Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mercredi 30 juin 2010 | Mise en ligne à 15h45 | Commenter Commentaires (54)

    Qui sont les stars d’aujourd’hui?

    George Clooney et Cary Grant.

    George Clooney et Cary Grant.

    Avec la sortie cette semaine de la comédie d’action Knight & Day, on souligne le retour sur grand écran de celui qui fut pendant une longue période la plus grande vedette du monde : Tom Cruise. Le fait que son film n’a pas fait sauter la banque ne surprendra personne : les stars – tant celles qui sont établies que les has-been – ne garantissent plus le succès au box-office depuis plusieurs années. Pourtant, elles existent et continuent à occuper un rôle fondamental dans le façonnement de l’image hollywoodienne, l’atout le plus précieux de l’industrie.

    Chez Cinematical, on a analysé la liste des acteurs qui ont rapporté le plus d’argent en carrière jusqu’à présent pour tenter de déterminer qui est l’héritier de Tom Cruise. La réponse n’est pas si simple. Les deux premiers noms, Tom Hanks et Eddie Murphy, doivent leur place enviable en grande partie à leurs voix (les méga-franchises Toy Story et Shrek). D’autres personnalités, comme Harrison Ford (#3), Samuel L. Jackson (#7), Bruce Willis (#8), ou Julia Roberts (#12), n’ont pas porté de hits sur leurs épaules depuis longtemps.

    On peut dire que, parmi les mieux classés sur la liste, Will Smith (#9) et Johnny Depp (#11) ressemblent le plus à ce qu’on peut définir comme stars contemporaines. Au-delà de leur rentabilité, ils dégagent ce rare charisme capable de séduire tant la gent féminine que masculine, les jeunes et les moins jeunes, les Nord-Américains et les Sud-Asiatiques, etc. Dans cette catégorie, on retrouve également Matt Damon (#21), Brad Pitt (#28), Robert Downey Jr. (#47) et Leonardo DiCaprio (#62).

    Mais si je devais choisir l’ultime superstar de notre époque, celle qui m’incite à voir ses films de par sa seule présence au générique, ce serait George Clooney (#79). À mon avis, il est le seul acteur de sa génération qui dégage cette prestance, cette classe, cette aura qui caractérisaient les principales figures du star system de l’Âge d’or d’Hollywood.

    En même temps, il est très différent des Cary Grant, Gregory Peck ou Henry Fonda à qui on le compare régulièrement. Comme l’argumente un portrait largement cité publié dans Time il y a deux ans, Clooney est très calculateur : il s’amuse à jouer la star, et ce, davantage en public que sur grand écran. Il refuse de suivre les règles du star system, de devenir une marque, comme Tom Cruise l’a été durant sa période de gloire (avant de très publiquement perdre les pédales).

    Clooney est en somme une star post-moderne; constamment au courant de son propre statut, il s’en dissocie et le commente à sa guise. Il vit sa célébrité sans effort et de manière si désinvolte parce qu’il sait exactement ce qu’elle représente et comment s’en servir. Comme le conclut l’article de Time, «Clooney est une star de cinéma parce qu’il est le plus heureux lorsqu’il contrôle comment tous ceux qui l’entourent se sentent».

    Pour avoir rencontré Clooney à quelques reprises, je confirme ce que tout le monde dit à son propos : il est la star la plus terre à terre et la plus sympathique qui soit. Lors du tournage à Montréal de son premier film, Confessions of a Dangerous Mind (2002), il louait régulièrement le Buonanotte pour y divertir son équipe et ses amis VIP. Je n’étais qu’un busboy, pourtant il m’appelait toujours par mon prénom, m’invitait à joindre sa compagnie, me payait des verres, semblait vraiment écouter ce que j’avais à dire et laissait des pourboires particulièrement généreux. Il était la célébrité préférée des vétérans du resto-bar, qui en ont vu bien d’autres. Tout le monde l’aimait et il rendait cet amour en retour – notamment à une des serveuses à qui il a donné un rôle dans son film. Contrairement à la plupart des stars, ce qui stimule Clooney par dessus tout lorsqu’il rentre dans une pièce, ce n’est pas le fait d’impressionner les gens en tant que star, mais en tant que personne tout court. C’est là, je crois, le rôle dont il est le plus fier.

    L’Américain

    Dans son prochain film, qui prendra l’affiche le 1er septembre, Clooney incarne an tueur à gages qui se rend en Italie pour un dernier contrat. The American est le deuxième long métrage d’Anton Corbijn, qui nous a offert il y a 3 ans Control, un poétique biopic sur le chanteur de Joy Division.

    À lire aussi :

    > Tom Cruise : il était une fois une superstar
    > Le déclin des stars


    • En ce qui me concerne, Clint Eastwood et Morgan Freeman resteront probablement toujours mes acteurs favoris, et Eastwood un gage de qualité

    • Personne n’est plus big que Patrick Huard en ce moment, tout le monde le sait. Le duo Huard-Canuel est le Stewart-Hitchcock des années 2000.

    • http://www.toptenz.net/top-10-most-successful-actors-at-the-box-office.php
      1. Samuel L Jackson
      U.S. Gross – $4,458,983,764
      Worldwide Gross – $8,640,150,950

    • Juste comme ça en passant, Anton Corbijn est depuis toujours le “visuel” de Depeche mode.

    • La plus grande star n’est pas un acteur. C’est Pixar. Collez ce nom sur l’affiche et vous êtes sûr de faire du profit.

    • Hm… qui de unholy_ghost, cinematographe, rafc, astyanax et compagnie sera le premier à citer Mythologies de Barthes ou Les stars d’Edgar Morin?

      Questions ouvertes : Les effets spéciaux (3D, stéréoscopie…) ont-ils tués la star de cinéma? Pas parce que les personnages animés remplacent les vrais acteurs, mais que ce qui fait déplacer les foules, ce sont les effets visuels et les gadgets?

    • tout à fait d’accord avec vous jozef, clooney est le seul acteur que je vois comme une “star”. sinon, en terme de gage de qualité, brad pitt s’en tire très bien aussi…

      robert downey jr, bien qu’il travail dans des films assez moyens, est aussi un gage de divertissement assuré.

    • Intéressant ce débat, à mon avis le seul acteur actuels qui m’oblige à aller voir leurs films de par est présence est Sean Penn. Il n’est peut-etre pas aussi beau que les Clooney ou Pitt, mais pour ce qui est du charisme et du jeu d,acteur il est loin devant. Malheureusement (ou heureusement) pour lui il n’est pas une véritable star hollywoodienne. Des gars comme Ed Norton ou Daniel Day-Lewis sont un peu de la même trempe, je suis toujours intrigué de voir leurs nouveaux films.

      Sinon Dicaprio est en voie d’entrer parmi les grands.
      Pitt, Clooney et Depp sont du même calibre ca dépend vraiment des styles.

      Je ne comprends pas les présences de Robert Downey et Will Smith

      Bourbon

    • désolé pour les nombreuses fautes d’orthographe…clavier portugais

    • Il y a une motif intriguant dans Out of sight: un couple interdit (il est un voleur, elle est la détective qui lui court après) joue à personnifier des “gens ordinaires” qui flirtent dans un bar où ils se sont rencontrés au hasard. Il y a exactement la même scène dans le récent Up in the air. Clooney a cette aura particulière: être à la fois une star glamour à l’ancienne et le gars ordinaire. En fait, il est difficile de dire si cette “vraie personne” n’est qu’un rôle de plus, un miroir aux alouettes, qui fait qu’il prend encore plus de valeur auratique (dans “la croisière du sang bleu”, Barthes analyse justement comment le fait de nous montrer leur côté ordinaire fait des stars et des rois des êtres à part, olympiens, si proche et si loin de nous, comme Céline Dion qui nous montre son côté maman de tous les jours ce qui est un mythe).

      En tous les cas, c’est une star fascinante.

      PS: Je serais curieux de savoir combien de fric ont rapporté les films de Jeff Goldblum.

    • Frederic, j’ai posté mon commentaire avant de lire le tien, je te jure!!!! On devient prévisible avec l’âge…

    • Je viens de me rendre compte que mon premier paragraphe ne concordait nullement avec le reste, je viens de le réécrire. Désolé pour cette erreur d’attention.

    • “Questions ouvertes : Les effets spéciaux (3D, stéréoscopie…) ont-ils tués la star de cinéma? Pas parce que les personnages animés remplacent les vrais acteurs, mais que ce qui fait déplacer les foules, ce sont les effets visuels et les gadgets?”

      Oui et non. Il est clair que le cinéma de personnages n’a plus le haut du pavée et qu’on se dirige vers un cinéma attractionnel et énergétique (à mi-chemin entre le jeu vidéo, les montagnes russes et le cirque flavien). Mais souvent, ce qui rend possibles les images de synthèses et leur donne un poids de réalité, c’est souvent le corps de l’acteur, sa prestance, etc.

    • J’aime bien Clooney comme choix. A ca j’ajouterais ses co-vedettes d’Ocean eleven. Matt Damon et Brad Pitt.

      Un genre de Rat Pack des temps modernes.

      Ensuite t’a les vieux comme Eastwood ou DeNiro sauf qu’ils sont plus des légendes que des grosses vedettes mais bon, ils se qualifient.

      Un autre également qui est vraiment rendu une grosse vedette c’est Adam Sandler. Ca fait vraiment longtemps que ce gars-la est au top.

      Chez les femmes et bien je pense que les Drem Berrymore, Julia Roberts et Angelina Jolie sont pas mal le top des ‘vedettes’.

    • Faut croire que j’ai perdu la course. Serait-ce l’âge de ghost qui m’a devancé? Sinon, ce sont véritablement les billet de Jozef qui sont parfaitement synchrone avec ma lecture sporadique de Barthes ! aujourd’hui, ça portait sur le Visage de Garbo. Pour suivre la logique, les prochains billets devraient porter sur le Strip-tease et le Music-Hall !

      C’est un visage-objet-masque que Roland voit en Garbo, ici neigeux, là farineux comme chez Charlot; un visage archétypalement humain, désexué, qu’il oppose à celui d’Audrey Hepburn, individualisé, unique, morphologiquement complexe; celui finalement de toute star moderne.
      C’est notre ami Ankh, j’en suis sûr, qui saurait parler admirablement de cette perte de l’archétype du visage de la star. Dans le moderne, je ne sais trop pourquoi mais c’est au visage du mystérieux personnage du “petit” manitou fardé de Lost Highway auquel je pense … sorte d’Idée magique, présence presque inhumaine mais pleinement effective; ou alors qui sinon personne aujourd’hui ne se rapproche ou est filmé tel Greta Garbo?

    • Bon évidemment je ne répond pas à la question! La star qui me fait voir un film inconditionnellement est Meryl Streep ! oui j’ai vu Mamma Mia !

    • Ghost a sans doute en mémoire Beyond Therapy ! (que je trouve très drôle d’ailleurs).

    • Le meilleur c’est Julien Poulin.

    • @rafc. Présent! L’archétype du visage de la star, dites-vous? Je ne sais trop si je puis en ”parler admirablement” car tout ceci est si subjectif. Si j’emprunte à Jung, l’archétype serait une image fondamentale ou primordiale qui fait partie d’un bagage commun aux cultures humaines. Et, puisque le cinéma est fait d’images et qui plus est en mouvement, il a l’avantage comparativement à d’autres formes d’expression artistique de pouvoir créer des archétypes qui durent dans l’inconscient collectif à un point tel qu’ils en deviennent presque des mythes où le conscient et l’inconscient se perdent. Comme dans un rêve. Le tee-shirt blanc de James Dean et sa veste en cuir sont devenus des archétypes dans l’inconscient collectif. De même que la robe blanche de Marilyn Monroe au dessus de la bouche d’air. Ou encore le chapeau de cow-boy de John Wayne. Et, oui cher rafc, le visage d’Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany’s (la scène fameuse ”How do I look?”) est un archétype.

      Ce n’est pas seulement l’archétype du visage de la star qu’on a perdu dans le cinéma contemporain, mais aussi, sauf quelques rares exceptions, tous les archétypes qui donnaient sa richesse et souvent même son aura de mystère au cinéma d’hier. Dans l’entrevue au Time, George Clooney dit avec raison que Clark Gable ne serait plus Clark Gable aujourd’hui, avec toutes ces chaînes de divertissement 24 heures (comme un Couche Tard où on vend de tout). En violant ainsi l’intimité des stars, on a profané leur mystère. On les rendues mortelles. Ordinaires. Aujourd’hui, contrairement à hier, on gave le public d’images à répétition de ces stars dans la rue, à des matches de basket, dans les bars, etc. On lui donne tout à voir et on lui suggère même quoi penser. On emballe, on diffuse à grande échelle et on vend. L’usine à rêves ne fait plus rêver. Le public sait des mois l’avance le prochain film dans lequel son acteur favori jouera et il a même droit à des clips diffusés sur la grande toile. C’est plus que le mystère qui est disparu, c’est la surprise. Le public est gavé comme une oie tant et si bien qu’il en est venu à n’être qu’un simple consommateur et non plus un spectateur qui se donne le droit de rêver, de penser et de s’émouvoir PAR LUI-MÊME.

      Et encore, l’offre est tellement grande que le public n’aura pas le temps d’absorber ce film que de nombreux autres lui seront suggérés sinon presque imposés par les agressives campagnes de marketing des studios. À son époque, Vincente Minnelli a réalisé de remarquables comédies musicales dont le chef-d’oeuvre, An American in Paris. Même si les producteurs l’ont sans doute bousculé, il a pris son temps pour parfaire son film et Gene Kelly (un perfectionniste maniaque tout comme Fred Astaire) a pris tout son temps pour parfaire ses géniales chorégraphies. Aujourd’hui, quelles sont les comédies musicales qui valent quelque chose? Chicago ou Moulin Rouge? Tu parles! Comme chorégraphies, c’est pas terrible. Les dernières comédies musicales qui valaient quelque chose, ce sont les films de Fosse, ancien danseur de la troupe d’Ann Miller, soit dit en passant. Une grande école.

      C’est drôle, mais quand je songe au cinéma contemporain américain (car le sujet du billet, ce sont les stars, après tout), mon baromètre personnel pour mesurer l’étendue du désastre, ce sont les musicals. Pourquoi les musicals plus que d’autres genres cinématographiques? Parce qu’on peut boucler un western, un romance movie, un drame psychologique et même un film du style 2012 en quelques semaines. Mais pas une comédie musicale! Parce que ça prend du temps. Du temps que le cinéma ne prend plus. Saviez-vous combien de prises Astaire prenait avant d’être satisfait? Ou Kelly? C’est vertigineux, je vous assure. Et il s’agissait d’une prise parmi des dizaines d’autres. La presque absence des musicals du paysage cinématographique n’a pas trait au manque de demande du public. La demande, ça se crée et les as du marketing des grands studios savent y faire. Ce vide s’explique, selon moi, par la paresse, la facilité et trop souvent l’appât du gain.

      Quand on a demandé à Gene Kelly ce qu’il pensait de Michael Jackson, le danseur, il répondit poliment et de manière toute diplomatique qu’il avait beaucoup de talent, mais que ses chorégraphies pouvaient être plus travaillées. Manière de dire qu’il ne prenait pas le temps voulu pour parfaire cet aspect vital de son art. Pas le temps, bien sûr. Et quand tu ne prends pas ton temps, jamais tu ne pourras traverser le temps pour devenir un archétype sinon plus. Bon, je pense que je vais aller visionner quelques numéros dans lesquels ma danseuse préférée, Vera Ellen, danse, tantôt avec Kelly, tantôt avec Astaire. :-)

    • Je vais dire comme ankh, de nos jours on voir les vedettes tellement partout a tout les jours dans les médias, en vacances avec leur famille, a Entertainement tonight en train de tourner une scène de leur prochain film, dans les émissions de type Star-o-mètre a Musimax, sortant saoul d’un bar a trois heures du matin a dire des fuck…this, fuck… that, dans les “making of” de leurs films, en plus de toutes leurs histoire de vie privée étalé sur la place publique genre Sandra Bullock, etk y’a pu grand chose de mythique avec eux autres.

      A l’époque de l’age d’or ,les studios auraient jamais permis ca.

    • @teddybear. Exactement Teddy, ”les studios auraient jamais permis ça”. L’une des choses qui me fascine dans ce cinéma d’hier, c’est que les acteurs étaient, d’une part, les ”créatures” des studios, et que, d’autre part, ces mêmes acteurs avaient un caractère et une personnalité hors normes que peu d’acteurs contemporains possèdent. Essayez un peu de faire entendre raison à des têtes de cochon comme Spencer Tracy, Humphrey Bogart, Katherine Hepburn, Bette Davis, Joan Crawford, Kirk Douglas, Marlene Dietrich, Ava Gardner, Ingrid Bergman, Alec Guiness et j’en passe des dizaines. Se pourrait-il, qu’à l’exception de Clooney (qui a choisi la dérision et l’humour comme refuges) et de quelques autres, les acteurs contemporains, obnubilés par un seul succès commercial ou surfant sur leurs frasques médiatisées, ne sont au fond que des coquilles vides?

    • @Jozef Siroka:
      “Lors du tournage à Montréal de son premier film, Confessions of a Dangerous Mind (2002),”

      Je suppose que tu veux dire son premier film à Montréal, mais pas son premier film, car j’ai vu des films de lui avant ça et sur IMDB son premier film est en 1987 et avant ça à la télé depuis 1978.

    • @ lepoete

      Pardon, son premier film comme réalisateur.

    • Les stars, c’est désuets comme terme, on devrait plutôt parler de célébrités. Pour Morin (juste pour vous frederic!) les stars étaient demi-dieux, demi-humains, des hommes en voie de divinisation. Je n’ai pas lu Barthes (bon, je sais, je ne mérite pas mon diplôme), mais ce que paraphrase ghost (bon retour!) me rappelle drôlement l’aura de Benjamin, ce “à la fois si proche et si loin” étant près de cet “unique apparition d’un lointain, si proche soit-il”. Or, la perte de l’aura correspond à un processus d’appropriation, où la masse se rapproche de l’oeuvre. Même processus pour les stars, qu’il faut rapprocher de nous le plus possible pour mieux les consommer, d’où le côté humain qui supplante, et de loin, le côté divin. La multiplication des potins correspond à ça, ce désir de mettre ses stars à hauteur d’homme, en montrant qu’elles sont “comme nous”. Il y a aussi là-dedans ce bon vieux rêve américain du “on peut tous parvenir au sommet”, ce qui est plus facile à faire croire si ceux qui sont au sommet se font passer pour des hommes plutôt que des dieux.

      Mais que reste-t-il de toutes ces stars si leur aura divine est arrachée? Que des images vides, dénuées de fonction cultuelle, toute propice à la consommation. Et c’est ça finalement une célébrité, quelqu’un dont l’image traîne partout, un peu par hasard, seulement parce qu’elle se trouve sur la scène médiatique.

    • Clint Eastwood est probablement la seule “star” hollywoodienne vivante qui me ferait voir un film basé uniquement sur sa présence. Sinon à la génération actuelle, Johnny Depp et Robert Downey ont le plus haut % de bonus dans mon choix d’un film à voir. J’ai souffert à regarder deux des trois “Pirates” juste pour voir Depp, c’est tout dire, j’en ai encore des cicatrices. Et si ce n’était de Downey, l’intérêt de voir un Iron Man serait bien mince…

    • Samuel L Jackson is the world’s highest grossing actor and his movies have made over $8.5 billion dollars worldwide. Samuel is different from many actors on this list and has played smaller character roles in many blockbuster films. You may argue that he doesn’t deserve the top spot over leading actors who have appeared in fewer films. Although, Samuel L Jackson has been the busiest man in Hollywood for the last twenty years and should be commemorated for appearing in so many famous motion pictures, over 70 productions in all. Movies that he has appeared in have an average gross of $57,166,459 million dollars. As you would expect, Samuel L Jackson will be appearing in some upcoming features, including Iron Man 2, Quantum Quest: Cassini Space Odyssey, and Blown. He is well aware of his sales record and is continuously trying to land roles in the year’s biggest blockbuster hits.

    • Merci Cinématographe. Effectivement, demi-dieux est un bon terme. J’ai croisé des statues à Rome qui avait exactement la même gueule qu’Elvis Presley (en l’occurence, je peux regarder n’importe lequel de ses nanars tant ce génie inculte me fascine): http://amolife.com/image/images/stories/Art&Abstract/most_popular_sculptures%20%2810%29.jpg

      Ce que les “célébrités” d’aujourd’hui ne comprennent pas, trop occupées à vendre leur image, c’est que le propre des stars n’est pas d’apparaître (ça c’est plutôt le propre des monstres) mais de disparaître (comme Garbo, Bobby Fisher ou Diane Dufresne), différer ses apparitions, entretenir l’aura qui vacille à l’horizon. C’est d’ailleurs pour cela que les seules stars qui nous restent sont ceux qui disparaissent trop tôt (Ian Curtis, Kurt Cobain, Hugh Ledger) et les acteurs de série B oubliés (ceux que Tarantino ressucite).

    • Anhk nous fait bien réfléchir. Cette perte du corps (non pas disparition bénigne) qui se joue par une paresse (non par une désinvolture – qui reste très cinématographique) est immanente. Jozef nous fait remarquer que les acteurs les plus chèrement payés le sont pour leur voix uniquement; alors qu’il y a un siècle, Valentino ne l’était que pour son corps muet. Patience et prouesse investissent maintenant la technique: on s’impressionne de plan-séquences biens orchestrés, d’images de synthèses biens réalisées … Ce que le Musical (ici, “admirablement” analysé par Ankh) offrait/offre, c’est la familiarité immédiate de la prouesse. On peut facilement rêver d’accomplir les dances d’Astaire, alors qu’il nous est aujourd’hui impossible de s’imaginer réaliser une film de synthèse à nous tout seul ! il nous faudrait l’armée anonyme.

      Cinématographe. Il faut ajouter à cet affaiblessement de l’Aura, la perte du caractère indiciel de la pellicule qui fait de ses images de véritable traces. Même si il est de bon ton de ridiculiser cette ‘religion de la trace’, comme par exemple chez Laurent Jullier, je reste persuadé de l’importance des effets de cette perte au profit du numérique (que j’adore aussi pour d’autre raisons…).

    • Alors, qui sont les vraies Stars aujourd’hui? Les Cinéastes ?! Tarantino, Cameron, “pixar” …. eux savent disparaître.

    • Oui, les cinéastes, ce sont les seuls qui me font aller au cinéma. Voir Johnny Depp dans un mauvais film ne m’intéresse absolument pas, alors que je vais voir les mauvais films d’un grand cinéaste. Mais ce comportement est minoritaire, tant la masse n’est plus du tout cinéphile. À mon vidéo-club du coin, semi-répertoire, il n’est pas possible pour le caissier de faire une recherche par cinéaste et de toute façon il me demanderait d’épeler le nom, même celui qui vient de gagner la Palme d’or (bon, ok, mauvais exemple)…

    • Entièrement d’accord concernant Clooney. Rare sont les acteurs et actrices qui transcendent l’écran et qui possèdent un charisme hors du commun. Du côté des dames, il y a bien Jodie Foster mais du côté des hommes, mis à part ce cher Georges qui nous ferait même apprécier une pub de dentifrice, il y a peut-être Eastwood ainsi que Willis ou Anthony Hopkins mais très peu sont de cette “race”. J’ajouterais au final Robert Redford et une mention honorable pour Damon, Pitt et Downey Jr. en ce qui concerne la relève.

    • @ghost

      C’est souvent ca le truc pour reconnaitre les bons clubs vidéos des moins bons. Les bons classent leurs films par réalisateurs tandis que les moins bons les classent par acteurs.

    • Je pense qu’il les classe plutôt par genres et par la couleur des pochettes…

    • @ ghost

      Un des rares acteurs qui me pousse à voir ces films peu importe le cinéaste ou le «buzz», c’est Steve Buscemi. Deux de ses films que je n’aurais jamais pensé louer sans son nom sur la pochette sont Delirious et Interview. Deux très belles découvertes, en particulier le dernier, qu’il a aussi réalisé.

    • Les stars aujourd’hui, ou ce qui amène le public devant un écran, c’est plus le film à high concept comme on dit en latin. C’est par exemple les films de super-héros: lorsqu’on fait Spiderman, on se demande qui pourra bien jouer l’homme-araignée, ou aujourd’hui qui pourra remplacer Tobey Maguire. Si on peut se poser la question, c’est qu’en fait ces acteurs sont interchangeables, alors qu’avant on écrivait un scénario en disant “voilà, c’est pour Cary Grant”. La star d’aujourd’hui s’efface derrière Spiderman. Ou derrière les effets spéciaux, dans le cas de trucs comme Clash of the Titans, qui a eu un bon succès au box-office parce qu’il est en 3D. Il y a quelques cinéastes qui peuvent être considérés comme des stars, mais ils sont rares. Christopher Nolan serait un bon exemple: quand on parle d’Inception, malgré la distribution prestigieuse, c’est lui qu’on nomme en premier, on dit que c’est le film du réalisateur de Memento et Dark Knight plutôt que le film avec le gars qui jouait dans Titanic.

      Question comédie musicale, je crois que nos films d’action contemporains sont l’équivalent des comédies musicales d’antan, ces scènes d’action étant des chorégraphies qui en général sont une suspension de la narration. Le côté physique de ces scènes s’est perdu avec le CGI, la comparaison tient moins bien, mais il est quand même dommage qu’on ne prenne pas plus au sérieux ces séquences qui sont en fait de purs moments de mise en scène, de déplacement de corps et d’objets dans l’espace. Hong-Kong est roi dans ce domaine, des productions des frères Shaw jusqu’à Johnny To, Hollywood devrait aller piger un peu de ce côté là.

    • @ghost

      C’est vrai. Habituellement c’est par genre et ensuite par acteur. Example, dans la section film d’action t’a tout les films de Stallone, a côté ceux de Dolph Lundgren, ensuite ceux d’Arnold, et Jason Statam etc…

      @jozef

      Parlant de Steve Buscemi… J’ai pogné Ghost World sur le câble cette semaine. Ce n’est pas nouveau mais je ne l’avais jamais vu. C’est vraiment très bon.

    • “avec le gars qui jouait dans Titanic”

      Excellent! Tu parles du petit blond, c’est quoi son nom déjà?

      Et bonne comparaison comédie musicale = film d’action.

      Il paraît que la nouvelle star s’appelle Kristen Stewart, c’est ce que j’ai lu hier sur les magazines à mon supermarché… Normal, elle ressemble aussi beaucoup à Elvis et sa fille: http://www.iwatchstuff.com/2008/12/03/kristen-stewart.jpg

    • Drôle de coincidence, Georges Clooney est aussi la seule star que j’ai rencontré en personne, disons, très brève rencontre derrière un resto où je passais par pur hasard (il était sorti prendre l’air, je crois). En fait j’ai vu d’autres stars dans des contextes où je n’étais pas seul. Georges avait souris à ma surprise, éberlué, me demandant “coudonc, ça se peut tu?”. Il a bien vu que je n’étais pas un paparazzi.

      Mais bon, Georges selon moi n’est pas un granmd acteur, il est populaire à cause de son charme. Si j’avais eu de quoi à dire à Georges, j’en aurais profité, l’occasion était idéale, mais je n’avais rien à lui dire. Que dire à Georges Clooney? Il m’a saluer le premier, ce que jamais dans ma vie j’aurais imaginé une star faire, mais je suis resté avec le ferme sentiment que j’avais rien en commun avec cet homme.

    • En passant, pourquoi les stars à Montreal vont toujours sur le boulevard St-Laurent?? D’où vient ce pushing de la part du milieu du showbizz (”Madonna! Viens t’ens!! Tu dois absoluuument aller manger au Time Cafe” WTF!!??) C’est tellement nul, St-Laurent. Moribond, qu’avait suggéré Cassivi lors d’un article sur Ex-Centris.

    • Buscemi ne compte pas, c’est un acteur-cinéaste. Les acteurs-cinéastes sont des être à part (sauf Patrick Huard, mais peut-être n’est-il ni l’un ni l’autre).

      PS: Excellente anecdote Sultitan. Je me suis moi-même incapable de parler avec n’importe quelle vedette, surtout si je l’admire. J’ai la désagréable impression lorsque je leur parle d’être mon propre spectateur dans la salle en train de me regarder sur l’écran et désapprouvant totalement ma conduite…

    • Ce que je remarque, surtout, c’est que les “stars” sont rarement des acteurs. Dans le sens versatile, capable d’entrer dans différents types de personnage.

      La plupart sont appréciés du public (donc des producteurs) pour ce qu’elles dégagent comme tel, en tant qu’humain.

      Un type comme Robert Deniro dégage physiquement quelque chose de très spécifique. De même pour Scarlett Johansson, Christopher Walken, Dany Trejo, Gérard Depardieu, et des centaines d’autres…

      Ils sont pris pour ce qu’ils sont, pas vraiment pour ce qu’ils peuvent acter. D’ailleurs, souvent des personnages sont écrits en fonction d’acteurs précis. Et ces acteurs sont prisonniers d’un type de rôle défini parce que c’est tout ce que le public attend d’eux réellement.

      Je pense que le star-system est (était?) basé là dessus que les gens se rendent compte de la limite des acteurs-typés (qui donnent inévitablement des films typés aussi..)

    • Et ces acteurs sont prisonniers d’un type de rôle défini parce que c’est tout ce que le public attend d’eux réellement.

      Exact, Henry Fonda quand y’a tourner Il était une fois dans l’Ouest, parait que le public américain avait été choquer par son role, trop habituer a le voir jouer les bons gars au cinéma américain.

      C’est peut etre les réalisateurs et les producteurs aujourd’hui les stars, quand on nous vend un film via la bande-annonce c’est toujours…From the producers of the x movies and the director of the y movies…Leonardo Di carpio is….etc.

    • Eric Canuel = Alfred Hitchcock
      LOL!
      On aura vraiment tout entendu ici!

    • @cinematographe et unholy_ghost. Sauf votre respect, je diffère totalement d’opinion avec vous sur cette comparaison ou plutôt ce parallèle entre films d’action et comédies musicales. Tout d’abord, par définition, la musique constitue un élément fondamental de tout musical. Elle fait corps avec la danse et en cela est indissociable de celle-ci. De fait, il existe une symbiose presque charnelle entre musique et danse. Comme dans le ballet classique. Dans ces films d’action auxquels vous faites référence, il y a un indéniable élément chorégraphique dans les nombreuses scènes de combats parce que c’est de cela dont il s’agit presque exclusivement. Cependant, je n’entends pas de musique. Des cris, oui. Des geignements et grognements. Le son des coups qui sont assénés. Parfois même des frôlements de tissus et le choc des armes. Mais pas de musique. Et le son, ce n’est pas de la musique. Je suppose que Monsieur de Sainte-Colombe dirait la même chose! :-)

      Je crois qu’on ne doit pas mêler deux genres si différents. Qui plus est, dans tout musical, il y a de nombreux numéros de chants qui vont de pair avec la musique et la danse. À ce que je sache, les productions made in Hong Kong ou plus largement made in China (ex. : j’ai adoré House of the Flying Daggers et les éléments chorégraphiques sont très travaillés, mais ce n’est pas un musical) ne comportent pas des têtes d’affiche qui sont des chanteurs. La comédie musicale est un genre tout à fait à part et qui se suffit à lui-même. Les films d’action peuvent incorporer certains éléments des musicals – les chorégraphies pour l’essentiel – mais ils constituent un autre genre cinématographique. Bref, les arguments que j’ai avancé concernant la quasi-absence des comédies musicales dans le paysage cinématographique contemporain demeurent. Et je me languis de voir une comédie musicale qui pourrait enfin me faire vibrer et qui saurait un peu redonner son lustre à un genre très riche et unique qui est en voie de disparition, et qui ne saurait jamais être remplacé par un succédané sinon même un ersatz filmique.

    • … en voie de disparition sur la pellicule, bien sûr, car le musical se porte encore très bien à Broadway et même à Londres. La solution n’est pas de s’inspirer des films made in Hong Kong pour renouveler le musical (quelle horreur!), mais de réaliser au minimum des versions filmiques d’excellents musicals sur scène. Et on l’a fait à plus d’une reprise avec succès (ex. : Hair, My Fair Lady, Fiddler on the Roof, etc.). Pourquoi ne le fait-on presque plus aujourd’hui?

    • Pour moi la plus grande star actuelle de cinéma est Leonardo Di Caprio. Bien qu’il soit classé cinquième au niveau des revenus annuels, tous ses films sont des succès considérables et sont appréciés des critiques la plupart du temps. Trois de ses cinq derniers films ont d’ailleurs été nominés aux oscars dans la catégorie. Mais surtout je ne vois pas un autre acteur avoir autant de charisme que lui. Il est selon moi le seul acteur véritablement mythique de Hollywood. Il est aussi un des rares acteurs, avec Tom Hanks, qui justifie à lui seul d’aller voir un film en ce sens que l’on est presque certain que le film sera de haute qualité, non pas seulement à cause de la performance de l’acteur, mais bien à cause du choix de l’acteur de participer au film.

    • Pour moi, Tom Hanks justifie à lui seul de ne pas aller voir un film. À mon sens le pire acteur américain. Grosses ficelles, quand tu nous tiens. Même chose ici avec Michel Côté, l’acteur le plus surestimé de notre cinéma (Huard et Lemay-Thivierge suivent pour le tiercé gagnant).

    • Ce matin, je viens de voir Psycho pour la énième fois et j’ai encore compris de nouvelles choses qui m’ont sauté aux yeux. L’amant qui se demande s’il est un “seeing-illusion type” parce qu’il a cru voir la Mother (Hitchcock nous dit en somme que nous sommes tous, spectateurs, ce type de personne et quand faisant vivre le personnage de la mère nous ne sommes pas moins schizophrènes que son fils qui vie dans l’illusion qu’elle existe).

      Et puis, le cow-boy du début qui dit qu’il va récupérer chacun de ses 40 000$ et va remplacer ceux manquants par la “soft flesh” de Marion. Équivalence peau/argent et rappel du fait divers qui a donné naissance à Psycho et Silence of the Lambs (un tueur en série qui se fabriquait des robes avec la paeu de ses victimes). Bon déjeuner…

    • Sean Penn comme star aurait du bon sens, car il est amis avec d’autres stars (Jack Nicholson, Marlon Brando de son vivant, etc…). Les vrais stars sont souvent amis entre eux.

      Moi je trouve que Johnny Depp a une aura et un mystère que les Di Caprio ou Clooney n’ont pas. Brad Pitt est celui qui fait le plus mousser les journaux à potins, tant qu’à moi l’acteur le plus surestimé d’Hollywood (n’importe quel gars avec une belle frimousse pourrait jouer ses rôles.)

      J’aime bien Robert Downey Jr. C’est l’acteur qui me donne le plus le goût d’être son ami. J’ai l’impression qu’on ne s’ennuie pas avec ce gars là.

    • Mon Dieu, on dirait qu’on est des adolescentes de 17 ans!!!

    • Mais parfaitement Sultitan, une star est une personne qui fait crier, pleurer et sortir de ses gonds une ado de cet âge (on est pas sérieux quand on a 17 ans).

    • ”Brad Pitt est celui qui fait le plus mousser les journaux à potins, tant qu’à moi l’acteur le plus surestimé d’Hollywood (n’importe quel gars avec une belle frimousse pourrait jouer ses rôles.)”

      Pas vraiment, non.

    • Cate Blanchett et Julianne Moore sont gages de qualité assurée. Et elles n’étalent pas leur vie privée pour vendre des copies…

    • Le star system évolue. Dans les annes 80, c’était Arnold et Stallone qui engrangeaient les millions. De gros bras, voila ce qui résumait l’archétype du héros. Puis Tom Cruise a réussit a imposer un héros plus cool, dote d’une certaIne intelligence. Brad Pitt s’est impose tout en choisissant des rôles varies dans des films moins cofMmerciaux. Leonardo a fait de même, Johnny Depp également. Et la on essaie de nous imposer un nouvel archétype, le mâle blonde, stupide et gentil… Reynolds, Evans, hemsworth… De belles gueules, sans substance.

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