Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Jeudi 26 mai 2011 | Mise en ligne à 15h20 | Commenter Commentaires (62)

    Le retour d’Alexander Payne

    The-Descendants-Poster

    Avec About Schmidt (2002) et Sideways (2004), des chroniques douces-amères explorant les préoccupations de gens ordinaires en quête d’une certaine forme de valorisation ou de rédemption, Alexander Payne s’est imposé comme le principal héritier de Hal Ashby, géant cinéaste américain qui a infusé d’une belle dose d’humanisme le cynisme ambiant de l’Âge d’or hollywoodien des années 1970.

    Après sept longues années d’absence, Payne confirme enfin son retour avec son cinquième long-métrage, The Descendants, l’adaptation du roman de Kaui Hart Hemmings. Le réalisateur originaire d’Omaha, qui avait délaissé le Midwest qu’il affectionne tant pour les vallées viticoles de la Californie dans son dernier film, met le cap encore plus au sud cette fois-ci. On se trouve désormais à Hawaï, en compagnie d’un propriétaire terrien (George Clooney) aux prises avec de graves problèmes reliés aux femmes de sa vie, à savoir l’infidélité de son épouse récemment tombée dans le coma et la crise d’adolescence de sa fille aînée.

    Avec également Beau Bridges, Robert Forster et Matthew Lillard.
    Sortie : 16 décembre.


    • Hal Hasby n’était qu’un petit maître bien sympathique, il ne faut pas exagérer. Payne c’est pas grand chose tant qu’à moi.

    • Pas d’accord avec votre comparaison avec Ashby, qui était d’abord un grand humaniste.

      Payne a pu faire illusion avec des films comme Citizen Ruth et Election. Mais une fois passé l’effet d’esbrouffe, il ne reste qu’un mépris profond envers tous ses personnages. Il est de la même eau que Todd Solontz. Un pur cynique qui contemple de haut des personnages tous plus cons les une que les autres.

      Mon contre-exemple est Jean Renoir, qui a pu faire des films aussi mordants que La règle du jeu, mais qui rappelait que le pire des salauds dans un de ses films devait avoir ses raisons. Même «Schoumachère» dans La règle du jeu avait droit à une scène qui nous laissait entrevoir son point de vue, sans mépris.

    • Je serais moi aussi bien troublé si je devais vivre avec une femme qui parvient à m’être infidèle jusque dans le coma.

    • @cinematographe

      «Je tolère que ma femme me trompe, mais s’il s’agit de ma maîtresse, je deviens un tigre!»

      Plus loin dans le film, le même personnage :

      «Je tolère que ma maîtresse me trompe, mais quand il s’agit de ma femme, je deviens un tigre!»

      I. Bergman, Sourires d’une nuit d’été, 1955.

    • @goupil

      Que penserait-il si sa femme le trompe avec sa maîtresse?

    • Goupil, vous ne m’avez pas répondu: vous avez trouvé des morilles?

    • Jamais compris le culte envers Harold et Maude ! je préfère Secret Ceremony.
      Hashby ne m’a jamais réellement parlé non plus; mis à part Being There peut-être, et pas vu Shampoo dont je suis encore curieux de la pertinence.
      Payne? ….

      Et quand ma femme me trompe avec ma maîtresse, je deviens un tigre de papier.

    • Ghost, arrête d’insister, on sait très bien que goupil est ton troisième pseudo après scotch!

      cinematographe, je vois qu’on a la même torsion d’esprit!

    • Dans Being There, le génie c’est Peter Sellers, pas le cinéaste.

    • Rafc, je prends ça comme un compliment, mais je ne suis pas Goupil.

    • C’est donc que tu es Scotch!!!

    • Euh, OK I’m Scotch…

    • Mais non…

    • 1) @ghost 17h09

      Oui. C’est une réponse très «la-conique»? Je viens justement de cuisiner un plat aux morilles.

      2) @cinématographe : Si sa femme le trompe avec sa maîtresse, je dirais que ces femmes ont du goût! En tout cas dans le Bergman, les deux sont très belles. Dire qu’il y a du monde pour prétendre que Bergman n’avait pas d’humour!

      3) scotch a toujours trop pris de son pseudo lors qu’elle intervient.

      4) I’m Spartacus!

    • Mais c’est quoi tout ce délire? C’est l’humidité qui vous accable, ou quoi :)

    • Faites-nous part de votre opinion.

    • Plus sérieusement…

      Les saisons cinématographiques entrent parfois en conflit avec les saisons de la nature. Il semble que les distributeurs, et surtout les «exploitants» ne maîtrisent pas, ou ne veulent pas maîtriser tous ces paramètres en fonction de la satisfaction du spectateur qui va en salle et paye son billet. (voir le précédent post de Jozef).

      Quand je parle de la nature, je suis vraiment sérieux (comme les hélicos dans l’oeuvre de SK). Les champignons aussi c’est donc sérieux.

      Et je maintiens que Payne (in the ass) n’est pas un cinéaste sérieux.

    • Oui, les champignons sont chose très sérieuse, je seconde.

      C’est drôle, Goupil, depuis votre commentaire stupéfiant, je vois les ombres des oiseaux au sol.

    • Eyes Wide Shut…

      Le vieux maître avait raison, encore une fois.

      Et sur la question de la jalousie/infidélité des hommes/femmes, ce film en dit long sur la différence de perception selon le genre.

    • ?

    • Tenez-vous absolument à faire le comment-taire le plus la-conique?

    • Ne gênez-vous pas pour développer goupil, je suis en retard pour écrire un texte sur Eyes Wide Shut et je suis en manque de bonnes idées à voler…

    • J’ai eu la même pensée goupil, et me suis retenu.

      Par ailleurs, es-tu aussi sérieux lorsqu’il est question de géologie?

    • @Goupil

      Le plus dé-conique peut-être… Non, c’est juste que je ne comprends pas toujours la logique d’enchaînement. Le gyromitre à plat, certainement. À moins que vos commentaires sont semi-lancéolés (comprenne qui pourra)!

    • “Par ailleurs, es-tu aussi sérieux lorsqu’il est question de géologie?”

      On est pas sérieux quand on a dix-sept mille ans…

    • Ciné, il faudrait que tu demandes à Astyanax qui tient, si je me souviens bien, Eyes Wide Shut pour son plus grand film.

    • Évidemment, Eyes Wide Shut nous permet de réfléchir à ces questions plutôt que de nous donner des réponses. L’imaginaire occidental de la séduction repose sur une abstraction de la femme faite par l’homme depuis longtemps, qu’elle soit positive (métaphore) ou négative (métonymie). Nietzche le disait: le charme le plus puissant de la femme, c’est de le faire sentir au loin, actio in distans. L’homme, lui, doit passer par l’effemination, tactique ou physique, pour introduire le féminin, par le masque. Le féminin est embrassé par SK dans EWS, mais c’est ici que je me retiens…

    • Quand on est sérieux, on a 400 millions d’années…. (Ducasse).

    • Personne ne se porte à la défense de Payne?

      J’avoue avoir apprécié ELECTION mais à la vue de ses autres films, je crois que c’est Broderick et WITHERSPOON qui faisaient illusion. SIDEWAYS et ABOUT SCHMIDT sont d’insupportables petits films mesquins.

      Payne, c’est du Solondz dégriffé. C’est juste bête.

    • @cinématographe si vous voulez des bonnes idées sur EWS, vous n’avez qu’à regarder le film avec les yeux (et surtout l’esprit) grand ouverts…

      @ghost C’est évident que le gyromitre est à plat quand je suis passé, car je l’ai écrasé, pour protéger les cueilleurs néophytes…

      @rafc la géologie nous embrasse tous, nous englobe tous. Nous ne sommes que des fossiles en devenir.

      Ce qui ne nous empêche pas d’avoir un certain plaisir à notre bref séjour sur cette planète!

    • Au moins Solondz dérange alors que Payne conforte.

    • “Ce qui ne nous empêche pas d’avoir un certain plaisir à notre bref séjour sur cette planète!”

      Ça vaut la Payne d’être vécu…

    • Par définition, l’appellation «âge d’or hollywoodien» s’applique davantage au faîte de la gloire et du prolifisme du septième américain; soit une période s’échelonnant des années 40 au tout début des années 60. Bien que les années 70 constitue historiquement une décennie féconde et charnière dans l’histoire du cinéma (ayant vu l’éclosion des scorcese, coppola et cie.), la méticulosité de l’historien nous obligerait à appeler cette nouvelle vague de films plus «réalistes» et «cyniques» le NOUVEL HOLLYWOOD…

      Ainsi donc, bien que le NOUVEL HOLLYWOOD est selon l’avis de plusieurs le véritable âge d’or du cinéma made in USA par la qualité (et le surgissment de véritables «auteurs» dans le paysage hollywoodien), il n’en demeure pas moins que ladite terminologie peut porter à confusion lorsqu’employé pour parle de cette décennie plus naturaliste…

    • L’art de prendre des drosophiles par le fondement…

    • Oui, c’est vrai, je pense que EWS est le chef-d’oeuvre de Kubrick.

      Pour des raisons sans doute assez personnelles (la sexualité m’intéresse plus que, disons, la guerre), mais aussi parce que je ne suis pas loin de penser, en toute objectivité, qu’il s’agit-là du commentaire le plus profond et le plus pertinent que le cinéma ait pu faire sur le sexe.

      Et puis je sens que Kubrick y est plus libre, moins soucieux d’en découdre avec un genre défini comme il a eu l’habitude de le faire tout au long de sa carrière.

    • “Genre” dans tous les sens du terme.

    • Mais Astyanax, tu n’es pas sans savoir que si le sexe c’est une guerre, pour (d)SK, la guerre est toujours un truc sexuel (tu te souviens les bombardiers de Dr Strangelove le bien nommé).

      EWS est peut-être aussi un film de genre. Un genre secret qui traverse l’histoire du cinéma: le drame psychanalytique: Spellbound, Septième ciel, Marnie, Secret Beyond the Door, etc.

      Vous en connaissez d’autres?

    • Mulholland Drive…

    • Oedipus Rex de Pasolini!!

    • Blue Velvet, bien sûr, et Lost Highway!

    • Hé, salut winslow!

      Avez-vous pu voir Valhallah Rising?

      EWS est un film noir.

      Devinette avant d’aller faire dodo :

      Quel est le genre préféré des cinéphiles?

      Le Jean Renoir.

    • Pas mal.

    • Bien le bonsoir, Goupil!

      J’ai bel et bien vu le film du Danois pas non grata. Je m’étais d’ailleurs embourbé ici même dans des comparaisons entre VR et la prose de Cormac McCarthy, auquel le film m’avait fait penser, dans un billet du temps des fêtes si ma mémoire est bonne. Rapport à l’enfant et l’homme silencieux mais aussi par rapport à une sécheresse qui n’empêche pas une certaine préciosité (de la prose comme de la mise en scène).

      Bien hâte de voir son DRIVE.

    • Les mystères d’une âme de Pabst, Vertigo bien sûr, Paprika, Le mystérieux Docteur Korvo de Preminger.

    • Behind the Green Door!

    • Dressed to Kill!!!!!

    • Black Moon ??
      possiblement… je vous le dirai le mois prochain…

    • Un peu de modération sur ces commentaires ne ferait pas de tort… Ca s’insulte à tort et à travers, ca parle de sujets qui n’ont aucun lien avec l’article… Vos yeules, comme on dit! C’est pas un forum de discussion, c’est une section pour commenter un article.

      Pour ce qui est d’Alexander Payne, je l’adore. De dire que c’est un réalisateur “mesquin” est de très mal comprendre son approche, tant qu’à moi. Il est loin d’être aussi détaché de ses personnages qu’un Todd Solonz, par exemple. Payne présente des personnages qui ont, oui, des failles souvent énormes, mais qui au final sont généralement comprenables et surtout attachants par leur humanité. J’ai plusieurs de leurs défauts, d’ailleurs, et je suis capable de les considérer comme faisant partie de moi. Je pense que Payne a probablement les mêmes pensées, c’est ce qui se dégage du ton qu’il utilise, en tout cas.

      Ce genre de déviance, je tolère une fois de temps en temps, surtout en dessous d’un «post-minute» comme celui-là… -js

    • Personne n’a insulté personne, même si nous sommes, oui, de vrais déviants…

    • À voir les commentaires ici, ils semblerait que personne n’a vu les films de Payne… Mesquin? Du même type que Solondz? Mais de quoi parlez-vous? Et ensuite, du même coup, on encense Kubrick, qui n’est certainement pas connu pour son humanisme… N’importe quoi!

    • La finale de Paths of Glory, à elle seule, prouve l’humanisme de l’artiste.

      Pour la modération, on repassera… mais, merci d’offrir un point de vue différent (et de peut-être développer ensuite…).

    • @rafc
      Votre point manque de mise en contexte. Paths of glory est au début de la carrière de Kubrick et ses vues sur la vie était très différentes à ce moment. Lisez le superbe article que Michael Herr, qui le connaissait personellement, a écrit sur Kubrick. Le cinéaste a beaucoup changé avec les années et disons qu’il a peut-être, avec le temps, délaissé un certain humanisme, qui n’était pas éclatant de toute façon, pour une vision beaucoup plus réaliste et dure du genre humain.

      Je trouvais juste assez ironique et hypocrite qu’on dépeigne négativement Payne comme un misanthrope (ce qu’il n’est pas), alors qu’on mentionne Kubrick dans le poste suivant sans même effleurer la question.

    • Voici le lien:
      http://www.visual-memory.co.uk/sk/memories/mh.htm
      Un superbe article qui nous aide à mieux comprendre le personnage

    • nonosenseguy, j’ai l’impression que vous confondez Kubrick-l’homme et Kubrick-le cinéaste. Il était peut-être un sale mysanthrope en personne, mais ce n’est pas ce qui ressort de ses films. Je ne vois pas comment un humanisme ne s’accorderait pas avec une vision réaliste, l’humanisme n’est pas un idéalisme à ma connaissance.

      Pour Payne, je suis d’accord par contre, ses films n’ont rien de mysanthrope, et la comparaison avec Solondz ne tient pas. Je ne sens pas de mépris chez Payne, au contraire, il n’est certes pas Renoir (qui l’est?), mais on ne peut pas réduire ses personnages à des cons.

    • Je me fous que Payne ou Kubrick soit misanthrope ou non. L’un est nul, l’autre un génie.

    • Je n’ai jamais dit que Payne était mesquin ou misanthrope. Je ne le connais pas personnellement et si ça se trouve c’est un brave type. Je ne vois pas pourquoi vous voulez réduire ça à des attaques personnelles.

      SES FILMS (les deux derniers en particuliers) sont par contre de petites constructions vaines et mesquines qui ne servent qu’à rire des travers de personnages schématiques sous le couvert d’une pseudo vraisemblance, un vernis réconfortant.

      C’est un reproche que l’on fait souvent aux frères Coen. Mais il y a pour moi un plaisir formel, celui du texte et du jeu qui est indéniable chez les frangins et complètement absent chez Alexander Payne (à part ELECTION).

    • On en vient à la question que pose Diderot dans Le Neveu de Rameau: Vaut-il mieux avoir du talent et la postérité qui vient avec tout en étant égoïste et détesté de ses contemporains ou, au contraire, être un gentil tâcheron promis à l’oubli mais qui sait par contre attirer la sympathie des autres?

    • Le talent prime sur le machiavélisme et/ou toute forme d’affabilité.

    • Hallucination tout à l’heure. Je suis en train d’écouter la musicographie sur 1979. Apparaît Véronique Béliveau dans une pub de Radio-Québec (c’est comme ça que s’appelait Télé-Québec alors, je parle d’une temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître). Je me dis, tiens tiens, on dirait Faye Dunaway sur l’affiche du festival de Cannes! Le deuxième plan le confirme: elle est attifée comme Bonnie avec son Clyde.

      J’ai retrouvé le début de la pub: http://www.youtube.com/watch?v=LAms0jptAt8

      PS: Goupil, je viens de trouver une très grosse morille blonde!

    • Salut ghost! Bravo pour la blonde. Est-la morille qui a généré l’hallucination avec Véronique Béliveau? J’étais en cueillette en fin de semaine, dans les bois avec mon opinel et mon petit panier, fredonnant du Brassens (Gare aux morilles) mais l’humidité a eu raison du cueilleur…

      Pour le «drame psychanalytique», Interiors et Another Woman de WA sont des incontournables, même si je me souviens avoir franchement rigolé avec l’«affaire du vase» dans Interiors. La période sixties de Bergman est aussi très psychanalytique : Persona et À travers le miroir.

      Je me souviens aussi d’une «comédie psychanalytique» de Danièle Dubroux, Le journal du séducteur.

    • Kierkegaard adapté en comédie psychanalytique!? Un autre cas de morilles?

      Merci à Astyanax, Ghost et à cette Nymphe (tiens, ça ferait un beau pseudo!) pour ce souper mémorable et ces libations amicales. La prochaine fois, M. Leach et Romain G. seront-ils de la partie…?

    • Le journal du séducteur (le film) n’est pas vraiment une adaptation du livre du grand «jovialiste» danois. Mais un exemplaire du livre aux propriétés «magiques» (comme le psylocibe?) a une énorme influence sur le développement de l’histoire et le destin des personnages. Une sorte de super-MacGuffin…

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