Jozef Siroka

Archive, février 2011

Lundi 28 février 2011 | Mise en ligne à 15h15 | Commenter Commentaires (6)

ET-X: Extinction: la revanche!

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Après près de 30 ans d’attente, E.T.: The Extra-Terrestrial a enfin sa suite (ou son reboot) et, le moins qu’on puisse dire, c’est que les films familiaux ne sont plus ce qu’ils étaient.

Dans ET-X: Extinction, Gertie (Drew Barrymore) est kidnappée par des aliens quelque peu plus belliqueux que l’original dans le but d’arranger un mariage intergalactique. Sans tarder, les États-Unis, personnifiés notamment par les figures rassurantes de Bruce Willis, Morgan Freeman et même Barack Obama, engrangent une opération sauvetage sans précédent, apparemment inspirée par les théories de Michael Bay et de Roland Emmerich.

Une parodie bien divertissante, faite avec beaucoup de moyens, et surtout très pertinente lorsqu’on sait qu’en 2011, à Hollywood, un film sur cinq sera soit une suite, un prequel ou un reboot. Un record, qui ne risque cependant pas de durer trop longtemps…

- Via Spout

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Jeudi 24 février 2011 | Mise en ligne à 14h15 | Commenter Commentaires (13)

Première image du nouveau nouveau Malick

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2011 est définitivement une belle année pour tout fan de Terrence Malick : non seulement son très attendu The Tree of Life prend l’affiche le 27 mai et Criterion sort une fabuleuse réédition de son chef d’oeuvre The Thin Red Line, mais l’on peut déjà rêver à un autre de ses films, un drame romantique dont le tournage vient d’être complété. Malick, qui nous a habitués à une moyenne d’un film par décennie, semble avoir attrapé le virus de Steven Soderbergh

L’image ci-haut (qu’on peut agrandir en cliquant dessus) montre Ben Affleck et Rachel McAdams en train de se murmurer des trucs intenses dans un proverbial champ d’herbes hautes malickien (l’image ne contient d’ailleurs pas de légende, y a-t-il des volontaires?). Le film, qui n’a pas encore de titre, a été tourné cet automne à Bartlesville, en Oklahoma, la ville natale du cinéaste de 67 ans. La distribution comprend également Olga Kurylenko, Rachel Weisz, et Javier Bardem dans le rôle d’un prêtre.

Le récit est seulement décrit comme «une puissante et émouvante histoire d’amour». Selon les dernières informations, le film pourrait être en lien avec l’architecte Frank Lloyd Wright et son Price Tower, situé à Bartlesville. Un espion sur le plateau de tournage précise sur un forum d’IMDb qu’Affleck jouerait un homme marié qui est tombé en amour avec quelqu’un de son passé. Kurylenko serait sa femme.

Il ne faut évidemment pas s’étonner de voir Malick aborder de front le genre romantique. Tous ses films comportent d’importants thèmes liés aux rapports amoureux (et oui, même The Thin Red Line, par l’entremise de brefs mais terriblement efficaces flash backs du soldat Bell : «Love. Where does it come from? Who lit this flame in us? No war can put it out, conquer it. I was a prisoner. You set me free»).

Contrairement à la majorité des films du genre, ceux de Malick ne s’intéressent pas nécessairement à l’évolution psychologique des membres du couple. Ils se penchent plutôt, à l’aide d’une mise en scène elliptique et d’un ton à la fois sensible et détaché, sur les répercussions du passage du temps. Cette variable hors de notre contrôle qui détériore froidement les relations amoureuses. Une vision certes fataliste de la vie, mais rendue de manière absolument sublime.

À lire aussi :

> The Tree Of Life : Malick n’a pas fini de nous épater!
> The Thin Red Line : le beau cadeau de Criterion
> Le chef-d’oeuvre obscur de la décennie

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Mardi 22 février 2011 | Mise en ligne à 22h30 | Commenter Commentaires (7)

Exit Through the Gift Shop ou le cinéma comme performance

Mr.-Brainwash-Thierry-Guetta

À travers la myriade de critiques ou de commentaires (largement positifs) qu’on peut lire sur Exit Through the Gift Shop, un dénominateur commun ressort : S’agit-il d’un canular ou pas? La nature de ce «documentaire» réalisé par Banksy, croyez-moi, est très difficile à saisir (quelques mois après l’avoir vu, je n’arrive toujours pas à me décider). On est loin d’un inoffensif exercice à la Casey Affleck et Joaquin Phoenix. Pourtant, cette ambiguïté, loin de distraire, appuie à merveille le propos du film, qui est une méditation sur la mince ligne qui sépare le grand art de la fraude, la vedette du loser, le documentaire de la fiction…

Pour ceux qui n’ont aucune idée de quoi je parle, une petite mise en contexte. Exit Through the Gift Shop est nommément une réalisation de Banksy, personnage aussi mythique que mystérieux de la scène graffiti qui, malgré des accusations de «terrorisme artistique», voit son travail promu dans les galeries les plus cotées de la planète et vend ses oeuvres dans les sept chiffres. (Un portrait de Banksy et un diaporama à consulter sur le site du New Yorker).

Mais Banksy, quoiqu’affichant un CV des plus attrayants, n’est pas le sujet de son propre documentaire, il en est un élément périphérique. La centre d’intérêt d’Exit Through the Gift Shop est un certain Thierry Guetta (image ci-haut), immigrant français excentrique, propriétaire d’une friperie à Los Angeles, qui est introduit dans le film comme un vidéographe compulsif. Lors d’un voyage en France, Guetta apprend que son cousin est un graffiteur respecté du nom de Invader, et commence à documenter ses escapades nocturnes. De fil en aiguille, Guetta, qui gagne une réputation favorable dans le milieu underground, se met à suivre plein d’artistes de la nuit, notamment Shepard Fairey, créateur de la fameuse affiche HOPE, et permet d’immortaliser des oeuvres par définition éphémères.

La deuxième partie du film, la plus intéressante, montre l’évolution de Guetta en artiste graffiti. Avec les encouragements (malicieux) de Banksy, le groupie se transforme en élève pour rapidement devenir un des phénomènes les plus courus du milieu artistique de Los Angeles. Guetta, qui s’est rebaptisé Mr. Brainwash, organise une expo monstre intitulée Life Is Beautiful. L’événement – un ramassis coloré de tableaux, sculptures, illustrations pop-artesques vidées de toute substance mais, pour ce que ça vaut, techniquement réussies – attire des milliers de hipsters séduits par le hype promotionnel fabriqué par Banksy et consorts. Mr. Brainwash est un succès instantané; son compte en banque est plein à craquer, il voyage partout dans le monde, les journalistes se l’arrachent, même Madonna lui demande d’illustrer la couverture de son album, Celebration.

exit-through-the-gift-shop-207x300En entrevue au Los Angeles Times, mardi, Guetta confie être «la plus grande oeuvre d’art» de Banksy. Voici une révélation cruciale, qui devrait mettre un terme à l’ennuyeuse controverse autour de la véracité du film et rediriger le débat de manière plus constructive.

Exit Through the Gift Shop est, à mon avis, essentiellement une «ciné-performance» de la part de Banksy, qui émet une réflexion importante sur les aléas de la création artistique contemporaine. Alors que le post-modernisme, un des courants de pensées les plus influents des dernières décennies, stipule qu’il n’y a plus rien d’original à créer et que l’originalité ne peut découler que d’un regard neuf sur du vieux, aujourd’hui, ce précepte semble s’être dangereusement distancié de sa composante qualitative: l’originalité (et, souvent, la réussite artistique) n’est dorénavant définie qu’à travers la manifestation du regard du plus grand nombre. (S’il y a autant de gens qui s’y intéressent, le consomment, l’achètent, ça doit avoir de la valeur, insisterait tout adepte de relativisme culturel, dogme de plus en plus à la mode). Trouvez-moi un moyen de me faire connaître, n’importe quel moyen, et je deviens quelqu’un de significatif. L’exploitation de l’image (d’un individu ou d’un groupe) est devenue, en quelque sorte, le plus considérable des gestes artistiques de notre époque.

Un principe, soit dit-en passant, que Banksy a su adopter à merveille. Au-delà de son oeuvre, à la fois politique et savamment scandaleuse, il réussit à intriguer en soulevant des questions autour de son identité. Soucieux de garder son anonymat, il apparaît dans Exit Through the Gift Shop le visage dans l’ombre, la voix altérée par ordinateur. Mais qui est-il? Se pourrait-il que Banksy soit Guetta lui-même, comme le soutiennent de nombreuses théories? Le docteur Frankenstein et son monstre qui ne font qu’un?

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Exit Through the Gift Shop est en lice pour l’Oscar du meilleur documentaire. Banksy, qui fait sa marque à Los Angeles depuis quelques semaines, ne sera pas de la cérémonie; l’Académie ne permettant pas des invités masqués. Guetta, quant à lui, sera bel et bien là, accoutré d’un costume Dolce & Gabbana, marque de haute-couture ayant sollicité les services de Mr. Brainwash par le passé.

Mises à jour : Banksy pourrait finalement participer au gala. – Tous ses graffitis de L.A. à voir ici.

La bande-annonce :

Et voici le générique des Simpsons par Banksy, qui a beaucoup fait jaser cet automne :

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