Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Vendredi 6 août 2010 | Mise en ligne à 14h45 | Commenter Commentaires (126)

    L’ancien et le nouveau

    July-Cover

    La critique cinématographique n’est pas en train de mourir, comme le veut le lassant refrain à la mode. Au contraire, elle n’a pas été aussi dynamique depuis des décennies. C’est du moins la conclusion de Paul Brunick dans son essai sur l’émergence de la critique web et de l’animosité du papier à cet égard, intitulé adéquatement The Living and the Dead.

    Pour présenter l’article de son ancien stagiaire et nouveau collaborateur, l’éditeur de l’inestimable magazine Film Comment, Gavin Smith, y va d’un mea-culpa :

    Dans un éditorial datant de 2006, j’ai écrit : «J’ai tendance à croire que les blogs sont plus importants pour les gens qui veulent écrire qu’ils le sont pour ceux qui aiment lire; qu’il sont longs sur les opinions mais courts sur les idées et la perspicacité». Je ne sais pas si cette observation tenait à l’époque, mais elle ne tient certainement plus aujourd’hui.

    Cette prise de conscience de la part de M. Smith rassure bien entendu tous ceux qui ne s’arrêtent pas au seul support média pour juger de la qualité du discours critique. Mais il faut croire que, pour le moment du moins, l’éditeur de Film Comment représente l’opinion minoritaire parmi l’intelligentsia de la vieille école.

    Pour illustrer le fossé qui persiste entre le web et le papier, Brunick cite le récent documentaire For the Love of Movies, qui traite de l’Âge d’or de la critique cinématographique, alors que les Andrew Sarris et Pauline Kael parvenaient à engager le pays dans une véritable conversation sur l’art du cinéma (le film a récemment été projeté au Cinéma du Parc). Un intervenant, le vénérable critique Richard Schickel du magazine Time, offre cette charmante remarque : «Ce que je vois dans la critique sur Internet, ce sont des gens d’une ignorance sans pareil à propos du [cinéma] qui s’expriment sur le cinéma».

    La cerise sur le gâteau provient néanmoins de Thomas Doherty, professeur d’histoire culturelle à l’Université Brandeis, au Massachusetts, qui soutient dans son article sur le docu en question que les critiques de l’ère numérique sont «de jeunes voyous qui se font encore carter dans les multiplexes», «des hommes-enfants du peuple viscéraux et émotifs», «des troglodytes semi-lettrés qui rôdent les champs virtuels pour grogner des jurons».

    Ces généralités absurdes traduisent à mon avis une angoisse par rapport à la popularité grandissante des scribes du web. La peur de l’Autre («Ces gens-là», comme les qualifierait Rex Reed, le vétéran critique du New York Observer, également interviewé dans For the Love of Movies). Et cette idée terrifiante que, une fois les remparts de papier journal tombés, une meute de fanboys écervelés envahira l’acropole qui abrite «l’opinion qui compte».

    Ce sentiment d’insécurité se reflète également dans les critiques sarcastiques, voire haineuses, qu’on peut lire dans le papier à propos de certains films qui obtiennent la faveur (justifiée ou non) d’un segment vocal de la communauté web. Les récentes attaques disproportionnées contre le respectable Inception (lire la diatribe de Rex Reed ici) semblent en partie motivées par un désir de contrebalancer les critiques extatiques, exagérées ou ridicules de blogueurs (trop) enthousiastes. Une manière quasi-bestiale pour les professionnels du métier de marquer «leur» territoire, d’affirmer leur présence et leur importance dans l’anticipation d’un catastrophique changement de garde.

    Si cette guerre des clans se montre complètement contre-productive, elle revêt également un caractère futilement égocentrique. Le papier et le web peuvent se chamailler tant qu’ils veulent, disserter sur leur propre supériorité; au bout du compte, c’est le lecteur qui tranche. Un cinéphile sera toujours capable de distinguer un torchon d’un bijou d’écriture, qu’il provienne d’un journal à grand tirage ou d’un recoin sombre de l’Internet. La qualité finit toujours par remonter à la surface.

    On serait malaisé de se fier aux prophètes de malheur qui associent une éventuelle fin du papier à la mort de la critique. En effet, qu’est-ce qui nous empêche de penser, comme le suggère Brunick, que «Cette période de destruction pourrait mener à une résurrection. [...] Le présent numérique – naissant, tentaculaire, polyvalent, mais très vivant – tient une promesse à faire accélérer le pouls : le prochain Âge d’or est à la portée de quelques clics de souris».

    L’ancien modèle de transmission du savoir et de la culture est peut-être à l’agonie, mais la passion pour le septième art, elle, continue de brûler.

    Un temps nouveau

    En complément à son essai (la deuxième partie sera publiée dans le prochain numéro de Film Comment), Paul Brunick recommande ses sites web préférés (il y en a plus de 40). Une vue d’ensemble de son blogroll commenté permet de constater que l’avenir de la critique cinématographique semble bel et bien sauf.

    J’espère que ces lectures sauront vous enrichir et, bien sûr, que vous ferez ci-dessous vos propres recommandations. J’aimerais d’ailleurs découvrir des sites de qualité en français parce que, mis à part la chronique hebdomadaire de Sylvain Lavallée, Hors Champ, et quelques autres, je ne trouve pas matière à m’emballer dans ma langue d’adoption.

    ***

    Sur ce, je vous laisse jusqu’à la fin du mois, question de prendre des vacances très essentielles! Je garde la section commentaires ouverte, comme d’habitude, et j’en vérifierai le contenu périodiquement. Avec mon absence prolongée, je peux très bien comprendre qu’il y aura de nombreuses digressions; mais tant qu’on parle de cinéma, tout est permis (sauf les insultes et autres trollismes). À bientôt!


    • @JS

      Que le français soit votre langue d’adoption me rend terriblement envieux de vos capacités linguistiques… Je n’y aurais pas cru si quelqu’un d’autre me l’avait dit tant vous écrivez mieux que l’écrasante majorité de ce qui est écrit sur le reste de ce site. Vraiment: bravo!

      Dans un autre ordre d’idée, je suis un peu surpris que vous ayez écrit:
      “Le papier et le web peuvent se chamailler tant qu’ils veulent, disserter sur leur propre supériorité; au bout du compte, c’est le lecteur qui tranche….Un cinéphile sera toujours capable de distinguer un torchon d’un bijou d’écriture….La qualité finit toujours par remonter à la surface.”

      La qualité et le succès populaire sont deux choses; parfois elles se recoupent, parfois non. La qualité déterminée uniquement en fonction du choix des lecteurs (ou des cinéphiles), je n’y crois pas trop… C’est un argument similaire à celui de J.S. Mill dans ‘On Liberty’ (très vaguement paraphrasé, ou caricaturé ici): si, lors d’une controverse, tous les arguments sont entendus, le meilleur gagnera à tous les coups. A-t-il eu raison…? J’en doute.

    • @JS

      Qu’arrive-t-il si l’ensemble de participants ‘non avertis’ écrase le nombre de “cinéphiles” jusqu’au point où il n’est plus profitable de faire des films (ou de payer des critiques qualifiés) qui sortent du cadre de la méga-popularité? N’est-ce pas ce qui est en train de se passer à Hollywood, d’ailleurs? Un genre de tyrannie de la majorité? Et n’est-ce pas ce qui fait peur, justement, aux doyens de la critique américaine qui passent pour des vieux cons parce qu’ils sont incapables d’apprécier (probablement avec raison la plupart du temps) le huit dixième de la production de leur pays?

      Et de plus, qu’est-ce qu’un cinéphile, selon cette acception?
      En suis-je? J’aime le cinéma, donc littéralement, oui.
      Mais si l’on inclus certains critères substantifs, rien n’est moins sûr, compte tenu des trous béants se trouvant au cœur de ma culture cinématographique…

      Enfin. Dans ce débat, c’est pas que nous ayons tellement le choix, de toute façon.
      En ce sens, vous avez bien raison. La masse de lecteur tranche. Qu’on le veuille ou non.

      Mon argument est en effet un peu expéditif. Ce que je voulais dire, c’est que, en imaginant une disparition totale du papier et des institutions journalistiques, une certaine hiérarchie demeurerait sur le web. Différents types de cinéphiles y trouveraient leur compte, comme dans le «passé». Et ils seraient tout aussi, sinon, plus satisfaits (le web, qui n’a pas de contrainte d’espace, permet d’approfondir des critiques/analyses, et de faire directement référence à d’autre contenus pertinents avec les hyperliens : une chose qui facilite la contextualisation, un des outils les plus essentiels chez le critique). – js

    • Au Québec, il y a Hors Champ et Nouvelles vues sur le cinéma québécois.

      Je viens de découvrir celui de Jean-Baptiste Morain des Inrocks: http://lesidentitesdemrkaplan.blogspot.com/2010/07/lage-des-fantomes.html#comments

      Oui, Hors Champ, c’est très bien, j’avais oublié (je le rajoute en haut). Merci pour l’autre lien. – js

    • Une première petite intrusion sur ce blogue pour remercier unholy_ghost pour son lien vers Hors Champ. Ça fera bientôt une quinzaine d’années qu’on tient ce site à bout de bras et on le fait sans autre profit qu’une certaine idée de partage. À bon lecteur-entendeur.

    • On pourait ajouter Cadrage.net. Revue universitaire française et internationale; les nouveautés semblent toutefois arriver au compte-goutte.

    • La communication est devenue une activité bruyante depuis Internet. C’est une bonne chose parce que la démocratie est quelque chose de nécessairement bruyant aussi. On a rien trouvé de mieux, n’en déplaise au control freaks (à la Stephen Harper ou à la Thomas Doherty) ou aux fans de la pensée unique.

      Je pense que cette invasion barbare va obliger les professionnels de la communication à se surpasser, à se cultiver sérieusement et surtout à mettre tout ce bruit (BUZZ TALK)* en PERSPECTIVE.

      * (oui je sais, j’utilise beaucoup l’anglais dans mes coups de klaxons parce que, bien que francophile, j’aime ça. Le français possède la poésie et l’élégance, mais se retrouve souvent en carence côté formule. Comment traduire BUZZ TALK si phonétiquement coloré? Bruissement discursif?… D’une manière générale, je déplore surtout le manque de vocabulaire utilisé en français et souvent les faiblesses stylistiques, pas les emprunts décoratifs aux autres langues)

    • “Un cinéphile sera toujours capable de distinguer un torchon d’un bijou d’écriture, qu’il provienne d’un journal à grand tirage ou d’un recoin sombre de l’Internet.”

      Il me semble évident que tout tient dans cette phrase. Ces messieurs qui disent le contraire sont de toute évidence jaloux d’un média qui prend en popularité au détriment du leur.

      La plume est-elle plus dominante-ou plutôt plus influente-que ne l’est la souris?

      À en juger par la pertinence de votre blogue et par la popularité qu’il encoure, on peut très bien en douter.

    • @ L’intellectualisation de l’art

      ”Les intellectuels, ne l’oublions pas, ont bien intégré l’idée qu’il faut que les choses paraissent compliquées. Sinon, à quoi servent-ils ?”

      - Noam Chomsky

      Chomsky parle de politique et d’économie. Il condamne les dirigeants qui prennent des décisions capitales pour l’avenir d’une nation en utilisant un langage alambiqué dans le but de faire accepter au peuple que tout cela est au-dessus d’eux et qu’il est bien de laisser à l’élite le soin de s’occuper des ces choses si compliquées, hors de leur ressort. Un moyen pour que le simple citoyen évite de se poser des questions et accepte son sombre dessein sans (trop) blâmer les dirigeants. De Fabriquer un consentement.

      Ça n’a strictement rien à voir avec l’art. – js

    • Jon8, il ne parlait pas plutôt de politique? Sinon, c’est une phrase assez crétine. Un intellectuel ne doit pas compliquer les choses à dessein, il est vrai, mais le monde est complexe, les choses ambigües et paradoxales, et le réaliser c’est sortir de la caverne des idées reçues. Par ailleurs, il souffle un vent d’anti-intellectualisme en ce moment et être intellectuel va bientôt devenir un tare. Ce qui va faire plaisir à ceux qui ne veulent jamais se prendre la tête et qui pensent qu’ils ont des idées personnelles et des goûts distincts alors qu’ils n’ont que les lieux communs marketés par la pub et les médias comme bruit de fond dans le vide de leur conscience aliénée.

    • @ghost

      Si le niveau zéro intellectuel existe sous forme d’ignorance crasse alors c’est que l’autre extrême existe également.

      Tiens, une autre citation à ce propos, qui résume très bien ma pensée:

      ”Être profond et sembler profond. — Celui qui se sait profond s’efforce d’être clair ; celui qui voudrait sembler profond à la foule s’efforce d’être obscur.”

      Deux morceaux de robot pour celui qui en trouvera l’auteur.

    • @jon8
      Noam Chomsky correspond pas mal à ma définition d’un intellectuel… De ce que je connais de lui, il s’attaque plutôt aux technocrates qui utilisent une langage intello pour justifier les politiques américaines, mais je ne pense pas que cette phrase concerne les critiques de cinéma…

    • Oh! je viens de voir que Jozef n’a pas encore décroché de son blogue pour fuir vers la plage ? haha

      Oui, Chomsky parle de politique et d’économie et moi j’ai visé spécifiquement ”@L’intellectualisation de l’art”. C’était voulu.
      Il parle visiblement des intellectuels en général, et c’est justement ce qui rend la citation intéressante ;-)

      Critique-cinéma n’est-ce pas l’intellectualisation de l’art ?

      J’irais même jusqu’à dire que l’intellectuel semble parfois entrer en compétition avec le cinéaste en tentant de mettre en mots ce qui a été pensé pour être compris en images.

      C’est peut-être pour ça qu’il y a une relation amour-haine entre certains cinéastes/critiques…

    • Je crois qu’il y a un excellent critique de cinéma sur le site de Canoe. Il se nomme Richard Martineau. Avec la justesse de ses propos et son argumentation sans failles, nous nous devons de le placer au sommet de la pyramide…

    • @jay_jay

      ce serait intéressant de fouiller justement pour la (les?) définition(s) d’un individu ”intellectuel”..

    • @frankofvicto

      Il n’est peut-être pas trop tard pour ajouter ‘’sarcasm inside” à la fin de votre commentaire, avant que ne déboule le Martineau-bashing et rende encore plus difficile le décrochage-vacances de Jozef!

      En effet, je mets le nom de Martineau (ainsi que notre nouvel ami frankofvicto) sur la liste grise (en attente de modération). En espérant que je ne doive pas fermer au complet! Je serais de moins en moins devant l’ordi dans les jours qui viennent. – js

    • Salut jon8.

      Puisque tu aimes les citations, en voici une qui répond à celle-ci: “J’irais même jusqu’à dire que l’intellectuel semble parfois entrer en compétition avec le cinéaste en tentant de mettre en mots ce qui a été pensé pour être compris en images.”

      “Tous les arts vivent de paroles. Toute oeuvre exige qu’on lui réponde.” Paul Valéry. Tous les arts c’est aussi le cinéma.

    • @ Jozef, ce serait dommage de sacrifier des vacances pour le stress d’un blog ou de tout truc internet. Vraiment.

      I know. J’ai scrappé la moitié de mes dernières vacances à cause de mon incapacité à décrocher du web et je l’ai regretté par la suite…

      Tu as un lectorat de très haute qualité, je doute fort qu’il s’amuse à faire exploser ton blog.

      …D’un autre côté, si tu es incapable de départager TON contenu de celui des participants, tu n’auras jamais l’esprit tranquille.

      Control is an illusion

      Malgré les apparences, je ne suis pas accro au web (je fais la plupart de ma modération à partir du bureau, quand je travaille comme pupitreur à Cyberpresse). Sinon, c’est surtout pour vous. Si, avant mon départ après-demain, je vois que ça dérape, je mets le filtre gris. Les commentaires seront visibles seulement 3 semaines plus tard… – js

    • @ Jozef
      Oh.. en ce qui me concerne personnellement, je ne trouve aucun bénéfice à la modération, whatsoever, si ce n’est que pour des considérations commerciales. Pis encore.

      Ce blog est un des très très rares endroits où j’accepte d’écrire malgré le sabre de la modération qui pend au dessus de mon clavier. Je ne connais que trop bien les effets pervers de la modération. D’ailleurs, juste le mot me fait rire..

      En fait, la liste grise, qui est appliquée sur pratiquement tous les blogues sauf le mien, a quand même ses bénéfices, et s’avère indispensable chez les blogues à très grand achalandage pour prévenir les dérapages (moi j’élimine les quelques rares indésirables a posteriori, mais le mal est souvent déjà fait). Il y a mêmes certaines interventions qui peuvent être légalement dommageables; il y eu des poursuites intentées contre Cyberpresse dans les dernières années à cause du contenu dans la section commentaires de certains blogues. -js

      @rafc
      ”Toute oeuvre exige qu’on lui réponde.”

      Je suis d’accord.
      Seulement, je ne suis pas certain du tout que la réponse tienne de la critique. Je ne suis même pas certain que la réponse soit nécessairement écrite ou dite ;-)

      En passant, je ne pourrais dire que ”j’aime les citations”, j’aime plutôt *certaines* citations. Et je ne suis pas systématiquement en accord avec l’auteur, sur l’ensemble de sa façon de penser, loin de là (Noam Chomsky par exemple).
      Je me suis rendu compte du peu de citation vraiment intéressant justement hier, j’ai planifié pour mon blogue des ”citations d’après-midi” pour les prochains mois et je trouvais que peu méritait mention. Étonnamment, du côté des artistes, c’est les citations de réalisateurs qui sont le plus venus me chercher. Dont Kubrick, Fritz Lang, Woody Allen, Bergman, Cocteau, Tim Burton, etc… Il y en avait des savoureuses là dedans!

    • “Je ne suis même pas certain que la réponse soit nécessairement écrite ou dite”.

      Intéressante proposition jon8. Ce qui est audacieux dans la phrase de Valéry c’est de dire que “tous les arts vivent de paroles”, de leur genèse jusqu’aux réponses qu’elles provoquent; et cela peut importe le médium … même l’art du mime! Nous sommes tous traversés par le langage, même notre regard en est dominé. Pensons aux liens qu’entretiennent le montage cinématographique et la linguistique par exemple. Enfin, ce que je voulais soulever, est que la critique (ou la réponse) n’est pas une compétition mais bien une exigence de l’art.

    • @Jon8

      ”Être profond et sembler profond. — Celui qui se sait profond s’efforce d’être clair ; celui qui voudrait sembler profond à la foule s’efforce d’être obscur.”

      Il s’agit de l’un des deux grands penseurs que sont Nietzsche ou Louis Cornellier…

      Merci pour les morceaux de robots…

      PS: J’aime beaucoup Le Gai savoir et c’est formidablement compliqué sous des dehors faciles.

    • @Sgal

      De rien. Je dois bien cela à votre revue. N’hésitez pas à revenir faire un tour/détour par icit. Les cinéastes, et les bons, sont malheureusement trop absents des forums comme celui-ci.

    • @Jon8

      Un texte de Marc-André lussier du 30 juillet qui fait bien réfléchir:

      “Au-delà de la disponibilité des oeuvres, le rôle des festivals serait aussi en train de changer. Restrictions budgétaires obligent, les studios américains hésiteraient en outre à offrir leurs productions de prestige aux grandes manifestations de la rentrée quand les dates de sortie en salle sont trop éloignées. On veut ainsi éviter les dépenses liées à deux campagnes de promotion distinctes. À une époque où l’intellectualisme constitue la pire des insultes, certains distributeurs ne veulent pas nécessairement non plus accoler le mot «festival» à un de leurs titres. Pas question de «gâcher» la carrière d’un poulain en salle en lui imposant une étiquette «film d’auteur» comme une malédiction.”

      Ajoutons à cela le fait que les revues “intellectuelles” sont en train de se faire couper les subventions par le Gouvernement de Harper, dans l’indifférence générale, et on sent arriver le maquis pour qui va remettre en question la doxa avec un peu de complexité (tout ce qui dépasse la débilité d’une émission de Juste pour rire).

    • Les critiques aiguisées de connaisseurs et d’intellectuels sont nécessaires pour nous sortir du bruit ambiant et attirer notre attention vers des oeuvres majeures que nous n’aurions pas visionnées autrement.
      Être critique n’est pas un métier toujours facile; ça demande une vaste culture, des notions techniques, un jugement solide, un bon sens de l’intuition et beaucoup de souplesse…
      Juger impartialement une comédie romantique quand on n’aime pas les comédies romantiques ne doit pas être chose aisée. D’ailleurs, j’apprécie les critiques modérées (en finesse et en retenue) de M. Lussier. Un diplomate qui dit quand même ce qui doit être dit.

      Tant qu’il aura des passionnés d’art avisés, je ne craindrai pas pour l’avenir de leur métier. C’est juste qu’il ne faut pas déléguer le métier de critique à des chroniqueurs et des polémistes (on a cité Martineau bien sur, mais aussi Foglia). Autrement, les choses prendraient un caractère bien trop subjectif, dans un domaine qu’il l’est déjà beaucoup.

    • Je vient d’écrire un… petit texte sur le méchant capitalisme dans le précédent post, pour ceuz que ça intéresse.

    • L’opposition entre le web et le papier ? Je la vois surtout dans le nombre de personnes qui s’expriment mais cela est très diversifié. Et les oppositions entre différents critiques ou différentes publications existaient déjà à l’ère du papier.

      La qualité n’est pas la même ou le lectorat visé. Et on parle de l’âge d’or, était-ce vraiment le pays entier qui était engagé dans la conversation ?

    • @ Ghost

      ”Un texte de Marc-André lussier du 30 juillet qui fait bien réfléchir:”

      Ce que les intellectuels perdent sur le terrain ils le récupèrent +1 au niveau virtuel (web). Je suis aucunement inquiet.

      …et Friedrich Nietzsche, oui.

    • @rafc
      ”Enfin, ce que je voulais soulever, est que la critique (ou la réponse) n’est pas une compétition mais bien une exigence de l’art.”

      Oui, c’est possible.

      Je suis pourtant convaincu que l’art, et le cinéma plus spécifiquement, est une forme de communication beaucoup plus précise et efficace que la communication parlée ou écrite (ayant comme vecteur une langue) parce que cette dernière est dépendante à la fois de la capacité de l’émetteur à traduire sa pensée en mot et au récepteur à savoir décoder correctement. Sans place à l’interprétation subjective.

      Le cinéma est plus fluide, plus pénétrant, plus abstrait, plus incisif. Moins dépendant du ”codage”. C’est pourquoi je me méfie un peu des tentatives d’explication de films ou de musiques (même si intéressant à entendre/lire).

    • Sites intéressants:

      Pierre Assouline quand il parle de cinéma: http://passouline.blog.lemonde.fr/category/cinema/
      Son collègue Sotinel qui parle aujourd’hui de Denis Côté: http://sotinel.blog.lemonde.fr/

      Sinon, le meilleur critique du monde selon certains (mais il s’ocupe de resto): http://www.francoissimon.typepad.fr/

    • jon8 : “Je suis pourtant convaincu que l’art, et le cinéma plus spécifiquement, est une forme de communication beaucoup plus précise et efficace que la communication parlée ou écrite (ayant comme vecteur une langue) parce que cette dernière est dépendante à la fois de la capacité de l’émetteur à traduire sa pensée en mot et au récepteur à savoir décoder correctement. Sans place à l’interprétation subjective.”

      Ouch! Le cinéma, moins subjectif que l’écriture?? Faudra bien plus qu’un paragraphe pour me convaincre! :)
      Le cinéma c’est le royaume de la subjectivité et de la manipulation (dans le sens artistique du terme) – c’est Kieslowski qui m’a convaincu de la chose.

    • @scories

      Non c’est l’inverse: je trouve précisément le cinéma PLUS subjectif que l’écriture. La construction de ma phrase porte à confusion, donc ça cause objectivement un problème ;-)

    • En effet, tout peut être subjectif au cinéma. D’où mon respect pour un bon cinéaste; il doit tenir compte de TOUT.

    • … et c’est précisément la beauté de la chose: le cinéaste ne peut jamais tenir compte de tout.

    • Il doit donc accepter les erreurs de lecture.

    • Si seulement je pouvais compter les interprétations différentes que j’ai entendu des gens à propos de films tel 2001 Space Odyssey, Mulholland Drive, Dogville, Persona, etc… Probablement autant de points de vue que d’individus.

      Tout ce que le cinéaste peut faire c’est tenter du mieux qu’il peut d’extérioriser sa vision, avec l’équipe qui le supporte et les moyens techniques/financiers disponibles… Le reste du chemin c’est le spectateur qui doit le faire. Et ça, aucun membre de l’équipe cinématographique ne peut y changer quoi que ce soit. La perception finale est subjective.

    • @jon8

      Vous écrivez @l’intellectualisation de l’art, comme si c’était une mauvaise chose, mais pour accepter qu’il y a intellectualisation, il faudrait d’abord prouver que l’art n’est pas intellectuel, ce à quoi je vous souhaite bonne chance. Et confondre intellectuel et compliqué est vraiment primaire, voire méprisant.

      Ensuite, vous dites que l’art (et le cinéma en particulier) est une forme de communication plus précise et efficace que le langage et l’écriture parce que les mots… sont plus précis??? Si l’art est perçu subjectivement, que “la perception finale est subjective” comme vous dites, alors le sens entendu par l’émetteur est beaucoup moins contrôlé, plus propice à l’interprétation, donc nécessairement moins précis. Je ne sais pas pour vous, mais moi si je veux passer un message clair, j’aime mieux qu’il n’y ait pas place à l’interprétation. 2001 n’est pas un très bon exemple de message précis.

      Finalement, dans tous les arts “la perception finale est subjective”, que ce soit plus vrai au cinéma ou non est à débattre (on pourrait trouver facilement une tonne d’exemples et de contre-exemples: est-ce que Finnegan’s Wake est une oeuvre plus ou moins ouverte que Love Story?) Ce qu’on peut dire en tout cas, c’est que l’image est à la fois plus précise et plus insignifiante que le mot: précise par son rendu prégnant du réel, insignifiante parce que ce même réel ne peut être contrôlé dans sa totalité comme le sont les coups de brosse sur la toile, et qu’il est par nature insignifiant. Les meilleurs films/photographies tirent partie de cette dualité, mais c’est assez rare, même si ça reste présent dans toute image.

      Que l’appréciation soit subjective ne justifie pas un déni de l’importance de parler de l’art. À travers vos écrits sur ce blogue (et le vôtre), on le sent bien que vous le pensez ce cinéma que vous voulez pratiquer, même si ce n’est pas toujours explicite, vous l’intellectualisez aussi l’art. Je ne vois pas pourquoi vous commentez autant sur ce blogue si vous ne tenez pas un peu à discuter de l’art… (surtout que vos commentaires vont vraiment au-delà du j’aime/j’aime pas)

    • @ cinematographe

      J’ai accidentellement écrasé un orteil ou deux, non ? ;-)

    • Stimulé par jay_jay, cinématographe, scories, unholy_ghost, les autres et bien sûr notre hôte et vacancier, je me suis amusé à pondre une petite réflexion sur les intellectuels, les philosophes et les geeks… :-)

      http://gliese1214b.blogspot.com/2010/08/intellectuel-vs-philosophe-vs-geek.html

      Bien entendu, j’en aurai long à dire à ce propos dans le domaine cinéma, à tous les niveaux! On se garde le plaisir pour ce blogue ;-)

      bonne nuit à tous

    • @ cinematographe

      Je vous répond, point par point, le plus tôt possible cette semaine.. Là, je dois vraiment quitter l’ordi pour le dodo quotidien.

      Si Jozef ne bloque pas les commentaires nous devrions avoir en masse de temps pour débattre sur le sujet jusqu’à plus soif ;-)

    • @jon8

      Écrasé un orteil? Haha, désolé si ça paraissait agressif, ce ne l’était pas. Mais c’est un sujet que j’aime bien discuter, c’est certain. Et bien sûr je me considère comme un intellectuel…

      J’ai cru comprendre que c’est surtout le M******** noun qui causait problème, on devrait être correct si on ne cause que d’intellectuel!

    • Intéressant jon8…

      Mais pour moi, je ne suis pas d’accord avec la définition de Wikipédia sauf si on met un I, un ”i” majuscule. Un ”intellectuel” est plus une manière d’envisager les choses et de goûts mais on peut avoir plusieurs côtés.

      Un intellectuel versus un artiste, un sportif, un manuel, un scientique…

      Un philosophe ? Il est pas mal obligatoire un intellectuel et un Intellectuel ou c’est pas mal synonyme d’un Penseur.

      Un philosophe de nos jours ? Il se doit d’écrire des livres dans le domaine, je me souviens de mon ancien prof de philo au cégep, un nietzchéen. Lui c’est un philosophe.

      Un intellectuel ? Je me considère plus de ce genre… Plus que manuel ou sportif.

      Un sportif peut-il être un intello ? Bien sûr, je pense à Ken Dryden et il a l’image et tout dans sa manière même d’aborder le sport de l’intellectuel. Un sportif, peut-il être un artiste ? GUY LAFLEUR sur la glace quand il joue au hockey, il faisait du jazz. Un sportif, peut-il être un scientifique ? Pensons à Jacques Lemaire dans sa manière de jouer ou de coacher.

    • Les geeks ? Ce sont des genres de technophiles de nos jours ? Et un nouveau terme qu’on employait pour les supposés nerds à l’époque ?

      Et les préjugés étaient là et le sont toujours. Les intellos plutôt poches dans le sport ? Ils le sont pas tous certains sont excellents mais cela ce sont les super bols partout… Musique, sports, notes très élevées et tout et tout et tout. Des genres de surdoués.

      La différence entre l’artiste et l’intellectuel ? Quoiqu’un cinéaste ou un écrivain peut souvent être les deux. Une plus grand place accordée au Sensible, au Beau aux émotions et à l’art chez l’artiste (ce peut être le laid et le répugnant également ). Alors que l’intello c’est de discuter de L’IDÉE du …

      Le Scientifique lui ? C’est la Méthode et son application et la Recherche qui l’intéresse.

    • Il semble qu’il faidrait circonscrire la figure de l’intellectuel qui nous préoccupe ici qui est non pas celle qu’un français un jour décrivit comme étant quelqu’un qui ne se mêle pas de ses affaire et qui porte jugement et opinion sur à peu près tous les sujets (socio-politique, artistiques, culturel, sportifs…), mais bien uniquement l’intellectuel, essayiste ou critique, discutant d’art, de cinéma en l’occurrence.

      Par la phrase de Valéry plus tôt citée, j’avancais le fait que “tous les arts vivent de paroles”. chaque mots ici revêt sont importance. Je suis obligé de recourir à un mot qui semblera imminement “intellectuel” pour certains mais qui ne pourrait être plus simple et qui nous aidera peut-être à préciser les chose: la poïétique, ou l’étude des processus créateurs et des rapports entre l’artiste et son oeuvre. Ainsi on pourrait dire que “tous les processus créateur vivent de paroles”. jon8 l’exprime bien en écrivant que “tout ce que le cinéaste peut faire c’est tenter du mieux qu’il peut d’extérioriser sa vision” pour l’équipe avec laquelle il travail. Plus en amont, il y a l’idée source qui même si vague et indicible repose ultimement sur une parole déclencheuse; je ne crois pas à l’art ex nihilo (même Pollock avait une parole créatrice, “dripping”). Lynch, pour prendre un exemple de jon8, a beau dire que ses films sont limpides et ne nécessite aucunes explications, c’est bien de SES explications auquels il fait référence, les notres sont exigées. L’art créé par une parole doit y retourner; l’oeuvre n’est pas une fin en soi. Il faut voir la création-l’oeuvre-la critique comme un système de paroles qui s’autorégule. Parler d’art est aussi necessaire que la respiration de l’artiste.

    • “tous les arts vivent de paroles” Et la musique ??

      Le cinéma a parfois besoin des analyses pointues des intellectuels, et en d’autres moments, de lectures plus intuitives.

    • Peut-être rafc mais ton essayiste ou ton critique même en faisant un métier intellectuel pourrait être pas tellement intellectuel finalement. Plus un ”artiste” ou encore… Moi je reviens encore sur la façon de fonctionner qui est plus ce qui décrit pour moi l’intellectuel que le rôle social.

      Dans la définition du Français ? Voyons donc… C’est tout simplement une forme de TI-JOS CONNAISSANT…

      Pour ce dont vous parlez aussi c’est plus dans des revues spécialisées que dans les grands médias quoique des articles plus courts de vulgarisation peuvent exister.

      Et à lire le point de vue de certains intellectuels cités plus haut dans l’article de Josef, j’ai l’impression d’un grand snobisme chez certains ou d’une prétention sans nom pour discourir qu’entre eux. Alors, il est où le problème du web ? Un bon intellectuel se doit aussi d’être en faveur d’une plus grande vulgarisation et du discours avec l’ensemble de la société.

      Je n’ai pas de problèmes avec les publications ou les sites s’adressant aux cinéphiles avertis et aux étudiants en cinéma. J’ai plus de problème avec le discours de gens se croyant supérieurs mais dont la matante pourtant très quétaine pourrait avoir un point de vue plus intelligent.

    • Plutôt qu’un ti-jos connnaissant, il y a aussi ce qu’on décrit comme une grande gueule au Québec. Et qui peut être plus ou moins du type intellectuel.

      Et je dois être à la fois Américain et Français de pensée… ” C’est de mes affaires puisque je m’en mêle.” , par contre avoir les opinions de tout le monde ou du gars ordinaire à la radio, par exemple, il y a des limites.

      Je veux bien écouter un prof d’université et avec plaisir surtout quand il vient sur les ondes disons d’une radio ou télé publique. Radio-Canada ou la CBC, PBS ou NPR… Ce type là…

      Discuter n’est pas que l’apanage des intellectuels, on discutait ferme dans les tavernes et il y a peut-être eu des tavernes un peu intellos mais je crois moins, dans des cafés peut-être plus. L’intello, il y en a plusieurs types bien sûr mais c’est dans la manière de faire pour moi. Plus que sa fonction.

      Tiens le cinéaste Pierre Falardeau ? Dans sa manière de faire était pour moi bien plus un artiste qu’un intellectuel. Cela ne veut pas dire que vous avez pas des capacités intellectuelles.

      Un Dany Laferrière et un Foglia voient aussi l’intellectuel comme quelqu’un occupant un rôle. Mais c’est l’intellectuel engagé ou militant cela…

      Plutôt qu’un intellectuel alors je dirais un universitaire, un spécialiste, un écrivain… Si on veut aller dans les fonctions bien qu’on nomme tous les champs d’expertise du type.

      Le cinéma intéresse tous les types de personnalités et toutes les couches sociales.

    • “Intellectuels, philosophes, artistes…”
      Catégoriser, ça reste encore le meilleur moyen d’exclure l’Autre. Ça devient rapidement infect.

    • Je dirais autrement: utiliser des catégories toutes faites est la meilleure façon de réduire le réel.

    • Certes, certes il ne faut pas mettre d’étiquette mais c’est aussi un rôle intellectuel que de chercher à nommer les choses… Ce n’est pas l’utilisation des termes qui est un problème mais l’utilisation mal faite et vite faite. Les discussions que l’on veut tourner au plus court et tirer des conclusions rapides.

      Le but devrait être d’ouvrir le dialogue et de mettre des mots pour essayer de mieux comprendre et non de catégoriser à l’extrême.

    • @jon

      Ton texte est intéressant. Par contre je ne pense pas qu’on puisse comparer les geeks, les philosophes et les intellectuels dans un tel contexte. C’est trois titres qui sont trop différents.

      Un geek se comparerait plutôt a un jock ou un dork. Un geek c’est quelqu’un d’intelligent qui va acquérir des connaissances très pointues dans un domaine genre la photo, le design graphique, le vélo ou la musique (et pas nécessairement l’informatique).

      Habituellement le geek est social et il a quand même beaucoup de culture.

      Il va parfois s’intéresser aux affaires genre Lord of the Rings ou World of Warcraft mais de facon ironique. Contrairement au dork qui est la version moins intelligente du geek et qui va tripper la-dessus au premier degré.

      Plusieurs geeks travaillent a La Presse.

      Le philosophe par contre c’est une autre affaire. Ca se comparerait plutôt a un sportif ou un artiste. T’a des gens qui font ca professionnellement mais t’a aussi des gens qui font ca pour le plaisir.

      T’a des philosophes professionnels et t’a le gars qui aime philosopher en sirotant sa bière tout comme t’a des gens qui courent des marathons pour le fun et d’autres qui sont payés pour le faire.

      Tu peux avoir aucun talent pour la peinture mais si tu peins depuis 20 ans parce que tu aimes ca je pense que tu peux te considérer un artiste. Peu importe si tu as du talent ou non et que tu n’es pas professionnel. Philosophe c’est un peu la même chose.

      L’intellectuel c’est une autre affaire. La définition wiki est bonne sauf que contrairement a un philosophe tu ne peux pas te prétendre intellectuel. C’est un titre que quelqu’un va acquérir a cause de son bon jugement et de sa crédibilité.

      Par définition un intellectuel est quelqu’un qui connait son affaire et qui est crédible quand il en parle. Tu ne peux pas t’improviser ou t’autoproclamer intellectuel.

      Et bien sur tous ces titres peuvent s’entrecroiser. Tu peux être geek, et philosophe Ou geek et intellectuel.

    • C’est qu’on revient encore à l’intellectuel avec un grand ”i” ou comme rôle social et qui est une définition existante de l’intellectuel. Mais il y a aussi le caractère pensons à des personnages de dessins animés : Lisa Simpson est une ”intellectuelle” et le fils de Stan Smith, Steve l’est lui aussi mais peut-être plus en genre de geek et sa soeur une militante dite libérale aux États-Unis par opposition aux néo-conservateurs comme son père.

      Ou bien c’est plus comme adjectif que comme nom propre. Ce sont des activités à caractère intellectuelles et votre goût qui est plus intello.

    • “tous les arts vivent de paroles” Et la musique ??”
      Bonjour scories, votre questionnement m’intéresse et je ne ferai qu’un petit détour sur l’art musical qui, selon moi, procède aussi de la parole. Ayant évolué au sein de divers groupes musicaux, je peux vous assurer que la parole est d’une importance immense dans le processus créateur du musicien, plus que les connaissances théorique et les habiletés techniques serais-je même tenté de dire; que cette parole soit intériorisée, écrite ou dite. Par ailleurs, en occident, nous sommes plutôt enclins à concevoir la parole uniquement dans sa forme sémantique et d’en occulter le pendant vocalique et phonétique, à ne pas reconnaître les deux composante du Logos. Mais bien sûr, la musique fait bord et reste toute à fait ineffable. Je dirigerais l’attention sur un ouvrage du critique littéraire Jean Molino, Le Singe Musicien, 2009, Acte Sud, où l’auteur tente entre autres chose de cerner l’importance du récit dans la création musicale ainsi que dans sa réception.
      Reste que pour la musique de film par exemple, il est sans conteste que sa création est intimement liée aux paroles du cinéaste qui par de simples mots, tente de décrire l’atmosphère et les effets qu’il recherche: tristesse, grandeur, claustrophobie ou je ne sais quoi encore…

    • Merci rafc.

      Donc c’est idem pour la musique instrumentale. Associeriez par exemple le développement d’une symphonie à un roman ou une saga? Feriez-vous un parallèle entre une mélodie et la musicalité de mots qui nous sont familliers? C’est intéressant. J’essaierai de jeter un oeil à votre livre.
      Moi aussi je compose de la musique, mais je crois que dans mon cas, elle est davantage tributaire aux sons environants et aux bruits de la nature qu’aux mots (quoique des fragments de voix peuvent faire une tapisserie sonore fort évocatrice). De toute façon, l’art sera toujours une réinterprétation (sinon une évocation) de stimulis déjà vécus par nos sens. Qu’inventons-nous rééellement?

    • “Feriez-vous un parallèle entre une mélodie et la musicalité de mots qui nous sont familliers?

      Vous me comprenez très bien scories! Pour être franc, j’en est fait un sujet de Maîtrise à l’université (et oui, je suis intellectuel) que de ce lien entre le littéraire et le musical ! mais non pas, toutes fois, d’un point de vue sémiologique comme Molino. Mais tout ça déborde un peu de tous les côtés sur ce blogue.

      Par ailleurs, lorsque vous dite scorie: “l’art sera toujours une réinterprétation (sinon une évocation) de stimulis déjà vécus par nos sens. Qu’inventons-nous rééellement?” Je ne suis pas tout-à-fait sûr. Je pense que l’artiste parachève la nature littéralement; que nous inventons réellement des Choses nouvelles en tant que poète, au sens large du terme. Certains cinéaste son poètes, même si réalistes.

    • Rafc, tu as fait partie de groupes de rock?

    • Folk-rock francophone à la Dylan je dirais. Rien d’émergeant. C’était comme sur un tournage, ah ! les aléas de la création concertée et tout …

    • Et tu as sorti un disque solo?

    • Non, mais une grande quantité de concert ici et là à Montréal. Fin de la digression.

    • Excuse moi ghost. C’est seulement par respect envers ce blogue que je mets fin à celle-ci.

      Dans le fond, amusez vous, sans trop déraper, on s’entend! – js

    • D’accord jozef.

      Ghost, je ne suis pas sûr de vouloir faire un mini bougakov de moi-même, mais j’ose croire que tu apprécierais ce que nous avons fait malgré que nous nous sommes jamais rendu au mastering. Enfin, sache qu’une discussion attablée avec toi me serait tout un honneur…

    • Honneur partagé. Il faudrait faire une rencontre des blogueurs anonymes (dans les deux sens du terme)…

    • unholy_ghost a écrit :
      “Honneur partagé. Il faudrait faire une rencontre des blogueurs anonymes (dans les deux sens du terme)…”

      Zut, sans pseudo, je ne pourrai pas participer à la réunion d’anonymes. Je pourrais par contre être l’équivalent masculin de Violette dans Parler pour parler

    • ‘est bonne!

    • J’ai glané quelques blogs intéressants en français sur le cinéma:

      Projection publique de Jean-Michel Frodon: http://blog.slate.fr/projection-publique/
      Les petits pavés: http://michelvalois.canalblog.com/
      Le Blob de Pierre Léon: http://le-blob.blogspot.com/
      Avenues des ombres de Vincent Ostria: http://avenuedesombres.blogspot.com/
      Le wblog de J(…)-S(…):http://image.kaywa.com/
      Le Journal cinema du Dr Orlof: http://drorlof.over-blog.com/
      Mr Kaplan de Jean-Baptiste Morain: http://lesidentitesdemrkaplan.blogspot.com/2010/07/lage-des-fantomes.html#comments
      Far from Manhattan: http://farfrommanhattan.blogspot.com/
      Shangols: http://shangols.canalblog.com/
      Pierre Assouline quand il parle de cinéma: http://passouline.blog.lemonde.fr/category/cinema/
      Son collègue Sotinel qui parle aujourd’hui de Denis Côté: http://sotinel.blog.lemonde.fr/
      Sylvain Lavallée (qui est, je viens de le comprendre, l’un de nous) : http://www.revuesequences.org/category/blogue/
      Arrête ton cinéma d’Helen Faradji : http://www.arretetoncinema.blogspot.com/

    • Deux minutes de punition à frederic_clement_qc pour cabotinage!

      On a beaucoup discuté de censure et de critique dernièrement; ajoutons y l’antisémitisme et nous avons le cas limite des critiques cinéma de Lucien Rebatet sous l’Occupation. Sujet du dernier billet de Pierre Assouline (voir le glanage ci-haut)

    • Je viens encore de croiser Richard M, sur St-Rock cette fois. Il fait un méga-reportage sur le village de Kébek ou quoi? Il a l’air sympa. Je ne peux pas lire ses chroniques chroniques mais j’irai bien boire une Kerragan avec lui.

    • Re-zut, ghost m’ayant démasqué, je viens de perdre aussi ma place à la rencontre des anonymes…

    • Haha! C’est comme Highlander, il ne doit qu’en rester un…

    • @ ghost

      par contre, le blogue d’Helen Faradji est mort depuis plusieurs mois…dommage, c’était un lieu très intéressant pour les cinéphiles québécois avant l’arrivé de Jozef…

    • J’ai d’ailleurs lu un article disant que Twitter était la mort des blogues, un peu comme Wal-Mart est la mort des petits commerces, ou encore comme les enfants sont la mort des parents…

    • Combien de caractères Twitter? Faudrait ici commencer à se pratiquer à ne pas dépasser…

    • J’aime les rencontres anonymes, ça me permet de mettre mon masque.

    • @_renaud

      “Et bien sur tous ces titres peuvent s’entrecroiser. Tu peux être geek, et philosophe Ou geek et intellectuel.”

      Je suis d’ailleurs convaincu que jamais rien n’est tout blanc ou tout noir. Seulement, il y a parfois des tendances fortes.

      Peu importe les noms donnés, il y a vraiment des modes de pensée très caractéristiques dans n’importe quel milieu, qui reviennent tout le temps, comme un pattern. Ça va habituellement avec la personnalité des individus et l’ensemble de leur vie (job, cercle social, attitude, activités, etc..).

    • @ cinématographe

      (je vais devoir faire court, je manque de temps! +tard ce soir/nuit pour la suite)

      - “Vous écrivez @l’intellectualisation de l’art, comme si c’était une mauvaise chose, (…) Et confondre intellectuel et compliqué est vraiment primaire, voire méprisant.”

      Non, je ne dis pas que c’est une mauvaise chose ni ne veut paraitre méprisant. Par contre, j’ai TRÈS souvent observé que la masturbation intellectuelle devient plus un frein à l’évolution d’une discussion qu’autre chose. Entre autres, parce que ça devient une gue-guerre de tranchées de qui a “le plus raison” ou pas et que le niveau d’input v.s. output fini par être déséquilibré…
      Utiliser de belles formulations de phrases et un ton diplomatique n’enlève en rien le caractère profondément compétitif (et animal) de l’homme… Et je ne peux m’empêcher de l’observer constamment.

      - “mais pour accepter qu’il y a intellectualisation, il faudrait d’abord prouver que l’art n’est pas intellectuel, ce à quoi je vous souhaite bonne chance. ”

      Prouver ? C’est le propre d’une oeuvre d’art que d’être autonome vis-à-vis l’intellect!

      “Ensuite, vous dites que l’art (et le cinéma en particulier) est une forme de communication plus précise et efficace que le langage et l’écriture parce que les mots… sont plus précis???”

      Assez amusant tout de même que le terme “précis” ne soit justement pas assez précis :-P
      J’aurais peut-être dû dire “incisif”. Je vais revenir là dessus plus tard…

      “Que l’appréciation soit subjective ne justifie pas un déni de l’importance de parler de l’art. À travers vos écrits sur ce blogue (et le vôtre), on le sent bien que vous le pensez ce cinéma que vous voulez pratiquer, même si ce n’est pas toujours explicite, vous l’intellectualisez aussi l’art.”

      À partir du moment où l’on veut communiquer ses impressions, ce que l’on a capté de l’art, de son impact réel sur soi-même, il n’y a pas 36 solutions possibles. Il faut agir.
      La forme la plus accessible est d’en rire, d’en pleurer ou d’avoir une réaction émotive quelconque. Ce que beaucoup de gens font. Sans nécessairement éprouver le besoin d’aller plus loin ensuite…

      Ensuite, au delà des réactions initiales, on peut approfondir au niveau intellect et vouloir se mettre en mode analytique. Là, on l’extériorise en parlant ou en écrivant. Et, surtout, en souhaitant trouver echo chez d’autres personnes voulant participer à une discussion en ce sens.

      La dernière façon c’est d’agir (consciemment ou pas) par les actes, autres qu’émotives ou analytiques. Par exemple, un artiste inspiré par un autre, agira. Un cinéaste inspiré par Hitchcock pourrait agir, dans ses propres oeuvres, d’une façon qui n’aurait pas eu lieu autrement. ET, ce même cinéaste pourrait ne jamais avoir agi auparavant par les écrits, la parole ou même une extériorisation émotive en rapport avec cette impression, avant de poser cet acte très concret qu’il décide de faire.

      C’est, en grande partie, l’aspect “conscient ou pas” qui me fascine dans cette façon d’agir en rapport avec l’impression d’une oeuvre d’art. C’est d’une puissance inouïe.

      “Je ne vois pas pourquoi vous commentez autant sur ce blogue si vous ne tenez pas un peu à discuter de l’art… (surtout que vos commentaires vont vraiment au-delà du j’aime/j’aime pas)”

      J’en discute, là, non ? ;-)

    • jon 8, vous dites essentiellement la même chose que moi (sauf pour l’art intellectuel, mais je n’ai pas plus le temps que vous ce soir), seulement dans vos commentaires précédents, et dans les définitions que vous mettez sur votre propre blogue, vous semblez associer systématiquement intellectuel à masturbation intellectuelle, alors que ce dernier n’est qu’un excès, condamnable bien évidemment. De toute façon, c’est subjectif tout ça, les réflexions que vous faites ici, c’est intellectuel bien sûr, et il y en a probablement qui trouve que c’est de la masturbation.

    • 140 caractères? Faut que je pratique encore un peu mes tweets…

    • Si intellectualiser signifie analyser et interpréter, c’est qu’on fait face à de l’infini, à une infinité de renvois. C’est donc certain que tout ça peut prendre l’apparence du vomi. Mais une chose est certaine, c’est que cette activité nous permet d’aborder de front un territoire des plus important: le symbolique.

      Le symbolique – le culturel, mais plus profondément notre esprit aussi – est aussi réel que l’économie, le biologique ou que la politique; il faut donc lui accorder une place et je pense que le cinéma, en tant qu’art populaire et total, offre le terrain idéal pour aborder notre monde symbolique à tous (c’est pourquoi les théories politiques, économiques… s’appliquent peut-être mal au cinéma; il faudrait réfléchir, mais les théories du corps semblent lui entretenir plus d’affinités). Je ne suis donc pas d’accord avec le fait de dire que “c’est le propre d’une oeuvre d’art que d’être autonome vis-à-vis l’intellect!” puisque les processus de création et de réception fonctionnent avec les mêmes outils interprétatifs.

      jon8 ajoute: “ET, ce même cinéaste (qui s’inspirerait d’une impression hitchcokienne) pourrait ne jamais avoir agi auparavant par les écrits, la parole ou même une extériorisation émotive en rapport avec cette impression, avant de poser cet acte très concret qu’il décide de faire.”
      Consciemment ou inconsciemment, traduire une impression en quelquechose d’autre, c’est déjà de l’interprétation, de l’intellectualisation.

    • @cinematographe

      “et dans les définitions que vous mettez sur votre propre blogue, vous semblez associer systématiquement intellectuel à masturbation intellectuelle”

      Je combat férocement le manque d’efficacité, à tous les niveaux, et je vais toujours le faire. Et, non, bien sûr, que je ne réduit pas l’intellect à un sport de snobinards en mal de sensations… Je dis simplement que le coupage de cheveux en quatre est un danger qui guette à tout moment celui qui veut explorer un sujet en profondeur. D’où les danger de perte d’efficacité et d’objectivité. (l’indifférence et/ou les réactions négatives des gens envers les critiques professionnels sont d’ailleurs reliés en grande partie à ça…)

      Je garde toujours en tête l’idée de base qui est de rendre clair quelque chose de complexe. C’est, à mon sens, le défi ultime.

      Je prépare d’ailleurs tranquillement l’analyse #2 qui sera la suite de ça:
      http://gliese1214b.blogspot.com/2010/07/communication-analyse-1.html

      Je vais essayer, au meilleur de mes capacités, d’exposer ma pensée clairement!

    • @rafc

      “Consciemment ou inconsciemment, traduire une impression en quelquechose d’autre, c’est déjà de l’interprétation, de l’intellectualisation.”

      C’est là que je ne suis pas d’accord.

      L’intellectualisation, à la base, c’est de l’encodage.

      Une oeuvre d’art peut transmettre sans encodage “intellect” (langage parlé ou écrit).

      Le choix d’intellectualiser sur l’art n’est pas fait par tous et cela n’empêche pas l’impression de l’art d’être réelle et active. Tu peux parfaitement voir un film, ne jamais en parler et subir une influence tel que le cours de ta vie sera changé..

      La relative frustration de certains intellectuels à propos de l’art est précisément cet aspect insaisissable, qui empêche une finalité ou même un consensus parmi un nombre restreint d’individus (on a qu’à penser aux fameuses “top lists” des meilleurs ceci ou cela).

      Ce qui n’empêche évidemment pas un “encodeur” d’encoder tout ce qui bouge… D’ailleurs, un vrai “masturbateur intellectuel” (faudrait se faire faire des t-shirts! haha) se fout du sujet traité, à la limite, il veut juste vivre un buzz intellectuel. Il se fixe à certains sujets/domaines simplement parce qu’il a accumulé suffisamment d’expertise pour y être confortable…
      Mais donnez lui une mémoire absolue sur tous les sujets, une plate-forme de communication comme le web… et sa tête va exploser!

    • @jon8

      L’intellect, c’est relié à la connaissance, c’est la faculté d’entendement. Veux veux pas, si tu regardes une oeuvre d’art, tu fais un acte de connaissance, tu exerces ton intelligence. Il n’y a pas de perception brute, surtout en art, où on cherche naturellement une interprétation, un message, puisque l’on sait qu’il y a une volonté derrière ce que l’on voit. Ça ne veut pas dire qu’on analyse toujours plan par plan toutes les séquences d’un film inconsciemment, ça veut dire simplement qu’on cherche à faire sens, à rencontrer la volonté que l’on perçoit. C’est une activité intellectuelle. Quand vous dites autonome de l’intellect, j’imagine que vous voulez dire que l’art peut s’adresser seulement aux émotions, ou qu’on peut retenir les émotions et ne pas chercher à analyser, il reste que l’intelligence fonctionne lors de la réception d’une oeuvre (ne serait-ce que de manière cognitive, pour mettre en place par exemple les divers fragments d’espace divisés au montage). Intellectualiser, ce serait seulement mettre en mots un processus qui se fait naturellement à partir du moment qu’on est confronté à une oeuvre d’art.

      Mais ma phrase était plus une boutade, je sais bien que vous voulez parler d’interprétation et d’analyse, ce qui n’est pas la même chose, il reste que je ne crois pas qu’on peut intellectualiser l’art, plus qu’il ne l’est déjà.

    • Si vous avez sous la main un ”Petit Robert” (j’ai la version 2009), lisez les définitions de ”intellect” et ”intellectualisation” qui comprennent les citations de Valéry et Camus ainsi qu’une définition utilisée en psychanalyse.

      Savoureux! haha

    • Haha, même Camus a tort dans ce débat, il a mal choisi ses trois mots à léguer au P’tit Bob!

    • jon8

      Je ne suis pas féru de cognitivisme mais il me semble qu’un code (ou un encodage) n’est pas un langage. Le langage reste fondé sur l’infinité du symbolique, aucune portes ne se ferment, comme devant chaque mot, alors qu’un code est fixe et stérile. Ainsi pour moi, l’intellectualisation n’est pas de l’ordre du choix puisqu’elle parasite le langage, elle vient avec. Le Littré faisait une distinction entre les 5 sens, ceux intellectuels, la vue, l’ouïe et le toucher opposés aux affectifs que seraient l’odorat et le goût. On ne peut se passer d’intellectualiser (je préfère nettement interpréter) lorsqu’on voit ou qu’on entend, ça va de soi (je n’aurai jamais la proximité affective devant un film et devant l’odeur d’une campagne famillière). Mais une tendance a donc toujours aussi ses excès!

      “Je combat férocement le manque d’efficacité, à tous les niveaux…”
      D’accord pour la masturbation, mais ce n’est pas à chaque fois que je baise que je veux nécessairement procréer. L’efficacité peut être un leurre. Il ne faut pas sous-estimer les plaisirs certains qui peuvent émaner de l’interprétation et de l’analyse, plaisirs qui ne sont pas dénués de vertus et qui contribuent à creuser vers l’essentiel. On ne peut frapper le clou à chaque fois. Il ne faut donc pas, si tu me permet l’expression, jeter le bébé avec l’eau du bain! Faudrait donc aussi revoir l’inscription des T-Shirts: plutôt quelque chose comme les Don Juan Intellectuels.

    • Ma parenthèse devrait plutôt se lire comme ça: je n’aurai jamais la même proximité affective devant un film que celle qui m’est possible d’avoir devant l’odeur d’une campagne qui me soit famillière. Je ne crois pas qu’on puisse “lire” un film uniquement par les affects, on en serait fou; on peut y tendre toutefois, et c’est, il me semble, la position de jon8 qui est tout à fait valable.
      Bon, fini l’onanisme.

    • J’ai retrouvé une scène fascinante de Baraka, avec une de mes pièces de musique favorite.

      http://gliese1214b.blogspot.com/2010/08/baraka-dead-can-dance.html

      Sérieusement, les copains… Auriez-vous réellement le goût d’intellectualiser ce genre de séquence ?

      Il me semble que tout est là. Rien à ajouter.

      Enjoy.

    • Fillière 13 vient de dépasser le cap du million au BoxOffice québécois.
      Ça devrait rassurer plusieurs personnes qui croient que certaines critiques peuvent réellement nuirent à un film.

    • Nous avons un problème semblable dans le milieu des arts visuels: les critiques “pro” ridiculisent les blogues, dont certains sont fameux. Moi ce que je remarque, c’est que j’ai étudié en cinéma, c’est à dire, en production. J’avais des cours de base sur l’histoire et la forme du cinéma, mais en général le but de ses études était de produire des films. Bref, selon la logique que seul un critique pro qui a fortement étudié le cinéma (celui des autres) aurait les qualités pour s’exprimer sur le sujet, je ne suis pas placé pour en parler. “Fais des films et tais-toi, c’est moi l’expert”. Mais finalement derrière tout ce charabia, la plupart du temps quand tu n’es pas d’accord avec un critique, c’est la question des goûts et des valeurs identitaires qui devancent de très loin tout intellectuallisme.

      Tu ne peux facilement réconcilier un grand amateur de Lynch avec un grand amateur de Loach.

      En te cas, c’est pas moi qui va me mettre à stresser sur la qualité de mes commentaires dans un symposium du cinéma.

    • http://cinoque.blogs.liberation.fr/
      Pour lire d’excellents articles sur des cinéastes de l’âge d’or et d’autres, d’autres horizons dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler, rédigés par un amoureux du cinéma doté d’une culture extraordinaire.

      http://odieuxconnard.wordpress.com/
      Pour rigoler avec un philistin génial et d’une profonde mauvaise foi.

      Et pour finir, en anglais :

      http://www.redlettermedia.com/
      Pour les vidéos trash de ce psychopate de Plinkett. Welcome to the dark side, baby…

    • Question @ tous:

      Lorsque l’on voit les chiffres:

      http://www.boxofficemojo.com/movies/?id=inception.htm

      ” Total lifetime grosses = Worldwide: $563,869,482 ”
      et
      ” Production Budget: $160 million ”

      Combien, en pourcentage, est-ce que l’on peut assumer que les frais de distribution, diffusion et de promotion sont ? (coûts de publicité, gestion, marge des cinémas, etc…)

      Quelqu’un ici à une idée ?

    • j’vais parler à travers mon chapeau mais j’ai déjà lu quelque part que les studios dépensent en moyenne 50% du budget de prod. donc ici 80 millions de $ mais je ne serais pas surpris qu’ils aient mis 100 millions…ce qui donnerait une modique somme de 300 millions de profit!

      ce qui est pas mal avant une distribution dvd/br avec laquelle ils font d’habitude le plus de profit

    • “j’ai déjà lu quelque part que les studios dépensent en moyenne 50% du budget de prod”

      ah d’accord merci Bohmer. J’imagine que c’est du cas par cas et très variable. Aussi, les revenus de DVD/BR et produits dérivés non inclus dans ces chiffres ?

      Mais la division des parts d’un billet de cinéma de, disons, 10$, c’est quoi ?

      1$ pour le cinéma
      1$ pour le distributeur
      8$ pour la maison de production ?

    • Jon8, vous avez tout à l’envers: c’est plutôt de l’ordre du 5$ pour le cinéma (mais c’est variable), après on peut mettre entre 2 et et 3.50$ pour le distributeur, il ne reste donc qu’entre 1.50$ et 3$ pour les financiers. En réalité, si le budget est de 160 millions, qu’on rajoute 100 millions pour la promotion, qu’on divise les profits de 560 millions par 3, la maison de prod n’est peut-être pas encore dans son argent.

      Tout cela est bien compliqué, un article sur cela ici: http://www.davidbordwell.net/blog/?p=21
      Mme Thomson dit qu’en général il faut faire à peu près deux fois plus d’argent au box-office que le budget et la promotion combinée pour commencer à faire du profit, ce qui ferait finalement 40 millions selon les chiffres plus haut.

    • 50 % des revenus bruts iraient au cinéma ?? Moi qui croyait que c’était avec leurs prix prohibitifs sur le pop corn qu’ils étaient rentables!

    • merci pour le lien, c’est très intéressant.

      “That strategy of opening a film in only a small number of theaters is called “platforming.” It’s done with small films that the distributors think will get good reviews and word-of-mouth. If it fails, at least the company will have saved on prints and advertising (P& A).

      P & A create costs for the distributor that often go well beyond the announced production budget. A major Hollywood company can spend tens of millions of dollars on them. In extreme cases P & A add fifty per cent to the total cost of making, marketing, and distributing a film. The public seldom hears figures for P & A, so people may get the impression that a film is more profitable for its maker than it really is.

      Of course not all the money in those high gross figures announced on Monday mornings goes back to the studio. Across a film’s run, on average about half of its ticket income stays with the theater owner (and more than that overseas). So a Hollywood film has to gross roughly twice its production and P & A costs just to break even. That actually doesn’t happen all that often, so the studio makes its real profits on the DVD (which costs little to make and brings in about $11 in profit per disc to its maker).”

    • Il faut dire par contre que le distributeur d’Inception est Warner Bros et que sa maison de prod est Legendary Pictures, une maison qui travaille uniquement avec Warner. En réalité, à Hollywood, le distributeur et le producteur sont pratiquement indissociables. La loi anti-trust de 1948 a détruit leur système d’intégration verticale (quand les studios possédaient aussi les salles), mais ils possèdent toujours deux des trois acteurs financiers. Donc, il y a probablement la moitié des revenus qui vont à Warner.

    • Donc un flop retentissant peut sérieusement ébranler une maison de prod ?

      c’est le jeu de la roulette russe ce truc là…

    • Je continue à faire des lectures sur ce truc, la page wiki de box office renvoie à ce lien: http://entertainment.howstuffworks.com/movie-distribution2.htm
      Je ne sais pas ce que ça vaut comme source, mais bon…

      En tout cas, dans l’article de Thomson, elle dit que les salles gardent en moyenne la moitié des revenus, ce qu’elle ne dit pas par contre c’est que le distributeur garde la majorité des profits lors des premières semaines de diffusion (mettons 90% lors du premier week-end), pourcentage qui va à la baisse chaque semaine (mettons 30% après un mois).

      Ça fait bien 50% en moyenne, mais évidemment, le gros du box-office se fait dans la première semaine, c’est le principe du blockbuster, en réalité les studios doivent donc entrer dans leur argent plus rapidement que ce que Thomson dit. Ça explique aussi pourquoi les salles, contrairement aux studios, veulent garder les films le plus longtemps possible sur leurs écrans (on se rappelera le cas Alice au printemps dernier).

      Enfin, je voulais savoir comment rapportait le fameux pop-corn (un prof de cinéma m’avait déjà dit il y a quelques années que les exploitants faisaient 800% de profit avec ce pop-corn), il semble selon ce que j’ai lu que ça représente le tiers des profits des exploitants, ce qui n’est pas négligeable.

    • @cinematographe

      Oui, je pense que ça fait beaucoup plus de sens (business-wise)…

      http://entertainment.howstuffworks.com/movie-distribution2.htm

      Chacun doit se protéger financièrement, d’une façon ou d’une autre…

      Pour le popcorn et les barils de boissons gazeuses, la stratégie est (était ?) simple: il vaut mieux charger très cher et offrir les formats les plus ridiculement gros, dans le but de faire avaler la pilule du prix élevé avec une quantité énorme.
      Le prix coûtant d’un baril de liqueur n’étant qu’une dizaine de sous plus cher qu’un format normal, alors que la marge de profit augmente avec un grand multiplicateur.

      Format de, disons, 400ml: coûtant = 0.10$, prix détail: 2.95$
      Format de 1500ml (!) : coûtant = 0.25$, prix de détail: 4.65$

      Le client est donc tenté, vu la quantité beaucoup plus grosse qu’il reçoit par rapport à la différence de prix, mais le cinéma fait tout de même plus de revenus et de profits ;-)

    • Je viens de voir Les amours imaginaires de ti-cul Dolan, et autant le ton m’agaçait au début, autant la dernière heure emporte le morceau. Une vraie histoire de vampire sur la puissance des projections. La maman et le tapin.

      (Et puis quelqu’un qui comprend la beauté des chansons pop de Renée Martel ne peut se tromper).

    • moi je vous suggère tous scott pilgrim vs the world….j’y ai eu beaucoup beaucoup de plaisir. un solide troisième coup pour edgar wright!!

    • «La Maman et le tapin»! Wow, chapeau!

      Je partage tout à fait ton enthousiasme pour les Amours de Dolan mais, contrairement à toi, c’est vers la fin que j’ai trouvé que le film plombait un peu. Un «m’ment d’nné» ça piétine un peu, non?

    • Je seconde Scott Pilgrim!
      Et il y a bien sûr The Expendables pour un bon trip de nostalgie jouissif, en tout cas pour n’importe qui comme moi a grandi avec les répliques idiotes et la morale douteuse des films d’action des années 80, qui a écouté en cachette ces surenchères de violence prohibées par l’autorité parentale. Étrange que bien des critiques reprochent au film son scénario incohérent et sa technique déficiente alors que c’est précisément là l’intérêt.

    • @Astyanax

      Contrairement à plusieurs, je trouve Dolan piètre dialoguiste. Dans J’ai tué la mère, m’intéressaient les moments où la parole devenait pur affect, pétage de plomb, délire sous influence. Ici, la première partie, toute en phrases clichées à la Tout sur moi dandy du Plateau, m’agaçait royalement. C’est dans la deuxième partie que l’on s’aperçoit qu’il n’est pas dupe de la naïveté des personnages et que leur mots et conscience sont entièrement aspirés par le vide de cet astre solaire qu’est l’Apollon – littéralement aspirés par une Image vampirisante. Dolan filme un cliché, une pure Idée platonicienne de la Beauté. C’est d’ailleurs incroyable avec quel courage et décomplexion il filme de purs clichés du cinéma (Wong Kar-Wai, Hepburn, etc.) comme s’il était le premier à les filmer, aspiré comme son personnage, alors que lui a reproché précisément cela dans son premier film. Aussitôt que la parole s’étrangle, que le désir est remplacé par la perte, le rejet loin du monde de la jouissance, et que Dolan filme la surface des corps, des tissus, dans l’entrelacement des lumières, le film prend sa vraie force.

      Tu disais une chose très juste sur le premier film, à savoir que sa nouveauté était dans le fait que tout s’écroulait dans la vie du personnage et seule l’homosexualité était sans pathos, sans enjeu dramatique, un havre de paix. Filmer ainsi son orientation était nouveau. Ici il prend le parti contraire. Il y a aussi que le premier opus était une déclaration d’amour au Québec, à sa kétainerie congénitale personnifiée par la mère. Ici, c’est encore le contraire: il affiche sa pédanterie, son goût de l’artifice et sa haine du “naturel” (le bellâtre semblait une Idée artistique, à la fin il n’est que la beauté “naturelle” sans sophistication), du premier degré des “beaufs” et même – ô blasphème – des “régions” pour un habitant “du Plateau”. En même temps, il adore plonger les grands clichés de cinéma dans le bain de la réalité terre-à-terre de Montréal, ses ruelles, ses restos chinois, ses apparts d’étudiants.

    • Et je tierce Pilgrim! Une très belle surprise.

      Par contre, j’ai trouvé THE EXPENDABLES raté. J’ai moi aussi grandi avec les films d’action des années 80/début 90 mais le film de Stallone, dans la forme, a bien plus en commun avec l’insupportable PREDATORS de cette année qu’avec le PEDATOR de John McTiernan. Le contenu se veut léger et amusant mais la réalisation est d’une lourdeur sans nom; tout est tourné en extrême gros plan et baigné dans des couleurs sombres et saturées. Les scènes d’action sont complètement vides de plaisir parce qu’il est impossible d’y comprendre quoi que ce soit; elles se résument à de longues suites de gros plans quelconques d’explosions et de mutilations en CGI. Stallone a très peu d’instinct visuel. Par exemple, il ne visualise jamais l’imposante différence de gabarit entre Dolph Lungren et Jet Li lorsqu’ils s’affrontent, et ce même si le scénario y fait abondamment référence. Presque tout dans ce film est plat et sans vie.

      ***SPOILER*** J’ai bien aimé que toute l’équipe survive à la mission – ça nous évite les habituelles morts larmoyantes et une scène finale les montrant tous boire et s’amuser au salon de tattoo est beaucoup plus de circonstance qu’une cérémonie pénible au cimetière.

      Assez ironique que les deux personnages étant supposés représenter le comble de la masculinité à l’ancienne (Rourke et Stallone) affichent des visages défigurés par la chirurgie plastique.

    • @maximeg

      Je suis d’accord que the Expendables est plus près de Predators, que j’ai aussi détesté, que de Predator, mais étonamment j’ai trouvé que le CGI passait beaucoup mieux dans le film de Sly, alors qu’il m’avait agacé dans Predators. S’il est vrai que le montage est beaucoup plus effrené que ce que les 80’s nous offrait, j’ai trouvé quant à moi les scènes d’action parfaitement lisibles, excepté les poursuites en véhicules, un chaos incompréhensible. Sly n’a pas d’instinct visuel, certes, mais je ne crois pas que Georges P. Cosmatos en avait plus, ni Mark Lester, ni la majorité des réalisateurs de ces films cultes.

    • @ghost

      si la description que tu en fait est vraie, c’est le genre de film qui pourrait me plaire beaucoup.

    • Oui, Ghost, je vois ce que tu veux dire.

      Je ne suis pas trop fan non plus des dialogues trop écrits, même dans les romans ça m’énerve (je dois par exemple être le seul prof de cégep à ne pas trop tripper sur Réjean Ducharme…) Mais, tout de même, et c’est ce que tu suggères dans ton commentaire, la surenchère verbale, je veux dire la virtuosité snob avec laquelle les personnages manient la langue au début du film est probablement nécessaire au film, à l’émotion qu’il cherche à provoquer en tout cas. En s’effondrant progressivement (comme tombe doucement un masque), la langue des personnages nous laisse peu à peu découvrir leur vérité. Je pense qu’il faut par exemple être d’abord agacé par le personnage de Xavier Dolan pour le trouver à ce point bouleversant lorsqu’il avoue, dans une langue devenue hésitante, convenue, puérile (mais aussi terriblement vraie), son amour pour l’Apollon d’opérette.

      En fait, c’est plutôt vers la moitié du film que j’ai trouvé que le récit piétinait un peu. On sent un peu trop qu’il cherche à faire «respirer» son film, un peu comme le faisait Pialat avec certaines de ses scènes trop longues ou inutiles (la scène du bal dans VAN GOGH!), mais bon, n’est pas Pialat qui veut…

    • @cinématographe

      Je dois avouer que ce ne sont pas tous les “classiques” d’action desquels The Expendables découle que je prend plaisir à revisionner. Par exemple, les films de Georges P.Costamos que j’ai revu à l’âge adulte (Leviathan et Cobra) m’ont semblé interminables et bien pires que le dernier opus de Sly. Les films de ce genre que j’aime bien sont mis en scène soit par des réalisateurs talentueux (McTiernan, Hill, Cameron, Verhoeven), soit par des “organisateurs de plateau” sans style (Mark Lester, Andrew Davis, Ted Kotcheff, etc.) qui se contentent de filmer les stars et le matériel sans rien apporter de nouveau ou d’intéressant, faisant preuve d’un effacement sans ambition qui n’est pas désagréable. Stallone n’a ni le talent des premiers, ni la modestie des seconds. Il offre une réalisation très stylisée, appuyée et intrusive qui étouffe l’action, les personnages et mon plaisir.

    • Maximeg, très bon résumé du genre.

    • “Mais, tout de même, et c’est ce que tu suggères dans ton commentaire, la surenchère verbale, je veux dire la virtuosité snob avec laquelle les personnages manient la langue au début du film est probablement nécessaire au film, à l’émotion qu’il cherche à provoquer en tout cas. ”

      Oui, tout à fait, c’est ça. Il surjoue la caricature de Plateauniciens pédants que lui renvoient les médias, comme un cliché justement. C’est très fort. Et il montre ensuite que c’est juste une image.

      Le lien avec La maman et la Putain: le personnage de Léaud est aussi un phraseur dandy qui s’écoute, il finira par être exsangue et sans parole, vampirisé par la putain.

      J’avoue que j’ai été surpris par Dolan et qu’il ne sera certainement pas un feu de paille.

    • Bon, je vais aux champignons. Bon samedi.

    • Heureux de lire ces bons commentaires sur le dernier Dolan (toujours pas vu). Nous avons tous imaginé cette triste et désolante vision de feu de paille, tant mieux si ce que vous dites se vérifie! Surtout que son troisième film annoncé portera sur un sujet diablement complexe pour un cinéaste aussi jeune; n’est pas Tirésias qui veut …

    • Je ne m’inquiète pas trop pour Xavier Dolan, il devrait connaître une longue et fructueuse carrière.

      Ma seule crainte, c’est qu’il finisse par s’exiler, par partir pour Paris ou New York afin de s’épanouir, par quitter un Québec traditionnellement incapable de soutenir et de développer ses artistes de talent. C’est ce qu’ont fait Borduas et Riopelle en leur temps; c’est ce que n’ont pas fait Nelligan, Saint-Denys Garneau, André Mathieu, Hubert Aquin et d’autres, avec les résultats tragiques qu’on connaît. L’affaire est entendue: le Québec est un pays broyeur de génies…

      Vous croyez que j’exagère? Voyez de quelle façon stupide et puérile Mario Roy a remis Dolan à sa place le printemps dernier; Lisez, sur ce blogue même, les railleries, les commentaires amers et envieux. Beaucoup de haine à l’endroit d’un artiste d’à peine 21 ans…

    • Que ce soit sur papier ou web, il faut finir par connaitre et cataloguer le critique. Un exemple, je généralise mais à peine, la critique ‘quebecoise’ mets constamment une étoile en trop sur le cinéma quebecois. Il faut se faire un filtre.

      Même chose avec les site comme IMDB et Rotten Tomatoes qui sondent leur public. L’évidence est que le public regardent n’importent quoi… (Hurt Locker?!!!)

      Mon avis est qu’un critique devrait s’afficher en listant ces 5 films préférés et ces 5 navets (récents).

      Le reste n’est qu’une question de medium. Who cares.

    • ”Ma seule crainte, c’est qu’il finisse par s’exiler, par partir pour Paris ou New York afin de s’épanouir, par quitter un Québec traditionnellement incapable de soutenir et de développer ses artistes de talent.”

      Je lui souhaite ardemment.

    • ”Mon avis est qu’un critique devrait s’afficher en listant ces 5 films préférés et ces 5 navets (récents). ”

      Intéressante idée.

      Ça afficherait les couleurs dès le départ, en tout cas. Nul échappatoire.

    • “Ça afficherait les couleurs dès le départ, en tout cas. Nul échappatoire.”

      Oui, et comme “les films préférés” ça changeraient tous les jours, les gens auraient beaucoup de plaisir dans le “catalogage des critiques” et en prime une belle leçon sur la fluidité des choses, comme dirait Démocrite.

    • Hors-sujet : On apprend le décès du réalisateur japonais Satoshi Kon (Perfect Blue, Millenium Actress, Paprika, Tokyo Godfathers, Paranoia Agent).

      Millenium Actress reste, parmi l’ensemble des films sur le cinéma que j’ai visionné, mon préféré.

      J’ai aussi un souvenir impérissable de la première mondiale de Perfect Blue à Fantasia avec sa file d’attente de 3000 personne pour une salle d’environ 1000 places.

      Paprika est une des influences majeures pour l’Inception de Nolan.

      Damn.

    • Triste nouvelle en effet.

    • Pour Josef, un blogue franco sur Herzog: http://cinema.blog.lemonde.fr/2010/08/24/la-twitt-conference-de-werner-herzog/

    • On commence à s’ennuyer de Jozef.. il revient bientôt ? :-)

    • Vous avez vu l’affiche américaine du Prophète d’Audiard. Rarement vu quelque chose d’aussi débile, on dirait Rambo 13 en Irak (on voit même un tank onusien). Comment arnaquer les gens!!!

    • Un mois et deux semaines…

    • ça veux dire ce que ça veux dire…l’un d’entre nous/vous devras prendre la relève ailleurs sinon on fera ça en anglais chacun de notre côté!

      comme on dit dans ces occasions là: c’tait l’fun le temps que ça à duré / on aura eu de bons moments

      cheers

    • En espérant surtout que rien de fâcheux ne soit arrivé à Jozef pendant ses vacances. Son propre commentaires en réponse au mien du 5 sept n’est même plus là… Quid ?

    • Non, rien de fâcheux. Si vous avez des questions plus spécifiques, il y a toujours moyen de me contacter personnellement (voir nouveau lien en haut à droite). En principe, je recommence demain.

    • ha bon désolé pour cette tranche de pessimisme…

      you see obi-wan siroka, you’re our only hope

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