Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mercredi 4 août 2010 | Mise en ligne à 17h30 | Commenter Commentaires (110)

    Le capitalisme, l’ultime Méchant?

    twbb1

    Hollywood représente assurément l’une des plus belles entreprises capitalistes de l’histoire. Pourtant, les films qui sortent de l’industrie américaine sont, dans la grande majorité des cas, très peu flatteurs envers le système économique qui a pourtant permis leur existence. Les personnages de méchants fabriqués dans l’usine à rêves revêtent invariablement le costume du corporatiste; que ce soit Gordon Gekko, Daniel Plainview (photo) ou même Jabba the Hutt.

    Selon un article du Wall Street Journal, ce paradoxe flagrant s’explique en trois parties :

    La rage des réalisateurs et des scénaristes contre leurs propres commanditaires capitalistes, la difficulté d’utiliser un média visuel pour dépeindre la main invisible, et un cadre éthique que Hollywood partage avec la plupart de notre culture qui considère l’intérêt personnel comme intrinsèquement immoral ou, au mieux, amoral.

    Sur ce dernier point, je suis tout à fait d’accord. Alors que lundi j’estimais que «la valeur du héros est souvent inversement proportionnelle à son degré d’hédonisme», on peut facilement ajouter aujourd’hui que la valeur du héros est souvent directement proportionnelle à son degré de désintéressement.

    Ceci dit, la thèse du WSJ (qui va évidemment plus loin que la citation ci-dessus, et qui vaut la peine d’être lue) contient quelques lacunes. D’abord, l’auteur ne prend jamais en compte le fait que le début de l’Âge d’or hollywoodien, qui a établi le modèle (tant structurel que créatif) du studio system pour les décennies à venir, a coïncidé avec la Grande dépression de 1929. Forcément, les films des années 1930 reflétaient plus ou moins explicitement la ferveur anticapitaliste du pays (et d’aucuns se demandent si le formidable épanouissement artistique de l’époque n’a pas justement été un effet direct de la crise économique).

    Un autre élément qui a été omis dans l’article, et qui réfute l’argument voulant que la diabolisation du capitalisme est le seul fait des «artistes», c’est l’identification du marché. Dans le cas qui nous intéresse, il s’agit carrément de «tout le monde». En effet, si les producteurs veulent un retour sur leurs investissements massifs, voire un profit, ils sont mieux de viser le plus de gens possible. Logique, non? Et ces nombreux consommateurs se trouvent où? Dans la base de la pyramide capitaliste. Et qu’ont en commun les locataires de ce niveau inférieur? Un ressentiment envers l’Autorité (dont le capitalisme n’est qu’une composante, faut-il préciser). Pendant les quelque deux heures que la populace se trouve dans une salle obscure, on va lui donner l’opportunité – moyennant 10-15$ – de cogner pas seulement sur les capitalistes, mais aussi les superviseurs, les prêtres, les professeurs, les parents, les policiers, les politiciens, etc. Si on était cyniques, on pourrait voir là une variante de l’exploitation de la main d’oeuvre par le capital…

    N’oublions pas : un des rôles du cinéma de masse est de vendre aux spectateurs/prolétaires, par le biais de héros généralement humbles et omnipotents, l’illusion du contrôle sur leur propre destin. Le blockbuster comme thérapie collective.

    Le producteur, ce nazi

    Alors qu’il se trouvait au sommet de sa gloire, Jean-Luc Godard réalisa son premier (et dernier) film de studio, Le Mépris (1963), une histoire d’amour en phase terminale entre Michel Piccoli et Brigitte Bardot déclinée en mise en abyme sur le cinéma. La scène ci-dessous, dans laquelle on voit des rushes de l’adaptation de L’Odyssée d’Homère par Fritz Lang, capture parfaitement cet argument de l’article du WSJ :

    Les scénaristes et les réalisateurs se trouvent dans une bataille quotidienne entre l’art et le commerce. [...] Ils considèrent qu’ils vendent une partie de leur âme artistique pour faire leurs films, et ragent naturellement contre le diable qui conclut l’achat.

    Godard, le plus anticapitaliste des grands cinéastes, s’amuse à dépeindre ici le producteur (un Américain, bien sûr, joué par le «cowboy» Jack Palance) comme un personnage démoniaque. Ce dernier est naturellement déçu par la vision artistique qui se présente à ses yeux et déclare à la fin de la projection : «À chaque fois que j’entends le mot “culture” je sors mon carnet de chèques».

    Il propose ensuite à Piccoli un contrat faustien pour réécrire le scénario du film de Lang (qui joue son propre rôle). Suite à quoi le réalisateur de Metropolis (1927) réplique : «Les Hitlériens disaient “revolver” au lieu de “carnet de chèques”».

    À lire aussi :

    > Réflexion sur le mal


    • Bah, j’avais écrit un long post pour expliquer le lien entre capitalisme et censure des moeurs, mais la connexion internet s’est arrêté et j’ai tout perdu. Là j’ai un peu la flemme de recommencer. C’est plus complexe que cela.

    • “mais la connexion internet s’est arrêté et j’ai tout perdu.”

      @ghost

      ah merde c’est chiant ça :-(

      qqchose que je peux faire pour t’encourager à reprendre ? Un p’tit coup de vuvuzela ?

    • @JS Vous dites: «un des rôles du cinéma de masse est de vendre aux spectateurs/prolétaires, par le biais de héros généralement humbles et omnipotents, l’illusion du contrôle sur leur propre destin. Le blockbuster comme thérapie collective.»
      ++++++

      Je ramènerais ça à quelque chose d’encore plus simple, voire terre-à-terre: la victoire, (ou la vengeance), par comédien interposé, du petit sur le gros. Que le «gros» soit un alchimiste de la finance, un preneur d’otages, un politicien véreux, un mafioso, un violeur, un directeur aux tendances de dictateur, etc. qui soit se ramasse en prison, se fait descendre, mange une raclée, perd son job, etc.

      Cela dit, ça n’est que mon interprétation des «blockbusters», le cinéma de masse. Pour les films dits «d’auteurs», il doit bien y avoir autant de clés qu’il y a d’auteurs.

      Qu’en pensez-vous? Trop simple? Simpliste?

      Tout à fait, David contre Goliath. – js

    • Le Capitalisme, c’est le système sur lequel les gens crachent, mais englobant et permettant un nombre incalculable d’avantages dont ces mêmes gens seraient incapables de se passer (trois repas/jour, automobile pour se déplacer, droit de vote, moyen de se payer certains loisirs de divertissement, etc. :)

      On réalise généralement qu’à défaut de mieux, le Capitalisme reste encore ce qui se fait de mieux à l’heure actuelle vers 18-20 ans, quand on commence à s’intéresser un peu au Monde (la planète), qu’on voit à quel point nous vivons mieux que dans n’importe quel “paradis” socialiste, et qu’on arrête de tripper sur Che Guevara, Fidel Castro et cie. en prenant la mesure de qui ces individus sanguinaires étaient.

      Évidemment, il faut noter que cette phase de déni dure dans le cas de certains toute une vie chez, ces mêmes gens se servant bien entendu de leur gros MacBook, écrasé dans leur salon devant leur téléviseur 50 pouces, pour continuer à cracher sur le dit Capitalisme, que ce soir sur Cyberpresse ou ailleurs!

      Les anticapitalismes qui ne s’assument pas me feront toujours bien rire. Tu veux vivre ton trop socialiste mon vieux? Va passer 10-12 mois à Cuba, et pas dans une belle villa! Plutôt dans les bidonvilles, et vit à la manière du cubain moyen. Ensuite reviens nous parler de ce paradis socialiste ;)

    • Intéressant billet, merci M. Siroka.

      Citation: “Pendant les deux heures qu’ils se trouvent dans une salle obscure, on va leur donner l’opportunité – moyennant 10-15$ – de cogner sur les capitalistes, mais aussi les superviseurs, les prêtres, les professeurs, les parents, les policiers, les politiciens, etc.”

      C’est le happy-end qui tue le sentiment de révolte. Pour qu’un film ait un réel impact de conscientisation, il faut qu’il se termine avec un conflit non-résolu. Enfin, c’est mon impression.

      Pour du vrai cinéma anti-capitaliste, on peut voir la trilogie prolétarienne de Kaurismäki.

    • Je ne suis pas d’accord de dire que c’est vraiment un cinéma anti-capitaliste. C’est plutôt des valeurs de liberté individuelle. Et pour moi cela va aussi avec le capitalisme ou dans un monde capitaliste.

      Oui ils sont critiques mais vraiment pas des apôtres du socialisme et encore moins du communisme. Non je ne vois pas leurs héros comme des anti-capitalistes mais des dénonciations de certains fourbes capitalistes. Et les artistes américains sont aussi des têtes fortes qui pensent par elles-mêmes.

      Et dans l’industrie du cinéma ? Comment peut-on oublier de nommer le très célèbre HOWARD HUGUES.

      Un capitaliste qui est un héros ? Dans un film de Spielbierg ? Oskar Schindler. Bien oui désintéressé, si vous voulez être un héros.

      Et se battre contre la machine ou le système qu’il soit capitaliste ou communiste. On parle de héros à la recherche du bien.

      Mais même des films où il y a un cupide, il se peut qu’il y ait des patrons vus comme bons à qui le héros vient aider… Et aucun système n’est parfait et il y a toujours des corrompus et des fourbes contre qui se battre.

      Je pense aussi à un autre film ou le gars vient à introduire le hula-hoop. Juste avec un cercle comme idée mais bien sûr, un moment donné dans le film il devient moins bon pour après redevenir… J’oublie le titre…

      Non POUR MOI, dans les films américains le plus souvent le héros est plutôt comme le symbole de la Statue de la Liberté.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Statue_de_la_Libert%C3%A9

      ” devenue l’un des symboles des États-Unis et représente de manière plus générale la liberté et l’émancipation vis-à-vis de l’oppression ”

      Les héros sont assez fidèles à ces valeurs là. Cela dépend comment vous voyez le capitalisme aussi et ce que vous en faîtes. Le système doit être au service des individus et de la société et non le contraire.

    • Un autre bon et qui est capitaliste ? Le fils de Miss Daisy joué par Dan Aykroyd. Bien oui, encore là des choses désintéressées.

      Mais c’est cela aussi être bon. Un bâtisseur capitaliste ne le faisait pas juste pour lui mais aussi pour faire travailler des gens, pour aider sa ville, sa famille…

      En quoi dénoncer la cupidité, est-elle une remise en question complète du capitalisme ? Et que font les héros du cinéma et que boivent-ils ? Le cinéma américain a été bien plus souvent anti-communiste qu’anti-capitaliste…

      Et un héros c’est qui ou c’est quoi ? C’est quelqu’un qui est plus fort que le système ou qui vit selon ses propres règles. Des règles, en général, bonnes. Il lutte pour le bien.

      Il n’est pas nécessairement contre le fait de faire du fric. Mais s’il en a il partage, son talent, ses découvertes. Je suis plutôt convaincu qu’il y a plusieurs personnages de film qui sont des bons tout en étant capitalistes même s’il y a des méchants aussi.

    • “C’est le happy-end qui tue le sentiment de révolte. Pour qu’un film ait un réel impact de conscientisation, il faut qu’il se termine avec un conflit non-résolu. Enfin, c’est mon impression.”

      @scories
      C’est pas un peu jouer avec le feu de faire ça ?

      Je ne sais pas s’il «joue avec le feu», mais on peut certainement avancer que les films avec des fins ouvertes concordent avec des périodes de contestation, comme le cinéma américain fin années 1960 et début années 1970, ou les films produits à l’intérieur de régimes répressifs (Chine, Moyen-Orient, les pays du bloc soviétique à l’époque, etc.) – js

    • Un autre capitaliste et quand il fait des caméos dans des films ou qu’on le voit dans des dessins animés est vu comme plutôt sympathique.

      Hugh Hefner, le fondateur de Playboy Magazine. Une entreprise, essentiellement capitaliste. Mais qui représente aussi l’époque d’une libéralisation des moeurs sexuelles. Pas un héros mais vu comme sympa.

      Et vous avez interrogé Clint Eastwood sur ses opinions politiques et économiques ?

      Eastwood est un libertarien, qui a cependant révisé sa position sur la loi et la justice : Gran Torino est essentiellement une rebuffade de l’esprit belliqueux des Dirty Harry. -js

    • @ curieux : hudsucker proxy

      @ phason, pas besoin de se rendre à Cuba pour voir la pauvreté, traversez tout le territoire qui sépare le Canada de Cuba et vous verrez de beaux spécimens, dans cette grande société capitaliste qui nous permet des (vous avez bien spécifié 3???) repas par jour. Bien sur tout le monde est d’accord avec vous que l’anti-capitalisme est une thèse dérisoire, tout comme peut l’être l’anti-socialisme (par contre sur ce point je ne peux que mal cerner votre position) ou tout autre anti-whatever. Étayer une thèse par la négation totale de son inverse est le début d’une mauvaise argumentation, ce qui fait bien rire les gens aussi. Sinon vous vivez au Québec? je pose la question parce que ce blogue me semble parfois fort international. Si oui, selon vous vivez-vous dans une société capitaliste ou socialiste? c’est à travers cette question que je vois Gekko, Plainview, mais quand même pas Jabba!!

      Guevara et Castro étaient socialistes ou communistes???
      me souviens pu, j’ai lu ça ya longtemps au cégep… :-)

      Ghost, prenez le temps de vivre votre deuil éditorial et re-pondez nous une nouvelle oeuvre sur le sujet svp!

    • Vous oubliez un genre dans lequel le capitaliste (et le capitalisme) est souvent le héros absolu: la comédie romantique!

      Exemple: You’ve Got Mail

      La belle new yorkaise trentenaire Meg Ryan proprio bobo d’une petite librairie de quartier sort avec un intello gaugauche totalement antipathique qui se fait finalement évincer par le big shot du livre en gros, Tom Hanks, qui non content de mettre en faillite le petite PME de Meg (invisible hand???) finit par la faire tomber dans ses bras, le tout parsemé de pubs grossières de Starbucks. Le bonheur total quoi!

      Bridget Jones? Sex and the City? My best friend Wedding?

      Pas très anticapitaliste je crois.

      Autre exemple, Red Corner, avec le beau financier Richard Gere qui fait craquer une sobre communiste et qui se trouve à être un bon gars comme c’est pas possible, au lieu du meurtrier qu’il devait être.

      De toute façon, il y a tellement de films qui arrivent d’Hollywood qu’il devient presque impossible d’y déceler une tendance: les producteurs tirent dans toutes les directions pour ratisser tout ce qui pourrait de près ou de loin ressembler à un spectateur, d’où le nombre croissant de films critiques de la culture ou la politique américaine.

      Il y a aussi Batman et Iron Man, mais l’auteur du WSJ dit que ces exemples «ne comptent pas». – js

    • @jon8 : Quand je parlais de révolte j’aurais sans doûte dû utiliser le terme indignation. Quand on film se termine sur un conflit non résolu (au sens narratif du terme), il appelle bien plus à la réflexion. L’idée nous trotte dans la tête.
      Exemple: À la fin de Slumdog Millionaire on oublie tous les enfants de la rue parce que l’un d’entre eux ramasse la cagnote. Mais à la fin du film Salaam Bombay, le garçon de la rue a plus de problèmes que jamais et fixe tristement la caméra. Comment ne plus y repenser?

    • Le système capitaliste c’est comme le système informatique: c’est toujours l’utilisateur le problème.

    • “Je ramènerais ça à quelque chose d’encore plus simple, voire terre-à-terre: la victoire, (ou la vengeance), par comédien interposé, du petit sur le gros. Que le «gros» soit un alchimiste de la finance, un preneur d’otages, un politicien véreux, un mafioso, un violeur, un directeur aux tendances de dictateur, etc. qui soit se ramasse en prison, se fait descendre, mange une raclée, perd son job, etc.

      Cela dit, ça n’est que mon interprétation des «blockbusters», le cinéma de masse. Pour les films dits «d’auteurs», il doit bien y avoir autant de clés qu’il y a d’auteurs.

      Qu’en pensez-vous? Trop simple? Simpliste?”

      Pas simpliste du tout. C’est très bien vulgarisé.

      D’ailleurs, le concept même du super-héros est un fantasme de base de pyramide poussé à l’extrême (personnification fantastique).

      Tu vas toujours avoir +bonus de capital-sympathie juste en ayant le statut d’underdog v.s. -minus pour celui au pouvoir, quel que soit le domaine. Pas seulement au cinéma!

    • jon8
      :-)

    • “Comment ne plus y repenser?”

      @scories

      Je comprend ton point mais ce n’est pas un peu beaucoup subjectif, la conscientisation ? Ou même la réflexion ?
      Je veux dire; dans mon cas Slumdog Millionaire m’a surtout conscientisé de ne plus écouter les recommandations cinéma de ma soeur…
      Alors que j’ai “conscientiser” ferme après le visionnement de Manderlay!

      Mais comme je disais, je comprend le fond de ta pensée. Il y a possiblement des “recettes” qui font que provoquer la réflexion chez les gens en général est plus facile ou efficace. Mais encore là: est-ce que Avatar a propulsé la conscience écolo à un autre niveau ?

    • Le cinéma, la littérature et même l’histoire (les ouvrages historiographiques) sont d’abord et avant tout des actes de communication. En bref, l’auteur(e) écrit en fonction de ce qu’il ou elle pense qui intéressera son auditoire ou son lectorat, ou du moins ce en quoi il pourra trouver suffisamment de repères. Dans les faits, tout oeuvre publiée est créée pour être lue, vue ou “consommée”.

      Pour ceux que ça intéresse, je vous propose un article un peu obscur d’une théoricienne de l’histoire qui l’est moins:

      Rigney, Ann. “Time for Visions and Revisions: Interpretative Conflict from a Communicative Perspective.” Storia della Storiografia 22 (1992): 85-92.

      L’article est en consultation libre à la bibliothèque centrale de l’UQAM.

      Ann Rigney a beaucoup écrit sur le caractère litéraire de l’historiographie, en particulier celle de la Révolution française, mais ses idées s’appliquent tout aussi bien au cinéma…

    • @jon8 : J’en conviens, le cinéma en tant qu’art n’a aucun devoir moral spécifique. Mon commentaire s’applique dans les cas où Hollywood prétend vouloir conscientiser sur le thème de la lutte des classes.

      Manderlay laisse effectivement un caillou dans notre chaussure. Ça ‘kick’ plus que Dogville selon moi.

    • “Manderlay laisse effectivement un caillou dans notre chaussure. Ça ‘kick’ plus que Dogville selon moi.”

      … qui “kickait” déjà pas mal!

      je disais “jouer avec le feu” dans le sens d’acceptation du public (donc de réussite commerciale). Corrigez-moi si je fais erreur, mais des films rentables avec une “fin ouverte” c’est pas légion…
      Les gens veulent une finalité sinon ils se sentent habituellement bernés. Comme la fin de “inception” c’était semi-ouvert, borderline déception à mon avis… Remarquez qu’il y a plein de façon de laisser une porte ouverte!

    • Pourtant, dans un film comme There will be blood, je n’ai pas l’impression qu’on portrait Plainview comme étant le méchant du film. PTA a réussi à bâtir un personnage qui suscite à la fois notre admiration, notre colère, notre haine et notre pitié. C’est certain que la vision “neutre” du réalisateur nous force à avoir notre propre opinion de la personne, et d’y voir le reflet de nos propres qualités et défauts.

      Ainsi, je ne serais pas prêt à dire qu’une majorité de film dénoncent le capitalisme. Certains le font assurément, mais les plus grands succès des box-office restent apolitisés.

      Il y a plus de nuance, en effet, mais n’oublions pas que l’article a été publié dans le Wall Street Journal. Bon, la section des infos est TRÈS loin d’être aussi extrême que les pages éditoriales, mais quand même. – js

    • @vlad_drac
      Je suis content de voir que je ne suis pas le seul à trouver que de considérer Daniel Plainview comme un «méchant capitaliste» est exagéré. Effectivement, on peut admirer le personnage de se battre contre le faux prophète Eli, même si c’est davantage pour son profit personnel que pour le bien-être des villageois, tout comme on peut le détester pour sa façon de traiter son fils.

      En fait, c’est probablement la force principale de ce film, un de mes préférés de la décennie. On développe un certain attachement pour Plainview, même si on déplore plusieurs de ses comportements. Il me fait penser (un peu) à Michael Corleone.

    • Pretty Woman

    • @ phazon

      Les procapitalistes qui assument trop me feront toujours bien rire. Tu veux vivre ton trip capitaliste mon vieux? Va passer 10-12 mois à Détroit, et pas dans un bel hôtel! Plutôt dans les quartiers ouvriers dévastés, et vit à la manière de l’ouvrier américain moyen. Ensuite reviens nous parler de ce paradis capitaliste ;)

    • Mais alors quel est le “bon” cinéma?

      Si on critique le capitalisme, on fait une gigantesque catharsis au peuple pour qu’il se sente bien. Il continue de se faire avoir (interprétez ça comme vous voulez), mais au moins, il peut mieux le supporter.

      Si on le vante, on fait de la propagande de droite; on tente de véhiculer des idées aux gens à travers les médias pour être sûrs qu’il restent sur la “voie de Dieu” (ou une quelconque niaiserie).

      Si on se place de façon de neutre, ou si la politique ou le capitalisme ne sont tout simplement pas abordés, il manque une dimension politique au film.

      Quel est le juste équilibre?

    • Bon je me suis rendu à la fin de l’opinion de l’auteur Alex Tabarrok, c’est pas un journaliste du Wall Street Journal ? Mais un professeur d’économie à la George Mason University et directeur de la recherche pour The Independent Institute.

      http://www.independent.org/

      Tout s’explique. C’est un genre de IEDM ou The Fraser Institute mais américain ? Et je ne suis pas nécessairement d’accord avec sa définiton de capitaliste. Et pour Hollywood qu’incarne-t-on souvent ?

      Soit le AMERICAN DREAM et réussi soit pour ceux de l’autre camp une critique du RÊVE AMÉRICAIN.

      Non mais le cinéma américain et le capitalisme ? Bien sûr qu’il y a des réalisateurs critiques mais encore. Il oublie de nommer bien des gens de cette industrie et des légendes du passé.

      Tiens prenez WALT DISNEY à son époque. Et vous pouvez aussi prendre l’exemple de l’acteur décédé FESS PARKER, interprète de Davy Crockett et de Daniel Boone. Et il incarnait très bien le héros américain autant à l’écran que dans la vraie vie et avec ses entreprises qui ont très bien réussies.

      Il y a des bons capitalistes et des mauvais. Et c’est sûr que les histoires sont racontées par des artistes. Qui n’aiment pas se faire dicter une ligne de conduite. Liberté comme j’ai dit avant.

      Ou bien, il y a un scénario classique du jeune ou de la personne naïve à qui on donne une chance et qui se fait manipuler ou s’interroge… Mais qui ensuite peut venir se faire justice…

      Bien oui Gekko dans Wall Street mais que réussi à faire Bud Fox déjà ? Mais il y a aussi le scénario dans The Firm avec Tom Cruise. De critiquer, l’ambition démesurée et les pièges, est-ce nécessairement être anticapitaliste.

      Ou un autre film, une comédie Trading Places avec Eddie Murphy et Dan Aykroyd. Ils se servent quand même du système pour se faire justice contre les frères Duke.

      Et il y a des gens comme Warren Buffett qui ont déjà fait des critiques aussi. Il y a des capitalistes qui peuvent critiquer d’autres capitalistes cela n’en fait pas pour autant des socialistes ou des dangereux gauchistes…

      Et le cinéma aussi peut être là pour la fantaisie et le rêve… L’humour…

      Donc, pas complètement faux ce que dit monsieur Tabarrok mais de là à voir le cinéma américain et les réalisateurs d’Hollywood comme essentiellement anticapitalistes. Dans leur discours ? J’aimerais cela voir les photos de leur Manoir… Et ceux dans le Wall Street Journal que je voyais de plusieurs millions sont peut-être juste des niches à chien à côté de celles de certains acteurs ou réalisateurs d’ HOLLYWOOD. Tabarrok lui doit vivre dans une cabane d’oiseaux. Et moi une du dizième de la valeur de la sienne ? LOL

    • L’ouvrier américain moyen et le capitalisme ? Peut-être mais une des vertues du capitalisme est de devenir son propre patron pas d’être un employé et syndiqué par-dessus le marché et qui n’aime pas toujours son travail.

      Bien sûr que le réalisateur peut être de gauche. Ou pro-syndicats.

      Mais pour le capitalisme il faudrait aussi revenir à la base ce n’est pas du corporatisme et la loi sur la concurrence anti-trust cela en fait partie aussi. Certains exemples donnés ne sont pas des capitalistes seulement mais des tricheurs voir des bandits.

    • Un autre mais juste pour rire…

      C’est un prof d’économie à l’université ce Tabarrok ? Bien cela lui prendrait un capitaliste comme Thornton Melon (pas vraiment un modèle mais c’est lui le héros du film pareil ) dans Back to School pour aller lui botter le derrière comme il le fait au prof de finance dans ce film…

      http://www.imdb.com/title/tt0090685/plotsummary

      LOL

    • Excellent billet, M. Siroka. Merci bien!

    • @ phazon :

      “Évidemment, il faut noter que cette phase de déni dure dans le cas de certains toute une vie chez, ces mêmes gens se servant bien entendu de leur gros MacBook, écrasé dans leur salon devant leur téléviseur 50 pouces, pour continuer à cracher sur le dit Capitalisme, que ce soir sur Cyberpresse ou ailleurs!”

      Désolé, mais c’est à peu près aussi épais que de dire que les héros dans La Matrice sont dans le déni parce qu’ils se servent de ladite matrice pour arriver à leurs fins ! Et voilà. Contrairement à vous, j’ai au moins fait un lien avec le cinéma.

    • @phazon,

      Il est toujours bon de prendre bien soin de réfléchir sur ses propos avant de se lancer dans une diatribe enflammée sur les vertues du capitalisme et de la libre entreprise et de l’hypocrisie des “wannabe” socialistes. Sinon, aucune nuance, que du pur et dur et évidemment, la volée de bois vert qui s’ensuit. Remarquez que vous l’aurez demandé!!! :)

    • C’est sûr que le cinéma est thérapeutique. Comme l’était les jeux de Rome, et comme le soccer ou le football le sont maintenant. Je crois personnellement, monsieur Josef, que c’est le niveau d’instruction général qui fait la différence.

      Plus proche, à l’époque de la grande dépression, le capitalisme était géré par une bande de happy fews dont une majorité d’ignorants relatifs recevaient les dividendes quand ça allait pas si pire, ou les factures de leurs dirigeants quand ça allait trop bien et que leurs excès les mettaient dans le trou.

      Comme aujourd’hui finalement…

      … sauf que la masse maintenant est plus instruite; elle peut mettre des mots sur des choses qu’elle ne comprend toujours pas très bien, mais la grande différence est qu’elle accepte plus que la vie n’est plus un film tout en noir ou tout blanc, de bons versus les méchants, de bon cops bas cops. Depuis les années 70 surtout avec les GODFATHERS (des barons du crime organisé se chicanant pour des parts de marché mais amoureux fous de leur famille — donc pas si pire), DOG DAY AFTERNOON (un gay paumé mais sympa qui veut juste améliorer son sort et payer un sex change à son amant, en volant maladroitement une banque), etc… toujours sur le principe que le héro, bon ou moins bon, doit générer un capital de sympathie, sinon il n’y aura pas assez d’adhérents à sa cause (processus d’indentification) et ton film va être un flop au box office, tu n’en feras pas un deuxième (en tout cas pas à Hollywood et pour beaucoup moins cher). Parles en à David Lynch…

      Avant il y avait les Humphrey Bogart et les John Wayne où les camps et la morale étaient clairement définis. Puis il y a eu le Viet Nam que les américains ont perdu (ils ont perdu toutes leurs guerres depuis d’ailleurs). Depuis, la moralité dans la vraie vie en a pris pour son rhume même dans l’univers BD des Cameron, des Batman, Ironman ou de Stallone.

      Il m’apprêterait peu probable que WALL STREET 2 soit autant empreint de cette moralité à géométrie variable que le premier. il y a eu des excès et de grosses factures et maintenant ça prend des coupables (mêmes symboliques) à lyncher sur la place publique. La vindicte populaire et les politiciens hurlent pour un bain de sang. Le capitalisme, Hollywood et les mêmes sans doute qui ont occasionné tout ce bordel vont leur donner.

      Des créateurs, tel Kubrick, ont pu imposer une plus grande vision artistique et bénéficié de gros budgets par l’indépendance qu’il ont arraché à Hollywood. Kubrick, en en reprenant la réalisation de SPARTACUS — qui fut un succès, est passé à l’étage supérieur. N’eut été ce hit, il n’y aurait jamais eu de 2001, A SPACE ODYSSEY.

      Il y a eu DUNES qui s’est avéré un flop relatif pour les studios. Tout de même, Georges Lucas a proposé à David Lynch de tourner un film de la franchise STAR WAR. Lynch a décliné; il réalise ses films à petit budget en vidéo numérique maintenant. Comme auteur. Soderbergh donne un film à Hollywood et ensuite se paye un film plus personnel, etc…

      LE MÉPRIS (et la trame sonore) et son pendant américain BARTON FINK sont deux films magnifiques, mais tragiques: il n’y a pas d’avenir pour les scénaristes à Hollywood. Ce pays n’est pas fait pour les auteurs (Chigurh va devoir s’occuper de lui), ce pays embauche des scripteurs.

      Au final, le cinéma est avant tout une question de gros sous. Ce medium coûte CHER et il doit obligatoirement engrangé au box office. C’est une business qui embauche des artistes, JAMAIS le contraire. Il ne sera jamais ni à gauche, ni à droite, il va toujours être au fric, donc trendy…
      Pour les histoires subtiles, plus nuancées et près de la vie et des mécanismes de survie sociaux, il faut regarder du côté de la télé, avec THE WIRE, SIX FEET UNDER, PUSHER etc… ou du côté du festival de Sundance que l’on voit pour ainsi dire jamais sur les grand écrans.

    • @fruitloops

      ‘Puis il y a eu le Viet Nam que les américains ont perdu (ils ont perdu toutes leurs guerres depuis d’ailleurs)’

      Hors sujet mais ils ont quand même gagné la guerre froide… c’était la + importante à gagner. Ils aurait du en prendre leçon pour s’appercevoir que la seule qu’ils ont gagné c’Est sans tirer une seule balle mais bien avec le… capitalisme…

    • La réalité choque bien des gens, mais c’est très simple, on a 2 possibilitées….. capitalisme ou….. pauvreté.

      Un autre fait que les gens tente d’ignorer….. on ne nait pas tous égale, la nature est faite ainsi.

      Ca peux entrainer bien des discussions……mais ca ne changera pas ces faits.

    • fz600: Le capitalisme, ça n’a jamais été “Ouvre la bouche, la société te gavera 3 fois par jour”. Le capitalisme, c’est une chance pour tout le mode d’améliorer sa situation, moyennant certains efforts, là où un cubain de Cuba est bloqué dans son ghetto toute sa vie, à moins de risque sa vie pour entrer aux USA par la Floride

    • ralbol: C’est pas la capitalisme qui a mis Détroit sur la paille, ce sont des décennies et des décennies de mauvaise gestion des grandes compagnies automobiles, coulées entre autres par de mauvaise décisions d’affaire et un paroll impossible à soutenir (salaires, avantages sociaux, pensions, etc.)

      Un peu de bonne foi SVP

    • @ fredvincent

      Vous avez raison: ils ont perdu leurs guerres sur le plan militaire, mais pas sur le plan financier: ils ont produit pour 696 milliards de dollars d’armement en 2008, sans compter le chiffre d’affaire des joueurs privés associés du complexe militaro-industriel qui vendent à la planète toute entière.

      Ils ne sont pas très bons sur le terrain, mais dans les bilans financiers, ils sont durs à battre!

    • @Phazon
      Les mauvaises décisions d’affaire et les payroll impossibles à soutenir sont parties prenantes du système capitaliste. Le capitalisme, en particulier le libéralisme, c’est de laisser le marché être géré par des gens d’affaires qui tente de maximiser leurs profits. Ça a des bons et des mauvais côtés, mais les crises sont inhérentes au système capitaliste. Il y en a dans les pays communistes aussi, mais c’est un autre débat (déjà qu’on commence à s’éloigner du sujet principal). Un peu de bonne foi ne ferait effectivement pas de tort…

    • “What have the Romans ever done for us?” ;-)

    • Un autre point pour le capitalisme ou le libéralisme, le postulat de base en économie néo-classique est la souveraineté du consommateur. Ce que bien des gens couvrant l’économie semblent oublier aussi de même que des politiciens mais eux sont à la recherche des retombées politiques.

      Ce postulat de base là n’est pas toujours respecté mais c’est un des principes. Et le marché américain en est souvent une bonne illustration.

      Bien sûr, on peut préférer se définir comme citoyen avant d’être un consommateur et c’est mon cas aussi. Mais, on aime mieux choisir nous-même ce que l’on désire consommer.

    • M. Siroka, j’avancerais plutôt que la très grande majorité des films issus de la machine hollywoodienne supportent et diffusent systématiquement l’idéologie capitaliste. Il suffit d’observer la trajectoire type du protagoniste pour s’en apercevoir. En effet, le héros sera immanquablement récompensé ou puni à la fin selon qu’il ait ou non adhéré aux dogmes de l’éthique protestante, pierre d’assise du capitalisme américain. Les deux dogmes principaux sont le travail sans relâche et l’ascétisme.

      Tout héros devra intégrer ce code d’éthique pour obtenir récompense au fil d’arrivée. Les exemples pleuvent. Pensons simplement à Rocky Balboa dans Rocky III. Selon l’éthique protestante, il est lui-même le “méchant” au début du film parce qu’étant maintenant champion du monde, il commet l’erreur de s’asseoir sur ses lauriers, de profiter de son argent et des joies de la célébrité pendant que son rival, le menaçant Clubber Lang alias Mister T, s’entraîne sans relâche dans l’austérité absolue. Rocky sera d’ailleurs battu au milieu du film et devra ensuite, avec les bons conseils d’Apollo Creed, travailler sans relâche en se privant des plaisirs faciles de la vie. Victoire spectaculaire au final.

      La trajectoire, donc. Puisque nous, spectateurs, nous identifions au protagoniste (identification renforcée à coup de montage en reaction shot – voir Paul Warren) nous allons forcément suivre son parcours jusqu’aux termes du récit, intégrant partiellement au passage les valeurs et comportements qui ont contribué à son succès (ou à sa débâcle, selon le film). Une forme de dressage, une façon d’éduquer le public, comme on dresse un chien.

      Je réitère mon point, Hollywood est un vaste diffuseur de l’idéologie capitaliste américaine. Bien que le terme puisse paraître dépassé, on pourrait même parler d’une forme incisive et insidieuse de propagande.

    • C’est l’auteur sur le site du Wal Street Journal qui voit des socialistes partout. Et il me semble qu’en politique américaine, ce n’est pas la première fois qu’on critique Hollywood ou les artistes. Car ils votent plus pour le Parti Démocrate que pour le Parti Républicain.

      Mais de là à qualifier Holllywood et la majorité des artistes américains de socialistes ou anticapitalistes alors qu’ils sont en général une illustration du contraire. Et souvent même plusieurs films sont pro-capitalistes. C’est un leurre de qualifier Hollywood d’anticapitaliste. Soient par des gens comme ce prof qui doit être de l’école néoclassique et du marginalisme aussi mais qui dépasse son rôle d’économiste pour faire une forme de lobbying. Ou bien par les gens plus socialistes de pensée qui aiment bien s’identifier et se reconnaître. Hollywood l’est ? Pas tant que cela, pas tant que cela.

      Même plusieurs syndicats américains, ils ne sont pas réellement anticapitalistes parce qu’ils veulent négocier ou obtenir des avantages et leur part. En faveur, d’un système mixte, disons.

      Ou même des gens qui auraient des positions dites de gauche, cela n’en fait pas des anticapitalistes pour autant et peut-être même de meilleurs capitalistes que ce professeur théoricien et qui fait un genre de lobbying ou militantisme pour ses idées. C’est à l’Université qu’il les met en pratique ce capitaliste de pacotille ? LOL, c’est juste pour rire.

      C’est un peu le problème du système politique américain aujourd’hui, ainsi que des médias qui moussent leurs messages : tout est noir ou blanc, il n’y a pas de place aux nuances. Pour des gens comme phazon, le capitalisme c’est le paradis et le socialisme c’est l’enfer, Bush c’est un ange et Obama un démon, etc… – js

    • Le cinéma n’est qu’un divertissement. Rien de plus. Plusieurs bozo s’acharnent à faire croire aux singes moyens que le cinéma a des répercussions incommensurable sur la vie de l’être humain. Il n’en est rien. Si vous vous laissez influencer par le cinéma, vous êtes un suiveux. Vos voisins, amis, connaissances peuvent donc vous influencer tout autant. Si le cinéma vous influence, vous êtes faible, vous êtes une simple marionnette.
      La majorité des gens sont des marionnettes… allez vite vous acheter une Audi, un pepsi et suivez la mode… c’est primordiale!

    • @jmwhess

      Je crois que vous sous-estimez ici la force de persuasion du cinéma. Comment expliquez-vous alors les efforts colossaux consentis par les tenants de l’industrie hollywoodienne pour forcer la domination de leur cinéma sur les écrans européens dans le cadre du plan Marshall suite à la deuxième guerre mondiale?

      De leur propre aveu, il s’agissait d’une tentative d’endiguement de l’influence communiste soufflant de l’Est de l’Europe sur la partie occidentale du continent par une forte présence des films hollywoodiens sur tous les écrans, vantant les mérites de “l’american way of life”. Croyez-vous qu’ils sous-estimaient la force de persuasion de leur propres films? Vous croyez vraiment qu’ils se souciaient de “divertir” le public européen encore meurtri par les dures années de guerre?

    • Le capitalisme est mort depuis longtemps. La philosophie sous-jacente au capitalisme est l’atteinte du bonheur par l’enrichissement de tous.

      Maintenant, ce qu’on a, c’est du consumerism. Et la philosophie sous-jacente est devenue : l’atteinte du bonheur par l’enrichissement de certains au détriment des autres.

      Le consumerism, c’est le paradis des marketeux. Le cinema est un des outils évident avec tout le placement de produit qu’ils y font.

      @jmwhess
      On est pas mal plus marionnette qu’on voudrait l’être ou qu’on est conscient de l’être. C’est bien de penser le contraire comme vous faites, mais étudiez-vous plus profondément et vous verrez qu’il y a une influence. La majorité des gens ne sont pas capables de le faire. Ils préfèrent garder leur illusion de bonheur.

    • @ phazon

      Évidemment, quand on est un «croyant», rien de ce que prêche votre religion ne peut être mauvais et toutes les conséquences néfastes du culte ne proviennent que de causes étangères.

      La mauvaise gestion des multinationales de l’automobile, n’est évidemment pas inscrite dans le modèle capitaliste et n’est absolument pas une conséquence de la religion du «Free Market» et du «No Regulation» si chère aux grands prêtres de la foi.

      Noooon.

      Un jour, vous comprendrez que le Capitalisme est un parasite. Un parasite très efficace, je vous l’accorde, mais un parasite tout-de-même.

      Le parasite a maintenant tout pompé de son hôte, en Amérique du Nord et en Europe.

      Les marchés sont saturés, nous avons à peu près tous deux ou trois TV, 2 ou trois chars, deux ou trois DVDs, iPods, micro-ondes, et tout un tas de jolies bebelles.

      Y’a pu rien à bouffer pour le parasite. La carcasse est maintenant exsangue, vide de son pognon, et endettée jusqu’au trognon.

      Le parasite, pour survivre et continuer de pomper, s’est maintenant déplacé en Asie, vers un hôte bien dodu et juteux, la Chine.

      Là, il pourra allègrement pomper de nombreuses années, et si la planète survit, quand l’Asie sera à son tour vide de pognon et endettée au trognon, il s’envolera pour l’Afrique…

      Pendant ce temps, ici, notre système économique agité de ses derniers soubresauts, achève son agonie.

      Privé de son infrastructure manufacturière (le parasite l’a emmenée avec lui en Asie), et de son capital (la Chine et le Japon sont les plus gros prêteurs aux Américains et sans leur argent, les glorieux USA s’effouerrent comme un mauvais gâteau), on assiste en ce moment même à l’effondrement Américain et Européen de tout ce beau château de cartes économique.

      Alors priez mes biens chers frères, priez à l’autel bancaire et dans vos temples de la finance et regardez vos Goldman Sachs, Fannie Mae, Lehman Brothers, General Motors et tous vos fleurons (quand ça marche…) du Capitalisme Triomphant, regardez-les agoniser.

      Pour un être humain, on condamne l’acharnement thérapeutique sur de pauvres gens à l’agonie.

      Pour votre système Capitaliste, vous faites actuellement de l’acharnement économique en pompant des centaines de milliards $ de l’argent du pauvre monde, pour maintenir en vie un système qui ici, n’est plus viable.

      Un peu de bonne foi SVP.

      P.S. – Je ne suis d’aucune religion. Ni socialiste, ni capitaliste, ni anarchiste. Je suis réaliste.

    • Pour être plus pertinent au sujet, les cinéastes sont souvent (pas toujours…) des artistes.

      Au travers de l’histoire, les artistes, de par leur sensibilité, ont souvent été les annonciateurs de tendances, d’événements et de boulversements sociaux.

      Si le Capitalisme est vu par certains créateurs d’Hollywood comme le «méchant», peut-être devrions-nous être attentifs au message?

      Ou faire comme le peuple Allemand à la veille de l’ascension d’Hitler, et ne pas s’occuper des élucubrations des ces illuminés d’artistes…

      Notre choix.

    • @ralbol
      “Au travers de l’histoire, les artistes, de par leur sensibilité, ont souvent été les annonciateurs de tendances, d’événements et de boulversements sociaux.”

      Commentaire d’une incroyable lucidité. Très bien résumé la situation.

      @Phazon
      Les compagnies de chars se sont plantés parce que le système capitaliste les a laissé tout faire pour se planter. Ils ont mal géré pendant des décennies et ils ont survécu pareil. Maintenant que le système s’effrite et que la compétition les rattrape, la mauvaise gestion leur nuit finalement.

    • «Ou faire comme le peuple Allemand à la veille de l’ascension d’Hitler, et ne pas s’occuper des élucubrations des ces illuminés d’artistes…»

      À la recherche de points Godwin?

    • @ jay_jay

      Si vous lisez attentivement les propos du blogueur:

      “Il propose ensuite à Piccoli un contrat faustien pour réécrire le scénario du film de Lang (qui joue son propre rôle). Suite à quoi le réalisateur de Metropolis (1927) réplique : «Les Hitlériens disaient “revolver” au lieu de “carnet de chèques”».”

      …vous verrez que le point ne me sera pas attribué.

      Zut!

    • @ralbol

      Personnellement, je préfère le carnet de chèque au revolver.

    • Vous êtes drôle. Bloguons, mais en modération j’imagine :)

      C’est parce que vous être souvent hors sujet. Les digressions ça va, mais il faut au moins avoir un lien, ne serait-ce que ténu, avec le sujet proposé. – js

    • Ben, la tendance anti-capitaliste d’Hollywood ayant comme origine les opérations propagande de la CIA datant de l’après 2e guerre et l’agenda qui cherche à imposer une conformité “mondialiste” à la planète me semblait pertinent au billet ci-haut.

      Mais ok, j’essaierai de ne pas étendre trop large la prochaine fois.

    • C’est vrai que le capitaliste fait toujours un bon méchant dans les films. Disons que dans la hiérarchie des méchants il arrive pas loin derrière le Nazi.

      Par contre le nazi est dans une classe a part comme méchant. On ne veut même pas entendre son côté de l’histoire. Un nazi de film est toujours fondamentalement mauvais. Pas de ‘si’ ou de ‘mais’.

      A ce niveau-la le capitaliste est plus intéressant étant donné qu’il peut quand même avoir un côté humain, ou du moins des circonstances atténuantes pour expliquer sa méchanceté.

    • Au fond, c’est plus complexe. Il n’y que des histoires et la manière de les raconter. Si on entend parler un grand orateur, on risque d’être subjugué tout comme on l’est lorsqu’on assiste à un grand exploit sportif, ou une performance artistique émouvante. Ce sont des choses “simples”, mais qui ne nous laissent pas indifférents. Si on avait pu entendre un discours de Lénine, de Rosa Luxembourg et même de Mao dans leurs langues originales, on aurait peut-être été séduits.

      Le cinéma c’est la même chose: un réalisateur peut prendre pratiquement n’importe quel sujet (sauf peut-être la pédophilie ou l’esclavagisme), et nous “vendre” une idée. Les films de cow-boys nous montrent (ou nous montaient, car on en filme plus!) le génocide amérindien comme quelque chose de beau. Dancing with Wolves nous montre le contraire. Wall Street dénonce les excès du capitalisme, mais combien d’autres films le glorifient. La mafia est une organisation méprisable, mais les Sopranos nous dépeignent des caïds “humains”. Parfois les flics sont des héros, parfois ils sont corrompus.. Même chose pour les avocats, enseignants, militaires, etc.

      Il n’y a que des histoires et la manière de les raconter.

    • @glorieuse-révolution

      Je suis plutôt d’accord avec ton dernier message. C’est vrai que la réalité est beaucoup plus nuancée qu’au cinéma et qu’en bout de ligne ca dépend juste de la vision du réalisateur.

      D’ailleurs la plupart du temps le cinéma ne s’inspire pas de la réalité mais plutôt des stéréotypes qu’il a lui-même créés Exemple, la plupart des personnages de mafieux sont inspirés de Godfather. Dans la réalité les criminels ne sont pas des hommes d’honneurs sauf que dans la psyché populaire un mafiosi ca ressemble a Marlon Brando.

      D’ailleurs je m’étais déjà fait dire qu’a l’époque ou le Godfather était sorti les gars de la mafia étaient commencés a se comporter comme dans le film. Dans ce cas-ci c’est la mafia qui s’est inspirée du cinéma.

      Après Pulp Fiction on a eu toute une série de film qui mettait en vedette des tueurs a gage cool. Pour la plupart des gens un tueur a gage c’est quelqu’un avec des habits 3000$ qui dit des paroles de la bible avant de tuer sa cible.

      Pour Wall Street et bien certaines personnes considèrent le personnage de Gecko comme étant bon. J’ai déjà entendu Michael Douglas dire que pendant longtemps il se faisait aborder par des étudiants de MBA qui lui disaient des choses genre : ‘Gecko, you’re the man, greed is good’.

    • C’est ce qui fait dire à certaines personnes que Hollywood, c’est la propagande américaine. Parce-que les gens “imitent” les “modèles” qu’ils voient. Ce phénomène n’est pas qu’américain, il est universel. De manière plus extrême, aujourd’hui et avec le recul, on peut dire que les Allemands sous Hitler étaient fous. Mais si nous avions été à leur place, aurions nous eu la force de nous soustraire à ce lavage de cerveau collectif? On présente un “modèle” à suivre et l’humain avec son instinct grégaire suit. Le meilleur exemple? Pourquoi les gens fument-ils? Parce-que ça sent bon? Parce que c’est propre? Parce que ça rapporte de l’argent? Parce que c’est bon pour la santé, l’épiderme ou la libido? à toutes ces questions la réponse est non. Pourquoi fume-t-on? Pour se donner un look “artiste-intellectuel-sensuel” comme Gainsbourg, James Dean, et des centaines d’autres.
      Le plus drôle, c’est que lorsque Hollywood présente sa “propagande”, il y a des gens qui se raidissent et qui voient des conspirations partout. Ils “imitent” alors Noam Chomsky ou d’autres “intellectuels-plus-intelligents-que-la-moyenne-et-mieux-informés”. On n’y échappe pas…

    • Il faut tempérer l’analyse. Lorsqu’il est question d’entrepreneuriat, de créativité, du rêve américain, le capitalisme permet au potentiel humain de se réaliser (”Hudsucker”, “Pursuit of Happiness”, etc). Il permet au héros de toucher à son rêve.

      Par contre, c’est le capitalisme sauvage, l’entreprise qui pollue ou qui brise des vies, le braconnier ou le chasseur motivé par l’appât du gain, l’homme d’affaire corrompu, sont des “méchants” standards (”Avatar”, “Erin Brockovich”, etc).

      En quelque sorte, Hollywood oppose le “bon” capitaliste au “mauvais” capitaliste, immoral, et éduque le spectateur sur les dérives morales qui peuvent empoisonner le système. Hollywood défend donc une certaine vision du système et des valeurs qui lui sont attribuées.

    • Question hors sujet Josef: Est-ce que j’ai manqué ta critique ou ton analyse d’Inception? Je crois qu’on peut s’entendre que c’est le film de l’heure, qu’on aime ou pas….

      Non, pas d’analyse, c’est très rare que j’en fais. Peut-être un jour. -js

    • Moitié rapport au sujet, plus rapport au commentaire de scories à 18h29.

      Quand j’ai lu, j’ai pensé Costa-Gavras (j’ai du googler le titre du film), “Missing”. Parfait exemple du film qui, a cause d’un fin non résolue, maintient vivant le malaise.
      Quand le méchant (dans ce cas, les USA et un non nommé Pinnochet) gagne, maudit qu’on feel pas bien. La révolte, ou l’indignation, reste puissante.

      Comme plusieurs l’ont mentionnés, je trouve personnelement qu’on ne peut attacher l’étiquette anti-capitaliste au films hollywoodiens, pour 2 raisons.

      1- Se créant dans un système, même si on n’est pas d’accord, on ne peut que faire le film prenant compte des contraite du système. Peut-être la liberté de créer, même les films fait en coop sont représentatifs d’éléments pris à l’intérieur d’un système. “Rien ne se perd rien ne se cré.” Même l’imaginaire est conditionné par un système (qui soviétique, qui révolutionnaire, qui capitaliste) et par une “zone temporelle” (jamais les films DITS envirommentaux n’auraient pu être IMAGINÉS hors du contexte propre qui est le nôtre aujourd’hui, hier et demain).

      2- Dans ces films que le monsieur du WSJ donne comme exemple, ansi que dans ceux nommés ici même, on remarque que les bons sont ceux qui sont prudes, fidèles, austère, généreux (mais pas trop), … Enfin, qui feraient plaisir à Mr Adam Smith, qui était un grand utopiste.
      Les méchants sont ceux qui exagèrent leurs libertés individuelles et empiètent sur les pieds de leurs voisins. Ceux là sont les mauvais capitalistes, les “tares du système” que n’avaient pas prévues Smith. Ceux qui sont avares, jaloux, retords, ceux pour qui la fin justifient les moyens.

      (Le capitalisme est supposé être le meilleur moyen de créer ET REDISTRIBUER la richesse. Pas juste de la créer. On voit, ça marche pas fort. mais c’est pas la faute du capitalisme, c’estcelle des méchants qui profitent de l’utopie pour en prendre plus qu’ils ne le devraient, dit Hollywood)

      Je sais, j’invente rien, mais j’essaie de nuancer, ou de compléter avec une opinion, ce qui s’est auparavant dit.

    • Pourquoi les capitalistes seraient les méchants ultimes dans les films hollywoodiens? À mon sens, ce n’est pas à cause d’une réaction des scénaristes contre la machine hollywoodienne ni d’un quelconque réflexe de classe. Plutôt d’une cause cachée au cœur même de la psyché américaine. Pour le comprendre, il faut partir du fait que la plupart des scénarios américains procèdent de la pensée mythologique – ce qui explique entres autres qu’ils racontent toujours grosso modo la même histoire (le plus souvent, à l’insu même des scénaristes). À quoi sert un mythe? Selon Lévi-Strauss, « la pensée mythologique part de la prise de conscience d’une certaine opposition irréductible. L’objet d’un mythe est de trouver un procédé logique pour réduire l’opposition. » Et quelle est l’opposition “irréductible” de la culture américaine? Elle tient en une interrogation anxieuse : comment assurer le vivre-ensemble, comment faire une communauté d’un groupe d’individus qui se veulent individualistes ? L’idéologie fondamentale des États-Unis est l’individualisme libéral : un individu seul, libre, cherche à accumuler des richesses. C’est le rêve américain du self made man. Il a pour base religieuse l’éthique protestante – une dimension qui est, à nous consommateurs non américains de films américains, radicalement étrangère. Or, si le rêve américain de réussite a comme présupposé que chacun doit chercher égoïstement la richesse dans une compétition sans merci, il n’y a rien qui permet de distinguer le self made man du criminel (même Capone disait combattre le communisme…). Comment un individu égoïste, recherchant l’accumulation du capital, peut-il ressentir une solidarité (avec sa famille, sa communauté ou sa patrie)? Comment une société peut-elle exister sur un ciment si friable? La solution que les films martèlent invariablement c’est que l’individu doit, après une période d’individualisme égoïste, en remettre une partie à la société (comme disait Kennedy : ne demandez pas, etc). C’est ce qui explique que les milliardaires américains ont souvent redonné des fortunes colossales en mécénat ou don de charité (de Carnegie à Bill Gates aujourd’hui).

      L’un des clichés les plus tenaces sur le cinéma américain c’est qu’il s’agit de récits manichéens (le bon contre le méchant). En fait, c’est une structure triadique. Au milieu, le héros est celui qui opère la médiation (dont parle Lévi-Strauss) entre le Mal (résumé par les pulsions égoïstes) et le Bien (les valeurs morales de la communauté). Au début des films, le héros est pareil au méchant : il est égoïste, individualiste, un cow-boy solitaire (pensez à Hans Solo, égoïste comme Jabba the Hutt; à Luke Skywalker, impulsif comme Darth Vader). Un loner qui ne s’intéresse pas aux problèmes de la communauté. Or, il finira par choisir de ne pas être comme le méchant en s’imprégnant des valeurs communautaires pour prendre en main, seul, le destin de la famille ou de la communauté. Même s’ils ont les mêmes buts premiers, le héros et le méchant (un bandit, avec ou sans cravate) doivent se distinguer. Le premier doit in fine choisir la famille, la communauté ou le pays, même si la société n’a rien fait pour lui (il est vain d’attendre que la société trouve les solutions au bien-être commun, par des programmes sociaux par exemple; les solutions ne viennent jamais que des seuls individus; cf. Kennedy, etc.). Le méchant est précisément celui qui ne cherche que son seul profit en créant le désordre social; il a rarement des motivations politiques, par exemple. C’est l’immigrant ou le Noir dans le scénario républicain; c’est le mauvais patron capitaliste ou le politicien corrompu dans le scénario démocrate (les mandats Bush et la Crise expliquent que ce dernier est très répandu aujourd’hui).

      Si cette pensée mythologique permet à la société de secréter un ciment social, elle s’accompagne d’une formidable réduction. Alors que le héros est le Moi, le scénario américain oppose un Ça anarchique (les pulsions individuelles conçues comme la Mal) à un Surmoi puritain (les injonctions morales vues comme le Bien). Ce qui explique le puritanisme : le Désir est toujours du côté de la Pulsion de mort et du Désordre alors que la Loi est toujours du côté de la pulsion de vie et de l’Ordre sociale. C’est une réduction de la psyché humaine car le Désir est aussi du côté de la pulsion de vie (dans la sexualité, la rébellion politique, l’art, etc.) et la Loi et l’Ordre du côté de la Pulsion de Mort (pensons à l’Allemagne hitlérienne). S’il y a censure des mœurs, c’est qu’elle permet une sublimation dans le travail permettant l’accumulation des richesses; c’est surtout qu’elle permet d’opposer les pulsions libidinales aux valeurs communautaires. Le happy-end est ainsi nécessaire pour assurer la victoire des valeurs communautaires et le droit au bonheur inscrit dans les Lois.

    • @ fantôme-en-attente-de-béatification

      RE: L’un des clichés les plus tenaces sur le cinéma américain c’est qu’il s’agit de récits manichéens (le bon contre le méchant)…

      C’est voulu. Ils n’ont que deux heures en moyenne pour raconter une histoire. De plus s’ils devaient TOUT raconter, il n’y aurait qu’UN film et celui-ci ne finirait jamais. Ça ressemblerait à la vie… interminable (même au-delà de la mort semble-t-il).

      RE: Le happy-end est ainsi nécessaire pour assurer la victoire des valeurs communautaires et le droit au bonheur inscrit dans les Lois.

      … comme la bebelle-en-prime de la boîte de céréales.

    • La propagande capitaliste est éminnement plus subtile que la propagande des pays totalitaires. Elle aime donner l’illusion que tous les points de vue sont exprimés, mais par de subtils procédés, elle court-circuite un éventuel approfondissement de la pensée. Holywood est un grand outil de propagande mondiale. Y travailler, c’est un peu comme travailler pour le parti communiste; il faut suivre certaines règles, éviter certains sujets ou les noyer dans un happy-end où tout finit bien. La censure soviétique avec ses normes grossières pouvait être subtilement contournée par des réalisateurs de génie à l’aide de procédés artistiques obliques (voir Tarkovski). Ces moyens pourraient être utilisés à Holywood, mais l’obligation de générer des profits les en empêche bien souvent.

    • Scories, je ne suis pas d’accord. Cette glorification de la censure soviétique ne mène à rien, les studios hollywoodiens ont toujours été un endroit où il avait une grande liberté de création (moins ces dernières années où les bons éléments sont partis à la télévision). Les cinéastes peuvent dire à peu près ce qu’ils veulent s’ils respectent le mythe de base (certains arrivent même à le remettre en question et imposer leur propre thème: Hitchcock, Scorsese, Tarentino, etc.). Un film aussi créatif que Inception relève absolument du mythe américain ci-dessus décrit. Beaucoup de grands films américains d’auteurs le respectent à la lettre. Ce n’est pas de la propagande: c’est un élément ancré profondément dans la culture américaine, assurant la cohésion sociale et l’intégration des nombreux immigrants dans le melting pot. Un peu comme nous nous racontons toujours des histoires de losers magnifiques.

    • “fantôme-en-attente-de-béatification”

      ‘ est bonne!

    • u_g: “Cette glorification de la censure soviétique ne mène à rien”
      Je ne la glorifie pas du tout. Mais comme elle n’existe plus, je ne vois pas pourquoi j’aurais à la dénoncer. D’ailleurs, c’est une tendance fortement pernicieuse (et bien Holywoodienne) que de critiquer toutes les formes de propagande du passé, comme si tout ça n’était qu’un mauvais souvenir. Ceci dit, je préfère nettement vivre dans un sytème où l’endoctrinement ne se fait pas par la force. Je disais juste que les dommages collatéraux sont différents selon les systèmes. Bien sur, chaque film holywoodien produit n’est pas en soi de la propagande. Reste que les accords internationnaux imposent à la plupart des pays de présenter sur leur sol un important quota de films américains. Et c’est bien plus qu’une simple question d’argent. Tu peux regarder des reportages sur le sujet, c’est très bien documenté.

      Ceci dit, certains cinéastes jouissent effectivement d’une intéressante liberté – on la leur donne quand on estime que ça va rapporter de l’argent – mais si ils restent dans un certain cadre (dont Gavras ne ferait sans doûte pas partie), ils n’auront sans doûte aucune censure. D’ailleurs Nolan, Tarentino et Hitchcock font du divertissement. Ça n’enlève rien à leurs qualités artistiques, mais ce ne sera toujours que du divertissement.

    • Cette opposition arts sérieux/divertissement ne résistent pas à l’analyse. Elle est très populaire chez les réacs (Allan Bloom, Jean Larose, Denys Arcand, etc.) qui croient à une décadence de notre culture. Cette opposition vient de Platon qui considérait, rappelons-le, tout art comme du divertissement sans intérêt (la philosophie et mathématique étant les deux occupations qui en vaudraient la peine). Elle a accentué l’idée que tout art populaire, la comédie, les arts mass-médiatiques, n’en étaient pas. Or, c’est le regard que l’on porte sur les choses qui en font des objets dignes d’attention ou non (on peut se divertir aussi bien en lisant Proust qu’être très sérieux en regardant un blockbuster).

      Ne pas oublier que c’est récemment que la lecture de roman fut considérée comme une activité “sérieuse” (elle était interdite aux jeunes filles de bonne famille comme divertissement dangereux, ce qui n’est pas faux…).

      Dire que les films hoLLywoodiens sont de la propagande, c’est dire que tous les films sont de la propagande – ça ne mène pas très loin.

    • J’aime bien ton analyse ghost de la psyché américaine…

      Pour ce qui est de l’opposition entre arts sérieux/divertissement ? Il faut être prudent, certes mais on peut appeler dans une comparaison plus simple. La restauration qui n’a pas les mêmes vocations dans le junk food que la gastronomie. Mais oui, mais oui, on peut s’intéresser de manière intellectuelle et sociale à tous les types de restaurant.

      Pour l’Art ? Disons que je préfère Nietzsche à Platon alors…

      http://www.lettres-et-arts.net/arts/70-l_art_comme_modele_pour_la_philosophie_nietzsche

      Et on revient souvent au fameux ”Ainsi parlait Zarathoustra ”.

    • Re u_g :

      Pourtant, je trouve que les films de Denys Arcand sont plutôt divertissants! :)

      Pas facile d’aborder le sujet sans se faire prendre pour un élitiste. Je n’oppose pas grand art et divertissement. Je dis simplement que s’il n’y a pas le facteur divertissement (avec ou sans valeur artistique), Holywood va dire ‘no thanks’. Pourrais-on seulement imaginer un film comme ‘L’Éternité et un Jour’ ou La Promesse (Dardenne) produit par la MGM?

      Prend Wag the Dog. C’est un sujet très grave traité et controversé qui est ici traité avec humour. Ce n’est pas un problème en soi, mais à la fin du film, on sort en riant.. un peu jaune, mais bon, en riant quand même. Puis le problème est inversé; on invente une guerre pour cacher un scandale sexuel alors que normalement, c’est l’inverse qui se produit (généralement, on cache l’horreur).

      Même les films de Woody Allen restent du divertissement (il est un très bon humoriste). Et je me demande bien pourquoi le seul intellectuel qu’Hollywood me présente est-il laid, faible, chétif et névrosé? Ce qu’on décide de présenter est assez révélateur.

      À bien y penser, le terme propagande ne convient pas trop à Holywood. Il faudrait plutôt parler de contrôle du contenu. Mais au bout du compte, le résultat est le même.

      Comme un peu tout le monde, j’ai besoin d’être diverti. Mais pour ce qui est de mes besoins intellectuels, je ne compte pas sur cette machine biaisée qu’est Holywood. Et lorsqu’elle présente des sujets à caractère sociaux, elle court-circuite souvent la réflexion par différents procédés bien à elle. Et nous savons bien que le cinéma PEUT être autre chose que du rêve et du divertissement.

    • (suite : pour unholy-ghost) Ceci dit, je trouve ta longue argumentation du 9 août (2h25) fort bien étoffée. Il y a tant de dimensions complexement antagonistes à la psyché américaine, qu’il faut faire attentions aux analyses superficielles. Mais en ce qui me concerne, je préfère regarder le moins possible de films infestées de leurs obsessions malsaines. Et je trouve dommage que ce soit ce modèle séduisant certes (mais où la plupart des terriens ne se reconaissent pas) qui soit importé sur toute la planète. I am not an American.

    • … but I am not anti-American neither!

      Juste pour une représentation plus saines des variétés de cultures, des sujets abordés et des opinions.

    • Je n’ai pas la même définition de réacs que Ghost… Pour moi le réactionnaire réagit et violemment…

      Il ne fait pas juste un constat vrai ou faux tout en se moquant. Un réactionnaire ? C’est plutôt quelqu’un qui s’oppose aux changements sociaux. Comme l’Église du temps qui voyait le péché chez Elvis Presley ou bien qui dénonçait un Hugues Hefner. C’est plus des bigots ?

      Un conservateur ou un traditionnaliste n’est pas nécessairement un réactionnaire pour moi. Un réactionnaire ? Il serait plus homophobe, contre les droits des femmes, limite raciste…

      Ce que n’est évidemment pas un Denys Arcand.

    • Je regarde le Petit Robert et extrait : ” idées contre le progrès social et l’évolution des moeurs.”

      Et je regarde aussi les termes contraires. Écoutez, c’est une question de degré mais je qualifierais pas de réactionnaire plusieurs choses. Je dirais peut-être pas très novateur, ni original, plutôt convenues comme idées, pas très révolutionnaire. Mais c’est pas réactionnaire. Je vais peut-être trop dans la définition extrême de ce terme plus vers la dite droite.

      C’est une question de point de vue de l’auteur ou de vos opinions politiques. Même la classissisme et la musique trad aux yeux de certains est réactionnaire ? Pas du tout aux miens.

      C’est comme une pièce de monnaie, il y a deux côtés et du bon à tirer de chacun. Autant dans la tradition que dans le renouveau.

    • Denys Arcand est réac, c’est une évidence. Surtout depuis 1980. Et je peux te sortir des textes d’Arcand qui te feront réviser tes jugements.

    • Simple question (je n’utilise jamais ce terme): Qualifiez-vous de réactionnaire ceux qui critiquent durement la socitété, en utilisant parfois des valeurs morales qui florissaient dans le passé?

    • C’est peut-être ma définition d’être réac… Je dirais plus qui alors comme quelqu’un de réactionnaire ? Gilles Proulx comme animateur de radio ressemblait bien à un ou une caricature du réactionnaire…

      Bon mais il intellectualisait pas vraiment. Et un réactionnaire ne serait-il pas plutôt anti-intellectuel quoique pour exprimer des idées mêmes réactionnaires, il faut être un peu intellectuel ou penseur.

      C’est moi qui peut me tromper, mais un réactionnaire, en général ce me pue au nez… Alors que quelqu’un qui serait juste convenu ou nostalgique ou mauvais critique ? Je le trouverais plus plate et manquant d’envergure.

      Si j’aime pas un mot ou le trouve exagéré pour la personne… J’ai peut-être de bonnes raisons de le penser mais je peux être dans l’erreur. Et même que je trouverais un autre qualificatif plus approprié, cela ne veut pas dire que la pensée ou le cinéma d’untel ne sont pas criticables…

      Je peux avoir mal saisi le qualificatif ou la pensée d’une personne.

    • Dans le Déclin de l’Empire Américain ? Est-il réactionnaire ou pessimiste dans sa vision ? Ou encore réaliste ?

      Et on peu mal interpréter mais c’est jon8 qui disait qu’il faut laisser l’interprétation libre au spectateur en fonction de ses schèmes à lui ? En citant Stanley Kubrick ?

      Pour la pensée réactionnaire d’ici ? On pense à des noms comme Adrien Arcand, c’est à cela qu’on associe ce qualificatif aussi. Alors c’est pour cela qu’on peut ne pas aimer le voir associer à d’autres mais, je peux être dans l’erreur. Cela m’arrive souvent…

    • Est réactionnaire quelqu’un qui rejette en bloc le présent au nom d’une nostalgie (”c’était mieux avant”) d’un passé glorifié. Rejette les nouvelles technologies et tout ce qui est nouveau, se dit que la jeunesse fout le camp, se plaint que la “grande” culture est supplantée par la culture de masse et voit des signes du déclin partout en se réfugiant dans une nostalgie fétichiste de ses premiers frissons artistiques, incapable de penser adéquatement le présent.

    • Le Québec est le paradis du réac. C’est comme cela depuis 1534.

    • Ok, ce pourrait être quelq’un qui commence toujours ses phrases par: C’est rendu qu’aujourd’hui, le monde…”

      Je retiens donc le mot ‘en bloc’, parce que si voir des signes de déclin signifie être réac, j’en fait partie!! Toute nouveauté comporte son lot d’effets secondaires positifs ET négatifs.

    • “C’est comme ça depuis 1534″ ! Excellent !

    • “C’est comme ça depuis 1534?
      C’est pas un slogan de bière, ça?

    • Ce que tu définis comme un réac alors Ghost, je trouve que cela ressemble plus à une mentalité de ”vieux”. Et qui n’a pas nécessairement à voir avec l’âge physique. Une certaine rigidité et fermeture ou encore pour des gens peut-être comme Denys Arcand un legs des Jésuites.

      Cela ressemble plus à de la résistance aux changements et être ancré dans ses vieilles pantoufles. Du moins, c’est ce qui me vient à l’esprit… Quelqu’un d’une génération précédente qui est peut-être moins dans le vent et qui se plaint…

      Un grincheux n’est pas obligatoirement un réactionnaire…

      Mais Denys Arcand ? Peut-être un nostalgique… Et un peu jésuite… Et un humour un peu beaucoup caricatural, ce qu’on voit pas mal dans le cinéma d’ici.

    • Lecteur, il y a des vieux qui ne sont pas réacs et des jeunes, si.

      Boris Vian disait un truc très juste: Les gens qui disent que c’était mieux avant, c’est surtout eux qui étaient mieux avant.

      Les invasions barbares est un monument réac de droite.

    • “C’est pas un slogan de bière, ça?”

      Le Québec, le pays clair au passé obscur…

    • Une Stout Blanche quoi!

    • Oui, la stout blanche d’Amérique…

    • …mêmes réactions depuis 1534.

    • C’est pas l’Amère à boire, finalement…

      http://www.amereaboire.com/index.php?page=nos-bieres&hl=fr_FR&start=10

      Je préfère une Stout Impériale ou bien une Cosaque…

      J’ai un penchant pour les bières dites fortes et de couleur foncée…

      Une Maudite bue ce weekend bon mais c’est pas très cinoche.

    • Et il y a des bières réactionnaires ?

    • Ça digresse…

    • Au fait, je me suis récemment tapé les documentaires sur l’Histoire populaire du Québec de Lacoursière et en gros, on mentionne que les premiers colons étaient pour la plupart des gens ouverts et peu liés au traditions de l’ancien continent. Ce serait avec les invasions anglaises et la forte contre-réaction cléricale que le réactionnisme québécois aurait vraiment pris son envol, vers le début du XVIIè siècle.

    • pardon.. XVIIIè – 18ème siècle.

    • Je suis sûr que Donnacona trouvait que c’était avant l’arrivée des Français…

    • les hurons ??? :)

    • Donnacona était le chef des Iroquoiens du St-Laurent de Canada (la région de Québec). Rien à voir avec les Hurons (leurs ennemis) ni avec les Iroquois (autres ennemis). Il faudra d’ailleurs leur donner un autre nom pour que les gens arrêtent de confondre.

    • c’était mieux* avant l’arrivée des Français

    • Ok, je comprend ‘mieux’.

    • Les USA comme paragon de l’invdividualisme, c’est un peu court.

      E pluribus unum… We the people… Le melting pot… Il y a aux USA une cohésion sociale et une conscience métanationale qu’on ne trouve même pas au Canada, et encore moins au Québec.

      Le paradoxe du capitalisme, c’est qu’il faut une cohésion sociale pour le sous-tendre. L’individualisme pur et dur sans structure, ça donne la Somalie.

    • Qu’entend-on par “métanational”? Ce qui n’est pas national, tout simplement, ou est-ce un concept politique plus subtil?

    • Boulga, on dit la même chose. C’est le paradoxe américain: beaucoup d’individualisme et un sens de la communauté pour compenser. C’est précisément de cela dont parlent les films américains, sauf exceptions.

    • @rafc

      Le concept ‘métanational’ renvoie aux identifiants ‘nationaux’ mais pas nécessairement associés au bestiaire patriotique type : drapeau, hymne, héros et artistes ‘nationaux’, victoires militaires, etc.

      Le fait de ploguer une guitare électrique, par exemple. C’est fondamentalement ‘américain’ même si c’est assez évanescent. Mais un Américain, noir, blanc, mauve, s’y identifiera, et sera fier de cet apport à la culture universelle.

    • J’imagine que le CH entre dans le bestière patriotique type. La grandeur du bassin de population facilite donc l’atteinte d’une richesse métanationale.

      Merci mikhail.

    • «C’est le paradoxe américain: beaucoup d’individualisme et un sens de la communauté pour compenser.»

      On en revient à THERE WILL BE BLOOD: si l’individualisme américain prend sa source dans le capitalisme, c’est dans la culture protestante que se nourrit son esprit communautaire.

    • Ghost, je suis d’accord avec toi pour dire que le réactionnaire est «incapable de penser adéquatement le présent» parce que sa nostalgie procède d’une mémoire sélective. Souvent s’appuie-t-il en effet sur le pire du présent pour glorifier le meilleur du passé.

      Ceci dit, l’inverse est tout aussi absurde. Faire table rase du passé pour plonger sans recul dans la modernité peut en effet tenir de l’enfermement idéologique. Je crois par exemple qu’on peut légitimement penser que le cinéma ou la pop mainstream des années 60 étaient supérieurs à ceux d’aujourd’hui sans passer pour autant pour un vieux barbon… Et quand on observe les gouvernements Charest, est-ce vraiment réactionnaire de s’ennuyer des années Lévesque? Faut-il avoir honte de verser une larme sur ce que sont devenus nos systèmes de santé et d’éducation? Les exemples pourraient se multiplier…

      Le vrai problème de ce débat réaction/modernité, c’est celui des oeillères…

    • “On en revient à THERE WILL BE BLOOD: si l’individualisme américain prend sa source dans le capitalisme, c’est dans la culture protestante que se nourrit son esprit communautaire.”

      Je ne suis pas certain. Moi par exemple je suis profondément individualiste mais pas du tout capitaliste. L’individualisme c’est l’idée ne pas laisser autrui décider des critères d’une “bonne vie”. Le capitalisme c’est justement de considérer l’accumulation de richesses comme le critère premier d’une bonne vie, ce qui est un peu fou quand on y pense. Idéologiquement, le capitalisme n’existait pas au moyen-âge et c’est l’éthique protestante qui l’a mis en place – en gros.

      Sinon, les choses sont cycliques. Certains trucs s’améliorent, d’autres se détériorent. De penser que TOUT va de pire en pire, ou de mieux en mieux, tient de l’aveuglement. La job d’un intellectuel n’est pas, à mon avis, de jouer au Cassandre, mais de préserver ce qui est fort du passé tout en discernant ce qui fait l’intérêt du présent – les voies de l’à-venir.

    • «Certains trucs s’améliorent, d’autres se détériorent.»

      Là-dessus, on s’entend.

      Quant à ta définition du capitalisme, je ne suis pas sûr de pouvoir te suivre. J’ai l’impression que tu confonds un peu le capitalisme avec une certaine morale bourgeoise. Tu dis que le capitalisme envisage «l’accumulation de richesses comme le critère premier d’une bonne vie». Ce n’est certes pas faux, mais je pourrais te répondre aussi que le capitalisme repose essentiellement sur la concurrence et la propriété privée qui sont par ailleurs les deux principales mamelles de l’individualisme contemporain. Ce qui n’empêche pas, bien sûr, qu’on puisse, comme toi, être «individualiste mais pas du tout capitaliste», il y d’autres causes de l’individualisme que l’économie de marché!

      Sinon, mon commentaire sur TWBB était un peu schématique, c’est vrai, mais aussi fidèle, il me semble, au propos du film. Non?

    • Oui, l’esprit communautaire vient du protestantisme. Comme le capitalisme américain. Quant à l’individualisme, je le vois davantage comme une conséquence de la montée du sujet depuis le moyen-âge: intériorité, cogito, sécularisation, déterritorialisation urbaine, etc.

    • «Quant à l’individualisme, je le vois davantage comme une conséquence de la montée du sujet depuis le moyen-âge: intériorité, cogito, sécularisation, déterritorialisation urbaine, etc.»

      Oui, oui, tout vient de là, bien sûr, y compris le protestantisme et le capitalisme. Sans cette affirmation du sujet, pas de Réforme au XVIe siècle et pas d’économie de marché non plus.

      Il était précisément question de tout ça dans un papier sur Jacques Le Goff dans le Nouvel Obs de la semaine dernière! Tu l’as lu?

    • Oui, et l’interview de Taylor dans le hors-série sur le romantisme.

    • @ phazon :

      Quand tu dis que les anti capitaliste profite bien de ce que le système leur offre, jvoudrais juste revenir sur une chose… Déjà qu’est-ce que le capitalisme nous offre? 3 repas par jour? au moyen âge je pouvais très bien avoir 3 repas par jour, sauf que j’aurais certainement travaillé 2 fois moins… donc quoi d’autre? la télé? je la regarde pas… internet, je suis ok je profite d’internet! sinon oui je profite du transport en commun… Donc sous prétexte que je profite de certaines chose dans cette société j’ai pas le droit de remettre en cause son fonctionnement?!

      on est née dans ce capitalisme on est obliger de profité de ce qu’il nous offre, vu qu’a contrario il nous prend beaucoup de chose! A ce compte la tout les gens qui ont critiqué des mode de fonctionnement sociale et qui ont révolutionné ou fait des avancé significative dans le droit commun etc, on devrai leur reprocher d’avoir profité d’un four micro onde?

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