Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 30 mai 2011 | Mise en ligne à 9h30 | Commenter Commentaires (17)

    Malick prépare un documentaire IMAX

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    Il fait bon être amateur de Terrence Malick par les temps qui courent. Il y a d’abord cette Palme d’or, qui atténue les craintes des cinéphiles les plus anxieux parmi nous. «Non, il ne s’est pas brûlé les ailes! L’espoir de Grandeur persiste, etc.». Il y a ensuite cette sensation que Malick a finalement décidé d’accélérer la cadence pour de bon. Il a 67 ans le monsieur quand même. Ne peut plus se payer le luxe de se faire désirer comme par le passé (seulement 5 films depuis 1973). Aujourd’hui, au contraire, le temps semble lui manquer.

    Le producteur Bill Pohlad, celui-là même qui a accepté le prix suprême au Festival de Cannes, a affirmé mercredi dernier que Malick est en train de développer un documentaire IMAX intitulé Voyage of Time. Le film, qui sera narré par Brad Pitt, s’annonce comme une extension de la vignette d’une vingtaine de minutes illustrant la création de l’univers dans The Tree of Life. Le Los Angeles Times précise :

    Voyage of Time va se pencher sur les premiers signes de vie, les bactéries, les cellules pionnières, le premier amour, la conscience, l’ascension de l’humanité, la vie, la mort et la fin de l’univers.

    Le plan d’affaires, abondamment enrichi d’images de méduses, d’embryons de crocodiles, de nébuleuses, d’une fente du canyon de l’Utah, et du satellite de Jupiter, Ganymède, comprend des lettres de témoignage de Francis Ford Coppola, Martin Scorsese et Steven Spielberg, qui promet que Voyage of Time sera «une combinaison mémorable d’art et de science qui saura autant inspirer qu’éduquer.»

    L’intrigant documentaire devait initialement «accompagner» la sortie de The Tree of Life (17 juin au Québec). Mais les producteurs ont eu peur de créer de la confusion auprès du public avec cette stratégie de distribution inusitée. «Il était important de ne pas cannibaliser The Tree of Life», a déclaré Pohlad, qui assure du même coup que «Nous voulons le faire. [Malick] doit juste trouver le temps de le faire».

    En attendant Voyage of Time, Malick doit apporter les touches finales à son sixième long-métrage, dont le tournage a eu lieu cet automne dans sa ville natale de Bartlesville, en Oklahoma. Le drame romantique, qui met en vedette Rachel McAdams, Rachel Weisz, Olga Kurylenko, Ben Affleck et Javier Bardem, est simplement décrit comme «une puissante et émouvante histoire d’amour» (j’en parle plus en détails ici).

    Selon le LA Times de vendredi, il s’agirait du film le plus «expérimental» du cinéaste, dont l’évolution artistique se manifeste notamment par une structure narrative de plus en plus éclatée. La date de sortie en salle du Untitled Terrence Malick Project n’est pas encore annoncée, mais tout porte à croire qu’il prendra l’affiche plus tôt que tard. La raison en est simple : il compte entamer le tournage d’un nouveau film cet été ou, au plus tard, cet automne. À suivre…

    Flash-back

    Lecture fortement recommandée : Badlands : An Oral History, un recueil de témoignages sur la production «turbulente» du premier long-métrage de Terrence Malick, tourné durant l’été 1972, publié dans la plus récente édition de GQ. Un passage cocasse :

    MARTIN SHEEN
    Lou Stroller made some comment about Mrs. Malick, and Terry was not having it, and beat the hell out of him. In true Texas style—he was so Texas. Didn’t even hesitate, just started swinging. They were down like two buffalo—they were big guys—and they were on the ground, rolling around, and Terry just whupped him. Oh, I acted outraged—”What a breakdown of discipline, this fighting on the set!”—but I couldn’t have been prouder of him. Can you imagine? If more directors would beat up their producers, we’d have a lot more artistic freedom.

    Ci-dessous, le cinéaste fameusement reclus dans un petit rôle à mi-chemin dans Badlands. Sheen, encore :

    One day an actor didn’t show up to play a part, so Terry did. He’s so self-conscious, and he did not want to be in the film, and he told me he was going to re-shoot his character. I assured him that I would never shoot that scene with anyone but him. We’d had this extraordinary time together, and I knew that he would never go on camera again the rest of his career.

    À lire aussi :

    > Première image du nouveau nouveau Malick
    > The Thin Red Line : le beau cadeau de Criterion
    > Le chef-d’oeuvre obscur de la décennie


    • Avec les km de pellicule coupée au montage, Malick doit avoir assez de stock pour faire une série sur IMAX!

      Bonne stratégie d’étaler l’offre. Au moment de la sortie en DVD ça ferait aussi un beau bonus.

      Appel à tous : je serai en région montréalaise le 17 juin et je compte bien aller voir The Tree of Life. Vu le peu de conscience professionnelle des «exploitants» (post de Jozef du 24 mai) je suis à la recherche de la meilleure salle possible à Mtl pour profiter pleinement d’un film convenablement projeté. Avez-vous des suggestions?

    • le contraire de la carrière de Kubrick dont l’espace du temps se creusait entre chacun de ses films plus que ça avançait.

    • Au fait, avez-vous aimé The Tree of Life ?

      La réponse le 17 juin! – js

    • goupil, comme vous pouvez voir avec le taux de réponse à votre question, les bonnes salles à Mtl ne sont pas légion. Si vous êtes patient, je vous conseille d’attendre une semaine, le film prendra l’affiche au Parallèle (je ne sais pas pourquoi il est là une semaine en retard, en tout cas ils annoncent le 24 sur leur site). Sinon, le film sera soit au Forum ou au Scotia, et il est alors possible de se retrouver devant une projection numérique (impardonnable pour Malick) de qualité médiocre, voire pitoyable (ce qui m’est arrivé récemment pour le Quattro Volte au Forum). Au moins, au Scotia ils l’annoncent quand la projection est en numérique, au Forum c’est une surprise. Bref, bonne chance!

    • Mon instinct et votre conseil me porteraient vers le Parallèle, mais si les dates ne concordent pas je vais surveiller le Scotia. Ce qui complique encore les choses, c’est que je ne tolère pas le doublage. Mais le Scotia devrait offrir une VO.
      Merci pour le bref mais éclairant topo des salles du 514!

    • Ah, sur The Independent on apprend que Malick serait un fan de Zoolander!! (Ici: http://www.independent.co.uk/arts-entertainment/films/features/the-secret-life-of-terrence-malick-2288183.html) Il faudrait penser à la filiation Malick-Stiller, ce serait peut-être plus fructueux que Malick-Heidegger.

      Sinon, question piège: pourquoi tous les critiques ces temps-ci s’amusent à relier Malick et Kubrick, deux cinéastes qui sont pourtant de parfaits opposés? (peut-être pour la rime?)

    • Ah, ça me rappelle Kurosawa qui tenait Lifeforce pour son film “préféré”! (ne me demandez pas ma source, je ne sais plus, mais ça marque quand on lit ça).

      Ou encore la filiation Stiller-Heidegger qui ne demande qu’à être défrichée… commençons par Tropic Thunder et on verra…

    • @ Rafc

      Robert Bresson, qui méprisait à peu près tout le cinéma produit par quelqu’un d’autre que lui-même, était toutefois un grand fan de la série des James Bond! Ça aussi ça marque…

    • Moi, fan de James Bond?!? Je ne savais pas… Vrai que, fonction oblige, il tient du modèle, ce type.

    • @cinematographe: moi aussi je trouve bizzare cette comparaison Malick / Kubrick.

      2 cinéastes de génie. 2 control freak, 2 personnes qui se tiennent loin des caméras. Les deux ont fait des films avec des images incroyable de l’espace.

      Ils ont cependant des méthodes et des thèmes très différents.

    • J’ai bien aimé “Days of heaven”!!

    • Comparer Mallick et Kubrick… c’est en effet plutôt étrange, et sans doute lié au fait que la production cinématographique américaine (du moins la plus médiatisée) est plutôt homogène — comprendre grosses productions, gros effets spéciaux, gros marketing, grosses vedettes, et scénarios copiés-collés minuscules ou simplistes.

      Le préoccupations philosophiques de Mallick, et son indépendance d’esprit détonnent tellement à Hollywood Sausages-All-You-Can-Eat. inc, qu’il passe rapidement pour plus original qu’il ne l’est en réalité. À Hollywoodland, c’est facile de détonner, et c’est même plutôt suicidaire. En Europe, ils ont leur cinéastes existentialistes — et des solides, depuis belle lurette: Angelopoulos, Tarkovski, Kieślowski, etc…, mais aux USA, les majors visent exclusivement l’Entertainment qu’un maximum de kids de sept ans peut comprendre.

      Pourquoi Kubrick, cinéaste Hollywoodien hors norme, est-il autant à part, dans sa propre catégorie, et qu’il risque de le demeurer encore très longtemps? Je pense qu’on pourrait y répondre par une autre question.

      Est-ce que Jim Cameron, l’homme le plus puissant d’Hollywood actuellement, POURRAIT (en admettant qu’il puisse l’écrire) réussir à faire financer un film d’un demi-milliard de dollars avec une proposition métaphysique qui se déroule dans l’espace, sans course de vaisseaux spatiaux, sans mega-lasers, sans pows pows, sans effets sonores, sans histoire d’amour, et, en bonus, avec une fin la plus énigmatique que toute l’histoire du cinéma (ou l’Histoire tout court) ait jamais produite?

      La réponse est, bien sûr, non.

    • … et il y a eu aussi bien sûr, Francis F. Coppola et APOCALYPSE NOW (que j’ai préféré à THE THIN RED LINE) qui s’en est approché, qui a bénéficié aussi de l’appui de Brando, et autres sympathisants de l’époque — comme Malick maintenant… et qui y a laissé sa chemise très longtemps, sa santé mentale, et sa capacité de faire des films hors-normes dans l’avenir.

      … et dans le camp des Européens, il ne faut pas oublier bien sûr, Michael Haneke.

    • The Thin Red Line est à mon avis le meilleur film de guerre de tous les temps. Bien qu’on pourrait le qualifier de faux-film de guerre, un peu comme Apocalypse Now! Film que je trouve légèrement surestimé, et que, parlant de Kubrick, détestait profondément.

    • @rafc et astyanax : … et Hitchcock était un fan de (attention !) SMOKEY AND THE BANDIT (1977) !!

      http://www.imdb.com/title/tt0076729/trivia

    • … et Kubrick était un fan du Buddy Movie FREEBIE AND THE BEAN (1974) !! (selon Kubrick : “le meilleur film de 1974″ !!)

      http://en.wikipedia.org/wiki/Freebie_and_the_Bean

    • J’ai eu la chance d’aller voir The Tree of Life au cours du weekend dernier (Je demeure au Massachusetts). Définitivement son œuvre la plus expérimentale, mais également la plus abordable. Bien sur, il y a eu quelques rires égarés dans la sale de cinéma; un public quelque peu désemparé devant les images déjà classique d’un univers naissant. Mais somme toute, l’univers familier de la famille O’Brien nous plonge à coup sur dans la nostalgie et dans l’introspection (voir la critique de Roger Ebert). Bien que la philosophie de Mr. Malick y soit très clairement illustrée, l’effet et l’impact de ce film demeurent surprenants. Pour vous mettre l’eau a la bouche, voici une liste de la musique utilisée par Malick… en fait la musique joue un rôle prépondérant…
      http://operachic.typepad.com/opera_chic/2011/05/bach-respighi-berlioz-smetana-and-many-more-the-music-of-the-tree-of-life.html

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