
La réalisatrice britannique Andrea Arnold s’est introduite avec conviction dans le monde du 7e art avec Wasp (2003), court-métrage de 26 minutes qui a récolté une douzaine de prix internationaux, dont l’Oscar en 2005.
Digne héritière du kitchen sink drama, Arnold est une des cinéastes les plus intéressantes du moment. Avec seulement deux long métrages à son actif, Red Road (2006) et Fish Tank (2009), tous deux récipiendaires du Prix du Jury à Cannes, elle a su imposer un style tranché et affirmé, qui rappelle à la fois Loach pour le naturalisme de l’interprétation et la nervosité de la caméra, Haneke pour le climat d’angoisse existentielle, Antonioni pour la dynamique psychologique entre le personnage et l’espace qu’il habite, ou Kieslowski (en particulier sa période polonaise) pour les touches poétiques irriguées à même la réalité la plus banale et maussade.
Dans Wasp, une mère monoparentale en manque d’affection délaisse ses responsabilités dans l’espoir de se payer du bon temps avec une ancienne flamme. Une première oeuvre forte et épurée, d’une maîtrise impressionnante, qui témoigne d’une confiance absolue en ses moyens de la part d’une cinéaste destinée à gagner sa place parmi les grands.
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