Jozef Siroka

Archive, janvier 2011

Lundi 31 janvier 2011 | Mise en ligne à 14h30 | Commenter Commentaires (18)

John Barry, une appréciation

Le compositeur britannique John Barry est décédé dimanche des suites d’une crise cardiaque à l’âge de 77 ans, apprend-on aujourd’hui. Barry fut l’un des plus influents compositeurs de films des années 1960 et 1970. Il a remporté 5 Oscars. Un extrait de la dépêche d’Associated Press :

Né en 1933 à York en Angleterre, John Barry était pianiste de formation. Il avait fondé en 1957 un groupe de jazz, The John Barry Seven, dans lequel il jouait de la trompette. Le groupe, auteur de plusieurs titres à succès comme What Do You Want ou Poor Me, a travaillé avec le chanteur Adam Faith. Quand celui-ci fit son premier film en 1960, Beat Girl, John Barry en signa la musique.

La longue association entre John Barry et 007 débuta en 1962, avec Dr No. C’est Monty Norman, et non lui, qui fut crédité pour la musique de ce film et notamment son célèbre thème. [...] Barry a composé les musiques de 12 films de la célèbre série, dont Goldfinger, You Only Live Twice, Diamonds Are Forever, Moonraker ou Octopussy.

Barry s’est attribué la composition du fameux thème de James Bond jusqu’à sa mort, affirmant que l’apport de Norman n’impliquait qu’un «manuscrit de travail». Barry soutient qu’il y a ajouté de la musique originale et qu’il a assuré tous les arrangements.

«Je pense que James Bond aurait eu beaucoup moins de flegme si John Barry ne lui avait pas tenu la main», a déclaré lundi sur la BBC David Arnold, qui a pris la relève comme compositeur de la musique de la fameuse série de films.

Ci-dessus, une version du thème de James Bond interprétée par le John Barry Seven en 1962. Ci-dessous, deux pièces du groupe datant de 1959 :

Quant à moi, le nom de Barry sera toujours attaché à Midnight Cowboy (1969), et à ce thème mélancolique, presque fataliste; une sorte d’anti-berceuse. En même temps, si mélodieux et gracieux :

Et voici, dans un tout autre registre, Florida Fantasy, qui accompagne la scène dans laquelle Ratso (Dustin Hoffman) s’imagine mener la belle vie au soleil :

Voici la musique de The Black Hole (1979), un curieux film de science-fiction produit par Disney. Une jolie trouvaille du site MCN dans les circonstances; on dénote une certaine tonalité symphonique, qui n’est pas sans rappeler Britten dans sa première mesure :

Enfin, voici le thème de Walkabout (1970), le magnifique et hypnotisant voyage initiatique de Nicolas Roeg. La vidéo ci-dessous est remplie de SPOILERS, mais la musique est si belle que je n’ai pas eu le choix de l’intégrer. Alors, ceux qui n’ont pas vu le film, procurez-le vous immédiatement ou, sinon, appuyez play et fermez les yeux!

John Barry a composé la musique de plus de 100 films, télé-films et télé-séries. Si vous avez des coups de coeur à partager, ce serait bien sûr très apprécié.

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Dimanche 30 janvier 2011 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (29)

Un relatif inconnu dans la peau de Superman

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L’identité du nouvel homme d’acier a été révélée ce matin : il s’agit de Henry Cavill, un acteur britannique de 28 ans surtout connu pour son rôle de Charles Brandon dans la feuilleton télévisé The Tudors (image ci-haut). Au cinéma, Cavill a campé quelques rôles mineurs, notamment dans Stardust (2007) de Matthew Vaughn et Whatever Works (2009) de Woody Allen. En somme, un choix qui répond aux critères énoncés initialement par le studio Warner Bros.; un relatif inconnu, évitant au public toutes notions préconçues, afin d’endosser plus confortablement la cape la plus célèbre du monde.

La nouvelle mouture de Superman – provisoirement intitulée Superman: Man of Steel – sera réalisée par Zack Snyder (300, Watchmen, Legend of the Guardians), qui a remporté un très suivi casting de réalisateurs lancé l’automne dernier par Christopher Nolan, le «parrain» et producteur du film. À noter qu’un synopsis affiché précédemment sur IMDb, qui indiquait que Superman sera confronté au corrompu Lex Luthor ainsi qu’au super-ordinateur extra-terrestre Brainiac, n’est plus valable. À ce propos, Snyder a déclaré à FilmsActu : «Le film s’intéressera aux premiers jours de Superman, donc il n’y aura pas de liens avec les autres films. Ce ne sera pas un remake donc. De la même manière, même si je ne peux pas encore parler du scénario, je peux vous assurer que ce nouveau Superman ne sera pas basé sur un comic-book en particulier». Le scénario est assuré par un protégé de Nolan, David S. Goyer (Batman Begins, The Dark Knight).

Voici le communiqué de presse émis aujourd’hui par Warner Bros.:

HENRY CAVILL WILL TAKE ON THE DUAL ROLE OF CLARK KENT / SUPERMAN IN THE NEW FILM FROM WARNER BROS. PICTURES AND LEGENDARY PICTURES

BURBANK, CA, January 30, 2011 – Warner Bros. Pictures and Legendary Pictures announced today that Henry Cavill has won the coveted role of Superman, the iconic superhero.

The film will be directed by Zack Snyder, who stated, “In the pantheon of superheroes, Superman is the most recognized and revered character of all time, and I am honored to be a part of his return to the big screen. I also join Warner Bros., Legendary and the producers in saying how excited we are about the casting of Henry. He is the perfect choice to don the cape and S shield.”

Charles Roven, Emma Thomas, Christopher Nolan and Deborah Snyder are the producers of the film. The screenplay is being written by David S. Goyer based on a story by Goyer and Nolan. Thomas Tull and Lloyd Phillips are serving as executive producers.

Cavill recently wrapped production on The Cold Light of Day and stars in the upcoming Immortals” opening this fall.

Targeted for release in December 2012, the new Superman movie will be distributed worldwide by Warner Bros. Pictures, a Warner Bros. Entertainment Company.

En attendant Superman: Man of Steel, qui devrait prendre l’affiche en décembre 2012, les fans de Snyder auront fort probablement hâte de voir son épopée fantastique Sucker Punch, en salle le 25 mars prochain.

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Vendredi 28 janvier 2011 | Mise en ligne à 15h50 | Commenter Commentaires (23)

La nouvelle relativité de l’échec

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Les flops ne sont plus ce qu’ils étaient. À l’heure de la mondialisation, il est de moins en moins pertinent de se fier aux chiffres du box-office nord-américain afin d’analyser la rentabilité d’un film hollywoodien. Le nouveau navet basé sur un jeu vidéo passe inaperçu aux États-Unis? Pas grave. Les Indiens, les Asiatiques ou les Européens vont combler la balance, voire assurer un profit juteux. Quelques exemples récents : Gulliver’s Travels (Budget : 112 millions $ / Box-office : 40 millions $ aux USA / 170 millions $ dans le monde), Prince of Persia: The Sands of Times (200 M$ / 90 M$ / 244 M$), Resident Evil: Afterlife (60 M$ / 60 M$ / 236 M$).

Dans un texte de Patrick Goldstein du Los Angeles Times, on apprend que la recette du succès à l’international se compose dorénavant de deux éléments : le 3D et l’universalité. En d’autres mots, le film doit à la fois présenter une qualité technologique qui le distingue des produits locaux (et qui le protège du piratage) et, en même temps, contenir des thèmes et un récit dénués de codes culturels trop spécifiques, autant que possible accessibles à un campagnard laotien qui n’a jamais mangé de tarte à la pomme…

Conclusion : les drames ou les comédies qui, traditionnellement, disposent d’un cachet typiquement américain (et qui n’ont que faire du 3D), vont avoir de plus en plus de difficulté à trouver du financement de la part de studios qui démontrent un intérêt sans cesse grandissant envers un marché international en pleine expansion (alors que le local est stagnant). L’impérialisme culturel américain en prend pour son rhume. L’ironie qui découle de cette nouvelle réalité est assez remarquable, et n’a certainement pas échappé à Goldstein :

L’acclamation globale pour les exportations culturelles qui n’ont même pas eu de succès en Amérique pourrait bien être un signe troublant du début de la fin de notre hégémonie culturelle. Personne ne fait de films plus populaires que ceux faits en Amérique, mais ce ne peut être une nouvelle artistique encourageante lorsqu’on apprend que les films qui ont la plus grande portée globale sont ceux qui sont le moins distinctement américains.

Ceci étant dit, une autre conséquence de la mondialisation est l’Hollywoodisation des cinémas nationaux. Un exemple frappant (et hilarant) de ce développement est le film de science-fiction indien Enthiran – le plus coûteux de l’histoire du pays – une sorte de pastiche ultra-vitaminé de Terminator et de The Matrix. Qui sait, peut-être qu’un jour les Américains n’auront plus le choix que d’importer des produits culturels comme celui-là pour se sentir davantage… Américains.

Voici un extrait d’Enthiran (doublé en russe). À placer dans la catégorie «Il faut le voir pour le croire» :

- Via SlashFilm

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