Jozef Siroka

Archive, novembre 2010

Lundi 29 novembre 2010 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Commentaires (39)

Toy Story 3 vise l’or

toystory

La campagne en vue de la prochaine cérémonie des Oscars, qui aura lieu le 27 février, bat déjà son plein. Disney, qui a obtenu une nomination à l’Oscar du Meilleur film avec Up l’année dernière, espère cette fois-ci remporter les grands honneurs grâce à Toy Story 3, le film d’animation le plus fructueux de tous les temps ainsi que le film le mieux coté (99%) par l’agrégat de critiques Rotten Tomatoes.

Pour le président du studio aux grandes oreilles, Rich Ross, un éventuel Oscar du Meilleur du long métrage d’animation ne serait qu’un mince prix de consolation. Il vise l’or et, pour cela, a récemment lancé une vaste campagne de promotion auprès des membres de l’Académie, apprend-on via Deadline. Le concept, assorti du leitmotiv «Not Since», se présente sous forme d’affiches dans lesquelles les personnages de Toy Story recréent des scènes d’anciens lauréats de l’Oscar du Meilleur film comme On The Waterfront, Shakespeare In Love, Silence Of The Lambs, Titanic, Forrest Gump, The Lord Of The Rings: The Return Of The King ou The Godfather: Part II.

Cette campagne de Disney amène une question fondamentale : le cinéma d’animation devrait-il enfin être considéré sur le même pied d’égalité que le «cinéma traditionnel» (à savoir, les films tournés en prises de vues réelles) quand vient le temps de récompenser les représentants de l’industrie? La réponse me paraît évidente, d’autant plus que les constantes avancées technologiques dans le traitement de l’image rendent de moins en moins claire la distinction entre le réel et l’animé. En effet, Avatar, King Kong et les nouveaux Star Wars ne sont-il pas à en grande partie des films d’animation? Et les personnages et créatures créés à l’aide du motion capture, comme Gollum ou Jar Jar Binks, ne sont-ils pas en fait des variantes sophistiquées d’un Mickey Mouse ou d’un Donald Duck?

Aujourd’hui, n’importe quel film bénéficiant d’un budget moindrement décent a recours à l’animation, que ce soit à travers de subtiles retouches visuelles (comme la buée dans The Social Network) ou d’imposantes illustrations d’univers fantastiques et/ou futuristes. En poussant la logique à fond, il faudrait peut-être songer à carrément éliminer la catégorie du Meilleur long métrage d’animation ou, encore mieux, la remplacer par une nouvelle catégorie, celle du Meilleur film pour enfants (ou «toute la famille») qui inclurait des films d’animation ET traditionnels. Le public-cible visé est à mon avis un point en commun plus pertinent que celui du rendu de l’image.

Sur ce, je vous laisse avec cette vidéo hommage aux long métrages d’animation de Disney monté dans la foulée de la sortie de Tangled, peut-être le dernier «film de princesse» de l’histoire du studio :

À lire aussi :

> Totoro, le plus grand
> La domination du cinéma pour enfants

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Dimanche 28 novembre 2010 | Mise en ligne à 21h30 | Commenter Commentaires (28)

Leslie Nielsen (1926-2010)

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Leslie Nielsen est décédé dimanche après-midi à Fort Lauderdale, en Floride, à l’âge de 84 ans, a annoncé en primeur une station de radio manitobaine. Il a succombé à une pneumonie moins de deux semaines après son hospitalisation.

L’acteur canadien a bâti sa notoriété grâce à des rôles loufoques dans des comédies absurdes, notamment celui du Dr. Rumack dans Airplane! (1980) ainsi que celui de l’inspecteur Frank Drebin dans The Naked Gun et ses suites (1988-1994).

Un extrait du texte d’Associated Press :

Né à Regina le 11 février 1926, Nielsen a grandi à quelque 340 km au sud du cercle polaire arctique, à Fort Norman, où son père était un policier au sein de la Gendarmerie royale du Canada.

Nielsen est arrivé à Hollywood au milieu des années 50, après avoir joué dans une centaine de séries dramatiques à la télévision en direct, à New York. Du haut de ses 1m85, et doté d’un visage taillé au couteau et de cheveux blonds, il était destiné pour tenir des rôles de jeune premier.

Son premier rôle avec MGM, celui du commandant John J. Adams dans le film de science-fiction Forbidden Planet, en 1956, servira de rampe de lancement à sa carrière. Nielsen a probablement réalisé sa meilleure prestation dramatique à titre du capitaine Harrison dans le film catastrophe The Poseidon Adventure (1972), auprès d’acteurs aussi prestigieux que Gene Hackman et Ernest Borgnine.

Rapidement, il s’est bâti une réputation d’acteur «sérieux», bien que derrière les caméras, il était reconnu pour être un fameux joueur de tours. Cet aspect de sa personnalité n’avait jamais été exploité jusqu’à ce qu’il campe le rôle d’un docteur maladroit dans la comédie Airplane!, en 1980.

Ci-dessous, la séquence d’ouverture de The Naked Gun 33 1/3, une amusante parodie de The Untouchables (1987), film de Brian De Palma qui rend lui-même un hommage à la mythique scène de l’escalier d’Odessa du Cuirassée Potemkine (1925) de Sergei Eisenstein.

> La nécro du Los Angeles Times
> La nécro du New York Times

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Jeudi 25 novembre 2010 | Mise en ligne à 17h00 | Commenter Commentaires (29)

Autour du réalisme

<i>Zodiac</i> (2007) de David Fincher

Zodiac (2007) de David Fincher

Dans un bref essai publié sur un site hollandais – chaudement recommandé par le vénérable Jonathan Rosenaum – le critique australien Adrian Martin tente de définir le cinéma réaliste contemporain. Il inclut dans cette nouvelle tendance les films de David Fincher Zodiac et The Social Network, le dyptique Che de Steven Soderbergh ainsi que le film-fleuve Carlos d’Olivier Assayas.

Tous ces films ont des éléments-clé en commun : ils durent longtemps (plus long, mieux c’est); ils sont remplis de sessions de discussion répétitives dans lesquelles il-ne-se-passe-pas-grand-chose; quoiqu’on y trouve nominalement un personnage central, en fait beaucoup de gens remuent dans le récit; ils garnissent une toile de fond sociale entière de temps et de lieux – même si, dans le cas de Fincher, le passé ordinaire doit être habilement recréé via une technologie numérique.

En fait, tous ces réalisateurs se sont, dans leurs grandes oeuvres, majestueusement transformés en historiens – des historiens du monde réel, plutôt qu’imaginaire. Et le réalisme est en effet ce qu’ils recherchent. Pas un genre de réalisme post-moderne extravagant, et pas un néoréalisme vieux jeu non plus. [...] Le résultat est un soap-opera discret avec des fusils, du sexe, de la mort, de la richesse et du pouvoir… collant, autant que possible, aux contours capricieux des événements originaux.

Même si Martin ne prétend pas que les films en question atteignent un réalisme absolu, il prête bizarrement cette intention aux réalisateurs cités. A-t-il déjà oublié le mini-scandale qui a entouré The Social Network? Que Fincher aurait pris trop de libertés artistiques même si, pour certaines scènes, il demeurait obsessivement fidèle aux détails documentés (comme la marque de bière bue dans la chambre de Zuckerberg).

Et pourquoi cette fidélité sélective de la part de Fincher? Parce que, comme l’observe Jim Emmerson dans son excellente réponse à l’essai, «Aucun film n’est réel, tout est une construction». Cet argument vient, ironiquement, de la part de Martin lui-même. Ce qui démontre que tout ce débat autour du réalisme est en fin de compte plus nuisible qu’autre chose…

Bannir le réalisme

Le «réalisme» est fort probablement le terme le plus flou du lexique cinématographique. On l’utilise à toutes les sauces, et pas toujours judicieusement. On dit souvent : tel film est réaliste. Et je me dis, «Mais encore?». Ce constat, trop relatif pour vraiment signifier quoi que ce soit, agit trop souvent comme un raccourci paresseux qui s’improvise en critique.

En effet, combien de fois avez-vous lu ou entendu qu’un film est bon parce qu’il est réaliste? Ou, inversement, qu’un film est mauvais parce qu’il n’est pas assez réaliste? Comme si une certaine représentation objective de la réalité (allez savoir d’ailleurs ce que cela signifie) constituait forcément l’apex de l’accomplissement artistique.

Je suggérerais de carrément bannir le terme «film réaliste» et de le remplacer, si besoin est, par le plus précis «film naturaliste» : une approche qui combine une mise en scène dépouillée, des décors sans artifices, des interprétations sobres, etc. Comme on le voit dans les films de Ken Loach, des frères Dardenne ou dans ceux qui prêtent serment au Dogme.

Dans un monde idéal, le naturalisme serait considéré comme un instrument parmi tant d’autres dans la boîte à outils des réalisateurs, qui ne sert pas à créer un film «fidèle à la réalité», mais plutôt fidèle à «leur réalité». Une réalité, suffit-il de dire, tout aussi fictive que celle imaginée par n’importe lequel des représentants du septième art.

À lire aussi :

> The Social Network : quand la fiction dépasse la vérité
> Zodiac, le grand oublié

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