Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à lapresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mardi 27 juillet 2010 | Mise en ligne à 15h45 | Commenter Commentaires (35)

    «J’ai M. McLuhan ici avec moi»

    Dans son Top 10 des meilleurs caméos de l’histoire du cinéma, le vétéran Philip French du Guardian omet étrangement le plus satisfaisant d’entre tous : celui de Marshall McLuhan, le célèbre théoricien des médias canadien qui a notamment inventé l’expression Global Village, dans Annie Hall (1977) de Woody Allen.

    Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le terme, voici sa définition:

    Un caméo est l’apparition fugace dans un récit d’un acteur, d’une actrice, du réalisateur ou d’une personnalité. Le caméo est avant tout un clin d’œil. Il est bref et souvent anecdotique, car il n’influe généralement pas sur le cours de l’histoire. Il peut être ouvertement montré, ou bien décelable par les seuls spectateurs avertis.

    Avec ses 37 apparitions en 50 ans, Alfred Hitchcock est de loin la figure la plus prolifique dans la sphère des caméos au cinéma. Filmsite a d’ailleurs consacré deux pages au phénomène. Voici une compilation vidéo :

    > Filmsite tient une belle liste des Caméos de Grands Réalisateurs.

    > Une liste plus exhaustive sur WikiPedia.


    • Personnellement, j’aime bien lorsque le réalisateur joue un rôle parlé (les caméos de Hitchcock, ceux que je connais du moins, sont silencieux). Le caméo de Tarantino dans Pulp Fiction est mon préféré, mais j’aime bien aussi celui de Scorcese dans Taxi Driver ou ceux de Mel Brooks en général. Lorsqu’il est bien placé et que le réalisateur a un minimum de talent d’acteur, le résultat est souvent intéressant et parfois déroutant.

    • J’adore le caméo de Truffaut dans À tout prendre (Claude Jutra, 1963) lorsqu’il vient faire la locomotive de Jules et Jim. Magique.

    • McLuhan était le deuxième choix d’Allen pour cette scène. Dans ses mémoires (MON DERNIER SOUPIR), Luis Bunuel raconte qu’il s’était engagé à jouer son propre rôle dans cette scène mais ça n’avait pas abouti. Allen s’était alors tourné vers le théoricien canadien de la communication.

    • Shyamalan fait un superbe caméo dans The Village qui en dit bcp sur le film.

    • Le problème avec Hitchcock c’est qu’il y a pas de sens créé par ses caméos. Le contraire est toujours intéressant, par exemple Tarentino au langage raciste qui finalement est mariée à une Noire. Ou alors Polanski en petite frappe dans Chinatown.

      Sinon, j’ai eu le déplaisir de réaliser la semaine dernière qu’il est désormais impossible de rejouer le caméo d’Hitchcock à Québec dans le film I Confess. On s’en souveint, le Big O marche en haut de l’escalier qui descend à la rue Petit Champlain. On a désormais coupé l’escalier en deux pour installer trois terrasses dégueu à gauche. Les urbanistes ne sont pas cinéphiles…

    • Il y a aussi l’incroyable caméo de Williams Burrough (Naked Lunch) dans Drugstore Cow-Boy de Van Sant.

    • Difficile de battre le cameo de McLuhan mais dans un autre registre, j’ai adoré un cameo de Tarantino dans un film que peu de monde ont vû. Dans Sleep with me, il explique le vrai sens du film Top Gun….tout simplement génial dans le genre!

      http://www.youtube.com/watch?v=vxA9fkdrz10

    • Gorges Harrison dans The Rutles. Phil Spector en vendeur de coke arrivant en Cadillac décapotable dans Easy Rider.

    • Et j’oubliais la quantité phénoménale de cameo dans The Player qui étaient vraiment amusante. J’avais d’ailleurs lû que la plupart des caméo n’étaient pas prévu d’avance mais puisqu’Altman filmait à des endroits populaires d’Hollywood, les acteurs qu’il y rencontrait ont acceptés gratuitement des faire ces cameo et ont improvisé leurs lignes….

    • Le cameo de Rob Halford dans Spun nous avait fait hurler de rire à l’époque! C’était vraiment bon comme caméo. Celui de Bono dans Across de Universe était pas mal non plus! Et que dire de Julia Roberts qui joue Julia Roberts dans Ocean’s 13… Mais est-ce que ça compte vraiment comme caméo? Bruce Willis, dans le même film, lui ça compte! Les caméos offrent toujours un petit moment spécial dans les films – comme une incursion du monde réel dans la fiction. C’est un petit rappel de la réalité, mais parfois aussi une tentative de rendre la fiction réelle. Et c’est toujours satisfaisant d’en repérer un!

    • Dans le lit de Procuste d’un tout petit bureau des statistiques tout près de chez vous, les partisans dudit Procuste coupaient volontiers les jambes trop longues des uns citoyens ou étiraient sans façon les cous trop courts des autres citoyennes pour mieux pouvoir les faire entrer dans leurs moyennes.

      Mais la petite soeur de Charlie Brown ayant tout simplement décidé d’envoyer paître dans le décor tous les Mutt an Jeff dudit Procuste avec ses partisans irréductibles, elle retourna tout simplement vendre ses limonades dans la rue tout comme bon lui semblait. Voilà!

    • Et John Malkovich dans Being John Malkovich, c’est un caméo??

      J’admets que je ne saurai vous répondre si, techniquement, son rôle est défini comme étant un caméo. Mais regardez ce que j’ai trouvé sur WikiPedia :

      Spike Jonze makes a cameo appearance as Derek Mantini’s assistant. Brad Pitt also has a half-second-long cameo, as a miffed star in the documentary on Malkovich’s career. He seems to be on the verge of saying something before the shot ends. Sean Penn also appears in the film as a fan of Malkovich’s puppeteer work. Film director David Fincher makes an uncredited appearance as Christopher Bing in the American Arts & Culture pseudo documentary on John Malkovich. Winona Ryder, Andy Dick, and the members of Hanson can be seen in the audience of a Malkovich puppet show.[4]

      – js

    • @ scories

      Absolument pas, c’est l’« acteur principal » du film, ou du moins le fil de l’histoire même, ce qui est plus valorisant à mon avis.

      Le caméo d’anticipation par excellence de toute l’histoire du cinéma? HAL dans 2001 : l’Odyssée de l’espace, et pourquoi pas tout le film au complet tant qu’à y être.

      C’est vrai que de voir apparaître Tarantino dans ses films, c’est jouissif (peut-être trop)!

    • Oh, une réponse du maître du blog! Merci, merci.

      Intéressant débat. Par contre, je crois que Malkovich est davantage caméo que HAL en ce sens qu’il est faussement filmé à son insu dans ce qui semble être sa maison. Le reste, on s’entend bien, n’est plus très caméique.

      Un autre film caméo: Incident at Loch Ness de Herzog; un faux documentaire avec tout plein de monde du milieu du cinéma dont Jeff Goldblum. Un autre bon film d’Herzog.

      Attention, Incident at Loch Ness n’est pas un film de Herzog, mais bien de Zak Penn, un scénariste connu pour des blockbusters de super-héros. Il joue dans Loch Ness un producteur qui veut rendre le film de Herzog plus commercial, alors que ce dernier veut faire un film artistique sur la nécessité des mythes, ou quelque chose du genre. Un bel exercice d’auto-dérision sur deux fronts. -js

    • Au milieu des années 70, quelque 35 ans après TWO-FACED WOMAN, son dernier film, Greta Garbo avait donné son accord pour apparaître furtivement en reine de Suède dans l’adaptation d’À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU que préparait alors Luchino Visconti. La scène devait se dérouler à l’opéra. Avant le spectacle, la rumeur avait couru que la reine allait assister à la représentation et les spéculations allaient bon train: Allait-elle vraiment venir? Est-ce possible, ELLE ici? C’était sûrement une erreur, pas ELLE, c’est impossible!. Et, au milieu des chuchotements, du haut de sa loge, la Divine faisait son apparition devant un public médusé…

      Finalement, Visconti est mort, le film ne s’est jamais fait et on n’a plus jamais revu la Garbo. N’empêche, c’est pour moi le plus beau caméo de l’histoire du cinéma.

    • Cette scène de Annie Hall, c’est du pur génie… Mais mon préféré de Woody Allen reste sans conteste, et assurément pour toujours, le grandiose “Manhattan”…

    • L’inoubliable “non” du mîme Marcel Marceau, seule parole dans le film “Silent Movie” de Mel Brooks.

    • Dans LA MAMAN ET LA PUTAIN de Jean Eustache, Alexandre (Jean-Pierre Léaud), attablé avec Véronika (Françoise Lebrun) au Flore, aperçoit au fond du café Jean-Paul Sartre accompagné de Simone de Beauvoir. Il se met alors à parler de la décrépitude de l’écrivain-philosophe, de son alcoolisme, etc. Et, pendant qu’il pérore ainsi, un rapide insert nous montre une table où discutent plusieurs personnes. L’image est trop furtive pour qu’on ait le temps d’y distinguer Sartre mais quand j’ai vu le film en copie VHS, un arrêt sur image m’a confirmé que le pape de l’existentialisme n’avait jamais participé au film d’Eustache…

      Tout de même: quel beau caméo!

    • mon préféré est leos carax qui incarne le “voyeur” (un beau métier) dans Mauvais Sang.

    • Et les caméos de Denys Arcand dans ses films? De la petite bière locale qui ne mérite même pas une mention?…

      Un commentaire étrangement agressif. Pourquoi assumer qu’il s’agit de la «petite bière locale»? On parle de caméos ici, petit sujet innocent…- js

    • @jinnyoutaouais

      En effet, notamment le juge dans Jésus de Montréal, c’est une très bonne scène.

    • Dans le clip sur Hitchcock à 1:39, je n’arrive pas à voir ou est le cameo

    • astyanax : Vous faites ma journée ! Je suis une grande admiratrice de Proust et de Visconti, et qu’est-ce que j’aurais donné pour voir le film que Visconti aurait fait !

    • Personnellement, je ne considère pas le rôle de Tarantino dans Pulp Fiction comme un caméo.

      C’est un rôle secondaire, certes, mais qui dépasse la simple apparition anecdotique. Je pense qu’un réalisateur peut très bien s’attribuer un rôle dans un de ses films sans que ça soit qualifié de caméo.

    • HS

      Avez-vous vu From Paris with Love? Excellent divertissement. C’est vraiment drôle, comme le dernier Rambo. Et une bonne référence au Royal with cheese de Pulp Fiction.

      Bonne journée

    • @ Cladonie

      «Vous faites ma journée!»

      Tout le plaisir est pour moi, vraiment. Oui, ce projet avorté est l’un de mes plus grands fantasmes de cinéphile.

      À défaut de voir le film, on peut en revanche en lire le scénario, écrit par la collaboratrice habituelle de Visconti, Suso Cecchi d’Amico. Il a été publié dans les années 80 aux éditions Persona et peut-être n’est-il donc pas très facile à trouver; mais peut-être qu’en cherchant un peu…

      On rage à l’idée que le projet soit venu tout près d’être réalisé. Les contrats des acteurs étaient même signés! Et quel casting dément: Alain Delon en narrateur, Marlon Brando (!) en Charlus, Silvana Mangano en Duchesse de Guermantes, Simone Signoret en Françoise, Helmut Berger en Morel, Edwige Feuillère en Madame Verdurin et oui, donc, Greta Garbo en reine de Naples (et non de Suède comme je l’ai erronément mentionné dans un post précédent). Rien que ça!!

      Les plus beaux films sont peut-être ceux que l’on ne verra jamais…

    • @le_gaucher

      Je ne crois pas qu’un cameo doit obligatoirement être anecdotique. L’important, c’est que le rôle soit assez mineur. Par exemple, je pense que l’apparition de Christopher Walken dans ce même Pulp Fiction peut aussi être considéré comme un cameo, surtout qu’il y joue un vétéran du Vietnam, petite référence à Deer Hunter (quoique ce n’est assurément pas le même personnage)…

    • @ jay_jay

      Évidemment, ça dépend de la définition de caméo.

      Pour moi, c’est un personnage accessoire dont personne ne parlerait si ce n’était du fait qu’il est interprété par une “vedette surprise”.

      Par contre, l’effet de “surprise” à lui seul ne suffit pas à définir un caméo selon moi.

    • Dans After Hours de Martin Scorsese, on peut voir le réalisateur jouer un éclairagiste lors de la scène de la discothèque.

    • astyanax : Je vais très certainement aller jeter un oeil à ce scénario (qui est apparemment facile à dénicher, la BAnQ l’a). Merci !

    • Bukowski dans Barfly est un caméo intéressant.

      http://www.youtube.com/watch?v=GHr1smZ6iwo

    • @Cladonie

      Oui, il y a le Visconti jamais fait, mais aussi Un amour de Swann (1984, de Volker Schlöndorff), Le temps retrouvé (1999, de Raoul Ruiz), La Captive (2000, de Chantal Akerman, adapté de la Prisonnière). Il y a aussi, moins connu, Céleste de Percy Adlon (1982) sur l’autobiographie de la servante de Proust.

      On peut aussi voir Mort à Venise comme une adaptation indirecte de la Recherche.

    • @Cladonie

      Il y a aussi le scénario publié du film que Losey devait faire sur une adaptation de Harold Pinter.

    • @astyanax Ce n’est pas bunuel, mais Fellini qui était le 1er choix pour ce caméo.

      “…et même Marshal McLuhan, célèbre théoricien de la communication, lequel apparaît en personne après une scène irrésistible où Allen ne supporte pas …(pour l’anecdote, Woody avait proposé à Fellini cette scène, mais il Maestro avait poliment décliné car il ne voulait pas faire un si long voyage pour à peine une minute de film) “

    • @ Maison33253

      Cela fait donc de McLuhan un troisième choix…

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