
Photo : André Pichette, La Presse
Le No Smoking Orchestra a tenu promesse hier soir en donnant un spectacle énergique et divertissant qui a fait vibrer l’imposante foule massée devant la scène TD sur la rue Jeanne-Mance (lire le compte-rendu de Marc-André Lussier ici). Mais derrière la musique festive se trouvait la célébration d’un nationalisme serbe aux connotations parfois déplaisantes, qui ne semble toutefois aucunement avoir affecté l’humeur des gens, imperméables au deuxième degré.
Je ne dis pas que les joyeux lurons des balkans voulaient imposer leur agenda aux fêtards, loin de là, seulement que l’identité politique est intrinsèquement et passionnément liée à tout artiste venant de ce coin de la planète. Emir Kusturica, cinéaste mondialement prisé et guitariste du groupe depuis 25 ans, a toujours entretenu une relation ambigüe par rapport à la guerre civile en ex-Yougoslavie. Originaire de Sarajevo, en Bosnie, il a choisi le camp serbe une fois le conflit déclenché et n’a jamais blâmé Slobodan Milosevic pour les atrocités qu’il a commises. D’ailleurs, encore aujourd’hui, près de la moitié des Serbes continue de jouer à la victime blanche comme neige et de porter aux nues des crapules comme Radovan Karadzic.
Le plus important allié des Serbes durant la guerre fut la Russie, qui a fourni du support financier, matériel, diplomatique et moral aux aspirations de Milosevic et de sa Grand Serbie. L’hymne soviétique qui a ouvert et fermé le concert d’hier n’est donc pas une boutade tout à fait anodine. Il en va de même lors de la présentation des musiciens, alors que le chanteur identifiait l’accordéoniste comme le «mondialement célèbre Slobodan Milosevic». Applaudissements nourris de la foule…
Certaines allusions à la fierté serbe étaient plus pointues, comme les réguliers interludes musicaux de Kusturica qui reprenait à la guitare le thème de La Panthère rose d’Henri Mancini. Il faisait référence ici aux Pink Panthers, un réseau notoire de voleurs de diamants originaires de Serbie et du Monténégro qui y sont perçus comme de vaillants Robins des Bois. À d’autres moments, les manifestations de patriotisme étaient plus concrètes, comme lorsque le chanteur, accoutré d’un costume d’homme-canon en spandex assorti aux couleurs nationales, a invité une danseuse sexy et peu vêtue à brandir le drapeau serbe pendant de longues minutes sur fond de musique langoureuse. Cette dernière et des musiciens affichaient simultanément le controversé salut nationaliste à trois doigts. Quelques minutes plus tôt, un drapeau yougoslave, soutenu par des ballons à l’hélium, flottait devant la scène : un pénible symbole pour de nombreux membres de l’ancienne république.
La seule fois où j’ai senti un début de commencement de malaise, c’est lorsque le chanteur a lancé avec sarcasme : «The next song is dedicated to the gay pride, I mean G8, same thing». Pour quelqu’un comme moi qui est originaire des balkans, ce genre d’analogie est tout à fait convenue. Les blagues à caractère homophobe sont monnaie courante dans les pays de l’est. Le placard, pour ainsi dire, y est barré à double tour. Si la foule n’a pas partagé ce trait d’humour douteux, elle s’est cependant livrée à coeur joie en répétant à s’époumoner le refrain de la soirée : «Fuck You MTV»! Une métonymie pour «Fuck You USA»? Je n’irais pas jusque là, même si ces paroles proviennent d’un groupe originaire du pays le plus anti-américain d’Europe. Une chose dont je suis certain cependant, c’est que la contagion du No Smoking Orchestra était assez forte hier soir pour revendiquer pratiquement n’importe quel écho.
À propos, pour en savoir plus sur le groupe, je vous conseille fortement Super 8 Stories (2001) d’Emir Kusturica, facilement un des meilleurs documentaires musicaux jamais faits.










charkie
6 juillet 2010
16h29
Texte très intéressant! Cela prouve que Kusturica peut bien faire de la propagande au Québec tant qu’il veut, les gens n’y verront que du feu, n’ayant pas assez de notions sur la serbie pour y comprendre quoi que ce soit.
guillaumeh
6 juillet 2010
17h46
Très intéressant comme article. Très drôle aussi que sa “propagande” n’aie pratiquement aucun effet possible ici, hormis celui d’horripiler des gens originaires de ce coin de pays, comme vous. Il serait intéressant d’avoir votre point de vue sur Underground, que j’avais trouvé très original et éclaté, mais dont la signification complète m’échappait très probablement, compte tenu du nombre élevé de références à l’histoire de ce pays dont je ne connais que les généralités.
lecteur_curieux
6 juillet 2010
17h52
J’étais sur le site du Festival… Non pas sur le parterre du show mais il y avait des écrans partout et je passais… Tout en me rendant vers le centre et j’entends cela :
” Fuck you Mtv. Are you ready ? Are you agree ? ”
Ok je ne suis pas dans le show… Mais je comprends clairement que c’est de la politique ou un artiste qu’on dit ”engagé”. Are you ready ? Are you agree ?
Maybe not really a été ma réponse mais j’étais pas DEDANS… Mais quelqu’un embarquant dans un show… Tu peux être en désaccord avec l’artiste au niveau politique ou peut-être être d’accord OUI ET NON. Mais pour le soir même… Tu peux bien lui répondre OUI.
Moi j’ai vécu cela comme une agression de sa part qui me dérange pas il est payé pour donner son show ! J’étais juste au mauvais endroit au mauvais moment mais j’ai aucune idée si j’avais à être d’accord avec ses idées politiques ou économiques ou sur MTV…
Le public est peut-être BIZARRE AUSSI !!! IL se fait insulter et en redemande… Et moi j’aurais eu peut-être des choses très négatives à dire… Je le connais pas et suis sur le site… Je ne VEUX PAS ALLER À SON SHOW ET J’AI RIEN PAYÉ… Je ne suis donc pas un spectateur averti et je subis… Très différent des … … s’étant présentés au show de Zorn , Reed et Anderson…
Pour le public présent du début à la fin ? Ils approuvent surtout le show ou en partie les idées politiques ? Il peut y avoir des deux. Est-ce que la foule et le public est intelligent ou nono ? Les deux encore. Est-ce qu’un artiste peut être naïf ? Souvent. Lui ? Je le sais pas. Il fait de la propagande ?
Moi j’aurais rien contre aller voir une artiste disons végétarienne et manger du gibier après son show… LOL… Peut-être pas en canicule… Pas avec elle…
Sur MTV … Est-ce qu’elle a nuit à la qualité de la musique oui ou non ? Et si c’était oui et non.
lecteur_curieux
6 juillet 2010
18h02
Et pour la politique du pays concerné ? Et si seul les gens originaires du coin de ce pays comprend vraiment ? Ou les spécisalistes de la politique ou les très curieux de la chose politique ?
Dans ses films, il est aussi un cinéaste engagé ? Alors je le sais pas, il faudrait peut-être deux critiques dans ce temps là… Une des critiques cinéma pour évaluer la qualité artistique et d’autres de gens et d’analystes politiques. Et vive la liberté d’expression !
bluebonnets
6 juillet 2010
18h13
Texte très intéressant. Simple curiosité, M. Siroka, de quel pays des Balkans êtes-vous originaire?
indie
6 juillet 2010
18h24
Bonjour M.Siroka,
À des fins d’objectivité et de transparence, il serait peut-être pertinent que vous nous informiez de quelle régions des Balkans vous provenez et quelles sont vos opinions politiques concernant cette région?
Merci.
Jozef Siroka
6 juillet 2010
18h38
@ bluebonnets
Je suis né en Croatie, mais j’ai des origines très diverses, un pot-pourri des balkans si on veut.
@ indie
Je ne crois pas que je me suis montré non objectif: quand tu fais le signe à trois doigts, ça n’invite pas vraiment à une analyse nuancée. il y a un texte qui va paraître dans La Presse sur la controverse demain ou après-demain.
entropie21
6 juillet 2010
18h41
J’ai assisté à une bonne partie du spectacle. Disons que Kusturica n’a pas le talent musical d’un Goran Bregovic (croate ????). Je me suis un peu ennuyé. J’étais assis à côté d’un anglophone qui disait avoir beaucoup de difficultés à comprendre le charabia de chanteur. Dans le fond il aurait bien pu nous dire que nous sommes tous des cons et nous aurions tous applaudis !
J’apprécie grandement vos explications de certains “insides”. Je crois que la majorité des spectateurs (ceux ne provenant pas des pays baltes) n’a pas été en mesure de compendre le 2e degré de certains propos. Encore un foi, très très loin d’un Bregovic
moton
6 juillet 2010
21h06
@ entropie 21
Vous confondez les pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) avec les pays des Balkans (Serbie, Croatie, Bosnie, Slovénie, Monténégro).
vlad_drac
6 juillet 2010
23h19
J’ai assisté au show et j’avoue n’avoir pas tout pigé ce que le chanteur nous balançait.
Quand il nommait les membres du groupe, je n’ai compris aucun nom. Je crois que ce fut le cas pour la plupart des gens, explicant pourquoi tout le monde a applaudi lorsqu’il a mentionné Milosevic.
Tout de même, très intéressant comme analyse, ça fait voir le show d’une perspective que je n’avais pas au départ.
lior
7 juillet 2010
05h33
Bonjour,
Je me sens obligé de répondre à cet ‘article’ qui m’est insupportable. Je suis franco-serbe, très attaché à mes origines et ce que tu écris me rappelle les mauvais souvenirs des années 1990 ou de grands penseurs poussés par une volonté (controversée, certains cherchant simplement à faire parler d’eux) de rétablir la vérité se fourvoyaient d’amalgames en raccourcis dans des analyses très orientées.
Pendant toute cette période, j’ai eu tellement honte d’être serbe, aujourd’hui j’ai la capacité de comprendre que c’est une guerre des mots, où deux propagandes se confrontent. Ici, les lecteurs te félicitent te remercient de ton analyse “tout à fait objective”… j’aurais envie de dire, les candides…
Ce qui est le plus amusant c’est que cet article me rappelle l’IMPOSTURE KUSTURICA de FINKIELKRAUT, l’Alain habité par la cause croate qui, dans une volonté d’ouvrir les yeux au Monde, s’est lancé dans une diatribe contre le palmé UNDERGROUND, dénonçant le caractère obscène (mais post-moderne) de la propagande serbe à la sauce KUSTU.
Ce que je te reproche essentiellement c’est l’amalgame que tu entretiens entre patriotisme et nationalisme… La question aurait méritée une analyse formelle et dépourvue de subjectivité de plus de 600 mots. Tu t’improvises politologue alors qu’il aurait pu être intéressant d’ouvrir le débat sur la nécessité d’affirmer autant son appartenance à une communauté.
mpaquet86
7 juillet 2010
07h26
Mr Siroka,
Je crois qu’avant d’écrire un tel article, je vous conseillerais de vérifier votre information. Je suis un Québécois qui vit à Belgrade. Je suis un peu mieux informé que vous sur les faits passés et présents en Serbie.
Comme l’a mentionné lior, votre article ressemble à une bonne vieille propagande anti-Serbe par un journaliste qui n’a aucune idée de la réalité des faits.
Laissez-moi rétablir quelques faits que vous n’avez, de toute évidence, aucune idée.
” il a choisi le camp serbe une fois le conflit déclenché et n’a jamais blâmé Slobodan Milosevic pour les atrocités qu’il a commises”
Emir Kusturica est un homme d’un sarcasme et d’un cynisme sans borne. Pratiquement tous les mots qui sortent de sa bouche ont un double sens. Mr Kusturica n’a jamais prit position clairement. Il s’est rangé dans son camps d’origine. Pourquoi n’a t’il pas dénoncé Slobodan Milosevic, alors Président de la Serbie ? C’est simple, Milosevic était un des 3 gros méchants loups. Savez-vous qui sont Franjo Tudjman et Alija Izetbegovic. Le premier était le Chef des Croates et le deuxième le chef Bosniaque.
Avez-vous entendu parlé du massacre de Srebrenica ? C’est le massacre dont Radovan Karadzic s’est fait mettre le blâme sur la tête. Beaucoup de Musulmans sont morts lors de ce massacre. Il est vrai que Karadzic et Mladic sont à blâmer pour cette acte inacceptable. C’est un côté de la médaille. Il est question ici de réactionnisme. Avant le massacre, plus de 20,000 serbes ont été assassinés, femmes et enfants violés et crucifiés sur les murs. Vous trouvez cela plus humain? Justifié? Ça, c’est l’élément déclencheur et l’autre côté de la médaille. Les événements des années 1990 dans l’ex-Yougoslavie sont un sujet vraiment sensible et qui exige une bonne connaissance des faits ‘avant, durant et après’. Ces connaissances, vous ne les avez points. Vous avez choisi un sujet sensible et l’avez traité d’une manière TRÈS subjective sans avoir traité des faits ou d’avoir considéré les 2 côtés de la médailles. C’était la guerre. Guerre est synonyme d’atrocité.. de violence.. Pour tous ceux qui sont impliqués. Je ne sais pas si c’est volontaire, mais vous venez d’écrire de manière dégradante et rabaissante sur une société dont vous identifié à Slobodan Milosevic. Vous avez étiquetté et jugé un peuple en les identifiant tous à un homme qui a pris de mauvaises décisions et plongé son peuple dans une période noir et difficile.
Je crois qu’en tant que journaliste, vous devez plus de respect aux sujets de vos écrits.
”«Fuck You MTV»! Une métonymie pour «Fuck You USA»? Je n’irais pas jusque là, même si ces paroles proviennent d’un groupe originaire du pays le plus anti-américain d’Europe”
Le plus anti-américain d’Europe ? C’est tellement facile de dire cela. Connaissez-vous l’histoire de l’ex-Yougoslavie ? La Yougoslavie a été un des rares pays à s’imposer comme un pays neutre. Durant la guerre froide, c’était le Bloc de Varsovie ou l’OTAN. La Yougoslavie, alors communiste, de Josip Broz Tito s’est maintenue au centre malgré des pressions des 2 côtés. La serbie d’aujourd’hui se maintient tant bien que mal au centre. La présence des 2 blocs de la guerre froide se fait sentir sur la scène économique. Il n’y a pas de préférence. Seulement un refus de s’étiquetter pays de l’ouest ou pays de l’est. C’est ça la fierté Serbe, Mr Siroka. La fierté serbe est celle d’un peuple qui s’assume et qui refuse de se faire engloutir par des grandes puissances. Un pays qui a beaucoup souffert durant près de 20 ans et qui commence à peine à se relever. Donc, votre citation est vraiment ridicule et démontre du très mauvais journalisme de votre part en ce qui a très aux sujets politiques et sociaux.
Je crois que vous devriez vous excuser pour avoir écrit un article purement subjectif contenant des préjugés et complètement privé de faits et citations supportant vos dires.
sultitan
7 juillet 2010
08h11
Je suis d’origine Czech mais un très mauvais patriotiste. Le patriotisme d’Europe De L’Est, j’en ai marre. J’étais au concert, mais dans un coin ou je ne voyais rien. Je n’ai rien vu des drapeaux serbes. Quand j’ai entendu le nom du président serbe, en fait ce n’était pas clair, je croyais entendre que le musicien partageait le nom du président serbe. Je me disais “je rêve, il ne doit pas avoir nommé le président”.
Le “gay pride”, je me suis dit, “bien coudonc, Kusturica n’est pas dans la bonne ville” (malgré que son costume faisait très gay pride). Je ne savais même pas que Kusturica était devenu serbe. Faut dire que serbe n’égale pas “monstre”. J’ai vu des films serbes très autocritique des événements. Je trouve normal qu’on prenne l’opportunité de demander à Kusturica ce qu’il a voulu signifié en faisant une blague sur Milosevic. Un journaliste, peut-être? En te cas, No Smoking Band, c’est pas le Taraf De Haidouks, qu’on se le dise!!
sultitan
7 juillet 2010
08h31
Ok, Kusturica EST serbe. Je pensais qu’il était bosniaque. C’est compliqué!! Je soulève la possibilité qu’il tente peut-être de redorer le blason serbe qui a été noirci pendant des années. Ce que je retiens, c’est que l’avant-garde n’a jamais été très politique (même quand Malevitch dessinait des petits carrés), alors quand on en est à revendiqué sa nationalité à tous les vents, c’est peut-être toujours le signe qu’on est un petit peu en arrière sur son époque.
sultitan
7 juillet 2010
08h43
Je me reprend. L’avant-garde peut être politique (Guernica), mais c’est rare qu’elle balance un drapeau politique précis. L’art et la propagande çà ne fait pas bon mariage.
blehq
7 juillet 2010
08h52
@mpaquet86
Après avoir lu le blog de M. Sikora et j’entends bien focuser sur le mot blog, j’ai pu trouver votre condescendance hors un de proportion pour quelqu’un qui nous explique que le texte de M. Sikora était trop subjectif.
Primo: Un blog n’a pas à être objectif, un article ou dossier dans un journal, oui.
Deuxio: je ne saurais remettre vos compétence d’histoire en cause, mais de la a vouloir commencer votre texte avec une phrase a mon avis aussi douteuse:
“Je suis un Québécois qui vit à Belgrade. Je suis un peu mieux informé que vous sur les faits passés et présents en Serbie. ”
Déjà en partant vous présentez un grave complexe de supériorité avec une argumentation faible et de mauvais goût. En aucune façon est-ce que d’habiter à Belgrade vous donne un droit de regard, de supériorité et de connaissance plus élevé qu’un autre. Bref, ca démontre en partant votre argumentations teinté de je ne sais quel haines ou frustrations qui vous a pris.
Tertio: En histoire, tout ce discute, même l’histoire elle même. Qu’il y ait différente opinions, interprétations et versions, aussi invraisemblable soi t’il, chaque personne a le droit d’exprimer a la limite de ses connaissances sont opinions des faits. Mais ensuite, ce que vous auriez pu faire en tant que gentlemen (women?) aurait été de rectifier le tir dans le respect des autres, mais vous avez décidé d’utiliser un approche frustrer et condescendante qui ôte toute crédibilité a votre texte et votre argumentation, aussi bonne soi telle.
Ainsi, n’étant pas un féru d’histoire des Balkans, je vous laisserai en débattre des faits. Mais ce qui me choque c’est la propension a viré dans l’insulte facile, la supériorité médiocre et la calomnie pour faire avancer un point de vue, qui autrement, j’aurais peut-être pris en considération.
sultitan
7 juillet 2010
09h15
Kusturica, originellement Bosniaque Musulman (sur papier), s’est fait baptisé Serbe Orthodox en 2005. C’est presque du “same thing”. On change le drapeau, on change l’église, la mentalité est semblable.
depalma
7 juillet 2010
11h09
Tant qu’à y être – Il y a aussi le film : «A Serbian Film» de Srdjan Spasojevic, avec l’acteur Srdjan Todorovic, qui jouait dans Chat noir, chat blanc de justement notre Emir Kusturica national
En gros, le long-métrage traite de la porno via le snuff (meurtres filmés en direct)
produit par d’anciens criminels de guerre…
Pour la petite histoire, ce film a été réalisé avec la bénédiction du «Film Serbia Center». Et jusqu’à maintenant, a traumatisé un nombre incalculable de cinéphiles dans de nombreux festivals… Bref si le coeur vous en dit «A Serbian Film» joue à Fantasia
http://www.excessif.com/cinema/actu-cinema/dossiers/a-serbian-film-le-torture-porn-qui-fait-scandale-5863797-760.html
sultitan
7 juillet 2010
11h31
Traumatisé par un film… C’est vraiment donner trop de pouvoir au cinéaste. Nenon, je sors de la salle parce que ton film me démontre que t’es un triple-idiot. Je préfère cela.
depalma
7 juillet 2010
11h48
@ sultitan
Vous prenez la mouche en traitant les autres de triple idiot ?
Et pour votre information personelle : Oui il existe des films qui traumatisent
Qui plus est, je n’ai jamais prétendu ou même défendu que «A Serbia film» est un bon film – Je ne l’ai pas vu et je n’ai pas vraiment envie de le voir Par contre, il faut se poser des questions lorsqu’on constate qu’un film aussi crade ait été produit par la «Sodec» ou le «Téléfilm Canada du pays en question…
Bref, n’oubliez de prendre vos pillules et bonne journée
philomuzi
7 juillet 2010
12h18
Je ne suis ni serbe, ni bosniaque, ni croate, mais bien québécois. Je n’ai donc pas vécu les horreurs de la guerre que ces nationalités ont subies Je ne suis pas davantage historien, et ne peut donc questionner les faits et les interprétations en jeu avec compétence. Mais j’aimerais tout de même soulever quelques points.
D’abord, il me semble qu’il faille s’interroger sur le mélange entre art et politique. Étant donné le contexte – festival de jazz de montréal, show de clôture, événement à caractère rassembleur – il me semble que Kusturica a dépassé le cadre de son mandat, qui était de faire de la musique et de divertir, non pas de promouvoir un nationalisme ou un patriotisme tirant vers la propagande. Le terme propagande est peut-être un peu fort, mais dans la mesure ou le lieu et l’endroit ne se prêtaient aucunement à un débat posé, calme, articulé, détaillé, interactif, présentant plusieurs partis, etc., les idées politiques véhiculées ne pouvaient se limiter qu’à des slogans, des formules toutes faites, des raccourcis, bref – rien pour éclairer les gens, et tout pour les orienter un peu trop pesamment.
Ensuite, art et politique sont parfois difficle à démêler, c’est vrai, et l’expression d’une certaine fierté nationale n’est pas toujours déplacée dans des contextes semblables – tant que cela reste dans certaines limites et se fasse respectueusement. Mais étant donné le contexte particulièrement sensible des événements politiques dont il est question (une guerre horrible !), les limites devraient être encore plus importantes. Kusturica aurait dû faire preuve de plus de retenu – mais bon, il semble que ce soit trop demandé au personnage. Les organisateurs de l’événement, toutefois, aurait pu exiger un show politiquement plus neutre, mettre des balises claires.
Aussi, même si j’ai trouvé particulièrement intéressant et éclairant l’article (ou le blogue) de M. Syroka, il est vrai que, de par l’origine de son auteur, un biais important pouvait s’y glisser. Disons qu’il marchait sur des oeufs particulièrement fragiles. En même temps, cela nous fait bénéficier d’un point de vue privilégié sur le contenu politique du spectacle de Kusturica. Peut-être un complément plus ‘objectif’ venant d’une politologue chevronné aurait été souhaitable.
Finalement, à quand une nouvelle entrée cinéma sur ce blogue ?
philomuzi
7 juillet 2010
12h23
M. Syroka
Ah oui, j’oubliais: j’aimerais bien vous entendre réagir aux commentaires que votre article a suscités.
P.S.: Félicitation par ailleurs pour votre blogue, que je lis assidûment.
vagabond22
7 juillet 2010
12h23
Attention à tous les lecteurs qui ne sont pas renseignés sur l’histoire des Balkans, ce n’est pas simple. Aux travers des époques chaques peuples de la régions à taper sur son voisin. Sans compter qu’il y a des Slaves, des Albanais, des Gitans,
des orthodoxes des Catho des musulmans. J’ai participé à deux documentaires dans l’ex-Yougoslavie et àmon avis, rien est tout à fait noir et rien n’est tout à fait blanc. M. Sicora j’ai rencontré des réfugiés de la Kraïna qui en avaent long à raconter sur de prétendus atrocités Croates.
Pour ce qui est du nationnalisme Serbe il est aussi décrié que le nationalisme Québécois. Un anglo pourrait écrire le même papier sur un film de Falardeau. Pour ma part il semble que la balance penche du côté du vainqueur et malheur au vaincu.
didier_billette
7 juillet 2010
12h52
Intéressant billet de M. Siroka,
J’étais au spectacle et je réagissais mal aux élans de patriotismes ( drapeau serbe) et à l’association G-Pride/G8… L’anglais n’étant pas ma langue maternelle et n’étant en mesure de comprendre la signification de certains signes (le salut à trois doigts), je réalise à quel point il est facile de faire faire et de faire dire n’importe quoi à une foule avec de la musique…
Le No smockin’ orchestra étant un groupe qui s’inscrit dans l’esprit punk, je mets un bémol toutefois sur certains signes fait par les musicients. Peut-être s’agissait-il d’irrévérences. Par exemple Jello Biafra des Dead Kennedy’s, faisant des imitations de preachers américains pouvait donner l’impression à un néophyte qu’il en faisait l’apologie alors qu’en fait, il faisait tout à fait l’inverse.
En tout cas, moi les drapeaux, surtout ceux de pays où il y a eu guerre civile, c’est pas mon fort. C’est très chargé symboliquement et ça va emmerder 10 personnes pour faire plaisir à une. (Comme les grosses motos, mais là je m’égare)
Jozef Siroka
7 juillet 2010
13h00
@vagabond22
Vous avez absolument raison, les balkans c’est TRÈS compliqué. C’est ce qui arrive quand un pays est formé artificiellement, avec autant de cultures et de religions différentes (regardez l’Irak après la 1re Guerre). Qu’on soit d’accord ou non avec ses politiques, Tito était là pour garder le couvercle sur cette marmite. Mais après sa mort, la tension a monté, et c’est là que mon père a dit à la famille, on part loin d’ici! Beaucoup de gens riaient de lui à l’époque…
@ mpaquet
Vous me prêtez des intentions qui ne sont pas les miennes. Je n’affirme pas que Kusturica, personnellement, était pro-Milosevic. Mais le fait est qu’il s’est lui même identifié comme Serbe après le début de la guerre (alors qu’il était jusque là un Bosniaque musulman) et qu’il n’a jamais blâmé la guerre sur Milosevic, malgré l’insistance des médias à connaître son opinion sur le sujet. Dans les pays de l’ex-Yougoslavie, il continue à être vu par beaucoup de gens, à tort ou à raison, comme avoir été un sympathisant de Milosevic. C’est un fait.
Maintenant, pour le commentaire sur «le pays le plus anti-Américain d’Europe». Encore là, il n’y a pas vraiment lieu à débat : la Serbie est le seul pays d’Europe depuis la Seconde guerre à s’être fait bombarder. NORMAL qu’ils ne portent pas les USA dans leur coeur!! Ce qui est comique, c’est que leurs voisins, les Kosovars albanais, sont, eux, les plus pro-Américains, pas seulement d’Europe, mais du monde entier. Quand je suis allé au Kosovo, on m’a fortement recommandé de porter des vêtements et des casquettes illustrées de symboles américains (et de ne pas parler serbo-croate dans la rue, bien sûr)!
D’ailleurs, j’ai une question pour finir : les affiches de Milosevic ornent-elles toujours le centre-ville de Belgrade, comme ce que j’ai vu lors de mon voyage il y a 5 ans?
matgagnon
7 juillet 2010
14h19
Je me permet de partager avec vous ce très intéressant documentaire de la BBC.(et le site en même temps)
Tout les protagonistes de la guerre y sont interviewé.
En bref, la guerre vu de l’intérieur.
http://topdocumentaryfilms.com/death-of-yugoslavia/
fredvincent
7 juillet 2010
14h34
Intéressant comme commentaires, surtout celui de mpaquet86. Par contre, que ce soit serbe, croate, kirghize ou hébreu, le nationalisme à l’excès mène toujours à des connerie de guerre comme en Bosnie. La fierté nationale c’est bon, mais à l’exces comme ce serbec c’Est de la connerie. Content de vivre au Québec. Vive le Québec!
pacolibre
7 juillet 2010
15h19
Nooooooooooon n’ouvrez pas la boite de pandore des Balkans !
pacolibre
7 juillet 2010
15h34
Votre pere conaissait bien l’histoire de la région…
Jozef Siroka
7 juillet 2010
16h04
@ pacolibre
On se connaît?
tikobrahey
7 juillet 2010
18h57
Je ne suis moi aussi qu’un observateur. J’ai jamais visité les Balkans. Tout ce que j’en sais, je l’ai appris par les médias ou les historiens. Et par les commentaires laconiques d’un ami d’enfance ayant servi en Bosnie comme soldat canadien pour l’ONU. Le mec ne s’en est d’ailleurs jamais remis…
Je ne dirai que ceci : comment jugeriez-vous un allemand qui relativiserait les actions des einsatzgruppen envers les ukrainiens lors du front de l’est ? Qui se défendrait en disant que les russes ont fait pire ? C’est ce genre mauvaise foi qu’on rencontre chez beaucoup de patriotes serbes…
sultitan
7 juillet 2010
21h19
DePalma, je ne vous ai pas traité de triple-idiot. Je parlais du cinéaste potentiel qui pourrait me choquer. Parfois les cinéastes sont fier de savoir qu’ils choquent. Moi, je questionne la pertinence de ce qui m’est montré, et si le cinéaste se vautre dans la violence extrême dans le seul but de m’impressionner, bien j’aurai de la misère à estimer ce cinéaste. Évidemment, il y a des contextes là-dedans. Un film d’horreur est pas supposé faire dans la dentelle. Mais c’est rare que le gore extrême donne un résultat intelligent. Je ne dis pas que çà arrive pas, mais… Le seul film dans ma vie où j’ai fermé les yeux est celui de Stan Brakhage sur les autopsies. Ce jour là, j’ai refusé de voir la réalité en face.
pacolibre
7 juillet 2010
21h20
Non, je voulais seulement dire que votre pere a eu le bon reflexe.
sultitan
7 juillet 2010
22h57
Le fait demeure: pourquoi avair lancé le nom de Milosevic sur scène? Quelle en était l’intention?? Étrange.
DePalma: Quand je disais “ton film”, je parle au cinéaste, n’importe lequel. Pas “ton film: A Serbian Film”, je ne faisais pas référence à un film précis.
Quand on dis que l’auditoire sort traumatisé par le film, en fait cela ne fait
que vendre la mousse. On se sert trop souvent de cette idée qu’un film traumatisant est peut-être supérieur à la moyenne. Être en désaccord
avec un cinéaste, ou avoir un problème d’éthique avec un film, ne veut
pas dire “être traumatisé”. Bref, je me méfie de spectateurs qui se
traumatisent facilement. Ne pas prendre le cinéma trop au sérieux.
beogradbrisel
8 juillet 2010
08h20
Bonjour tous, je vous envoie ce commentaire de Bruxelles…
(et si la Belgique éclatait…de rire, bien entendu!)
Il y a un vecteur dont personne ne parle jamais.
Et de fai, au fil des commentaires très interressants tous s’enfoncent dans la mélasse des Balkans…Qui, que, quoi, dont, où, combien de morts….
Ce vecteur est….l’humour….l’autodérision dont les serbes sont friands….il y a un marché à prendre, Emir ne se gêne pas et Nele Karajlic se fait plaisir!
Faut lâcher prise. Monsieur Siroka, votre article est interressant. N’ayez pas peur quand 3 doigts se lèvent. Kusturica ne sera (croisons les doigts, cette fois) jamais président!
p.s.: Il n’y a pas trace à Beograd et en Serbie de Milosevic….pas comme de Clinton à Pristina)
Bien à vous