
Dire qu’un film est minable, gravement surévalué, à la limite dangereux; c’est tout à fait légitime. Il faut cependant démontrer sa thèse avec des arguments de poids, chose pas toujours évidente. En particulier lorsqu’on s’attaque à un film jouissant d’une reconnaissance quasi unanime ou à des oeuvres/cinéastes perçus comme intouchables (comme l’a fameusement fait Jonathan Rosenbaum avec Bergman). Bref, jouer au contrarien n’est pas une mince tâche et ceux qui parviennent à bien vivre en défendant régulièrement des idées et des opinions à contre-courant sont aussi rares que talentueux.
Mise à jour : Avec l’accumulation de critiques hostiles, la position d’Edelstein, qui a publié la première critique négative d’Inception, n’a plus rien de contrarien…
Ce qui nous amène à David Edelstein et à sa désolante tentative de discréditer Inception, le film très attendu de Christopher Nolan qui prend l’affiche aujourd’hui. Brève mise en contexte : Edelstein, le critique cinéma en chef de New York Magzine et membre de la vénérable National Society of Film Critics, est (en temps normal) une des voix les plus respectées du milieu. Il est généralement considéré comme l’héritier de la légendaire Pauline Kael, critique au New Yorker de 1968 à 1991 connue pour ses opinions tranchées et souvent anti-conformistes (elle déteste tous les films de Kubrick par exemple).
Dans sa critique, Edelstein semble cependant confondre opinion tranchée et attaques gratuites. Non content de seulement se moquer des ambitions de Nolan : «Une équipe de scientifques colorés! Cool! C’est donc, comme, Mission: Impossible dans un Dreamscape-Matrix!», il dénigre aussi ses confrères qui ont aimé le film : «Inception s’arrange pour être maladroit et confondant sur quatre niveaux de réalité – alors qu’ici, dans ce rêve encore plus troublant qu’on appelle «la vie», le film est perçu comme un chef d’oeuvre de l’ordre de 2001 : A Space Odyssey. Slap! Réveillez-vous! Shalalala! Slap!» et s’en prend même aux (éventuels) spectateurs enthousiastes : «C’est comme si quelqu’un est entré dans leurs têtes pendant qu’ils dormaient et a implanté l’idée qu’Inception est un chef d’oeuvre visionnaire et – attendez… Whoa! Je crois que je saisis. Le film est une métaphore sur le pouvoir du hype délirant – une métaphore pour lui-même.»
S’attaquer aussi vicieusement aux admirateurs d’un film avant même que celui-ci ne soit sorti c’est assez bas, merci. Peut-être qu’Edelstein n’a toujours pas digéré la montagne de courriels haineux et les quelques menaces de mort qui ont suivi sa critique négative de The Dark Knight du même Nolan, et a décidé cette fois-ci de répliquer sarcastiquement de manière anticipée. (On compte déjà une centaine de réactions dans la section commentaires).
Le principal problème de la méthode d’Edelstein, c’est qu’il ne semble pas tout à fait critiquer le film en tant que tel, mais plutôt l’adulation qu’il provoque. Pour reprendre la conclusion du billet de Patrick Goldstein : «Apparemment, il n’y a pas de plus grand péché pour un cinéaste que de faire un film que certains gens aiment trop».
Peut-être qu’Inception est en effet un film surévalué, même complètement nul. Le fait est qu’il y a toujours moyen de communiquer son déplaisir tout en maintenant un discours respectueux, comme l’a fait A.O. Scott du New York Times dans sa critique négative. C’est ce qui s’appelle avoir de la classe.
À lire aussi :
> Le critique a (presque) toujours raison
> La pertinence des critiques (suite)
> La pertinence des critiques










totoro
16 juillet 2010
15h48
C’est vrai que la critique d’A.O Scott est très nuancée comparée à l’autre.
Je fais partie du camp de ceux qui ont détesté The Dark Knight, mais je crois fermement qu’un débat doit rester civilisé. Sur les blogues, il est facile de s’emporter et d’insulter les gens. Il faut donc se tourner la langue sept fois avant de parler et ne jamais répondre à chaud.
Bonne fin de semaine!
tikobrahey
16 juillet 2010
16h06
Vous frappez dans le mille M. Siroka. Un bon critique évalue la forme puis le fond d’un film; le reste relève de la sociologie de masse.
jimbojones
16 juillet 2010
16h14
A.O. Scott n’a pas aimé Inception? :’-(
jmwhess
16 juillet 2010
16h27
Critique de cinéma… c’est une profession?! Hahaha… je croyais que c’était un passe-temps, comme collectionner des roches.
lavoieqc
16 juillet 2010
16h33
J’ai vu Inception à la présentation de 12h00, tout simplement incroyable, Nolan est un génie, Dark Knight était bon, Memento excellent, et Inception est son chef-d’oeuvre. Ce film entre officiellement dans mon top 5 à vie.
PS: Si comme moi vous êtes très habitué avec le concept de rêve, que vous vous rappelez de ceux-ci, vous allez trouvez ce film fascinant. Sinon vous risquez d’être perdu, de vous sentir à part et totalement étranger et de ne pas partager la passion de Nolan pour l’esprit humain pendant le sommeil. J’ai la certitude que les mauvaises critiques sont ces personnes, et malheureusement pour elles (de ne pas partager ce plaisir du monde du rêve), elles sont nombreuses.
bozappa
16 juillet 2010
16h44
Z’êtes pas encore syndiqués , les critiques ?
Nolan est inventif et se démarque , tout comme Innaritu.
Des nouvelles de Biutiful , monsieur Siroka ?
bohmer
16 juillet 2010
16h51
je ne trouve pas la critique de A.O. Scott si négative, il admet avoir grosso-modo aimé le film, c’est seulement qu’il semble avoir voulu autre chose que ce que Nolan lui a servi.
je vais voir inception ce soir, je pourrai me faire mon opinion après avoir lu des tonnes de critiques. je ne m’attend à rien d’autre que ce que je crois que Nolan peut apporter après avoir vu tous ces films. le problème avec lui c’est qu’il est un réalisateur très talentueux évoluant un tantinet à contre courant d’hollywood tout en y faisant partie. pour moi, là s’arrête les comparaison avec d’autres véritables génies comme kubrick. Nolan n’est pas un visionnaire, c’est un “entertainer” qui a de la classe.
le défi maintenant, c’est de faire fît de la hype et de passer un bon moment au cinéma.
_renaud
16 juillet 2010
16h53
C’est toujours un peu risqué pour un critique d’aller a contre-courant. La seule arme du critique c’est sa crédibilité et un critique qui plante une œuvre juste pour le plaisirs de planter une œuvre va perdre sa crédibilité.
Et la crédibilité c’est comme la réputation. C’est long a acquérir mais ca peut se perdre rapidement.
Pour les fans enthousiastes par contre je pense qu’il a un peu raison, je viens d’aller lire les commentaires sur metacritics et certaines personnes parlent d’un des meilleurs films de tous les temps.
Par contre il y a une critique d’un lecteur qui semble confirmer ce que je craignais: ‘Funny how people think complex equals smart and intellectual’.
C’est un peu ma crainte avec Inception. Après avoir vue la bande annonce j’étais enthousiaste mais quand j’ai su qu’est-ce qu’il en retournait du scénario j’avais peur que ce soit inutilement compliqué.
D’ailleurs c’est un peu le problème que j’avais avec Memento. Certaines personnes ont trippées sur ce film a cause de la complexité du scénario mais en bout ce n’était pas un si grand film non plus.
jimbojones
16 juillet 2010
16h56
@renaud
Memento complexe?… Y’avait pas grande complexité, me semble… En fait, l’histoire est straightforward quand on y pense… (blague voulue, mais le point est la.)
totoro
16 juillet 2010
17h01
Ce paragraphe de la critique d’A.O. Scott résume très bien ce que je pense:
« The accomplishments of “Inception” are mainly technical, which is faint praise only if you insist on expecting something more from commercial entertainment. That audiences do — and should — expect more is partly, I suspect, what has inspired some of the feverish early notices hailing “Inception” as a masterpiece, just as the desire for a certifiably great superhero movie led to the wild overrating of “The Dark Knight.” In both cases Mr. Nolan’s virtuosity as a conjurer of brilliant scenes and stunning set pieces, along with his ability to invest grandeur and novelty into conventional themes, have fostered the illusion that he is some kind of visionary. »
_renaud
16 juillet 2010
17h07
@jimjones
Disons complexe dans le sens volumineux. Imposant. Pas dans le sens difficile a comprendre.
ilisepa
16 juillet 2010
17h19
Il faut faire une critique d’un film par rapport au cinéma. Ne pas gloser avec de vagues concepts philosophiques ou sociologique (historiques trop souvent). L’inverse est malheureusement fréquent dans nos médias. On juge de tout et de rien en se référent à des films… (cf. Richard Martineau)Le sophisme est imminent. Les journalistes ont beaucoup de pouvoirs et peu d’étude, il faudrait un doctorat en journalisme afin d’être admis dans l’ordre. (ex: 8 ans de littérature/écriture/grammaire/étude d’une autre voire de deux autre langue/histoire/politique/droit…etc) mais non, un demi bac parfois suffit (cf. P. Lagacé)
johnnythewolf
16 juillet 2010
17h25
@ Jozef Siroka
Franchement, M. Siroka. Le critique est certes sarcastique, mais de là à « dépasser les bornes », il ne faut pas exagérer. Ou alors, vous n’avez jamais lu de critiques vraiment mesquines!
En fait, ses arguments me semblent au contraire très justes, comme celui-ci :
“You can’t tell from DiCaprio, who wears the same haunted face throughout. He’s excellent—he usually is. But he’s weighing himself down with guilt-trip roles.”
Et puis, ce n’est pas comme si cette critique allait faire fondre en larmes l’« auteur » cinéaste…
Jozef Siroka
16 juillet 2010
17h28
@ johnny
Le sarcasme n’est pas mauvais en soi et Edelstein manie en effet une très belle plume. Ce que je trouve de trop, c’est lorsqu’il dénigre les gens qui aiment le film (au fait, avez-vous lu mon texte en entier?).
johnnythewolf
16 juillet 2010
18h09
@ Jozef Siroka
Dénigrer les spectateurs, c’est très commun, surtout dans les critiques sur le Web. Ça n’a peut-être pas de classe, mais en cette ère de « politiquement incorrect », tous les coups semblent être permis, malheureusement.
N’empêche, j’ai beau relire le texte d’Edelstein, et ses attaques « mesquines » se limitent surtout aux premiers et derniers paragraphes. Le reste du temps, il s’en prend au film, et ses arguments ne me paraissent ni pires ni meilleurs que ceux employés par, disons, un Roger Ebert très inspiré.
Mais cela dit, depuis le temps que je vous lis, je vois que vous n’êtes pas au fait de tout ce qui se fait sur le Web (vous ne connaissez probablement pas Maddox, Zero Ponctuation, The Angry Video Game Nerd ou encore Mr. Plinkett), alors je peux comprendre que cette façon de critiquer vous choque.
Jozef Siroka
16 juillet 2010
18h22
@ johnny
Edelstein est un des critiques les plus respectés aux USA. On s’attend à un peu plus d’étiquette de la part des critiques «élite» que des gens qui écrivent dans le sous-sol de leurs parents.
D’ailleurs, vous accepterez mes excuses de n’être «pas au fait de tout ce qui se fait sur le Web»…
stevevallee
16 juillet 2010
18h33
“Le principal problème de la méthode d’Edelstein, c’est qu’il ne semble pas critiquer le film en tant que tel, mais plutôt l’adulation qu’il provoque.”
“Ce que je trouve de trop, c’est lorsqu’il dénigre les gens qui aiment le film”
En tant que fan d’Avatar j’ai comme une impression de déjà vu :-)
vene777
16 juillet 2010
18h53
Il est, également, difficile de faire une critique complète avec seulement un visionnement. Par exemple, lorsque j’ai vu The Dark Knight la première fois, j’ai beaucoup aimé. Lorsque j’ai réécouté le film, je le trouvais bien ordinaire même s’il demeurait supérieur aux films médiocres de Marvel. Autre exemple, la première fois que j’ai vu Barton Fink, j’étais confu et je n’avais pas beaucoup aimé le film. Pourtant, quelques années plus tard, il est devenu l’un de mes films favoris. Le temps est la seule critique valide….
astidkalis
16 juillet 2010
19h01
J’ai remarqué que souvent quand quelqu’un n’aime pas un film, c’est qu’il ne l’a pas bien compris. Si le film a de bonnes critiques, cela vaut peut-être la peine de le revoir. Et je parle par expérience aussi ;)
Quand à ce Edelmachin, il semble que les trolls ne soient pas tous dans les blogues ou les forums…
depalma
16 juillet 2010
19h02
On a déjà lu semblable critique concernant votre charmant collègue Cassivi pour le film «Avatar»
Je vous cite :
- S’attaquer aussi vicieusement aux admirateurs d’un film
- c’est qu’il ne semble pas tout à fait critiquer le film en tant que tel, mais plutôt l’adulation qu’il provoque.
Bref, je vous suggère aussi le film «Mr” Nobody»
Et ce , même si son éminence grise Cassivi l’a trouvé à chier…
frederic_clement_qc
16 juillet 2010
19h03
Le meilleur commentaire à ce jour sur ce film : “Inception, c’est comme L’année dernière à Marienbad avec des guns.”
Je viens de voir le film (deux fois!). Je le décante et je reviens!
elisef
16 juillet 2010
19h23
Je viens de lire la critique, et malgré les quelques “jabs” pas trop nécessaire, le reste était moins pire que ce à quoi je m’attendais. Sans vouloir choquer, je pense que votre collègue Aleksi K. Lepage fait BEAUCOUP pire dans ses critiques: on sent toujours un dédain et un ton hautain dans ses critiques, comme s’il détestait son job! Je ne comprends pas trop pourquoi il cherche constamment à frapper en dessous de la ceinture comme si ça lui procurait un plaisir certain de choquer son auditoire. Je crois que seul le critique à de quoi à perdre à jouer à ce jeu; si il pert toute crédibilité, il va perdre son emploi tout simplement!
Des exemples:
-”à la solde de banquiers ouvertement véreux et d’un homme d’affaire prétentieux (caricature de Bill Gates)” Despicable Me
-”Adrian Brody remplace l’épais Schwarzenegger” Predators
-”… jeune Shia LaBeouf qui, en plus d’avoir un nom ridicule…”, “Quoique tout le cinéma de Michael Bay relève de l’hyperactivité et du déficit d’attention…” Transformers
Le plus drole, c’est qu’en revoyant la critique de Transformers, j’ai remarqué que sa critique à été très altérée, mais quand on jette un coup d’oeil aux commentaires, on voit bien la vague que M.Lepage a créé. D’autres personnes partage mon avis?
johnnythewolf
16 juillet 2010
20h50
@ Jozef Siroka
“D’ailleurs, vous accepterez mes excuses de n’être «pas au fait de tout ce qui se fait sur le Web»…”
Ce n’était pas un reproche du tout.
jon8
16 juillet 2010
22h37
Remettons les choses en perspective, s.v.p.
Un critique c’est, avant tout, quelqu’un de payé pour donner son opinion.
Tu peux être “professionnel”, dans le sens que tu gagnes ta vie avec XYZ, et tout de même être mauvais. Même dans un métier qui est autrement plus objectif que celui de critique!
La rémunération n’est pas une garantie de qualité.
Pas plus d’ailleurs que l’opinion “gratuite” du quidam n’a moins de valeur subjective.
maximeg
16 juillet 2010
22h42
@ frederic_clement
2 visionnements! Vous êtes courageux…. Je voulais m’enfuir pendant la dernière demie-heure, durant laquelle Nolan alterne constamment entre des plans quelquonques de mitraillettes tirant un peu partout, une voiture qui tombe au ralenti et une conversation lourde ammenant révélation après révélation, le tout enveloppé d’une grosse musique très sérieuse et très dramatique. La vision des rêves que propose Nolan porte à croire qu’il n’a jamais dormit de sa vie. Les rêves du film se déroulent de façon pratiquement identique à la réalité, sauf qu’ils sont encadrés par un nombre infini de règles ridicules que Nolan ne cesse d’empiler et de nous expliquer sans une once d’humour. Le personnage central semble être incapable d’éprouver une émotion autre que la mélancolie et son équipe est composée de pions sans aucune personalité, ce qui rend leurs nombreux échanges complètement stériles et figés. Reste que la réalisation est tout de même un peu plus cohérante que celle du Dark Knight…
Inception peu peut-être partager quelques thèmes avec Marienbad, mais il m’est difficile de penser à deux films plus opposés en termes de forme.
jon8
16 juillet 2010
22h43
” Edelstein est un des critiques les plus respectés aux USA. On s’attend à un peu plus d’étiquette de la part des critiques «élite» que des gens qui écrivent dans le sous-sol de leurs parents. ”
Boaf.
Qui a vraiment ce genre d’attente, les autres critiques ?
Je pense qu’un critique qui se prend trop au sérieux à cause d’un so-called statut “d’élite” s’expose de facto à la dérape; ego, power trip, effort pour plaire, intégrité douteuse, relâchement, suffisance, masturbation intellectuelle, etc..
Les pièges sont nombreux!
marc-andre_tessier
16 juillet 2010
23h08
la seule chose vraiment lamentable, c’est de voir des critiques critiquer des critiques.
patthebrat
16 juillet 2010
23h45
J’arrive de voir le film et je suis assé d’accord avec la critique de M. Scott. Le film explore plusieurs pistes intéressantes mais les délaisse pour allé ailleur. Quelques bons coups mais pas de coup de génie.
L’intrigue qui se voudrait être principale la fameuse “inception” (qui consiste à convaincre un jeune héritier de dviser l’empire paternel) est absoluement secondaire du début à la fin. Même qu’avec le recul on se dit que les protagonises se donnent un mal fou pour arriver à un résultat qui ne semble pas en valoir la peine ou qui aurait pu être atteint avec d’autres moyens.
Les similitudes avec Matrix sont aussi évidente que les tentatives de les camoufler. Les reveurs se branchent au bras plutot que dans la nuque, les méchants “agents” sont devenus des cibles imperssonelles qui ne savent pas tirer (même à 1 mêtre sur cible assise dans une auto). Et personne n’apprend le kung fu (fiou).
J’ai trouvé qu’Ellen Page n’était pas très à sa place dans son rôle (dommage parce que je l’ai bien aimé dans Juno et Whip it) à trop vouloir casser son typecast elle s’est fait un misscast.
melo_carmelo
16 juillet 2010
23h46
Je ne dirais pas, comme un commentateur précédent, qu’Inception est un chef-d’œuvre, à mon avis, loin de là, plutôt un film d’action assemblé de manière exquise, patinant quelque peu par endroits, les sentiments ajustés au calibre qu’il se doit, et à l’idée centrale remarquable, cela va sans dire, faisant fi, quelques fois, de la vraisemblance, le principal défaut, en ce qui me concerne, de cette œuvre. Chapeau à Nolan pour cette belle imagination.
supercorm
17 juillet 2010
00h25
En fait cela reflete bien le climat politique actuel …
… les democrates proposent des solutions, les republicains disent non peu importe ce qui est propose, par mauvaise foi.
Obama inventerai un remede au cancer que les republicains r=critiqueraient que ca remede va faire mal a l’industrie de la recherche.
Un peu la meme chose pour certaines critique, qui se croient obliger de “critiquer” plutot que de faire une critique, autant constructive soit elle.
thx1138
17 juillet 2010
00h28
Il arrive qu’on passe à côté de très bons, voire d’excellents films à cause de la mauvaise foi de certains critiques. Le même phénomène s’applique à la musique, à toutes les formes d’art en fait. Faites-vous confiance! Un critique n’est jamais qu’un simple être humain qui n’est pas toujours objectif, même s’il prétend l’être en jouant à la police du bon goût.
maximeg
17 juillet 2010
01h21
@ moi même
Tu fais preuve d’un peu de mauvaise fois; la voiture qui tombe au ralenti est une alternative visuellement intéressante à l’habituel gros plan d’un compte à rebours…Sinon, je suis d’accord avec tout ce que tu dis!
supercorm
17 juillet 2010
01h51
En fait ce film me rappele un film que j’ai vu il y a au moins 25 ans (ouch, je me fais vieux), et dans lequel des personnes entraient dans les reves des gens pour les tuer …
… ca fait des annees que je cherche le nom du film car je pensais au concept dernierement et j’aimerais bcp le revoi …
.. si jamais …
elvince
17 juillet 2010
02h15
Heu, je veux pas te critiquer (c’est pas ma job), mais le film de Nolan c’était “the dark knight”, pas “the dark night”. C’est un chevalier qui était noir, pas la nuit.
Bon, la nuit était probablement noire aussi, mais elles le sont toutes, alors ça ne compte pas.
jon8
17 juillet 2010
02h37
pourtant, j’ai connu beaucoup de nuits blanches moi… ;-)
bohmer
17 juillet 2010
03h58
je serais très curieux de voir ce que la critique dirait si inception était l’oeuvre d’un christopher nolan inconnu…
andre_d
17 juillet 2010
08h06
je suis étoné de votre indignation M. Siroka. Elle est pas si mal la critique. De toute évidence le film lui a déplus. Il est un peu acéré par moments, mais franchement j’ai vu pire. En fait c’est un peu les appréhensions que j’ai a propos du film (que je n’ai pas encore vu et que j’irai voir). Un film qui ce deroule dans un reve….. Y’a besoin d’etre bon en titi, parce que que je pardonne rarement les tricheries que permettent les environements malléable, comme celui d’un reve par exemple, ou tout est possible.
Aussi aller voir la critique de Rex Reed du New-York observer sur inception, il fait passer David Edelstein pour un fan de inception. Il détruit le film et Chris Nolan dans son entiereté. Je vous en laisse un échantillon.
”At the movies, incomprehensible gibberish has become a way of life, but it usually takes time before it’s clear that a movie really stinks. Inception, Christopher Nolan’s latest assault on rational coherence, wastes no time. It cuts straight to the chase that leads to the junkpile without passing go, although before it drags its sorry butt to a merciful finale, you’ll be desperately in need of a “Get Out of Jail Free” card.
Writer-director Nolan is an elegant Hollywood hack from London whose movies are a colossal waste of time, money and I.Q. points. “Elegant” because his work always has a crisp use of color, shading and shadows, and “hack” because he always takes an expensive germ of an idea, reduces it to a series of cheap gimmicks and shreds it through a Cuisinart until it looks and sounds like every other incoherent empty B-movie made by people who haven’t got a clue about plot, character development or narrative trajectory. Like other Christopher Nolan head scratchers-the brainless Memento, the perilously inert Insomnia, the contrived illusionist thriller The Prestige, the idiotic Batman Begins and the mechanical, maniacally baffling and laughably overrated The Dark Knight-this latest deadly exercise in smart-aleck filmmaking without purpose from Mr. Nolan’s scrambled eggs for brains makes no sense whatsoever.”
Voyez ce que je veux dire? Et the New York Observer c’est quand meme pas underground.
J’aime bien ce genre de critique moi. J’aime ca quand on ne fait pas dans le compromis idéologique. C’est pour ca d’ailleur que mon préfferé a LaPresse ca a toujours été Foglia qui ne se gene pas pour etre libre dans ses propos. Quand Foglia n’aime pas quelque chose il devient soudainement assassin. Une de ses bitcherie mémorable a propos de Daniel Boucher ( le ” chanteur”) me reviens souvent a la mémoire. Je vous le dit dans mes mots, mais c’était pas mal ca.
-Je Pourrais écrire un albums de Daniel Boucher en 10 minutes. Mais je ne le fais pas parce que j’aurais trop honte.
C’est chien. Mais je suis content que quelqu’un l’ai dit.
tiplon
17 juillet 2010
08h07
@jon8
La rémunération n’est pas une garantie de qualité.
Pas plus d’ailleurs que l’opinion “gratuite” du quidam n’a moins de valeur subjective.
Je pense qu’un critique qui se prend trop au sérieux à cause d’un so-called statut “d’élite” s’expose de facto à la dérape; ego, power trip, effort pour plaire, intégrité douteuse, relâchement, suffisance, masturbation intellectuelle, etc..
Les pièges sont nombreux!
@marc-andre_tessier
la seule chose vraiment lamentable, c’est de voir des critiques critiquer des critiques.
J’abonde tout à fait dans votre sens…En espérant qu’on vous lira avec discernement
paulbeliard
17 juillet 2010
08h40
C’est l’inception qui confirme la rêgle …
paul beliard
johnnythewolf
17 juillet 2010
08h42
@ andre_d
“Writer-director Nolan is an elegant Hollywood hack from London whose movies are a colossal waste of time, money and I.Q. points. “Elegant” because his work always has a crisp use of color, shading and shadows, and “hack” because he always takes an expensive germ of an idea, reduces it to a series of cheap gimmicks and shreds it through a Cuisinart until it looks and sounds like every other incoherent empty B-movie made by people who haven’t got a clue about plot, character development or narrative trajectory. ”
Rex Reed est mon nouveau héros!
C’est ce genre de critiques qui sont agréables à lire, et non celles du genre Panorama Cinéma, qui font beaucoup trop « thèse universitaire ».
paulbeliard
17 juillet 2010
08h44
«Je Pourrais écrire un albums de Daniel Boucher en 10 minutes. Mais je ne le fais pas parce que j’aurais trop honte.»
Ah ! Il a dit ça de Boucher … Bien d’accord ! La baloune s’est dégonflée depuis. D’ailleurs où est-il, ce chanteur ?
paul beliard
paulbeliard
17 juillet 2010
08h51
Boucher, Foglia et la critique cinéma …
http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/pierre-foglia/200812/13/01-810096-critique-de-cinema.php
paul béliard
chandelier
17 juillet 2010
08h53
@supercorm
Le film s’appelle ‘Dreamscape’. Josef le mentionne en citant le texte de Edelstein. Dans mon souvenir, ce n’était pas terrible.
@andre_d
La différence entre Pierre Foglia et Marc-André Lussier, par exemple, est que Foglia est un chroniqueur d’opinion qui ne prétend pas et n’a pas à prétendre à un semblant d’objectivité. Il donne son opinion simplement comme sienne, pas nécessairement comme juste. Un bon critique doit pouvoir être capable de reconnaitre des éléments valables même dans un film qui lui a déplu et noter les défauts même d’un film qui’il a adoré. Ainsi, Rex Reed, dans son article dévastateur, reconnait quand même la dextérité technique de Nolan.
paulbeliard
17 juillet 2010
09h00
Il m’arrive de “canter” un peu durant un film, ce qui n’en fait pas un mauvais film. Quelques films de Nolan m’ont fait cet effet ! Local hero aussi avec Burt Lancaster, et c’était presque un chef d’oeuvre …
paul beliard
la_soldate
17 juillet 2010
10h05
“Vous aurez compris que ce n’est pas tant ce film – très conventionnel et inoffensif d’un point de vue narratif et dramatique – qui m’a incommodé que les réactions étrangement extatiques qu’il a suscitées, surtout en ce qui a trait à un supposé portrait juste et poignant du climat social de l’après-crise économique.”
Reconnaissez-vous ces mots Mr Siroka, c’est le paragraphe dans votre critique de Up in The Air. Je sais que vous n’aimez pas qu’on ramène ce sujet mais quand même, vous vous en prenez en tant soit peu à ceux qui ont aimé le film de façon dithyrambique. De façon un peu plus retenu que M. Edelstein mais, tout de même, dans la même veine. Je m’attendais à pire dans ce qu’il a écrit et il n’a pas apprécié le film et oui il se désole du fait qu’il soit si apprécié mais quand même, j’en ai plus à lui reprocher par rapport à ce qu’il du film (que j’ai adoré) que ce qu’il dit de ceux qui ne partage pas son opinion.
Quand au film lui même, au risque de me répéter j’ai A-D-O-R-É. Le concept, l’histoire, l’exécution, le jeu des acteurs tout. Bon ok, je ne comprend toujours pas comment Leo Di Caprio a convaincu tout le monde de ses talents, j’ai eu l’impression, en regardant Inception, de revoir son jeu dans The Departed, mais il ne m’a pas indisposé comme dans The Aviator (trois heures de ma vie que je ne retrouverai jamais…). Toutefois en sortant du film je savais qu’il était à prendre ou à laisser et donc ne suis pas étonné des repoches que fait Mr Edelstein. Il n’a pas embarqué, moi si, assez pour que je le revois une deuxième fois mais en 3D cette fois.
Ceci dit, je ne sais pas comment il juge les films de science-fiction mais je me demande pourquoi reprocher à ce film le manque de réalisme de l’histoire. Si on va voir un film dans lequel quelqu’un va se promener dans les rêves d’un autre, il faut au moins y croire. J’aurais compris s’il avait jugé le film mal exécuté sur le plan de la réalisation, du scénario, des effets spéciaux. Mais dire que le film est mauvais car ça ne se peut pas aller tripoter les rêves d’autruis, alors pourquoi voir le film. Ceci dit, je partage son point de vu lorsque se dit en désaccord avec l’idée qu’un être humain ne peut accepter un idée que s’il l’a développé lui même.
johnnythewolf
17 juillet 2010
11h14
Je ne comprends même pas pourquoi un critique est tenu à l’objectivité quand son métier repose uniquement sur la subjectivité. Si vous voulez un texte 100 % objectif, tapez-vous une analyse!
À ce stade-ci, c’est davantage une question de plume et d’argumentation. Dans le cas d’Edelstein, je ne vois rien de particulièrement choquant dans son argumentaire, MAIS, comme je l’ai fait remarqué à M. Siroka, je suis habitué à lire des avis beaucoup plus corrosifs, parfois même gratuits, alors c’est peut-être simplement une question de sensibilité.
Par exemple, ceux qui déplorent l’attitude d’Edelstein et des autres détracteurs de Nolan (bénis soient-ils) ignorent probablement l’existence de sites comme darkknightsucks.com ou avatarsucks.com, où on baigne carrément dans l’extrême pinaillage et l’obsession quasiment trollesque.
Jozef Siroka
17 juillet 2010
11h35
@ johnny
Qui a dit qu’un critique doit se montrer objectif? Tout ce que je dis, c’est que c’est idiot de se moquer (pas de critiquer, ou de réfuter, mais de se MOQUER) de ses confrères et, surtout, d’une bonne partie de ses lecteurs. Je ne vois pas ce qu’il y a de compliqué à comprendre dans ce que j’ai écrit. (Enfin, c’est peut-être de ma faute aussi, je me suis peut-être mal exprimé).
lemalinmartin
17 juillet 2010
12h14
En fait, on découvre un chanteur, un cinéaste, avec un gros succès.
Et on s’attend à la même chose pour le deuxième film ou album.
Certains se perdront en faisant des choix pour plaire.
D’autres réussiront en conservant leur indépendance artistique.
Pour cette raison que j’aime Paul Thomas Anderson, Shyamalan, Mallick, Lynch, et beaucoup d’autres.
Peu importe le film, il y a une continuité dans leur travail. Un truc qui leur est propre qui revient à chaque film.
Peu importe le succès commercial ou non.
@paulbeliard
Pour vous, le succès commercial est une preuve d’existence ?
Si Boucher n’est pas à la radio, c’est qu’il est fini ?
Connaissez-vous Flynn, Faulkner, Bélanger, Ferland, Charlebois, De Larochelière,… ?
Fait longtemps que ces artistes ne passent plus à la radio commerciale.
Pourtant, ils sont tous encore actifs, sauf Ferland, à la retraite.
Ils sont des auteurs-compositieurs.
Ils ont eu leur “tubes”, mais ont conservés leur indépendance et liberté créatrice.
Le dernier de Boucher est moins explosifs que son premier…
Mais il ne fait pas ses albums pour vous.
Sa démarche est différente.
Céline Dion, par contre…
James Cameron, aussi.
;)
syquest
17 juillet 2010
13h51
Si un critique connait la recette pour un film parfait, la chanson idéale, le spectacle ultime, la peinture équilibrée ou encore la photo san faille, pourquoi ne le fait-il pas ?
Le rôle de la critique le dit : critiquer. La job idéale ! Être payé pour mettre sur papier son opinion … Ainsi, il n’aime pas tel film ou telle artiste ? Il a de quoi se défendre derrière sa carte.
Beethoven disait : “Il ne faut pas s’attarder à la critique car aucun monument n’a été sculpté à l’honneur d’un critique !” :)
johnnythewolf
17 juillet 2010
14h00
@ Jozef Siroka
Mais non, la question de l’objectivité, c’était en réponse à de précédents commentaires (celui de chandelier, entres autres). Ça n’était pas en réponse à vos commentaires, sinon, je l’aurais précisé en en-tête. ;)
johnnythewolf
17 juillet 2010
14h03
@ syquest
“Beethoven disait : “Il ne faut pas s’attarder à la critique car aucun monument n’a été sculpté à l’honneur d’un critique !” :)”
Des monuments peut-être pas, mais des prix sont régulièrement remis aux critiques pour leurs écrits. Mais Beethoven n’a pas connu ça de son vivant, et puis, de toute façon, il était pas capable d’entendre sa propre musique quand elle était jouée, alors hein! ^^
Tirez sur la personne, pas sur le métier, que diantre!
Jozef Siroka
17 juillet 2010
14h09
@ johnny
À quand vos impressions sur Inception? J’avais bien aimé vos commentaires sur The Dark Knight. En ce qui me concerne, je dois attendre au moins jeudi pour voir le film…
jim777
17 juillet 2010
14h25
Il faudrait établir une chronique hebdomadaire qui critique les critiques.
mschumacher
17 juillet 2010
15h05
“Dire qu’un film est minable, gravement surévalué, à la limite dangereux; c’est tout à fait légitime. Il faut cependant démontrer sa thèse avec des arguments de poids, chose pas toujours évidente. En particulier lorsqu’on s’attaque à un film jouissant d’une reconnaissance quasi unanime”
Combien j’ai l’impression du déjà vu avec ce que nous lisions, et que nous lisons encore, sur Avatar par les blogueur de Cyberpresse.
Quelques critiques, s’encourageant entres elles, en sont venu à présenter Avatar comme un super navet risible au possible. On lisait des remarques tel :
- Film pour geak ado
- Film de strumph ou jarjarbing
- Scénario lourd, abrutissant, inexistant
- Gros ramassi de cliché
- Mauvais jeu d’acteur
Bref, un gros, mais très gros navet.
Seul mérite de ce film : la 3D. Hé oui, il suffit de faire un film en 3D et le tour est joué. Cameron a été “le premier” à le faire, c’est la seule raison qui explique qu’il a connu un succès planétaire.
Et par la suite, chaque fois qu’il y avait une bonne nouvelle concernant ce film, et bien il y avait une explication. Quand il a remporté le golden globe du meilleur film et meilleur réalisateur, ce n’était pas qu’il ne méritait, mais pour faire plaisir à Cameron et parce qu’il avait beaucoup de monde qui l’avait vu… aucune chance que ce soit parce que ce film ait des qualités.
Finalement, lorsqu’il n’a pas remporter les mêmes honneurs aux Oscars, même s’il en a quand même remporté quelques uns, c’était forcément la preuve hors de tous doutes que c’était un navet sans scénario! Wow, alors tous les autres films à l’exception du soporiphique Hurt Locker ont des scénarios minables… bien sur! parce qu’ils n’ont pas remporté d’Oscar!
Des fois, ça me rappelle mon père qui détestait les Beatles mais se régalait d’opéras. Oui, les opéras ne sont pas à la porté de tous, oui les Beatles ont eu beaucoup de succès, mais c’était facile, mauvais, minable… Dommage, même si John, Paul, George et Ringo n’avait pas élaboré des histoires aussi morbides que dans des opéras et surtout très courtes, ils ont su toucher toute une planète avec des petites chansons simples, mais qu’on n’est pas près d’oublier. C’est triste à dire, mais mon père n’aura jamais l’ombre d’une idée pourquoi leurs chansons ont connu un tel succès… un peu comme les blogueurs de Cyberpresse n’ont pas la moindre idée des vrais raisons des succès d’Avatar. Dommage.
Alors, pour Inception, que je me promet de voir, je ne vois pas ce qu’il y a de choquant de voir un autre faire exactement ce qu’on a fait il y a tout juste 6 mois! Comme on dit, faudrait se garder une petite gêne.
zyxx
17 juillet 2010
15h23
J’ai lu la critique qui est traitée dans le billet de M. Siroka, et je ne trouve pas matière à m’offusquer. L’auteur donne son point de vue, prend des scènes précises en exemple, décrit des aspects avec assez de rigueur pour qu’on puisse les noter et les vérifier. Bref, il articule son point de vue, et le nuance assez pour ne pas tomber dans un jugement unidimensionnel et caricatural, ce qui ne correspondrait pas à un film de cette envergure.
Pour être plus spécifique concernant le commentaire que j’ai mentionné plus haut, je ne me sentirais pas aussi idiot d’aimer le film après avoir lu cette critique que je pouvais me sentir idiot, nul et inculte après avoir vu Avatar et aimé ce film, et lu M. Cassivi dont l’opinion sur ce film et ce qui est associé (l’auditoire) était assez claire, merci. Je reprendrais les mêmes termes que dans le paragraphe précédant, concernant la critique d’Avatar par M. Cassivi, en disant qu’il est allé trop loin, et sans la mesure ou la rigueur de M. Edelstein, incluant l’impression qu’il laisse à ceux qui ont aimé le film.
J’espère que cette fois-ci j’exprime mon opinion un peu plus clairement, assez pour que M. Siroka, qui autrement fait du bon travail, accepte de la garder sur ce forum.
philomuzi
17 juillet 2010
15h33
Encore ce bon vieux débat sur le rôle, la valeur et la limite du critique d’art. Voici quelques réflexions spontanées…
Être parfaitement objectif en évaluant une oeuvre ou un produit artistique est impossible, étant donné le rôle de la sensibilité esthétique et idéologique variable des critiques. Mais ça ne veut pas dire qu’ils sont complètement subjectifs non plus. Souvent (du moins j’espère) ils possèdent des connaissances cinématographiques élaborées (histoire du cinéma, aspects techniques, filmographies…) que ne possèdent pas nécessairement un spectateur ou un appréciateur moyen. Bien sûr il y a plein d’exceptions à cette règle: certains intervenants sur ce blogue manifestent d’ailleurs des connaissances similaires, complémentaires ou s’approchant de celles d’un critique officiel, c-a-d rémunéré et de profession. De plus, étant justement un critique rémunéré et de profession, on s’attend à ce que celui-ci fasse preuve d’un code de déontologie cinématographique et d’une éthique plus coercitive. Être rigoureux, le plus objectif possible, honnête, peser les pour et les contre, contextualiser l’oeuvre et aller au-delà d’une appréciation ‘animale’ d’un film devrait être la norme. Sommes-nous dans l’idéal ? Probablement un peu (peut-être beaucoup). À cet effet, je trouve souvent très dommage que des critiques de profession utilisent parfois (ou trop souvent) leur fonction pour ridiculiser ou caricaturer un film, un acteur ou un réalisateur, ou encore critiquer de façon ad hominem les gens du milieu. Edelstein, bien sûr, A.K. Lepage assez souvent aussi mais, de façon générale, presque tous les critiques finissent à un moment ou à un autre par tomber dans ce piège désolant. Les critiques destructrices de type ‘gut feeling’ sont trop fréquentes.
Pour conclure je pose candidement la question: Existe-il un code de déontologie du critique ? Si non, pensez-vous qu’il devrait y en avoir un ?
johnnythewolf
17 juillet 2010
15h35
@ Jozef Siroka
Je dois reconnaître qu’Edelstein et Reed m’ont pas mal enlevé les mots de la bouche, à quelques nuances près. Dans le genre « polar ésotérique verbeux », je lui préfère Innocence: Ghost In The Shell 2, de Mamoru Oshii.
jon8
17 juillet 2010
15h57
Jozef, nous avons discuté ici sur ce blog tellement de fois à propos de la critique que j’ai décidé de l’analyser. C’est juste trop stimulant comme sujet.
http://gliese1214b.blogspot.com/2010/07/la-critique-analyse-1.html
inception est dispo sur écran IMAX ?
Jozef Siroka
17 juillet 2010
16h09
@ jon8
Oui, dans la salle IMAX du Cinéma BS
D’ailleurs, pour les fans de BD, il y a un prélude à Inception, The Cobol Job.
jon8
17 juillet 2010
16h58
d’accord je vois. IMAX et (heureusement?) pas 3D
paulbeliard
17 juillet 2010
17h01
@lemalinmartin
Bon, je faisais référence aux commentaires énoncés plus haut sur Daniel Boucher, Pierre Foglia et le cinéma … Il y a méprise de votre part, je crois. Lisez le lien :
«Boucher, Foglia et la critique cinéma …
http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/pierre-foglia/200812/13/01-810096-critique-de-cinema.php
paul béliard»
_____________________________________________________________________________
Par ailleurs …
Et vous, connaissez-vous Alexandre Zelkine (Québécois), Isabelle Mayereau (Française), Yves Simon (Français), Raoul Roy (Québécois) ?
Pour moi, au Québec, c’est leonard Cohen et Richard Desjardins ! Ceux que vous nommez me sont indifférents. À Boucher, je concède ses talents d’interprétation quand il reprend Leclerc, par exemple. Quand il rechante : «Demain, je pars pour la guêrre …» avec un accent montréalais à couper au couteau de Félix !
Mais je crois que Boucher est resté bloqué “dans porte” … La grosse tête,vous savez !
paul beliard
PS. : Je suis vieux et j’écoute pas la radio. Pour le ciné, il y a Brando et Suddenly, Last Summer ; Alain Delon dans Plein Soleil. Et Burt Lancaster !
ankh
17 juillet 2010
17h47
@mschumacher. Sur Avatar, je suis intervenu à quelques reprises dans ce blogue pour exprimer mon point de vue sous le billet qui apparaît encore plus haut. J’ai tenté d’expliciter les raisons pour lesquelles je crois qu’il s’agit d’un grand film. Malheureusement, un seul blogueur m’a répondu directement et assez longuement. J’aurais bien aimé lire d’autres commentaires, surtout négatifs pour approfondir nos échanges, mais bon, ce sera sans doute pour une prochaine fois.
Je me promets aussi de voir Inception, peut-être vendredi prochain. Sur les critiques de films, je ne possède pas les connaissances de la plupart des blogueurs à ce sujet, mais, au risque de paraître simpliste, je diviserais les critiques en deux catégories distinctes : les pédagogues comme Ebert qui se voit ainsi et les tueurs à gages comme Edelstein. Je partage l’opinion de M. Siroka voulant que la critique de cinéma représente en soi un genre littéraire au même titre que la critique de romans, par exemple. Dans ce dernier cas, on peut aussi observer ces deux catégories à l’oeuvre. Réginald Martel appartenait au ”courant pédagogique”. Je l’ai rarement vu chercher à détruire gratuitement un auteur. Ses critiques étaient presque toujours mesurées et elles incitaient souvent le lecteur à découvrir un auteur et son oeuvre. Plus qu’un pédagogue, le critique de romans ou de films est aussi un lien entre le lecteur et une oeuvre, et ce, quelle qu’elle soit. En cela, il montre toute la considération qu’il a pour son lecteur. Ses textes représentent une invitation au voyage qu’il soit filmique, romanesque ou qu’il appartienne à une forme d’art.
En contrepartie, le critique tueur à gages n’en a rien à cirer du lecteur. Il écrit sans doute pour être lu lui aussi, mais son ego atrophié tient sans doute à ce que le lecteur éprouve une considération plus grande pour lui que pour l’oeuvre dont il fait la critique. Côté ego, les Angelo Rinaldi et Robert Lévesque ne donnaient pas leur place même s’ils avaient tous deux un indéniable talent de critique (l’un pour le roman et l’autre pour le théâtre) de même qu’une vaste culture. Ce qui nous valait des textes souvent époustouflants d’intelligence et de lucidité, mais qui étaient assombris par des attaques personnelles d’une méchanceté sinon d’une perversité inouïes. Question de bien laisser leur marque, je suppose.
Les critiques pédagogues ont la modestie de servir l’oeuvre ou de chercher à nous la faire découvrir, alors que les critiques tueurs à gages se servent de l’oeuvre pour se placer devant elle. Quelle perte de neurones et quel ennui. Perso, les tueurs à gages m’apprennent très rarement quelque chose d’utile. Cependant, s’ils détruisent un film, que ce soit savamment ou d’une manière où leur style l’emporte sur le contenu, cela me donne à moi une raison de voir ce film pour me faire ma propre idée. Pour paraphraser cette citation de Pierre Rissient, je chercherai à aimer, à détester ou à être tiède face à un film pour les bonnes raisons. Pour MES raisons. Car il en va d’un film comme d’un roman : aussitôt qu’un film se retrouve en salles ou qu’un roman est publié, il échappe à son créateur et il devient une oeuvre qui appartient au patrimoine individuel de chaque personne. Quand j’ai commis ces quelques textes sur Avatar, je pense avoir eu l’honnêteté d’exprimer les bonnes raisons pour lesquelles j’ai beaucoup aimé ce film. Je doute que tous les critiques tueurs à gages soient foncièrement honnêtes avec eux-mêmes et, partant, avec leurs lecteurs. Je soupçonne que certains d’entre eux s’inventent par avance des raisons de détester un film ou un roman pour le simple plaisir de se distinguer de leurs pairs, à plus forte raison si les critiques sont dans l’ensemble très positives. Mais n’est pas Voltaire qui veut.
jon8
17 juillet 2010
18h24
@philomuzi
”Existe-il un code de déontologie du critique ? Si non, pensez-vous qu’il devrait y en avoir un ?”
Vous donnez vous-même une bonne partie de réponse plus haut dans votre texte:
”Être parfaitement objectif en évaluant une oeuvre ou un produit artistique est impossible”
johnnythewolf
17 juillet 2010
18h41
Tiens, Roger Ebert a accordé quatre étoiles à Inception. Les fans du film peuvent donc souffler, l’équilibre de l’univers a été rétabli.
Fiou!
jon8
17 juillet 2010
18h44
Oh bytheway Jozef, prière d’accepter mes félicitations pour le titre de ce billet, d’un point de vue ”marketing” c’est à des années-lumières du ”Machete” de cette semaine ;-)
Le titre du film de l’heure au début, avec un petit ajout dramatique pour soulever les passions = WIN.
Je mise un p’tit deux sur: plus de 100 commentaires. Hahaha
(damn, nous ne devrions pas mesurer la performance d’un blog comme ça, mais c’est l’fun pareil)
mstp33
17 juillet 2010
19h12
Un beau prétexte que le subconscient pour faire un film qui se veut à caractère onirique mais qui s’avère être tout simplement une succession de poursuites automobiles infernales, de pétarades d’explosifs de tous les calibres, de tueries équivoques puisque nous ne savons jamais si nous sommes dans un rêve ou dans la réalité, d’explosions de bâtiments et de structures métalliques, tout cela accompagné d’une musique tonitruante pour accompagner les décharges de fusils, bref un film américain abrutissant qui n’a rien d’exceptionnel sinon qu’il peut se permettre d’avoir un scénario complètement déjanté en ayant recours au monde tortueux des rêves. Mais attention, nous ne sommes pas dans un monde rempli de subtilités et de de choses ou de personnages insolites dignes du subconscient mais dans une histoire qui conviendrait très bien à l’agent 007 sur un trip d’acide. Amateurs de LSD, d’explosions, de coups de revolvers, de carambolages et de bruit infernal, ce film est fait pour vous.
moderateur_cp
17 juillet 2010
19h50
@ jon8
Ce n’est pas nécessairement le nombre de commentaires qui détermine la popularité d’un blogue. Les statistiques sont ici :
http://www.cyberpresse.ca/blogues-les-plus-populaires/?section=blogues
jon8
17 juillet 2010
20h11
deuxième position pour le billet de Jozef aujourd’hui! :-)
allez les gars, on peut rattraper Hétu! haha
@moderateur_cp
oui je sais bien ;-)
je pourrais même ajouter que ce n’est pas le nombre de visite mais le taux de conversion pour les grands boss qui compte…
Oh boy, too much Google adwords/analytics pour moi cette semaine, je vais prendre un p’tit break avant de voir du data dans mes céréales!
Inception imax: booké pour dimanche. J’ose espérer ne pas me taper une déception du genre Avatar.
ankh
17 juillet 2010
20h22
Mon petit doigt me dit qu’un bon nombre de blogueurs rivalisera d’épithètes pour descendre le dernier film de Nolan. À défaut de contenu, c’est plutôt divertissant.
jon8
17 juillet 2010
20h34
”À défaut de contenu, c’est plutôt divertissant”
de la part de quelqu’un qui a considéré Avatar comme un ”grand film”, ça veut dire quoi ? Je suis inquiet!
teddybear
17 juillet 2010
20h38
@ankh
À défaut de contenu, c’est plutôt divertissant
Je l’ai pas vu encore, mais si on le compare a The Cell avec Jennifer Lopez, est-ce meilleur, pire ou ca s’équivaut ?
vend01
17 juillet 2010
20h41
Pour ma part, je comprends un peu David Edelstein . Comme moi peut-être trouve-t-il navrant les critiques qui font d’un film un classique avant le temps. Peut-être que les élans des critiques lui tombe sur les nerds, genre d’élan qui produise des énoncés comme celui-ci:
“[...] à faire d’Inception un film mémorable qui, d’emblée, s’inscrira parmi les classiques des films de science-fiction [...]” (Lussier, La Presse).
Pourquoi faut-il rappeler qu’un classique ne nait pas d’emblé? Qu’il doit résister à l’épreuve du temps? Que le mot “classique” est impropre au temps présent?
Pareil commentaire qui frôle le cliché incite le lecteur sérieux à la prudence. Méfiance. Un classique après une semaine? Voilà de quoi douter. Les critiques qui s’emportent ainsi dans un sens ou dans l’autre sont ridicules et risques fort de ne pas être pris au sérieux à la longue.
ankh
17 juillet 2010
20h59
@jon8. J’ai attiré votre attention? :-) Rassurez-vous, je ne mords pas.
Ça veut dire que je fais une forme de clin d’oeil à une constante. Très souvent, j’observe que des films salués par l’ensemble de la critique récoltent une volée de bois vert dans ce blogue. C’est l’une des raisons pour lesquelles je fréquente ce blogue. J’aime être étonné et j’apprécie qu’on prenne le contre-pied d’une certaine forme ”d’unanimisme” même si je ne lis pas très souvent (et j’en suis le premier malheureux) des commentaires qui me portent à réfléchir sur un film que j’ai vu. Je ne vous vise pas, en particulier. Mais je lis trop souvent, comme plus haut, des flèches décochées à l’endroit d’un film sans que ces pointes soient appuyées par une critique solide et crédible. Et je dois admettre que ça me déçoit car ça ne m’aide en rien à répliquer si d’aventure ma perception était différente.
Vous n’aimez pas Avatar? Soit. Moi, j’adore et je m’en suis expliqué dans le billet sur la sortie du 27 août. Si vous pouviez me donner la source d’une critique substantielle de votre part sur ce film, il me ferait plaisir de la lire et d’y répondre, si cela était faisable.
En passant, mon petit ”clin d’oeil”, vous l’aurez remarqué, était aussi une forme de provoc. Je ne connais pas ce blogue autant que vous et je me demandais si un commentaire presque anodin de deux lignes me vaudrait davantage de réponses que mon commentaire affiché plus haut. Cela dit, si mon petit doigt me reste fidèle, je ne serais pas surpris outre-mesure que les critiques au film de Nolan soient dans l’ensemble négatives dans ce blogue. Je n’ai aucun problème avec ça. Je souhaite simplement que ces critiques soient appuyées par de solides arguments qui invitent à la discussion et non pas qu’elles reposent sur des propos de deux ou trois lignes rédigés à la hâte comme une sorte de cri du coeur sans substance et sans signification réelle.
steppy2005
17 juillet 2010
21h03
J’ai lu la critique de Edelstein du début à la fin, et je la trouve tout à fait convenable.
mschumacher
17 juillet 2010
21h11
@ankh
Je partage ton point de vue, je crois également qu’Avatar est un bien meilleur film que ce que j’en ai lu ici. Je dis ici car je n’ai pas à chercher loin pour trouver des critiques très positives, que ce soit par d’autres critiques ou simplement par ce que les cinéphiles écrivent sur les blogues. Je ne prétends pas qu’Avatar et le chef d’œuvre des chefs d’œuvres, mais je pense quand même que c’est le meilleur de Cameron, un film qui reprend ses thèmes favoris et les pousse encore plus loin.
Je m’explique difficilement pourquoi la critique d’ici a été si virulente envers son « œuvre ». Ce n’est qu’une supposition, mais je sais que Cameron est supposément quelqu’un d’assez exécrable. Qui sait, comme il est canadien, qui dit que nos blogueurs de cinéma n’ont pas eu la mauvaise expérience de l’avoir rencontré et n’en ont gardé que des mauvais souvenirs. Alors, ce serait bien humain de ne pas encensé ce qu’il fait et de rappeler qu’il se prend pour le roi du monde…
Reste aussi le fameux scénario : oui il est prévisible, et après ? Est-ce que tous les scénarios doivent absolument imprévisibles et nous réserver des surprises à chaque scène ? Je ne crois pas.
Mais c’est loin d’être tout. Avatar vient d’une vision bien précise de Cameron, une vision qui le triture depuis Terminator : le fait que l’homme peut en venir à s’autodétruire ou, à tout le moins, se rendre une vie misérable. Et c’est la trame de fond d’Avatar.
Dans son scénario initial (1995), Cameron décrit une terre surpeuplé ou la vie n’a plus de saveur sur une planète qui se meurt, une vision à la fois démoralisante, mais passablement crédible et même visionnaire, car les ce qu’il prophétisait il y a 15 ans fait maintenant presque consensus.
Avec les Aliens, on sait que sa pensée s’est aussi tournée vers les autres planètes et leurs formes de vie. Bref, en reprenant le sujet de l’homme dévastateur combiné à l’exploration spatiale, il était en droite ligne avec ce qu’il avait déjà écrit.
Et maintenant qu’est-ce qui a bien pu motiver Cameron à écrire sur un tel sujet ? La réponse facile est l’argent. Oui il en veut, mais j’ose croire que la fixation de Cameron sur le fait que l’homme met en péril son existence de son propre fait est bien réelle et que c’est pourquoi il arrive à si bien nous transmettre ses craintes sur le futur de notre espèce.
Encore une fois, ça n’est qu’une supposition, mais je crois connaître le raisonnement qui a amené Cameron à écrire Avatar et avoir choisit d’attendre une technologie adéquate pour le rendre selon sa vision. Si on accepte que Cameron soit réellement concerné, pour ne pas dire obsédé, par ce que nous infligeons à notre planète, il n’y a qu’un pas à croire qu’il a voulu faire quelque chose pour aider à la prise de conscience.
Il serait bien naïf de croire que la population soit réellement consciente de l’impact que l’homme a sur l’environnement. Ça peut sembler difficile à croire, mais c’est pourtant le cas. Premièrement, il suffit de penser au pourcentage de gens qui sont, disons, bien religieux… visiblement la majorité des gens (et bien entendu, je ne parle pas du Québec). Et bien, ça ne fait aucun sens de prétendre que notre mode de vie peut affecter la terre. Après tout, c’est l’œuvre de Dieu … alors il n’y a rien de préoccupant. Et c’est sans compter ceux qui aiment leurs modes de vie et qui préfèrent voir ceux qui dénoncent en alarmiste. Bref, chacun sa perception, mais je crois qu’ils sont nombreux ceux qui ne voit aucune raison pour changer quoique ce soit à ce qui se fait aujourd’hui. Et commencer à attaquer des sujets aussi délicat que la surpopulation, c’est purement de l’hérésie. Donner la vie n’est-il pas justement le but de la vie. Les gouvernements ne font-ils par tous des efforts (à l’exception de la Chine) pour promouvoir de faire des enfants, toujours plus d’enfants. Oui c’est merveilleux, mais sincèrement, combien de milliards d’humains notre terre peut supporter ? 10, 20, 50, 100 milliards ? Il y en a qui pensent qu’on a déjà dépassé ce nombre… mais au rythme où nous allons (la population de la terre a doublé en moins de 50 ans !), les objectifs de réduction d’un pourcentage X ou Y auront ne feront aucun sens lorsque notre population aura encore doublé… mais oui, que je suis bête, c’est sans compter qu’avec la sacro sainte technologie, on trouva encore un moyen de faire plus…
Enfin, je pense que Cameron s’est demandé comment frapper l’imaginaire … de la planète (rien de moins), en étant bien conscient que pour un grand nombre, il n’y en n’avait pas de problème. Je pense que sa première piste de solution était de trouver un nouveau monde, un monde à faire rêver, un monde où nombreux seraient ceux qui diraient : si je le pouvais, j’irais vivre là … et je ne regretterais pas mon ancien mode de vie.
À partir de là, il fallait rêver, imaginer à quoi ce fameux monde pourrait ressembler. Et je pense que c’était là le plus difficile… et c’est pourquoi je crois bien que Cameron y a songé bien avant d’écrire son scénario initial, en fait des années avant de l’écrire. Est-ce qu’il fallait imaginer une civilisation futuriste, hyper moderne, très avancé technologiquement, des mondes tels ceux de Star Wars ?
Non, Cameron a opté pour un monde étrangement différent, un monde, voir une époque s’approchant de l’âge de pierre avec des bêtes apparentées aux dinosaures. Pourquoi ce choix ? Je pense que ce n’est pas sans y avoir pensé que Cameron a volontairement choisit un mode de vie où la population humanoïde ne contrôlait pas sa planète, voir qu’elle n’est même pas en haut de la chaîne alimentaire. Cela me laisse croire qu’une de ses premières préoccupations était de trouver un équilibre. Qu’on soit d’accord ou non, il a choisit un moment de notre évolution, qui a duré des milliers d’années ainsi, un moment où la vie était fragile, où nous étions une espèce parmi tant d’autre, une espèce qui devait voir à sa survie, mais qui était en harmonie avec ce qui l’entoure et qui en avait le respect.
C’est ça la grande force d’Avatar, avoir pensé à tout ce monde, d’avoir réfléchit à tout ces détails. Oui il y a les arbres géants, la possibilité de voler comme on monte à cheval, les montagnes flottantes, mais ce côté était pour émerveiller. Le vrai message se situait plutôt dans la relation qu’on la population locale avec la nature, son respect, sa fusion, sa place et même cette notion de religion où la vie après la mort n’est plus une histoire de fois mais un fait.
Ici, il y a des gens qui n’auront pas aimé cette vision, mais je crois que Cameron a vu juste en créant son monde hallucinant. Si non, je vois mal comment son film a connu un tel succès.
Bon, bravo, mais encore… c’est bien joli un monde féérique, mais reste qu’il faut bien trouver une histoire, un prétexte pour le montrer. Ici, je crois que Cameron a choisit un moyen pervers de nous le montrer. Il s’est probablement dit : si je ne fait que montrer un monde « idéal », est-ce que sa seule vue aura l’impact que je veux ? Assurément pas.
Il a surement réfléchit un bon bout pour arriver à vouloir provoquer les spectateurs. Il s’est dit : et si l’homme que je connais débarquais dans ce paradis, que ferait-il ? Et bien il le détruirait à des fins lucratives. Il avait sa trame. Il a donc choisit une époque suffisamment éloignée de nous pour imaginer que notre technologie pourrait nous amener à des années lumière d’ici… mais il a bien pris soin que l’homme de cette époque future nous ressemble goute pour goute. Le linge, les véhicules, les habitations, les armes, etc. Il n’a surtout pas voulu tomber dans le wow technologique. L’intérêt n’était surtout pas qu’on souhaite se retrouver dans la peau d’un homme du futur, mais bien dans celui de cette peuplade préhistorique.
Je pense que c’est ici que la vision de Cameron se termine. D’une part il voulait présenter un monde à couper le souffle, d’où son choix d’attendre d’avoir la technologie qu’il jugerait apte à rendre sa vision, et d’autre part il lui fallait des idées pour montrer à quel point l’homme d’aujourd’hui ferait un gâchis mis dans un tel environnement.
Ici, je pense que Cameron a volontairement pigé dans tout ce qu’il connaissait. Il voulait frapper fort et tous les moyens étaient bons. En fait, si on regarde Avatar, on voit qu’il a pigé dans des thèmes comme l’amour, le triangle amoureux, un peu de comédie, d’action, de morale et j’en passe. Il a pris tout ce qu’il savait qui « fonctionnait ». Je ne doute pas qu’il s’est inspiré de nombre de films montrant comment des conquérants ont malmené une population indigène, mais il a aussi pigé ici et là, dans les religions, dans les notions de clans, et j’en passe.
C’est clair que c’est ici qu’on voit tous ces clichés. Mais il n’en avait rien à cirer. L’objectif était de frapper l’imaginaire et ce choquer le spectateur. Pour atteindre ce but, il n’était pas question d’imaginer une histoire difficile à comprendre, au contraire, on cherche bien plus d’être proche du vulgarisateur que de l’auteur qui veut faire un triller nous menant de surprise en surprise. Pour moi l’objectif de Cameron était clair : qu’on sorte révoltés en sortant de la salle et qu’on se demande : « mais qu’est-ce que nous sommes en train de faire à notre planète ? ».
Alors, je peux comprendre qu’un critique regarde ce film et se dise : c’est simple, c’est prévisible, j’ai vu ça dans tel film, c’est trop manichéen, et j’en passe et j’en passe. Mais je ne crois pas que c’était dans les préoccupations de Cameron. Il a voulu frapper l’imaginaire, nous faire rêver et, pour ceux qui s’en sentent concerner, je dirais principalement les jeunes, d’en sortir révolter… Car qui sait, l’histoire ne dit pas si un futur All Gore n’aura pas subit l’influence de ce film et ne lui aura pas donné la poussée qui manquait pour passer de spectateur à activiste.
Enfin, pour moi ce n’est pas un hasard que Cameron s’est affiché ici et là pour l’environnement. Ses actions personnelles n’auront pas vraiment d’impact, mais elles ne font que me confirmer que son objectif était bien d’aider à sa façon… et il l’a d’ailleurs dit que c’était sa façon de contribuer à changer les choses.
Finalement, si j’ai un regret, c’est que nos critiques ne se soient pas penchés sérieusement sur le phénomène Avatar. C’était ne pas se creuser la tête que d’en attribuer le succès qu’à la 3D et d’en ridiculiser le travail d’auteur de Cameron. Dommage car je crois que ce fut un rendez-vous manqué, quelque chose qui n’arrive pas si souvent. Mais je comprends également que chacun à ses préférences. Alors je ne condamne pas… mais un peu comme l’actuel sujet, je trouve que ce fut dommage d’être si négatif envers un tel film.
jon8
17 juillet 2010
22h07
@msschumacher, ton message fait 3mb, mon browser vient de crasher! haha
@ankh
intéressant point vue.
par contre, je ne mettrait pas les critiques de néophytes et/ou purement instinctifs dans un sac vert pour autant. Je crois beaucoup au ”feeling initial” et à l’effet d’une première impression. Aussi émotive soit-elle.
Aussi, je considère que l’excès d’analyse est dangereux. À force de creuser trop loin on peut se retrouver en Chine, au lieu de simplement planter un arbre dans un jardin de Brossard. Je dis Brossard de même, j’ai rien contre les Brossardiens.
Bref, la masturbation intellectuelle nous guette dans ce domaine et comme vous le savez: ça rend sourd ;-)
En ce qui concerne Avatar, je n’ai pas de critique/review sous la main autrement qu’un peu éparpillé sur le web. Mais en gros le ”feeling initial” était: Quelques minutes de sincère enchantement broyées par une sensation de trahison.
Tu PEUX me mener en bâteau… Faut juste pas que je m’en rende compte. Je m’en suis rendu compte avec Avatar (et Matrix 2&3). Est-ce que la même chose se reproduira avec inception ? J’espère profondément que non.
mschumacher
17 juillet 2010
22h51
@jon8
Et je me suis retenu :))
Et concernant l’analyse à outrance, je suis d’accord, mais en ce qui me concerne je n’ai pas eu à me casser la tête 2 minutes … c’est simplement que je m’étais justement fait la même réflexion, mais que je ne voyais pas comment l’aboutir. Un livre pour présenter une vision “idéale” d’où nous pourrions aller… et surtout aller où???
C’est quand j’ai vu Avatar que j’ai crié au génie. Il avait non seulement poussé plus loin mon raisonnement initial, mais le cinéma comme média était simplement sans égal. Et que dire d’avoir utilisé une 3D jamais vu; une 3D qui ne servait pas à étourdir (effet de montagne russe) ou à balancer bêtement des objets à la tête, mais bien plus réfléchit. Nombreux ne vivront pas la guerre… qu’à cela ne tienne, on vous fera siffler des missiles à 2 pas, des explosions, de la boucanne, etc. Une façon sans égale de nous mettre l’enfer d’une bataille.
Remarques enfin que je n’ai pas de misère avec ceux qui n’ont pas aimé ou ne pargagent pas mes vues. C’est simplement mon interprétation, bien que je ne crois pas être si loin du cheminement de Cameron… mais pour l’instant ce n’est que spéculaitons. Qui sait, j’aurai peut-être une confirmation lorsqu’il sortira un bluray “avec” commentaires. J’ai beau avoir aimé son film et en acheter régulièrement, il n’était pas question que j’achète Avatar sans extra. Bref, j’attend et je crois que cette attente sera récompensé.
Ah oui, en parlant de première impression, as tu lu ce que Martineau avait écrit? Mais il s’est fait parlé par ses copains et a beaucoup nuancé son entousiasme initial. Dommage, il avait promis de retourné voir le film et de refaire une critique.
frederic_clement_qc
17 juillet 2010
23h07
@ maximeg
Bien d’accord avec vous sur la représentation des rêves que nous sert Nolan. Ils sont d’une stérilité déconcertante. Encadrés. Quadrillés. Avec des « règles ».
Des rêves sans désirs, quoi.
Ça tient pas mal plus du jeu vidéo (design de niveau, règles, passages secrets, personnages joueurs, personnages non-joueurs) que du rêve, et c’est là le plus grand défaut de « l’idée » sur laquelle repose le film.
Des rêves sans désirs… c’est répugnant et ça pue la névrose (ou le catéchisme, c’est selon).
frederic_clement_qc
17 juillet 2010
23h10
@ Jozef
Vous prévoyez faire un autre billet lorsque vous aurez visionné le film?
ankh
17 juillet 2010
23h37
@jon8 et mschumacher. Outre tout le bien que j’ai écrit sur Avatar, il y avait dans ce film d’autres éléments qui m’ont interpellé sur une base plus personnelle. Pendant mes années à l’université, j’ai eu un bon copain qui avait été autrefois capitaine dans les Marines au Vietnam. Il m’avait un peu enseigné le jargon de cette espèce très particulière de militaires. Or, j’ai retrouvé à bien des égards ce jargon dans Avatar. Bien plus que dans d’autres films de Cameron, en fait. Le fait que le frère de Cameron a été dans les Marines n’a certes pas nui à ce souci maniaque d’authenticité qu’on reconnaît chez Cameron.
Qui plus est, Cameron s’est donné la peine d’inventer une langue pour les Na’vi par l’entremise d’un linguiste. Ma première réaction au film? Avatar m’a jeté sur le cul non pas seulement pour les effets spéciaux, mais parce que, comme je l’ai écrit sous ce billet plus haut, il est allé un cran plus loin : 12 ans plus tôt, il avait recréé un paquebot et avec Avatar, il a créé un monde. Et il poursuivra sa quête dans un monde qu’il connaît bien pour l’avoir exploré : la mer.
Mon sentiment au premier visionnement de ce film en fut un d’ébahissement et d’admiration pour un réalisateur qui respecte le public et qui lui a donné un chef d’oeuvre de divertissement populaire avec Avatar. Mais bien plus que cela quand on se donne la peine d’explorer les méandres du monde qu’il a créé et ce que ce monde peut nous enseigner sur le nôtre.
Tous ces blogues et forums qui existent dans le monde et qui dissertent en plusieurs langues sur le phénomène Avatar ne sont pas un phénomène banal. Plus que tout autre réalisateur contemporain, Cameron a touché l’humanité. Son film est une porte ouverte sur des problèmes bien actuels. Qu’une infine minorité de personnes éreinte ce film n’est d’aucune conséquence ou d’aucune espèce d’importance en regard de l’impact bénéfique qu’Avatar peut avoir dans l’éveil de certaines consciences endormies.
martinbi
18 juillet 2010
00h11
@ Tout le monde
… Alors il faudra que les gens qui auront vu ce Nolan rédige ici même une critique substantiellement succincte pour ne pas faire imploser ce blogue :). Je cache mal ma curiosité de lire ce que les personnes en ont pensé (j’irai voir le film cette semaine)!
mschumacher
18 juillet 2010
00h16
@ankh,
On s’entend bien que ce ne sont pas les 8 nouvelles minutes additionnelles qui vont changer quelque chose à l’histoire, encore que j’en devine la teneur. j’ai lu le script 2007 et il a des séquences intéressantes qui ont été omises, comme celle où Sully se fait peindre le corp avant d’être accepté par les Navi…
As tu remarqué que, curieusement, lorsqu’on le voit apparaître il ne descent pas de l’arbre… mais semble plutôt monter du sol. C’est qu’effectivement, il s’est passé quelque chose sous l’arbre et il en ressort à ce moment… et je ne serais pas surpris que Cameron choisisse de présenter cette scène.
Mais bon, ces 8 minutes sont bien plus un prétexte pour remettre ce film sur les écrans. L’arrivé d’Alice et des autres films convertis à la vapeur pour profiter du buzz 3D ont presqu’instantanément sonné la fin d’Avatar. Pourtant, la veille de la première d’Alice, Avatar était encore à guichet fermé à IMAX. Bref, Cameron ira chercher encore quelques sous… et je suis curieux de voir à quel point il mettra en publicité pour convaincre ceux qui ont attendu trop longtemps avant de réaliser qu’il était trop tard.
jon8
18 juillet 2010
00h47
en terme de feeling 3D strictement, j’ai tripé bien plus avec U23D dans le vieux-port qu’avec Avatar au cinéma banque Scotia.
La technologie 3D sert mieux certaines formes de contenu que d’autres. La forêt dans Avatar c’était cool, mais le reste c’était souvent lourd/inutile en 3D..
Alors que dans U23D, le feeling intimiste avec les musiciens, le stage et la foule était ahurissant. Ça déstabilisait notre conception même d’un show de musique.
jon8
18 juillet 2010
01h23
@vend01
”Pourquoi faut-il rappeler qu’un classique ne nait pas d’emblé? Qu’il doit résister à l’épreuve du temps? Que le mot “classique” est impropre au temps présent? ”
C’est faux, en fait.
Le terme ”classique” a plusieurs significations. L’une d’elles c’est:
”Qui fait autorité, qui est considéré comme un modèle.”
Donc, un film peut, dès sa sortie, ”faire autorité” et ”être un modèle” sans devoir passer d’épreuve de temps. Épreuve de temps de toute façon subjective donc inapplicable (5 ans, 20 ans, 200 ans ?).
vlad_drac
18 juillet 2010
02h43
Je m’attends à lire des commentaires sur Inception et on n’y trouve finalement que des critiques d’Avatar. Arghhh, quel supplice.
Si le film vous intéresse vraiment, aller visiter ce lien pour y lire plusieurs avis intéressants (dont le mien): http://www.depotoir.ca/index.php?/topic/1475-inception/page__st__50
frederic_clement_qc
18 juillet 2010
08h13
@ Jozef
Ce n’est pas tant une question de rédiger une critique (quoique je lirai la vôtre si vous en faites une) que d’offrir un lieu de discussion sur le film à partir d’un aspect de votre choix. Entre la discussion d’avant-match proposée sur le blogue de Marc-André Lussier et celle sur la réception du film proposée ici, m’est d’avis que ce ne serait pas un luxe de relancer la discussion une fois la plupart des intervenants ayant vu le film et l’ayant décanté suffisamment.
frederic_clement_qc
18 juillet 2010
08h40
@ moderateur_cp
De quelle façon est comptée la “popularité”? Quand je presse “refresh” pour voir s’il y a de nouveaux commentaires, ça compte comme un “hit”?
lemalinmartin
18 juillet 2010
09h09
@PaulBeliard
J’veux dire que Boucher, s’il n’est plus présent comme avant, c’est par choix.
Oui, le succès de son premier lui avait monté à la tête.
D’ailleurs, son spectacle chansonnier était un retour aux sources.
Et son troisième album est une démarche beaucoup plus sobre.
Il a dégonflé un peu cette tête dont vous parlez.
Il n’est pas le premier à s’être emporté sur un succès soudain.
Mais au moins, il s’est retrouvé.
Ce que certains réalisateurs devraient faire.
Revenir à leur raison d’agir.
Pour Foglia, j’avais relu avant de vous écrire et malheureusement, vous aviez mal contexté Foglia.
Il ne dit pas pouvoir ré-écrire les chansons de Boucher et en avoir honte, mais plutôt il explique qu’il est un technicien de l’écriture. Il a cette habileté. Il pourrait écrire les chansons du prochain album de Boucher mais considère qu’il a d’autres chats à fouetter. Comme lire Proust ou autres…
De toutes façons, comme l’Oscar du meilleur scénario donne un indice de qualité (j’ai bien dit indice et non preuve), le Félix de l’auteur-compositeur donne un indice de talent.
Et Boucher, tout comme De Larochelière, Faulkner, Bélanger, Leloup, Flynn, Corcoran, a reçu cette distinction pour ses textes.
bobie63
18 juillet 2010
09h46
voici exactement ce qu’a écrit Foglia. C’est important de bien citer ce que disent les autres, d’autant plus que l’on aime beaucoup accuser les journalistes de ne pas citer correctement.
Néanmoins, des scénarios comme celui qui a mené à ce film de merde qu’ont vu 458 millions de Français, je pourrais en écrire trois par semaine. Pourquoi je ne le fais pas? Parce que personne ne me le demande et parce que j’aurais honte. Je pourrais aussi écrire toutes le chansons du prochain CD de Daniel Boucher, mais je n’ai pas vraiment le temps: je vais mourir bientôt et je n’ai encore presque rien lu de Proust ni de Yourcenar, et je viens à peine de découvrir Danilo Kis.
vlad_drac
18 juillet 2010
10h45
Pourquoi tout le monde parles de n’importe quoi sauf de Inception ? Focus, bon sang.
frederic_clement_qc
18 juillet 2010
11h17
@ vlad_drac
À vous l’honneur!
On parle de quoi? Les mouvements de caméra insistants? La musique appuyée de Zimmer? Les niveaux de conscience? Les parallèles avec 2001 : A Space Odyssey? Une réflexion sur la nature onirique du cinéma?
Ou, tant qu’à y être : “Inception et Shutter Island : deux hémisphères d’un même film-cerveau?”. Y’a une thèse à écrire là-dessus…
aubordunord
18 juillet 2010
11h20
@vlad_drac
Parce que personne n’a vu le film.
On ne peut donc que parler du travail de critique et des buzz qui entourent la sorties des films attendus.
@Aux fans du dernier gros buzz en date:
Quant à Avatar… un grand film… non mais vraiment…
On me dira sûrement que je devrais écrire une longue réplique aux arguments de ankh ou d’autres qui ont adorés, et que sinon je n’apporte rien au débat. C’est vrai. Donc en voilà une courte, puisque je ne suis pas sûr que ça vaille la peine d’en parler à ce point… Enfin, ça se résume à ceci: répliques, photographie et ‘twists’ dignes des pires films de Roland Emerich; musique non seulement moche, mais horriblement larmoyante, mal intégrée et convenue; personnages unidimensionnels et auxquels on ne s’attache jamais vraiment; morale simpliste (bien que pas forcément inepte sur le fond) présentée de manière à irriter même les plus environnementalistes d’entre nous; acteurs principaux très moyens dans leur jeu (surtout les deux protagonistes, mais même le méchant militaire est assez nul — seul Giovanni Ribisi s’en tire bien et ce, même si la profondeur de son personnage est équivalente à celle d’une pataugeuse); utilisation réchauffée de trucs déjà vus dans les autres films (supérieurs à celui-ci en qualité) de Cameron (Abyss et Aliens, surtout, mais aussi Titanic); et j’en passe d’autre et des meilleures…
Un divertissement visuellement réussi, peut-être.
Un grand film, sûrement pas.
C’est à peine un film en fait; ça ressemble plus à un manège.
johnnythewolf
18 juillet 2010
11h28
Finalement, ce qui dépasse les bornes, c’est davantage ce sujet que la critique! ^^
vanbasten
18 juillet 2010
11h30
Inception est un bon divertissement de qualité mais pour parler de grand film, il y a une sérieuse marge. Ça demeure un blockbuster avec les qualités et les défauts inhérents à ce genre de production.
Le fim n’est pas aussi brillant qu’il prétend l’être. Dans le faiblesses mentionnons que la psychologie des personnages est assez ordinaire. Et lorsqu’on se retrouve dans les différentes couches de rêves, les enjeux et l’histoire semblent prendre le bord pour des scènes d’actions un peu arbitraires.
Autre bémol mais plus personnel, j’ai l’impression que Di Caprio joue le même rôle que dans Shutter Island.
Ceci dit, visuellement le film est spectaculaire, ce qui alimentera les comparaisons avec The Matrix, sans en dévoiler trop pour ceux qui veulent voir le film sans “spoilers”, je n’ai pu m’empêcher de penser à Blade Runner en visionnant le film.
Bref c’est un peu le Dark Knight de 2010, un film moins con que la moyenne des films Hollywoodien mais bon ça ne révoluitionne pas le genre, ce qui n’empêchera pas personne d’y prendre son pied pour autant.
aubordunord
18 juillet 2010
11h59
@ankh
Un dernier truc au sujet de la langue Na’vi, votre argument massue.
L’invention d’un langage n’a rien de profond ni d’extraordinaire. Après Tolkien et la série Star Trek, on joue clairement sur une possibilité marketing liée à l’imagination fertile des fans de science-fiction. Je ne porte pas de jugement sur ceux-ci. Je dis simplement que la forme linguistique construite par le linguiste engagé par Cameron ne fait en rien d’Avatar un grand film. Rien à voir.
Vous faire lire le bottin téléphonique en une langue inventée ne fait pas de ce dernier un roman.
Le contenu et la forme sont deux choses. Et ce qui est dit en Na’vi n’a rien de spectaculaire, au contraire…
Aussi, vous dites: “Tous ces blogues et forums qui existent dans le monde et qui dissertent en plusieurs langues sur le phénomène Avatar ne sont pas un phénomène banal.”
C’est au contraire tellement banal que ça constitue à peine un argument. Ce film a eu le support marketing de Coca-Cola, de tous les médias écrit et télé du monde; on y a ajouté des livres de ‘making-of’ et autres lectures jetables en plus de jeux vidéos; enfin, accompagnez cela du plus gros budget marketing de l’histoire du cinéma et je ne comprends plus du tout votre ébahissement.
Comment ce succès populaire est-il moindrement surprenant?
Je ne prétends pas qu’un succès populaire est mauvais de ce fait (au contraire, croyez-moi).
Mais comment pouvait-il même en être autrement pour ce film!?
Son succès prévu d’avance fut généré à même la recette usée et sertie du sceau ‘nouveau’ qui fut sciemment utilisé pour sa vente en masse, telle une boîte Lucky Charms se vantant elle-même par l’estampe ‘maintenant plus de guimauves’… Dans le cas du film, on parlait de lunettes 3D et d’une pseudo conscience environnementale (il suffit de connaître les goûts de Cameron pour les hélicopters et autres joujoux carburants au fioul pour douter de sa réelle implication à cet égard), mais c’est la même chose. Pop tarts version améliorée.
De toute façon, depuis quand est-ce qu’un quantité de blogs et d’intervenants sur un sujet garantie la qualité d’un produit (puisque c’est bien ce dont on parle si l’on parle de ‘grand film’)? Des tas de sites webs sont dédiés aux reptiliens, ça ne valide pas cette ‘théorie’ pour autant…
paulbeliard
18 juillet 2010
14h01
Il faut bien lire :
«Néanmoins, des scénarios comme celui qui a mené à ce ***film de merde*** qu’ont vu 458 millions de Français, ***je pourrais en écrire trois par semaine***. Pourquoi je ne le fais pas? Parce que personne ne me le demande et parce que j’aurais honte. ***Je pourrais aussi écrire toutes le chansons du prochain CD de Daniel Boucher***, mais je n’ai pas vraiment le temps: je vais mourir bientôt et je n’ai encore presque rien lu de Proust ni de Yourcenar, et je viens à peine de découvrir Danilo Kis.»
… et bien écrire !
… et Boucher ne sait pas ;
De Larochelière écrit très bien ;
Faulkner, idem ;
Bélanger est abcons et incohérent ;
Leloup, parfaite maîtrise de la langue écrite ;
Flynn, idem
Corcoran est tarabiscoté et somnifère ;
J’ajoute, si vous voulez bien, que Kevin Parent ne sait pas vraiment écrire également mais que, paradoxalement, ça ajoute à son talent ! Il y a malaise à l’occasion, cependant !
Pour moi, il n’y a que Cohen, Desjardins et Ferland jusqu’à Jaune ; … Brando, Delon de René Clément et Visconti ; et Lancaster, bien sûr !
paul beliard
jon8
18 juillet 2010
14h19
”De quelle façon est comptée la “popularité”? Quand je presse “refresh” pour voir s’il y a de nouveaux commentaires, ça compte comme un “hit”?”
si ça n’a pas changé depuis le temps, oui. Donc les résultats sont facilement manipulables par n’importe qui avec un logiciel auto-clic. Ca devrait bloquer à ”visiteur unique” mais d’un autre côté tu veux savoir si quelqu’un revient souvent…
anyway, les stats faut prendre ça avec un grain de sel, c’est comme pour les critiques.
Il y a 100 commentaires maintenant ? ;-P
paulbeliard
18 juillet 2010
19h28
Ah oui … on parle de la critique, d’Inception, de Nolan et de DiCaprio ! Je vais aller voir ce film, sans être un grand fan de Nolan ni de DiCaprio.
Il reste qu’il y a des films propices à faire un petit roupillon tel justement Memento, Up in The Air, quelques Kubrick … Ce ne sont pas pour autant de mauvais films car, dans le lot des films-roupillon, j’y mets Dogville, Local hero et 2001 Odyssée de … qui sont des chefs-d’oeuvre reconnus et etc.
Des films sur la vie presque réelle, il y a toujours Juno, Billy Elliot, Tout sur ma mère, Le pianiste, Bleu, les Chaplin.
Pas toujours des chefs-d’oeuvre mais des films qui aident à vivre …
paul beliard
frederic_clement_qc
18 juillet 2010
20h06
@ jon8
Oops. J’ai l’habitude de rafraîchir souvent la page d’une discussion qui m’intéresse. Ça doit biaiser les résultats…
Félicitations pour votre centenaire!
ankh
18 juillet 2010
20h44
@auborddunord. Vous devinez bien que je suis en total désaccord avec votre point de vue sur Avatar. ”Mon argument massue” que la langue des Na’Vi? Pas du tout. Plutôt des arguments additionnels. Mes arguments ”massue”, comme vous le dites, sont énoncés dans mes commentaires sous le billet relatif à ce film. En outre, je faisais référence à cette langue car je la vois comme un complément au vaste monde que Cameron a créé dans ce film.
Contrairement à ce que vous pouvez croire, il n’y a rien de banal à ce que de nombreux blogues et forums soient consacrés à Avatar partout dans le monde. Il s’agit bel et bien d’un phénomène global qui transcende les langues, les ethnies et plusieurs cultures. Vos arguments, je les ai lus à plusieurs reprises chez les opposants à ce film et ils se résument toujours à la même chose : faiblesse du scénario; personnages unidimensionnels; jeu moyen des acteurs; et surtout le fric. Le gros fric. C’est pourquoi j’ai tenu à préciser dans mon premier commentaire au sujet d’Avatar que je chercherais à aller au-delà de toutes les critiques trop convenues dont j’ai pris connaissance sur ce film. Je ne prétends pas que mes commentaires sur le sujet sont excellents, mais je crois qu’ils ont au moins le mérite d’apporter un point de vue susceptible de stimuler la discussion.
J’ai parlé d’Avatar comme d’un ”chef d’oeuvre de divertissement populaire” que j’ai comparé à certaines grandes comédies musicales. Et j’ai longuement expliqué pourquoi. J’ai ajouté que même si l’aspect divertissement primait, on pouvait trouver dans ce film d’autres éléments riches de discussions. Ce qu’ont bien vu toutes ces personnes qui sont intervenues et qui interviennent toujours dans ces blogues et forums. Votre opinion se défend et la mienne aussi. Nous différons fondamentalement d’opinion sur la valeur de ce film et c’est bien ainsi. Notre conception du cinéma n’est visiblement pas la même. J’apprécie tout autant les films grand public de qualité que les oeuvres plus personnelles. Chacun d’entre eux a ses mérites.
J’ajouterais ceci : Avatar n’a jamais été un succès prévu d’avance, comme vous le pensez. De fait, personne ne pouvait prévoir le succès que ce film connaîtrait. Car, malgré la publicité, les ”teasers” ou les publics-cibles analysés, le succès commercial d’un film n’est jamais garanti. À moins de prendre le public pour des valises et de croire à tort qu’on peut lui faire avaler toutes les couleuvres possibles et imaginables. J’aime beaucoup le cinéma de Cameron et je crois qu’il respecte le public pour lui offrir du divertissement de grande qualité. Perso, il m’a rarement déçu.
J’irai certes voir Inception et il me ferait plaisir d’en parler dans ce blogue, sans doute le week-end prochain. J’ai vu deux films à l’occasion du Festival Fantasia dont j’aimerais parler aussi, mais je ne crois pas que M. Siroka a consacré un billet à ce festival où on a l’occasion de visionner des films, parfois très originaux, qui ne font pas le grand circuit des films mieux diffusés.
Salutations sincères et continuez de différer d’opinion avec moi.
cinematographe
18 juillet 2010
21h09
Quelques commentaires en vrac…
La critique d’Edelstein ne m’apparaît pas si virulente, même si c’est un peu bas de s’attaquer aux fans du film. Je n’ai pas encore vu Inception, mais ce qu’il en dit ressemble à ce qu’on peut aussi critiquer de tous les autres films de Nolan, c’est-à-dire des personnages qui passent leur temps à surexpliquer des Grandes Idées qui sont en fait extrêmement superficielles. Si Nolan se prenait moins au sérieux, ce serait déjà beaucoup; ses films sont diablement efficaces, il a de fortes idées visuelles, c’est déjà beaucoup, et c’est déjà pas mal plus intéressant que tous les piètres détours philosophiques qu’il se croit obliger d’emprunter pour se justifier. Comme The Matrix, auquel on compare si souvent Inception, qui est un foutu bon film d’action, mais un très mauvais résumé du dictionnaire philosophique. J’ai aussi peur, dans le cas d’Inception, que Nolan ait créé un monde semblable à celui de la Matrice, dans lequel les personnages ont un total contrôle de l’univers, et que la seule solution que tout ce beau monde trouve pour régler leurs problèmes, c’est de sortir les gros guns virtuels. Quant à inventer un monde où tout est possible, pourquoi ne pas en profiter pour aller ailleurs, pour faire autre chose que se tirer dessus pour une fois?
Sur les critiques… Contrairement à ce que quelques-uns ont dit ici, les critiques ne sont pas là pour nous aider à investir intelligemment 10$ un vendredi soir. Un critique aide à réfléchir un art, peu importe que la critique soit positive ou négative, que le film soit un navet ou un chef d’oeuvre. D’ailleurs, je ne crois pas qu’un critique devrait utiliser des mots comme chef d’oeuvre, navet, classique, etc. qui quant à moi reviennent au même que de dire “à voir” ou “à éviter”. Quand Marc-André Lussier par exemple écrit que Inception est déjà un classique, il ne fait plus de la critique, il fait de la publicité, c’est pratique pour les posters. Le sentiment qu’un film est à voir ou à éviter devrait être implicite dans une critique, il devrait ressortir des arguments employés. Une vraie bonne critique, à mon avis, devrait nous expliquer pourquoi un film est un chef d’oeuvre ou un navet, sans avoir besoin de nous dire explicitement que c’en est un. Il y a beaucoup de mots et d’expressions qui devraient être bannis du vocabulaire critique.
frederic_clement_qc
18 juillet 2010
21h28
cinematographe a écrit :
“Comme The Matrix, auquel on compare si souvent Inception, qui est un foutu bon film d’action, mais un très mauvais résumé du dictionnaire philosophique.”
The Matrix a donné le goût à plusieurs d’ouvrir un dictionnaire de philosophie pour la première fois de leur vie, ce qui n’est pas un mince exploit.
Jozef Siroka
18 juillet 2010
21h37
@ cinematographe
La critique d’Edelstein aurait été très bien s’il ne s’était pas senti obligé de se moquer de ses collègues et des spectateurs, aux premier et dernier paragraphes. Je ne prône pas le politiquement correct, mais à une époque où la pertinence de la critique cinématographique «classique» est remise en question, disons qu’il n’aide pas sa cause…
frank_herbert
18 juillet 2010
22h04
@ Josef Siroka
Mon premier commentaire sur votre blogue (que je lis assidûment (sans pourtant y écrire) ainsi que tous les commentaires qui s’y rattachent, puisque vous avez un groupe d’assidus intéressants).
Je reviens d’aller voir Inception. J’aimerais infiniment en discuter. Personnellement, ce film est entré dans mes 10 meilleurs à vie – mais j’avoue être plus cinéphage que cinéphile. Je trouve cependant dommage que ce fil de conversation soit devenu davantage une discussion sur Avatar que sur Inception.
Bref, je suis en accord avec un lecteur ci-haut pour dire que vous devriez publier un billet sur le film après votre visionnement, afin qu’une discussion animée et constructive ait lieu.
Au plaisir,
H.
majacquie
18 juillet 2010
22h17
J’ai adoré ce film.
Juste le fait de poursuivre la réflexion entre les théories jungienne et freudienne sur le rêve m’a enchantée. Je crois que la conception du rêve (une création propre de l’humain) de Carl Gustav Jung, ce psychologue de notre temps a été pour ce film une inspiration prémière et je m’en rejouis. Freud et sa conception souvent rejetée aujourd’hui du rêve comme un refoulement n’est pas totalement érronée. J’ai toujours cru que ces deux conceptions étaient complémentaires. Avec Frenud, on refoule dans un receptacle alors que pour Jung on ce sert du vécu des expériences qui devien-nen-t l’origine d’une nouvelle création mentale. Plusieurs croient que Jung était fou. Mon idée n”est pas encore faite à cet effet.
La traduction de Inception en français comme début ou commencement devrait être repensée.
À mon avis ces deux mots dont on se sert pour traduire inception penchent du côté de la thèse freudienne. Il ya des mots en latin qui peuvent mieux traduire Inception. Le préfixe In est approprié mais on voit bien que le film va au de-la du In.
cinematographe
18 juillet 2010
22h25
@frederic
Oui, je suis d’accord avec vous. Ce qui me dérange en fait dans la Matrice, ce n’est pas le film lui-même, mais tout le phénomène autour, quand on essaie de prendre le film pour plus que ce qu’il est vraiment. Même chose pour les films de Nolan d’ailleurs, que j’aime bien, mais quand on commence à le comparer à Kubrick, à en faire un sauveur du cinéma hollywoodien, à le traiter de génie, de visionnaire, etc., là je décroche. Dire que the Dark Knight brasse des idées et des thèmes intéressants, je suis d’accord, mais prétendre que le film est complexe et intelligent et qu’il a vraiment quelque chose à dire sur ces idées, c’est un peu n’importe quoi. Les dilemmes sont esquissées rapidement, ils n’ont aucun poids car il faut vite passer au suivant, qu’on expliquera longuement sans avoir vraiment le temps de l’exploiter et le penser. Comme la Matrice: oui, parfait si ça donne envie de se mettre à la philo, mais n’essayez pas de me faire croire qu’il y a là un propos cohérent, c’est une série de références lancées au hasard sur le thème du simulacre. Et comme une large portion de la philo s’est penchée sur le phénomène de la perception, il n’est vraiment pas difficile de trouver quelqu’un à citer qui parle d’une “réalité autre que celle qu’on perçoit”, mais Platon et Baudrillard n’ont vraiment rien en commun lorsque l’un parle du monde des idées et l’autre du simulacre, même si ça se rapporte à une certaine virtualité. Encore une fois, je n’ai rien contre les films, qui ont le mérite au moins d’en avoir des idées, mais je ne supporte vraiment pas le phénomène culte qu’il y a autour.
Et, pour répondre à Jozef, c’est pour cette même raison que la critique d’Edelstein, je la trouve en fait assez jouissive. Non, ce n’est pas correct de s’attaquer à son public et confrères, je comprends ce que vous dites, mais je trouve qu’il a quand même raison. Dans le fond, il ne fait que dire cessez de prendre Nolan pour le nouveau Christ. Et quand il s’en prend aux spectateurs éventuels, comme vous dites, à mon avis il remet plus en question la campagne publicitaire qu’il y a autour du film depuis si longtemps, en disant que cette idée de chef d’oeuvre visionnaire c’est ce que Warner Bros essaie de nous faire gober depuis que le projet a été annoncé. Et c’est clairement une blague: il dit, juste avant la phrase que vous citez, qu’il ne comprend pas “what so many people are raving about”, il propose donc une explication évidemment ridicule, en lien avec le film; je ne trouve pas ça offensant.
cinematographe
18 juillet 2010
22h37
Bon, je viens de tomber sur ça, qui explique très bien pourquoi le texte d’Edelstein est parfaitement acceptable, et qu’il ne se moque pas de ses lecteurs:
http://sergioleoneifr.blogspot.com/2010/07/sucker-punched-is-it-not-okay-to.html
Entre autres: “One cannot have read much of his work to seriously entertain the idea that David Edelstein is anything like the pugilistic look-ma-no-sense troublemaker that Armond White prizes himself for being. Given that basic fact, shouldn’t we respect and value a reasonably composed and articulated voice that is willing to speak up and offer an alternative point of view that cannot be folded seamlessly into Warner Bros. unstoppable marketing campaign? This is in no way to suggest that anyone who likes or even loves Inception is equally corrupt or even wrong, and I think it’s a mistake to read Edelstein’s final comments this way. Edelstein admits bafflement at why people are so enthusiastic, which simply means they have not been able to successfully, convincingly convey to him what was at the basis of their positive response. And the final sentence, in which Edelstein judiciously employs humor, a frequently misconstrued tactic, to make his point, in no way condemns those who would rave about Nolan’s movie. “
Jozef Siroka
18 juillet 2010
23h08
@ cinematographe
Le problème avec ce genre d’humour sur papier, c’est qu’on ne voit pas l’éclair dans les yeux de celui qui l’écrit. D’ailleurs, il se moque carrément de Nolan à quelques reprises, ce qui permet de déduire qu’il garde le même dédain pour les admirateurs du film.
Enfin, je ne me sens nullement offusqué par ses propos et j’admire sa prose. Seulement, je crois qu’il y a des meilleurs moyens de descendre un film quand on écrit pour une grande publication, surtout avec tout son talent.
Je trouve que ce style conflictuel se prête mieux aux blogs ou aux chroniques : par exemple, je trouverais bien plus intéressant une chronique dans laquelle Edelstein justifierait les raisons pour lesquelles c’est constructif d’attaquer ses confrères et/ou ses lecteurs, au lieu de leur donner une petite tape derrière la tête (amicale, soit) sans crier gare et qui peut prêter à confusion.
frederic_clement_qc
18 juillet 2010
23h10
@ cinematographe
Alors là nous divergeons d’opinion totalement. Le « phénomène » des fans qui s’approprient le film, les intentions ou les prétentions supposées du réalisateur, la mise en marché : à quoi bon?
Je tape parfois sur le même clou, mais les intentions de l’auteur (auxquelles personne, que ce soit nous ou l’auteur, n’a véritablement accès) ou les intentions des spectateurs (changeantes, multiples), à la limite, c’est du bruit qui nous éloigne du film lui-même qui, ma foi, est plus fécond en idées que les stratégies de marketing.
Qu’est-ce que le film dit (le fond)? Comment le dit-il (la forme)? En quoi ce film s’inscrit-il ou non dans une tradition : les films hollywoodiens, les films de « vol » (heist), les films de Nolan, les films sur le rêve, les films d’action auto-réflexifs post-Matrix (ou que sais-je encore)…?
Pour ma part, il y a trois sillons que je veux creuser (l’esthétique vidéoludique, la névrose stérilisante de la représentation des rêves dans le film et la parenté thématique avec Shutter Island), mais le film me « travaille » encore alors je laisse macérer tout ça encore un peu.
Mais bon, c’est un billet sur la critique de Inception plutôt que sur Inception en tant que tel, alors je me garde une petite gêne et je cesse de faire semblant de maugréer…
cinematographe
19 juillet 2010
00h26
@frederic
Répondre adéquatement à ce que vous soulevez serait assez long, je tenterai de faire court: je suis toujours partagé, en regardant le cinéma mettons “populaire” (je déteste cet adjectif mais utilisons-le pour être simple), entre le regard à l’américaine et le regard à l’européenne, distinction un peu arbitraire, mais assez juste je crois. La critique américaine est plus, disons, côté Bordwell, c’est-à-dire analyse du langage de manière à articuler du sens, la mécanique du scénario, cohérence, comment tel plan sert à donner telle information, comment on nous fait comprendre tel truc, etc. C’est pourquoi quelqu’un comme Shyamalan par exemple ne passe plus du côté de la critique américaine, ses trucs sont trop grossiers, on le prend trop au pied de la lettre, on s’attaque à l’articulation de ses scénarios. Côté européen, je pense surtout aux Cahiers évidemment, on s’attarde plutôt à ce que le film soulève d’un point de vue visuel, à la manière que ses images résonnent, en dépit du scénario. Pour prendre l’exemple d’Avatar, on s’en fout que les dialogues soit risibles, le scénario prévisible, parce-que le film soulève des interrogations intéressantes par sa mise en scène (voire ce qui en a été dit sur ce blogue dans le dernier post consacré).
Personnellement, je suis toujours partagé entre ces deux pôles, que je n’arrive pas toujours à concilier. Par exemple Shutter Island: je ne sais pas si vous aviez vu, mais je vous avais répondu assez longuement lorsque vous aviez écrit sur ce film ici récemment, en poursuivant ce que vous disiez. Je peux analyser longuement Shutter Island, mais en réalité c’est un film qui m’a profondément emmerdé. Idem pour Avatar. Je dirais que c’est des exemples extrêmes, mais dans ces deux cas je peux les descendre “à l’américaine”, en étant beaucoup plus précis que ce je me permets ici, il y a quand même plus à dire que scénario prévisible, mais en même temps je pourrais écrire un mémoire sur ce qu’ils recèlent comme imagerie, “à l’européenne”.
Nolan ou the Matrix sont donc très riches (je trouve les trois pistes que vous avez lancé sur Inception fort intéressantes, j’y penserai lorsque je regarderai le film), en même temps ça passe moins bien lorsqu’on tente de sortir un discours cohérent de ces films en partant d’un regard plus américain (quoique là ce ne sont pas des films qui m’emmerdent, loin de là).
Enfin, tout ça pour vous dire que je ne suis pas tout à fait en désaccord avec vous, mais je préfère quand même garder mes adjectifs de “visionnaire” et de “génie” pour ceux qui font avancer le langage cinématographique autrement qu’en y ancrant des images fortes au travers de productions autrement plus banales. Car le langage cinématographique employé par un Nolan ou les frères Wachowski est très convenu, appauvri même, on est loin par exemple de nos classiques hollywoodiens de Hitchcock, Ford, Hawks, etc. qui pouvaient ancrer leurs images fortes au travers d’un langage constamment inventif, ce qui permet d’accorder les regards “américains” et “européens”.
Mais bon, c’est un peu ma névrose, ma schizophrénie cinéphilique, dont je vous fais part, et qui m’empêche parfois d’écrire tout à fait ce que je pense, parce que ça serait trop long (ce l’est déjà bien assez…)
polboy
19 juillet 2010
01h32
Que dire de plus ? Moi, j’ai adoré ce film…
Le « temps » — presque deux heures et demie et l’un des thèmes de l’histoire — passe malgré tout très vite et de façon agréable alors que les images sont pas mal incroyables : des villes se repliant sur elles-mêmes, des cartes tridimensionnelles, des poursuites défiant les lois de l’espace, des scènes au ralenti époustouflantes, etc.
Il y a aussi des irruptions pas mal clever, comme « la vie en rose » d’Édith Piaf présentée à chaque fois comme une « projection ». Ou comme toutes ces scènes du genre « James Bond en train de fuir l’ennemi » alors que nous sommes au quatrième niveau… Mission impossible ! à ce niveau ? LOL !
Si machin chose n’a pas aimé le film, I don’t give a F… Lui, on le paie pour être lu, il fait donc ce qu’il faut pour l’être. Le loyer et le train-train quotidien coûtent cher à NY. Je le comprends donc de dire juste un peu ce qu’il pense et pour le reste, juste un peu ce qui rapporte…
jon8
19 juillet 2010
01h47
@ sujet: inception
Ok je reviens tout juste du cinéma voir le film en question, ma tête est toute bouillonnante de premières impressions.
Critique rapide à la Twitter ? Beaucoup d’attentes, aucune déception mais pas sur le cul non plus. Un film à aller voir sans crainte de perdre son $$ ou son temps. Just go, you’ll see.
ÉnoooÔormément de choses à analyser, dans mon cas, toutefois.
En ce qui me concerne, ce film brasse des sujets qui vont au delà du film lui-même et trace même d’une pierre blanche l’évolution du cinéma en tant que tel, et plus particulièrement son public.
Anyway, trop à dire, je vais laisser la poussière retomber.
”Bref, je suis en accord avec un lecteur ci-haut pour dire que vous devriez publier un billet sur le film après votre visionnement, afin qu’une discussion animée et constructive ait lieu.
Au plaisir,
H.”
Je suis entièrement d’accord avec ce commentaire de H. qui est lui-même d’accord avec l’autre d’en haut. ;-p
jon8
19 juillet 2010
01h56
”Le film «Inception» de Christopher Nolan prend la tête du box-office avec 60,4 millions $US pour sa première fin de semaine au cinéma.”
jon8
19 juillet 2010
02h11
re-félicitations Jozef, ce billet est maintenant 5e de la dernière SEMAINE!
http://www.cyberpresse.ca/blogues-les-plus-populaires/?section=blogues
La barre de chocolat de Pat et le tataouinage par Sophie seront difficiles à tasser, mais ils vont disparaitre du laptime avant, laissant le champs libre pour la première position.
Je doute cependant qu’un t-shirt ou autre prix te soit remis, mais je suis tout de même content que ton travail soit encouragé. :-)
Pour ce qui est de ta job de pupitreur et de la ”complémentation” de la section Cinéma, eh bien! Ils se paient des ”compléments” de gros luxe, hein ? ;-)
Lorsque l’on prend son travail à coeur, il y a toujours quelque chose de positif qui survient. Patience.
grose
19 juillet 2010
06h45
@illsepa:
Même s’ils passaient 12 ans à l’Université, je ne me fierait pas plus aux critiques. Le snobisme intellectuel ça existe. Je suis assez grand, avec mes trois ans de CEGEP, pour quand même faire confiance à mon propre jugement. Avec huit ans d’études universitaires, on finit par écrire des phrases qu’on est tout seul à comprendre, ou à écrire des phrases auxquelles d’autres vont trouver un sens (”Ne pas gloser”…”Sophisme imminent”??? ). En passant, “en se référAnt” avec un “A”, participe présent. Niveau primaire.
sultitan
19 juillet 2010
07h57
Moi j’aime des films que certains croient que seul des imbéciles peuvent aimer: Babel, Avatar, etc… Il arrive qu’un film très bien reçu par la critique m’ennuie à mourir, comme I’m Not There ou Benjamin Button. Bof, bof, bof, mes films favoris sont rarement ceux des autres, mais je m’assume dans mes choix.
frederic_clement_qc
19 juillet 2010
08h05
jon8 a écrit :
“En ce qui me concerne, ce film brasse des sujets qui vont au delà du film lui-même et trace même d’une pierre blanche l’évolution du cinéma en tant que tel, et plus particulièrement son public.”
Bien voilà! Là où c’est le plus intéressant, quand vient le temps de se pencher sur la notion de “goûts du public”/mise en marché/appropriation par les fans, c’est que ce gros film hollywoodien vrombissant prend tous les codes du mega-blockbuster (grosse vedette, grosse promotion, grosse action, gros effets spéciaux) pour donner le goût aux spectateurs d’être exigeants. Je ne pense pas que l’effort intellectuel soit un goût inné. Ça se travaille. Nolan donne le goût aux spectateurs de travailler, en utilisant tous les trucs du manuel pour les hameçonner. Le troisième niveau du rêve (l’hôpital/forteresse dans la neige), tout en explosion, est là pour garder sur leur siège les spectateurs qui ont renoncé à penser le film et qui décide plutôt de profiter de la montagne russe. En vissant sur leur siège ceux qui ont abdiqué (ce n’est pas un défaut, c’est amusant les montagnes russes!), Nolan s’assure qu’ils seront là pour le dénouement (de type « le verre est à moitié vide » ou « le verre est à moitié plein »?) où se pose un autre questionnement, celui-là incontournable.
À part ça, je suis tout à fait d’accord avec votre commentaire sur le commentaire de H qui est d’accord avec mon commentaire! Bon, on est au quatrième niveau de rêve où on est dans les limbes, présentement?
frederic_clement_qc
19 juillet 2010
08h54
@ cinematographe
Merci de me remettre sur les rails de votre commentaire sur Shutter Island dans l’autre billet! Je le lis et je m’en veux de ne pas avoir mieux compris la scène de la caverne, pourtant une scène pivot dans le film. C’est un décor paradoxalement utérin/réconfortant, malgré le délire de persécution du héros. Et pour la caverne de Platon, je n’avais pas fais le lien en visionnant la scène, mais là tout devient évident.
Pour en revenir au billet sur Inception :
« Car le langage cinématographique employé par un Nolan ou les frères Wachowski est très convenu, appauvri même, on est loin par exemple de nos classiques hollywoodiens de Hitchcock, Ford, Hawks, etc. qui pouvaient ancrer leurs images fortes au travers d’un langage constamment inventif, ce qui permet d’accorder les regards “américains” et “européens”. »
Je me méfie des arguments du type « c’était meilleur avant ». Le langage cinématographique des Wachowsky, pauvre? Les gars ont popularisé un nouveau type d’image cinématographique avec le bullet time : un espace de temps dilaté au possible, la multiplication des points de vue sur un seul moment, mais dans la continuité (Deleuze aurait trippé). Un néologisme cinématographique. Côté langage inventif, les gars ont déjà donné, et ils sont encore jeunes.
Et puis, c’est bizarre que vous repreniez Hitchcock, Ford et Hawks, alors que ceux-ci ont dû attendre la reconnaissance des Cahiers du Cinéma avant de devenir des « classiques ». Ça montre bien qu’une œuvre ne peut être pleinement appréciée à sa sortie, et par un seul visionnement. Je relance l’exercice que j’avais mentionné dans le billet de Shyamalan : relire une critique de The Birds de l’époque et remplacer « les oiseaux » par « les plantes » et « Hitch » par « Shya ». C’est rigolo.
Je plains les critiques de cinéma qui doivent pondre leur texte en une soirée avant l’heure de tombée, dans le métro en revenant du film. À vrai dire, non, je ne plains pas les critiques, je plains ceux (comme moi!) qui les lis. Le billet que proposera peut-être Jozef n’en sera que plus nécessaire, puisqu’il viendra après la vague.
En ce qui concerne votre névrose et votre schizophrénie, faudra bien que je leur présente les miennes! Je suis sûr qu’elles auront un fun noir!
johnnythewolf
19 juillet 2010
08h58
En tout cas, c’est pas demain la veille que Christopher Nolan va passer pour un réalisateur humble. L’ennui quand on attrape la grosse tête dans le milieu artistique, c’est que l’auteur a tendance à être aveuglé par son succès et être incapable de pallier ses faiblesses (les dialogues emphatiques).
Dans le cas de Nolan, il aurait tout à gagner à engager un scénariste (autre que son frère ou ce tâcheron de David Goyer) pour que ses personnages, dans leur comportement et leurs dialogues, aient davantage l’air d’êtres humains que de simples marionnettes déclamant leurs répliques.
Pourquoi selon vous, sur ce point, la trilogie originale de Star Wars est meilleure que la nouvelle? Non, ce n’est pas parce que George Lucas a perdu de son talent…
king_rat
19 juillet 2010
11h29
@Jon8 ou tout autre personne ayant vu le film sur IMAX
Un article avait été publié sur le blogue quelques semaines (mois?!) avant la sortie de Inception ou Nolan disait que certaines parties du film avaient été tournées en fonction d’un visionnement IMAX. Est-ce que vous pensez que cela en vaut vraiment la peine ou simplement un coups de marketing pour faire augmenter son box office ?! (La différence de prix entre IMAX et les salles de cinéma “conventionnelles” est considérable)
bespin
19 juillet 2010
12h15
Critique est un métier ingrat. Soit dit en passant, j’ai plus de respect pour un critique qui attend un film hollywoodien « culte-avant-sa-sortie » avec une brique et un fanal, qu’un critique caméléon qui réussit à toujours trouver une note positive dans chaque film qu’il voit, même si c’est le plus insipide des navets… Faut oser, quitte à se tromper! Il s’en fait très peu de bon films de nos jours… Résumons : les scénaristes travaillent pour les séries télé et ce sont des animateurs 3D qui travaillent sur les films! « Les effets spéciaux ont l’air écoeurant… ».. ben oui, ben oui… ;-)
jon8
19 juillet 2010
12h58
@king_rat
ça fait plus de 2 ans que je n’ai pas mis les pieds dans une salle Non-IMAX, difficile de dire pour moi (je me déplace rarement dans une salle de cinéma) mais une chose est certaine: le montage très rapide de certaines scène d’action pouvait donner mal au coeur assis près de l’immense écran. Et le son, habituellement excellent dans une salle IMAX, était correct sans plus.
J’ai trouvé Dark Knight plus impressionnant en IMAX.
mschumacher
19 juillet 2010
13h13
@vlad_drak
“Je m’attends à lire des commentaires sur Inception et on n’y trouve finalement que des critiques d’Avatar. Arghhh, quel supplice.”
Si tu as détesté Avatar, je peux comprendre… mais je ne crois pas que le sujet est tant Inception que jusqu’où un critique peut aller. Ici, m. Sikaro explique que le critique en question, qui a une position importante (je ne lis pas le New-York Magazine, mais je soupsonne qu’il a son vaste bassin de lecteur), qu’il démolit un film de façon peu argumenté en plus de s’en prendre aux fans du film ou autres critiques favorables.
C’est surtout cet aspect qui fait que le sujet a “dérappé” sur Avatar. Ici ce n’est pas une critique d’Inception, mais bien de comment il a été critiqué. Le parallèle me semble pourtant clair avec Avatar : ce film a subit à peu près le même traitement sur Cyberpresse alors qu’ailleurs dans le monde, sans compter les très nombreux fans du Québec, ont encensé ce film. Ce film s’est aussi fait démolir en prétendant un scénario minable, explique de façon très supperficielles les succès presque sans précédent de ce film et ne se gêne pas pour en ridiculiser ses fans. Un peu comme ton “ark”, c’est “chic” d’être insultant sur ce film… c’est presque bien vu ici…
Désolé, mais plus j’y pense, plus ça se ressemble…
En passant, ça ne m’empêche pas d’apprécier le travail des Siroka, Lussier, Cassavi et cie. Pour moi, être critique est avant tout être passionné et transmettre cette passion. Cependant je n’endosse pas une minute leurs appréciations d’Avatar, c’est tout. Et c’est un peu ça le métier de critique, c’est assez ingrat par moment.
Et pour les critiques d’Inception, il y a d’autres sujets qui en traite, et abondamment. Et je vais d’ailleurs me faire un plaisir d’aller le voir prochainement.
Jozef Siroka
19 juillet 2010
13h22
Why Christopher Nolan is not the new Stanley Kubrick
cinematographe
19 juillet 2010
13h33
@frederic
Je ne voulais pas dire “c’était meilleur avant” dans l’absolu, je n’aime pas non plus cet argument, mais la comparaison entre un Nolan et un Hitchcock à mon avis ne tient pas la route. Il y en a des réalisateurs hollywoodiens contemporains que je trouve inventifs, Spielberg, Mann, Eastwood, Tarantino, PTA (moins mainstream peut-être les trois derniers) par exemple. Nolan je le préfère plus posé, The Prestige est sa meilleure mise en scène quant à moi.
Le bullet time, ça reste un gadget, tout ce qui est derrière est très conventionnel. Les scènes de dialogue dans the Matrix sont d’une platitude incroyable, très pauvrement filmé, sans aucun sens de la mise en scène. Il n’y a pas ce déséquilibre chez ceux que j’ai cité plus haut, Michael Mann, peu importe ce qu’il filme, il reste toujours vif et surprenant, on ne se retrouve pas avec des scènes d’action reposant sur une idée géniale, et des conversations banales tenus par des personnages quasi inexistants (bon, j’exagère un peu…)
Oui, Hitchcock-Hawks, c’est les Cahiers, mais les Cahiers c’est aussi le début de la véritable critique au cinéma, c’est la reconnaissance officialisée du cinéma comme art, on n’en est plus là aujourd’hui. Je n’aime pas beaucoup les Cahiers d’aujourd’hui d’ailleurs, me semble que les derniers critiques vraiment intéressants s’arrête avec Daney à peu près. Et ce dernier n’avait pas des commentaires très positifs à faire sur le cinéma hollywoodien contemporain, qui n’a à peu près pas changé depuis sa mort.
On ne peut pas apprécier un film au premier visionnement? Aux Cahiers aussi ils parlaient d’un film au moment de sa sortie, même s’ils étaient un peu moins collé sur l’actualité que les quotidiens. C’est une question de point de vue sur le cinéma comme art qui les différenciait du critique moyen de l’époque, parce qu’ils tentaient de réfléchir le médium, le nombre de visionnement n’y change pas grand chose, ça permet d’étoffer surtout. On a beau regardé mille fois un chef d’oeuvre, si pour nous le cinéma se résume à “une bonne histoire” ou à “un bon moment”, on n’aura pas grand chose à dire de plus au bout de la millième fois. C’est le principal problème de la critique quotidienne, plus que le dead-line. Je ne pense pas que beaucoup de critiques se sont posés des questions sur la “névrose stérilisante de la représentation des rêves” en sortant d’Inception, comme vous. Simplement mentionner un tel début de réflexion serait déjà beaucoup…
frederic_clement_qc
19 juillet 2010
13h33
@ Jozef
J’ai aussi bien aimé lire l’article « Why Tom Huddleston is comparing only one of Nolan’s movies to Kubrick’s 40-year carreer while expecting to be taken seriously »
Dommage, j’ai perdu le lien…
vend01
19 juillet 2010
13h37
@jon8
Bravo, vous savez utiliser un dictionnaire. Pour ma part les définitions des dictionnaires me laissent de glace tellement elles sont générales.
J’entends classique du point de vue littéraire et artistique. Selon votre définition, ma mère aussi est un classique.
Quand je parlais du temps, je ne parlais pas forcément en nombre d’années. Plutôt, l’oeuvre “classique” serait contemporaine à toutes les époques. Or peut-on dire d’une oeuvre née hier qu’elle sera d’un esprit contemporain ne serait-ce que dans un an?
J’aime assez d’ailleurs les points de vue de Calvino et de Borgès sur les oeuvres “classiques” et pourquoi ces dernières le deviennent. Je vous en suggère la lecture; elles seront plus édifiantes que celle du dictionnaire et vous fera hésiter avant de dire à quelqu’un: “C’est faux”.
En bref, le mot “classique” est terme clairement avali par les critiques et c’est dommage. La surrenchère de qualificatifs vient a réduire la portée signifiante des commentaires sur les oeuvres à la longue.
frederic_clement_qc
19 juillet 2010
13h48
Mon dernier message était “dit” sur le ton de la rigolade. J’ai mal réussi mon mélange sarcasme/post (désolé).
Mais reste que la grille d’analyse de Huddleston est caduque, et pas à peu près. Un film d’un type devrait être la somme de tout la carrière d’un des plus grands pour commencer à faire des comparaisons? Come on…
@ cinematographe
Je n’ai pas grand-chose à rajouter (bien d’accord que le bullet time est un gadget, si on considère que le son, la couleur, l’arrêt sur image, les ralentis et les fondus sont des gadgets aussi!)
À propos des réalisateurs que vous énumérez, c’est sympa que vous choisissiez Mann pour élaborer votre propos. C’est un réalisateur que je suis en train de découvrir. Je n’ai visionné “sérieusement” que Public Ennemi et Heat, et ce qu’il me vient en tête, c’est que ce type est un peintre qui s’est retrouvé à faire du cinéma. Tout ce travail sur la couleur et la lumière, j’ai hâte de voir ses autres films.
Jozef Siroka
19 juillet 2010
13h55
@ frederic
J’arrive pas à trouver le lien non plus, dommage, ça semble en fait plus intéressant que celui que j’ai collé…
@ vend01
«Bravo, vous savez utiliser un dictionnaire.» Mais POURQUOI utiliser ce langage de cour d’école?? C’est pathétique…
bohmer
19 juillet 2010
14h21
c’est quand même triste, on est tellement pas habitué de voir des gros films qui nous prennent pas pour des cons qu’on va l’attendre pendant six mois et le considérer comme chef-d’œuvres dès sa sortie! c’est la hype qui tue tout bon positionnement par rapport à inception. un peu comme les films de tarantino que tout le monde espère être un génie. la vérité c’est que ces deux types adorent le cinéma (fanboys) et ce que le cinéma leur a apporté et veulent le faire eux aussi. ils ont du talent, soit, mais ça fait d’eux des entertainers, pas des génies du 7e.
j’arrive pas à comprendre comment un critique professionnel ose comparer le cinéma de nolan à kubrick quand il n’y a pas beaucoup de réel rapprochement à faire. ils évoluent pas au même niveau à mon avis. kubrick, exception faite du shining n’a jamais fait un film pour divertir le public. il faisait des films pour dire à tout le monde ce qu’il croyait que le cinéma devrait être, il faisait des films avant tout pour lui même.
et pourquoi voulons nous absolument retrouver nos génies disparues? il y a deux ans, dans la hype de there will be blood je disais à qui voulait l’entendre que PTA était le VRAI nouveau Kubrick! la vérité est que Kubrick est mort. et PTA fait son propre cinéma…comme Nolan (que j’aime beaucoup mais que je ne considère pas dans la même “gang”; je sais, paradoxalement je fais des sous catégories pour la comparaison..). curieux aussi que le seul film qui n’est pratiquement jamais mentionné quand on parle de la cinématographie de nolan (the prestige) est souvent outrageusement sous-estimé et bien plus “clever” qu’inception tant au niveau de la mise en scène que du scénario. peut-être que la majorité des gens ne sont pas prêt à faire un véritable bilan de son travail.
c’est un drôle de débat tout de même…je ne sais pas si je devrais pas tout effacer ce que je viens de dire et juste laisser tout ceux comme moi qui on apprécié et over-apprécié inception de vivre leur trip tranquille.
enfin, j’ai de gros doute sur la pertinence des critiques qui descendent un film dont la hype est proportionnelle au budget de la production et du marketing réuni. autant ceux qui on joui pendant le film vont finir par l’écrire d’une manière ou d’une autre dans leur critique (comme dans: “c’est aussi bon qu’un blade runner ou 2001!”), autant ceux qui on trouvé le film ennuyeux vont juste faire l’inverse et descendre complètement un film qui présente MANIFESTEMENT des tonnes qualités indéniables (je veux dire attaquer un film comme inception de la même verve qu’il l’aurait fait pour transformers 2 est un peu injuste, non?)
…
jon8
19 juillet 2010
14h22
@vend01
je semble vous avoir vexé. Ce n’était pas mon intention du tout..
vend01
19 juillet 2010
15h08
@Jozef Siroka
J’ai lu pire, bien pire. Et souvent des les blogues eux-mêmes. Ne me faites pas la leçon. Votre texte n’est pas dépourvu de sarcasme me semble-t-il. Le fait que la personne dont vous faites la critique ne vous lira pas n’en diminue pourtant pas son caractère personnel.
D’ailleurs “jon8″ a mieux compris que vous le caractère un peu maladroit de son énoncé catégorique “c’est faux” sur ma réserve quant a l’utilisation du mot “classique” à tord et à travers par les critiques. En fait, ce “c’est faux” suivi d’une définition simplifiée du terme “classique” était proche de la condescendance du professeur envers son élève. Merci a jon8 de s’en être aperçu et j’apprécie sa clarification.
@Jon8
Merci de m’avoir répondu. En fait j’aurais du diriger ma critique de l’emploi abusif du terme “classique” directement aux critiques en général. Ce sont les expression comme “c’est un classique instantané” qui me vexe surtout. Ma réaction a paru exagérée pour M. Sikora; elle est cependant issue de mon exaspération vis à vis de la critqiue (ou du discours critique) dans les médias. Mais ça c’est un grand sujet.
jon8
19 juillet 2010
15h56
“D’ailleurs “jon8? a mieux compris que vous le caractère un peu maladroit de son énoncé catégorique “c’est faux” ”
euuh.. pas vraiment.
Me rendre compte de vous avoir vexé n’implique pas que je pense faire fausse route dans mon explication plus haut. Je ne voulais simplement pas être condescendant, mais apporter une correction.
Le terme “classique” a plusieurs significations. Point.
‘pas une raison non plus pour s’arracher les cheveux avec ça… On discute c’est tout ;-)
verret
19 juillet 2010
16h37
Je viens de le voir, sur écran IMAX. Je m’attendais à en ressortir “enivré, épanoui et heureux” comme disait Piaf.
Sauf que c’était à peine correct. Certainement pas un chef d’oeuvre. Pas du tout de la graine de classique à mon avis. Le sénario est juste assez alambiqué pour que les fans finis rabrouent les tièdes en les accusant de n’avoir pas tout compris. C’est beaucoup plus mince et plus convenu que ce à quoi je m’attendais. Les personnages ont l’air d’avoir été achetés dans une vente de garage de blockbusters d’été. Quant aux effets spéciaux, ils sont réussis mais ne rachètent pas le reste.
Le parallèle d’Edelstein avec Mission Impossible et The Matrix est très juste. En fait, la critique d’Edelstein est dans l’ensemble assez juste. Je voulais aimer. La bande-annonce m’avait séduit et je croyais au coup de foudre garanti. J’étais même tout guilleret en arrivant au cinéma et en constatant qu’il était aussi sur IMAX. Mais au final, c’était un peu n’importe quoi et un écran plus modeste et moins cher aurait suffi.
cinematographe
19 juillet 2010
16h52
“bien d’accord que le bullet time est un gadget, si on considère que le son, la couleur, l’arrêt sur image, les ralentis et les fondus sont des gadgets aussi!”
hehehe, ouais, gadget n’était pas le meilleur terme… Disons que ça me semble moins riche que, mettons, la manière que le numérique est le moteur de toute la mise en scène récente de Mann, pour rester avec lui. Pour la peinture, c’est très juste, Collateral est peut-être à ce niveau son film le plus éloquent. C’est le nouveau poète de la nuit, poste laissé vacant par Nicholas Ray il y a déjà un bail.
sacha67
19 juillet 2010
16h57
À lire, l’excellent article de Liza Schwartzbaum, de la revue populaire Entertainment Weekly, qui abonde dans le même sens, au sujet de la critique qui dépasse les bornes et aussi du duel de plus en plus enragé critique professionnelle contre opinion de blogueurs/grand public:
http://movie-critics.ew.com/2010/07/19/inception-that-ending-movie-critics/
Eh! oui, une revue populaire est capable de publier des articles intelligents et, qui plus est, agréables à lire et faciles à comprendre. Ce n’est pas le monopole des Cahiers du cinéma ou du New York Times.
Claire Valade
rafc
19 juillet 2010
17h51
La Critique. À part le fait qu’elle doit diriger ou influencer l’opinion et les dépenses du lecteur, on doit, comme depuis toujours, lui supposer un Savoir; le critique a vu plus de films que moi sinon autant, il étudit l’art depuis un nombre suffisant d’année … Mais dans le meilleur des cas, on lui suppose aussi un statu d’artiste où il n’a plus à être hésitant et satisfait, amorti, bien élevé, il peut s’armer de l’enthousiasme comme du mépris et donner de véritables coups de rame. La critique d’Eldelstein est correct, sans plus. Je retiens Nolan en tant que “mechanical engineer” et son film “full of brontosaurean effects”; rien pour relever une sauce. Rien comme affirmer que:
“le numérique est le moteur de toute la mise en scène récente de Mann, pour rester avec lui. Pour la peinture, c’est très juste, Collateral est peut-être à ce niveau son film le plus éloquent. C’est le nouveau poète de la nuit, poste laissé vacant par Nicholas Ray il y a déjà un bail.”
cinematographe
19 juillet 2010
19h54
Merci rafc!
Rendu ici ce serait peut-être plus honnête de ma part de dire que j’en fais partie de cette critique, et que quand ici je critique la critique, c’est un peu de moi que je parle (même si je ne fais pas partie des quotidiens). Par ailleurs, le numérique comme moteur de la mise en scène chez Michael Mann, c’est ce que je voulais aborder, assez maladroitement au final, dans mon texte sur Public Ennemies rédigé l’été dernier. Je trouve donc un peu drôle que vous me citez pour me comparer favorablement à quelqu’un de la trempe d’Edelstein (que je connais surtout de réputation à vrai dire).
rafc
19 juillet 2010
20h30
C’est que des trois composantes fondammentales du critique idéal – a) l’aspect grossiste et adjudicataire qui attribut des valeurs, b) le Savoir et c) l’Art propre à la forme critique – seule la première semble aujourd’hui prisée, par la presse d’abord, et par beaucoup de critiques. Celui vraiment artiste a droit de recours à l’enthousiasme comme au mépris, qui sont, les deux, nécessaires à la palette d’un critique.
rafc
19 juillet 2010
20h37
Pour ce qui est du numérique comme moteur de la mise en scène chez Mann, c’est curieux puisque la courte discussion que j’ai eue avec frederic à propos de Shutter Island et Femme Fatale m’a encouragé à rédiger quelques notes sur l’altération du dispositif qu’engendre le passage de la pellicule au numérique dans Femme Fatale; en s’attardant particulièrement au générique et à la mosaïque de photographies numérique que construit Bardo/Banderas !!
C’est un beau champs à labourer que la rencontre entre mise en scène et support, content de vous y voir vous esquinter un peu.
cinematographe
19 juillet 2010
20h59
@rafc
Je dirais que c’est surtout votre point C) qui est négligé aujourd’hui, le Savoir reste en général l’argument qu’utilisent les critiques professionnels pour se différencier des commentateurs sur leurs blogues. Par contre, on relègue trop souvent la critique artistique à du journalisme. C’est pourquoi les critiques de la presse passent indifféremment d’un reportage payé aux frais du distributeur à une critique proprement dite, sans que cela n’affecte leur style. On ne saurait réduire la critique à un quelconque regard objectif sur l’objet analysé, semblable à la neutralité du journalisme. L’acte d’écriture est primordiale, pourtant on en parle peu. Je me demande parfois combien de critiques professionnels viennent d’une formation journalisme/communications vs cinéma ou autres disciplines de l’histoire de l’art, je soupçonne que la plupart viennent du premier camp, ça change un peu l’approche.
rafc
19 juillet 2010
22h27
Oui cinématographe, loin de moi l’idée d’affirmer qu’il n’y aurait pas de Savoir journalistique, mais reste que votre distinction est exacte quand il en vient aux critiques où les connaissances techniques et historiques priment sur les charges journalistiques. Et oui, “l’acte d’écrire est primordiale” et constitutif de la profession critique en tous genre, on l’oublie trop.
frederic_clement_qc
20 juillet 2010
16h30
La critique des Inrockuptibles :
Quand le cinéma d’action le plus trépidant s’exacerbe dans le tout petit espace d’une boîte crânienne. Le blockbuster le plus virtuose de l’été.
Souvenez-vous, c’était il y a quelques mois : Leonardo DiCaprio sur un bateau brumeux, le visage pâle, les traits tirés, nouant sa cravate en marmonnant quelque mantra à son épouse défunte, accostait sur une île, son tombeau, Shutter Island.
On le retrouve aujour-d’hui, dans Inception, directement échoué sur la plage, se réveillant hagard, et conduit, prisonnier, à la table d’un vieil homme.Et puis tout va très vite : une toupie, un flash-back, un cambriolage, un rêve, d’autres rêves, et deux heures trente sont déjà passées, en un clin d’œil.
Film malade d’un côté (Scorsese), éclatant de santé de l’autre (Nolan), mais une même tentation : plonger dans les arcanes d’un cerveau, le cerveau le plus véloce du monde, celui, mesdames et messieurs, du grand Leonardo DiCaprio.
Le regard frémissant d’inquiétude, masque d’Apollon travaillé par un effritement aussi patient qu’inéluctable (comme les immeubles en ruine qui squattent son subconscient), il porte le septième film de Christopher Nolan à un niveau d’exigence exceptionnel. Il faut dire que par son ambition colossale, et alors que les scénarios originaux – a fortiori, les auteurs complets – n’ont jamais été aussi rares à Hollywood, le film de Nolan est déjà, en soi, une exception.
Le pitch?? Un gang de cambrioleurs s’introduit dans vos rêves, y volent vos secrets, y implantent idées et rêves. Mais pas n’importe lesquels : ceux des puissants de ce monde, capitaines d’industrie en guerre les uns contre les autres?; et pas n’importe comment?: il s’agit de créer ex nihilo un rêve collectif, un espace mental que l’on arpente à plusieurs, avec pour seul risque de se réveiller avant la tâche accomplie – ou de s’y perdre, à jamais.
Film de braquage, d’anticipation, sentimental, film-cerveau?: Inception embrasse mille possibles, les fait se percuter à toute allure (dès les premières minutes, le spectateur est bombardé d’informations), bâtit des cathédrales narratives (à l’instar de Lost, dont il est l’absolu contemporain), enchaîne les effets plastiques inouïs (Paris comme on ne l’a jamais vu), multiplie les moments de bravoure, plie littéralement le monde à ses désirs…
La victoire par K.-O. : voilà ce qui semble motiver, en premier lieu, Christopher Nolan. Et il faut reconnaître qu’il y parvient au-delà de toutes nos espérances (c’est-à-dire au-delà de The Dark Knight), imposant au spectateur un état de sidération constant, et repoussant loin, très loin, les limites du film d’action contemporain lors d’une séquence s’étalant sur plus d’une heure.
Pour réussir le coup ultime, et convaincre l’héritier d’un empire industriel (Cillian Murphy, assez émouvant) qu’il doit liquider la firme de son père, la bande à DiCaprio – qui s’appelle ici Cobb, comme le héros du tout premier film de Nolan, Following – doit en effet créer une architecture onirique à quatre niveaux : un rêve dans le rêve dans le rêve dans le rêve.
Il serait difficile, et vain, de décrire la complexe mécanique narrative ici à l’œuvre. On peut simplement dire que l’on passe successivement d’un braquage dans les rues de L.?A. (à la Michael Mann), à un cache-cache dans un hôtel en apesanteur (“2001 meets Shining”), de l’assaut d’un bunker en haute montagne (hommage à la saga James Bond), à la visite hallucinée d’une mégalopole en ruine (qui rappelle La Jetée de Chris Marker, sans toutefois en atteindre la profondeur émotionnelle).
Tranquillement, et sans avoir à rougir, Nolan nous promène ainsi dans son musée personnel du cinéma. Seulement, à l’opposé de ce à quoi le cinéma américain nous a habitués depuis trente ans, il s’agit d’un musée sans poussière, et sans ironie, un musée dont chaque pièce serait tel un original.
A cette idée, Nolan ajoute un principe qui fait basculer son film dans le drame sentimental métaphysique : en effet, plus on s’enfonce dans les couches oniriques, plus le temps avance lentement, si bien qu’une seconde dans le monde réel peut durer un siècle, en bout de chaîne.
Outre la maîtrise de l’espace (la fiction comme fabrique d’univers), DiCaprio possède donc celle du temps (devenir immortel) – du moins en a-t-il l’illusion. Et ainsi de rejouer le mythe de Prométhée : se croyant capable de se mesurer à Dieu, le héros nolanien s’en trouve toujours enchaîné pour l’éternité, seul, broyé dès lors que l’être aimé n’est plus là pour partager.
Eloge de la toute-puissance de la fiction sur le réel, Inception en est aussi, par conséquent, le tombeau implacable.
http://www.lesinrocks.com/cine/cinema-article/article/inception/
frederic_clement_qc
20 juillet 2010
16h31
“Appréciation” de Médiafilm, qui lui donne la cote “2″ :
Christopher Nolan (MEMENTO, THE PRESTIGE, DARK KNIGHT) se hisse parmi les grands du cinéma contemporain avec cette nouvelle oeuvre parfaitement maîtrisée, d’une hallucinante complexité narrative et d’une formidable richesse thématique. Espionnage industriel, conflit père-fils, deuil, culpabilité, affirmation de soi, manipulation, réalité parallèle, amour éternel, voilà autant de sujets abordés par le réalisateur-scénariste avec une intelligence et une sensibilité admirables. Cela dit, le thème des rêves et du subconscient occupe une place prépondérante dans le récit, conférant à INCEPTION une fascinante et prégnante dimension surréaliste, digne des chefs-d’oeuvre de Bunuel. La mise en scène experte fourmille de trouvailles visuelles grandioses, aux trompe-l’oeil nombreux et saisissants. Égalant celui des meilleurs James Bond ou de MISSION: IMPOSSIBLE, le suspense demeure haletant, soutenu par une musique puissante et prenante de Hans Zimmer (BATMAN BEGINS, THE DARK KNIGHT). Enfin, l’interprétation de tout premier ordre est dominée par Leonardo Di Caprio, énergique et intense dans un rôle voisin de celui qu’il tenait dans le SHUTTER ISLAND de Scorsese.
Texte: Louis-Paul Rioux
http://www.mediafilm.ca/fr/films-detail.sn?Id=50827
keepiru
20 juillet 2010
16h57
@
On peut se compter chanceux comme cinéphile d’avoir une production importante originale par année!
Merci à Warner et à Nolan… Cela fait changement du reste de la “crap”4 ou du “reboot”2 qu’on nous sert à l’année longue…
keepiru
20 juillet 2010
16h59
dans mon post précédent:
lire: Une production “américaine” originale
Scusez!
paulbeliard
20 juillet 2010
20h41
Bon, je viens de voir ce film. Fiou ! Pourquoi faire simple quand on ne peut faire que compliqué. J’ai canté un peu beaucoup, regardé ma montre, émis quelques baîllements, me suis gratté un peu partout… Vraiment DiCaprio n’est pas mon type d’acteur : une planche de plywood à Hollywood jouerait mieux que lui ! Je ne dirai rien de Marion C., pire encore. J’ai aimé toutefois le “petit rôle” d’Ellen page (qui jouait dans le magnifique Juno d’ailleurs). C’est un genre de film où les décors et les cabrioles de toutes sortes priment. Un film de petits gars pour les petits gars tout compte fait. Et je suis un gars ! On est loin de Blade Runner … ou de Woody et les robots (joke).
Bon, je retourne à Brando, Delon et Lancaster !
Paul beliard
PS. :
Question : DiCaprio a la fin du film, quand Michael Caine apparaît, et quand les enfants sont là, et qu’il fait tourner sa toupie QUI NE TOMBE PAS ; est-il dans la réalité vrai ou encore dans un rêve ? Et pourquoi Saïto a la toupie a un moment donné dans le film (quand il est vieux, vieux, vieux ? Mais est-ce bien Saïto ou plutôt Cobb ?)
BOF !
frederic_clement_qc
20 juillet 2010
21h27
@ paulbeliard
Le film contient les clés nécessaires pour répondre à vos questions. J’hésite à aborder les informations qui vendent les “punchs” parce qu’encore trop de gens n’ont pas vu le film. Mais je m’empêche d’en discuter…
Dilemme, dilemme.
frederic_clement_qc
20 juillet 2010
22h14
Inception et Paprika : inspiration reconnue par nolan
“Christopher Nolan cites [Paprika] as one of the principal influences and was inspired by its main character to flesh out his character played by Ellen Page, a ’spirit architect’ named Ariadne.”
http://www.animenewsnetwork.com/interest/2010-07-20/bloody-monday-manga-creators-draw-inception-poster
frederic_clement_qc
20 juillet 2010
22h17
“Nolan” plutôt que “nolan”
paulbeliard
21 juillet 2010
09h06
@frederic_clement_qc
Oui, je vous comprends. Reste que la solution, à exclure d’emblée, revoir le film ! Un jour peut-être, je lirai quelque chose qui éclairera ma lanterne.
Par ailleurs, je fais un rêve récurrent mais très rarement heureusement: il y a un F-18 haut dans le ciel, et je dis que je dois aller me cacher car il va attaquer. Ma blonde qui est dans mon rêve ne me croît pas quand je lui dis. Je lui réponds que l’avion peut nous rater une fois, mais pas la seconde, et qu’on a tout intérêt à se cacher, et rapidement. Je le lui crie comme dans un film ! Alors, on se cache, l’avion revient, tourne et retourne, part et revient. On ne bouge pas, pétrifiés …
Je ne vous dis pas si ma blonde fait ce même rêve !
Vous seriez surpris …
paul beliard
verret
21 juillet 2010
18h45
@frederic_clement_qc
Entre vous et moi, quatre ou cinq couches de platitudes entrelacées, pas toujours adroitement, ça n’accouche pas forcément d’un mille-feuilles visionnaire et magique. Ça peut aussi donner plusieurs couches de platitudes, chacune sans grand intérêt, qu’on défend éventuellement bec et ongles simplement pour ne pas perdre la face et avoir l’air d’en avoir compris moins large que le voisin.
Le film est, et au mieux, quelconque…
teddybear
21 juillet 2010
18h51
Moi j’ai été voir ca, et un boff pour moi aussi. On dirait une bande-annonce de 2:30 hres. Ca m’a fait penser au samedi soir, quand y’a 3 ou 4 films a 3 ou 4 chaines différentes et que t’essait de les suivre en meme temps en passant ton temps a zapper entre les chaines.
frederic_clement_qc
21 juillet 2010
19h10
@ verret
Je n’ai pas défendu Inception (pas encore, ça viendra peut-être). J’ai d’ailleurs mentionné que la vision des rêves que propose Nolan me répugne et que ça pue la névrose ou le catéchisme.
verret
21 juillet 2010
19h52
@frederic_clement_qc
Remarquez bien que je vous souhaite de l’aimer. Ce que je trouverais malheureux, c’est que des gens passent plus de temps à pourfendre ardemment les non-fans qu’à expliquer pourquoi ils sont devenus fans.
Il faut évidemment laisser son sens critique au vestiaire quand on va voir un film semblable tant la science n’est d’aucun secours pour soutenir les prétentions mises de l’avant par le scénario. C’est donné. Reste que le gars pousse sa luck un brin : on n’est pas tous astrophysicien ni biochimiste, soit, mais on rêve tous toutes les nuits et son film sonne faux à un niveau tout bassement plébéien sur le plan de la crédibilité du rêve tel qu’illustré à l’écran, niant allégrement l’absurdité fondamentale du rêve; paradoxe, dirait Nolan. Courte vue, dis-je.
On ne peut mettre en scène aussi servilement une éclaboussure d’inconscient. Je suis chaque nuit bien plus maître de mes rêves que l’image qu’on me renvoie de cet état d’esprit qu’on prétend vulnérable et manipulable. On a raté la coche.
el_zid
21 juillet 2010
20h40
Oh quelle surprise, ce film se fait déglingué dans les commentaires de ce blogue…
frederic_clement_qc
21 juillet 2010
21h08
@ verret
J’ai aimé le film, et je l’ai même revu.
À propos des rêves dans le film qui sonnent faux : c’est sûr, puisque chaque rêve présenté dans le film existe pour tromper la personne qui est la “cible” de Cobb et ses acolytes. Si la cible se rend compte de la supercherie, les projections se retournent vers l’hôte ou alors le rêve s’effondre. Dans la logique du film, ces rêves qui sont des simulacres du réel sont justifiés.
Ce qui me choque, c’est la mégapole onirique mise au point par Cobb et sa femme, où ils “jouent aux dieux” pour ne créer qu’un espace quadrillé de béton sans imagination. Nolan aurait pu être imaginatif dans son film. Il a tout simplement été astucieux. Grand bien lui en fasse, il est assez doué dans son genre.
Son dada, c’est d’établir des règles et les respecter. Mais il ne sait pas où s’arrêter, et la multiplication des règles devient d’une lourdeur assommante. J’imagine très bien Nolan, dans son salon, en train de jouer aux échecs, changeant les règles à chaque partie (cette fois-ci, les fous avancent comme les pions; cette fois-ci, on joue sans chevaliers…). C’est probablement un grand névrosé, cherchant à quadriller tout l’espace qui l’entoure. Enfin, c’est que je vois transpirer de ses films, mais comme je n’ai pas de faits à l’appui, ça reste de la pure spéculation pour le plaisir de spéculer; et même si j’avais la réponse, ça ne changerait rien au film.
Tant qu’à spéculer, pour le prochain Batman, qui sera le vilain? Catwoman, avec une histoire d’amour, une vulnérabilité, un désir; ou alors The Ridller, avec des jeux sans fins, des règles arbitraires, des rapports de cause à effet clairement définis? Mettez un vieux 2$ sur le sphinx plutôt que sur le chat.
verret
21 juillet 2010
21h58
@frederic_clement_qc
Ce n’est pas tant les rêves eux-mêmes qui sonnent faux que la prétention de pouvoir les mettre en scène, y compris et surtout ceux des autres, comme si chacun n’était pas la source première de l’univers disjoncté de ses propres rêves. Ne laisser au rêveur que la possibilité de projeter des figurants dans un décor convenu et dessiné par d’autres me semble incroyablement présomptueux et fat; et faux, au final.
Quant aux méchants vilains poursuivant le valeureux Batman, j’ai un faible certain pour Catwoman.
http://www.youtube.com/watch?v=jF6uLQJarGo
teddybear
21 juillet 2010
22h13
Moi aussi j’ai un faible pour les Catwomen
http://www.youtube.com/watch?v=OvhkNAUVg_Y&feature=related
frederic_clement_qc
21 juillet 2010
22h20
@ verret
Mais tous les rêves présentés dans le films passent par la “machine à rêve” (par extension, le cinéma) : c’est normal qu’ils soient tous “programmés”. Nous sommes sur la même longueur d’onde : ce sont des rêves sans désirs, et, de ce fait, stériles, quadrillés, contenus, névrosés, voire paranoïaques.
Pour Catwoman, justement, comment égaler celle de Pfeiffer? Et son costume magnifiquement moulé? Suite à la sortie de The Dark Knight, il y avait des rumeurs d’une Catwoman vieillissante pour le 3ème film, qui aurait été campée par… la chanteuse Cher!
verret
21 juillet 2010
22h37
@frederic_clement_qc
C’est le dilemme suprême de la franchise : Quasi impossible de surpasser Pfeiffer. Ils se sont peinturés dans le coin en visant beaucoup trop juste la 1re fois.
http://www.youtube.com/watch?v=QPuOXSOSFRY
verret
21 juillet 2010
23h28
La fille se donne…
http://www.youtube.com/watch?v=_BMfTGzcpMs
teddybear
22 juillet 2010
00h59
C’est son masque a Michelle Pfeiffer que j’aime pas, on voit pas ses cheveux, ca manque d’érotisme, alors que dans les années 60, on leur mettait juste un ti-masque sur leurs yeux pis des oreilles de chats, mais on laissait leur cheveux longs.
jay_jay
22 juillet 2010
23h33
«Pour Catwoman, justement, comment égaler celle de Pfeiffer?»
On disait cela aussi du Joker. Le truc, c’est de ne pas essayer de surpasser Pfeiffer, mais simplement d’être différente, comme les 2 Jokers.
frederic_clement_qc
23 juillet 2010
09h40
jay_jay a écrit :
“On disait cela aussi du Joker. Le truc, c’est de ne pas essayer de surpasser Pfeiffer, mais simplement d’être différente, comme les 2 Jokers.”
Finalement, une Catwoman vieillissante, ça ne semble pas une mauvaise idée…
paulbeliard
23 juillet 2010
10h33
Ils sont revenus sur terre !
http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/chroniqueurs/chronique/12119-le-retour-de-la-vague.html
Bon, je retourne à Brando, Delon et Lancaster !
http://blogues.cyberpresse.ca/moncinema/lussier/2010/07/23/marlon-brando-il-y-a-60-ans/#comment-8472
jon8
24 juillet 2010
03h15
Ma critique INCEPTION, pour ceux que ca intéresse…
http://gliese1214b.blogspot.com/2010/07/inception.html
j’y reviendrais plus en profondeur plus tard, avec grand plaisir…
mitte
24 juillet 2010
11h46
J’ai finalement vu et adoré Inception. Eh non, ce n,est pas la réponse à toutes les questions existentielles jamais posées par l’être humain, mais c’est un sacré bon film. Mais comme râler est toujours plus drôle qu’encenser, voici ma parodie-synthèse à la cinécruche des mauvaises critiques du film que j’ai lues:
J’ai finalement vu Inception. Je n’ai pas du tout aimé ça parce que le film, en plus d’être très compliqué (est-ce qu’on est dans un rêve ou la réalité à la fin? Je ne comprends pas et seul le scénariste le sait!) et prétentieux (on expliquait trop de choses: ce n’était pourtant pas si compliqué que ça!), n’était pas du tout original parce que ce n’était qu’une pâle copie de Shutter Island (avec la femme morte), de 2001 (avec l’apesanteur), de Matrix (parce qu’il est question de réalités parallèles) et des Charlots à la plage (parce qu’il y avait une plage avec des humains dessus).
Christopher Nolan n’est certainement pas Kubrick parce qu’il aborde des thèmes différents de lui, il n’a pas du tout le même sens de l’humour, il n’est pas né la même année ni dans le même pays et il n’est même pas juif (ni mort, d’ailleurs). Comment peut-il prétendre être un VRAI cinéaste????
Et puis j’ai trouvé que c’était trop sirupeux avec le thème du deuil pis toutes les histoires intimes tristes à mourir du personnage principal et tous les flashbacks de guimauve. Les personnages étaient d’ailleurs sans vécu, sans passé et sans émotions.
Et puis c’est quoi cette idée de mettre plein d’action qu’on n’a même pas le temps d’aller au toilettes? Les trucages étaient trop crédibles pour être vrais et je trouve que tous ces jeux avec l’image, ce n’est pas vraiment du cinéma digne de ce nom parce que tout le monde sait que depuis le début des temps, le cinéma, c’est surtout des dialogues (voir Buster Keaton et tout le cinéma muet, dont Christopher Nolan ne saura jamais se faire le digne héritier).
Bref j’en voudrai pour toujours à Nolan de se croire plus intelligent que ses spectateurs: mon psy dit que c’est très mauvais pour mon estime de soi. Je lui en veux aussi de faire des films de 2h30 que ça paraît même pas qu’y font 2h30 parce qu’il y a trop d’action et qu’on est trop accroché. Je ne retrouverai jamais ces 2h30 de ma vie. Encore une chance qu’on n’ait pas vu un seul nichon dans le film parce que là j’appelais la SPCA.
frederic_clement_qc
24 juillet 2010
12h55
@ jon8
Je retiens de votre critique : “Il a voulu condenser une série télé dans un seul film.”
Une réflexion très intéressante que j’aimerais vous voir développer. Depuis le début de l’âge d’or de la télé américaine (on est encore dedans?), on se rend de plus en plus compte des limites du format “90-120 minutes” quand vient le temps de conter une histoire. Concept et règles d’Inception + développement des personnages sur une longue durée (ex : Lost) = grand potentiel.
@ mitte
“Christopher Nolan n’est certainement pas Kubrick parce qu’il aborde des thèmes différents de lui, il n’a pas du tout le même sens de l’humour, il n’est pas né la même année ni dans le même pays et il n’est même pas juif (ni mort, d’ailleurs).”
“il n’est même pas juif (ni mort, d’ailleurs)” : celle-là, je la prends en note! Merci pour la rigolade :)
frederic_clement_qc
24 juillet 2010
13h10
Inception, image-miroir du cinéma :
“In the new issue of Entertainment Weekly, which features Inception on the cover, Nolan says that the metaphor for cinema developed organically as he wrote the script over a 10-year period. Cobb’s crew of mind-hackers don’t infiltrate people’s “real” dreams—they actually build ersatz dreams and place them inside people’s heads, in the same way moviemakers craft worlds that are transmitted into our brains via movie projector. Nolan explained that each member of the team serves a role that has a movie analog. The Architect (Ellen Page) would be the production designer. The Forger (Tom Hardy) would be the actor. The Point Man (Joseph Gordon-Levitt) would be The Producer. The Extractor (DiCaprio) would be the director. And The Mark (Cillian Murphy) would be us—the audience. “In trying to write a team-based creative process, I wrote the one I know,” says Nolan.
There’s actually a great deal more of Nolan in the film. Inception is also a reflection of his artistic life. The various dream scenarios are implied homages to his favorite movies (including 2001: A Space Odyssey) and filmmakers, including Alfred Hitchcock, Ridley Scott, and Michael Mann. He also says he can relate very much to his hero, Cobb, who is at risk of becoming lost in dreams and must fight to reconnect with reality and return to his family. “I can lose myself in my job very easily,” says Nolan. “It’s rare that you can identify yourself so clearly in a film. This film is very clear for me.””
Source : http://popwatch.ew.com/2010/07/24/behind-the-scenes-of-inception-a-movie-about-movies%E2%80%94and-the-mind-of-its-maker/
jon8
24 juillet 2010
13h31
@Frederic_Clement
Oui, le long-métrage est désavantagé à plusieurs niveaux v.s. le format série télé. J’ai d’ailleurs préparé un texte là dessus.
frederic_clement_qc
24 juillet 2010
15h12
@ jon8
“Préparé un texte”? Ça se trouve sur votre blogue? Je ne crois pas que ce soit mal vu de donner le lien ici (ou de transcrire le post au complet).
Jozef Siroka
24 juillet 2010
15h27
A.O. Scott réfléchit sur l’affaire Inception (pas le film, sa réception critique, bien sûr) :
http://www.nytimes.com/2010/07/25/movies/25scott.html?ref=movies
verret
24 juillet 2010
16h32
@frederic_clement_qc
J’ai cherché ce que me rappelait le domaine des dieux mégalopoleux mis de l’avant par le couple en goguette onirique. Le côté cookie-cutter des gratte-ciel me rappelait quelque chose: ça m’est enfin revenu – Le Plan Voisin de Le Corbusier.
Une série quasi-infinie de tours identiques, redéfinissant ou niant la ville, c’est selon.
http://www.youtube.com/watch?v=FNBr6de7TD4
Wright avait pondu un truc semblable. Crystal City, je crois.
Bon…. je viens d’en trouver une trace:
http://structurehub.com/blog/2009/08/why-were-all-better-off-because-frank-lloyd-wrights-crystal-city-was-never-built/
frederic_clement_qc
24 juillet 2010
19h40
@ verret
Merci bien pour les liens. Je m’y connais très peu en architecture (mais ça devrait changer dans les prochains mois, recherche oblige).
Je ne connais pas assez Wright. Faudrait que j’en discute avec unholy_ghost (d’ailleurs il est où, lui?) qui en a pas mal à dire sur lui…
@ Jozef Siroka
J’insère l’avant-dernier paragraphe de Scott, qui résume bien son propos :
“What is odd about these questions, which shrewdly invite a second viewing, is that they seem to come at the end of the argument about “Inception” rather than at the beginning. Film culture on the Internet does not only speed up the story of a movie’s absorption of a movie into the cultural bloodstream but also reverses the sequence. Maybe my memory is fuzzy, or maybe I’m dreaming, but I think it used to be that “masterpiece” was the last word, the end of the discussion, rather than the starting point.”
cinematographe
26 juillet 2010
00h16
Bon, je viens de voir l’oeuvre en question, j’en ai pour un bout de temps à y penser, mais première impression avant de se coucher: le gars avait un concept original, il passe 2h15 à nous l’expliquer et 15 min à nous le montrer. Quant à moi, le film est encore à faire. Mais quelle ébauche passionnante!
Comme frederic le note, le dada de Nolan c’est les règles. Il joue avec ses règles de façon brillante, c’est certain, le problème c’est qu’à la base elles sont arbitraires. C’est un jeu virtuel, superbement construit, un casse-tête passionnant qui nous renvoie l’image inerte d’un monde si auto-suffisant qu’on ne saurait y trouver une quelconque réflexion du nôtre. D’où la sclérose des rêves, qui n’ont pas besoin d’être comme ceux connaît, d’où le plan final, qui suspend éternellement le film dans sa bulle d’irréel.
Plus pragmatiquement parlant, la scène d’action dans le couloir d’hôtel est hallucinante, malheureusement le reste est plus ordinaire, dont toutes les conversations d’une banalité visuelle affolante (je vote pour une loi abolissant le champ contrechamp, le temps qu’on redécouvre qu’il est possible de filmer autrement). Et je trouve plutôt rigolo, pour DiCaprio, que pour un gars qu’on méprisait en début de carrière en disant qu’il n’avait qu’une belle gueule, on vient de faire deux films sur son esprit.
jon8
26 juillet 2010
02h15
Oui je viens de publier le texte ”d’analyse cinéma”, fred_clement.
http://gliese1214b.blogspot.com/2010/07/cinema-analyse-1.html
Je vois vraiment mal comment je pourrais dissocier Chris Nolan du changement qui s’opère actuellement dans l’univers du septième art, même si à mon goût purement personnel les compromis évidents de ses films me laissent sur la faim.
May we live in interesting times.
frederic_clement_qc
26 juillet 2010
10h43
“You’re waiting for a train; a train that will take you far away. You know where you hope this train will take you, but you can’t be sure. But it doesn’t matter – because we’ll be together.”
On dirait presque qu’Inception est un film sur le cinéma…
frederic_clement_qc
26 juillet 2010
10h55
@ cinematographe
Depuis que j’ai écrit mon commentaire sur la stérilité des rêves dans le film, je me demande combien de temps Nolan a pris pour prendre la décision de les représenter ainsi. Parce qu’après tout, comment représenter un rêve au cinéma de toute façon? D’autres l’ont fait, et comment Nolan en est arrivé à la conclusion qu’il allait prendre une façon aussi “sèche” de le faire? Peut-être qu’il n’avait rien de plus à rajouter…
@jon8
“Je suis content d’avoir eu la confirmation au visionnement de Inception que le format ”long-métrage” est possiblement arrivé à ses limites techniques, après plus d’un siècle de bons et loyaux services. ”
Hohoho! Vous n’y allez pas avec “le dos de la main morte”!
cinematographe
26 juillet 2010
12h37
@frederic_clement
Le format trop logique et cohérent des rêves de Nolan ne m’a pas trop dérangé en fait, peut-être parce que je m’y attendais, plusieurs l’ayant relevé (c’est aussi le reproche que lui fait Emerson sur scanners). C’est plus ou moins justifié par le film de toute façon (bon SPOILERS…) : le contexte du rêve est construit et contrôlé par l’équipe de Cobb, il est logique que l’architecture du rêve soit aussi mathématique et rigoureuse. La représentation du subconscient est plus problématique, il ne se manifeste que de manière tellement évidente qu’il est difficile de le prendre pour du SUB-conscient: le train qui déboule au milieu de la ville, par exemple, et l’enchevêtrement de rêve, qui devrait pousser de plus en plus vers l’irrationnel. Tout ça est justement trop rationnel.
Je crois que vous avez raison: Nolan n’avait rien à dire sur le rêve. C’est la première chose que je me suis demandé en sortant de la salle: ça porte sur quoi ce film? Il y a beaucoup autour de ses Batman, sur la notion de justice personnelle vs la loi, ou dans The Prestige sur le sacrifice d’un artiste pour son art, mais là je ne vois que sa construction, vide. Je n’y décèle aucune réflexion sur la nature du rêve, ou de l’inconscient. Il y a bien sûr tout le propos sur la culpabilité et la rédemption (Shutter Island, quand tu nous tiens…), mais bon, il n’y a rien de neuf là. La métaphore sur le cinéma m’intrigue, je n’y avais vraiment pas pensé, ça semble cohérent en tout cas, mais un peu superficiel.
jon8
26 juillet 2010
12h54
”Hohoho! Vous n’y allez pas avec “le dos de la main morte”!
Je sais.
Mais les faits ne trompent pas. Même le all-time box-office montre majoritairement des films divisés en volumes (Lord of the ring, Harry Potter, Star wars, etc..)
http://www.boxofficemojo.com/alltime/world/
Harry Potter s’annonce pour être la franchise la plus payante de l’histoire du cinéma… Et rendu à 7 volumes, c’est quoi si ce n’est une ‘’série ciné” ?
unholy_ghost
26 juillet 2010
14h51
Je viens de voir l’objet en question et c’est l’une des machines théoriques les plus passionnantes vues depuis longtemps, baroque et philosophique. Platon (caverne) + Aristote (scénario hollywoodien-type) + Lao Tseu (le sage et le papillon) + Nietzsche (en finir avec la culpabilité chrétienne) + Freud (travail du rêve et meurtre du père). Un film sur le cinéma où Nolan théorise le fait que pour être fidèle aux pères que sont Kubrick et Welles (Citizen Kane et 2001 sont cités à tout de bras à travers la même métaphore du vieillard agonisant) il faut ne pas être comme lui, ne pas le copier, tout en prenant actes de la suprématie actuelle des séries télé sur le cinéma (où comment battre Lost sur son propre terrain en 2h00 chrono…). Tout cette réflexion dense sur la machine-cinéma (ses accointances avec le rêve, le couple illusion/croyance, les “projections”) ne se déparre jamais d’une formidable inventivité formelle qui confronte l’architecture à la rupture constante de l’équilibre (les abcisses cartésiennes sont détruites par le décor tournant à la 2001, les “coups de fouet” sont supposés déstabiliser l’oreille interne, la toupie est la matéphore centrale du film) en nous rappellant que les différents niveaux de rêve (en fait, différents genres: suspense financier, film de casse, espionnage à la James Bond et mélo expériemntal) sont toujours instables et menacent de s’écrouler. Il est donc vain de décrier l’artificialité de la chose dans la mesure où le cinéaste théorise la ligne de rupture entre impression de réalité et incroyance. À la fin, il reste l’histoire d’amour à la Vertigo (Di Caprio est responsable de la mort de sa femme et tente de la recréer en rêve, comme Scotty) et l’idée très Stanley Cavell que le projecteur est une machine sceptique qui peut nous faire douter de la réalité du monde (virus philosophique qu’il implante dans la tête des spectateurs lors du dernier plan de la toupie en perte d’équilibre) tout en rappelant constamment aux rêveurs-spectateurs qu’ils sont au cinéma (la chanson de Piaf est presque un running gag quand on sait qui est l’actrice principale). Magistral.
cinematographe
26 juillet 2010
15h31
Je me fais l’avocat du diable rapidement, mais “formidable inventivité formelle”, faut pas exagérer quand même: on passe tellement de temps en gros plan sur la gueule des acteurs, il n’y a rien d’inventif là. L’inventivité se pointe dans à peu près 10 minutes de film, essentiellement ce qu’il y avait déjà dans le trailer, rallongé un peu. Le reste, c’est des explications sans fin, entrecoupées de quelques séquences d’action banales et clichées – et n’est-ce pas là l’intention? La poursuite en char, la fusillade en ski, la poursuite dans les rues de Mumbassa, le mélo psychologique autour de Cobb, tout ça c’est du déjà-vu, du cliché qu’on nous ressort en sachant pertinemment que c’en est, puisque le but est d’emboîter différents cinémas.
Ah oui, et je viens de me rappeler la musique, tellement insistante que c’en est gênant par moment, ou ridicule, c’est selon.
unholy_ghost
26 juillet 2010
16h01
Mais Cinématographe, c’est justement une réflexion sur les clichés vs l’invention. Cobb le dit lui-même: pour construire l’architecture d’un rêve (film) il ne faut pas prendre ses souvenirs (scènes clichés du cinéma) mais créer du nouveau, sauf, dit-il, pour les détails qui ne se remarquent pas. Or, Cobbs en est incapable, il fait toujours en train de se rabattre sur ses souvenirs, comme Nolan qui truffe son film de références cinéphiles (le miroir infini de Citizen Kane, la chambre du veillard de 2001, les ski-doos de James Bond, etc.). Toute la question de Cobb/Nolan est celle-ci: c’est quoi l’inspiration, qu’est-ce idée (cinématographique) nouvelle? Un virus? Un truc qu’on ne peut contrôler? Nolan arrive à la conclusion que le rêve d’omnipotence divine d’un cinéaste inventeur de mondes est une impasse puisque in fine ce sont les puissances financières (les holdings qui trustent les studios hollywoodiens, personnifiés par le personnage de Sato qui se prend une balle…) qui sont maîtres du sort des cinéastes prométhéens. Au lieu d’être écarté comme Welles, il a décidé d’être un virus dans la machine.
Par ailleurs, il y a bien dix idées formelles nouvelles dans ce film: les ellipses très abruptes qui miment l’instabilité du rêve, l’emboîtement vertigineux des rêves, la désynchronicité de leur timecode (un saillie contre 24H), l’architecture instable, Paris qui s’enroule comme un ruban de Mobius, etc. Et ce truc formidable: un rêveur qui rêve de lui-même en train d’avoir le souvenir en flash-back d’un événement de sa vie passée qui n’est autre qu’un rêve dans un rêve (je dis bonne chance à celui qui fera le plan narratif de ce film). Vertigo…
cinematographe
26 juillet 2010
16h16
Non, non, je suis d’accord, c’est ce que je disais: n’est-ce pas là l’intention? Je vois bien ces séquences clichées comme des références. La question de Cobb/Nolan que vous soulevez est d’ailleurs explicite dans le film, et je me sens un peu con tout à coup car je l’avais noté quand elle passait, puis je l’ai oublié par après jusqu’à maintenant.
Sur les dix idées formelles, voilà, dix idées, sur 10 minutes, il en reste 140 moins inventives. Et la plupart que vous nommez sont d’ordre scénaristique, c’est la construction de son casse-tête, mais visuellement c’est assez plat, sauf quelques exceptions. Et tiens, le rêveur qui rêve de lui-même, c’est pas Borges et ses Ruines Circulaires?
unholy_ghost
26 juillet 2010
16h36
Oui, l’invention est plutôt narrative: comme les séries télé dont Nolan considère les créateurs comme ses seuls rivaux – à bon droit. Il y a quand même plusieurs inventions visuelles magnifiques (à commencer par ce Paris entièrement construit en images de synthèse et qui se modèle à volonté, se tord, etc., on dirait un hommage à Windsor McKay). L’idée est là: pour qu’un rêve fonctionne il faut qu’il ressemble à la réalité, que ce soit “plat” justement. D’une certaine façon, il y a un aveu d’impuissance et beaucoup d’humilité de la part de Nolan: contrairement aux cinéastes comme Cameron qui se perdent dans leurs rêves prométhéens (Avatar et ses images de synthèse) comme la jeune femme de Cobb s’est perdue, il se rend compte que rien n’est plus intéressant et mystérieux que ce qu’on appelle le réel (ce qui explique que ses images de synthèse soient hyper-réalistes, fruit d’un scanning de Paris). Il y a là comme une morale de cinéma. Question théorique intéressante: comment peut-on se passionner pour des personnages de synthèse si justement ils ne peuvent pas vraiment mourir? Nolan répond qu’il faut souffrir avec eux (l’ami qui se fait tirer dans le pied). Pour combattre le peu de réalité des images de synthèse, il faut les tirer vers le réel et vers la catharsis.
unholy_ghost
26 juillet 2010
16h44
Sinon, Cinématographe, vous n’allez pas reprocher à un film hollywoodien de citer Borges, non? Oui, ruines circulaires, labyrinthes, tout ça est très borgesien. Mais au cinéma le tout se déplace dans la mesure où l’impression de réalité est presque aussi puissante que dans un rêve, alors les analogies rêve/film sont plus littérales qu’en littérature où l’impression de réalité est moins puissante. Un film est un rêve induit, collectif. Dans le film, Cobb explique que le rêve est une représentation de l’esprit prise pour une perception de façon circulaire – quelle meilleure définition du cinéma?
unholy_ghost
26 juillet 2010
16h46
“Sur les dix idées formelles, voilà, dix idées, sur 10 minutes, il en reste 140 moins inventives.”
Avoir une idée c’est déjà beaucoup. Personnellement j’en ai eu deux dans ma vie… 10 c’est exceptionnelle. Ce n’est pas 2001 mais c’est amplement au-dessus du lot.
jon8
26 juillet 2010
16h56
Ce billet ne veut décidément pas mourir!
cinematographe
26 juillet 2010
17h00
Encore là, je me fais l’avocat du diable, car à chaque fois que je vous pique, vous repartez dans des avenues encore plus passionnantes! Je ne reproche pas de citer Borges, bien au contraire.
Vous parlez de vous intéresser aux personnages, c’est bien quelque chose qu’il n’y a pas dans ce film, mais je ne vois pas ça nécessairement comme un défaut: il n’y a aucune charge émotionnelle dans Inception, tout est trop projeté dans le schéma narratif, toute la psychologie de Cobb est trop mécanique et utilitaire. Il y a peut-être là l’un des traits les plus original de son cinéma d’ailleurs, et d’Inception en particulier, puisque c’est au plaisir de penser qu’il nous convie, de décoder, déchiffrer, etc. C’est un objet d’analyse avant tout, par moment époustouflant. Cobb, je le trouve passionnant dans la manière que sa psychologie est imbriquée dans le concept général du film, mais il m’indiffère royalement d’un point de vue purement émotionnel. Le suspense du “vont-ils réussir” me laissait aussi assez froid, mais j’avais bien hâte de voir comment Nolan allait résoudre les problèmes qu’il s’était posé! Et puis, enfin, c’est le type de film qui est encore plus passionnant à analyser qu’à visionner.
cinematographe
26 juillet 2010
17h01
on devrait lire: “l’un des traits les plus intelligents du cinéma de Nolan”
unholy_ghost
26 juillet 2010
17h22
Si le film d’action ne fonctionne pas, c’est qu’il n’y a aucun ennemi intéressant, vous l’avez bien vu. Or, nous disait déjà Hitchcock, pour qu’un film soit réussi, il faut un méchant réussi. Ici, le fils de l’industriel n’est finalement qu’un fantoche, une marionnette manipulée par Cobb et les méchants, de simples “projections” de l’inconscient de ce dernier. C’est pour cela que l’image-mouvement (action) ne fonctionne pas, se perd en faux-mouvement et en illusion. Inception est un film-crystal où le seul méchant est l’anti-héros Cobb et ses failles. Ce n’est pas un film d’action, ou alors très déceptif, mais un film moderne basé sur la puissance du faux, la tromperie. Cobb et son équipe sont des artistes-faussaires wellesiens qui explorent les mondes possibles à la recherche du temps pur. Que le père de Cobb soit Michael Caine, le Milo Tindle de Sleuth n’est certainement pas un hasard…
unholy_ghost
26 juillet 2010
17h31
Je dirais que pour moi, il n’y a rien de plus émouvant que la finale d’inception puisque c’est une variation brillante sur celle de mon film préféré: comment faire le deuil de l’être aimé après lui avoir donné vie par nos fantasmes? Je ne vous reproche pas de ne pas partager cette émotion. Mais il y a quand même un trouble que tout le monde peut vivre: peut-on faire la différence entre la personne qu’on aime et les fantasmes dont on l’entoure?
unholy_ghost
26 juillet 2010
17h47
Par ailleurs, je suis loin de trouver que ce film est purement théorique. Je l’ai ressenti de façon très intime: en sortant du cinéma, en plein après-midi, j’ai ressenti brièvement ses effets sceptiques: j’avais l’impression que la réalité était une illusion et les gens des automates (surtout deux musiciens de rue bizarrement). C’est l’un des idées les plus radicales de la philosophie, l’idée du scepticisme absolu en ce que le monde est une tromperie créée par un magicien-dieu, thème qui court de Platon à Marx en passant par Descartes, et le cinéma est la petite machine qui exprime le plus intimement cette idée à chaque fois que l’on sort d’un film (et qu’on s’aperçoit que le monde qu’il avait créé n’existe pas, comme lorsqu’on se réveille d’un rêve).
Or, cette idée existe dans le couple: est-ce que j’aime le réel d’une personne ou l’illusion dont je l’entoure. Est-ce que la personne m’aime ou est-ce une tromperie? Comment puis-je être sûr que l’autre existe vraiment? La seule preuve de son existence: l’autre nous a changé et il faut l’accepter.
jon8
26 juillet 2010
18h09
@ghost
le doute dans sa forme la plus pure… et plus dangereuse.
unholy_ghost
26 juillet 2010
18h23
C’est ce qui montre la radicalité de Nolan: le plan final instille dans le public le virus le plus dangereux, “une folie qu’on enferme”.
Comment ne pas trouver vertigineux le film de Nolan: il faudrait que Cobb se tue pour prouver à sa femme fantasmée qu’il l’aime vraiment. Il choisit le happy-end en préférant le réel et en se disant que sa femme était folle. Or, le cinéaste ne fait pas ce choix, la tentation nihiliste est toujours là: il laisse la toupie au point de rupture, nous laissant dans le suspens (comme Scotty au-dessus du vide à la fin de Vertigo).
“Nous avons besoin d’une éthique ou d’une foi, ce qui fait rire les idiots ; ce n’est pas un besoin de croire à autre chose, mais un besoin de croire à ce monde-ci, dont les idiots font partie.” Gille Deleuze
unholy_ghost
26 juillet 2010
18h27
GilleS Deleuze, idiot!
unholy_ghost
26 juillet 2010
18h32
Un dernier truc pour Cinématographe: un des arguments de la femme de Cobb pour lui faire douter de la réalité du monde c’est de lui dire: “common, tu trouves ça crédible toi ce scénario parano que tu combats des agents secrets pour le compte de multinationales”. Un peu plus et elle lui disait: on dirait un mauvais film hollywoodien…
unholy_ghost
26 juillet 2010
18h33
Ce qu’il y a de fort dans le film c’est qu’il prévient toutes les critiques. Comme les architectures des rêves qui sont circulaires comme des escaliers d’Escher.
cinematographe
26 juillet 2010
19h14
ghost, tout ce que vous me dites est bien intéressant, mais il y a pour moi une rupture entre le plaisir que j’ai à regarder le film et le plaisir que j’ai à vous lire en discuter (le deuxième est plus fort…) Oui, c’est bien dix idées, c’est mieux que rien, c’est peut-être même beaucoup, mais la majorité du film est filmé de manière très, très conventionnelle, et personnellement ça m’affecte plus que tout le matériel théorique qu’on peut y foutre, c’est pour ça aussi que je n’ai aucun attachement personnel au film. Toutes les conversations sont tournées EXACTEMENT de la même manière, et il y en a beaucoup des conversations. Quand arrive le temps de mettre DiCaprio devant sa femme à la fin, en gros plan intenses, c’est la même manière qu’il avait filmé avant les explications de son film, ou les explications de la psychologie de Cobb (le personnage d’Ellen Page est souvent très agaçant d’ailleurs, elle vient toujours surexpliquer ce qu’on voit de Cobb, ce que DiCaprio est bien apte à jouer et Nolan à illustrer). Je n’arrive pas à passer par-dessus ce niveau zéro de la mise en scène, surtout quand c’est la même chose qu’on nous sert dans tous les films hollywoodiens. Merde, la veille j’ai écouté Old School, un film autrement inférieur bien sûr, mais Todd Philipp montre plus de flair dans sa mise en scène des acteurs, il y a une variété dans ses échelles de plan et ses cadrages en relation aux acteurs qu’il n’y a définitivement pas chez Nolan (exception faite de Prestige, mais c’est peut-être mon souvenir qui ment). Donc, il y a bien des idées fortes, mais entrecoupées de passages ordinaires, qui constituent la très grande majorité du film (je ne pense pas être trop loin avec mon ratio 15 min vs 2h15). Oui, on discute de sujets passionnants, mais c’est pas une raison pour négliger le travail de la caméra, vous en conviendrez. C’est pour ça que je ne ressens que le côté intellectuel, la construction, que je vois le tout comme une ébauche, parce qu’il passe plus de temps à expliquer le film qu’il voudrait faire qu’à vraiment le mettre en scène.
unholy_ghost
26 juillet 2010
19h32
Paul Warren sort de ce corps! Si vous me dites que la mise en scène n’est pas distanciée comme chez Godard et que tout est transparent, je suis bien d’accord, mais encore là c’est le sujet du film: comment des faussaires font croire à l’absolue réalité (transparence) de leur coup monté. Un mise en scène un peu inventive n’aurait absolument rien ajoutée; elle aurait plutôt détruit la distanciation narrative. Disons que ce n’est pas du Brecht mais du Pirandello: le film est transparent mais l’on vous dit constamment que c’est un film, comme Cobb qui pour tromper et faire oublier au fils du milliardaire qu’il rêve lui dit précisément qu’il rêve… Pour le reste, si la mise en scène est transparente (sauf le montage très elliptique), cela ne l’empêche absolument pas d’être archi-rigoureuse: Nolan est un architecte et l’emplacement de la caméra n’est jamais le fruit du hasard.
unholy_ghost
26 juillet 2010
19h36
Je ne trouve pas que le film est explicatif au sens où il ne laisserait plus de flou. Au contraire il accumule les explications jusqu’à temps que le spectateur soit perdu dans sa machine labyrinthique. C’est là que le gros fonne commence!
cinematographe
26 juillet 2010
20h53
Ah, je m’attendais à cette réponse, on pourrait dire aussi que tous les films hollywoodiens étant tournés ainsi (en tout cas les récents), il est normal que Nolan utilise la même esthétique, puisque comme vous l’avez dit, la réalité (?) de Cobb est un mauvais film hollywoodien. Le problème, c’est qu’à force d’imiter les mauvais films, même consciemment, on n’est pas si loin d’en faire un soi-même. Comme pour Shutter Island d’ailleurs: le film de Scorsese réfléchit le cinéma fantastique, il nous montre constamment comment faire un film fantastique, en affichant ses codes comme des codes, mais à force de grossir les effets pour bien les marquer et outrer l’interprétation, on tombe dans la grossièreté, l’auto-réflexivité devient lourde. Même chose chez Inception: une poursuite en char avec des guns, c’est encore une poursuite en char avec des guns, même si on est dans un rêve. Alors, si elle est tournée comme une poursuite en char ordinaire, où est l’intérêt?
Je suis d’accord avec l’effet de transparence, il est important, il faut toujours qu’on croit que ce qui est à l’écran est réel, c’est d’ailleurs pourquoi les rêves apparaissent si anodins et peu flamboyants: pour nous faire comprendre que pour les personnages ces rêves ont le poids du réel, Nolan nous les présente en toute logique avec le poids du réel, avec son déroulement linéaire, ses lois physiques respectés en général, etc., ne permettant les distorsions que lorsque les personnages ont conscience du rêve, comme nous nous rendons compte de l’étrangeté de nos rêves qu’à partir du moment que nous savons que nous rêvons. Mais on peut faire dans la transparence sans tomber dans la banalité et la facilité. C’est peut-être rigoureux, ça ne veut pas dire que c’est toujours intéressant pour autant.
Je me rends compte en me relisant que je suis plus sévère envers le film que ce que j’en pense vraiment, les objections que je soulève sont relativement mineures et concernent surtout l’exécution (que je trouve souvent banale).
Et c’est qui Paul Warren?
teddybear
26 juillet 2010
22h03
Paul Warren
http://www.revue-cinemas.info/revue/revue%20nos1_2/12-perusse.htm
est-ce un film oscarisable ?
teddybear
26 juillet 2010
22h05
Je le suivais a la télé université, excellent.
cinematographe
26 juillet 2010
22h22
Merci teddybear, je vais le prendre comme un compliment alors!
C’est vrai que je radote des trucs semblables à ce Warren, détour à la bibliothèque demain!
frederic_clement_qc
26 juillet 2010
22h34
Ah, la réalité finit toujours par me rattraper! Je dois justement peaufiner un article qui cite Paul Warren qui cite Gilles Deleuze.
Quand vient le temps d’aborder le “pôle végétatif” et le “pôle animal” du couple imprégnation/détonation à un public non-initié en cinéma, aussi bien passer par Warren (quoique je suis ouvert aux suggestions si vous en avez).
Mon souvenir impérissable de ce cours télévisé : visionner Pearl Harbor quatre ou cinq fois pour le travail de session… et prendre goût à ce film honni! On s’attache à ces p’tites bêtes-là…
@ghost
Content de te lire sur le film! Je digère et je reviens sûrement. La critique des Inrocks était un peu fade (ils ont aimé le film mais le texte manquait de jus pour alimenter la réflexion).
teddybear
26 juillet 2010
23h12
C’est vrai que je radote des trucs semblables à ce Warren, détour à la bibliothèque demain!
Contente-toi de vulgariser pis ca va faire mon bonheur :)
unholy_ghost
27 juillet 2010
15h02
Cinématographe, m’est avis qu’il faut juger un film pour ce qu’il est et non en fonction de ce qu’on voudrait qu’il soit. La mise en scène est classique et je ne vois pas en quoi c’est moins méritant qu’une mise en scène très novatrice, c’est-à-dire très voyante – à moins de discréditer tout le cinéma classique. En plus, il y a une raison narrative à cette transparence! Le cinéaste joue sur la différence entre le rêve normal (inconscient) et le rêve paradoxal (conscient). Je ne trouve pas qu’il fait délibérément un film laid, au contraire chaque cadrage est très étudié même si transparent. Encore là, il est aussi difficile de faire un cadrage qui ne se remarque pas que le contraire.
Si on fait l’hypothèse que le film est entièrement un rêve, il y a une question très intéressante qui se pose: en quoi les films que l’on voit modifient la forme de nos rêves.
cinematographe
27 juillet 2010
15h37
Vous me comprenez mal ghost, je ne discrédite pas le classicisme, mais le classicisme niveau zéro. Mes amours cinématographiques vont au cinéma hollywoodien en premier lieu, j’ai beau trippé sur l’ami Joe, les Ming-Liang et les Bela Tarr de ce monde, j’y préfère encore un bon gros film narratif classique bien foutu. Je ne dis pas non plus que le film est laid ou mal cadré, mais c’est carrément inintéressant. Nolan filme toutes les conversations de la même manière, en champ contrechamp, gros plan sur les visages, on change de plan à chaque réplique. La transparence, ça se fait aussi dans un two-shot ou un three-shot, ça peut aussi se faire en gardant ses plans plus longtemps à l’écran, plutôt que de monter en frénétique à chaque 4-5 secondes comme c’est la norme maintenant. Ce que je reproche, c’est le manque de variété dans la mise en scène, le fait que Nolan réutilise constamment les même schéma de mise en scène, qu’il ne semble pas en connaître d’autres. Il y a des trouvailles (le fossé entre Cobb et Mal lorsqu’elle se jette dans le vide par exemple), mais elles sont few and far between. Et ce genre de mise en scène permet d’expliciter visuellement les relations entre les personnages, plutôt que toujours les confronter. Il y a vraiment une perte du langage classique dans le cinéma hollywoodien contemporain, je trouve ça difficile à nier. Nolan, je l’aime beaucoup, c’est pourquoi je trouve ça triste un peu qu’il n’est pas capable de dépasser ce type de mise en scène sans relief.
Ceci dit, je repensais hier à Prestige, et il y a un lien à faire avec Inception, avec le propos sur incroyance/illusion. Prestige tourne autour de l’idée que l’illusion est toujours plus séduisante que le réel (le truc derrière), et que l’on préfère encore croire à la magie, car le réel est décevant. Ça rejoint aussi cette idée de Tarkovski, comme quoi l’art existe uniquement parce que le monde est imparfait, l’art tend à vouloir le corriger.
unholy_ghost
27 juillet 2010
16h13
Je ne suis pas d’accord dans la mesure où la mise en scène “plate” ne détruit pas mon plaisir, elle me semble ad hoc. Il y a un côté un peu répétitif qui le propre du rêve. Mon intérêt visuel est plutôt architectural, le film a des moments de vraies splendeurs (Paris qui se courbe, la ville du dernier niveau, etc.).
Oui, c’est un auteur, le Prestige parle aussi de l’illusion, de la fantasmagorie partagée entre image et magie. Il y a aussi l’idée qu’il faut sacrifier les gens qui nous entourent pour être un vrai magicien/cinéaste. Ajoutons aussi que le Joker du dernier Batman est aussi un faussaire/illusuionniste, avec la même teinte nihiliste du propos.
Bon, je vais revoir Inception, peut-être que votre regard deviendra le mien.
astyanax
27 juillet 2010
21h34
Je viens de voir le film et je suis encore sous le choc. Je vais lire les commentaires précédents pour voir ce que vous en avez pensé. J’aurai sans doute des choses à dire éventuellement, mais pour l’instant, je suis seulement profondément troublé. Impression d’avoir assisté à ce qui semble non seulement un très grand film, mais à une très grande oeuvre d’art tout court…
astyanax
27 juillet 2010
21h36
Ce qui est d’ores et déjà très clair pour moi, toutefois, c’est que David Edelstein est un imbécile.
taila
28 juillet 2010
04h29
Très intéressant et instructif que sont les interventions de Unholy_ghost et Cinématographe.
De mon côté j’ai aimé ce film qui ne m’a pas fait perdre dans la complexité de sa narration. Comme astynax, ce film m’a troublé aussi. Je n’oserai pas encore dire que c’est un grand film mais un très très bon film grand publique. J’attendrai quelques jours avant de le revoir vu la densité du film.
frederic_clement_qc
28 juillet 2010
09h09
Content d’avoir gardé, avec d’autres, la discussion vive afin de donner le temps à plus d’usagers de voir le film en question!
@ ghost
Grâce à toi, tout s’éclaire. Je voyais bien que la relation père-fils était importante (c’est quand même le cœur de l’intrigue, et même le faussaire – celui qui connaît le mieux l’esprit humain afin de le copier – le dit dans le film : le conflit avec le père, tout part de là, il faut convaincre l’héritier qu’il est un sujet autonome et non pas juste « le fils de… »). Je voyais aussi les références à Kubrick et Welles grosses comme le bras (mais plus subtiles pour Hitchcock). Mais je ne reliais pas les deux. Mais là c’est clair.
Inception : ou comment mettre en scène la mort du père (cinématographique) afin de faire son nom propre. Il ne reste plus à Nolan qu’à tuer Batman à la fin de son prochain film, j’imagine (ça ne serait pas surprenant).
astyanax
28 juillet 2010
10h50
Oui, les commentaires de Ghost sont très éclairants, comme d’habitude.
«Si on fait l’hypothèse que le film est entièrement un rêve, il y a une question très intéressante qui se pose: en quoi les films que l’on voit modifient la forme de nos rêves.»
Comme on ne saura jamais si la toupie de Cobb continuera à tourner éternellement sur la table ou qu’au contraire elle finira par s’arrêter, on ne sera jamais en mesure de vérifier cette hypothèse… Ceci dit, la question est tout de même intéressante et doit être portée plus loin selon moi: en quoi les films que l’on voit modifient non seulement la forme de nos rêves, mais aussi celle de la réalité elle-même. N’y a-t-il pas un peu (beaucoup?) de cinéma dans mon rapport avec les autres? Dans l’amour que je leur porte? Et même les rapports sociaux: sont-ils dénués de cinéma? Harper, Obama, Bush ne sont-ils pas pour moi, au fond, des personnages dont mon esprit ne peut saisir les contours qu’à partir de mon expérience de la fiction?
Nolan n’est pas le premier à aborder ces questions. Mais il le fait, dans INCEPTION, avec une ambition folle. Jamais au cinéma ce jeu de vases communicants entre le réel et le fictif, la façon dont l’un se nourrit de l’autre (et vice versa) ne m’était apparu avec autant de finesse et de profondeur. À ce chapitre, mes seules références sont d’ailleurs littéraires: Joyce, Proust, Borges…
Et puis je l’ai trouvé très émouvant, moi, ce film. Émouvant et profondément mélancolique. Cette ville colossale, véritable architecture amoureuse, qui tombe en ruines; cette chorégraphie violente sous la neige, parfaitement vide et, donc, pure forme et pure poésie; mélancolie de ce ballet dans le couloir de l’hôtel dont les mouvements sont dictés par les rêves de personnages rêvés/rêvant sombrant sans fin dans les eaux glacées; apparitions bouleversantes de ces fantômes d’enfants qui sont autant des parasites que des objets de désir; il y a aussi cette Ariane dont le fil permet enfin à Cobb de sortir de son labyrinthe onirique… Tout ça me semble très beau et très émouvant. Vivement que je revoie ce film!
unholy_ghost
28 juillet 2010
12h17
Merci pour le compliment. Pour avoir le plaisir de faire plusieurs smashs de suite, il faut un bon retourneur, tâche dont s’est acquitté Cinématographe avec beaucoup d’élégance dans le revers. Merci à lui pour ce bel échange.
astyanax
28 juillet 2010
12h59
Oui, je m’en veux de ne pas avoir souligné la qualité des commentaires de ce cher Cinématographe. Merci à vous deux, vous avez fourni l’un des beaux échanges qu’il m’ait été donné de lire sur ce blogue.
Et même si mon enthousiasme pour le film de Nolan me place plus volontiers du côté de Ghost, j’ai quand même quelques petites réserves à formuler. Par exemple il me semble qu’au début du film, il y a quelques lourdeurs explicatives qui auraient peut-être pu être évitées.
rafc
28 juillet 2010
14h14
Je n’ai toujours pas vu l’oeuvre. Je fut donc lecteur silencieux mais comblé, merci beaucoup cine-fred-ghost !! Suite à vos échanges, je suis pour le moins impatient dirais-je; et j’ai hâte aussi de voir comment Inception répond à des films comme Waking Life ou Synecdoque New York qui me sont venus à l’esprit en vous lisant.
unholy_ghost
28 juillet 2010
15h33
Je fut un autre…;-)
unholy_ghost
28 juillet 2010
15h34
J’espère cher Rafc qu’on gâchera pas trop ton plaisir en créant de trop grosses attentes.
draeron
4 août 2010
15h24
Moi ce qui me fait pencher du côté que la fin est un rêve est que les enfant n’ont pas vieilli et porte le même linge que dans ses “souvenirs”, ce qui laisse croire qu’ils sont une fabrication.
Aussi j’aurais vraiment aimer que le beau père ramasse la toupi à la fin pour montré qu’il y une influence externe à son conflit et/ou que l’on mettent en doute de façon plus prononcé la validité du test du totem. Que serais-t-il arrivé si ce test ne permet plus de faire le test?
c13303
12 septembre 2010
05h56
Parce que c’est un vrai plaisir inaltérable que de gifler les masses. Et vlan !
whitraff
4 novembre 2010
08h26
J’avoue que quand tu es connu et un tant soit peu respecté pour ce que tu fais, ça doit bien défouler de dire le contraire de ce que tout le monde pense.
Cet article est stupide, un critique pense ce qu’il veut et dit ce qu’il veut.
Et attendez, c’est quoi ce film? Inception? Pourquoi il était considéré comme un film génial avant même sa sortie?
Ceux qui dépassent les bornes sont les producteurs et leurs fric qui font du cinéma une bête de foire. Alors on rabâche à quelqu’un qu’un film est top intello strange méga fou, et qu’au final on n’a rien de nouveau, oui y’a de quoi être déçu. Comme avec beaucoup de bons films de ces derniers temps.
ET aussi, vous ne trouvez pas que le cinéma américain se prend un peu trop au sérieux?
Marre de ces sujets bidons, de ces conversations qu’on ne pourrait pas imaginer un instant et qui n’ont pas une once de crédibilité….
Bref je suis d’accord avec le critique, pas les ignorants (moutons??) qu’ont besoin d’un avis avant d’aller voir un film.
whitraff
4 novembre 2010
08h30
‘Tain j’aurais du lire les discussions avant, y’en a qu’ont un sacré pet’ au casque pour se poser des questions sur la vie après avoir vu ce film !
Quand le titanic a sombré en 1998, vous aussi aviez ressenti l’impression de perde votre grand Amour? =)
unholy_ghost
4 novembre 2010
09h30
“Quand le titanic a sombré en 1998, vous aussi aviez ressenti l’impression de perde votre grand Amour? =)”
Absolument.