
L’acquisition, le mois dernier, par la jeune société Alcon Entertainment des droits de Blade Runner (1982) et du roman qui l’a inspiré, Do Androids Dream of Electric Sheep? de Philip K. Dick, a suscité bien des réactions. Et beaucoup d’inquiétude. Les nombreux amateurs du classqiue de Ridley Scott voient d’un mauvais oeil l’éventualité de revisiter l’univers d’un film-culte qu’ils considèrent intouchable.
Les co-fondateurs d’Alcon, bien au fait de la nature délicate de l’opération, ont voulu se montrer rassurants. En entrevue au Los Angeles Times, Andrew Kosove a assuré ne pas chercher à faire un remake de Blade Runner, mais bien une suite ou un prequel. Il a affirmé par ailleurs être au courant de «l’immense défi» que représente une telle entreprise. «Trouver un angle original est la condition première du projet», insiste-t-il.
Aucun nom de réalisateur n’a encore été avancé. Alcon n’hésiterait cependant pas à renouer avec Ridley Scott lui-même. Même si la participation du cinéaste britannique – qui travaille présentement sur son très ambitieux prequel d’Alien qui n’en est pas un – semble des moins probables, rappelons qu’il demeure ouvert à l’idée d’un nouveau Blade Runner. Il avait déclaré en 2007 (via The Playlist) :
Il y aurait clairement une histoire dans une suite. Elle tiendrait sa source dans la réplique d’Edward James Olmos «It’s a pity she won’t live. But then, who does». Et bien sûr, je crois que tous les deux [Deckard et Rachael] sont des replicants, il s’agit donc d’un très bon point de départ.
En entrevue à Hero Complex ce week-end, Rutger Hauer, le mémorable replicant Roy (photo ci-dessus), est lui aussi d’accord pour une suite à Blade Runner. Mais à une condition. Et elle est de taille:
Si Christopher Nolan était de la partie, je dirais «D’accord, allons-y!». Mais sinon, on ne peut pas le faire. Blade Runner est un film si unique. Comment décrit-on un diamant? Je ne crois pas qu’on devrait y toucher.
Nolan, qui a su revigorer avec brio la méga-franchise Batman, et qui, avec Inception, a pu s’enorgueillir d’une réputation quasi-mythique auprès des fans de science-fiction, serait évidemment un candidat idéal. Un tel projet saurait d’ailleurs certainement l’emballer, du moins, si l’on se fie a une entrevue qu’il a accordée en 2002 à Entertainment Weekly :
Ça paraîtrait bien de dire que c’est Nicholas Ray ou Akira Kurosawa qui m’ont vraiment influencé mais, pour quelqu’un de mon âge, ce serait un mensonge. Je fais partie de ces gars qui ont vu Blade Runner 200 fois. Orson Welles ne se compare même pas à ça.
Chez Alcon, on dit que la participation de Nolan relève de «l’utopie». En même temps, sa passion pour le film est si manifeste – il faut être diablement convaincu pour balayer ainsi Welles de la main – que je ne vois pas vraiment ce qui l’empêcherait de se lancer dans le projet. Pour l’instant, il n’a qu’un seul long métrage en vue, un biopic de Howard Hughes, et la suite/prequel de Blade Runner est très loin d’un feu vert. D’ailleurs, s’il acceptait, il aurait assurément toute la latitude artistique qu’il voudrait (Alcon ne semble aucunement partager l’éthique des Weinstein). Plus précisément, un mot à dire quant au choix du scénariste et un droit de regard sur le scénario.
Ceci étant dit, la présence au générique de Nolan est-elle vraiment une condition sine qua non pour un nouveau Blade Runner de qualité, comme l’affirme Hauer? Il doit sûrement y avoir des plans B intéressants. Je pense par exemple à Tomas Alfredson, le réalisateur suédois qui travaille présentement sur un thriller d’espionnage très prometteur. Son premier long métrage, Let the Right One In (2008), est un magnifique film de vampires: étrange, mélancolique, poétique, enfin, atmosphérique à souhait. Parce que, Blade Runner, c’est une question d’atmosphère avant tout…










philgra
4 avril 2011
07h46
Je suis d’accord avec vous, Jozef (c’est plutôt rare alors disons-le!). Nolan est bon, j’ai beaucoup aimé Inception, mais il n’en reste pas moins qu’il surf en ce moment sur une vague. Ce n’est pas le seul réalisateur qui puisse livrer un bon film de ce genre. Que Rutger Hauer, qu’on ne voit plus depuis des lunes, exception faite de ce nébuleux Hobo, ait ce genre d’exigences, ce n’est pas sérieux! Et n’oublions pas que son personnage meurt à la fin!
Je suis cependant surpris que vous ne mentionniez pas LE problème majeur avec cette suite: Harrisson Ford a 70 ans!
Pas sûr ce comprendre votre raisonnement. Un nouveau Blade Runner n’exige pas le retour de Harrison Ford, les personnages de fiction ne sont pas éternellement attachés aux acteurs; il n’y a qu’à regarder les Batman… -js
dalehunter
4 avril 2011
08h34
Toucher à Blade Runner…la prison pour ses gens…
melin
4 avril 2011
09h18
@philgra : Rutger Hauer a joué dans plus de 80 films depuis Blade Runner, sans compter quelques mini-séries. Plusieurs de ces films ne sont pas du cinéma “Hollywoodien”, mais justement, ce sont des films ayant un scénario… Son opinion est donc plus importante que vous ne l’affirmez!
Reste que s’attaquer à un film culte avec une suite ou un prequel est un pari risqué…
pierreb1965
4 avril 2011
09h28
Je verrais bien un remake a la sauce tim burton….
pierreb
teacherondabeat
4 avril 2011
09h38
Je persiste et saigne : même par Nolan, svp, ne touchez pas!!!
mantiss
4 avril 2011
09h52
pas touche, il y a des choses qu’on ne doit tout simplement pas souiller.
legrando
4 avril 2011
09h54
“Je verrais bien un remake a la sauce tim burton….”
SVP non. Tim Burton est en panne depuis bien trop longtemps.
jfhell
4 avril 2011
09h56
Selon moi, rien n’est intouchable: pas la musique des Beatles, pas les films de Welles, pas Blade Runner, pas P.K. Subban ;-) Le pire scénario: le prequel (ou la suite) est un navet. Et puis, après? Le film original sera toujours aussi bon.
totoro
4 avril 2011
10h08
Rien n’est sacré dans la vie. Les gens ont le droit de refaire les films qu’ils souhaitent, mais moi j’ai le droit de ne pas aller les voir.
dormammu
4 avril 2011
10h19
Bonjour M. Siroka, en effet, ‘Blade Runner’ est un classique et même si j’aimerais bien qu’on revisite cet univers, mais j’ajouterais: pas à n’importe quel prix.
Etant donné l’âge d’Harrison Ford et de Rutger Hauer (et d’autant plus qu’il meurt à la fin du film), il faudrait faire un préquel avec de tous nouveaux acteurs. Avec un bon scénario et avec par exemple, C. Nolan, à la barre du film, ça pourrait donner quelque chose d’intéressant. En tout cas, je vais surveiller ce dossier.
_renaud
4 avril 2011
11h04
D’accord pour affirmer qu’un remake de Blade Runner serait une erreur. C’est comme la rumeur qu’il y a avait eu l’an passé a propos d’un remake de Back To The Future. Tu ne veux pas toucher a des films comme ca.
Par contre je verrais bien un prequel ou une suite.
groucho
4 avril 2011
12h31
Bas les pattes sur un remake de Blade Runner, le film de s/f par excellence avec 2001 de Kubrick.
Touche t’on au grand tableau de Renoir, Van Gogh ou rembrambt? 2001 a été souillé par le ridicule
2010. Si cette société veut faire des films qu’elles essaient de faire un bon film avec les autres navets de Ridley Scott comme Legend, White Squall et G.I. Jane….Comme le disait le légendaire John Huston dans son autobiographie à propos des remakes: Why don’t they re- do our bad ones.
Jozef Siroka
4 avril 2011
12h34
@ tous ceux qui parlent d’un «remake».
Il aurait fallu lire le texte avant de le commenter : 2e paragraphe : «En entrevue au Los Angeles Times, Andrew Kosove a assuré ne pas chercher à faire un remake de Blade Runner, mais bien une suite ou un prequel.»
satyre
4 avril 2011
12h35
Attention, les fans de Blade Runner sont très voraces! En général, c’est autour des films de science-fiction que se forment les cercles de fans les plus hardcore… Je ne suis pas un grand amateur du genre, mais Blade Runner est définitivement dans ma liste de favoris, tous genres confondus. Il y a quelque chose de très spécial dans ce film. On sent bien qu’il a vieilli, mais pourtant il n’a pas pris une ride. Le risque avec la science-fiction, c’est de tomber dans le ridicule, le kitsch; plus on ose, plus le danger de voir mal vieillir son oeuvre est grand. Mais ce chef-d’oeuvre est de plus en plus sublime à mesure qu’il prend de l’âge.
Prequel, suite, remake, peu importe. On l’a dit plus haut, le film de Scott restera. Mais doit-on y voir un autre symptôme de la crise d’anémie créatrice affectant l’industrie cinématographique actuelle? On ne parle que de suites et de remakes…
Pour ce qui est de C. Nolan, je trouve qu’il manque sincèrement d’âme dans ses films. Inception est très gris, très morne, moche, sans imagination, rempli de personnages en carton et de dialogues vides. J’ignore comment le dire autrement: ses films n’ont aucune âme. Ses Batman n’ont rien de particulièrement bons en dehors du matériel de divertissement. The Prestige est plus habile, bien mieux fait, c’est son meilleur à date. Memento, derrière son montage pas si inconventionnel que ça, n’a rien d’extraordinaire. Tout porte à croire qu’un prequel (ou peu importe ce que c’est) de Blade Runner sous la direction de C. Nolan serait à l’image de son réalisateur, c’est-à-dire plat, sans âme malgré les prouesses techniques qu’il contient, alors que l’original a une aura si intense que sa place au panthéon des films cultes est indiscutable.
«The Prestige est plus habile, bien mieux fait, c’est son meilleur à date.» Entièrement d’accord! Mais quand je parle de Nolan comme candidat idéal, je ne fais pas nécessairement référence à ses aptitudes de cinéastes, qui sont surestimées, mais plutôt à la confiance qu’il peut inspirer aux studios. Un nouveau Blade Runner, pour qu’il fonctionne, aurait besoin à la fois d’un budget monstre et de moins d’interférence possible de studios. Nolan serait en fait idéal en tant que «parrain», en tant qu’intermédiaire entre les corporatistes et les artistes. -js
kurtz
4 avril 2011
12h41
Hey j’ai fait un remake de la Joconde chez moi, mais elle est blonde, un sourire blanchi et des seins refaits. Venez voir ça, c’est vraiment beau, 10$ la visite.
Juste l’idée d’un remake de Blade Runner me dégoûte, mais même un prologue ou une suite porterait atteinte à l’oeuvre, surtout dans le contexte où il serait difficile, voire impossible de trouver un réalisateur à la hauteur de ce film. Je n’aurais pas confiance en Ridley Scott lui-même, à ce stade-ci de sa carrière!
Ce qui serait vraiment intéressant selon moi, ce serait de reprendre l’univers de Blade Runner, mais de construire une histoire parallèle à celle de Deckard, qui n’a rien à voir avec lui en tant que tel, mais dans laquelle on pourrait entrevoir des personnages de Blade Runner ou des entrecroisements avec aspects du scénario original. On pourrait par exemple partir des faux souvenirs des replicants volés à des humains (surtout ceux de Rachel et Deckard) et les faire revivre dans l’univers postmoderne du film.
Je lance le nom de Wong Kar Wai pour un projet de ce genre. Comme vous dites Jozef, Blade Runner est avant tout un film d’atmosphere (et esthétique). Alors qui de mieux que le maître de l’atmosphère et de l’esthétique pour faire quelque chose de la valable avec ceci.
Wong Kar Wai a fait “2046″, un film contenant des éléments de sci-fi et a beaucoup travaillé sur la notion d’émotivité, de distanciation, de la mémoire affective aussi.
Il serait mon choix même avant Nolan, qui irait selon trop dans la direction “thriller”, ce qui gâcherait le projet à mon sens.
deadly_moogly
4 avril 2011
12h41
Culte ne signifie pas pour autant intemporel. Je suis pou un prequel ou une suite, et je suis ni chaud ni froid à un remake.
@Satyre
Pas d’accord avec vous au sujet de Memento : non-conventionnel, déstabilisant et somme toute un très bon film! Par contre, je suis d’accord à propos de Inception : beaucoup de potentel et un univers intéressant, mais un peu trop simpliste plus le film avance et les personnages (tout comme les acteurs on pourrait dire!) sont effectivement… sans grand intérêt disons-le comme ça!
kurtz
4 avril 2011
12h45
@ Jozef
J’avais lu le bout où on disait qu’il n’y aurait pas de remake, mais il fallait quand même que je dise à quel point ça m’écoeurerait si c’était le cas!!!
Je ne vous visais pas nécessairement (j’ai écrit le commentaire avant le vôtre), mais c’est juste pour éclaircir la situation. J’avais écrit une brève à ce sujet il y a 1 mois dans MonCinema, et les commentaires faisaient également référence à un remake… -js
deadly_moogly
4 avril 2011
12h47
Let the right one in était effectivement une oeuvre incroyablement poétique, inovatrice et déstabilisante. Aucune idée si le réalisateur serait intéressé et/ou à la hauteur, mais ce serait définitivement rafraîchissant…
deadly_moogly
4 avril 2011
12h53
… ou Andrew Niccol (Gattaca) … ou Alfonso Cuarón (Children of men)
kurtz
4 avril 2011
12h58
@ deadly_moogly
Niccol serait un bon choix aussi, mais a-t-il fait quelque chose de vraiment bon depuis 10 ans? Un peu comme Ridley Scott, je pense qu’il n’est pas dans une période faste…
gl000001
4 avril 2011
13h29
Il y a déja deux bouquins qui font la suite à Blade Runner (et non pas la suite de Do Androids Dream of Electric Sheep ?)
La meilleure solution serait de faire un film qui suivrait l’idée originale de Philip K. Dick sans escamoter la partie la plus importante. Ca ferait un film avec une vraie histoire. Pas seulement une “atmosphère” aussi géniale fut-elle.
Ca ferait changement du cinéma américain qui trop souvent privilégie l’”atmosphère”, les “effets spéciaux” au détriment d’une histoire étoffée (chose que Do Android …. offre).
philgra
4 avril 2011
14h31
@Jozef
“Un nouveau Blade Runner n’exige pas le retour de Harrison Ford, les personnages de fiction ne sont pas éternellement attachés aux acteurs; il n’y a qu’à regarder les Batman”
Jozef! Nous étions pourtant d’accord! Et vous venez tout briser… Votre comparaison avec Batman est falacieuse. Comme James Bond, il y a effectivement des changements d’acteurs qui ne sont pas trop problématique. Mais dans ces cas, on parle de franchises à plusieurs films auxquels on nous a habitué aux changements de visage. Un Blade Runner avec Deckard mais sans Harrison Ford, pas certain du tout. Ferait-on Forrest Gump 2 sans Tom Hanks? L’aventure d’une telle suite n’est elle pas déjà suffisament périlleuse?
@melin
S’il-vous-plait, informez-moi d’un seul titre digne de mention et je me garoche à la Boîte Noire!
kurtz
4 avril 2011
14h48
@gl000001
Je ne suis pas vraiment d’accord avec votre interprétation des films d’atmosphère qui sont tout sauf hollywoodiens, justement. Et les effets spéciaux ne sont pas une caractéristique des films d’atmosphère.
Je pense que vous confondez atmosphère avec ambiance. Des chars qui explosent dans un film au scénario anorexique, c’est pas un film d’atmosphère. Quand on parle de l’atmosphère de Blade Runner, on ne se réfère pas au caractère futuriste ou aux effets spéciaux des voitures qui volent.
L’atmosphère de Blade Runner, c’est l’univers glauque ultra-individualiste d’un futur où on ne fait pas de sentiment. C’est un monde impersonnel où les gens sont plus robots que les robots, c’est un détachement face à tout ce qui est l’autre. C’est l’impression d’un monde déchu, froid, pollué, en surpopulation, sans haine, ni amour, juste des gens qui consomment et qui accomplissent leurs tâches dans le plus complet détachement.
Quand je regarde Blade Runner, je m’en fout un peu de savoir si Deckard va attraper Roy ou s’il va tomber en amour avec Rachel. Je ne veut pas vraiment savoir comment les replicants ont été inventés ou si Tyler Corporation est vraiment un gouvernement privé.
L’atmosphère est ce que le medium du cinéma peut apporter de mieux à l’adaptation d’un roman, puisque se baser sur le récit ne mène qu’à des inévitables trous et raccourcis.
Et c’est quoi une “vraie histoire”? Encore un film avec un début, un milieu et une fin? Je préfère lire le livre, dans ce cas.
kurtz
4 avril 2011
14h50
@ philgra
La vraie nature de Deckard dans le film rend tout à fait plausible le changement d’acteur, au contraire.
cinematographe
4 avril 2011
17h09
Qu’est-ce qu’il y a de si insultant dans l’idée de faire un remake de Blade Runner? Ou un prequel? Ça n’enlève rien à l’original.
En plus, c’est loin d’être un film intouchable: il y a déjà quoi, sept versions différentes? Et la lecture de la version director’s cut est si différente de la version en salles qu’il s’agit pratiquement d’un remake.
Ceci dit, c’est pas pour Nolan ce projet, s’il fallait commencer à surexpliquer tous les récits de Philip K. Dick…
goupil
4 avril 2011
17h09
@Jozef vous devriez ouvrir une nouvelle catégorie pour vos post : Quand Hollywood manque désespérément d’inspiration.
Vous écrivez : «D’ailleurs, s’il acceptait, il aurait assurément toute la latitude artistique qu’il voudrait (Alcon ne semble aucunement partager l’éthique des Weinstein). Plus précisément, un mot à dire quant au choix du scénariste et un droit de regard sur le scénario.»
Il manque le mot «montage» à votre paragraphe. Le scénario, on peut en faire ce qu’on veut si on contrôle la souris en post-prod.
@philgra : Osterman Weekend de Sam Peckimpah, Sin City de Robert Rodriguez. Et j’aimerais sincèrement que Rutger Hauer retravaille avec Verhoeven. Le cinéaste qui l’a lancé.
En passant, le film de Riddley Scott ne fait qu’effleurer le roman de Philip K. Dick. 2-3 chapitres au max.
jon8
4 avril 2011
19h24
”Qu’est-ce qu’il y a de si insultant dans l’idée de faire un remake de Blade Runner? Ou un prequel? Ça n’enlève rien à l’original”
Ça peut effectivement amoindrir la ”valeur” d’une oeuvre.
Je pense instinctivement au film Jaws 1, superbe production, qui peut se faire confondre avec l’innommable navet qu’est Jaws 3 dans les souvenirs de M. & Mme tout-le-monde… Et que penser de Psycho ? Dans une moindre mesure aussi; Matrix, Star Wars, Alien, etc…
Intouchable Blade Runner ? Non.
Mais franchement… Comment remplacer le charisme de Rutger Hauer, la jouissive bande sonore de Vangelis ? L’atmosphère si caractéristique d’un film de 1982 qui vieilli si bien ?
Well, good luck with that.
jon8
4 avril 2011
19h33
”Je verrais bien un remake a la sauce tim burton….”
La ”vibe” de Blade Runner est infiniment plus proche du style Nolan que de Burton. Chris Nolan c’est, par réflexe, un choix évident… Mais je suis certain qu’il y a d’autres choix possibles.
Guillermo del Toro ?
Zack Snyder ? (quoique… après le flop Watchmen)
Tarantino ? (je déconne..)
jon8
4 avril 2011
19h39
Je vais attendre de voir Source Code, mais le fils à Bowie, Duncan Jones, pourrait être un choix intéressant. Pour une ”rookie”, Moon c’était très réussi.
Un autre problème avec Nolan c’est que le gars doit être booké jusqu’à sa retraite avec 53 projets.
goupil
4 avril 2011
20h16
Toute séance tenante, lâchez vos activités normales pour voir «Le clan des irréductibles» (Sometimes a Great Nation) de Paul Newman, qui vient de commencer à Cinépop.
gl000001
4 avril 2011
22h01
@Kurtz
, c’est bien entendu une énumération. Je n’ai pas dit que les films d’atmosphère sont nécessairement des films à effets spéciaux.
Vous dites : “c’est l’univers glauque ultra-individualiste d’un futur où on ne fait pas de sentiment. C’est un monde impersonnel où les gens sont plus robots que les robots, c’est un détachement face à tout ce qui est l’autre. ”
Justement dans Do Android …. c’est un monde ou plein de gens cherchent leur salut par l’empathie envers les autres, le Mercerism. Plus particulièrement envers les animaux qui sont presque tous morts des suites des retombées radio-actives.
Vous rajoutez : “C’est l’impression d’un monde déchu, froid, pollué, en surpopulation, sans haine, ni amour, juste des gens qui consomment et qui accomplissent leurs tâches dans le plus complet détachement. ”
Après la guerre nucléaire, c’e n’est plus un monde surpeuplé. Les gens sont encouragés à émigrer vers les colonies sur Mars et plus loin. Le courant opposé au Mercerism encourage la sur-consommation mais Dick ne met pas trop d’emphase sur ce coté humain.
Une vraie histoire, c’est une histoire étoffée comme je disais à la fin. Dans le roman Do Android …. tout se tient. La première fois que j’ai vu le film, je me souviens d’avoir pensé que c’était un film admirable mais que l’histoire était plutot mince: des androïdes qui veulent vivre plus vieux et quelqu’un qui leur court après (avec une imagerie phénoménale et une musique sublime). Et les animaux dans Blade Runner ? Qu’est-ce qui arrive avec eux ? Pourquoi les gens ont une drôle de relations avec eux ? Le film ne répond pas à ces questions.
Il y a des manques à l’histoire. Des trous dus aux raccourcis que le cinéaste a pris. Ou qu’on lui a forcé de prendre en lui imposant un temps limite (je sais pas). 30-45 minutes de plus et ça aurait un vrai chef-d’oeuvre..
fruitloops
5 avril 2011
08h49
BLADE RUNNER, c’est quand même autre chose que les élucubrations dépressives d’une chauve-souris en collant qui se prend pour un humain.
Misère…
Gl000001, c’est impossible de faire entrer un roman qui prend + ou – un mois à lire, avec ta vision des personnages et de l’histoire, dans une version fixée de la vision de quelqu’un d’autre étalée sur deux heures…
C’est toute la beauté et la richesse unique de la littérature de nous permettre de se faire SON CINÉMA à partir d’une œuvre qui ne sera jamais tout à fait la même tous.
fruitloops
5 avril 2011
08h50
… pour tous.
menoplz
5 avril 2011
10h21
George Lucas donne l’exemple a suivre avec les Clone Wars…je veux dire: A quand PIXAR ou Square Enix flirteront avec des tels oeuvres… Blade Runner en 3D, cela ne vous dit pas?…à ce que je sache, on reçoit l’Ostie dans la main à l’église. Les sacrilèges c’est du temps de nos grands-parents.
gl000001
5 avril 2011
13h01
@fruitloops
Do Android … n’a que 256 pages (amazon). Je le lis en moins de 4 heures (en anglais en plus). Facile à filmer en 2-2.5 heures.
Misery de Stephen King. 352 pages en un film de 107 minutes. Malgré tout un excellent thriller psychologique et ils ont pas mal suivi l’histoire.
…
Il y en a plein de bons films qui n’ont pas charcuté le livre et qui ne t’obligent pas d’avoir une couche quand tu vas le voir au cinema.
johnnythewolf
5 avril 2011
14h04
Pourquoi pas JJ Abrams, tant qu’on y est? À défaut d’être un véritable cinéaste, le gars est capable d’orchestrer un hype monstre.
groucho
5 avril 2011
15h05
@ jozef
Remake prequel suite peut importe le format adopté, nous allons nécessairement faire un parallèle avec Blade runner et comparer avec l’histoire du film de Ridley Scott. Est-ce vraiment nécessaire? Verront t-on un projet semblable avec mettons Citizen kane? Hollywood à la place de trouver des nouveaux concepts pour poursuivre ou ré-inventer un classique (i.e l’atroce renaissance en couleur plan pour plan de Psychose) devrait simplement les remettent à l’affiche.Point à la ligne.
fruitloops
6 avril 2011
08h36
… gl000001, je suis certain que tu es capable de lire le bottin téléphonique encore plus rapidement… et ré-écrire le RESEAU SOCIAL de Fincher, en une heure et demi, top chrono (tournage compris).
fruitloops
6 avril 2011
09h28
… MISERY est un huis-clos à 2 personnages, un auteur Arlequin kidnappé par une fefanne débile, dont ni KIng ou le réalisateur ont choisi d’expliquer les motivations profondes — à part qu’elle était juste débile.
D’un autre côté, BLADE RUNNER est situé dans le futur avec un décor à livrer, des règles nouvelles à établir, des robots plus ou moins humains, des paramètres moraux confus, un film noir à géométrie variable, complexe et nouveau. Bref, le cinéaste Scott s’en est bien tiré, a certainement fait de bons choix (entre autre de ne pas TOUT expliquer, parce pas possible en deux heures), mais a choisi de se concentrer sur l’ambiance, en s’appuyant sur un dosage original du matériel de base de P. K. Dick. et qu’il a surtout choisi de proposer une expérience de cinéma (comme Kubrick, dans 2001).
Ah oui, de l’étincelle initiale dans la tête de K. Dick jusqu’au générique de fin de BLADE RUNNER, il s’est passé plusieurs années de travail, de gestation, d’écriture, de lecture, de ré-écriture, de composition et de conversation musicale, et de choix artistiques de toutes sortes.
Nul part, il n’a été question de speed reading, de speed shooting ou de speed viewing.
charkie
6 avril 2011
11h53
@jon8
En tant que grand fan d’Alan Moore et surtout de la bd Watchmen, j’ai trouvé le film très réussi, particulièrement la version longue!
gl000001
6 avril 2011
22h44
@fruitloops
Je n’ai pas vu Réseau Social. Le sujet ne m’intéresse pas.
Je ne suis pas sur de vous suivre quand vous parlez de speed reading. C’est vous qui avez commencé à parler que ce roman prend un mois à lire. 4 heures, c’est rapide mais pas tant que ça. On avait un phénomène à l’université qui lisait bien plus de 100 pages à l’heure.
“Comme Kubrick dans 2001″ Hein ? Le film suit très bien le bouquin. Pas Blade Runner. Pas de comparaison possible.
Si il avait plus suivi l’histoire originale, il y aurait eu un coté philosophique à ce film. Pas juste un coté esthétique. De très grand film, il serait devenu un chef-d’oeuvre.
maxime_turgeon
7 avril 2011
09h35
@gl000001
Je voulais juste prendre la peine de spécifier qu’il est faux de dire que 2001 est basé sur le roman d’Arthur C. Clarke, de même qu’il est faux d’affirmer que le livre est (directement) inspiré du film de Kubrick. Plutôt, les deux oeuvres ont été développées en parallèle. Ce n’est donc pas un très bon exemple d’adaptation d’un roman au cinéma. Par contre, l’expérience 2001 transcende complètement l’idée simple d’un bon scénario et d’une bonne histoire : l’atmosphère, les symboles, les ambiguités, tout ça fait de 2001 un chef-d’oeuvre du septième art. Peut-être est-ce pour cette raison que fruitloops l’a mentionné au départ…
perrons
7 avril 2011
12h12
prequel, ok, mais pas de remake, svp!! BladRunner est de ces films qu’on ne doit pas refaire, comme Star Wars, Alien, 2001 space odyssee..
kurtz
7 avril 2011
13h18
@ gl000001
“Si il avait plus suivi l’histoire originale, il y aurait eu un coté philosophique à ce film. Pas juste un coté esthétique”
Encore une fois, je ne suis vraiment pas d’accord. La philo déborde de partout dans ce film. Il suffit de lire entre les lignes (pas besoin de speed reading!)
- L’androïde qui reprend le cogito de Descartes (Je pense, donc je suis)
- L’État policier-corporatif envahi de pubs
- Le dilemme freudien de Roy avec son créateur Tyler
- Le caractère Nietzschéen de Roy et sa lutte contre le Deckard moraliste
- La notion religieuse d’oeil pour oeil quand Roy brise les doigts de Deckard
- La conscience rousseauiste de la mort qui anime les replicants rebelles dans leur quête d’une différenciation d’avec des animaux ou des machines.
- Le paradoxe d’un capitalisme extrême et d’un esclavage des replicants et la notion d’aliénation par le travail de Marx.
- La conception de l’animal machine de Descartes et l’âme-colombe de Roy
- Sans parler de l’oeil, omniprésent dans le film, un big brother qui déforme la réalité, tellement que Roy crève les yeux de celui qui le voit comme une machine.
Un film n’est pas tenu d’apporter des réponses pour être “philosophique”. Il lui suffit de poser les bonnes questions et de pointer subtilement vers les pistes de réponses.
Voir Blade Runner comme un exercice esthétique est très réducteur.
frederic_clement_qc
8 avril 2011
09h07
Hors-sujet : La bande-annonce de Melancholia, le film “de fin du monde” de Lars von Trier
http://vimeo.com/zentropa/melancholia
gl000001
8 avril 2011
14h09
@kurtz
Tout ce que vous énumérez sont des “anecdotes philosophiques”.
La viande autour de l’os, le concept de rédemption de l’Homme par l’empathie, a été charcuté. C’est la moité du livre.
Ce n’est pas moi le réducteur, c’est le scénariste. Quand il ont montré le scénario à Philip K Dick, il n’était pas content. Il a changé d’idées lorsqu’il a vu les maquettes de la cité parce que ça ressemblait beaucoup à ce qu’il s’imaginait.