un matériau de base!
      Un auteur-réalisateur ne considère pas du tout son histoire comme un ‘matériau’ mais bien comme l’essence de tout le projet, le message, le contenu.

      Deux visions totalement différentes, mais en aucun cas une est meilleure que l’autre. Seul le résultat final en décide.

    • ”Dans le fond pour toi le cinéma c’est un peu les manèges à la Ronde.”

      Tu frises le baveux, là, Ghost… Faudrait au moins être aussi drôle que Boulgakov si tu veux jouer cette carte là. ;-)

      milieu de l’été, dimanche après-midi, on discute relax là…

    • Même après toutes ces années, j’avais besoin de me libérer une fois pour toutes de cette terreur que m’avait laissé Psycho dans le temps. Je me suis donc procuré le coffret DVD double, édition spéciale. J’ai d’abord regardé “le making of”. Ça m’a aidé à me détendre et relaxer en visionnant à nouveau le film lui-même en gravure numérique.

      Ma thérapie étant réussie, j’ai décidé de visionner le remake Psycho version 1998. Plan par plan et en couleurs on a repris l’histoire avec de purs inconnus. Sans prendre toute la place, vaut-il la peine qu’on en parle ici sur le blogue de Monsieur Josef Siroka?

      Ce remake est une offense grave envers l’oeuvre d’Alfred Hitchcock.

    • Escuse-moi, mais un dimanche après-midi estival c’est ennuyeux comme la gale et c’est le bon temps pour une petite polémique. En plus du fait que tu es un peu l’Adversaire avec ta vision technicienne du cinéma.

      Tu aimes bien te dédire. Tu commences par être surpris que Kubrick admire Bergman car il lui est de beaucoup supérieur, mais tu l’excuses à cause de son âge. Puis tu affirmes qu’aucune vision n’est meilleure que l’autre, mais tu n’arrêtes pas de sous-entendre que Kubrick est supérieure à cause qu’il trippe sur la technique et qu’il n’aurait pu faire ses films au théâtre (argument nul). Vision de geek tout ça. Chacun voit midi à sa porte.

    • ”Tu commences par être surpris que Kubrick admire Bergman car il lui est de beaucoup supérieur”

      Oh! non!

      désolé si mon sous-texte sort tout croche :-P

      y a malentendu ici, j’adore Bergman. Persona est un des films qui m’a le plus remué EVER.
      Ma remarque sur la lettre vise seulement le petit (et amusant) spread d’idôlatrie qu’un gars très admirable fait à un autre gars très admirable. Il y a quelque chose d’un peu surréaliste là dedans, that’s it.

      Il n’en reste pas moins que si Kubrick avait écrit l’exacte même lettre au crépuscule de sa vie, ça aurait donné une toute autre perspective. Avoue.

    • ”Escuse-moi, mais un dimanche après-midi estival c’est ennuyeux comme la gale et c’est le bon temps pour une petite polémique. En plus du fait que tu es un peu l’Adversaire avec ta vision technicienne du cinéma.”

      Ah le vilain, il m’utilise pour son divertissement en plus. Reste pas chez toi, il fait beau dehors et j’ai une passe pour la Ronde, tu viens ?

    • parlant de grand cinéaste avec un C, quelqu’un a vu le dernier Malick ?

      ishimwe, vous n’êtes clairement pas un lecteur régulier de ce blogue!! reculez au 17 juin… -js

    • @jon8 14h51 J’ai lu attentivement la définition de la technique que vous proposez.

      Je pense qu’appliquée au métier de cinéaste, on pourrait faire 2 catégories :

      Ceux qui sont au service de la technique (ils sont nombreux)

      Ceux qui mettent la technique à leur service (ils sont plus rares, SK en fait partie, de toute évidence, mais JLG aussi)

      Je me souviens aussi d’avoir lu qque chose d’intéressant sur la technique dans le livre «Abécédaire de l’ ambiguité» d’ Albert Jacquard :

      «La technique n’est ni bonne, ni mauvaise, ni neutre.»

    • @ ishimwe

      ” je ne vois rien chez Nolan; il ne fait que du BABA( champ-contre champ). Zéro mise en scène, aucun gut si je puis dire, aucun Hop!. Certe il y a des explosion, mais technique ses films ? Peut-êtres ses scénarios qui, il est vrai, sont des labyrinthes mathématiques,complexifiés pour rien, mais niveau techniques, selon votre explication, il n’en est rien”

      Chris Nolan ne réinvente pas la roue, certes, mais il a une bonne maîtrise de la technique en général. On ne sort pas le genre superhéros de son cul-de-sac, comme il l’a fait avec Batman, sans certaines aptitudes techniques, tout de même…

      Une bonne technique est aussi une technique qui sait s’effacer. C’est peut-être même le plus beau compliment à faire sur une technique réussie: on ne sent pas les traces de l’outil, tout est fluide et donne l’illusion de non-calculé, de vrai et d’organique. Posons-nous la question: qu’est-ce qui fait la différence entre le Batman de Nolan et le Batman de tous les autres y compris Burton ?

      L’impression de calcul moi je l’ai senti dans dans le scénario. Qui de lui ou son frère est le plus responsable du scénario ? Aucune idée. C’est peut-être aussi de la pression des producteurs… Tsé, il y a la question du fric/marketing aussi qu’on semble oublier parfois mais qui joue, malheureusement, un grand rôle derrière les rideaux.

      @goupil

      «La technique n’est ni bonne, ni mauvaise, ni neutre.»

      hehe! j’aime!

    • Goupil, svp, ne prononce plus Albert Jacquard en ma présence, je vais faire une syncope.

    • Connaissez-vous Saint-Coppé ? Il parait que c’est entre la Beauce et Bellechasse…

    • Kubrick et Bergman avaient tous deux l’habitude de tourner avec de petites équipes. Cependant, Bergman était forcément plus économe pour ce qui est des moyens et étaient beaucoup plus efficace avec ses actrices et acteurs, les connaissant comme de bons amis, alors que Kubrick traitait pratiquement certains de ses acteurs comme des objets animés. Peu importe la méthode, ils nous ont livré deux des oeuvres les plus personnelles et profondes de l’histoire du cinéma. De là à dire qu’ils sont en quelque sorte les JS Bach, Mozart, Beethoven ou Brahms du cinéma, il n’y a qu’un pas que je suis prêt à franchir sans hésitation.

    • “Reste pas chez toi, il fait beau dehors et j’ai une passe pour la Ronde, tu viens ?”

      Excellent!

    • Saint-Coppé, non… Amusant.

    • @pierrea

      ” alors que Kubrick traitait pratiquement certains de ses acteurs comme des objets animés.”

      J’avais louer The shining une fois, y’avait un making of avant le film, on voit la scène ou la comédienne, dont le nom m’échappe, doit se sauver dans les sentiers de neige, la est dans la porte de l’hotel, Kubrick dit action, mais elle sort pas parce qu’elle a pas entendu ou la porte ne s’ouvre pas, anyway, c’est pas de sa faute a la pauvre fille, mais il te l’engueule, tu fais perdes du temps a tlm sur le plateau, on se les gèles ici bla bla bla. Hitchock aussi avait la réputation de mal traité ses actrices.

    • Bonjour,

      Je commente rarement, mais lis assidument. Comme je ne connais rien de Bergman, je ne commenterai pas plus cette exégèse du panthéon cinématographique, mais je vais en profiter pour faire une requête : Que suggérez-vous comme introduction à Bergman (après tout, il fait gris c’est une journée parfaite pour apprendre à connaître un géant du cinéma)?

      Merci.

    • Quel beau dimanche vous avez passé chers amis… domage que je fusse suspendu à une pruche et à un pin aux bords du lac Caché en lisant doucement À l’ombre de l’Orford…

      On ne dira jamais assez de belles choses à propos de De Palma, je suis heureux que cet humble blogue soit un des rares à promouvoir son talent. Oui, Femme Fatale et Redacted sont parmi les premières perles du 21ème siècle. Même Black Daliha est éclatant de style!

      teddybear. Penses-tu vraiment que Kubrick aurait dû diriger Duvall dans Shining en la traitant à coups de manucures, de petites attentions et de chouchounage?

      exegete. On commence par la fin, Fanny et Alexandre, ou le début, Le Septième Sceau… ou par le milieu, j’ai personnellement un faible pour Les Communiants. Chaque film est un portique en soi… bienvenue.

    • @ exegete

      Pour une introduction à Bergman, j’irais avec son film-somme, Fanny et Alexandre, édité sur Criterion.

      Sinon, voici quelques titres que je vous conseille fortement, en ordre de préférence (je n’ai pas vu tous ses films, soit dit en passant) :

      Les Communiants
      Le Septième sceau
      Persona
      Scène de la vie conjugale
      La source
      Cris et chuchotements
      Fraises Sauvages

      Bon cinéma!

    • “Lynch moins haut depuis quelques années. Son dernier chef-d’oeuvre a dix ans, mine de rien.”

      INLAND EMPIRE est tout sauf un recul, l’oeuvre abouttit certains aspects stylistiques et thématiques de Lynch, les fait rencontrer leur limites, si on veut, mais – ce qui est fort et peut-être un peu mortifaire – en les renouvellant par des procédés de tournage numérique, sorte d’Eldorado personnel d’où il est difficile de trouver le désir de poursuivre une quête. Film seuil s’il en est, on ne peut que respecter le silence qui s’en suit (comme on respecte la surproduction occasionnellement dissipée de d’autre) et attendre le prochain pan. Et ghost, tu sais très bien qu’on ne juge pas l’oeuvre à hauteur d’homme, ses folies sont les marques de dérapages d’un imaginaire-bolide capable des plus beaux virages contrôlés. Je me souviens l’avoir vu dire en entrevue à Charlie Rose que son alimentation quotidienne était invariablement la même de jour en jour: oeufs, huile d’olive, tomates et autres trivialités…. comme quoi…

    • @exegete

      Bergman, ce n’est pas du cinéma facile, il faut vraiment être dans le mood.

      @teddybear

      Shelley Duvall (et Kubrick) détient le record mondial du nombre de prises refaites si je me souviens bien: 128.

      Elle pouvait bien être terrifiée dans le film! Je soupçonne même la manipulation psychologique de la part de Kubrick pour arriver à ses fins…

      Aussi il y a Malcolm McDowell qui a vécu son expérience avec Stanley un peu difficilement… Et certains acteurs de Full Metal Jacket. Dans le fond, y a juste Tom Cruise et Nicole Kidman qui l’on eu relax ?

    • @rafc

      ”INLAND EMPIRE est tout sauf un recul, l’oeuvre abouttit certains aspects stylistiques et thématiques de Lynch, les fait rencontrer leur limites”

      Je suis d’accord avec ça. Lynch va au bout de son ”cauchemar” dans IE et le film dure suffisamment longtemps, immergeant complètement le spectateur dans l’ambiance, pour qu’une séance de cartoons soit nécessaire par la suite, avant d’aller se coucher l’esprit plus relax!

      Je comprend Lynch de faire de la méditation, t’a pas le choix.

    • Bergman est multiple et inépuisable.

      Il ne faut pas tomber dans le cliché d’une oeuvre dépressive, sérieuse et austère.

      Bergman m’a souvent fait rire (Sourires d’une nuit d’été, L’oeil du diable).

      Votre liste est belle, Jozef, mais je suggère des films «négligés» comme Monika (un des plus beaux films sur les amours adolescentes. Il faut voir le plan final où Monika fixe la caméra, l’air de dire : qui êtes vous pour me juger?

      Bergman passe pour un cinéaste de l’intime. La Honte exprime le clash entre le couple d’artistes qui vivent dans leur confort moral (le sentiment d’être des justes-intellos-artistes) qui sont rejoints par la guerre. Quand le monde extérieur rejoint l’intime, les certitudes explosent et l’artiste doit de positionner.

      Et L’heure du loup n’est pas à dédaigner. On développera plus tard sur cet fameuse heure, le dernier moment de la nuit, juste avant la barre du jour, où souvent, les grands malades passent de l’autre côté…

    • @teddybear

      Le tournage de The Shining a été particulièrement éprouvant pour Shelley Duval. On ne peut pas dire que Kubrick avait beaucoup de facilité à diriger les femmes, contrairement à Bargman.

      @Jozef

      Excellents choix. Voici l’ordre que je proposerais :

      Dans un premier temps, pour se familiariser avec sa palette:
      Le Septième Sceau et les Fraises sauvages, puis Sourires d’une nuit d’été

      Ensuite (Bergman de chambre)
      Les Communiants, le Silence et Persona

      Bergman en couleurs (oeuvres de synthèse)
      Cris et chuchotements et Fanny et Alexandre

      Ces deux derniers films sont plus séducteurs, c’est par eux que devrait commencer un cinéphile moins porté sur l’introspection. Comme ce sont des oeuvres de synthèse, elles sont plus accessibles, mais le Septième sceau et les Fraises sauvages le sont aussi, à leur manière. Le “cinéma de chambre” de Bergman est le plus exigeant.

      Pour l’esthétique, Persona est bien sûr incontournable. C’est fou ce qu’on peut faire avec un cinématographe de la trempe de Nykvist.

    • Je comprends que Kubrick ait été si dur avec Shelley Duvall, elle est tout simplement pourrie comme actrice (voir également dans Annie Hall) ; or, pourquoi l’avoir choisie? Grosse erreur de casting à mon avis.

      Pourrie comme actrice? Wow! Altman doit se retourner dans sa tombe!! Mais, sérieux, elle n’est peut-être pas une actrice de composition, mais peut donner des performances intéressantes, si elle est bien dirigée. D’ailleurs, louez-vous Thieves Like Us, et après vous allez me demander de retirer ce commentaire pas trop sérieux… -js

    • @ j.s.

      Je vous crois entièrement sur le film de Altman, mais dites-moi si vous n’êtes pas un peu d’accord avec moi quant à son jeu dans les films de Kubrick et Allen?


      Kubrick l’a surtout choisie pour son apparence; la vulnérabilité et la fragilité qu’elle incarne. Si sa performance est «ordinaire», comme vous dites, c’est pour faire contrepoids à celle de Nicholson, qui est génialement «over the top». N’oublions pas que Kubrick est complètement obsédé par la symétrie, et elle n’est pas que d’ordre géographique. Kubrick ne choisit pas nécessairement ses acteurs pour leurs qualités de jeu; il y a aussi une composante intellectuelle reliée à ces choix. Pensez à Ryan O’Neal dans Barry Lyndon; beaucoup de gens ont haussé leurs sourcils à l’annonce du casting du beau bonhomme de Love Story pour jouer le rôle-titre dans un film d’une telle envergure. Mais c’était justement ça le point, Lyndon – et le monde qu’il habite – est tout en surface. – js

    • ”Kubrick l’a surtout choisie pour son apparence; la vulnérabilité et la fragilité qu’elle incarne.”

      Intéressant.

      On en parle où exactement ? Livre, bio, entrevue ?

      J’ai moi aussi toujours trouvé étrange ce choix de casting, mais plus je visionne ce film (sûrement 7 fois à date) plus je comprend.

      J’ai toujours eu des réserves, purement subjectives, pour une question de réalisme: un type comme Jack Nicholson avec une femme au charme… euhh.. si spécial ? Uhm..
      Ça, et aussi t’a pas une morphologie comme ça sans passer les gênes dans ta progéniture. Y a strictement aucun début de ressemblance avec le ptit garçon. Il est forcément adopté. Tellement que ça m’a dérangé aux premiers visionnements.

      Je ne sais pas si le film aurait pu être meilleur avec une autre actrice, mais en tout cas je doute qu’il aurait pu être moins bon.

      «On en parle où». Je sais pas trop, me semble que c’est évident. Il y a d’ailleurs beaucoup de réals. qui choisissent des personnes random dans la rue pour leur apparence seulement, se fiant à leurs habiletés de directeur d’acteurs. Le meilleur exemple c’est Crissy Rock dans Ladybird, Ladybird de Ken Loach, qui l’a repérée dans un night club crade, où elle faisait du stand-up après son shift comme caissière. Une des plus grandes performances des dernières décennies. – js

    • Mais c’est vrai que si le but était d’incarner de la vulnérabilité, S. Duvall était difficile à battre.

      J’ai toujours trouvé très risqué de porter jugement (négatif/remplacement) sur un choix de casting… parce que essentiellement: Tu ne peux pas savoir. C’est de la spéculation pure. Trop de facteurs sont en jeu.

      Mais y a des films comme ça où on ne peut s’empêcher de spéculer! Y a quelque chose de l’fun à imaginer des castings différents pour des films cultes.
      Surtout lorsque l’on connait l’historique du processus de casting d’un film, les changements de dernière minutes ou refus d’autres acteurs connus pour un rôle X… Y avait un site là dessus justement, et c’était assez surprenant le nombre ”d’occasion manquées” et ”good move”. C’était pas dans un de vos billets, Jozef ?

    • Pour ce qui est de Shelley Duval, je crois avoir lu la même chose que Jozef, mais je crois aussi que Kubrick cherchait à provoquer des sentiments misogynes, non pas pour promouvoir cet horrible préjugé, mais pour nous faire sentir un peu de ce monstre que Jack devient. Car si on craint pour Duval et son fils à mesure que le film progresse, on passe aussi un certain temps à la trouver moche et passive. Dans les scènes violentes, Kubrick a clairement demandé à Duval de se tordre le visage de peur. Pas question d’avoir de beaux plans glamour, on a droit à des scènes de violence conjuguales transposée dans le registre film d’horreur.

      En tout cas, c’est ce que je pense depuis longtemps.

    • Pas grand chose à se mettre sous la dent du côté série télé ces temps-ci, vous me donnez tous le goût de revisiter Bergman et Kubrick! Surtout que j’en ai la moitié chez moi en DVD/BR…

    • Je met parfois le blue-ray de Shining juste pour visionner la scène d’intro avec les paysages grandioses accompagnés de la musique de Berlioz… Fascinant.

      J’ai réussi une fois à ne pas l’écouter au complet par la suite!

      http://youtu.be/TgCejsyS0t8

      En fait, c’est la Symphonie fantastique «remixée» par Wendy Carlos… -js

    • Oui effectivement, j’ai aussi la pièce originale de la Symphonie Fantastique de Berlioz où le thème a été capturé et disons que le remix donne un feeling encore plus thrillant.

    • Étrange quand même que certains cinéphiles considèrent Shining comme un film mineur dans la filmographie de Kubrick.

      Quid?

    • La direction d’acteur au cinéma n’est certainement pas la même qu’au théâtre, mais dans les deux cas on cherche un moment unique; les stratèges émotifs que semble utiliser Kubrick sont sûrement répandus, mais avec Duvall ça m’apparaît intense… et réussi.
      Et il faut pas oublier l’importance des symboles amérindiens entourant le personnage de Duvall. Son impassivité, sa force (tout de même), l’absence de ressemblance avec son fils, peuvent entre autre se comprendre par ce biais.
      Aux stratèges émotifs s’opposent l’accueil éclairé d’un Lumet ou d’un Altman; 3 Women, le grand rôle de Shelley!

    • Hors sujet : mais quelle affiche pour le prochain Batman!
      http://www.firstshowing.net/2011/first-epic-teaser-poster-for-the-dark-knight-rises-comes-crashing-in/

    • @pierrea Vous avez parfaitement raison. Je crois que ce qui rends ce film encore plus terrifiant est le fait que les acteurs ne soient pas glams du tout. À l’opposé de la jolie scream queen, Shelley Duvall livre une performance de réelle terreur.

      Remarquez la scène où, lorsqu’elle fait venir une médecin/psy (je ne me souvient plus) au chevet de Danny au début du film. Elle fume une longue cigarette et du coup, elle a l’air elle même d’un long bâton de tabac blanc qui brûle.

      @jozef Merci pour avoir publié cette lettre, c’est inspirant !

      Laure-Anne Lafrenière

    • Toujours difficile de d’établir un classement. Il y a des films qui m’ont franchement touchés dont vous n’avez pas mentionné l’auteur : Zodiac, Seven, Last exit to Brooklin, Michael Clayton, Magnollia, Gosford Park, The Dear Hunter, … Je regardais justement pour acheter The Seventh Seal et vous me confirmez que c’est un bon choix. Je connais peu Bergman. Merci Criterion, mais ça coute cher. J’ai Le Cercle Rouge, Double Life of Veronique et Roberto Rossellini’s War Trilogy dans le colimateur… Sur une note plus légère, je me bidonnais bien en lisant le commentaire no 5 de Mastroianni à Ebert :
      http://rogerebert.suntimes.com/apps/pbcs.dll/article?AID=/19850214/PEOPLE/296570169
      à plus.

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