Jozef Siroka

Jozef Siroka - Auteur
  • Le blogue de Jozef Siroka

    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
  • Lire la suite »

    Partage

    Jeudi 24 février 2011 | Mise en ligne à 14h15 | Commenter Commentaires (13)

    Première image du nouveau nouveau Malick

    48873

    2011 est définitivement une belle année pour tout fan de Terrence Malick : non seulement son très attendu The Tree of Life prend l’affiche le 27 mai et Criterion sort une fabuleuse réédition de son chef d’oeuvre The Thin Red Line, mais l’on peut déjà rêver à un autre de ses films, un drame romantique dont le tournage vient d’être complété. Malick, qui nous a habitués à une moyenne d’un film par décennie, semble avoir attrapé le virus de Steven Soderbergh

    L’image ci-haut (qu’on peut agrandir en cliquant dessus) montre Ben Affleck et Rachel McAdams en train de se murmurer des trucs intenses dans un proverbial champ d’herbes hautes malickien (l’image ne contient d’ailleurs pas de légende, y a-t-il des volontaires?). Le film, qui n’a pas encore de titre, a été tourné cet automne à Bartlesville, en Oklahoma, la ville natale du cinéaste de 67 ans. La distribution comprend également Olga Kurylenko, Rachel Weisz, et Javier Bardem dans le rôle d’un prêtre.

    Le récit est seulement décrit comme «une puissante et émouvante histoire d’amour». Selon les dernières informations, le film pourrait être en lien avec l’architecte Frank Lloyd Wright et son Price Tower, situé à Bartlesville. Un espion sur le plateau de tournage précise sur un forum d’IMDb qu’Affleck jouerait un homme marié qui est tombé en amour avec quelqu’un de son passé. Kurylenko serait sa femme.

    Il ne faut évidemment pas s’étonner de voir Malick aborder de front le genre romantique. Tous ses films comportent d’importants thèmes liés aux rapports amoureux (et oui, même The Thin Red Line, par l’entremise de brefs mais terriblement efficaces flash backs du soldat Bell : «Love. Where does it come from? Who lit this flame in us? No war can put it out, conquer it. I was a prisoner. You set me free»).

    Contrairement à la majorité des films du genre, ceux de Malick ne s’intéressent pas nécessairement à l’évolution psychologique des membres du couple. Ils se penchent plutôt, à l’aide d’une mise en scène elliptique et d’un ton à la fois sensible et détaché, sur les répercussions du passage du temps. Cette variable hors de notre contrôle qui détériore froidement les relations amoureuses. Une vision certes fataliste de la vie, mais rendue de manière absolument sublime.

    À lire aussi :

    > The Tree Of Life : Malick n’a pas fini de nous épater!
    > The Thin Red Line : le beau cadeau de Criterion
    > Le chef-d’oeuvre obscur de la décennie


    • Encore des herbes hautes!

      Herbes hautes, je vous l’emprunte! -js

    • Mallick. Le dernier des artisans du cinéma muet.

    • Ah Ben Affleck, le plus beau…

    • Belle image. Cependant le seul fait de la contempler en sachant ce qu’elle est vraiment, un apperçu du prochain Malick, la rend des plus splendides. C’est comme si en regardant ce seul cliché je percevais déjà les mouvements flottants de la caméra, des voix lointaines me murmurant un poème philosophique, une musique enivrante, l’harmonie d’un montage parfait…

      C’est sur ce blog que mon intérêt pour The Thin Red Line s’est développé. Un autre film sur la Seconde guerre… Qu’est-ce qu’il a de plus, celui-là? À la lecture de commentaires et articles très élogieux, je lui ai donné une chance. Quelle claque! Je ne le qualifie même plus de « film de guerre »; ce serait passer à côté de toute la richesse qu’offre ce chef-d’oeuvre, qui va bien au-delà d’un simple drame de guerre. La piste d’analyse heideggerienne lancée par notre blogueur m’a beaucoup aidée à comprendre certains aspects – encore ombragés, on pourra en reparler – de ce film et des autres. Après un tel choque cinématographique, je me devais de voir The New World, Days of Heaven et Badlands (ce dernier est le seul que je n’ai pas encore vu, je me le réserve pour cette fin de semaine). Verdict: chaque film est une oeuvre incroyable, profonde, originale, émouvante… Son cinéma est extrêmement riche. J’ai revu ses deux derniers plus d’une fois, j’ai cogité sur ses films, et j’en suis venu à le classer parmi mes réalisateurs favoris au point d’attendre The Tree of Life comme une gamin ne se peut plus d’attendre le matin de Noël. Et vous m’annoncez qu’un autre projet est en post-production? Seigneur!

      Les champs de blé, les herbes hautes… Oui, tout le monde se pose la question. J’ai ma petite idée, qui ne reste qu’une interprétation ne se basant sur pas grand-chose, mais je me dis que ça fait partie de ces obsessions qu’a un artiste et qui se traduisent en images récurrentes au fil de son oeuvre (voir les horloges/pendules chez Bergman).

    • Pourquoi continue-t-il à faire des films avec les big shot d’Hollywood ? J’aime bien son oeuvre, mais cette convergence m’agace.
      Nul besoin de le défendre svp.

    • @ effemmere
      J’ignore jusqu’à quel point il a le contrôle sur le casting. Je ne m’avancerai pas trop sur cette question, mais j’imagine qu’avec budget qu’on lui accorde pour ses films il ne peut probablement pas recruter des têtes inconnues pour les rôles principaux (quoiqu’il y a eu Q’orianka Kilcher…). J’avoue que je trouve aussi étrange ces choix constants de grosses vedettes depuis son tout premier film. J’ose penser qu’il ne s’agit pas d’un moyen d’attirer les spectateurs, parce qu’en ce qui concerne les films de Malick, le côté marketing est souvent assez peu important. Je parle évidemment de son absence totale devant les caméras, des interdictions d’entrevues, de la promotion toujours désastreuse et trompeuse (particulièrement pour TTRL et TNW), spécialement les bandes-annonces, mais je pense aussi à une affiche de TNW, etc. Bref, je ne sais pas, mais il doit être sûrement être plus rigoureux dans son casting animal et végétal. ;)

    • J’ai eu le scénario de cette scène. C’est McAdams qui écoute un monolgue d’un Affleck un peu déprimé.

      Affleck: Un film de Malick devrait enfin vraiment me redonner de la crédibilité en tant qu’acteur mais je ne suis vraiment pas certain d’être à la hauteur de Malick! Hollywoodland et The Town m’ont aidé mais les réalisateurs se souviennent encore de Daredevil, Gigli, Paycheck, Surviving christmas et Jersey girl. Qu’est-ce qui s’est passé avec ma carrière après Good will hunting? Dire que Matt a réussi à se construire une vraie carrière….Qu’est-ce que je fais sur ce plateau?

    • Intéressant ce lien au Price Tower ! …et ces “herbes hautes” de l’Oklahoma qui accueillent ce que Wright considérait comme un “tree that escaped the crowded forest” (wiki); la tour étant conçue de façon arborescente, avec un tronc central et des ramages. Toute romance est fondamentalement déracinante… toute belle qu’elle soit.

    • “Is there an avenging power in nature” Les herbes hautes et la grandeur générale que Malick accorde à toute image représentant la nature me semblent en accord avec la vision récurrente de la nature dans The New World ou Thin Red Line.

      Les images que Malick propose ont quelque chose à la fois organique et spirituel, comme si l’humain était placé devant son “créateur immense” (la nature) à chaque plan montrant cette dernière, toujours insondable et mystérieuse.

      En ce sens, j’aimerais beaucoup que Malick se penche un jour sur la question de l’espace et de l’exploration spatiale. Curieux de voir où seraient les herbes hautes!

    • Kurtz, on pourrait aisément appliquer ce que vous écrivez sur Malick à la conception qu’avait Wright de l’architecture .

    • Excellent article sur Terrence Malick dans le Vanity Fair http://www.vanityfair.com/hollywood/classic/features/runaway-genius-199812

      Il y a une mince ligne rouge entre le fou et le génie.

      Il pourrait bien être autiste…

    • Malick : breaking news!

      Je viens de lire ça dans Le Devoir, sous la plume de Martin Bilodeau :

      «The Tree of Life, le très attendu nouveau film de Terrence Malik (Days of Heaven, The Thin Red Line), qui a fait l’objet de maints reports depuis 18 mois, n’a pas encore été projeté à Cannes (en compétition officielle) que déjà, son distributeur anglais, River Road, a décidé de le retirer de son calendrier. La sortie de ce film centré sur les réminiscences d’un homme au passé familial douloureux, avec Sean Penn et Brad Pitt en proue, était prévue là-bas pour le 4 mai. Elle vient d’être reportée aux calendes grecques, sans raison officielle sinon celle d’une mésentente entre le distributeur anglais et Icon Entertainment, qui veille aux destinées du film à l’international. Du coup, l’incident enveloppe de rumeurs et de mauvaise publicité cette oeuvre attendue chez nous le 27 mai sous la bannière Fox Searchlight.»

      Inquiétant non?

      Icon Entertainment, c’est pas la compagnie de Mel Gibson?

    • La nouvelle date d’il y a quelques jours, mais ce n’est pas vraiment surprenant: pourquoi le film sortirait-il en Angleterre avant Cannes? J’imagine que le festival a voulu avoir la véritable première, alors ils ont repoussé la date de sortie.

      Quant à ici, il y a deux dates qui traînent, Mediafilm donne le 27 mai mais Marc-André Lussier parlait du mois de juin dans son blogue. Ce n’est pas très encourageant, mais je suis optimiste, j’espère seulement qu’on nous fera pas le coup du Van Sant qui était prévu au mois de janvier et qui se retrouve maintenant à Cannes et chez nous à une date encore indéterminée. Je m’inquiète plus du format de projection du film, il y a trop de projecteurs numériques à mon goût dans les cinémas montréalais.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • publicité

  • Calendrier

    février 2008
    L Ma Me J V S D
        mar »
     123
    45678910
    11121314151617
    18192021222324
    2526272829  
  • Archives

  • publicité