Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mercredi 28 juillet 2010 | Mise en ligne à 15h30 | Commenter Commentaires (155)

    Guide audio-visuel pour mieux comprendre Inception

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    Avertissement : pas le meilleur post à lire si on n’a pas vu le film.

    Voici un petit guide audio-visuel composé de deux liens distincts glanés sur le web qui vous aideront, si besoin est, à mieux comprendre Inception, le nouveau film de Christopher Nolan qui suscite beaucoup de discussions depuis sa sortie en salle il y a deux semaines.

    Ci-dessus, un graphique ingénieux conçu par dehahs, un pro de l’infographie basé au New Jersey, qui illustre le fil des événements de la principale mission d’Inception (cliquez 2 fois sur l’image pour agrandir).

    Ci-dessous, une vidéo qui explique en partie le concept musical du film : montez le son, vous allez être agréablement surpris!

    Dans un article du Los Angeles Times, on apprend que le compositeur d’Inception, Hans Zimmer, a insisté auprès de Nolan pour conserver la chanson Non, je ne regrette rien d’Édith Piaf. Le réalisateur craignait qu’elle agisse comme une source de distraction après l’embauche de Marion Cotillard, qui a joué Piaf dans La vie en rose.

    Comme on sait, Zimmer a finalement eu gain de cause, et s’est amusé à manipuler la chanson pour appuyer la logique narrative d’Inception. Il précise : «Si vous regardez le film une deuxième fois, vous réalisez que la dernière note du film correspond à la première note du film. Il s’agit d’un ruban de Möbius

    > D’autres entrevues avec Hans Zimmer ici, ici et ici.

    ***

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    Enfin, pour les amateurs de BD, on peut lire le prologue d’Inception, The Cobol Job.


    • C’est bien beau le graphique, mais ça ne nous dit pas si Cobb rêve encore à la fin :P

      Sinon, la musique de ce film est excellente, la chanson d’Édith Piaf fut un très bon choix.

    • Qu’avez vous pensé du film, finalement ?

      Je l’ai vu en français (demandez pas pourquoi) et ça m’a distrait plus qu’autre chose. J’ai bien sûr hâte de le revoir pour m’en faire une opinion plus raffinée, mais je dois admettre qu’à ma première impression, je n’ai pas trop été ému : un blockbuster de très haut niveau, mais pas un grand film. Désolé pour ces platitudes, mais je dois vraiment revoir le film… en anglais! – js

    • @ jay_jay

      Et personne n’a de mauvaises réponses… moi je crois que c’est le réel.

      L’oeuvre de Nolan est-elle si complexe à cerner autant sur le plan de la forme que le fond? Le montage parallèle sans écueils elliptiques ardus et incompréhensibles agrémente non seulement l’oeil mais facilite notre perception et compréhension, qui ne diminuent en rien la qualité de cette production. C’est sur le plan de la forme que le film recèle de particularités, voire qu’il se démarque par une virtuosité rarement atteinte quant aux mouvements et aux angles de caméras… depuis 2001 : l’Odyssée de l’espace? L’originalité su scénario n’a rien à envier, par exemple, à un eXistenZ ou autres films de première catégorie qui « jouent dans la tête » des gens, dans leur esprit…
      À moins d’une effroyable surprise, ça sent d’emblée l’Oscar du meilleur réalisateur (je suis hâtif dans mon pronostic, je le sais!) et de la meilleure direction artistique (assurément)).

      Vivement une revisionnement!

    • @ Joseph Siroka

      Moi aussi j’ai vu le film en français. Ma copine n’est pas tellement bilingue et la complexité annoncée de Inception lui faisait craindre de ne pas bien saisir le film dans sa version originale. J’ai donc plié… fttshhhh… fttshhhh (bruits de fouet).

      Moi aussi j’ai été distrait par la traduction. Ce n’est pas qu’elle était affreuse en soi, mais ça faisait bizarre d’entendre le protagoniste du film de Nolan parlé avec la voix d’Aladin (merci Joël Legendre).

    • Cette histoire de ruban de Moebius fait d’Inception un film assez proche de Lost Highway et Mulholland Drive.

      “C’est bien beau le graphique, mais ça ne nous dit pas si Cobb rêve encore à la fin :P”

      Nolan laisse précisément l’alternative (rêve/rêve pas) ouverte, avec la toupie en suspens. Mon avis c’est que c’est nous, les spectateurs du film, qui devons se réveiller du film et que nous avons donc fait un rêve à plusieurs, avec l’idée que notre réel aussi n’est peut-être qu’un rêve: “Qu’est-ce que la vie? Un délire. Qu’est-ce que la vie? Une ombre, une illusion; et le plus grand des biens ne compte guère. Oui, toute la vie est un songe; et les songes eux-mêmes, que sont-ils? Songe! “Pedro Calderón de la Barca”

      Zhuang Zi (Tchouang-tseu): “”Zhuang Zi rêva un jour qu’il était un papillon, un papillon tout heureux de vivre. Mais bientôt il se réveilla et s’aperçut qu’il était Zhuang Zi. Il ne savait plus s’il avait rêvé qu’il était un papillon, ou bien s’il était un papillon rêvant qu’il était Zhuang Zi.”

      “Nous rêvons que nous festoyons ; l’aube venue, nous pleurons. Au soir, nous pleurons, le lendemain matin, nous partons à la chasse. Pendant que nous rêvons nous ne savons pas que c’est un rêve. Dans notre rêve nous expliquons un autre rêve, et ce n’est qu’au réveil que nous savons que c’était un rêve. Et ce ne sera qu’au moment du grand réveil que nous saurons que c’était un grand rêve. Il n’y a que les sots qui se croient éveillés, ils en sont même parfaitement certains. Princes, bergers, tous uns dans cette même certitude ! Confucius et vous ne faites que rêver ; et moi qui dis que vous rêvez, je suis aussi en rêve.”

    • Je n’aime pas quand on tente d’éclaircir des ambiguïtés narratives comme la finale d’Inception: à la fin, rêve ou pas à la limite on s’en fout, l’important c’est l’ambiguïté même, c’est à partir d’elle qu’on construit. Ghost la très bien montré dans l’autre post d’ailleurs, que c’est ce doute sur ce qui est rêve/réalité qui travaille tout le film.

    • Hey tout le monde, c’était juste une blague, je suis parfaitement conscient que l’idée, c’est de rester le plus vague possible. En fait, Nolan a semé un nombre assez impressionnant d’indices qui laissent croire… à l’un ou l’autre. Même l’histoire de la toupie, elle ne sert qu’à savoir si on est dans le rêve de quelqu’un d’autre. Alors si Cobb est dans son propre rêve (ou celui de sa femme), il ne le saura pas…

      Mais cela montre quand même que Nolan a compris quelque chose d’important : pour créer un phénomène cinématographique, rien de mieux que de laisser du mystère à la fin. Avec internet, tout le monde arrive avec sa théorie et on parle du film pendant un mois.

      @le_gaucher
      Ah, c’est satanés copines à moitié bilingues, c’est qu’on les aime quand même. Je comprend ta souffrance.

    • J’ai vu le film en anglais à deux pouces de l’écran. J’ai haiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ça. Pis on gèle dans les salles de cinéma. Du James Bond 2010 à la sauce pseudo-intello, ésotérique, paranormale etc. Pas trop ma tasse de thé. Trop d’effets spéciaux pour un sujet aussi dense.

    • N’en fait-on pas un peu trop autour du film Inception? L’oeuvre de Christopher Nolan n’étant pas en 3D, vaut-il la peine qu’on en parle tant? C’est l’été, les gens sont en vacances et ils ont d’autres chats à fouetter. C’est ce que je pense en ce moment même.

      Qu’on me comprenne bien, je ne parle pas du film en lui-même, je parle de tout ce que je lis à ce propos depuis quelques semaines. Bizarrement malgré tout ce qui en a été écrit, (incluant unholy_ghost), cela ne m’incite pas à aller le voir. Peut-être plus tard en DVD. J’ai l’impression que ce n’est qu’un échange de mots hyper intellectualisé mais qui reste à cent lieues de ma compréhension. C’est du moins le fond de ma pensée en la résumant bien. Est-ce que je me trompe?

    • Il y a un moment où j’ai décroché pour être raccrochée à la toute fin. Trop d’effets d’apesanteur et lorsqu’ils se branchent sur la machine, ils ont l’air d’une bande d’héroïnomanes qui font un trip en groupe. lol

    • @ J.Siroka

      Je suis d’accord avec votre opinion sur le film. J’ai trouvé insupportable cette scène de fusillade dans la neige, c’était tout droit sorti d’un Bond, avec le même sens des “gentils contre les méchants” (qui sont ceux-ci, finalement ?)

      Pour ma part, j’ai décroché depuis les premiers instants du film ; j’ai pensé : “Il
      faudra qu’on m’explique – de manière vraisemblable – comment ils font tous pour
      se retrouver dans le même rêve, mis à part le fait que ça soit par le biais de cette machine câblée muni d’un gros bouton fisher-price”. Cela dit, c’est du divertissement de très haut niveau.

    • @Virgiqqf

      Non, non, non, ce n’est absolument pas un film à voir sur une tivi, il faut absolument le voir sur GRAND écran, cher ami. Sinon, pour une fois qu’un film déchaîne les passions, il vaut mieux y aller et participer à ce débat plutôt rare.

      @Scotch

      Super les commentaires, merci encore.

      PS: C’est vrai qu’on gèle.

    • @Mélo_carmelo

      Tout film est basé sur des présupposés implicites, un certains nombres de règles que les spectateurs doivent accepter a priori, à moins de vouloir absolument passer pour l’un de “nos amis les vraisemblants” (Hitchcock). Ici c’est un film de science-fiction et l’un des présupposés de ce genre c’est que tu n’as pas besoin d’expliquer une invention, elle existera “et pis c’est tout”.

    • Oui, l’ambiguité baroque au coeur d’INCEPTION, cette confusion entre le rêve et la réalité, le rapproche de MULHOLLAND DRIVE et LOST HIGHWAY, mais aussi des films de M. Night Shyamalan, de MATRIX, de THE OTHERS…de la moitié de tous les films produits depuis environ 10-15 ans à Hollywood en fait! Je commence à penser qu’entre maintenant et le XVIIe siècle, c’est bonnet blanc, blanc bonnet. Reste à savoir ce qui génère cette confusion et cette inquiétude. Quelle est notre révolution copernicienne? Quelle est notre Réforme protestante?…

      En ce sens, LAS MENINAS de Vélasquez me semble le tableau le plus contemporain qui soit. Quand je suis devant lui, où suis-je exactement? Dans un musée ou dans l’atelier du peintre? Au XVIIe ou au XXIe siècle? Il y a, au fond, un miroir dans lequel je peux me voir mais dans lequel apparaissent le roi et la reine… Et, tout juste à côté, il y a un homme au seuil d’une porte; est-il à l’intérieur ou à l’extérieur de l’atelier? Est-ce qu’il entre dans la pièce ou est-ce qu’il en sort?…

    • Oui, je sais bien tout ça, mais n’empêche que ce n’est pas ma manière de penser. Je suis un de ces amis vraisemblants, faut croire.

      Où avez-vous lu que je m’en prends au scènes de poursuite à la James Bond? -js

    • Je suis allé voir le film au Cinéma du Parc, en version originale avec sous-titres anglais. Je n’ai vraiment pas regretté ce choix! Si seulement ça pouvait arriver plus souvent…

    • @ J.Siroka

      J’aurais dû mettre un point à la ligne après la première phrase.

      Pour l’analogie James Bond, ça me faisait plutôt penser au jeu Goldeneye sur Nintendo 64 qu’aux films eux-même. – js

    • En passant, je suis “scotché” à la trame sonore du film depuis ce matin. Après The Dark Knight, je commence vraiment à devenir un fan de Hans Zimmer…

    • Un sujet de billet pour Josef: les films herméneutiques, c’est-à-dire qui déclenche une frénésie de commentaires, souvent contradictoires. À vue de nez: Citizen Kane, Vertigo, 2001, Ghost in the Shell, la trilogie Lost Highway-Mulholland Drive-Inland Empire, Matrix, Inception aujourd’hui. Avec à l’origine la fameuse Arrivée d’un train des frères Lumière dont on n’est même pas certain qu’elle ait vraiment existé (la version connue est en fait un remake circa 1897!!).

    • Astyanax, j’ai hâte qu’on passe au 18e siècle, on va enfin pouvoir s’amuser…

    • À nos amis les vraisemblants (dont je fais parfois partie), voici le guide d’utilisation de la machine à rêves, nommée PASIV (déjà, le nom…). C’est pas une blague!
      http://www.pasivdevice.org/

    • Wow!!! Fred, sais-tu qui a fait ce site, est-ce Nolan lui-même? Si oui, il répond d’avance à nos amis les vraisemblants et c’est génial.

      Sinon, l’armée américaine fait déjà des tests pour lire les pensées, alors, une machine à rêve, ce n’est pas invraisemblable. Ce n’est toujours que de l’électricité dans notre cerveau.

      Sinon, il faudra bien un jour reconnaître que le dernier bon film de Wim Wenders, Until the end of the world, était en avance sur son temps. C’est peu ou prou la même histoire.

    • @ ghost
      C’est du matériel “officiel” du film retrouvé sur un site de marketing viral en ligne depuis le printemps. Pas le genre de tâche donnée à un sous-traitant obscur, il y a la patte de Nolan là-dessus, ou celle d’un de ses très proches collaborateurs.

      Tant qu’à être dans le marketing viral, les vraisemblants et l’armée américaine, voici le “Dream-Share Manual”. Encore là, du matériel “officiel” du film pour alimenter l’intérêt envers le film.
      http://www.wired.com/underwire/2010/06/dream-share-manual/all/1
      Comme tu l’as bien dit, ce film prévient d’avance toutes les critiques.

      Inception, film total

    • @ vlad_drac

      Je ne veux pas te faire de peine, mais Anglais ou Français, ça demeure un film très très moyen, dans pas grand temps, plus personne n’en parlera, aucunement destinée à devenir un grand classique comme 2001 l’Odyssée de l’Espace ou Blade Runner peuvent l’être.

      J’ai bien aimé, la critique de Martineau, je suis pas mal d’accord avec lui.

      http://www.canoe.com/infos/chroniques/richardmartineau/archives/2010/07/20100720-071105.html

    • @ popeyefafl

      Ce qu’en dit Martineau n’est pas une “critique” (tous ses arguments sont des sophismes, c’est facile à démontrer) et de toute façon il n’a jamais rien dit d’intéressant ni d’intelligent sur le cinéma (un comble pour un ancien critique). Peut-être dit-il des choses brillantes sur les gros sujets de société mais je dois avouer que je ne connais rien à ce genre de généralités.

    • Martineau écrit ou dit rarement quelque chose de bien intéressant. Dans sa «critique» d’Inception, il explique que ce film ne se compare pas à 2001 : A Space Odyssey. Jusque là, je suis d’accord avec lui, mais à la fin, il écrit «En passant, c’est quoi, le trip avec les films qui durent deux heures et demie ? » C’est que 2001 est un chef-d’oeuvre de 3 heures, mais bon…

      Aussi, il n’aime pas le «nouveau» cinéma, celui qui déconstruit les histoires et qui joue avec le rêve. Pourrais-je lui répondre que premièrement, ce n’est pas nouveau, et que deuxièmement, ça s’appelle utiliser au maximum les capacités du médium que tu utilises. Mais Martineau se complait dans sa nostalgie d’un monde qui n’a jamais existé…

      Ce que je trouve suspect dans la chronique en question c’est la citation de Woody Allen à la fin : «Si tu ne peux pas dire tout ce que tu avais à dire en 90 minutes, c’est que tu es un mauvais cinéaste.» Je ne peux croire que ces mots soient proprement cités, surtout venant de quelqu’un qui admire un film comme «Le chagrin et la pitié» (250 minutes). – js

    • @ le_gaucher

      Mort de rire : « [...] mais ça faisait bizarre d’entendre le protagoniste du film de Nolan parlé avec la voix d’Aladin (merci Joël Legendre) » Je ne suis pas bilingue mais j’irai le revoir en anglais assurément… une troisième fois en français par après je crois.

    • J’ai été voir le film 2 fois en anglais et sérieusement j’adore ce film. J’ai été autant impressionné la 1er fois que la 2e. C’est vraiment un grand film. Et non , le film ne se compare pas avec 2001, il se compare avec Inception! C’est du cinéma d’auteur à grand budget. On embarque vraiment dans un univers et le film n’est pas aussi complexe qu’on le laisse entendre. Dans un Hollywood où les standards sont maintenant définis par Twilight, ce film est vraiment rafraîchissant et nous rappelle ce qu’est le 7e art.

    • Pour moi la vraisemblance demeure une propriété capitale de l’œuvre littéraire ou de cinéma ; car il m’est avant tout demandé de croire à ce qui m’est raconté. Je ne crois pas qu’Inception soit un de ces films dont l’une des options de lecture serait celle d’une pièce d’art pour l’art : quelque chose comme “Tout ceci est une blague”. Le film se prend bien trop au sérieux pour cela ; Nolan, j’en suis sûr, a eu comme volonté de créer un morceau de cinéma grandiose, révolutionnaire – et il est persuadé de l’avoir fait. Mais j’aurais aimé pouvoir croire à cette machination vidéo, autant que, comme l’a signalé un autre interlocuteur, j’aurais aimé ressentir la vie de ces personnages (hormis Dicaprio qui est plus que convaincant, comme toujours).

    • Le moins qu’on puisse dire, c’est que les critiques de Jozef sont nettement plus pertinentes que Richard Martineau, cherchant tellement à trouver les “mots-chocs” qu’il en vient complètement à oublier qu’il n’a strictement rien à dire, mis à part “je n’aime pas ça”. Est-ce professionnel d’affirmer que Inception est “créé par un nerd dans l’intention d’épater ses amis Facebook”? Ou de dire qu’un bon film se doit impérativement de durer 90 minutes et être linéaire? De un, chacun de ses points de vue est grossi et caricaturé pour être bien sûr qu’il soit compris. De deux, dire comment le cinéma se doit d’être, surtout pendant une critique, c’est inapprorprié et surtout très subjectif. De trois, finalement, sa critique ne renseigne en rien sur le film: affirmer qu’Inception est mauvais car “c’est de la porno pour les amateurs de conspiration”, c’est aussi bête que de dire “c’est mauvais parce que c’est pas bon”.

    • Hahaha! Je viens de croiser Richard Martineau dret sur la rue St-Jean à Québec!!! Je vous ol’avais bien dit que la vie est un songe…

      Sinon, Melo, comment veux-tu ressentir la vie des personnages autres que Di Caprio alors qu’il y a des bonnes chances qu’ils n’existent que dans la tête de ce dernier…

    • Je ne peux qu’être d’accord avec christophe_a et avec ce que js mentionne à propos de Martineau et de son commentaire (car c’est bien un commentaire et non un critique). De toute façon, que connaît-il vraiment de l’art cinématopgraphique?? Il a suivi des cours universitaires? J’en doute.

      @melo_carmelo
      Je peux comprendre ton point sur la vraisemblance, cependant, pour avoir étudié le cinéma et la littérature à l’université, je peux t’assurer qu’aucun réalisateur ou auteur d’aujour’hui n’a la prétention de représenter la réalit. Cela dit il est vrai qu’il y en a quelques uns mais ils se font aujrd’hui rare. Tou ça pour mentionner qu’il faut prendre en considération que lorsque nous allons voir un film ou nous lisons un roman, nous somme d’emblée dans une fiction. Le simple documentaire, le simple fait de placer une caméra dans une fôret demeure en quelque sorte une fiction dans le sens que le réalisateur qui fait cela choisit le cadre. cela demeure une partie de la réalité.

      Si nous revenons au film de Nolan, ce qui est encore mieux justement pour les gens qui tout comme toi sont de fervants (et ce n’est pas péjoratif) amateurs de vraisemblance, c’est que le tout se déroule dans des rêves…quoi de moins vraisemblable que des rêves????

      Si vous voulez voir des oeuvres qui ont comme essence même et comme objectif de représenter la réalité, je vous recommende les films néoréalismes (les Italiens étaient fort sur cela à la suite de la SM).

      Le cinéma est de l’art…tout comme la peinture l’est. Est-ce que Picasso peignait la réalité? Est-ce que les toiles de Picasso nous semblaient vraisemblables? Je ne le crois pas. Il faut accepter que souvent en art, les créateurs n’ont pas le devoir ni l’intention de toujours représenter le réel.

      Tout ça pour dire qu’il faut accepter en entrant dans un film ou dans un livre ou n’importe quel autre type d’art, que c’est une fiction. Même le plus réel des films ou livres etc reste une fiction.

    • Oilers, Martineau a commencé comme critique de ciné.

    • Les idées de Martineau se résument à quelques tropes, toujours les mêmes, qui n’ont pour but que de réifier ses idées reçues. Sa vision du cinéma est purement utilitaire et référentielle; il n’analyse jamais les films que pour servir d’exemples à ses réflexions sur le social; sa vision du cinéma est purement politico-sociétale et toute idée esthétique, toute relation formelle au film est en soi de la branlette.

      Cela fait des années que j’attends qu’un rhétoricien démonte Martineau et montre enfin que le roi est nu. Il va falloir que je le fasse moi-même (mais en vaut-il la peine?).

    • Je trouve un peu injuste que l’on critique Inception par rapport au buzz qu’il a engendré, que ce soit par Martineau ou par n’importe qui. Nolan n’a rien laissé filer sur son histoire et n’a pas lancé de campagne marketing monstre, contrairement ce qu’on est habitués de voir… En fait, le buzz d’Inception vient de deux points majeurs: le succès de Christopher Nolan comme artiste avec “The Dark Knight”, et l’absence de campagne marketing “ordinaire”. C’est parce que Nolan respecte sa propre vision et refuse de céder dans les conventions monétaires imposées aujourd’hui qu’il attire les foules et les buzz monstres: il se distingue de la masse.

    • Je viens de tiquer: quelqu’un a écrit qu’Inception est un film de science-fiction. Eh oui! C’est ici que le bât blesse puisque les films de science-fiction me laissent tiède pour l’écrire avec élégance. Non pas que ces films-là soient tous mauvais, mais ils comportent des domaines où les universités ne peuvent pas encore les enseigner au niveau scientifique. Dommage!

      Petite question : pourquoi prendre du temps pour attaquer un film que vous n’avez pas vu? Et aussi, depuis quand un film, c’est-à-dire une oeuvre d’art, perd-il de sa valeur parce qu’il ne peut être «enseigné au niveau scientifique»? C’est m’importe quoi comme raisonnement! Vous frôlez le trollisme. – js

    • Je n’attaque en rien Inception, ni non plus votre grand amour pour ce film. J’ai pris du temps pour exprimer une opinion personnelle que je donne sans prétention aucune. S’il est permis de la décortiquer à son gré, personne cependant n’est forcé ou obligé de la partager! Il me semble avoir déjà écrit ici ou ailleurs que j’étais un polémiste de nature (à ne pas confondre avec un troll).

      Mon grand amour du film? Vous sortez ça d’où? Mon seul commentaire à propos du film, que j’ai écrit plus haut, se résume par : je dois le revoir en version originale, et j’ai pas été particulièrement impressionné. – js

    • @ Scotch

      Pour les effets spéciaux, il y en avait une fraction des films modernes. La très grande majorité était filmé “pour de vrai” et Chris Nolan a simplement fait construire le plus de choses réelles. Je n’ai pas les chiffres exacts mais il y avait quelque chose comme 500 effets par ordinateur alors qu’il n’est pas rare d’en avoir plus de 2000.

      @ melo_carmelo

      S’il fallait que tous les films soient réels, ils seraient plate parce que la réalité sur caméra serait vraiment plate simplement parce que la vraie vie est plate, enfin par rapport à un film. Par exemple, si on prend la scène dans Transformers (je sais que c’est pas le meilleur exemple) où on voit des contrôleurs aérospatiaux et des navigateurs aériens dans un AWACS (avion avec le gros radar sur le dessus), la musique rend cette scène vraiment excitante. En réalité, il n’y a pas de musique qui rend cet emploi plutôt plate vraiment excitante. Alors rendre sur film la seule et unique réalité ne donne pas beaucoup de choix. Ça reviendrait aux films dans The Invention Of Lying. Ça élimine tous les films de science fiction. Maintenant ceci dit, je ne vous enlève aucunement le droit à votre opinion mais personnellement, j’aime un sujet original même si peu crédible.

      @ nazo

      J’ai vu le film 3 fois (posez pas de question, longue histoire) et chaque fois, j’ai découvert et appris à mieux apprécier le film, surtout la performance de Ellen Page et un peu moins celle de Joseph Gordon-Levitt. Bien que le film a d’excellente performance de tous ces acteurs, je crois qu’on découvre plus de subtilité à Ellen Page que Joseph Gordon-Levitt qui a été bien reçu par les critiques que j’ai lu. À part Toy Story 3, c’est vraiment jusqu’à ce jour, le seul film d’été vraiment rafraichissant et intelligent mais pas si complexe (comme vous l’avez bien dit) et Toy Story 3 n’est pas vraiment un film d’été typique!

    • @oilersflyers

      Au sujet de la vraisemblance je ne parlais pas du rêve en tant que tel, mais de ce qui était supposé se passer dans la réalité. J’ai fait sensiblement les mêmes études que vous et j’arrive pourtant à la conviction d’aimer davantage une histoire, aussi ludique et déconstruite soit-elle, dont les prémisses diégétiques me la rendre crédible ! Je ne parle pas ici de “réalité” au sens néo-réalisme du terme, mais seulement de vraisemblance dans la structure même. Les différents chef-d’œuvres sont d’un mécanisme interne impeccable. On peut bien sûr dire que tout le film est un rêve, mais c’est une sortie narrative que l’on entend souvent. Cela dit, les différents rêves dans le film sont emboîtés certainement d’une main de maître, mais c’est le postulat de départ que j’ai de la difficulté à avaler.

      @ ghost : je suis d’accord, ce sont des personnes virtuelles, mais elles m’ont paru fades ! Ce serait un jeu d’acteur volontaire ?

    • Lâchez-moi svp avec le ruban de Mobius ! Il suffit de trouver des concepts de miroir, de fin qui se confond avec le début, d’interchangeabilité , ou n’importe quoi d’autre , puis ça y est, l’analogie est immédiate avec la bande de Mobius ! ; la science est au service de l”’Art” ( si vraiment c’en est un). De quoi faire revenir de sa tombe Mobius lui-même ou sourciller les mathématiciens ! C’est parce que l’analogie est facile et qu’une bande de Mobius, c’est bien plus compliqué et irrégulier qu’il n’y paraît. Des concepts comme ceux que j’ai mentionné, et qu’on rapporte avec le bande de Mobius, peut facilement et fidèlelement être plus identifiable à une boucle tout court, un cercle, ou conique quoi ! Mais non, Nolan et Lynch sont des génies !
      C’est comme l’argument : ” Tout est relatif ! ” et se rapporter à la relativité restreinte ou générale de Einstein !
      Et il y a encore certains qui parle de révolution et/ou d’innovation avec des films comme Inception , Matrix qui confondent réalité, perception, rêve et tralala. Allô ! , on ne vient pas de naître ! Ces concepts se retrouvent dans les plus anciennes, modernes civilisation et des sages les a déjà abordé maintes fois. Donc, bref , rien de nouveau à l’horizon et Inception, du régurgité lycéen avec des effets spéciaux d’expert.

    • effemmere a dit :
      « Ces concepts se retrouvent dans les plus anciennes, modernes civilisation et des sages les a déjà abordé maintes fois. »

      Bien sûr, et ça, tout le monde le sait, là n’est pas la question. D’ailleurs, de dire qu’il n’y a plus rien de nouveau est en soi assez vieillot. La question serait plutôt celle-ci : en quoi Nolan retravaille-t-il un thème millénaire aujourd’hui, de telle façon, et pour dire quoi?

    • A propos, je ne possède pas la vérité absolue et n’en veux point. Alors je propose le calumet de la paix. Et longue vie à INCEPTION pour les mordus seulement!

      Bonne soirée Monsieur Siroka ainsi qu’à tout votre lectorat.

    • J’ai bien aimé le film et je vais probablement tenter de le revoir, Ce n’est pas le chef-d’oeuvre attendu mais, disons que cela vaut amplement le déplacement.

      La musique est impressionnante mais si ce qu’a fait Zimmer (déformer un théme, le reconstruire, utiliser un leitmotiv) n’est pas nouveau pour tout amateur de musique classique (Wagner), il a réussi, avec beaucoup de talent, à créer une trame sonore prenante et intense qui sied bien à ce film.

      Pour ce qui est de la fin (je suis d’accord avec l’intervenant qu disait que cela n’était pas important pour évaluer, compendre le film): si vous regardez bien le mouvement de la toupie, on peut voir, dans les dernières secondes, un ralentissement de sa rotation, on perçoit le mouvement chaotique de l’axe de rotation caractéristique d’une toupie qui, quelques secondes plus tard, tombera.

    • @ entropie 21

      Nous sommes arrivé à la même conclusion concernant la fin du film mais d’une manière différente. Considérant son retour aux USA, il est libre de retourner chez ses enfants ce qui est son but depuis le début du film. C’est vraiment sa raison d’être. Alors pourquoi aller les voir dans le rêve? Maintenant, sa femme n’était pas dans la scène finale, alors qu’elle l’aurait peut-être été dans un rêve. Il est évident qu’il a combattu le démon de sa femme dans son subconscient mais elle aurait peut-être été présente. Finalement, l’élément le plus fort à mes yeux est la présence de son beau-père. Il n’avait jamais été dans son sub-conscient et n’avait pas de raison d’y être alors pourquoi le serait-il surtout qu’il n’y avait pas d’élément conflictuel entre ces deux-là. Alors voici ma conclusion.

      Maintenant, à chacun le plaisir d’imaginer la fin tel qu’ils le veulent! C’est vraiment la beauté de cette fin.

    • Il y a des gens qui sortent leur revolver à l’écoute du mot «culture». Moi, c’est quand j’entends celui de «Martineau»…

    • J’ai vu le film hier après-midi et je suis encore hanté par le rêve de Eames. Ces mouvements et cette violence sous la neige. Ces soldats à ski absurdement tirés par les jeeps… Tout ça apparaît comme vide, dénué de tout objet, à la limite de l’abstraction. Je trouve ça très beau.

    • j’me rappelle quand j’étais jeune et que les seuls critiques auxquelles j’avais accès était celles du JdM et de Martineau dans le TV Hebdo…c’était bien avant internet et les cotes médiafilms m’étaient accessibles que lorsque le film passait à la télé bien des années après la sortie vhs. j’avais peut-être 13-14 ans et je trouvais déjà les raisonnements de martineau très boiteux…

    • La critique de Martineau? On devrait plutôt parler de billet d’humeur. Il tente de dissimuler son absence de notions cinématographiques en tirant dans toutes les directions. Il fait la même choses avec tout ce qui n’est pas sa tasse de thé, la spiritualité par exemple. Des sophismes et encore des sophismes comme disait l’autre.

      Pour ce qui est d’Inception, ma principale réserve est la suivante:
      Comme mentionné dans le film, le rêveur conçoit son rêve en même temps qu’il le perçoit. En conséquence, ça crée un univers instable en constante métamorphose. Par exemple, on rêve d’un arbre qui se liquifie en un lac qui nous renvoie notre image qui se transforme en l’image de notre père qui se met à nous parler assis à la table de cuisine ou des vélos passent…. enfin vous voyez le genre; rien de comparable à l’univers matriciel d’Inception. Sans oublier de mentionner que les inconscients présentés sont totalement en contrôle, presque sans névroses et assexués. Mais bon, ça ne m’a pas empêché d’apprécier le film pour autant.

      Reste qu’un film comme ‘La Science des Rêves’ est nettement plus réaliste [qualificatif étonnant pour ce genre de film, j'en conviens] pour ce qui est de reproduire des rêves.

    • Quelque pistes de réflexion pour ceux qui ont vu le film.

      On pourrait croire que la réalité présentée est la vrai ou plutôt que tout le film n’est qu’un rêve. On pourrait également croire que le début est la réalité, mais que suite à l’échec de la mission, Cobb se réfugie dans un rêve ou il revoit ses enfants. On pourrait également croire l’inverse, que le film n’est qu’en fait qu’un film d’avion rêvé par Cobb et qu’il n’y a que la fin de vrai.

      Il est d’ailleurs étrange qu’il soit le seul à se réveiller dans l’avion et que les autres se réveille dans le camion dans l’eau. Le choc du camion aurait du être le Kick pour qu’ils se réveillent dans l’avion et non pas sous l’eau. Il est d’ailleurs étrange de voir Cobb utiliser un totem qui n’est pas le sien quand il est clairement spécifier qu’un totem doit être unique et ne peut être partager. Encore plus étrange sont les regards et le manque d’intéractions/validations des personnages dans l’avion à la fin, totalement inexpressif.

      Ce qui est cependant très réussi, c’est que toutes ces pistes se valent et ne s’invalide pas. Le niveau de lecture et d’interprétation se multiplient et semblent toutes être aussi valides les unes que les autres. Au final, j’ai l’impression d’avoir été victime d’une inception, un germe d’idée qui n’est pas mienne m’as été incrustée dans la tête. Et si au final se n’était qu’une métaphore sur le pouvoir du cinéma.

    • @scories
      En fait, Nolan se sort assez bien de la critique que vous lui faites puisque les extracteurs doivent faire passer le rêve pour la réalité à la cible. Il faut donc que les rêves soient le plus près possible de la réalité, sans jamais déraper vers les fantasmes de La Science des Rêves.

      Les bons auteurs savent habituellement se sortir de potentiels «plot hole». Ça me fait toujours penser à cette phrase dans The Sixth Sense : «They don’t see each other. They only see what they want to see. They don’t know they’re dead.» Quel merveilleux moyen de répondre à quiconque oserait contester la crédibilité du film.

    • Pour avoir lu à mains endroits que l’histoire était compliquée, j’avais peur de ne pas tout saisir. Mais non, en fait je l’ai trouvée simple. C’est peut-être une déformation professionnelle, mais quiconque a déjà touché à la récursivité (programmation) ne doit pas se sentir perdu une seconde car le principe est très similaire (piler et dépiler).

      Bref, c’est simple, il faut juste savoir quelle partie de l’histoire se situe à quel niveau. Et pour ça, Nolan n’a pas essayé d’embrouiller d’avantage. Quand on était à un niveau, on l’était clairement… sauf le dernier clin d’œil de la fin, mais qui était bien prévisible, comme son début d’ailleurs, du moment que le mot limbe a été prononcé dans le film.

      Bon, je ne dis pas que je n’ai pas aimé ce film, mais disons que les multiples « niveaux » étaient somme toute linéaires, il suffisait de suivre le fil de l’histoire. On n’était pas dans divers niveaux de compréhension où le sens des mots peut varier et une histoire qui peu sembler banale au premier niveau peut devenir un : « Wow, celle-là, je ne l’avais pas vu venir. »

      Enfin, ce film est évidemment très bien fait, le jeu des acteurs est également bon, la technique est à la pointe de ce qui se fait, et cette idée a le mérite de nous forcer à être attentif… en plus d’être probablement la première fois qu’on l’exploite. Du négatif ? Et bien je l’ai trouvé long. Mais je sais que c’est souvent le cas quand on n’est pas captivé complètement.

      Bref, un film que je recommande, qui vaut la peine d’être vu au grand écran, mais qui ne devrait pas passer à l’histoire. Un excellent divertissement en ce qui me concerne.

    • Je me fous éperdument que toute la trame narrative soit un rêve ou non; j’ai adoré que l’on nous laisse en suspend. Voilà une finale originale qui n’est ni un insipide happy ending, ni une fin en queue de poisson. C’est simplement la prolongation du doute, du questionnement et du suspense au-delà du film lui-même.
      Je devrai certainement me le retaper très bientôt, et ce avec un plaisir que je vous garanti renouvellé. J’aime définitivement de plus en plus la façon de Nolan de construire ses films.

    • J’adhère à la théorie de nitreug mais cela ne fait pas vraiment de différence.

    • Question technique : comment faites vous pour écrire en italique et caractère gras?

    • @ oilersflyers

      … et avec ce que js mentionne à propos de Martineau et de son commentaire (car c’est bien un commentaire et non un critique). De toute façon, que connaît-il vraiment de l’art cinématopgraphique?? Il a suivi des cours universitaires? J’en doute.

      Moi non plus, je ne me fie à Martineau comme critique de film, mais je suis pas mal sûr, qu’il à vu plus de film que moi (et j’en ai vu des tas), car quand c’est ton boulot (il a commencé comme critique de film pour Voir, je crois) tu en vois des tonnes, de tout les genres, de pays obscurs, sous-titrés, etc.

      Bon, on dit que c’est du commentaire, pas une critique, mettons, mais pour moi:

      Martineau: “J’ai trouvé personnellement que c’était une mauvaise copie de The Matrix, une oeuvre pompeuse et confuse, qui veut tellement montrer qu’elle est «intelligente» qu’elle croule littéralement sous le poids de ses idées et de ses références (Total Recall, The Matrix, Solaris, Mission: Impossible, James Bond). ”

      Ça ressemble à une ligne de commentaire, non, difficile de passer à côté, avec le “Arthur” (Joseph Gordon-Levitt) du film, qui cherche à ressembler à Keanu Reeves de la Matrice, la poursuite dans la neige à la James Bond, etc.

      Martineau: “Nolan a dépensé tellement de temps à emboîter les différents niveaux de son scénario les uns dans les autres (un rêve dans un rêve dans un rêve) qu’il a oublié de créer des personnages en chair et en os.

      Quant aux dialogues, ils sont aussi émouvants qu’un manuel d’algorithmes pour futurs programmateurs d’applications Web en langage Java.

      Bref, j’ai eu autant de plaisir à regarder Inception qu’à tenter de monter un lit jumeau IKEA. ”

      Je ne pense pas que Origine (Inception) va passer à l’histoire pour la mise en place de ces personnages ou l’identification du spectateur aux dit personnages, quand au dialogue, je doute qu’on se souviennent d’une seule ligne dans 40 ou 50 ans “Open the Pod bay door HAL” ou “My God it’s full of stars”. Pour ma part, j’ai regardé ma montre tout le long du film (pas un bon signe).

      Mais je suis d’accord, c’est un film qui mérite d’être vu sur grand écran, juste content de l’avoir vu un mardi, pour seulement $5.

      Martineau: “Mais, bon, le film va quand même avoir un méga succès international.

      Car il dit EXACTEMENT ce que les gens veulent entendre en 2010: «Ce qu’on vous présente comme la réalité n’est en fait qu’un gros mensonge créé de toutes pièces pour vous manipuler.»

      Bref, c’est un gros film porno pour amateurs de théories du complot.

      Tout ce que vous croyez vrai est faux, pour connaître la «vérité vraie», il faut aller au-delà des apparences, se déprogrammer, sortir du coma artificiel dans lequel le pouvoir nous maintient, blablabla… ”

      Et c’est justement ça le problème, c’est un film dans “l’air du temps”, pour ceux qui en font la promotion, c’est brillant, ça fait des entrées (après-tout, le cinéma est une industrie, avant d’être une forme d’art).

      Spectacle intéressant, visuellement bon, mais ça ne vas pas passer à l’histoire comme une oeuvre transcendante.

    • @Jay Jay : Oui, j’avais vaguement souvenir d’une sorte de stabilisateur de rêves. J’ai pas dû très bien comprendre cette partie. :)

      Reste que j’aurais préféré un scénario moins spectaculaire, mais plus profondément ancré dans les profondeurs instables du psyché humain; une sorte de spéléologie onirique. Mais bon, ça n’aurait certainement pas fait un blockbuster…

      Pour ce qui est de la fameuse scène finale, elle semble [selon moi] être le produit d’un rêve, et ce pour plusieurs raisons évidentes:

      -Le beau-père qui accueille Cobb à l’aéroport l’aurait devancé sans avoir été prévenu (plutôt surprenant pour un rat de bibliothèque). Quand aurait-il fait le voyage France-USA??
      -Les enfants n’auraient pas grandi ni bougé depuis le dernier souvenir que Cobb garde d’eux.
      -Et bien sur la toupie qui tourne sans s’arrêter.

      Toute cette scène idyllique trop-belle-pour-être-vraie m’apparaît comme un faux happy ending. Cobb semble avoir baissé les bras et ne veut plus affronter la ‘réalité’. D’ailleurs, le fait qu’il n’ait pas expliqué l’ampleur de ses difficultés à ses collègues trahit également une certaine lâcheté morale.

      Dernier détail. Suis-je le seul à avoir trouvé que le businessman japonais et le personnage interprété par Ellen Page n’auraient jamais dû avoir pris part à une mission aussi risquée??

    • @ghost

      ”Cela fait des années que j’attends qu’un rhétoricien démonte Martineau et montre enfin que le roi est nu. Il va falloir que je le fasse moi-même (mais en vaut-il la peine?).”

      Be my guest!

      me semble qu’il était beaucoup moins populiste dans le temps du Voir…

    • @unholy_ghost

      Je viens de lire sans réelle surprise la critique de Martineau sur Inception. Je n’ai pas suivi assidûment sa carrière, mais disons que ses idées dans ce cas-ci manquent cruellement de solidité et, à la limite, de pertinence. Pour soutenir son opinion, il se base presque uniquement sur ses émotions et ses préoccupation du moment (conspiration, porno, facebook…). Plutôt vide comme approche, bassement populiste semble-t-il.

      Vrai que l’émotion se situe au coeur de l’expérience cinématographique et que son absence selon les spectateurs peut s’avérer frustrante, mais la critique elle se situe davantage au niveau de la tête. Ce genre de commentaire bâti (le mot est gentil) sur des fondements fragiles semble se répandre à travers notre société. Des opinions tranchées, rapides et faciles, mais sans réelle réflexion analytique. Considérant la nature même du film et la richesse de sa construction, qu’on ait aimé ou pas, Martineau, pris dans son humeur, aurait peut-être dû choisir autre chose comme sujet.

    • Bonjour. Je lis ce blogue avec assiduité, mais n’y participe jamais. Quoi de mieux qu’un film «herméneutique», comme l’a qualifié l’un des célèbres intervenants, pour commencer.

      J’ai vu le film en VO aujourd’hui. À chaud, je dirais jeux un peux mécanique des acteurs de soutien, belle construction. Plans de caméra intéressants, peut-être un peu maniérés.

      Cela dit, je crois qu’il n’y a pas la complexité ou l’éclatement narratif que certains veulent bien prêter au film. Sans vouloir être prétentieux, je ne vois aucune ambiguïté quant à la construction du récit (sauf l’ouverture finale, évidemment). La simplification graphique que vous présentez, M. Siroka, m’apparaît erronée. Après tout on a droit à un assez long, mais intéressant préambule qui nous explique comment le rêve «communautaire » fonctionne. Il faut un architecte, dans le cas de l’inception, Arianne. Ce sont ses rêves à elle. À tous les niveaux, sauf pour le «Limbo». Ensuite, les rêves sont peuplés par le subconscient des autres rêveurs.

      Il faut effectivement un certain nombre de «leaps of faith» de la part du spectateur pour accepter les prémices d’Inception. Terme repris dans le film de manière à créer un effet de mise en abîme. Pourtant, Nolan en choisissant la science-fiction nous donne un cadre rigide dans lequel son monde se développe (à l’opposer de la fantaisie qui offre un cadre souple). On doit accepter que les totems personnels soient le lien avec la réalité. Ainsi, toute la première partie du film ne peut être rêvée, d’où la pertinence de l’ambiguïté finale…

      D’autre part, l’auteur a choisi d’établir plusieurs règles qui définissent le rêve et ses mécanismes. Dans ce cas tout tend à nous obliger à nous confiner à une esthétique réaliste. Choix facile, selon moi, qui est justifié par le (trop grand) désir de tabler sur le parallèle rêve-réalité et qui permet l’utilisation d’une structure narrative relativement simple fondée sur des codes connus (drame pour l’histoire d’amour Cotillard-Dicaprio, puis suspense-action pour ce qui est de l’opération elle-même).

      Au final, ce sont ces repères familiers qui permettent probablement à Inception de revendiquer le statut de blockbuster. Sans les limites que Nolan s’impose lui-même, il y a invariablement éclatement voir morcèlement du récit si l’on s’aventure dans le monde du rêve. Dans une certainement mesure, on retrouve d’avantage celui-ci chez Lynch (d’où un parallèle selon moi boiteux avec Mulholand Dr.), voir dans le dernier Scorcese (dans une moindre mesure)…

      Au final, pourquoi parler de film d’auteur dans le cas d’inception (c.f. M. Lussier)? Il y a certes une complexité manifeste au niveau de la structure du récit, puisque celui-ci se déroule à de multiples niveaux simultanément. Cette caractéristique, bien que réalisée avec brio par Nolan, n’est pas originale pour autant (the Matrix est évidemment l’exemple le plus facile à donner). On pousse le concept en ajoutant des niveaux, puis d’autre et en leur donnant un certain niveau d’interactivité, mais cela relève plus de la prouesse technique que narrative. Outre cette belle superposition, on a droit à deux histoires relativement banales qui ne sont n’y l’une, n’y l’autre, développé à leur plein potentiel. Les dialogues qui ne sont pas de nature explicative sont relativement ténus. DiCaprio s’en tire bien, mais son jeu n’est que secondaire par rapport à l’effervescence de la chaîne des événements. Lorsque de l’espace lui est donné (donc lorsqu’il y a interaction avec sa femme-subconscient), j’ai trouvé que c’était Marion Cotillard qui amenait l’intensité dramatique. Bref, belle réalisation, chaine événementielle trépidante, idée intéressante, mais on reste dans la mécanique, la forme.

      Ouf, je déteste habituellement lire ces longues tirades. Vous me pardonnerez, il était tard.

    • Dans le post précédent sur Inception (http://blogues.cyberpresse.ca/moncinema/siroka/2010/07/16/inception-quand-un-critique-depasse-les-bornes/), un utilisateur nommé mitte y allait de cette fausse critique jouissive remplie de mauvaise foi. À la lumière de la critique de Martineau, ce texte n’en est que plus rigolo (j’espère que mitte ne m’en veut pas trop!) :

      ***
      mitte
      24 juillet 2010
      11h46

      J’ai finalement vu et adoré Inception. Eh non, ce n,est pas la réponse à toutes les questions existentielles jamais posées par l’être humain, mais c’est un sacré bon film. Mais comme râler est toujours plus drôle qu’encenser, voici ma parodie-synthèse à la cinécruche des mauvaises critiques du film que j’ai lues:

      J’ai finalement vu Inception. Je n’ai pas du tout aimé ça parce que le film, en plus d’être très compliqué (est-ce qu’on est dans un rêve ou la réalité à la fin? Je ne comprends pas et seul le scénariste le sait!) et prétentieux (on expliquait trop de choses: ce n’était pourtant pas si compliqué que ça!), n’était pas du tout original parce que ce n’était qu’une pâle copie de Shutter Island (avec la femme morte), de 2001 (avec l’apesanteur), de Matrix (parce qu’il est question de réalités parallèles) et des Charlots à la plage (parce qu’il y avait une plage avec des humains dessus).

      Christopher Nolan n’est certainement pas Kubrick parce qu’il aborde des thèmes différents de lui, il n’a pas du tout le même sens de l’humour, il n’est pas né la même année ni dans le même pays et il n’est même pas juif (ni mort, d’ailleurs). Comment peut-il prétendre être un VRAI cinéaste????

      Et puis j’ai trouvé que c’était trop sirupeux avec le thème du deuil pis toutes les histoires intimes tristes à mourir du personnage principal et tous les flashbacks de guimauve. Les personnages étaient d’ailleurs sans vécu, sans passé et sans émotions.

      Et puis c’est quoi cette idée de mettre plein d’action qu’on n’a même pas le temps d’aller au toilettes? Les trucages étaient trop crédibles pour être vrais et je trouve que tous ces jeux avec l’image, ce n’est pas vraiment du cinéma digne de ce nom parce que tout le monde sait que depuis le début des temps, le cinéma, c’est surtout des dialogues (voir Buster Keaton et tout le cinéma muet, dont Christopher Nolan ne saura jamais se faire le digne héritier).

      Bref j’en voudrai pour toujours à Nolan de se croire plus intelligent que ses spectateurs: mon psy dit que c’est très mauvais pour mon estime de soi. Je lui en veux aussi de faire des films de 2h30 que ça paraît même pas qu’y font 2h30 parce qu’il y a trop d’action et qu’on est trop accroché. Je ne retrouverai jamais ces 2h30 de ma vie. Encore une chance qu’on n’ait pas vu un seul nichon dans le film parce que là j’appelais la SPCA.
      ***

    • Je viens à mon tour de lire la critique de Martineau. Mon évaluation du film n’est pas aussi dure que la sienne, mais il n’y a pas tant de chose que je suis en désaccord.

      “J’ai trouvé personnellement que c’était une mauvaise copie de The Matrix, une oeuvre pompeuse et confuse, qui veut tellement montrer qu’elle est «intelligente» qu’elle croule littéralement sous le poids de ses idées et de ses références (Total Recall, The Matrix, Solaris, Mission: Impossible, James Bond). ”

      C’est à la fois très vrai… mais aussi je pense qu’à un moment il va falloir lâcher les “pris ici et là”. Effectivement, on ne peut voir ce film sans y voir la matrice. Total Recall est efficativement dans la même veine où on joue constamment entre “la vrai histoire” et “tout fait parti d’une hallucination”. Mission impossible est aussi très juste : un groupe de gens qui doivent réussir une mission apparemment impossible (il ne manquait que la musique). Solaris? J’ai tellement trouvé ce film platte que j’ai baillé du début à la fin, un des meilleurs soporiphique que j’ai vu, donc je ne peux y voir grand points en commun… mais probablement encore la question à savoir si c’est la réalité ou dans la tête. James Bond??? Là, je vois beaucoup moins de parallèle.

      Mais je pense que tôt ou tard il va falloir arrêter de trouver que les idées sont pigées ici et là. Ça fait combien de temps que le cinéma, tel que nous le connaissons existe? Et la télé (qui fut longtemps la façon la plus commune de voir un film) en plus des vidéo (DVD, Bluray, …).

      Bref, chaque année nous arrive avec une quantité de films de toutes sortes. En plus, comme les compagnies sont de plus en plus frileuses, elles essaient de diminuer au maximum les risques en reprenant ce qui a déjà eu du succès (remake, bd, porter une série en film, etc. etc. etc.). Tout ça pour dire qu’avoir une idée telle que tout, mais absolument tout, est du nouveau, du jamais vu, c’est de plus en plus un tour de force et, à la longue, ça deviendra de plus en plus difficile. Quelqu’un qui veut planter un nouveau film pourra presque toujours dire : oui, on a déjà vu ça ici, là et encore là. Bref, c’est juste un amalgame de “déjà vu”, rien de nouveau… On le voit ici avec Origine avec le commentaire de Martineau (Matrix, Total Recall, Mission Impossible, Solaris?, James Bond)… comme on l’a vu récemment avec Avatar (Pocahontas, Dancing with the wolf, Jarjar bing, etc.). À un moment donné, il va falloir oublié toutes ces références pour prendre le film pour lui même et en un tout et se demander : est-ce que c’est un bon film ou non? Et lorsqu’on se demande pourquoi, si on est négatif en se disant qu’on a vu ça ici et là… peut-être qu’il faudrait mettre un peu d’eau dans son vin (enfin, sauf une grossière copie bien sur).

      Pour la richesse des personnages, oui et non. Évidemment ils auraient être plus développés, mais il faut voir ce qu’on recherchait : un film d’action ou un triller psychologique? Je penche beaucoup plus pour le film d’action … à l’exception de DiCaprio qui est piègé avec le souvenir de son ex.

      “La vérité est un mensonge”.

      Ici, je suis bien d’accord. Quand je parle de compagnie frilleuse qui prend le moins de risques, et bien je pense que ça s’applique pour Origines. Ce film surf effectivement sur ce thème qui a eu plusieurs films à grand succès… et qui dit succès dit profits. Ce n’est évidemment pas le seul. S’il y a bien un thème qui me donne la nosée dans plus d’un blockbuster sur 2 est la sempiternelle : “et il(s) sauva la terre (si ce n’est l’univers ou la race humaine, etc.). Ça, j’avoue en avoir un immence ras le bol à moins que ça ne soit repris avec beaucoup de retenue et non la finale avec feux d’artifice et musique pour présenter le héro des héros, celui/celle par qui la terre tourne toujours… ouf

      “De belles constructions”

      Oui, et ça va dans la même note, i.e. surfer sur une mode.

      “Interminable”

      Là je serais malvenu de ne pas lui donner car c’était ma première impression en sortant du film.

      Bref, une critique sévère mais pleine de vérité sur le cinéma en général.

    • @exegete
      «je ne vois aucune ambiguïté quant à la construction du récit» Sauf que vous croyez que les personnages sont toujours dans les rêves de l’architecte, alors que c’est faux. Il s’agit de rêves partagés, l’architecte fournit le cadre dans lequel le rêve se déroule, mais les rêveurs se retrouvent dans le subconscient de la cible et l’univers en tant que tel du rêve est conditionné, en ordre chronologique, par Yussuf, Arthur, Eames et Cobb. Donc, il pleut dans le 1er rêve parce que Yussuf a la vessie pleine…

    • @tous
      Le lien suivant fut affiché il y a quelques jours (par esprinoza) dans un autre billet, mais je le remets ici, car le texte est vraiment intéressant. L’auteur y fait notamment une comparaison inattendue avec Inglorious Basterds, ardemment défendu et débattu sur ce blogue: selon lui, Inception est un méta-commentaire sur le cinéma. Au début, je trouvais le tout tiré par les cheveux, mais ses arguments sont plutôt bons et plus j’y pense, plus je me range de son côté…

      http://chud.com/articles/articles/24477/1/NEVER-WAKE-UP-THE-MEANING-AND-SECRET-OF-INCEPTION/Page1.html

      @exegete
      À mon avis, c’est un film d’auteur à condition qu’on aille au-delà du plaisant effet ‘Matrix’ et du jeu très ’sci-fi’ entre la réalité et le rêve. Le lien ci-haut offre une interprétation qui ne pourrait tenir la route si le film n’offrait pas autant de virtuosité d’un point de vue conceptuel. Je ne suis d’habitude pas trop happé par les gros buzz hollywoodiens, mais Inception a à mon avis la particularité d’avoir réussi un mariage inusité entre un style visuel hollywoodien, une forme brisée qui sort des conventions que le style mentionné précédemment impose normalement, et plusieurs niveaux de propos. Ce n’est pas rien.

      @martinbi
      J’avais oublié eXistenZ, mais c’est bien vrai, ce que vous dites…

    • @Mr Siroka: j’ai eu la même expérience que vous pour Saving Private Ryan. Film encensé de tous, il était impossible de le voir à Qc quand il est sorti tant les billets s’envolait le temps de le dire. Finalement je l’ai vu à Montréal en français et je peux vous dire que les soldats venaient à peine de s’échapper de la plage que mon intéret pour le film s’étiolait. Jusqu’à ce jour je me dis qu’il faudra bien le revoir en langue original pour voir s’il est digne d’intéret mais je n’arrive pas à le faire.

      @unholy_ghost: Dany Laferrière a dit de Martineau qu’il écrit au delà de ses capacités intellectuelles et chaque fois que je lis une de ses chroniques (le JdeM traîne dans notre cantine au bureau) il me le confirme. SVP, pour mon plaisir perso, montrer nous que le roi des idées reçues et du texte de rhétorique niveau 4e secondaire est nu. Il faut bien croire qu’il est le Michael Medved québécois.
      En passant je l’ai vu avec sa femme attendre impatiemment dans l’ancien Paramount que Iron Man 2 commence. Je ne ferai pas de commentaires gratuites sur elle…

    • J’étais tellement content d’aller me taper ce film en croyant que les scénaristes avaient été retirés de la liste des persona non grata à Hollywood… Ben, ils sont revenus sous une sorte de sauce narrative 3D, décérébrés sur le plan émotionnel, dans un improbable mariage entre ECHER et des poupée russes sur trip d’acide…

      Bref, aussitôt vu, aussitôt oublié. À peine plus qu’un autre tour de sécheuse hollywoodienne à SPIN durant deux heures.

      Nolan, après voir revampé — malheureusement, l’increvable franchise de l’Homme en habit de chauve-souris, a pu fourgué une variation de luxe, granguignolesque et alambiqué de son MEMENTO aux producteurs reconnaissants.

      Quelques trouvailles visuelles, aucune émotion, musique écrite par un pompier (le même sans doute que SHUTTER ISLAND (j’ai pas vérifié, pas nécessaire…), avec le fantôme d’ Edith Piaf aussi déplacé dans ce casse-tête numérique que Marion Cocotillard.

      Dommage, les scénaristes dignes de ce nom travaillent ailleurs (s’ils travaillent!), sans doute pour la télévision.

      D’ailleurs ce film avait déjà été pas mal tourné en 1998 avec Robin Williams dans: Au-delà de nos rêves (What Dreams May Come) de Vincent Ward. Avec moins de spinning mais plus d’émotion…

    • @aubordunord
      Ton lien est plus qu’intéressant. Il reflète assez bien ce que je pense du film. Je crois que ceux qui affirment que le film n’aurait pas de sens si tout était un rêve ne comprennent pas son essence. C’est un peu comme critiquer «Funny Game» parce qu’il est trop violent…

    • Ouf, Au-delà de nos rêves (What Dreams May Come) est certainement l’un des films les plus pénibles qui m’aient été donnés de voir. De la spiritualité de guimauve. Voir un film hollywoodien qui s’attaque à la question de la vie après la mort. Au moins le monde des rêves est un terrain moins… glissant. Je persiste à croire qu’Inception est l’ultime film de réalités parallèles.

      Iron man 2 est effectivement un film au niveau intellectuel de M. Matrineau. Je n’ai toujours pas digéré sa critique stupiude de Saraband.

    • @fruitloops

      Il n’y a pas eu de musique originale écrite pour Shutter Island.
      Peut-être auriez-vous dû vérifier après tout…

    • fruitloops a écrit :
      « Quelques trouvailles visuelles, aucune émotion, musique écrite par un pompier (le même sans doute que SHUTTER ISLAND (j’ai pas vérifié, pas nécessaire…) »

      aubordunord a écrit :
      « Il n’y a pas eu de musique originale écrite pour Shutter Island.
      Peut-être auriez-vous dû vérifier après tout… »

      Ça me rappelle ma réflexion sur les deux films retrouvée dans le billet précédent : “Inception et Shutter Island : deux hémisphères d’un même film-cerveau?”. Quand notre mémoire d’un film (Shutter) devient teintée par le visionnement d’un autre (Inception), on est dans la perméabilité entre les deux rêves/films/hémisphères. L’anecdote fruitloops/aubordunord est trop comique!

      Tant qu’à rester dans la même veine, ça me fait penser à la collaboration précédente de Scorcese et Di Caprio, The Departed, où le faux-bandit Di Caprio et le faux-policier Matt Damon jouent les images-miroir de leur personnages respectifs. La ressemblance physique est frappante depuis longtemps, ce qui ajoute à la portée du film. Je me souviens avoir vu une image de Di Caprio où il ressemblait plus qu’étrangement à un jeune Jack Nicholson, qui joue le chef des criminels dans The Departed. Un casting assez troublant…

    • Scories, je voulais juste dire que le film ne fonctionnait pas sur le plan émotionnel, que c’était juste un casse-tête de nerd.

      Pour autiste, sans doute.

      Que la spiritualité soit de la guimauve, c’est forcé. Tu y comprends quelque chose, toi? N’est pas Arthur Clarke ou S. Kubrick qui veut. Mais au moins, avec Robin Williams, il reste quelque chose de biologique dans la poutine 3D. Un kleenex… or just a good laugh at least. They owe us that much (excuses l’angliche, mais on parle de cinéma amerloque après tout…)

    • frederic_clement_qc,

      Je sais pas si mes hémisphères se fréquentent comme tu dis, mais y a des chances…

      Concernant la musique de ces deux films, les quelques rifs qui se dénotent dans ce ramassis de décibels (sans jeu de mot…) se ressemblent étrangement. Et que cette ressemblance soit un ralenti plagié d’une tounne d’Édith Piaf, me confirme la platitude du processus de création musicale commandée par les marchands d’Hollywood.

      Je déplore fait que les scénaristes aient déserté Hollywood, il semblerait que ce soit les cas pour les musiciens également. Hollywood n’engage que des SAMPLERS et des plagieurs apparemement.

      Quoi d’autre? Tout y est copié/collé.

    • @Fruitloops: C’est plutôt vrai qu’Au-delà de nos rêves ne fonctionne qu’au plan émotionnel et qu’Inception ne fonctionne qu’au plan logique. Ça dépend donc des goûts! Reste que je ne suis pas à l’aise avec l’idée qu’un film d’Hollywood scénarise la spiritualité avec une touche Walt Disney.
      Et j’en profite pour dire que je regrette mon dernier propos sur Martineau. C’est mon côté émotionnel qui prend le dessus ..et ça n’a rien à voir avec le thème du blog. Désolé.

    • fruitloops, la musique de Shutter Island vient de Ligeti, Penderecki, John Cage, Max Richter, Brian Eno, Mahler et j’en passe. À bien y penser, c’est vrai que ces mecs là ne font qu’un ramassis de décibels…

    • J’ai finalement été voir Inception hier. C’est un très bon film. Et ca prouve que Martineau est vraiment poche comme critique.

      J’avais peur que ce soit inutilement complexe mais ce n’est pas le cas.

      Vrai que le scénario est complexe mais dans le bon sens du terme. C’est assez impressionnant de voir a quel point Nolan a mis beaucoup d’effort dans son scénario.

      Souvent les scénaristes arrivent avec des idées originales mais ils ne prennent pas le temps de vraiment les élaborer. Ils ne donnent pas vraiment d’explication, ils nous disent voici comment notre histoire se passe, c’est comme ca parce que c’est comme ca et arrangez-vous avec le reste (on pourrait appeler ca la méthode ‘Lost’).

      Dans le cas de Nolan il s’est vraiment appliqué a construire un scénario béton. Et ce qui est bien c’est qu’il n’alourdi pas le film. Malgré toutes les informations qu’il nous lance on se retrouve facilement dans l’histoire.

      A part pour la première scène c’est facile de savoir quand est-ce qu’on est dans la réalité et dans le rêve. Et pour les scènes ou plusieurs niveaux de rêve se cotoient il utilise toujours des environnements différents qui font qu’on se retrouve facilement. Exemple, un environnement urbain avec des tons gris. Ensuite un environnement de bureau dans le brun et beige ou un environnement blanc hivernal.

      Par contre visuellement je m’attendais a quelque chose de plus spectaculaire. C’est quand même pas mal sauf que les previews laissaient présager un feu d’artifice d’effets spéciaux de haute voltige alors que ce n’est pas le cas.

    • Après avoir vu Inception, une impression se confirme: les films de Nolan ne peuvent échapper à une certaine lourdeur qui prend différentes formes: personnages souvent unidimensionnels et au caractère presque uniformément sombre et sérieux; une tendance à sur-expliquer tout et à laisser peu de place à l’interprétation et à l’évaluation personnelle (bien sûr je ne tiens pas compte de la finale ambigue tant d’Inception que du Prestige par exemple); un manque souvent flagrant d’humour; etc.
      Ce ne sont pas toujours et nécessairement des tarres dans d’autres films et chez d’autres réalisateurs, remarquez, mais ce sont des choses qui m’ont toujours agacées chez Nolan. D’autre part, je dois avouer que je n’ai jamais embarqué dans le film (Inception), que j’ai trouvé somme toute plutôt ennuyant. Les personnages sont fonctionnels par rapport au récit et très peu développés; le rythme est trépidant mais on ne respire à peu près jamais (comparez par exemple avec les classiques que sont 2001 ou Blade Runner): soit on est bombardé de dialogues sur-explicatifs peu intéressants, ou soit on est assailli par la trame sonore crée par Zimmer (que j’aime à l’occasion mais, qui ici en fait trop). De plus le film est trop long, non qu’il y ait une règle en vertu de laquelle un film ne devrait pas dépasser 90 minutes (n’en déplaise à ce chère Martineau), mais parce que celui-ci aurait put être expurgé de plusieurs dizaines de minutes (au milieu et aussi à la fin… qui n’en finit plus de finir). Aussi, les scènes d’action m’ont laissés plus ou moins indifférents; je n’ai jamais, par ailleurs, beaucoup aimé la façon qu’il a de les filmer. J’ai l’impression qu’il cherche à adopter une approche réaliste à la M. Mann (caméra à l’épaule nerveuse, esthétique déséquilibrée), mais qu’il ne parvient pas à la même efficacité.
      Sinon, le film est visuellement plutôt bien: les décors, les effets spéciaux, etc., mais étonamment peu imaginatif pour un film avec un tel potentiel onirique.
      Côté acting, Leo s’en sort bien comme à l’habitude, sans toutefois sortir de son registre habituel (Shutter Island n’est pas bien loin par exemple) et les autres se débrouillent avec le peu qu’ils ont à défendre.

      Bref: je ne peux pas dire que le film était mauvais, malgré les nombreux points de déception que je mentionne. Mais je ne peux pas dire que j’ai aimé. Dans tous les cas c’est un film surévalué.

      Bien sûr, je passe à côté d’un million de points importants que l’espace et le temps m’empêchent d’élaborer…

    • «Dans tous les cas c’est un film surévalué.» J’aimerais bien savoir comment on fait pour surévaluer une oeuvre artistique. Parce que pour surévaluer quelque chose, il faut bien connaître sa valeur réelle, ce qui est bien difficile à définir ici… Quelle est donc la VRAIE valeur de ce film? Celle que plusieurs critiques dithyrambiques lui accordent, celle plus modérée que lui donne Jozef Siroka ou bien celle médiocre que lui trouve Martineau?

    • Jayjay

      Suévalué par rapport à qui et à quoi ? Bonne question en effet… Ce commentaire s’adressait implicitement à ceux qui ont encensés le film, qui veulent en faire sans plus tarder un classique, qui y voient un coup de génie, un film particulièrement intelligent, un méga-film d’auteur, un film aussi de la trempe de 2001, et ainsi de suite. Donc surévalué par rapport à ces points de vue.

      Bien sûr il y a des critiques moins enthousiastes (Mr. Siroka, Edelstein et plusieurs autres), et je me range davantage de leur côté.

      Quelle est la vraie valeur du film ? Dans un certain sens, c’est une question qui n’a pas de sens. Une valeur ne peut être ni vraie ni fausse. D’un autre côté, on peut utiliser des arguments pour discuter à propos d’un film, développer une analyse plous ou moins éclairante et pertinente, et comparer arguments et analyses. Cela ne permet pas toujours de s’entendre sur la ‘vraie’ valeur d’un film, mais cela ne conduit pas nécessairement non plus à une incommensurabilité des points de vue.

    • Que de négatif… Est-ce à croire que les attentes étaient trop élevées? Je ne cesse de lire qu’Inception « n’est pas à la hauteur de 2001 ou Blade Runner ». Or, je ne sache pas que Nolan ait déjà déclaré que ce film était « son » 2001… (Quant à Blade Runner, je n’ai jamais compris pourquoi ce film était si porté aux nues, mais bon, c’est moi…)

      J’ai vu Inception vierge de tous préjugés (c’est-à-dire dès sa sortie et avant tout le buzz qu’il a généré) et j’ai adoré. Ce n’est pas Citizen Kane (et je ne crois pas que c’est ce que Nolan a voulu faire) mais c’est à mon avis un film solide, puissant, dont on parlera encore dans 10 ans.

      J’ai justement aimé beaucoup de choses qui lui sont reprochés. À commencer par la mise en scène plutôt formelle. Je déteste la tendance en science fiction à faire des orgies visuelles sous prétexte que l’action ne se passe pas dans le réel. Combien de cinéastes, sous prétexte que l’action se passe dans les rêves, auraient sombré dans un surréalisme psychotronique à la Tim Burton de Charlie et la chocolaterie?

      Ici, l’univers des rêves se démarque par un rythme particulier, par un léger décalage. C’est – justement- vaguement onirique… C’est une forteresse dans la neige digne d’un « On her Majesty Secret Services » un peu stone, des limbes qui prennent l’allure d’un fantasme d’architecte contemporain fou, un hôtel au Maroc assailli par une foule en colère, un ascenseur qui se promène entre souvenirs heureux et déchirants, un train de culpabilité qui apparaît à différents moments… Bref, c’est tout sauf des bizarreries lancées sans raison au visage du spectateur (à la Lynch ou à la Cronenberg).

      Il y a beaucoup de dialogues explicatifs? Bien oui, c’est un thriller… Il y a donc une intrigue (assez touffue sans être inutilement complexe) qui est révélée par les dialogues. Je ne vois pas de drame, ni de lourdeur, à ce qu’on m’explique les tenants et aboutissants de l’intrigue.

      Enfin, le scénario est blindé : on peut voir le film plusieurs fois sans trouver de failles ou de « plot holes », et ce peu importe l’interprétation qu’on en fait, ce qui n’est pas rien.

      Bref, je suis surpris (pour ne pas dire déçu) du peu de commentaires qui prennent la défense du film (sur 70+ commentaires)…

      Enfin, hors d’ordre, mais sur l’interprétation : ceux qui pensent que les enfants sont les mêmes pendant le film et à la fin devraient revoir le film. Ce sont clairement des acteurs différents. Les enfants sont aussi nettement plus âgés à la fin, et sont habillés différemment.

      Et la toupie vacille…

    • @jay_jay

      C’est une bonne question. Personnellement je dirais que c’est un très bon film. Genre 4 étoiles sur 5. Pas un classique mais c’est loin d’être mauvais. Disons que c’est une bonne coche au dessus de tout ce qui se fait a Hollywood présentement.

      Certaines personnes reprochent le manque d’émotion ou la froideur des personnages mais ce n’est pas vraiment ce que tu recherches dans un film comme Inception.

      C’est comme quand tu lis un Sherlock Holmes. Tu ne recherche pas les grandes émotions et les dialogues poussées sur le sens de la vie. Ce que tu veux c’est une bonne histoire bien ficelée qui va te surprendre.

    • @ frank herbert
      ‘le scénario est blindé : on peut voir le film plusieurs fois sans trouver de failles ou de « plot holes »’
      Pourquoi les personnages se ‘réveillent’ dans l’eau après que la van crashe? Ils ne sont pas supposés se réveiller dans l’avion? Tous les kicks devraient les réveiller dans l’avion (sauf Saito et Cobb qui sont dans les limbes). Moi c’est le seul truc qui m’a fait tiquer…
      Sinon, c’était un bon film, pas un chef-d’oeuvre. Un film intelligent, et divertissant.

    • La toupie permet à Cobb de savoir s’il se retrouve dans le rêve de QUELQU’UN D’AUTRE. Alors s’il est dans son propre rêve, qu’elle tombe ou non ne change rien à la conclusion. Et si mon interprétation est correcte, alors Cobb s’est tout simplement inventé un monde (celui du film) qui lui permet de s’évader d’une réalité qui en est possiblement bien éloignée. Le fait qu’il soit le seul personnage vraiment développé et qu’il fait tourner la toupie alors qu’elle ne lui est d’aucune utilité dans cette situation sont 2 éléments qui me laissent croire que je ne me trompe pas. Mais peu importe la conclusion qu’on en fait, la toupie n’a vraiment pas d’importance.

    • c’est vrai, frank_herbert, je survole aussi les commentaires sur inception et ne dit rien parce que je m’étais prononcé il y deux semaines quand j’ai vu le film…on fait tout un cas d’inception, ça fait deux semaines qu’il est à l’affiche et on en parle encore ici, c’est clairement pas un petit film de passage. je suis exactement du même avis que vous sur le film (mais je ne comprend pas vos réserve sur blade runner, vous devriez le revoir peut-être, et je ne suis vraiment pas certain que lynch ou cronenberg nous “lance au visage des bizarreries sans raison”…), vous pouvez me compter parmi ceux qui l’on apprécié pour ce qu’il est ou ce qu’il s’efforce d’être…

    • @bohmer : vous avez raison pour Blade Runner, je devrais le revoir. Je me souviens d’un bon film – visuellement ahurissant, mais dont l’histoire m’avait laissé un peu tiède, mais il y a effectivement trop longtemps de cela. J’ai fait ce commentaire surtout parce que je suis un peu fatigué de le voir cité comme LA seule référence d’un film réussi de science fiction. Sur différents forums de cinéma, lorsque vous discutez d’un film de SF, il y a toujours quelqu’un pour vous lancer que “ce n’est pas Blade Runner ». Bref, j’ai laissé mon agacement trop percer.

      Même chose pour Lynch et Cronenberg : j’aurais dû me modérer. Ce sont deux grands cinéastes. J’ai juste gardé une dent très personnelle (non pas rationnelle, purement subjective je l’avoue) contre Dune et Existenz.

      Voilà : mea-culpa…

    • @ frank_herbert

      Dune n’est pas totalement mauvais (la musique et la direction artistique était superbe) il me semble, pas très bon non plus…mais j’ai trouvé existenz brillant, probablement meilleur qu’inception! c’est ce qui est bien avec cronenberg, il vous en donne toujours plus que vous en attendez et souvent sans que vous vous en rendiez compte…

    • C’est sûr que comparer Inception avec 2001 et Blade runner c’est un peu boiteux. Je l’ai fait surout parce que certains l’ont fait et qu’il me semblait important de rectifier le tir. D’un autre côté un film de SF peut être bon même s’il n’est pas à la hauteur de ces chefs-d’oeuvre.
      J’aurais aimé avoir peu d’attentes avant de voir le film, comme ce fut le cas pour certains sur ce blogue. Mais avec le marketing monstre, les trailers et les teasers particulièrement efficaces, la filmographie somme toute au-dessus de la moyenne de Nolan, l’excitation palpable de la blogosphère, et les quelques critiques que j’ai lu du film avant même de le voir ont fait d’Inception, pour moi du moins (et je ne crois pas être le seul) un film attendu. Ce qui explique une partie (mais seulement une partie) de ma déception et de ma critique négative.

      De mémoire, j’ai préféré Memento, The Dark Night, et peut-être même The Prestige à Inception. Mais il me faudrait tous les revoir, c’est certain.

    • Bonjour à tous,

      Personnellement, j’ai bien apprécié Inception. De nature quelque peu anti-conformiste, j’arrive très souvent dans la salle de cinéma sur mes gardes et avec un regard critique assez sévère sur un film quand celui-ci génère un gros “buzz”.

      Dans ce cas-ci, toutefois, j’ai trouvé que le film est bien ficelé, nous permet de nous intégrer facilement à l’histoire et réussit à nous garder intéressés du début à la fin (à l’exception peut-être, dans mon cas, d’une scène dans le rêve de Cobb, que je trouvais un peu longue).

      Quoi qu’il en soit, ce court commentaire n’est qu’un prélude à deux questions que j’aimerais poser ici et que, j’espère, certains pourront m’aider à éclaircir.

      Tout d’abord, quand Fischer meurt, au 3e niveau de rêve, pourquoi Cobb réussit-il à le retrouver dans son rêve, pourquoi Fischer n’est-il pas tomber dans les limbes, comme Saito quand il meurt? Est-ce parce que Fischer a été tué par la femme de Cobb, donc par une partie de “son subconscient”, et qu’ainsi il va dans son rêve à lui? Je n’ai pas vraiment compris les explications par rapport à cela.

      Deuxièmement, je ne suis pas certain de comprendre comment Cobb et Saito reviennent des limbes : ils se tuent, “simplement”, puis reviennent directement à eux, à bord de l’avion? À ce moment-là, les limbes sont-elles si “terribles”? Est-ce le fait que quand on y est, on oublie d’où on vient?

      Merci à tout ceux qui seraient intéressés à clarifier mes interrogations!

    • @philomuzi

      C’est vrai que tous le battage qui a précédé Inception peut nous donner un préjuger défavorable en partant. J’ai vécu un peu la même chose avec le dernier Batman. C’était un bon film mais les fans trop enthousiastes ont un peu gâché le plaisirs.

    • Extrait de l’entrevue de nolan aux Inrocks :

      ***
      Inrocks : Il y a un personnage d’architecte dans Inception. Pour vous, le cinéma est-il l’architecture des rêves ?

      Nolan Les rêves sont des architectures car ils créent des mondes et des espaces. Si je n’avais pas été cinéaste, j’aurais été architecte. Dans le monde d’avant le cinéma, l’architecture racontait des histoires. Les cités utopiques, par exemple, donnaient une importance considérable à la perception. Le plus important était la dramaturgie de l’espace. C’est aussi ce que fait le cinéma, il crée une géographie. Inception est basé sur une visée géographique : un pays des rêves avec plusieurs strates.
      ***

      Le reste se trouve ici.
      http://www.lesinrocks.com/cine/cinema-article/t/48196/date/2010-07-27/article/inception-entretien-avec-le-realisateur-le-plus-powerful-du-monde/
      Nolan parle beaucoup de Matrix et de Kubrick…

    • Ce qui m’amuse dans le texte de Martineau, c’est la référence à Guy Debord. Sait-il seulement qui est Debord et à quel point sa comparaison ne tient pas? Si c’est pas du name dropping ça (étonnant tout de même pour quelqu’un qui critique une oeuvre sur la base de ses nombreuses références de s’embarasser de celles qui ont une telle pointure)…

      Ainsi, l’auteur de la société du spectacle adorerait inception en raison de ses appels à sortir du rêve et à s’ouvrir à la réalité qui n’est pas celle qu’on croit, tout cela sur un ton badin et un peu ironique. Comme si la réflexion de Debord découlait d’une “mode” ou que sa pertinence était questionnable sur le même plan que celui de Inception, de Matrix ou de Mission : impossible. Comme, aussi, si le fait que des avancée maladroites aient étés faites sur le thème de la perception et du rêve en rapport avec la réalité discréditait d’avance toute réflexion sur le thème de la perception et de la réalité.

      Vraiment, on rigole.

    • @ philomuzi,
      Une fine lecture du film. Merci bien.

      @ cinematographe,
      Une courtepointe de morceaux de musique de musiciens ou de bruiteurs n’égale pas nécessairement trame musicale, ni ultimement une garantie de qualité ou de pertinence.
      J’écrivais simplement que les quelques riffs identifiables à cette œuvre cinématographique ressemble étrangement à celles identifiables de SHUTTER ISLAND, lesquels ressemblent à un sampling générique de n’importe lequel rave.

      Je te propose d’aller ÉCOUTER et de VOIR la différence à l’écran des œuvres telles TRAFFIC de S. Soderbergh, FARGO des frères Coen, ALIEN de R. Scott (et bien sûr BLADE RNNER), 2001, THE CONVERSATION de F. Coppola (et ses GODFATHERS), etc…
      Ces films ont tous en commun à part le fait d’être parfaits, une empreinte sonore (incluant bruits et silences) et musicale conçue spécifiquement, originale, aisément indentifiable et parfaitement intégrée au processus narratif et visuel du film.

      @ _renaud,
      Un expérience cinématographique est toujours une expérience émotionnelle, même si le sujet est froid, le rythme lent où s’il vente beaucoup — comme dans les films de Bergman.

    • J’ai finalement vû Inception et j’ai été agréablement surpris malgré mes attentes élevées. Nolan a réalisé un excellent film qui peut facilement faire partie de mon top 5 des films de science-fiction. Et malgré le passage du temps, je crois qu’il va y rester mais seul le temps le dira.

      Sans me lancer dans les grandes questions, il y en a 2 qui me dérangent particulièrement et j’ai peut-être manqué quelque chose, l’ayant vû une seule fois:

      1. Lorsque la femme de Cobb saute du balcon, quelle sorte de chambre bizarre ont-ils louée? Il arrive à la fenêtre et Mal est assise sur le bord de la même fenêtre mais il y un vide entre les 2 fenêtres, ce qui empêche Cobb de simplement l’attraper pour l’empêcher de sauter. Ça me fait penser une chambre d’un rêve ce qui donnerait du poids à la théorie que Mal avait raison et que la réalité de Cobb était un rêve. Elle saute et retourne à la réalité alors que Cobb demeure dans un premier niveau de rêve. Est-ce que ses apparitions seraient plutôt une tentative d’Inception pour ramener Cobb plutôt qu’une projection du subconscient de Cobb? Pourquoi il n’y a que le subconscient de Cobb qui affecte les rêves? Les autres aussi devraient avoir des éléments de leur subconscient qui viendraient affecter les rêves. Pourquoi est-ce que le personnage de Cobb est le seul personnage qui est développé? Mais par contre, toutes les scènes sans la présence de Cobb viennent mettre du plomb dans l’aile de la théorie que même la réalité est un rêve….

      2. Pourquoi, à l’exception de Cobb et Saito, tout les autres personnages se réveillent dans la camionnette qui coule? Le choc de l’eau aurait dû leur donner le “kick” pour les réveiller dans l’avion mais ils se réveillent dans la camionnette….Ont-ils maintenant accepter ce premier niveau de rêve comme la réalité et ils seront tous coincé dans ce rêve. On ne les voit jamais se réveiller dans l’avion. On les voit seulement dans l’avion lorsque Cobb se réveille et on sait que ce réveil pourrait n’être qu’un rêve. Cela donne du poids à la théorie que la fin est un rêve (en plus du fait que les enfants de Cobb à la fin sont identiques à ses souvenirs d’eux la dernière fois qu’ils les a vû) mais peut-être aussi que tout les autres sont demeurés dans le premier niveau de rêve….

      Tellement de questions, si peu de temps!

      Belle réussite de Nolan de nous donner la chance d’explorer la fin du film de différentes manières. Une belle réussite de Nolan qui, malgré les scènes d’action faites pour donner du succès au box-office, a réussi à faire un film réfléchi.

    • @fruitloops

      vous n’y connaissez rien, la musique choisi pour shutter island “sampling générique de n’importe quel rave”? wow, un rave sur du penderecki, j’aimerais bien voir ça. cette b.o. est très bien compilé, et avec classe, en fonction du récit du film. votre jugement hâtif et erroné indique que vous n’en savez pas beaucoup sur l’utilisation de la musique dans les films…vous me le confirmez en citant 2001 comme étant de la musique originale composé pour le film (alors vous avez du ligeti, du johann strauss, du richard strauss, du kachaturian). absolument rien dans 2001, comme dans shutter island, n’a été composé spécifiquement pour le film.

    • @fruitsloop

      Je sais bien qu’une œuvre cinématographique va toujours créer une émotion. D’ailleurs on n’a juste a lire les commentaires sur Inception depuis sa sortie pour constater que c’est un film qui a généré beaucoup d’émotions (positive ou négative).

      L’affaire c’est que les gens auraient souhaité que ce soit un film émotif dans le sens Armageddon du terme. De la belle émotion premier degré et des personnages auxquels tu t’attaches.

      Je n’ai rien contre ce genre de film, c’est juste qu’Inception ne se passe pas a ce niveau-la.

      C’est comme les gens qui trouvent Camus froid et austère. C’est vrai qu’il est froid et je comprends que certaines personnes ne l’aiment pas. C’est quelqu’un de cérébral qui n’a jamais fait dans l’émotion a fleur de peau. Si tu veux de l’émotion a fleur de peau tu lis Proust.

      Et ce n’est pas non plus un film ou Nolan a tenté d’aller chercher de l’émotion avec des effets de vent poétique ou des ralentits comme pourrait le faire un Berman ou un Gus Van Sant. Ca se passe a un autre niveau.

    • LE Post que j’attendais… Merci beaucoup! Mr Siroka, voulez-vous m’épouser? :)

    • @teamstef

      1. a) La chambre, on ne peut que faire des suppositions. c’est possible qu’elle soit juste sortie par la fenêtre et qu’elle ait fait le tour pour rejoindre l’autre fenêtre. Il y a beaucoup de possibilité.
      1. b) Un seul mot : regrets. Cobb est rongé par les regrets d’avoir insufflé l’idée que le monde dans lequel on vit n’est peut-être qu’un rêve. Sa culpabilité est tellement grande qu’elle accapare son subconscient et qu’il n’arrive plus à le contrôler. C’est pourquoi c’est uniquement son subconscient qui accapare les divers niveaux de rêves.

      2- Encore une fois, il y a tellement de possibilités! :)

      Inception est un excellent film. Il faut en comprendre toutes les subtilités pour l’apprécier à sa jsute valeur (ex. “je ne regrette rien” de Piaf… tout le film tourne sur les regrets de Cobb)

      C’est le genre de film qu’à chaque fois qu’on va le revoir, on va trouver un élément nouveau. J’ai trouvé les explications concernant le rêve, la conscience et l’inconscience très crédible. Bref, j’ai adoré. :)

    • @alexandra_ventura

      lol

    • @teamstef

      Le choc de l’eau dans la camionnette ne sert pas à les ramener dans l’avion, mais à les ramener de l’hôtel à la camionnette. Le kick sert à réveiller le rêveur, donc à mettre fin au rêve, sinon le seul moyen c’est de mourir (c’est pourquoi Ellen Page se lance dans le vide dans le quatrième niveau). Les personnages se réveillent dans l’avion quand la drogue qu’ils ont pris pour s’endormir cesse son effet, à moins qu’ils utilisent un kick dans l’avion, mais ça revient au même.

    • @Teamstef : j’ai vu le film deux fois et l’ai discuté abondamment ailleurs (IMDB). Je peux bien tenter de répondre à vos interrogations d’après ce que j’ai compris. Bien sûr, cela reste un film ouvert, je ne saurais donc prétendre à la vérité, puisque le scénario est construit de façon à ce que toutes les interprétations se tiennent.

      Selon moi cependant, le film n’est pas un rêve. Cobb répète souvent à quel point le réel est important pour lui, et à quel point il est le plus grand expert dans ce domaine : pourquoi ne pas le croire? D’autres éléments viennent appuyer cette thèse : 1- les enfants à la fin ne sont pas les mêmes, ils sont plus âgés, et habillés différemment. 2- Quand le film se passe dans les rêves, Cobb à un anneau de mariage, dans la réalité, il n’en a pas. Or, il n’en a pas à la fin. 3- On nous explique à plusieurs reprises que dans un rêve, on ne sait pas comment est est arrivé dans une situation, on est directement dedans. Or, quand Cobb arrive à la maison à la fin, il n’est pas “directement” là. Il a pris le vol Sydney-Los Angeles, effectué l’inception, est attendu à l’aéroport par son beau-père qui l’amène jusque chez lui.

      Bref, dans cette interprétation, Mal est passée par une autre chambre afin de se retrouver sur la corniche opposée exprès pour que Cobb ne puisse pas la retenir ni l’entraver. Bien sûr, cela donne une situation onirique qui renforce l’impression de rêve afin de laisser la fin ouverte (comme le passage étroit dans la fuite à Mombossa, l’arrivée inopinée de Saito en voiture, etc.)

      Pour ce qui est du kick dans la camionnette. Je crois qu’il n’y a pas de kick prévu dans ce niveau de rêve, parce qu’il est en surface (le plus près du réel). Ils attendent donc que le sédatif termine son effet. On ne les voit pas se réveiller parce que nous sommes situés du point de vue de Cobb. Comme ce dernier part dans les limbes chercher Saito, il passe plus de temps que les autres. Il est donc, avec Saito, le dernier à se réveiller. Pour ce que l’on en sait, tous les autres sont peut-être réveillés depuis un bon bout de temps quand Saito et Cobb reviennent à la réalité.

      Bref, voilà pour mon interprétation. Je suis sûr que d’autres pourraient répondre de manière complètement différente : c’est justement un élément que j’adore de ce film…

    • @ bohmer, vous qui connaissez tout…

      Stanley Kubrick a commandé la musique de 2001 à Alex North, tout en utilisant Strauss, Ligetti et cie pendant l’étape du montage. Par la suite, il a décidé de conserver ce choix parce que cette musique fonctionnait mieux pour l’efficacité narrative de son film. Un cas classique de première idée, simple et inspirée, s’avérant être la meilleure dans le processus.

      Frank Capra affirmait que lorsque tu réussis à produire 50 % de bonnes décisions artistiques durant la production de ton film, il allait être bon. Lorsque Nolan a autorisé Zimmer à utiliser son bizounnage d’une tounne d’Edith Piaf, en plus de la tounne elle-même, pendant qu’il utilisait l’interprète de Piaf d’un autre film, au final ce n’était une bonne décision à mon avis. Cette référence a créé un distraction supplémentaire dans une surenchère de lacunes narratives du film. Bien sûr, ce n’est qu’une opinion et on n’en fera pas une invitation pour un duel à l’aube (de toute façon, je n’y serai pas, je suis occupé à me cultiver le matin…).

      Oui, je sais…

      Pour en revenir sur cet échange, j’ai écouté aussi écouté la musique d’Alex North enregistrée pour le film et, à mon avis et de l’avis de plusieurs personnes apparemment, SK a eu raison.
      Si vous aimez le brassage de décibels anonyme et trendy de plusieurs super-productions d’Hollywood, profitez-en, mais j’espère pour vous que vous ne faites pas une éruptions de boutons douloureuse à chaque fois que vous rencontrez des opinions divergentes. La confiance que vous avez dans vos opinions culturelles me semble bien précaire, chère sommité de j’sais pas quoi… (à vous de voir, ne me remerciez pas).

    • @lunitah,cinematographe et Frank_Herbert

      Merci pour vos interprétations. Je dis interprétations parce-que je crois qu’il n’y a que Nolan qui sait vraiment ce qui se passe….

      Je dois vraiment le voir une deuxième fois puisque j’étais vraiment convaincu que les enfants à la fin étaient identiques aux souvenirs de Cobb.

      lunitah,
      Pour ce qui est des regrets de Cobb, je peux bien l’accepter sauf que ce n’est pas fort. C’est pratiquement impossible que tout les autres personnages n’aient pas de regrets qui viendraient affecter les rêves. Par contre, le film dure 2h30 et c’est sûrement ça qui explique l’absence d’intervention du subconscient des autres personnages. Nolan aurait alors été obligé de les expliquer ce qui aurait allongé le film.

      Frank_herbert,
      Je devrai le revoir pour remarquer l’anneau de marriage….
      Je ne crois pas vraiment que l’ensemble du film soit un rêve malgré les quelques indices placés à cet effet (le vide entre les 2 fenêtres, le passage qui devient plus étroit, l’arrivée parfaite de Saito, le vieux dans le sous-sol de Momboosa qui dit que Cobb doit savoir ce que c’est de vouloir se réveiller). Par contre, je ne crois pas que Cobb se soit réveillé à la fin. Toute la séquence finale est trop parfaite et à vraiment l’air d’un rêve et Cobb se détourne de son totem sans en attendre la conclusion puisqu’il a enfin trouvé le bonheur.

      Parlant de Totem, contrairement à ce que plusieurs croyaient, le totem sert à determiner si on est dans le rêve de quelqu’un d’autre et non pas si on est réveillé ou non. Que faisait Cobb avec le totem de sa femme? Ils disent à quel point il est important que le totem ne soit vraiment connu que d’une personne pour qu’il fonctionne correctement.

      Comme je disais, je dois le revoir.

      Mais peu importe, Nolan a réussi un grand film malgré quelques défauts ici et là (manque de développement des autres personnages, manque d’engagement émotif et plans quelques fois trop traditionels).

    • Une question: quelqu’un a rêvé du film depuis qu’il l’a vu?

      Deux commentaires. 1) L’indécision entre réalité et rêve est la même à la fin d’eXistenZ.

      2) Je trouve que la façon réaliste de représenter le rêve est la bonne. Même si le rêve et le cinéma ont plusieurs affinités électives, les images de rêve dans les films sont souvent décevantes. Pourquoi? Parce que les rêves filmiques jouent sur l’étrangeté, le surréel, et nous apparaissent ainsi artificiels. Or, quand on rêve, les déplacements métaphoriques ne nous apparaissent jamais étranges ou artificiels à cause de l’impression de réalité du rêve. L’étrangeté vient au réveil quand la censure protège le Moi des éléments intimes et désagréables véhiculés par le rêve. Donc, en toute logique, un rêve au cinéma se doit d’être réaliste pour fonctionner; les éléments de bizarreries doivent être homéopathiques et l’on doit les apercevoir seulement en sortant du cinéma… au réveil (super texte de Barthes là-dessus).

    • Dans Vertigo, Scotty est à l’hôpital psychiatrique, il a sombré dans l’abîme du rêve et le docteur avoue qu’il n’en sortira probablement jamais. Or, le plan suivant, il est sorti, il va retrouver l’appartement de Madeleine, et le film n’explique jamais cette ellipse hallucinante. Alors on peut faire l’hypothèse, à l’instar de Cris Marker, que toute la deuxième partie est un rêve mélancolique de Scotty pour sauver la femme qu’il aime. Ce qui expliquerait que toute cette partie répète la première en inversant les motifs (par exemple, Madeleine sort les cheveux défaits de sa chambre dans un déshabillé rouge, alors que Judy sort habillé en vert, le chignon remonté, de sa chambre à elle) et que l’on y trouve plusieurs bizarreries (quand ils vont en voiture à la mission espagnole, la voiture roule à gauche).

      Cobb a le même désir nécrophilique: faire revivre la personne aimée.

    • @Astyanax

      J’ai comme l’impression qu’il y aura des ressemblances frappantes entre Inception et Oncle Boomee. Comme quoi, à chaque bout du spectre, les grands cinéastes se rejoignent.

    • @ghost

      C’est vrai que l’approche réaliste était la bonne approche a utiliser pour aborder les rêves dans Inception. Non seulement les rêves ne se déroulent pas dans des environnements psychédéliques surréalistes mais leur contenu est la plupart du temps banal.

      Dans son billet A.O. Scott a critiqué Nolan d’être trop logique et littéral en l’accusant de ne pas aller assez loin dans les frontières du subconscient qui est un endroit de désirs inadmissibles, de secrets, de peurs etc…

      L’affaire c’est que dans la vraie vie les gens ne sont pas hantés par des secrets qui les hantent ou des désirs inadmissibles.

      Probablement qu’un réalisateur comme Kubrick aurait été dans cette direction mais dans ce cas-ci le scénario ne prêtait pas a ca.

      De toute facon ca n’aurait pas été crédible si tous les personnages auraient été tiraillés. A la base si tu travailles comme capteur de rêve faut que tu sois stable mentalement. Quelqu’un d’instable ne peut pas faire ce travail.

      Le seul personnage tourmenté était celui de DiCaprio et il était pratiquement une nuisance pour l’équipe.

      Le personnage D’Ellen Page était une étudiante saine d’esprit et stable mentalement. Pas le genre de fille qui est hantée la nuit par des démons intérieurs qui la tiraillent.

      Genre le rêve le plus déstabilisant quand elle a fait ca été de rêver qu’elle embrassait une fille et le lendemain elle se demandait si elle était aux femmes.

    • Si quelqu’un a à portée de main le livre de Pierre-André Boutang sur Polanski (1986), le cinéaste explique très finement la façon dont il s’est pris pour réaliser la scène du rêve de Rosemary. Si ma mémoire est fidèle, c’était très juste; et proche de ce que ghost (et Barthes !) semble en penser.

    • Ben alors ! quelqu’un l’a ce bouquin ? C’est le 665ème post ici, y’a pas de danger. La bête est bien “réelle” mais seulement dans la diégèse (ce qui rend le rêve de Rosemary “réaliste”).

    • 666e post…

      Je me suis mal exprimé. Barthes parle de la sortie du cinéma comme le réveil d’un rêve mais il ne parle pas du tout du couple rêve/cinéma et de la question du réalisme. En fait il n’aimait pas du tout le cinéma et il préférait par-dessus tout l’état comateux à sa sortie. En revanche, celui qui parle de tout ça c’est Christian Metz dans le Signifiant imaginaire.

    • En plus de Metz, il y a eu Casetti, Mitry, Epstein, Morin …
      Un bel article de Kinema, “Oneiric metaphor in film theory” par Laura Rascaroli.
      http://www.kinema.uwaterloo.ca/article.php?id=141&feature

    • Anecdocte rigolote mettant en toile de fond le film Inception tirée du site Vie de Merde.

      Aujourd’hui, au ciné, je regarde Inception avec une amie qui m’attire beaucoup. Fin du film, lumières encore éteintes, je tente ma chance, déclare “Juste pour vérifier si on est dans un rêve…”, puis l’embrasse. Je reçois une gifle monumentale et sa réponse : “Tu la sens bien, la réalité ?”

    • «Une question: quelqu’un a rêvé du film depuis qu’il l’a vu?»

      Bien sûr! Et je n’ai pas pu me rendormir par la suite. Faut dire que je suis aussi dans LOST présentement: il y a de quoi te déstabiliser son homme…

    • Et si le modèle ultime de Cobb était Dante qui pourchasse sa Béatrice jusqu’au Paradis?

    • @frank_herbert

      Ah oui, j’oubliais un point. Selon la logique qui dit qu’il est important de savoir comment on est arrivé à quelque part pour déterminer si c’est un rêve, la scène finale est un rêve puisqu’on ne sait pas comment Cobb s’est retrouvé dans l’avion. Il est assis avec Saito qui prend le fusil et, POUF, il se réveille dans l’avion….Et même avant de retrouver Saito, comment s’est-il retrouvé sur la plage? On ne s’en sortira jamais!

    • @ astyanax

      Quelle belle piste que celle de Dante et Béatrice. Mais y a t-il paradis ou même purgatoire pour Cobb? Pas si sûr. (Comme je suis persuadé que depuis longtemps, beaucoup on lu l’Enfer et que peu on lu le Purgatoire et le Paradis.) Les rêves dans les rêves sont de véritables cercles infernaux, qui même culminent dans un semblant enfer glacé, mais nul dieu réside au bout du périple, non. Qu’une chimère, engendré par quoi ? par le même péché d’orgueil dont s’accusait lui-même Dante: à savoir que “son monde à lui” est pour lui plus vrai que “le monde en soi”.

    • Mais quel grand film. Je suis content d’avoir lu tous les commentaires du post précédent avant le visionnement; surtout en ce qui a trait à la position de Nolan devant les pères fondateurs (Welles, Kubrick …). La rose des vent contruite par Eames enfant que cache son père est un véritable rosebud filiale: “je suis décu que tu ais tenté de m’imiter”.

      L’ombre au tableau pour moi fut par contre (et je sais que plusieurs l’on admiré) la vessie musicale de Zimmer qui couvre de manière insupportable l’aventure qui en souffre. J’ai dû retirer, à l’aide d’un couteau, ce déliquescent glacage du gateau; effort que j’aurais préféré ne pas avoir à faire.

    • Est-il trop tard pour poursuivre sur INCEPTION?

      Rafc, effectivement mon analogie avec Dante est un peu boiteuse. N’empêche, INCEPTION ressemble quand même beaucoup à la descente de Cobb au coeur de son enfer personnel, descente au terme de laquelle il retrouve celle qu’il a aimée pour clore cet épisode de sa vie et enfin faire la paix avec lui-même…

      Par ailleurs, j’ai revu le film aujourd’hui et je suis de plus en plus persuadé que le personnage de Fischer est, du moins en partie, une projection de Cobb lui-même. Je trouve en effet que la «rose des vents» de Fischer enfermée dans le coffre de son père évoque vachement la toupie de Cobb, surtout que c’est ce dernier qui suggère presque à Fischer les nombres du code d’accès…

      Une autre chose m’a frappé: presque tous les plans du film s’inscrivent dans des architectures complexes qui multiplient à l’excès les lignes fuyantes, créant ainsi d’innombrables points de fuite.

      Enfin, je ne sais pas si c’est voulu (je parie que si), mais les deux fois où j’ai vu le film, celui-ci a commencé immédiatement après les habituelles bandes-annonces, sans variations d’éclairage dans la salle ni insert du type «Voici maintenant votre programme principal», si bien que les toutes premières images du film, celle des vagues et des enfants Cobb qui jouent sur la plage, peuvent passer pour une autre bande-annonce. Si c’est effectivement voulu, la petite confusion provoquée ainsi me semble assez intéressante…

    • @ astyanax

      Il ne sera jamais trop tard pour parler d’Inception!

      D’abord, je me suis gourré dans les noms et c’est bien la rose des vent de Fisher enfant qui, pour soutenir ta comparaison “boiteuse”, apparait lui aussi comme une autre forme de Dante devant Cobb-guide-Virgile. En fait tout ça n’est pas si boiteux pour moi.

      L’absence de générique, c’est vrai, est très intéressante, j’ai pensé à Apocalypse Now où c’était plutôt le réel qui frappait sec. Ici ce sont les stades du sommeil (bande-annonces, pubs…) et hop, le rêve-film qui débute sans qu’on “sache d’où on est venu”.

      La multiplicité des points de fuite serait-elle constitutive de la présence de plusieurs personnes dans un même rêve?

      Et aussi, sachant que tu aimes Johnny Marr, qu’as-tu pensé de la musique de Zimmer et de la présence du guitariste des Smiths … j’aurais personnellement retrancher deux tiers de la bande sonnore et le tout aurait été d’un onirisme encore plus percutant.

    • @ Rafc

      C’est bizarre, j’avais bien perçu le subtil passage des bandes-annonces au film lui-même, mais je n’avais pas réalisé l’absence de générique!

      C’est toi aussi qui m’apprend la participation de Johnny Marr à la bande-son, je ne le savais pas du tout. Il faut dire que si je reste un authentique fan des Smiths, leurs membres (même Morrissey…) ne m’intéressent plus depuis fort longtemps. Ceci dit, je n’ai pas été aussi irrité que toi par la musique. En fait, ce film a tellement sollicité ma vue et mon esprit que ce qui restait disponible dans ma petite tête ne l’a que très peu entendue…

      En revanche, même si je reste ébloui par le film, je dois dire que j’ai été un peu agacé par la lourdeur des dialogues. Ça bavarde et ça explique beaucoup dans INCEPTION. Je veux bien qu’il fallait guider le spectateur dans ces complexes réseaux oniriques, mais d’entendre les personnages expliquer chacune de leurs démarches apparaît parfois comme anti-cinématographique.

      Quant à la multiplication des points de fuite, la lecture que tu en fais me semble bien séduisante. On pourrait aussi dire qu’elle participe de l’éclatement de la réalité tel que le film le présente.

    • astyanax a écrit :
      “Une autre chose m’a frappé: presque tous les plans du film s’inscrivent dans des architectures complexes qui multiplient à l’excès les lignes fuyantes, créant ainsi d’innombrables points de fuite.”

      C’est une idée qui m’intéresse diablement, mais je visualise mal ce que vous voulez dire. Pourriez-vous élaborer, ça me semble une piste prometteuse…

    • @ Frédéric

      La chose m’a frappé quand Cobb rend visite à son père à l’université. Installé dans les gradins, les rangées de bancs forment des lignes fuyant vers la droite de l’écran alors que les carreaux de la grande fenêtre à gauche créent un point de fuite vers le fond du plan.

      Après cette scène, je n’ai plus vu que des milliers de lignes fuyantes… Dès le début du film, par exemple, dans le rêve de Saito, le plafond est tapissé de lampes formant des lignes, des réseaux compliqués d’escaliers et de galeries strient littéralement l’image… Ensuite, pensez seulement aux scènes de couloirs, à celle du puits d’ascenseur…

      En fait, de façon générale, les décors d’INCEPTION sont très chargés, renforçant ainsi, je crois, le caractère baroque du film.

    • Hm… va falloir que je revois ça à la maison, si le film se retrouve dans mon bas de Noël. Merci de la piste de réflexion. Oui, Inception est quadrillé d’une façon maniaque : des lampes de Saito aux édifices du rêve de Cobb/Mal.

      Voici, en haute résolution, les tableaux noirs derrières Michael Caine lors dans sa salle de classe. Il y a peut-être des indices intéressants!
      http://www.collider.com/wp-content/uploads/Inception-movie-image-2.jpg

    • Un petit détail qui me hante, et je ne sais trop pourquoi encore, est le totem d’Adriane, le pion d’échec; elle semble y graver quelque chose au dessous ! et, l’utilise-t-elle? je ne sais plus. Mais cette multiplicité des points de fuite renvoie aussi au labyrinthe (et ses multiples issues fausses ou vraies) comme au jeu d’échec (et ses diverses formes vectorielles). On tente réellement de mater (faire une inception) par l’entremise de différente pièces-personnages.

    • Frederic, déjà, Brunelleshi est l’arcitecte inventeur de la perspective et du point de fuite.

    • On dirait la basillique Saint-Pierre de Rome. Ghost pourrait peut-être confirmer …

    • La toupie, le dé (truqué!), le pion, l’hélice, tous des jeux…

    • @ rafc
      Avant qu’un spécialiste de la chose ne fasse irruption ici, je tiens à préciser que la perspective linéaire existait déjà dans l’Antiquité. Je n’ai pas les références à la portée de la main, mais il me semble que des fresques conservées à Pompéi en donne un aperçu (Merci, Vésuve!).

      Quelques exemples de quadrillage dans Inception :
      Murs : http://www.collider.com/wp-content/uploads/Inception-movie-image-25.jpg
      Lampes : http://www.collider.com/wp-content/uploads/Inception-movie-image-23.jpg
      Plancher : http://www.collider.com/wp-content/uploads/Inception-movie-image-18.jpg
      Mur : http://www.collider.com/wp-content/uploads/Inception-movie-image-9.jpg
      Fenêtres : http://www.collider.com/wp-content/uploads/Inception-movie-image-7.jpg
      Corridor : http://www.collider.com/wp-content/uploads/Inception-movie-image-6.jpg

    • Rafc, le personnage joué par Ellen Page se nomme Ariadne, selon l’orthographe du générique, mais se prononce Ariane. Eh oui, comme dans «fil d’Ariane»…

    • D’accord Frederic. Alors disons le “réhabilitateur” de la perspective mathématique. Mais dis donc (Didon) reste qu’avec tout ça, on se rapproche de Dante!

    • @ astyanax

      Exactement! Quand je mentionne (et d’autres aussi le font) l’aspect ludique dans Inception , ce n’est pas seulement dans la disposition “jeu vidéo” des différents niveaux, mais aussi la part de jeu dans le film lui-même : les règles arbitraires à suivre, les totems ludiques (toupie, dé, pion… on peut imaginer que le totem de Eames – le bluffeur – serait un jeton de poker) et aussi le jeu entre le spectateur et le film : visionner le film un fois en croyant s’être fait avoir (”Nolan s’est joué de moi avec un fin ouverte!”), le revisionner en tentant de trouver des indices – un vrai jeu de détective (”quand il rêve Cobb a une bague, et quand il ne rêve pas, il n’en a pas!”, “les vêtements des enfants sont légèrement différents dans les rêves et à la fin!”) pour trouver “la” vraie solution à l’énigme…

      À chaque visionnement, on traîne avec nous notre bagage du visionnement précédent, on acquière “des points d’expérience”, on “monte de niveau” (de compréhension).
      Non, Inception n’est pas un “jeu vidéo” (plusieurs l’ont décrié). C’est un “jeu cinéma”.

    • Ariadne est la graphie d’Ariane en anglais (prononcé ariadné), la même que celle du fil et du labyrinthe. Personnellement, j’ai trouvé ça extrêmement lourd comme clin d’oeil de la part de Nolan, mais bon.

      Quand j’ai entendu “Ariadné”, j’ai pensé que c’était “Arachné”. Ça aurait bien fait comme nom pour la femme de Cobb, sorte d’image-miroir de la veuve noire (elle cherche la mort de son mari, mais c’est elle qui meurt alors que Cobb survit). Et puis, “cobweb”, ça veut dire toile d’araignée…

      On ne s’en sort pas!

      Pour ce qui est de Dante, je ne m’y connais pas trop :(

    • «Personnellement, j’ai trouvé ça extrêmement lourd comme clin d’oeil de la part de Nolan, mais bon.»

      Tu as raison, c’est effectivement lourdingue. Mais, comme je l’ai souligné précédemment, rien n’est tout à fait léger dans le film de Nolan; c’est là son principal défaut…

    • Rafc, ce n’est pas le dôme de St-Pierre (dessiné par Michel-Ange) mais celui de la cathédrale de Florence dessiné par LE génie renaissant, Brunelleschi, inventeur de la perspective linéaire (avec carrelage et point de fuite) et de l’architecture moderne. Le dôme de Florence était le premier a dépassé celui du Panthéon romain (on le voit aussi sur le tableau noir du film).

      La perspective antique n’était pas, si je ne m’abuse, linéaire et mathématique, mais plutôt empirique. Brunelleschi a véritablement inventé SA perspective avec la tavoletta.

      Dans son entrevue aux Inrocks, Nolan parlent des cités utopiques de la Renaissance. Il doit parler des perspectives urbininates (beau livre d’Hubert Damisch là-dessus). La perspective est liée à l’architecture et à l’utopie humaniste.

      PS: C’est en pensant à ce genre de “cità ideale” que Jacques Cartier dessina la cité de Hochelaga (située non plus au pied du Mont-Royal, mais plutôt, comme on le pense aujourd’hui, sur le Mont Royal – Hochelaga veut dire “lac aux castors”).

    • Corrigé par Ghost, encore une fois!

      Je me plonge justement dans La perspective comme forme symbolique, de Panofsky, dans les prochains jours.

    • Ghost, le Lac aux Castors du Mont-Royal est un bassin artificiel aménagé en 1938 (!), comment a-t-il pu nommer l’Hochelaga de Jacques Cartier???

    • C’est qu’il y avait, probablement, un vrai lac avec des vrais castors avant.

    • Selon le wiki: “Le lac aux Castors est un bassin artificiel aménagé en 1938 sur d’anciens marécages dans le parc du Mont-Royal à Montréal. Il a été dessiné par l’architecte Frederick Gage Todd.

      Le lac aux Castors tire son nom du fait que d’anciens barrages de castors ont été découverts lors des travaux.”

    • Ghost, je ne veux pas te contredire absolument, mais ton idée d’un Hochelaga bâti sur la montagne même me semble hautement improbable.

      Toujours selon Wikipedia, voici un passage des écrits de Jacques Cartier qui discrédite ta proposition: «Et au parmy d’icelles champaignes, est scituée et assise ladicte ville de Hochelaga, près et joignant une montaigne… Nous nommasmes icelle montaigne le mont Royal.» Si la ville s’était trouvée SUR la montagne, Cartier (ou son nègre) n’aurait pas écrit «près et joignant»… Et puis, la présence de castors sur la montagne n’interdit pas qu’il y en ait eu en bas aussi!

      Tu me diras qu’il y a des questions plus importantes que celle-ci et qu’elle ne vaut pas un tel échange; je te répondrai que tu as probablement raison.

    • Mauvaise lecture, je t’expliquerai.

    • Étant apparamment le seul à avoir critiqué la musique de Inception, j’aimerais tempérer mes propos en soulignant que celle-ci est incessante, accessoire et décalée, exactement comme celle d’un jeu vidéo auquel on compare aisément le film (comparaison qui plait beaucoup aussi).

      Ghost, tu piques énormément les curiosités avec tes avances concernant le Lac aux Castors !! Je me met à rêver d’un blogue où des chemins de traverse, parallèles ou de service seraient possible entre blogueurs, des déroutes ryzomatiques qui n’irriteraient aucunement le bloguemestre que nous respectons tous… Qui sait, peut-être est-ce pour bientôt?

    • rafc a écrit :
      « Étant apparamment le seul à avoir critiqué la musique de Inception, j’aimerais tempérer mes propos en soulignant que celle-ci est incessante, accessoire et décalée, exactement comme celle d’un jeu vidéo auquel on compare aisément le film (comparaison qui plait beaucoup aussi). »

      Qu’entendez-vous au juste par musique de jeu vidéo? Je ne suis pas certain de vous suivre, mais tout ce qui peut alimenter ma réflexion sur l’aspect ludique est le bienvenue.

    • D’emblée frederic, je ne suis pas un “gamer”, mais mes quelques expérience en ce terrain me font reconnaitre que les musique qui accompagnent ces jeux sont “incessantes et décalées” dans le sens où l’action que je crée en tant que joueur n’altère que peu ou pas la partition que j’entends losque je joue, que je me repose comme personnage ou que je fonce dans l’action, la musique reste intacte et accessoire. Tout comme dans Inception où la musique couvre de façon égale les discours, les dialogues (personnage au repos) ou les actions, les péripécies (personnage en mouvement, en action). J’ai entendu la musique comme générique ou passe-partout.

    • @ rafc
      Merci des précisions. Quand j’entends quelqu’un dire « musique de jeux vidéo », je me dis qu’il parle de musique de vieux synthétiseur à la Nintendo 8-bit. Ce qui caractérise surtout la musique de jeux vidéo, je dirais que c’est la répétition, les boucles incessantes, le retour à la case départ. Analogie visuelle : une toupie qui tourne sur elle-même.

      Tiens tiens…

      Cela dit, les jeux où les comportements du joueur influent sur le rythme de la musique offrent des expérience intéressantes. Mais ça reste marginal.
      L’exemple canonique : Rez (http://www.youtube.com/watch?v=dJFDHz581ko)
      Un jeu où on lance des projectile sur tout ce qui bouge, dans un décor très Neuromancer, et c’est la mise à feu des projectiles qui fait “avancer” le ryhtme de la musique. Sympa.

    • Je viens de tomber sur ça: http://disneycomics.free.fr/Ducks/Rosa/show.php?num=1&loc=D2002-033&s=date, une bd de Disney avec Picsou dans laquelle des voleurs entre dans les rêves du canard milliardaire pour lui soutirer la combinaison de son coffre d’or. J’aime bien à la page 4 quand ils disent: “Gosh, are you sure we’re in his dream? Everything seems so real!”
      Et il y a un inventeur qui passe son temps à expliquer les règles de sa machine pour entrer dans les rêves!

    • Sympa la BD. Ça date de quelle année?

    • Les infos que je trouve parle de décembre 2002, sur ce site: http://www.reddit.com/r/entertainment/comments/cwlxq/inception_copied_off_a_donald_duck_strip_wat/

    • Merci cinematographe :)

      Le 31 août sera disponible en version bouquin le scénario d’Inception.

      Description :
      “Laced throughout this book (and the script) are inserts of some crazy Inception concept art along with hand-written notes, story outlines, and sketches made by Christopher Nolan during the development phase of this project.”

      Commentaire de Nolan :
      “After I finish every film, I look at what I might do next. I would get the draft of Inception out and would read it, again. I would show it to Emma [Emma Thomas] and sometimes show you [Jonathan Nolan] to get more thoughts on it. But I never knew quite how to finish it until I realized that the antagonist of the film should be the guy’s wife.

      It completely unlocked the end of the film. It completely unlocked how you could make something that a wider audience might care about. Because to me, whenever you deal in the world of esoteric or overly complex science fiction, or heist movies, or film noir, you’re working for a smaller audience. If you’re going to do a massive movie, though, you’ve got to be able to unlock that more universal experience for yourself as well as for the audience. That’s what it took for me. As soon as I realized that Mal would be his wife, it became completely relatable.”

      Hohohohohoho…

    • Jozef est parti en vacances. Pas de critiques d’Inception de sa part (il qualifie le film de “respectable” dans son plus récent billet – ça sonne comme une cote 4 polie de Médiafilm), mais bon, la multiplication des billets sur le film est vraiment appréciée!

      Curieux de voir ce que les digressions vont donner dans les commentaires des différents billets…

    • @frederic_clement_qc

      Ah, Kristin Thompson vient de s’intéresser à cette BD, sur son blogue conjoint avec Bordwell. En fait, la BD est parue en 2002, mais en norvégien! Elle est parue en anglais en 2006. Les détails ici: http://www.davidbordwell.net/blog/?p=9692

      L’article vaut la peine au complet, elle et lui partagent leurs impressions sur Inception, largement favorables (alors que Bordwell avait été plutôt tiède devant Dark Knight). Le texte de Bordwell surtout est vraiment bien, il place la structure narrative d’Inception en perspective dans l’histoire du cinéma, avec un brin de cognitivisme comme il en a l’habitude. Ils argumentent tous deux, entre autres, que le film suit une tendance hollywoodienne contemporaine de négliger les personnages pour remplacer le développement psychologique par autre chose, en général des séquences d’action, des effets spéciaux, etc., mais Nolan préfère plutôt y substituer l’exposition de concepts, de règles, etc., pour monter un puzzle narratif complexe. Le film se concentrant sur cette exposition, il devient un peu ridicule de lui reprocher d’avoir trop de dialogues explicatifs alors que l’enjeu narratif du film se trouve là.

      Dans le même ordre d’idée, il y a eu cet article sur kotaku, tu as peut-être lu frederic, où l’auteur compare Inception à un jeu vidéo qui aurait trop de tutoriel et pas assez de gameplay: http://kotaku.com/5597761/inceptions-usability-problem L’article est moyen, il ne développe pas assez cette idée, mais elle est intéressante.

      Un guess: les digressions risquent de tourner autour d’un certain film…

    • Encore si le film avait une dédicace (versante)
      (à moins qu’elle ne soit endogène/game ou sonore).

    • Encore merci pour les références! Je lirai le Thompson/Bordwell plus tard, mais le Kotaku est quand même intéressant (c’est un peu la marque de la maison, des bons “flashs” mal développés).

      C’est quand même rafraîchissant de lire une critique d’un film sous l’angle du jeu vidéo, même si le terme n’est jamais utilisé dans le film. Faudra comparer avec les critiques de Tron : Legacy cet hiver. Avec tous les jeux qu’on tente de vendre comme des films (des bandes-annonces de jeu sans séquence de gameplay? Come on…), j’aime beaucoup le renversement de situation.

    • “Encore si le film avait une dédicace (versante)
      (à moins qu’elle ne soit endogène/game ou sonore).”

      Sato?!!

    • “Avec tous les jeux qu’on tente de vendre comme des films (des bandes-annonces de jeu sans séquence de gameplay? Come on…), j’aime beaucoup le renversement de situation.”

      C’est bien vrai, je suis vraiment tanné moi aussi qu’on ne présente plus des jeux comme des jeux, mais comme des films, comme si tout devait être “cinématographique”. Même dans les bandes-annonces qui présentent du gameplay, on choisit généralement le plus gros set-piece, pour faire le plus “cinématographique” possible. Si au moins il y avait de bons scénaristes… Enfin, il serait temps que les jeux vidéos commencent à assumer qu’ils sont des jeux, et qu’ils n’ont pas besoin de se comparer à leur grand frère pour se légitimer. Peut-être que si on voit plus de films comme Inception, qui s’inspire indirectement des jeux vidéos sans être une adaptation, ces jeux pourront reprendre confiance en leur potentiel en tant que jeu, qu’ils passeront un peu plus de temps à tenter d’innover sur le gameplay, à y intégrer le récit de manière plus organique.

    • Intégrer le récit, n’est-ce pas justement cinématographique?

    • Effectivement ghost. Je crois que ce que veux dire cinematographe est que le jeu devrait tenter de se départir de cette construction en deux temps qui l’obsède (tableau spectacle et tableau “gameplay”) et de se demander quels sont les liens réels et fondammentals qu’il entretient avec le récit. Parce qu’un jeu peut par définition se passer d’un récit.

    • Oui ghost, c’est comme dit rafc. Je ne sais pas si vous êtes un gamer, mais quant à moi il y a souvent une dichotomie entre le récit et le gameplay lui-même. En théorie, le jeu étant basé sur l’interactivité, le récit est supposé être conduit par le joueur en relation avec le contexte que le jeu lui offre, mais la majorité des jeux font progresser le récit par des cinématiques qui interrompent le gameplay (un peu comme des scènes d’action qui sont superflues et n’ont aucune valeur narrative) et il y a souvent des incohérences entre ce que le jeu donne la liberté de faire au joueur et le scénario imposé par les créateurs. L’intérêt d’un jeu n’est pas dans le récit, c’est secondaire, c’est pourquoi s’il y en a un il devrait être intégré au gameplay, il devrait profiter de l’interactivité plutôt que s’y superposer pour en faire un hybride à deux têtes.

      C’est un peu hors-sujet, mais bon, un exemple: dans le dernier Rockstar, Red Dead Redemption, le joueur a la possibilité de gérer son personnage un peu comme il veut, en dehors du récit principal il est confronté parfois à des choix moraux, il peut être un sale cow-boy tuant tout sur son passage ou un cow-boy généreux protégeant la veuve et l’orphelin, le tout étant guidé par un système de pointage qui marque les choix et indique la valeur morale du personnage joué. Or, le récit principal ne prend jamais compte des décisions prises lors du jeu lui-même, les cinématiques sont fixes et imposent une personnalité au personnage, celui d’un gars finalement correct, prêt à tout pour atteindre son but, individualiste, mais dédié à la bonne cause. Si le joueur a décidé de jouer la brute et le truand plutôt que le bon, il se trouve face à une drôle de situation, où lui joue un personnage qui n’est pas conforme à ce que le jeu lui impose par le récit. Expérience schizophrénique.

      C’est surtout dans les jeux indépendants que les créateurs semblent trouver des moyen de faire concorder récit et gameplay (dans l’industrie l’exemple canonique serait la série Half-Life, ou le premier Deus Ex), ou du moins arrive à donner un sens au gameplay lui-même indépendamment d’un récit (je pense à un truc comme Passage).

      Bon, on parlait d’Inception?

    • Merci Cinématographe pour cette explication. En effet, je ne suis pas un gamer. Ce que vous dites de l’individualiste dédié à la bonne cause ressemble à ce que je dis du héros américain dans l’avant-dernier post. Les mythes américains jouent là aussi. Finalement, votre gamer qui décide d’être un truand est un peu dans la situation d’un cinéaste qui voudrait faire un film sur un anti-héros malgré les diktats du mythe.

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