
Roger Deakins, un des directeurs photo les plus respectés de notre époque, a offert une prédiction qui devrait faire frémir de terreur tout puriste du cinéma : les jours de la pellicule sont comptés. «C’en sera fini cette année ou la prochaine» a-t-il dit en entrevue à Movieline lundi.
Après 35 ans de métier et neuf nominations à l’Oscar (dont une cette année pour True Grit des frères Coen), Deakins vient de compléter le tournage de son premier film en numérique, Now d’Andrew Niccol. Il admet être «très impressionné» et ne compte plus regarder en arrière.
La réaction sans ambages de Deakins fait écho à celle de nombreux cinéastes de renom – Steven Soderbergh, Lars Von Trier, Michael Mann, David Fincher, David Lynch, etc. – qui ont abandonné la pellicule dès leur premier contact avec le numérique. Leur conversion n’est d’ailleurs pas difficile à comprendre, et ce, pour au moins deux raisons : Les constantes avancées dans la qualité de l’image HD ainsi qu’une réduction importante des coûts de production qui, souvent, fait la différence entre un feu vert et un feu rouge pour une petite ou moyenne production.
Malgré tout cela, beaucoup de cinéphiles s’insurgent contre la mort éventuelle de la pellicule. Regrettent déjà la poésie des photogrammes en mouvement et se méfient des images pixellisées, impures. Mais s’agit-il là d’une protestation fondée ou bien d’un réflexe nostalgique qui perdra de sa vigueur avec le temps? J’ai tendance à opter pour la seconde proposition…
Pour revenir à Deakins, voici une brève capsule sur son travail sur True Grit. Plus bas, une entrevue de fond avec DP/30.
> Pour ceux qui s’intéressent à la direction photo en général, ou a Roger Deakins
en particulier, je vous conseille cette récente entrevue qu’il a accordée à SlashFilm.
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