
Dix-huitième long métrage de Pedro Almodóvar, La peau que j’habite est une adaptation du polar Mygale du romancier français Thierry Jonquet. Antonio Banderas, qui renoue pour la première fois depuis 20 ans avec le cinéaste espagnol (ils ont collaboré sur cinq films), incarne un chirurgien esthétique qui kidnappe le violeur de sa fille pour le torturer dans son sous-sol.
Dans le roman, le chirurgien, un être particulièrement dérangé, garde également sa femme en captivité et la soumet à des jeux sexuels humiliants. On ne sait pas cependant à quel point Almodóvar compte suivre l’intrigue de Mygale à la lettre. Dans le synopsis officiel du film, le personnage de la femme ne semble pas correspondre à son rôle chez Jonquet.
Depuis que sa femme est morte dans un accident de voiture, le Dr Ledgard, un chirurgien respecté, travaille sur la création d’un nouveau type de peau qui aurait pu sauver sa femme. Douze ans plus tard, le médecin réussit à mettre au point cette dernière, grâce aux avancées sur la thérapie cellulaire. Pour arriver à son but, il ne respecte par les limites éthiques de la transgénèse avec des êtres humains. Mais ce ne sera pas son seul crime…
Almodóvar qui donne dans l’horreur, ça pique assurément la curiosité! Il reste maintenant à voir s’il abordera le genre de front ou s’il essaiera de le sublimer en l’infusant, comme on en a l’habitude, d’envolées burlesques ou mélodramatiques comme lui seul sait le faire. À ce propos, Almodóvar a livré quelques indices en entrevue le mois dernier :
Il s’agit d’un film de terreur, sans cris ni peurs. C’est difficile à définir et quoique cela se rapproche du genre de l’horreur – quelque chose qui m’intéresse mais que je n’ai jamais fait – je ne respecterai aucune règle. C’est le film le plus dur que j’ai jamais écrit et le personnage de Banderas est brutal.
Un film de terreur sans cris ni peurs? Ça me rappelle un chef d’oeuvre du genre, Les yeux sans visage (1960) de Georges Franju, film qu’Almodóvar semble directement évoquer, si l’on se fie à cette photo. Si tel est le climat qu’il recherche, on a alors bien raison d’avoir peur!
La peau que j’habite devrait avoir sa première mondiale lors du prochain Festival de Cannes.
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