Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mardi 3 août 2010 | Mise en ligne à 13h00 | Commenter Commentaires (81)

    La citation du jour

    <i>Cooking with Stella</i> (2009) de Dilip Mehta.

    Cooking with Stella (2009) de Dilip Mehta.

    Il a mille fois raison. Je ne comprends pas que notre industrie cinématographique, à l’exemple de la fonction publique, ne se soit pas donné des règles pour corriger cela, règles qu’on pourrait appeler «de représentation positive». Pour être financé, tout film québécois devrait obligatoirement compter dans sa distribution un juif, cinq Haïtiens, deux Pakistanais, deux Indiens des Indes, un Bulgare, trois Libanais, un Iranien, un Russe et un Indien de chez nous, tous en costume national.

    - Pierre Foglia, qui ajoute son grain de sel à l’affaire Jacob Tierney.

    La réplique sarcastique soulève ici une question pertinente, qui n’a jamais vraiment été considérée par le jeune cinéaste montréalais en manque de diversité : si l’on déplore que le cinéma québécois ne reflète pas suffisamment une certaine réalité multiculturelle, quelle serait alors la solution pour palier ce «problème»?

    Pour être franc, je ne vois pas autre chose que l’implantation d’une société gouvernementale de type Politburo recherchant des artistes propagandistes et des projets politiquement convenables dans la veine de Cooking with Stella. «Une merde, mais une merde! Qui a bien évidemment enchanté le Canada anglais, où faire des films de merde n’est pas si grave pour autant qu’ils soient multiculturels», de conclure M. Foglia.


    • Bof Foglia prend le chemin facile et malhonnête d’aller à l’extrême et faire semblant de ne pas comprendre. On ne demande pas au cinéma Québecois d’être comme la fonction publique, Tierney fait seulement une observation juste par rapport au fait que le cinéma Québecois est plus blanc que blanc.

      Il me semble que c’est normal de se demander pourquoi autant de cinéastes Québecois ne sont pas conscients qu’il n’y a pas que des “pure laines” en société. Leurs oeuvres représentent leur vision de la société ou de ce qu’ils aimeraient qu’elles soit, et c’est un peu décevant dans ce contexte (multiculturalisme).

      On a beau dire “pourquoi ne font-ils pas leurs films eux-même?”, mais déjà que les immigrants ont de la misère à se trouver un emploi au Québec, ce n’est pas dans le milieu artistique que les bourses vont se délier pour financer “un film de noir” our autres ethnies.

    • Il faudrait envoyer cet article à Spike Lee. Évidemment, il dirait que le cinéma québéçois manque de noirs. Spécialement les films tournés en Abitibi. Après tout, c’est bien connu que la brigade de soldats noirs à Iwo Jima étaient très visibles parmi les 80 000 soldats américains. Alors en Abitibi, c’est simple: ratio 1 pour 1!

    • Foglia échappe la balle sur celle là.

      Jacob Tierney n’a fait qu’émettre son opinion à partir de ses propres observations. Rien de plus rien de moins.

      Mais comme le réflexe du Québécois moyen, terrorisé à la vue de perdre son identité, est de grimper au rideau aussitôt que ça ne va pas dans son sens, ça donne des réactions comme ça.

      J’avais commencé un texte là dessus sur mon blogue, en réaction au ”Aveuglement Volontaire” de Marc Cassivi.

      Pis, soudainement, je me suis dis ”ah d’la m****, a quoi bon”..

      Le cinéma a-t-il comme mission de refléter la réalité démographique d’un temps et d’un lieu ou plutôt la vision propre au cinéaste? – js

    • Mais est-ce que ce ne serait pas à ces représentants d’une certaine réalité multiculturelle à faire des films qui les représentent ?

    • @jon8 et @johnrice

      que de mauvaise foi…

      «Tierney fait seulement une observation juste par rapport au fait que le cinéma Québecois est plus blanc que blanc»

      «Jacob Tierney n’a fait qu’émettre son opinion à partir de ses propres observations. Rien de plus rien de moins.»

      Tout cela est bien creux et démontre encore une fois comment l’ignorance fait jacasser inutilement :

      La Cité (Kim Nguyen)
      Un Cargo pour l’Afrique (Roger Cantin)
      Le Bonheur de Pierre (Robert Ménard)
      Les Doigts Croches (Ken Scott)
      Le Piège Américain (Charles Binamé)
      Congorama (Philippe Falardeau)
      Bon Cop, Bad Cop (Éric Canuel)
      J’ai serré la main du diable (Roger Spottiswoode)
      Un dimanche à Kigali (Robert Favreau)
      Les États-Unis d’Albert (André Forcier)
      Littoral (Wajdi Mouamad)
      Le Goût des jeunes filles (John L’Écuyer)
      Mambo Italiano (Émile Gaudreault)
      Le Nèg’ (Robert Morin)
      Le Violon Rouge (François Girard)
      Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer (Jacques W. Benoît)

      Pour un cinéma ethnocentrique, on repassera…

    • quel avantage aurait-on de faire des films “multiculturels” autrement que pour calmer une attente créer de toute pièce par probablement le seul cinéaste “anglophone” à voir des films québécois. le Québec veut se voir sur l’écran, hors le Québec qui va se voir sur l’écran est le Québec blanc-francophone. POINT. le jour ou les anglophones et les immigrants iront voir les films d’ici dans une proportion un peu plus élevé que disons 2%, on pourrait peut-être considérer qu’ils ont eux aussi le droit de se voir sur l’écran (qui “by the way” n’est que le prolongement des récits folkloriques d’antan, pour entrer dans le folklore culturel d’un pays, ça prend un peu plus que dix ans de séjour et un français moyen, ça prend des générations! parlez-en au afro-américain!). mais maintenant, les anglophones qui vont voir des films québécois sont une poigné de hipsters du mile-end qui vont voir le dernier xavier dolan ou le dernier denis côté. et les immigrants, faut pas se leurrer, vont voir hollywood all the way, comme tout le monde!
      [je généralise pour énoncer un point de vue]

    • “Le cinéma a-t-il comme mission de refléter la réalité démographique d’un temps et d’un lieu ou plutôt la vision propre au cinéaste?”

      ça me rappelle “à tout prendre” de jutra où il mettait en scène une très séduisante noire avec qui il flirtait allégrement. était-ce pour refléter une certaine démographie québécoise? ou la future démographie québécoise? ou simplement un penchant pour l’exotisme sexuelle de la jeune femme? c’était en 1964…

    • C’est un peu le problème de l’oeuf ou la poule: est-ce qu’il y a peu de multiculturalisme dans les films québécois (si cette affirmation est vraie, ce dont je ne suis pas convaincue) parce que les anglophones ou descendants d’immigrants récents ne vont pas voir les films québécois ou est-ce que ces gens ne vont pas voir les films québécois parce qu’ils ne s’y retrouvent pas ?

    • Le problème ici est que Tierney critique une composante qui n’a strictement rien à voir avec l’art du cinéma. Qu’un film illustre «faussement» la réalité démographique, mais aussi sociale, économique, environnementale, religieuse, sanitaire, etc. d’un temps et d’un lieu ne sont aucunement des facteurs valables pour juger de la qualité artistique d’un film. Et c’est tout ce qui compte. Du moins, quand on parle cinéma. Le reste, c’est de la politique.

    • @ jozef

      évidemment ce n’est que de la politique, tierney fait référence à “l’industrie” du cinéma et non à l’art. j’aimerais tant que chaque film produit traduise une légitime vision artistique! mais le débat actuel concerne plus le grand domaine des médias de communication de masse plutôt que le septième art.

    • La réalité multiethnique du Québec sera présente à l’écran le jour où on engagera un comédien “ethnique” pour jouer un rôle qui n’a rien à voir avec son ethnicité. Le problème c’est que, à part de quelques bons jeunes comédiens “noirs”, il y a très peu de comédiens issus des communautés “non de souche” qui peuvent jouer et satisfaire les exigences de l’industrie… Ne se plaint-on pas qu’on voit toujours les mêmes visages, même de souche?

      Faites l’exercice. Vous êtes en casting… Nommez moi 10 comédiens typés ‘ethnique”qui peuvent tenir un premier rôle…

    • @ Micheallachance:

      Un Cargo pour l’Afrique ?
      Il y a juste Afrique dans le nom, tout le reste est blanc, sauf qu’il y a un singe. ooouuuhhh.

      Le Bonheur de Pierre ?
      C’est l’histoire de maudits français (qui d’autre?) qui viennent (nous voler nos jobs) s’émerveiller de la traite des fourrures et de la cabane au Canada, et que tout le monde veut évincer. Xénophobie.

      Les Doigts Croches?
      Les Québécois sortent de chez eux à cause de l’histoire, et font Compostelle accompagnés de l’Italien de service, et j’ai nommé Paolo Noël.

      Littoral ?
      Le personnage principal, qui s’appelle Wahab, est joué par Steve Laplante. David Boutin = Sabbé. Et Gilles Renaud et Estelle Clareton comme parents de Wahab? Vous trouvez ça crédible, vous? En plus des faux accents qui irritent l’oreille tout au long du film. Pas pu le finir tellement ça m’agaçait.

      J’ai serré la main du diable?
      Se passe au Rwanda, alors forcément il y a quelques noirs. Ça aurait été le “boutte”, comme on dit.

      Le Goût des jeunes filles ?
      Voir ci-dessus.

      Mambo Italiano ?
      Come on. Sophie Lorrain, Ginette Reno et Pierrette Robitaille en Italiennes ? Où étaient donc Marina Orsini et Soeur Angèle ?

      Le Nèg’ ?
      Une histoire d’acceptation et de fraternité humaine, Hérouxville-style. Au moins ils ont engagé un noir pour le jouer. (Malgré le tollé que le titre du film a causé et l’indifférence crasse des producteurs à le changer “on fait notre film sur les relations inter-ethnies mais on se fout du mal que le titre peut causer)

      Le Violon Rouge ?
      Quel rapport ? Le violon fait le tour du monde, il y a des limites aux façons de maquiller Michel Côté. C’est un contre-exemple.

      Cette liste de films que vous proposez a été copiée et collée à partir d’un autre blogue (voir liens ci-bas), la réponse que je vous offre aussi d’ailleur. C’est de la mauvaise fois que de présenter une liste “de service” et de l’utiliser comme bouclier et prétendre, au travers de celle-ci, une quelconque ouverture. Ça ne fait qu’ajouter du poids au commentaire de Tierney.

      http://blogues.cyberpresse.ca/laporte/2010/07/06/a-la-defense-du-cinema-quebecois/

      voir entrée 9h57 de patrickbachand et réponse 10h37 de monsieurfred

    • Tierney a raison, c’est vrai que le cinéma Québécois est trop blanc et qu’il ne représente pas toutes les réalités du Québec.

      Par contre Foglia a également raison. Ce serait ridicule d’ajouter des éléments multiculturels juste pour faire multiculturel.

      Malgré tout je pense que c’est quelque chose qui pourrait changer dans le futur. Des fois ca prends juste un ou deux films pour partir le mouvement.

      Exemple, Sortie 67 est supposé arrivé sur nos écrans a l’automne. C’est un film de Jephte Bastien qui parle des gangs de rues a Montréal. Ca semble prometteur.

      Et contrairement a un film comme L’ange de goudron (qui était quand même bon) c’est un film fait par un Haitien sur une réalité qui touche beaucoup de jeune Haitiens a Montréal. Ce n’est pas le regard d’un Québécois sur des immigrants.

    • Le Québec d’il y a à peine 20 ans était beaucoup moins «multiculturel» qu’il ne l’est aujourd’hui.
      Or, les réalisateurs comme les scénaristes, les producteurs et une majorité de SPECTATEURS sont de cette époque.
      Alors quand ils vont au cinéma voir spécifiquement un film québécois, ils veulent voir des personnages dans lesquels ils peuvent se projeter, s’identifier. Par exemple, Les Trois Petits Cochons auraient bien moins passé si les trois frères avaient été pakistanais.

      Cela dit, quand des grecs font des films, ils y mettent des grecs. Quand des italiens font des films, ils y mettent des italiens. Quand des arabes font des films, ils y mettent des arabes (et les blancs s’il y en a sont de méchants corrupteurs). Et quand les suédois font des films…
      enfin, vous saisissez…
      La nouvelle génération, et spécialement ceux qui habitent dans des milieux multi-ethniques comme Montreal, vont probablement inclurent beaucoup plus de minorités ethniques. Ceci dit, ça n’arrivera pas si les «ethnies» se ghettoïsent et se marginalisent elles-mêmes en se repliant entre elles comme dans le rest of Canada au lieu de s’intégrer.

      Personnellement, un film québécois à la sauce Bollywood ne m’interpelle pas du tout.
      Fuck les tokens.

      De toute façon, comme le démontre très bienmichaellachance à 13h28, pour l’accusation d’uniethnicité on repassera.

    • En attendant, on doit se taper Filière 13….

    • À mesure que la nouvelle génération va vieillir et évoluer parmi les différentes ethnies, elle l’intégrera à son cinéma.

    • C’est le jour de la marmotte?

    • Tiens Ghost, juste pour toi
      http://www.youtube.com/watch?v=eZbtAFq7dP8

    • Foglia est en retard, j’ai déjà écrit la même chose lorsque l’affaire est sortie :

      « Pour faire taire tout le monde, je propose donc un quota de minorités visibles dans le cinéma québécois. Dorénavant, au moins 10% des personnages de films québécois devront être d’origine étrangère. Également, le gouvernement bonifiera de 50% son aide à un film dont plus de la moitié des personnages seront d’origines multiculturelles. »

      Voir sujet ici.

    • vieux, grincheux et de mauvaise foi “foggy” sur celle là.

      pas grâve, ca lui arrive certains matins.

    • Wow, “Filière 13″ on repassera…Marc Cassivi en dit long

    • En un petit paragraphe, Foglia montre l’absurdité de la réflexion de Tierney. Un film doit représenter la vision de l’auteur. Point final. A moins de vouloir orienter et diriger l’art, bien sur.

      Foglia ajoute que le cinéma canadien, qui fait essentiellement de la merde, prend un soin fou à représenter le visage multiculturel du Canada. Avec les résultats que l’on connait.

      C’est quoi la solution? Exiger d’un auteur qu’il tienne compte de cette dimension multiculturelle dans la réalisation de son oeuvre? De le pénaliser ou le récompenser selon ce critère?

      Et puis quoi encore?

      Bravo à Foglia pour ramener un peu sur terre ceux qui semblent apprécier les débats ridicules.

    • Maddin, Cronenberg, Egoyan, c’est de la merde je suppose? On ne parle pas de ce que l’on ne connaît pas.

    • Je suis assez d’accord avec votre collègue Laporte

      De plus, il va falloir arrêter de se trouver des bobos. Si un juif noir québécois de souche veut réaliser un film sur sa vie dans les rues de Montréal, et bien il a simplement à déposer un projet de film intelligent et intéressant, aux organismes qui financent les films et peut-être que la population québécoise va se déplacer pour aller voir son film.

      Bref, un débat sans fondement… j’aimerais ajouter que je trouve qu’il manque des films qui touchent des enfants de 12 ans et moins. Ils sont quand même une bonne partie de notre population, il ne faudrait pas les négliger…

    • Mais qui a dit que le cinéma devait obligatoirement refléter la société dans lequel il est produit/réalisé/joué?
      Un film, c’est bien plus qu’une réflexion de société, c’est une oeuvre. Que Tierney fasse le film qu’il veut sur les gens qu’il veut, mais s’il vous plaît, n’imposons pas de contraintes ou d’exigences aux réalisateurs quant à l’ethnicité ou aux problématiques dans les films.

      Tout à fait. C’est ce que j’ai soulevé dans un commentaire plus haut. – js

    • Très bien dit Kid.man !

    • Bon, un autre canadian qui se paie une petite diatribe insignifiante à mots couverts sur le dos de la supposée xénophobie québécoise. On aura beau baser à peu près tous nos festivals sur le fait multiethnique (Vues d’Afrique, Fantasia, le Festival des films du monde, etc.) et faire des films comme Kamataki, L’ange de goudron, Le neg’, Clandestins, Un dimanche à la piscine à Kigali, Le goût des jeunes filles et j’en passe, il y aura toujours un hipster anglophone de NDG pour nous faire la morale en toute inconnaissance de cause pour la simple et bonne raison qu’il ne parle pas un mot de français, donc, ne connaît la culture locale qu’en surface, pour ne pas dire en périphérie.

      Oui il y a des lacunes dans le cinéma de masse québécois, mais je doute que le cinéma du Manitoba soit bien mieux. Mais c’est tellement plus cool de faire la morale au Québec que de dénoncer le Manitoba ou la Saskatchewan. En plus ça met ta tronche dans les journaux. Priceless isn’t it?

      Le plus triste dans tout ça, c’est de la façon dont on s’autoflagelle à chaque fois qu’une Jane Wong dérape solide ou qu’un cinéaste en manque de kodaks part un non-débat. Le reste c’est du réchauffé.

    • J’ai préféré cette pharse de Foglia :
      “Je reviendrai sur le sujet prochainement – je vous parlerai d’un de mes amis qui vient de finir sa thèse de doctorat sur l’absence totale de ratons laveurs dans le théâtre grec, particulièrement dans les tragédies d’Eschyle, de Sophocle et d’Euripide.”

      Les ratons laveurs dans les tragédies grecques !
      Du bonbon !

    • La seule info vraiment nouvelle de l’article de Foglia c’est que la cueillette de champignons est commencée (miam, miam!).

      Par contre, l’article de Cassivi est juste et dévastateur!

    • Il semble qu’au Canada il y a deux solitudes majeures… qui y tiennent BEAUCOUP à le demeurer.

      Autour, il y a de petites solitudes montantes qui adorent le bling bling américain et qui aimerait bien que toute l’Amérique entière bascule dans le melting pot us adoré une fois pour toute. Alors, entre temps, elles contentent d’instrumentaliser la solitude anglophone qui niaise entre l’annexion américaine et une identité canadienne décorative, et oh surprise, qu’elle voudrait en même temps DISTINCTE. Sound familiar someone?

      Et il y a cet increvable Québec qui ne veut pas se dissoudre (sur un air de Patrick Normand, ”J’ai un amour qui ne veut pas mourir…”)

      J’AI LA SOLUTION!!

      Au lieu des donner des caméras à tout le monde, donnons-leur des Kalachnikovs. Celui qui reste debout finit le film à son goût.

    • … Et Denis Chouinard, qui a écrit son film CLANDESTIN (excellent) chez Constantin Costa Gravas, lequel est un grec d’origine qui tourne en France (et ailleurs) des histoires d’immigrants aussi. Il y a eu aussi L’ANGE DE GOUDRON, une autre histoire d’immigrés.

      Ah ben…

      Coute’donc, quoiqu’on fasse au Québec, ça sera jamais correct!

    • Bon, il reste toujours la solution Kalachnikov…

    • À part les films de Cronenberg, Egoyan, Maddin et quelques autres, je ne connais que très peu le cinéma canadien-anglais.

      Je ne peux donc me prononcer sur la représentation du Québécois (ou Canadien Français) dans ce corpus, mais j’avoue être un peu curieux. Je ne voudrais pas jouer à «celui qui le dit, c’est çui qui l’est» ou à «excuse-moi mais je crois que tu as une poutre dans l’oeil», sauf que je serais tout de même enclin à penser que la réalité québécoise est parfaitement évacuée du cinéma canadien-anglais. Ce qui est étonnant si l’on considère que le «French Canadian» ou même le «fucking frog» doivent quand même peser lourdement dans l’imaginaire culturel du ROC, non?

    • Bonne question. En tous les cas, il y a une pub très populaire (avec Jarome Iginla) à CBC où deux Quebecois sont représentés et ça flirte avec le racisme bon teint.

      Combien de Québécois dans les films anglos montréalais? Je n’ai pas la réponse mais c’est une bonne question. Ce dont je suis certain en tous les cas, c’est que les anglos s’intéressent modérément à la culture franco (euphémisme).

    • L’autre solution c’est celle hollywoodienne: il y a toujours un immigrant ou un Noir pour faire le méchant. Très bonne représentation…

    • L’impensé de la commission Bouchard-Taylor , malgré l’un des commissaires, c’était la composante anglo-québécoise.

    • @ astyanax

      Mordechai Richler s’en est très bien chargé du temps de son The Apprenticeship of Duddy Kravitz…

    • On ne peut effectivement pas forcer d’intégrer des minorités culturelles dans des films sans raisons valables, effectivement ça fait des films merdiques.

      La question qu’on peut se poser est est-ce que le cinéma québecois s’intéresse suffisament aux minorités culturelles. Est-ce que les réalisateurs tentent d’évoquer un univers ou ces communautés existent ou bien par des moyens divers ils les ignorent.

      Soit en reproduisant des univers ou ils ne sont pas présent (Je pense à ces films du terroir style Survenant et Séraphin) , ou en déguisant ces communautés en les faisant jouer les personnages par des “acteurs de souche”. Ou bien même si le film est comtenporains , la grande majorité des personnages sont de souche.

      Et finalement , est-ce que lorsqu’on a un film qui reflète davantage la communauté bigarrée qu’est le Québec moderne, est-ce que le public se rend en masse pour voir le film ?

    • ”Le cinéma a-t-il comme mission de refléter la réalité démographique d’un temps et d’un lieu ou plutôt la vision propre au cinéaste? – js ”

      @Jozef

      Je pense devoir reprendre mon élan pour répondre à la question, mais j’ai tout de même réussi un bon kick-start! hahaha

      http://gliese1214b.blogspot.com/2010/08/cinema-quebec.html

      J’ai teeeelllement l’impression que je vais me faire blaster avec ce billet là… Ouff. Du gros fun à l’horizon..

      Enfin, restons calmes les amis, hein ? Je n’ai pas violé la grand-mère de qui que ce soit, là!

    • Josef, loin de moi l’idée de vous faire la leçon, d’autant plus que je suis mal placé pour ce faire, mais j’ai beaucoup de difficulté, pour des raisons purement esthétiques, avec ce “adresser la question” qui jure sur un blogue si bien écrit.

      Au contraire, il faut signaler mes fautes! «Aborder» la question? – js

    • @le_gaspesien

      ” C’est quoi la solution? Exiger d’un auteur qu’il tienne compte de cette dimension multiculturelle dans la réalisation de son oeuvre? De le pénaliser ou le récompenser selon ce critère? ”

      Le cinéaste n’est pas libre! C’est une illusion!

      Impossible d’avoir pleine liberté dans ton art lorsque l’aspect commercial infiltre le processus artistique. Impossible.

      Et à ce niveau, le cinéma est au front, la face à deux pouces des canons.

      l’influence est inévitable.

    • Je dirais plutôt: considérer, envisager.

      Oui, en effet. merci. – js

    • Marc Cassivi disait:

      ”Notre cinéma reflète-t-il la réalité multiethnique de Montréal et du Québec? Précision: je ne demande pas s’il devrait la refléter davantage, ni si cela est souhaitable; seulement si, dans les faits, il la reflète.”

      Non.

      Et cela affecte le RÉALISME de l’expérience cinématographique. Donc la qualité potentielle de l’oeuvre.

      Je pense qu’il y a une façon de tourner une ville, de capturer son essence… Et apparemment, personne n’a réussi avec Montréal.

      Personne n’a peut-être voulu le faire, non plus…

      Donc, si je comprends bien, un film qui n’est pas réaliste est du même coup médiocre? Vous ne devez pas porter en grande estime les Bunuel, Kusturica, Fellini, Greenaway, Lynch, Kubrick et j’en passe! – js

    • L’intervention de Jacob Tierney était éminemment politique. D’ailleurs, en la lisant, les mots et expressions ”quotas”, ”contenu canadien” et ”discrimination positive”, entre autres, me venaient à l’esprit. Les deux solitudes de Hugh MacLennan se sont muées, avec le temps et en raison de nouvelles vagues d’immigration, en une multiplicité de solitudes qui résident chacune dans leur ghetto multiculturel et ne se côtoient que rarement, surtout à Montréal parce que c’est de Montréal dont il est question. Une fois encore, nombre de Québécois francophones ont réagi avec virulence aux propos convenus de Tierney tout comme ils se hérissaient jadis quand Mordecai Richler cassait du sucre sur notre ”nous exclusif” dans le Newyorker. En somme, la réaction n’est guère plus édifiante que les propos initiaux qui l’ont provoqué. Et Foglia a écrit environ 12 423 textes sur le multiculturalisme. Je crois bien que son opinion nous est familière sur ce sujet.

      La mission du cinéma consiste-t-elle à refléter la vision propre au cinéaste? Certes oui et j’ajouterais que le scénariste participe lui aussi au processus créatif dont il est une composante essentielle. Dans les nombreux volets qui constituent la vision du cinéaste, il y a celle du regard. Le regard que le cinéaste jette sur sa société, et ce, même dans les oeuvres les plus intimistes ou les plus personnelles. Pour Tierney, ce regard, c’est celui d’un Montréal pluriethnique qui n’est pas sans ressembler à celui de Richler. Ainsi, Tierney aurait sans doute pu réaliser The Apprenticeship of Duddy Kravitz. Ce regard lui est propre. Il fait partie intrinsèque de sa vision du monde. Il lui est familier parce que c’est SA réalité. C’est pourquoi, outre son ton politique, sa déclaration est pour le moins inconvenante. Indécente même car elle a pour finalité de contraindre d’autres cinéastes à la partager puis à l’exprimer sur grand écran.

      La déclaration de Tierney, c’est presque un viol de l’indépendance artistique du cinéaste. En outre, comment diable exprimer cinématographiquement le souhait de Tierney quand dans la réalité des choses, on réside dans un Québec morcelé sur le plan ethnique? Où, à l’exception notable de Montréal et de la banlieue immédiate (je pourrais ajouter le Grand Nord), c’est plus blanc que blanc et francophone à plus de 95 %? Quelle est la solution pour répondre à ce problème, comme le soulève M. Siroka? Il n’y en a pas mille. Une politique d’immigration qui, comme dans certains pays scandinaves (ex. : la Suède), favorise encore plus activement les régions. Si, un jour, l’immigration au Québec n’était plus aussi ouvertement concentrée sur Montréal, la réalité changerait et les cinéastes à venir pourraient alors exprimer une réalité sans doute plus riche d’expériences diverses.

    • “Je pense qu’il y a une façon de tourner une ville, de capturer son essence… Et apparemment, personne n’a réussi avec Montréal. ”

      binamé n’est pas passé loin avec eldorado. le mood de montréal des années 90 me semblait juste. toutefois, il a curieusement tout cadré de sorte qu’on ne vois aucune affiche ou “landmark” de montréal. de sorte que seulement un montréalais reconnaitra la ville.

    • ”Donc, si je comprends bien, un film qui n’est pas réaliste est du même coup médiocre? Vous ne devez pas porter en grande estime les Bunuel, Kusturica, Fellini, Greenaway, Lynch, Kubrick et j’en passe! – js”

      Non Jozef, je parle de ”réalisme” dans le sens d’accessoire, de vecteur. Le spectateur veut se faire raconter une histoire mais il demande que les moyens soient prit pour y croire.

      Moi je regarde les films Québécois, et je n’y croit pas. Ca sonne faux, à tout plein de niveaux (dont des techniques). Xavier Dolan avec son J’ai Tué ma Mère est passé près sur certains points, mais c’était pas encore ça.

      Tiens, le Tokyo de Lost in Translation. Le réalisme y est. Je suis déjà allé à Tokyo et c’est pas tout à fait comme ça mais Sofia Coppola a réussi à imprégner le spectateur d’une atmosphère réaliste. Donc j’y crois. Le spectateur qui n’a jamais posé le pied au Japon y croit aussi, d’instinct. Tout comme nous croyons au futur de Blade Runner (1982) plus qu’au futur de films récents aux effets spéciaux ultra-réalistes. Question d’ambiance, de subtilités… Bref, d’aptitudes cinématographiques.

      Et pour répondre plus précisément à ton commentaire… Ouais, justement. Nous n’avons pas de Kubrick, Lynch, Bunuel, Del Toro, etc… pour explorer avec maitrise les subtilités qu’offre le medium cinéma. Donc on fait comme la Chine, on copie des formules gagnantes d’autrui..

      Non mais, sérieusement, suis-je trop sévère envers le cinéma Québécois ? Ou vraiment on veut être le boeuf alors que l’on est une grenouille de 8 millions d’habitants prisonnier de sa langue ?

    • @jon8. I don’t want to rain on your parade, mais mon opinion est un peu différente de la vôtre. J’ai reconnu la basse ville de Québec dans Les Plouffe de Gilles Carle. La mainmise du haut clergé sur ses ouailles et les appuis du bas clergé au petit peuple. Le sentiment anti-britannique et anti-royaliste de l’époque. La culture étouffée par l’entremise du personnage d’Ovide (remarquable Gabriel Arcand). J’ai reconnu un Montréal glauque et sordide dans Un zoo la nuit. J’ai reconnu un Québec de neige, sur fond de rébellion, dans Kamouraska (le plus grand film de Jutra, à mon avis). J’ai reconnu un Québec sous occupation dans Les Ordres. Je pourrais continuer ainsi et vous citer bien d’autres films québécois qui sonnaient tout aussi justes et dont le réalisme était à fleur de peau. Oui, vous êtes trop dur envers le cinéma québécois car votre opinion embrasse, sans distinction aucune, tout ce cinéma. You leave no prisoners. En cela, je diffère d’opinion avec vous.

    • @ankh

      ”J’ai reconnu un Montréal glauque et sordide dans Un zoo la nuit.”

      Oui, eh bien il faudrait premièrement me montrer des exemples de notre époque (1987 un zoo la nuit!) et autre chose que le réducteur ”glauque et sordide” que vous semblez prendre comme du réalisme..

      Donc, bref, ce qui défini l’identité cinématographique Québécoise c’est quoi ? Les remous dans le passé et la neige ?

      yep. C’est moi le problème, plus aucun doute n’est permis. Je ne m’identifie pas à cette réalité québécoise là.

      Je suis né dans un pays étranger.

    • Le “problème” pourrait-il provenir des institutions qui décident quel film se fait et quel film ne se fait pas? Ce serait bien qu’un journaliste aille interviewer des gens au sein de ces institutions à ce sujet.

    • Le cinéma québécois n’est vraiment pas représentatif de sa population. Même s’il n’y avait que des “de souche”, quand voit-on des gars s’embrasser, se faire l’amour, se caresser, alors que son ratio gai/hétéro dans la population est un des plus élevé au monde.
      On vient de terminer Divers/Cité, la fête gaie de Montréal et on va reprendre les grandes célébrations de la Fierté gaie à la mi-août. Alors que les couples gais sont légaux et peuvent adopter des enfants, quand serons-nous instruits des pratiques sexuelles des différents groupes qui composent notre société?
      Et quand nos cinéastes nous feront-ils des films sur la réalité homosexuelle au Québec? L’histoire du peuple du Québec nous renvoie continuellement à son passé religieux et homosexuel.
      Alors, il n’y a pas seulement une sous-représentation des différentes cultures, il y a une volonté ferme des cinéastes que de nier une composante essentielle de la population “de souche”.

      Incroyable comme raisonnement! «Quand serons-nous instruits des pratiques sexuelles des différents groupes qui composent notre société?» Le cinéma n’est pas un programme éducatif! Tant qu’à y être, pourquoi ne pas inciter les cinéastes à prôner la prévention de la drogue, des MTS et des gras trans ! Je commence franchement à déprimer à la lecture de certains commentaires depuis deux jours… – js

    • @jon8. Deux fois en moins de 24 heures qu’on m’accuse d’être ”réducteur” dans mes propos. Manière de dire un peu carrée : je ne suis pas d’accord avec vous. C’est ok. Les échanges virtuels ne m’empêchent pas de dormir; c’est le contraire qui est vrai. Le rire est un puissant somnifère.

      Je vous ai énuméré quelques films québécois dont le réalisme et la justesse de ton ne font aucun doute dans mon esprit. Des films qui portent, chacun à leur manière, une réelle vision de cinéaste. Qui présentent et donc représentent, chacun à leur façon, un pan de l’identité canadienne-française (Les Plouffe) ou québécoise (Les Ordres). Le film de Brault est très contemporain car les libertés civiles sont si fragiles. On le voit au sud de la frontière, mais on le constate aussi dans nombre d’initiatives prises par Harper qui donne ses propres ordres à tous ses sous-fifres ministres comme Duplessis autrefois.

      Vous voulez des exemples plus contemporains même si un film comme Les Ordres devrait vous sonner un peu les cloches à nombre d’égards? Lyne Charlebois (Borderline), Denis Villeneuve (Polytechnique), Francis Leclerc (Mémoires affectives – il y a du Brault et du Perreault dans ce film), Manon Briand (La turbulence des fluides), Micheline Lanctôt (tout), Robert Lepage (tout) et Bernard Émond (tout – il me rappelle Kieslowski à bien des égards). Bon, vous avez sans doute vu tous ces films et les avez aussi détesté avec une égale ferveur. Vous ne pigez toujours pas? Je pense qu’en ce qui a trait au cinéma d’ici, vous êtes une cause perdue. Ceci dit, sans méchanceté aucune.

      Il ne s’agit pas nécessairement de grands films. Il n’existe aucune grille pour qualifier un film de grand film; seulement ce qu’ils remuent en nous par le biais de notre propre sensibilité, de notre vision du monde et de nos expériences de vie. Enfin, j’accorderai toujours le bénéfice du doute aux créateurs, mais bien peu de crédibilité aux destructeurs en tous genres. Je leur reconnais volontiers un talent de destruction, mais je préfère la créativité sous toutes ses formes aux ruines d’une pensée inflexible.

    • @ jozef

      “Je commence franchement à déprimer à la lecture de certains commentaires depuis deux jours…”

      nah, c’est la pluie qui fait ça…

      J’avoue que j’exagère, d’autant plus que je me considère chanceux d’accueillir autant d’intervenants intéressants et généreux. – js

    • @ ankh

      Je suis le premier à l’admettre: je suis biaisé à mort concernant le ”cinéma d’ici”. Peut-être une réaction tout personnelle face à la complaisance généralisée que j’observe sur tout ce qui est ”made in Quebec” ? Comme si nous voulions tellement prouver notre identité que le chauvinisme nous emporte de la plus vicieuse des façons.

      Mais peut-être que si j’habitais 10 ans en Norvège j’observerais les mêmes réflèxes de société ? Je sais pas. En tout cas, ça n’a pas pris longtemps pour qu’en Nouvelle-Zélande j’observe un pattern de complexe d’infériorité très familier (envers les Australiens)!

      Pour le name-dropping, c’est inutile. Vraiment.

      Je suis de ceux qui pensent qu’un artiste de grand talent ne peut se cacher très longtemps dans l’anonymat, même s’il est mal diffusé. Des dizaines, centaines de milliers de personnes dans le monde ont comme métier de précisément trouver ces perles rares.

      Or, des perles nous en avons certainement, mais pas des rares…

      Mais hey! 8 millions d’habitants! Un peu de perspective, que diable… Nous avons déjà allègrement busté notre quota d’artistes per capita! hahaha

      Nous avons Céline Dion, ils ont le reste. C’est pas si mal, non ? :-p

    • J’avoue partager l’opinion de Jon8 à cet égard. La critique de Tierney était un peu kamikaze, mais elle recèle d’un fond de vérité que la citation de Foglia s’empresse de ridiculiser (technique démago de l’homme de paille).

      Évidemment, chaque artiste est libre de créer l’univers qu’il veut. Exemple connu: Amélie Poulin a été critiqué pour son portrait d’une France homogène asceptisée qui pourtant, cadre bien avec l’esprit du film. À l’inverse, un film d’époque qui, par exemple utilise des acteurs noirs me fait sourciller (ex. Unforgiven). Mais un film qui se passe en 2010, au centre-ville de Mtl (pas en banlieue!!) et qui présente un casting de style Lac St-Jean… (???!!) On fait souvent fi du souci de réalisme pour que le public s’identifie aux personnages, mais à la longue, ça finit par produire l’effet inverse.

      S’il fallait tordre la main des réalisateurs pour qu’ils s’adaptent, ce serait un échec tant au plan humain qu’artistique. Déja que l’utilisation de vedettes tue une partie de la magie immersive du film! Si (et je dis bien si) un réalisateur tente de créer un environement vraisemblable, il devrait commencer par observer le milieu qu’il veut dépeindre. Pas besoin de faire un travail de moine à la Zola/Balzac, mais une réflexion plus approfondie ne serait pas vaine pour tenir compte de la complexité des choses (je parle ici de tout film qui aspire à un certain réalisme socio-culturel).

      Le grand problème est que souvent, les artistes secondaires (les esthètes) s’inspirent un peu trop des oeuvres de leur prédécesseurs au lieu de tenter de s’inspirer du monde qui les entoure et/ou de leur riche univers intérieur. Taxi Driver réflétait une réalité qui n’avait jamais été dépeinte, et c’est pour ça que ça a marché. Mais c’était en 1975, et les plusieurs cinéastes continuent de s’y référer pour décrire la réalité urbaine actuelle. C’est ni pertinent, ni personnel, c’est kitsch.

      À cet égard, je salue le travail de Jacob Tierney, mais aussi Michel Tremblay, Nicolas Dickner, Denis Côté.. des artistes qui utilisent brillamment leurs médiums respectifs pour poser un regard personnel sur le monde qui les entoure au lieu de recréer des oeuvres qui existaient déjà.

      PS. On blâme le milieur du cinéma, mais je trouve que ce décalage est bien plus marqué avec le milieu de la télé.

    • @jon8. Je crois que c’est Gaston Miron qui disait : ”Il n’y a pas de petite ou de grande littérature. Il n’y a que des littératures sous-diffusées.” Et il y aussi la loi impitoyable du nombre : 7 millions c. 300, c’est plutôt inégal. J’ai dénoncé plus haut cette frilosité des Québécois francophones à l’égard des critiques de Tierner. Je vous suis donc là-dessus. Mais quand je songe au Québec et à cet incroyable talent que j’y observe (dans la chanson, la littérature, la danse, la peinture et aussi le cinéma), je me dis que si ce pays n’est pas souverain politiquement, sa culture est souveraine et s’exporte plutôt bien, ma foi. Nous avons plus que Céline Dion : nous avons Leonard Cohen, Arcade Fire, Robert Lepage, André Mathieu (ressuscité d’entre les morts !) et tant d’autres créateurs originaux qui vivent de leur art à New York, Paris, Londres, Sydney, etc. Nous n’avons plus rien à prouver. Paradoxalement, je crois que cette situation de minoritaire suscite une rare rage de créer. C’est pour le mieux, tant qu’à moi.

    • ”Nous n’avons plus rien à prouver.”

      C’est là l’erreur.

      Nous avons toujours tout à prouver. Tout le temps, partout.

      Tsé, quand je me rend compte que la majorité de la population d’ici connait des chanteurs/chanteuses Québécois au talent tellement douteux que ça ne passerait à nul part ailleurs sur la planète ET qu’en même temps à peu près personne ne connait le mythique band Montréalais Godspeed You! Black Emperor, je me dis qu’on a peut-être un problème de culture interne AUSSI.

      D’une point de vue sociétaire, je vois le cinéma comme le miroir de ce que la population veut voir d’elle même.

      La liberté des cinéastes et leur potentiel créatif là dedans ? Étouffé. ”Volontairement” (financement) ou involontairement (envie de plaire – ce qui ramène au financement).

      Il faut du marché pour s’épanouir. Nous n’en avons pas.

      Et inutile de blâmer la gouvernement pour le sous-financement du cinéma. Le gouvernement, C’EST la population. Le vote, c’est au guichet du cinéma que ca se passe. Si tu votes ”Les Boys”, tu vas avoir des ”Boys 1, 2 ,3”… jusqu’à ce que les votes baissent.

      Dans un marché anglophone, il y a possibilité d’explorer les marché de niche. Ici ? Good luck.

      Et, triste ironie, la langue, cet outil qui nous donne l’illusion d’être notre salut culturel et identitaire, pourrait bien être l’élément qui nous freine le plus.

      Je suis en train d’écrire un scénario, et bien franchement, je ne sais pas comment je vais faire pour diffuser la production si c’est en français. Surtout que le marché français (vous savez là, nos cousins?) est loin d’être facile à percer pour du stock Québécois. Mais j’ai pas très envie de le faire autrement qu’en français!
      Pis j’ai pas le goût de téter de la mamelle gouvernementale pour avoir ”le droit” de faire mon art.

      La situation actuelle du marché cinématographique est déjà difficile actuellement, ajoutez à cela l’aspect marché francophone nord-américain et vous avec là une recette pour tuer dans l’oeuf la création.

    • Je suis un peu sonné face à certains commentaires sur la nécessité de décrire et de montrer les situations sociales d’une société de façon impérative.

      Vous voulez des exemples concrets?
      Ils sont où les hispanophones dans Avatar? Nul part (et ne me sortez pas Michelle Rodriguez, de grâce). Pourtant, il y a 50 millions d’hispanophones aux États-Unis.
      Ils sont où les musulmans dans l’Arnacoeur? Nul part. Pourtant, il y en a 5 millions en France.
      Ils sont où les Indiens dans An Education ? Il y en a pourtant 2 millions au Royaume-Uni.

      Et est-ce que quand on regarde ces films, on se dit: ”eehhh, ça ne reflète aucunement notre société, nos valeurs, nos personalités, nos pratiques sexuelles (!!)” ?
      Bien sûr que non, car comme je l’ai mentionné plus haut, ce n’est pas ça le cinéma. Ca peut l’être dans certains cas, mais le but premier d’un film n’est certainement pas de montrer qu’il y a telle et telle langue dans un pays donné. C’est de l’art, c’est le réalisateur qui fait ce qui veut et qui s’amuse. A-t-on déjà questionné l’ethnicité des personnages des films de Spielberg, Kubrick, Nichols, Wilder, Campion? À ce que je sache: non.
      Et regardez où ils sont rendus!

    • @scories

      ”À l’inverse, un film d’époque qui, par exemple utilise des acteurs noirs me fait sourciller (ex. Unforgiven). Mais un film qui se passe en 2010, au centre-ville de Mtl (pas en banlieue!!) et qui présente un casting de style Lac St-Jean… (???!!) On fait souvent fi du souci de réalisme pour que le public s’identifie aux personnages, mais à la longue, ça finit par produire l’effet inverse.”

      Bien expliqué.

      C’est comme l’omni-présence du gros joual beurré dans beaucoup de productions Québecoises… Elle est où cette réalité là ? Dans les toilettes d’un club de danseuses de St-Eustache ?

      Ok, ok, une couple de sacre bien placé ça ajoute à l’effet dramatique, mais c’est comme des effets spéciaux, faut pas peser ni trop fort ni trop longtemps sur le piton. Le réalisme c’est aussi de se sortir des clichés et des caricatures de société. Elvis Gratton c’était drôle en 1980. Là c’est pu drôle pentoute.

    • les chroniqueurs de la Presse, souvent internationalistes, étaient frileux sur ce sujet. Cassivi s’était positionné à sa manière, tentant de se rendre intouchable sans vraiment se mouiller, faut surtout pas risquer d’avoir l’air d’un colon. Mais Foglia ouvre la trappe et les langues se délient. Tant mieux, mais faudrait penser à assurer la relève. Pour l’instant ce n’est pas fort.

      Dans les années ‘70 Pierre Perrault donnait la parole aux autochtones québécois comme peu l’ont fait, dans quelques documentaires. Richard Desjardins l’a fait également. Est-ce “Blanc” ?

      En fiction, d’autres ont énuméré l’incidence des autres cultures dans d’autres films plus récents. On oublie souvent que dans la Guerre des Tuques, l’architecte du fort était un Vietnamien.

    • Je me souviens du jeune vietnamien de la guerre des tuques. Je suis québécois mais je m’étais identifié à lui. Puis je me souviens avoir eu de la sympathie pour Doualé, la petite Guadeloupéenne dans Passe-Partout. Pas besoin d’avoir la même couleur qu’un personnage pour s’identifier à lui. Kieslowski disait qu’il ne faut jamais sous-estimer l’intelligence du public (ni sur-estimer sa culture) tandis que la loi du profit sous-entend qu’il faut rejoindre le plus grand public possible et ne jamais sur-estimer son intelligence.

      Piste de réflexion: Depuis qu’on a arrêté de tourner des téléséries en région (j’inclus même la ville de Québec!), on dirait que les producteurs se sont mis à ménager la chèvre et le choux en tournant qu’à Montréal, mais avec un casting pour plaire aux ruraux; une représentation fédératrice mais schizophrénique de la ville. Ça contribue à créer un star-système homogène d’acteurs à qui l’on proposera les meilleurs rôles au cinéma. S’il y avait davantage de séries tournées en région, ça pourrait ouvrir la porte à une représentation nettement plus authentique de la réalité urbaine tant à la télé qu’au cinéma.

    • @jon8. Ce ”nous” qui n’a plus rien à prouver, ce sont les artistes eux-mêmes. Je ne parlais pas de la ”majorité de la population” envers laquelle vous avez un mépris bien senti. Votre idée de la culture, ce n’est pas celle de la plupart des gens qui résident dans les régions. Vos références culturelles très urbaines et très montréalaises ne sont pas les leurs. Vous aimez God Speed You! Black Emperor? Good for you. Si une grande partie de la population préfère Céline Dion, Bon Cop Bad Cop et Renée Martel, ce sont donc nécessairement des incultes à vos yeux. Des ploucs. Des arriérés culturels.

      Ce qu’on appelait le ”western” il y a encore quelques années reste un genre musical très populaire dans le Québec profond. Ces artistes vendaient et vendent encore des centaines de milliers d’albums. Mais l’élite culturelle montréalaise n’en parle jamais. Vous ne verrez jamais ces artistes à l’ADISQ pas plus que vous ne verrez Michel Louvain qui donne des hauts le coeur à cette élite tricotée serrée.

      Le cinéma, un miroir de ce que les gens veulent voir d’eux-mêmes? Disons que je vous suis dans votre raisonnement. Mais quel miroir? Il n’y a rien ou presque dans notre cinéma et dans notre télé pour les Québécois vivant en région, y compris les chaînes d’information. C’est constamment une réalité étrangère qui leur est présentée et dans laquelle ils ne se reconnaissent pas. Un jeune cinéaste tourne actuellement son premier long métrage sur les lieux mêmes de la ferme familiale dans les Cantons de l’Est avec un budget de moins de 3 millions $. Tout le monde met la main à la pâte; c’est beau à voir. Il souhaite traiter de la réalité des agriculteurs, encore nombreux au Québec. Qui sait, cela pourrait se révéler un marché de niche prometteur, pour reprendre votre expression. Et ce film ne parlera pas de la période lointaine de la colonisation, mais d’une réalité contemporaine. J’aimerais voir des films être tournés on location en Abitibi, en Gaspésie, dans le Nord du Québec, au Lac St-Jean et ailleurs. Et qui, à travers la vision du cinéaste et à l’aide d’un bon scénario, ”parleraient” vraiment aux gens. Et s’ils parlent vraiment bien, ils pourraient même attirer un public étonnant qui y verrait un aspect méconnu de sa société.

      Dans une logique de diffusion commerciale, il va de soi que la langue française constitue un frein. La France vit un problème comparable quand il s’agit d’exporter ses films, mais son marché intérieur est bien plus grand que le nôtre même si, dans ce pays comme ailleurs en Europe, les films US ont les plus grandes parts de marché. Mais entre vous et moi, le cinéma québécois, malgré des problèmes bien réels de sous-financement chronique (merci de votre beau programme, M. Harper, car le PM continue à sabrer dans la culture), se porte bien mieux que le cinéma ailleurs au Canada. My two cents : je pense que quand nous réussirons à faire un cinéma suffisamment diversifié (thématiques, lieux de tournages, choix des acteurs, etc.) et dans lequel une majorité de personnes pourra se reconnaître, un nombre plus grand de personnes iront dans les salles pour des raisons différentes car l’offre sera enfin plus représentative des éléments qui composent notre société. Et partant, pour des besoins d’exportation, nous aurions alors plusieurs réalités exportables et non pas une seule ou presque.

    • Tout le monde sort des titres de films géniaux qui ne sont pas représentatifs de leur société, tentant de renchérir sur l’argument ‘Euripide et raton-laveurs ‘de Foglia.

      Par contre, ce débat a bien plus à voir avec le type d’importance que l’on accorde au cinéma dans le pays en question et pour la société en question. Au Québec (et au Canada aussi), on parle ou pense souvent en termes de ‘cinéma national’ — le financement et le marketing est fait dans cette optique, d’ailleurs. Or, le contexte spécifique à notre cinéma ne s’applique pas à la majorité des films mentionnés par les intervenants de ce blogue. On ne peut comparer l’intention de Kubrick, lorsqu’il faisait des films, avec le celle de Morin ou d’Arcand. Enfin, à mon avis.

      Je ne prends pas position, avec ce commentaire (quelqu’un, genre marc-andre_tessier, me traitera peut-être de frileux), mais je dis simplement qu’on compare des pommes et des oranges, la plupart du temps.

      Aussi, quand Unholy_ghost cite Cronenberg en exemple par rapport au cinéma canadien, on peut se poser la question de savoir si son cinéma se compare à celui auquel Tierney fait se réfère. Cronenberg est bien plutôt l’exception qui confirme la règle du cinéma canadien, sans odeur et sans saveur… (C’est aussi souvent le cas pour la télé, malheureusement.)

    • Bah…

      Ce n’est qu’une question de temps avant que Rachid Badouri ne se voit offrir un premier rôle dans un film, alors ça devrait régler le problème, non?

      Sans blague, je suis d’accord pour dire que le cinéma québécois ne reflète pas la composition ethnique de la société, mais je pense que ça s’améliore tranquillement.

      Sincèrement, la dernière chose que je veux voir, c’est un film qui présente plein de personnages vides, simplement pour répondre à un désir de refléter la société. Un film qui veut à tout prix intégrer toutes les communautés ethniques et tous les problèmes sociaux, on n’appelle pas ça un film… on appelle ça un épisode de Virginie ou de Watatatow!

      La société change et le cinéma québécois devra changer s’il veut demeurer significatif. Mais ça se fera tout seul et progressivement.

    • unholy_ghost: Tu oublies Cameron…

      froutoule et si la principale lacune du cinéma était son marché? Qu’en corollaire le marché rendait le financement toujours compliqué…

    • Personne n’a relevé l’excellente prestation de Frédéric Pierre en président d’association étudiante dans le Banquet de Sébastien Rose. Il est noir – Frédéric, pas Sébastien.
      Cela dit, un tour des sites d’agences de casting en ligne révèle aussi le peu d’acteurs professionnels non-blancs… A vue de nez, c’est du 1 pour 40 ou même 50 !

    • Certains semblent imaginer le cinema québécois comme un gros cours de Formation personnelle et sociale. Regardez tout le monde, comment il y a différentes nationalités qui habitent dans notre belle province ! Et que dire de tous ces homosexuels, ils sont tellements gentils et bien intégrés à notre société. Et que dire de l’égalité des sexes, tellement important pour les québécois.

      J’imagine vraiment le genre de film : toutes sortes de gens différents qui se promènent ensemble dans les quartiers de Montréal et qui se respectent vraiment beaucoup mutuellement. Abdoul, le turque qui amènent tous les personnage manger dans un restaurant typique de son quartier et qui parle du voile que sa femme porte, et tous les autres personnages respectent vraiment la décision de celle-ci et trouve ça tellement chouette qu’une société s’ouvre comme ça. Ensuite, les personnages vont faire du bixi ensemble et vont manger de bons bagels juifs avec Jacob, qui raconte les coutûmes de son peuple et quel sentiment ça lui a donné de quitter Israël pour venir au Québec.

      C’est là qu’interviendra Raoul, mi-irlandais mi-japonnais homosexuel, qui apportera tout le monde dans le village et leur présentera son copain qui est drag queen, après quoi tout le monde ira boire une bière sur une terrasse de Ste-Catherine Est. À ce moment, ils recontreront Marie, originaire du Saguenay mais qui habite maintenant le plateau. Elle est une grande militante pour le féministe et pour l’écologie. Elle invite tout le monde à cueillir des pommes dans les Laurentides.

      Le film se termine sur un ralenti montrant chacun des personnages avec la pièce « Give peace a chance » comme trame de fond.

      Voilà, ça sera le plus grand classique québécois et toute la Presse sera enchanté par ce beau métissage culturel.

    • Juste comme ça, pourquoi les personnages sont-ils toujours servis en français dans les fims et à la télé?

    • J’adore cette vision de Montréal qui est propagé sans arrêt comme étant une métropole incroyablement mixte où, comme il y a beaucoup d’immigrants, chaque personne a nécéssairement son quota d’amis noirs, juifs, arabes, latinos, etc.

      J’habite à Montréal depuis 11 ans. J’enseigne à des arabes, des noirs, des juifs, des latinos, et des blancs. Si on faisait un film sur ma vie, et que l’on y focusait sur mon travail, plusieurs figurants seraient des immigrants et des gens de couleur. Par contre, par un curieux concours de circonstance (vraiment?), mes amis, ma famille, et même mes connaissances qui ne sont pas mes étudiants sont pratiquement tous des blancs issus en grande partie des régions (comme moi). Est-ce si étrange?

      Est-ce que n’importe quel film se déroulant à Montréal devrait vraiment avoir un personnage principal dont les amis sont incroyablement multi-ethniques et multi-culturels? Quand vous allez au restaurant, est-ce que la majorité des gens se retrouvent entre mêmes cultures et mêmes races, ou est-ce que, vraiment, les gens autour de vous sont toujours un melting pot incroyable de couleur ethnique et un exemple de multi-culturalisme?

      On assiste ici à l’hypocrisie générale de la portion élitiste de la population qui croit que son absence de racisme (celle que l’on désire, pas celle qui existe vraiment) amènerait nécéssairement un mélange complètement homogène de races, une représentation qui épouserait complètement les statistiques dans ses proportions dans chaque situation de la vie-fiction.

      Allez dans la rue. Regardez les gens qui composent la majorité des personnages en fiction (la fin vingtaine, début trentaine). Avec qui sont-ils? Sont-ils entourés de gens tellement différents d’eux culturellement et ethniquement?

    • Dans le calcul du quota des “personnes des communautés culturelles”, est-ce que Xavier Dolan (Tadros), Niels Schneider et Mona Chokri, ça compte? À partir de quelle génération les enfants d’immigrants cessent d’être comptés comme membres des communautés culturelles? Est-ce que, dans la philosophie du multiculturalisme, il faut absolument qu’ils ne soient pas intégrés et qu’ils parlent mal ou pas du tout le français pour être comptés comme vrais immigrants?

      Sans faire de recherche approfondie (comment serait-ce possible sans tomber dans l’abjection?), j’ai fait un décompte rapide pour qu’on arrête de parler dans le vide.

      Sur 42 films de fiction faits en 2009, il y a en gros:

      9 films (21%) en anglais (réalisés par des anglos, des allos et des francos)
      0 film en anglais porte (selon leur description) sur les francos “de souche”… (sauf celui de Louis Bélanger si j’ai bien compris)
      13 films (31%) sont réalisés par des réalisateurs qui ne sont pas des francos “de souche” (anglos, allos, francos immigrants et enfants d’immigrant parfaitement intégrés comme Dolan).
      7 films (17%) réalisés par des francos “de souche” ont comme sujet l’interculturalité (les relations entre cultures).
      Bref, la moitié (52%) seulement des films furent réalisés par des francos “de souche” ET portent seulement sur les francos “de souche”.

      Dans le documentaire, les chiffres parlent encore plus dans la mesure où ce genre propose souvent des portraits de l’Autre. Sur 70 films documentaires:

      39 docus (56%) furent réalisés (seulement) par des francos “de souche”.
      Sur ce nombre (39), 17 docus (44%) portent principalement sur les immigrants ou les autres cultures (étrangères ou amérindiennes).
      31 docus furent réalisés par des (co)réalisateurs anglos, allos ou amérindiens.
      2 docus (6%) fait par des (co)réalisateurs non issus des francos “de souche” portent sur les francos de souche. Ces deux docus sont sur des artistes (l’ATSA et Robert Lepage) et ont comme co-réalisateur un franco.

      Vous pouvez faire vos propres conclusions… Les miennes sont que, si on en croit seulement le cinéma, les francos “de souche” s’intéressent beaucoup aux autres cultures mais la réciproque n’est pas vrai.

      N.B.: Ces chiffres sont approximatifs et non-scientifiques, bien entendu: je n’ai pas vu tous les films, je me fie seulement aux descriptions des Rendez-vous du cinéma québécois et je ne connais pas l’histoire familiale de chacun des cinéastes.

    • Ghost, par pitié, pourrais-tu traduire ton dernier post en anglais (hé! hé…) et t’arranger pour l’acheminer vers Jacob Tierney? Merci…

    • Je ne parle pas anglais…

    • Les gens ne se contentent pas que l’on projette des films, il faudrait plutôt que l’on projette leurs désirs; encore là je doute qu’ils ne soient jamais satisfaits.

    • @ fruitloops
      Quoi qu’on fasse au Québec ce ne sera jamais correct… Je suis entièrement d’accord. Pire, qu’un nobody vienne nous dire qu’on n’est pas assez ethnique dans nos films et ça y est… le concert d’éloges est reparti. On est racistes, xénophobes, impolis, on a l’air bête, on est paresseux et on sent pas bon (tant qu’à y être aussi bien beurrer épais). Ça s’appelle de l’autoflagellation. Les québécois sont forts là-dessus. Come on, comparez-vous bordel et arrêtez de vous dénigrer !

    • En passant, Barney’s Version, adapté de Mordecai Richler, va sortir bientôt. Dans son roman, Richler donne une vision des francos “de souche” beaucoup plus complexes et intéressantes que dans ses pamphlets. J’ai hâte de voir…

    • Cré Foglia. Toujours ce don de lancer une brique dans le piano, quand ça n’est pas une grenade dans la fosse septique et ensuite, de s’amuser des réactions qu’il a provoquées. Que va-t-on devenir quand il aura pris sa retraite?

      @JS «Le cinéma a-t-il comme mission de refléter la réalité démographique d’un temps et d’un lieu ou plutôt la vision propre au cinéaste? – js»

      Si l’on tient pour acquis que le cinéaste est un artiste dans toute l’acception du terme, votre question contient sa réponse. Comme me le disait si bien le paternel quand je lui posais une telle question: «Pose donc pas de question inutile», cela dit sans méchanceté aucune, ni de la part du paternel ni de la mienne.

      Et de toute façon, vous vous êtes auto-répondu un peu plus loin: «Le cinéma n’est pas un programme éducatif!»

      Si je tiens absolument à me «faire instruire» je regarde du documentaire ou encore je sors les cassettes de Passe-Partout de mon fiston maintenant devenu adulte,…… et artiste.

      Et merci à tous ceux qui ont si bien commenté et recensé le sujet. Je n’ai rien à ajouter sauf qu’il y a certaines données dont j’aurais aimé disposer quand j’ai lancé ma volée de bois vert à Tierney dans La Presse du lendemain.

    • Bah… on a déjà reproché au show Seinfeld de ne pas représenter suffisament la communauté noire, et que son show était trop juif-blanc et donc pas vraiment Newyorkais. Pourtant, NBC présentait aussi Fresh Prince of Bel-air…
      Y a du monde qui seront jamais contents.

    • Pour ma part, je ne comprends pas en quoi le dernier film vu de Tierney (The Trotski) satisfait, de manière consistante, à cette exigence de représentativité des diverses composantes ethnico-culturelles de Montréal.
      Une famille juive ? Parce c’est dit et qu’il traîne un chandelier à 7 branches sur la cheminée du salon… ?!
      Aucune information sur la religion juive, la culture juive, la diversité juive, l’histoire juive (à moins de considérer les bribes de la bio de Trotski comme des élémets de culture juive, ce qui serait un comble).
      Les quelques Cégépiens à peau sombre qui apparaissent en figuration au collège ?

      On se fout de qui ???

      Il est rare que le cinéma populaire du Québec fasse la part belle à des Néoquébécois ou des Amérindiens (moins encore en fait).
      Il est encore plus rare qu’il le fasse avec plus de consistance que Tierney.
      En fait, dans la plupart de ces cas on est déjà dans l’artifice des quotas sans les quotas.
      Quant à la comparaison avec les USA (tout duo de flics doit être bicolore et si possible de 2 sexes différents… etc ) je rappelle gentiment qu’il ne s’agissait pas de manifester une volonté d’intégrer « une minorité » ou des « cultures issues de l’immigration » mais des citoyens américains de souche souvent plus ancienne que celle de beaucoup de citoyens « blancs » et souvent majoritaire dans certaines régions ou villes.

    • Encore un mot, puisque certains évoquent le public.
      Pour avoir passé du temps à profiter de la programmation de la Cinémathèque québécoise depuis quelques années, j’ai constaté qu’hormis les accros qui vont voir presque tout ce qu’ils n’ont pas déjà vu (et encore, revoir fait partie de la passion), la diversité montréalaise n’est guère présente parmi le public.

      Pourquoi ???

      Pourquoi, dans le public d’une programmation de films polonais, bulgares, chinois ou autre, en plus des habitués et de quelques étudiants obligés, vous ne trouvez que des polonais, des Bulgares, des Chinois ou autres dans la salle ???

      Une fois, lors d’une projection polonaise, la spectatrice à mes cotés m’a demandé ce que je faisais là alors que je ne parlais pas polonais…
      C’est dire les ravages du communautarisme borné.

      Il court, dans certaines « communautés », l’idée que tout ce qui est québécois ne vaut pas une seconde d’attention. J’ai déjà essayé de ramer contre ce réflexe idiot mais un silence poli et plus ou moins patient fut la seule réponse à mes remarques (le refus du débat, un commencement d’inégration… !?)

    • “Il court, dans certaines « communautés », l’idée que tout ce qui est québécois ne vaut pas une seconde d’attention. ”

      En toute justice, Tierney dénonce cela aussi.

    • Curieux de savoir ce que M. Foglia pense de l’affiche du Tiff?

      http://tiff.net/

    • @mryale

      Je pense qu’il y avait plus de blancs dans Fresh Prince que de minorités dans Seinfeld et Friends combinés

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