Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 28 juin 2010 | Mise en ligne à 16h30 | Commenter Commentaires (35)

    La domination du cinéma pour enfants

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    Dans deux brefs billets, le commentateur politique Andrew Sullivan compile des citations à propos de la domination du cinéma pour enfants/d’animation dans les multiplexes, que ça plaise ou non.

    Il cite le blogueur du Los Angeles Times Steven Zeitchik qui note que, cette année plus que jamais, les grosses productions destinées principalement aux 12 ans et moins (How to Train Your Dragon, Shrek Forever After, Alice in Wonderland, The Karate Kid, Toy Story 3) ont complètement surclassé au box-office les films visant les ados/jeunes adultes/fanboys/adultes (Hot Tub Time Machine, Get Him to the Greek, Cop Out, Prince of Persia, The A-Team, Sex and the City 2, Kick-Ass, Clash of the Titans, The Wolfman, The Bounty Hunter, Killers).

    (Il est d’ailleurs plutôt révélateur que le #2 au box-office cette semaine derrière Toy Story 3 est Grown Ups, un film au titre ironique qui célèbre l’incapacité à véritablement grandir d’un groupe d’amis qui se retrouvent dans la quarantaine).

    Les conséquences sont inévitables : les studios, qui ont déjà vu leur production globale chuter d’un tiers (!) comparé à l’an dernier, vont davantage homogénéiser leur produit. «Faire un film pour n’importe qui sauf des familles implique prendre un immense risque», conclut Zeitchik.

    Le cinéma pour «toute la famille» est vendeur pour une raison pratique : il y a toujours au moins un adulte pour accompagner l’enfant. Au moins deux billets d’achetés pour combler le désir d’un seul client. Le génie des studios, c’est d’avoir su transformer l’accompagnateur en client autonome en assaisonnant ce type de films de thèmes plus matures, parfois osés, exprimés à l’aide de sous-entendus. Ainsi, de plus en plus d’adultes vont au cinéma voir ce genre de films, parfois, on l’imagine, en confiant leurs enfants à un service de garde…

    Ceci dit, la domination du cinéma pour enfants ne s’évalue pas seulement en terme de retombées financières. Selon un critique non-identifié cité par Sullivan :

    How to Train Your Dragon et Toy Story 3 ne sont pas juste des films familiaux. Il dépassent en qualité et en sophistication la plupart des films destinés au public adulte. Les films d’animation, quoique intrinsèquement plus artificiels, nous procurent des histoires plus humaines et stimulantes que ce que l’on trouve dans les prises de vues réelles. En ce moment, les films familiaux sont parmi les meilleurs qu’on trouve dans les multiplexes.

    Je ne doute pas de la véracité de ces propos, mais n’y a-t-il pas quelque chose de dérangeant dans cette notion que les films populaires les plus engageants pour la tête et le coeur d’aujourd’hui comportent TOUJOURS un happy end et se déclinent régulièrement en cadeaux de happy meal? Sans vouloir faire le nostalgique d’une époque qui ne m’appartient pas, je constate que, dans le bon vieux temps, nombre de films qui attiraient les masses – les French Connection, Taxi Driver ou The Deer Hunter – se démarquaient par des thèmes sombres et anticonformistes qui feraient pleurer n’importe quel membre du sacro-saint groupe des 12 ans et moins… En tant que cinéphile, je préfère être ébranlé que rassuré.

    Au moins il y a (ou avait) The Wire. Un grand amateur de la meilleure télé-série de tous les temps réplique chez Sullivan :

    Je n’en ai rien à faire de Toy Story. Ceci étant dit, il est grand temps que les enfants d’Amérique apprennent sur les zones grises et sur les désolantes complexités sociales du trafic de drogue moderne et des efforts politiques et législatifs entrepris pour le combattre dans un format qui leur est accessible et plaisant. De plus, l’émission devrait s’appeler Hamsterdam et présenter des hamsters animés. Évidemment.

    En cette ère célébrant l’infantilisation, on a peut-être trouvé un compromis :

    À lire aussi :

    > De la précocité du cinéma pour enfants
    > Totoro, le plus grand


    • Triste constat que celui de voir Toy Story à la tête du Box-Office. Hélas! Nous vivons à une époque où la populace trouve son réconfort dans des films destinés à un auditoire pour enfants avec le fameux happy ending. Il y a une corrélation intéressante à faire avec le constat que cette même populace se désintérêsse de plus en plus de la chose publique. Nous vivons une période de Dysnéilation où tout devrait ressembler à un conte de fées. Personnellement, en tant qu’adulte, je ne comprends pas cet attrait pour les films pour enfants, peut-être parce que je considère important de m’intéresser pour ce qui est de nature adulte et laisser les films pour enfants pour ceux dont à qui ces films sont destinés.

    • @ watain

      Z’avez pas d’enfant vous, hein?

    • @antares55

      Oui, Z’ai des Z’enfants, mais contrairement à la populace, je m’efforce d’enseigner à mes enfants qu’il y a des choses plus intéressants dans la vie que des films insignifiants de Disney.

      En passant, je ne zézaie pas, et mes enfants non plus.

    • @Watain

      l’un n’empêche pas l’autre! J’ai apprécié Toy Story 3 en tant que divertissement tout comme je peux apprécier un documentaire comme Zeitgeist:Addendum pour son contenu on ne plus sérieux.

      La vie est peut-être pas une partie de plaisir de tout les instants, mais je vois pas en quoi je devrais rejeter le divertissement “facile” d’un film comique pour autant ( fait par pixar quand même … ils sont pas les maîtres du domaines pour rien ).

    • Beaucoup de films pour enfants sont aussi divertissants pour les adultes. Je pense entre autre à Shreck, riche en références multiples.

      Mais commencer à prendre tous les adultes pour des enfants permanents, ce serait une insulte.
      Ce qui est ironique, c’est que les américains (spécialement ceux de droite) ont une peur bleue d’un système où ils seraient infantilisés et castrés. Pourtant, il n’y a pas de société sur Terre où l’on aime plus le pré-mâché que les États-Unis.

      Déjà je trouvais que le cinéma américain nous prenait pour des cons (Armageddon…), s’il faut en plus que ça devienne la règle générale…

    • Dans un monde idéal (je sais, ce n’est pas le cas), les meilleurs films devraient faire les meilleures entrées. Je m’excuse, mais entre les films pour enfants (How to Train Your Dragon, Shrek Forever After, Alice in Wonderland, The Karate Kid, Toy Story 3) et ceux pour les plus grands (Hot Tub Time Machine, Get Him to the Greek, Cop Out, Prince of Persia, The A-Team, Sex and the City 2, Kick-Ass, Clash of the Titans, The Wolfman, The Bounty Hunter, Killers), les meilleurs titres se retrouvent facilement dans la première catégorie (et ce même si Kick-Ass est pas mal).

      Regardons seulement pour l’année 2010. Quels sont les meilleurs films américains qui ont pris l’affiche en salles et ce, peu importe le public? Pour l’instant mon top 3 est Toy Story 3, Please Give et Winter’s Bone. Alors dans ce cas, je n’ai vraiment rien contre la domination de Toy Story 3. Le film est nettement meilleur que Transformers 2, Avatar et compagnie.

      Bien sûr, on enrage devant le fait que Please Give, Winter’s Bone et plusieurs petits joyaux ne prennent l’affiche que dans trop peu de salles (et que les films pour adultes comme Taxi Driver et The Deer Hunter sont de plus en plus rares – et ce même en période oscar), mais les décideurs, là-bas comme ici, prennent de moins en moins de risques. On se retrouve donc avec des titres qui font consensus et qui, rarement mais des fois, comme c’est le cas de Toy Story 3, sont de très grande qualité. Sinon, on verrait quoi, pendant la période estivale, comme numéro 1 au box office (surtout qu’aux États-Unis, il s’agit presque toujours de films américains qui dominent les entrées)? Le Christopher Nolan quand il va prendre l’affiche. Mais certainement pas Grown Ups qui est un énorme navet.

    • Faut pas être trop sévère avec les films ”pour enfants”.

      Y a souvent plus d’intelligence, de subtilités et de raffinement dans ces films (comme ceux de Pixar) que dans les films destinés à un public plus ”matures”.

      De plus, un film pour enfant c’est avant tout une comédie. Peu importe l’âge cible.
      Et, ensuite, c’est souvent une très intéressante étude anthropologique que seule une perspective ”jouet”, ”animalière” ou ”robot” peut vraiment rendre si percutante et efficace.

      En ce qui concerne les happy endings… Est-ce vraiment le lot exclusif des films pour enfants ? Poser la question c’est y répondre.

    • Ce qui m’étonne surtout, c’est à quel point ces films pour enfant sont intouchables. Il est strictement interdit de dire que l’on n’aime pas Pixar, sinon on risque un lynchage public. Voir cet article récent sur les deux seules réactions négatives à propos de Toy Story 3: http://www.ifc.com/blogs/indie-eye/2010/06/not-a-fan-of-toy-story-3.php

    • Je ne pense pas que Pixar soit intouchable. Par exemple, leurs Cars et Ratatouille sont des animations très ordinaires, surtout selon leur standard. Et Toy Story 3 a loin de posséder le même charme que les deux premiers épisodes. Sauf que souvent, les gens aiment dire exactement le contraire seulement pour faire de la polémique. Tout le monde aime Amélie Poulain, alors certains individus détruisent le film, le comparant à un navet. Sauf qu’en regardant de plus près, on se rend compte que leur argumentation est extrêmement faible. Bien entendu, le film de Jeunet et le dernier Pixar ne sont pas des chefs-d’oeuvre, mais ils sont bien meilleurs que 90% des films qui prennent l’affiche à toutes les semaines.

      Pour les happy end, cela a toujours été la norme. Sauf que même dans le film pour enfants (How to train your dragon par exemple), la conclusion est loin d’être complètement positive…

    • L’art de vulgariser grossièrement sur le film d’animation…
      Ne devrati t-on pas plutôt lire : Les films d’animation ont su se démarquer des dessins animés ?

      En inversant la situation, je suis bien curieux de lire la suite avec la critique de nos chers «Joe connaissants» avec le le prochain Christopher Nolan…

    • @ depalma

      «Nos chers «Joe connaissants»». De quoi parlez-vous?

      D’ailleurs, je ne tente pas de vulgariser sur le film d’animation ici, je parle des films d’animation POUR enfants qu’on retrouive dans les multiplexes. Regardez mon lien sur Totoro, il y est plus question de cinéma d’anination en général.

    • watain: Plutôt déprimant de vous lire. Vous arrive-t-il de vous amuser et de lâcher votre fou, ou êtes-vous trop “adulte” pour ça?

      Moi les gens qui se prennent au sérieux…!

    • @ Jozef Siroka
      Je faisai référence au billet de Steven Zeitchik et par extension, à Andrew Sullivan..

      Me semble qu’en ces temps de morosité socio -économique, les gens, justement n’ont pas besoin en plus de mettre les pieds dans un cinéma pour broyer encore plus du noir. Si le coeur leur en dit, ils ont seulement à écouter les nouvelles du soir, ils vont en avoir pour leur argent

      Qui plus est, il est trop aisé de classsifier les films par «genre». Par exemple : Oh lui c’est un film d’animation et il contient un happy end, donc ça doit être «ordinaire»

      Tant qu’à moi, un bon film, ça reste un bon film indépendamment de son genre

    • Je vais continuer sur le ton de jon8

      Savez-vous que ces films ne sont pas prédestinées pour les enfants? C’est fou à dire, je l’admet, mais vous regarder ça seulement du côté du public.

      Mettez-vous un seul instant à la place des créateurs. Sa vous dirais de regarder des archives policières de viol, de meurtre ou de je ne sais quel autre crime? Faire de l’animation, c’est avant tout de l’observation de référence.Il n’y a pas un seul infographiste 3D qui voudrait bosser pendant 12 mois sur une scène de viol.

      Ces types, ils font ce qu’ils veulent voir, ce qui leur passionne. Mettez le pied dans une école que ce soit pour graphisme, photographie, animation 3D, artistique ou n’importe quoi qui touche de près ou de loin au cinéma. Aucun des ces jeunes ne veut faire ce que j’ai dit dans le paragraphe ci-dessus. Ils sont là pour faire du Pixar, Dreamwork ou du ILM.

      De plus, si vous voulez tant critiquer les films d’animation, il faudrait arrêter des les catégorisés et commencé à les traiter comme de vrai film.

    • @ df0024

      De votre côté, il faudrait commencer à bien lire un texte avant de le critiquer.

    • Personnellement, je ne m’intéresse qu’au cinéma pour enfants et celui pour adultes, les seuls qui affichent une intelligence esthétique. La vraie plaie est le cinéma pour ados, beaucoup plus majoritaires, d’une incroyables bêtises (sauf exception comme Mean Girls).

      Je reviens de Rome et j’ai vu tant de choses magnifiques, intrigantes, déroutantes, que tout se mélange joyeusement dans ma tête ce matin. Je vais mettre un peu d’ordre dans mes souvenirs purement ciné et vous les transmettre dans les prochains, si ça intéresse quelqu’un (et si Josef le permet).

    • Désolé pour les fautes, décalage oblige.

    • @ unholy_ghost :
      Bon retour, mon ami!
      Bien d’accord, le meilleur cinéma (ces jours-ci?) réside aux deux pôles du spectre de l’âge (à moins qu’il n’y ait un cinéma pour l’âge d’or?). Le cinéma pour adultes demande une certaine réflexion. Le cinéma pour enfants demande une certaine sensibilité. Pas facile de trouver la sensibilité dans le cinéma pour ados…

      Hors-sujet-mais-qui-touche-le-cinéma-quand-même : Je reviens du spectacle de Gaga. C’était mon premier gros show “de stade” et maudit que le point de vue unique (rester à la même place deux heures durant) m’indispose. Même chose pour la refonte du spectacle du Cirque du Soleil à Québec : c’est passé d’un spectacle déambulatoire à quatre scènes à un spectacle “régulier” sur une seule scène. Au moins l’an passé, on pouvait choisir son point de vue selon nos préférences et nos sensibilités du moment. On montait notre propre spectacle. C’est ce que j’aime du cinéma : la multiplicité des points de vue. Oui, on soumet notre point de vue à celui du réalisateur, mais bon, le chien le plus heureux est celui qui choisit son maître (je me demande ce qu’en penserait Oshii, qui s’identifie aux cabots…).

    • L’abrutissement du film pour ado est bel et bien typique à “ces jours-ci” frederic. Il y avait un réel savoir-faire chez les générations passés. Aux côtés de Mean Girls, il faut ajouter (et ce n’est qu’un simple oubli de Ghost) À L’Ouest de Pluton ! mais je ne ferais que me répéter à vanter ce film rare.

    • À propos de Toy Story 3 :

      Le public-cible ne semble pas tant être les enfants que les « grands enfants » qui ont grandis avec les deux premiers films et qui sont maintenant adultes. Aux deux représentations où je suis allé, il n’y avait pratiquement pas d’enfants. 18-24 était la tranche démographique la plus représentée, mais bon, mon échantillon était assez faible…

      À quelque part ça prend des couilles de refaire un Toy Story quinze ans après le premier, parce que 1) on s’attire invariablement des critiques sur l’aspect commercial de l’entreprise et 2) ça attire les comparaisons techniques avec les films plus anciens, dont la technologie nous apparaît maintenant rudimentaire. Mais Pixar gagne son pari parce que ce n’est même pas la qualité de l’animation qui fait de leurs films les plus aimés, mais la qualité des scénarios et l’inventivité retrouvée dans ceux-ci. Quand l’imagination n’y est pas, ça donne Cars, qui est d’une fadeur indéfinissable.

      Cela dit, j’ai bien hâte que Pixar nous ponde leur « grand film malade », un film fascinant dans ses défauts, un film qui un je-ne-sais-quoi de difforme. Hayao Miyazaki (l’idole de Lasseter) a fait le sien avec son Ponyo sur la falaise. C’est peut-être son seul film que je n’ai pas aimé, et ça en fait automatiquement son plus fascinant.

    • Merci Rafc. J’ai oublié mon petit chouchou, en effet.

      Je ne me demande si en fait un bon film n’est pas simplement un film pour adultes, dans la mesure où les bons films pour enfants et pour ados sont aussi des films pour adultes. C’est-à-dire qu’ils ne prennent pas leur public pour des attardés tout juste bons à passer à la moulinette à fric ou à pédagogie. Kids, Virgin Suicides, Rumble Fish sont des films pour ados et pour adultes, chacun en comprend ce qu’il peut selon son âge.

      En fait le bon film pour ados est presque toujours un film philosophique. Comme À l’ouest de Pluton en est un. Puisque les ados se posent les questions philosophiques les plus simples et les plus profondes (que seuls les très grands philosophes peuvent se poser aussi directement): pourquoi vivre? est-ce que le monde existe? qu’est-ce qu’un vie bonne? comment agir? qu’est-ce que la société peut m’apprendre? devrais-je l’accepter ou me révolter?

      J’aurais bien aimé voir Lady Gaga, même enchaîné au fond des chiottes du Centre Bell…

    • Ca en prend des films d’animations! Ils sont colorés, drôles et divertissants. D’autant plus que le cinéma existe aussi pour divertir la famille non? Que ferais t-on de nos congés pluvieux avec les enfants alors? (petite blague en passant, puisqu’il y a plus a faire qu’aller au cinema avec les enfants) Par contre je suis d’accord avec beaucoup d’entre vous pour dire que c’est évident que les films d’animations pète les Box-Office comparativement a la panoplie effroyable de films mauvais qui prennent l’affiche. Puis bon, faut le dire, Toy Story étant notre film préféré quand nous étions jeunes, il était évident que notre curiosité nous pousseraient à le voir!! Moi j’ai bien hâte que les films pour ados prennent exemple pour la qualité du contenu… faut pas aller se plaindre que nos ados deviennent tous abrutis après, a voir les films qu’ils ont comme référence….

    • @ frederic

      Intéressant le concept du public “grands enfants”. Je suis en train de relire Barthes pour différentes raisons et je tombe ce matin sur son texte sur la mythologie des jouets français où il affirme que l’adulte voit l’enfant comme un autre lui-même et que les jouets sont un microcosme adulte. Il y déplore (nous sommes en 57, ce qu’il appelle “l’embourgeoisement du jouet (qui) ne se reconnaît pas seulement à ses formes, toutes fonctionnelles, mais aussi à sa substance. Les jouets courants sont d’une matière ingrate, produit d’une chimie, non d’une nature”. Consterné qu’il est aussi par la disparition du bois, par exemple, et de la chaleur naturelle de son contact.

      Je me demande ce que serait sa position face à ces Toy Story! Y verrait-il l’aboutissement de cet embourgeoisement du jouet, l’ultime perte du ‘contact’ entre la main et l’objet, la séparation nette de ce rapport créatif par une sublimation totale du jouet le rendant par le fait même complètement ‘adulte’?
      Ceci dit, je n’ai vu aucun Toy Story et reste persuadé de la bonne valeur de ces films.

    • Jusqu’à maintenant c’est assez normal que les films familiaux dominent le Box Office. Shrek et Toy Story sont des valeurs sures tandis que des films comme Karate Kid et Alice sont des productions de qualités qui ont également su amener beaucoup de monde au tourniquet.

      Par contre du côté Ado/jeunes adultes/adultes ca fait vraiment dur jusqu’à maintenant cet été. C’est assez médiocre comme cuvée.

      Malgré tout j’imagine que des films comme Inception et Twilight vont équilibrer les choses en bout de ligne les box offices devraient se ressembler.

    • Rafc, la question de la substance dans Toy Story est justement très importante. Je n’ai pas vu le 3 mais le 2 était déjà un vrai traité esthétique sur la question. Lors du développement des images de synthèse, les surfaces lisses (plastiques, verres, acier) et la peau reptilienne (Jurassic Park) furent prévilégiées, puis ce fut le tour des peaux (humaines, cuir, etc.) et des cheveux et autres poils (extrêmement difficiles à rendre, puisqu’il faut en quelque sorte animer chaque poil pour être réaliste). Toy Story 2 avait gardé la première génération telle quelle du premier film et ajouter la deuxième, en gardant pour ainsi dire l’histoire de son art dans le rendu des différents personnages. Brillant!

      Je me souviens d’une entrevue de Norman Mailer qui disait que le déclin de la civilisation américaine était lié au plastique. Il dénonçait le fait que les enfants avaient des jouets en polymères et non plus en bois, en cuir et en fer. Le journaliste le traiter carrément de fou. Alors qu’on se rend compte aujourd’hui que le bois est antiseptique et que les différents plastiques ont des incidences importantes sur le cancer et l’obésité en dégageant des substances qui ressemblent aux hormones humaines. Quand on y pense, c’est logique: le plastique c’est du poison liquide (des hydrocarbures) rendus solides et en partie inertes.

    • @ rafc
      Je ne suis pas familier avec ce texte, mais j’imagine que ce que Barthes constaterait aujourd’hui, côté « jouet », ce serait la ludification de la culture. Les manèges de parc d’attraction qui deviennent des films populaires (Pirates des Caraïbes), grand-mère qui joue à la Wii dans son salon, le « gamer » de jeu vidéo qui a une moyenne d’âge de 30 ans, les consoles de jeu portables, les jeux sur le iPhone et iPod, la popularité des sudokus dans l’autobus…

      Je paraphrase honteusement, mais je pense avoir vu passé récemment sur un blogue de Cyberpresse (celui-ci?) une réflexion qui allait comme suit : « entre la vision du futur proposé par George Orwell dans 1984 (la dictature répressive) et celle d’Aldous Huxley dans Le meilleur des mondes (la dictature du plaisir), on a longtemps craint la première, mais c’est plutôt la seconde qui est en train de nous contaminer. »

    • Avec le plastique “la hiérarchie des substances est abolie, une seule les remplace toutes: le monde entier peut être plastifié, et la vie elle-même, puisque, paraît-il, on commence à fabriquer des aortes en plastique”. Barthes encore en ‘57.
      Toy Story devient une foutue mise-en-abîme !

      “gardant pour ainsi dire l’histoire de son art dans le rendu des différents personnages”. Brillant effectivement!

    • Rafc, c’est quand même bizarre car pour Barthes la “nature” c’est synonyme de l’ordre bourgeois, sinon du fascisme. Je vais relire aussi. Mythologies c’est ça?

    • Oui. Les textes Jouets et Plastique.

      C’est dûr de généraliser ainsi la Nature non? Ne serait-ce plutôt une “certaine nature”. Quels sont les textes qui rendent compte de ce ’synonyme’ chez Barthes?

    • J’ai essayé chez mon boucher d’avoir de la viande enveloppée dans du papier ciré plutôt qu’avec du styrène et du saran rap et ça avait l’air de l’ennuyer tellement, il me regardait comme si j’étais un tel excité grano (ce que je ne suis absolument pas, je vous rassure) que je me suis dit qu’attraper le cancer était moins de trouble finalement…

    • Ce qui est bourgeois c’est de considérer la “nature” comme un argument rationnel (genre, ce n’est pas “naturel” de ne pas vouloir d’enfant). Comme le gros bon sens et la tautologie (c’est ça qui est ça, l’argent c’est l’argent, etc.).

    • Ce soir, je vais voir Winter’s Bone, de Debra Granik, qui semble être l’alternative idéale à la dichotomie du Box-Office actuel: personnage adolescent dans un film pour adulte (?). Aura-t-on l’occasion d’en reparler …

    • En parlant de cinéma pour enfants …. la programation de Fantasia est sortie aujourd’hui. Je vais amener mon petit gars de 3 ans voir Human Centipede et Serbian Movie ……..

    • Le cinéma pour enfants est un divertissements et c’est très bien ainsi. Je ne veux pas amener mes enfants au cinéma pour qu’ils broient du noir. Je peux leur parler des choses importantes de la vie mais ils n’ont pas besoin de voir la violence, la souffrance et autres thèmes adultes lorsqu’ils regardent un film. Je laisse mes enfants être des enfants.

      Le problème ne serait pas plutôt l’absence d’adultes dans les salles de cinéma? Les adultes téléchargent peut-être leurs films ou peut-être préfèrent-ils maintenant attendre la sortie DVD et les regarder sur leur cinéma-maison?

      À ceux qui pensent que le cinéma pour ados est plus abrutissant aujourd’hui que dans le passé, je vous ramènerais sur la table les Meatballs, Weird Science, Prokys, Back to school, Teen Wolf, Revenge of the nerds, Encino Man et j’en oublie sûrement. Encore aujourd’hui, il y a des films abrutissants mais il y a aussi du cinéma interessant comme Almost Famous, Crazy beautiful, Juno, Precious, slumdog millionaire, An education, Brick, etc.

      Il est normal pour les studios de mettre moins l’emphase sur le cinéma adulte si les adultes ne fréquentent pas les salles et de se concentrer sur la clientèle qui fréquente les salles. C’est dommage mais c’est compréhensible. Si les salles se remplissaient pour le grand cinéma adulte, les studios y mettraient plus d’effort.

    • En passant Josef, tu commences à sonner un peu vieux avec ton “dans le bon vieux temps”. Ce n’est rien de nouveau sous le soleil le phénomène que tu déplores. Ce sont soit les films familiaux ou pour enfants et les films historiques épiques qui ont toujours eu la palme et non pas les Taxi Driver et Deer Hunter.

      Voici d’ailleurs la liste des succès au box office ajustée selon l’inflation et vous verrez que vos souvenirs du bon vieux temps sont un peu déformés:

      1. Gone with the wind (historique)
      2. Star Wars (film familial)
      3. The sound of music (film familial)
      4. E.T. (film familial)
      5. The ten commandments (la religion était forte à cette époque)
      6. Titanic (épique)
      7. Jaws
      8. Doctor Zhivago (historique et épique)
      9. The Exorcist
      10. Blanche-neige et les sept nains (film pour enfants)
      11. 101 dalmatiens (film pour enfants)
      12. Empire strikes back (film familial)
      13. Ben-Hur (historique et épique)
      14. Avatar (film familial et le succès du 3D)
      15. Return of the Jedi (film familial)
      16. The sting
      17. Raiders of the lost ark
      18. Jurassik Park (film familial)
      19. The Graduate
      20. Star wars episode 1 (film familial)
      21. Fantasia (film familial)

      Et d’autres pour confirmer que ce n’est pas nouveau:
      24. Mary Poppins
      25. Lion King
      29. Le livre de la jungle
      30. La belle au bois dormant
      31. Shrek 2
      32. Ghostbusters
      35. Spiderman
      37. Home alone
      38. Pinocchio
      47. Bambi

      Taxi driver, French connection et Deer Hunter sont très loin contrairement à ce que vous semblez croire. Même si on regarde l’année de leur sortie, il n’y a pas de quoi se réjouir.

      Taxi driver en 1976 a terminé 19e au box office et était devancé, entre autres, par The bad news bears, the pink panther strikes again et était tout juste devant Freaky friday de Disney. C’était l’année de Rocky qui a dominé au box office.

      En 1978, the Deer hunter à terminé 11e ce qui est pas mal mais on parle quand même d’un film de guerre qui ont souvent eu du succès. Par contre, cette année là, il a été devancé, entre autres, par Grease, Superman, Animal house, Heaven can wait et (tenez vous bien) Cheech & Chong up in smoke.

      Il n’y a finalement que The french connection qui a vraiment attiré les foules lors de sa sortie, terminant 3ième cette année là. Par contre, ce ne fût pas une bonne année en terme de recettes au box office. Fiddler on the roof avait dominé le classement avec environ $38M alors qu’en 1972, le film numéro 1 avait récolté $87M.

      J’espères que tu vois que le phénomène n’est vraiment pas nouveau….

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