
La campagne en vue de la prochaine cérémonie des Oscars, qui aura lieu le 27 février, bat déjà son plein. Disney, qui a obtenu une nomination à l’Oscar du Meilleur film avec Up l’année dernière, espère cette fois-ci remporter les grands honneurs grâce à Toy Story 3, le film d’animation le plus fructueux de tous les temps ainsi que le film le mieux coté (99%) par l’agrégat de critiques Rotten Tomatoes.
Pour le président du studio aux grandes oreilles, Rich Ross, un éventuel Oscar du Meilleur du long métrage d’animation ne serait qu’un mince prix de consolation. Il vise l’or et, pour cela, a récemment lancé une vaste campagne de promotion auprès des membres de l’Académie, apprend-on via Deadline. Le concept, assorti du leitmotiv «Not Since», se présente sous forme d’affiches dans lesquelles les personnages de Toy Story recréent des scènes d’anciens lauréats de l’Oscar du Meilleur film comme On The Waterfront, Shakespeare In Love, Silence Of The Lambs, Titanic, Forrest Gump, The Lord Of The Rings: The Return Of The King ou The Godfather: Part II.
Cette campagne de Disney amène une question fondamentale : le cinéma d’animation devrait-il enfin être considéré sur le même pied d’égalité que le «cinéma traditionnel» (à savoir, les films tournés en prises de vues réelles) quand vient le temps de récompenser les représentants de l’industrie? La réponse me paraît évidente, d’autant plus que les constantes avancées technologiques dans le traitement de l’image rendent de moins en moins claire la distinction entre le réel et l’animé. En effet, Avatar, King Kong et les nouveaux Star Wars ne sont-il pas à en grande partie des films d’animation? Et les personnages et créatures créés à l’aide du motion capture, comme Gollum ou Jar Jar Binks, ne sont-ils pas en fait des variantes sophistiquées d’un Mickey Mouse ou d’un Donald Duck?
Aujourd’hui, n’importe quel film bénéficiant d’un budget moindrement décent a recours à l’animation, que ce soit à travers de subtiles retouches visuelles (comme la buée dans The Social Network) ou d’imposantes illustrations d’univers fantastiques et/ou futuristes. En poussant la logique à fond, il faudrait peut-être songer à carrément éliminer la catégorie du Meilleur long métrage d’animation ou, encore mieux, la remplacer par une nouvelle catégorie, celle du Meilleur film pour enfants (ou «toute la famille») qui inclurait des films d’animation ET traditionnels. Le public-cible visé est à mon avis un point en commun plus pertinent que celui du rendu de l’image.
Sur ce, je vous laisse avec cette vidéo hommage aux long métrages d’animation de Disney monté dans la foulée de la sortie de Tangled, peut-être le dernier «film de princesse» de l’histoire du studio :
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