Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 21 juin 2010 | Mise en ligne à 17h00 | Commenter Commentaires (53)

    Jaws : retour sur le premier blockbuster

    Steven Spielberg profite d'un moment de répit pendant un tournage très éprouvant.

    Steven Spielberg profite d'un moment de répit pendant un tournage très éprouvant.

    Si, comme on le rappelait récemment avec le décès de Dennis Hopper, Easy Rider (1969) à ouvert la voie à une fructueuse association entre studios et auteurs, Jaws (1975) l’a passablement enrayée tout en établissant le modèle du cinéma commercial pour les décennies à venir. Pour le meilleur et pour le pire.

    Le second long métrage de Steven Spielberg a pris l’affiche il y a 35 ans (et 1 jour) dans des centaines de salles simultanément, une pratique inusitée à l’époque, surtout pendant la période estivale, considérée comme un no man’s land en terme de box-office. Les studios préféraient des sorties limitées dans des grandes villes, se fiant sur le bouche à oreille pour décider si leurs films méritaient une distribution plus vaste. Tout a changé après l’été 1975 : avec 460 millions $ en recettes, Jaws devenait le film le plus profitable de l’histoire. L’ère du blockbuster était lancée et les studios ne regarderaient plus jamais en arrière.

    Comme on peut le lire chez Jeffrey Wells de Hollywood Elsewhere, les chroniqueurs de cinéma se plaisent régulièrement à accuser Jaws d’avoir causé un tort irréparable à l’âme du cinéma :

    Pendant des années, le film a été considéré presque comme une sentinelle de tragédie, aussi extrême que cela puisse paraître. [...] Il a détourné l’industrie du cinéma de l’idée que les petits et moyens films avec de la saveur et de la personnalité représentent une chose légitime dans laquelle investir.

    Jaws et Star Wars, en résumé, ont dirigé l’intérêt des corporations dans le potentiel de faire le plus de profit possible si les films pouvaient être suffisamment simplifiés et taillés pour un public plus jeune. Cela a déclenché un abrutissement des films et a injecté une sorte de virus dans le système hollywoodien qui a essentiellement empoisonné toute l’entreprise.

    La réalité est peut-être plus nuancée, mais le fait demeure que Jaws a laissé beaucoup de gens amers, et pas seulement les journalistes… Mais allons au-delà du phénomène commercial.

    Un des plus intéressants héritages que Jaws a légué aux films de peur est ce que j’appelle le «paradigme du requin». C’est-à-dire montrer le monstre le plus tard possible et, à partir de ce moment, de manière sporadique. Dans Jaws, on ne voit le requin pour la première fois qu’à la 81e minute, ce qui permet au film de mieux dessiner ses personnages, de bâtir le suspense et, surtout, de stimuler l’imagination des spectateurs en les confrontant à une menace indéterminée mais omniprésente. Un principe qui a été très bien récupéré par des films comme Alien (1979) ou Predator (1987).

    Aujourd’hui, le paradigme est malheureusement très rarement appliqué, les studios continuant de croire dur comme fer que les gens en veulent plus pour leur argent et, par le fait même, espèrent voir des monstres en images de synthèse à la pelletée. Même Spielberg, il semblerait, n’a pas retenu sa propre leçon. En effet, son Jurasic Park (1993), très prometteur dans le premier acte, perd de son intensité dès que le T-Rex se libère de sa cage…

    Ce qui est le plus malheureux dans cette histoire est que, si les films commerciaux (ou, plus précisément, à concept) que Jaws a engendrés ressemblaient plus à Jaws qu’à, disons, Alien vs. Predator, les termes «blockbuster» et «oeuvre d’art» ne seraient peut-être pas incompatibles après tout.

    À lire aussi :

    > Spielberg n’abandonne pas Lincoln
    > Au lit avec Spielberg et Warhol
    > L’amour pour un requin


    • “Un des plus intéressants héritages de Jaws pour les films de peur est ce que j’appelle le «paradigme du requin». C’est-à-dire montrer le monstre le plus tard possible et, à partir de ce moment, de manière sporadique.”

      Ça donne le goût de relancer la discussion sur le monstre de Cloverfield une fois de plus!

      Est-ce que Jaws sur Blu-ray est annoncé?

    • On ne peut pas vraiment blâmer Spielberg et Lucas pour chaque mauvais “blockbuster” comme on ne peut blâmer Hitchcock pour chaque mauvais suspense ou Coppola et Scorsese pour chaque mauvais film de mafieux.

      De plus, Jaws et Star Wars n’ont pas vraiment inventé le film commercial puisqu’il existait déjà (Psycho, Gone With the Wind, The Wizard of Oz, etc…); ils ont seulement redéfini le modèle d’affaires. C’est désolant à dire mais le cinéma coûte tellement cher à produire si on le compare aux autres formes d’art qu’il était inévitable que le côté “business” deviennent plus important.

    • Je crois qu’il faut faire une TRÈS grosse nuance! Il est vrai que le cinéma d’aujourd’hui est plus commercial, avec toutes les méga-productions actuelles.
      Mais de là à dire que cela a entraîné Hollywood à réduire la qualité et à produire des navets à la chaîne, je ne suis pas du tout d’accord.

      Le cinéma hollywoodien produisait DÉJÀ des tonnes de navets. Il suffit de donner en exemple l’anthologie des films d’Elvis Presley, pour s’en convaincre.

    • Étrange que Jaws (le premier) soit retenu dans la mémoire des gens comme un “film d’horreur”, un vulgaire blockbuster ou un truc sans intérêt. C’est à mon avis un des meilleurs films de Spielberg au niveau raffinement cinématographique. Bons personnages, superbement interprété, excellents dialogues, build-up de suspense hyper-efficace. C’est tout ce qu’un film intelligemment populaire devrait être, à mon avis.

      Bon d’accord, les sequels sont venus foutre le bordel dans la souvenir qu’on retient du premier (à l’image de Psycho, justement, quoiqu’en disent les fans de Gus Van Sant..) mais le premier est un film à voir et à revoir.

      H.S.: Jozef, c’est encore permis de mettre le lien de son blogue sur notre username de cyberpresse ou ça a été aboli ?

    • @ jon8

      Je ne suis pas familier avec le procédé, mais vous pouvez l’envoyer dans les commentaires, je le mettrai dans ma colonne à droite.

    • “Aujourd’hui, le paradigme est malheureusement très rarement appliqué”

      Il me semble qu’un des reproches que l’on a fait à King Kong a été justement le fait que la bestiole n’arrive qu’assez tard dans le film…

    • Je crois que Jeffrey Wells mélange deux trucs dans cette citation: Jaws est difficilement responsable de l’abêtissement des films hollywoodiens. Jaws, c’était une nouvelle logique de mise en marché, c’est prévoir la date de sortie d’un film en fonction d’une période précise (requin qui terrorise des plages = début de l’été), et un public ciblé (jeunes adultes qui fréquentent ces plages). Ça n’a strictement rien à voir avec l’intelligence ou non du film, seulement à sa promotion (qui repose d’ailleurs sur une idée brillante et innovatrice pour l’époque). Jaws 2 est plus responsable de l’abrutissement, c’est la découverte de la franchise, de recycler des idées qui marchent, qui peuvent être profitables en une fin de semaine si la promotion est adéquate. Jaws 2, ce ne serait pas la première suite avec un 2 dans le titre, donc qui indique clairement sa filiation?

    • Seigneur, on croirait à lire que Spielberg n’aurait jamais dû réaliser Jaws, parce qu’il a causé “un tort irréparable” au cinéma. Ben voyons. Comme l’a dit arrow, on ne peut blâmer Spielberg pour les idiots qui permettent de faire des navets. Puis, pour chaque navet, on voit de temps à autre un Iron Man, un Dark Knight, un Jurassic Park, un Avatar, un Alien, un Casino Royale, un Star Wars, un Empire Strikes back, etc. Si aujourd’hui “blockbuster” fait penser aussi à “navet”, ce n’est cependant pas toujours le cas. Ok, les blockbusters ne sont pas des films à Oscars, mais c’est loin d’être totalement mauvais. Jaws est un bon film, qui mérite sa place! Certes, c’est le premier vrai blockbuster, mais c’est tout de même un film qui valait qu’on le réalise.

      Puis soyons sérieux, si Jaws n’avait pas existé, je suis loin d’être convaincu que le cinéma serait aussi développé et populaire: ça resterait à tout jamais un art “d’élite”, n’intéressant que peu de monde. On commence par Jaws (ou n’importe quel blockbuster récent), puis on regarde Godfather, puis enfin Citizen Kane et d’autres.

      Un autre point: si ça n’avait pas été Jaws, c’en aurait été un autre…

      De plus, je ne suis pas d’accord avec vous M. Siroka: montrer le T-Rex dans Jurassic Park a été une très bonne chose: non seulement le film reste un bon film, mais en plus, ce film a été LE film qui a lancé les effets spéciaux par ordinateur ce qui par la suite a eu un effet boule-de-neige sur la qualité de l’image. Certes, on repose trop souvent sur le CGI de nos jours, mais c’était une étape nécessaire qui permet aujourd’hui des Avatars à couper le souffle.

      Réflexion faite, le cinéma d’aujourd’hui doit beaucoup à Steven Spielberg: il a lancé les blockbusters avec Jaws, puis le CGI avec Jurassic Park… et ça ne l’a pas empêché de faire Schindler’s List.

      @la_soldate Oui mais sur un film interminable… et par la suite, on le voit en masse dans tous les détails. Ce n’est pas Jaws, loin de là! Il n’y a pas de suspense dans King Kong. Et puis, 81 minutes sur 124, ça veut dire qu’on ne voit le requin qu’après 65% du film. King Kong fait 201 minutes…

    • @ lordcraft

      Je ne dis pas que le T-Rex n’aurait jamais dû être montré (la scène en question est d’ailleurs très efficace), seulement que le film est moins intéressant dans la deuxième partie, quand il se transforme en film d’action. Je préférais l’aspect suspense du début.

    • @ Jozef

      ah d’accord merci. Je n’avais pas l’ambition de me faire “ploguer” comme tel, je trouvais juste l’idée du lien par le nickname à la fois discrète et efficace pour ceux qui sont réellement curieux…
      J’ai démarré ce blogue seulement qu’hier mais je compte parler assez fréquemment de cinéma/musique, si ça peut inspirer un brin les discussions ici, tant mieux, et si tu permets j’aimerais faire des liens vers tes billets.
      http://gliese1214b.blogspot.com/search/label/cin%C3%A9ma

      @ la_soldate

      L’histoire de King Kong est pas mal plus faible que celle de Jaws, dès le départ.
      L’idée de base du requin est celle de la peur viscérale de l’inconnu (de ce qui se cache dans l’eau -élément hostile pour l’homme- et qui est impossible de surveiller constamment). Le gros gorille, en partant, est invraisemblable. Le gros requin, lui, est assez plausible et tout aussi terrifiant (voire plus). De plus, le requin est vu comme la machine à tuer parfaite, tout ce qu’un prédateur pur jus devrait être. C’est vraiment winner comme recette, suffit de l’appliquer correctement. Il faut du Hitchcock pour ce genre de truc! haha

    • “Je ne dis pas que le T-Rex n’aurait jamais dû être montré (la scène en question est d’ailleurs très efficace), seulement que le film est moins intéressant dans la deuxième partie, quand il se transforme en film d’action. Je préférais l’aspect suspense du début.”

      D’accord, mais alors qu’est-ce qui fait que ça ne fonctionne pas tout à fait dans Cloverfield ?

    • En passant, Jaws a gagné plusieurs prix, dont 3 Oscars!

      http://www.imdb.com/title/tt0073195/awards

      Et il a été nominé pour le meilleur film…

      Ne pas confondre Jaws1 et Jaws3 (le pire de tous).
      D’ailleurs, les commentaires sont excellents à propos du Jaws original sur à peu près tous les sites.

      J’ai visionné Duel, de ce même jeune Spielberg le mois dernier, et on voit déjà le potentiel du gars qui va remplacer un semi-remorque prédateur par un Carcharodon carcharias ;-)

    • “«paradigme du requin». C’est-à-dire montrer le monstre le plus tard possible ”

      Blair witch project.

    • @Jozek Siroka

      J’avais compris, mais je ne suis tout de même pas d’accord sur le point que le film devient moins intéressant par la suite. Et la scène avec les raptors dans la cuisine n’est pas assez énervante? J’ai eu peur pendant des mois qu’un raptor sorte de nulle part par la suite…

      Ok, je n’étais pas capable d’aller dans un lac pendant des mois après avoir vu Jaws.

      Ok, j’avais 12 ans! :P

      @jon8

      En passant, le requin de Jaws est tout aussi invraisemblable. Jaws devrait mesurer au bas mot dans les 10 mètres de long, tandis que le plus grand requin blanc jamais capturé faisait 6 mètres.

      Et cela, sans parler que Peter Jackson a rendu King Kong presque aussi sympathique que votre petit chiot… Ben oui, regardez, il fait les mêmes yeux qui font pitié!!!

    • @ lordcraft

      C’est certain que c’est exagéré. Mais pas si loin de la réalité, tout de même.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_requin_blanc

      D’ailleurs, il n’y a jamais eu de gorille de si grande taille, alors qu’il y a eu des ancêtres au requin blanc, comme le mégalodon.

      Bottomline, c’est plausible. Exagéré, mais plausible. Tu ne décroche pas du film à cause d’une invraisemblance grossière. Comme un robot parlant de 12 mètres qui se transforme en camion GM, par exemple..

    • “L’histoire de King Kong est pas mal plus faible que celle de Jaws, dès le départ [...]“.

      J’adore les deux films (premières versions); mais l’invraisemblance du ‘gros gorille’ est infiniment plus près de l’Homme – ses pulsions, son animalité, sa nature incontrôlable, son insondabilité qui tous, tôt ou tard, en viennent à dominer l’artifice du Social – que, le requin dont l’exagération ne tient qu’à quatre mêtres mais qui à tout prendre est plus près de l’extra-terrestre (on parle de Spielberg non!).

    • @jon8

      Je comprends votre point de vue, que la différence entre plausible et invraisemblable est visible. Cela dit, c’est drôle, mais je crois plus à un robot de 12 m extraterrestre qui se transforme en camion GM qu’à un gros singe gigantesque pris sur une île inconnue avec des dinosaures… Cela dit, en 1933, c’était encore une fois plus plausible qu’en 2005!

    • Des fois je me demande si Peter Jackson a (relativement) fouarré avec son remake de King Kong à cause de sa réalisation/scénario… ou à cause de l’histoire de base comme tel.

      Difficile de blâmer les effets spéciaux ou Naomi Watts, en tout cas..

    • Très bon film.C`est sûr que c`est de la science-fiction.Aucun requin n`est aussi dangeureux et entêté que Jaws.Combien de barils il réussi à caler déjà ?

      Mais l`histoire de Quint et du U.S.S Indianapolis,c`est réellement arrivé.J`aime bien la scène.Mais lorsque Jaws se met à frapper dans le bâteau,c`est encore de la science fiction.

    • jon8, “l’histoire de base comme tel” de King Kong relève du mythe, alors que celle de Jaws s’apparente plutôt à un fait divers. Le mythe au cinéma est dûr à traiter, le fait divers lui sied mieux, disons – Sontag classait le premier Kong dans l’esthétique “camp” sûrtout à cause de sa réalisation, et selon moi, c’est exactement là que le film réussit, par le pouvoir d’évocation des images. Par ailleurs, faites vous une différence entre scénario et histoire de base?

    • Le making-of est excellent. On y voit entre autres, la scène du début quand la fille est happée de tous côtés par une ombre. En fait Spielberg l’avait fait attachée par des cordes à chacun de ses membres. On tirait parfois sur son bras droit, puis la jambe, etc. Ce fut très traumatisant pour la jeune femme qui a cru mourir car elle n’arrivait plus à respirer et c’était très violent.
      J’ai revu Jaws il ya qq années alors j’habitais au bord de la mer… Je vous jure qu’en me baignant ensuite, c’était TRÈS difficile de ne pas y penser…

    • Le probleme n’est que Spielberg a creer un genre, le probleme c’est que d’autre realisateurs, producteurs et autres artisans du cinema marchent dans des sentiers deja tout faits par des pionniers sans renouvele le style. Et oui c’est vrai; c’est devenu difficile de voir des films dits “d’acteurs/actrices” sinon impossible avec le phenomene des films avec ces effets speciaux fait par ordinateurs et franchement je suis en manque. Que l’on ressucite Chaplin et Hicthcock ( et autres John Ford)!

    • @ rafc

      “Par ailleurs, faites vous une différence entre scénario et histoire de base?”

      Oui bien sûr; l’histoire de base c’est la matière première, le scénario c’est comment cette matière sera servie.

      J’ai une préférence pour une équilibrée combinaison des deux, mais tu peux avoir un scénario exceptionnel avec une matière de base restreinte qui donne un résultat très intéressant. Je vois mal le contraire se produire, par contre.

      Donc, j’ai le feeling que Peter Jackson n’a simplement pas été en mesure de produire de miracle. Le contraste avec LOTR (et la matière de base d’une richesse inouïe) ne l’a certainement pas aidé…

      @jackwood

      La scène avec l’histoire de Quint est une de mes scènes favorites au cinéma toute catégories confondues. Je pourrais l’analyser pendant une journée entière et m’amuser à le faire tellement je la trouve fascinante; tellement simple et efficace en même temps.. Et le sens du timing dans le film est incroyable. Wow, vous me donner le goût de revoir ce film que j’ai pourtant vu il y a quelques mois seulement…

    • Oui bien sûr, nous sommes d’accord jon8 ! je vous avais mal lu.

    • @jon8 et rafc

      Je crois que Peter Jackson s’est fait plaisir et il a réalisé le film qu’il voulait réaliser, pas celui qu’il aurait dû… ce qui donne un film trop long, un King Kong qui manque le bateau de “monstre” et des scènes d’action interminables remplies de rebondissements loufoques et peu divertissants. Le reste n’est pas mauvais, mais ça reste un film moyen fait par un réalisateur qui aurait pu faire tellement mieux…

    • Jaws est un bon film de “monstre” mais a eu des effets nefaste.

      Les requins sont maintenant presque extincts et n’ont aucune protection car ils sont vue comme des “monstres” mangeurs d’hommes aux yeux de tous. Pourtant ils ont fait moins de 100 victimes en 200 ans.

      Sans protection, on les tuent pour leurs ailerons qui valent une fortune, car tres prises par les chinois. Personne ne vient a la defense des requins, contrairement aux Pandas, qui sont d’une importance capital pour notre faune car ils controlent la chaine alimentaire, etant au sommet.

      Un tres bon film “epoeurant”, mais ce qui me fait peur c’est la chasse qui va suivre car ce film rependra des craintes inutiles …

    • ”Jaws”, pas encore S.V.P., un seul aurait suffit, n’en rajouttez plus.

      Cela devient de la torture psychologique à la fin !

      Nous sommes rendus à une autre époque…

    • @Lordcraft
      Vous-voulez rire quand vous dites que le cinéma serait resté un sport d’élite sans Jaws ? Le cinéma est avant tout un machin populaire, une machine à sous sur lequel on plaque l’oeil…C’est bien ensuite qu’on se met à parler d’art, et encore pendant longtemps, aux USA du moins, la notion dart est souvent limitée aux ”production values”…

      @Jon8
      Jon ne mélangez pas tout quand même, personne il me semble n’a défendu les sequels de psycho, seulement psycho98 (quoique adolescent, il me semble avoir plutôt aimé le 2…)
      @cinématorgaphe
      Justement lordcraft parle du Parrain, et le Parrain 2, c’est dans les mêmes eaux que Jaws, non ?1974-75 ? Peut-être avant Jaws, donc ?

    • @gkaplan

      Oui, le Parrain vient avant de quelques années, mais j’ai vraiment de la misère à considérer les Parrain comme des suites tant ils forment un tout cohérent, même si en réalité le premier est autosuffisant. Wikipedia nous dit en tout cas que The Godfather Part II serait la première apparition d’un numéro dans un titre, suivi de près par French Connection 2, Jaws serait le troisième suivant leurs exemples. Mais de tout ces films, Jaws 2 reste le seul a avoir été planifié comme un blockbuster, avoir été mis sur le marché comme tel, ouvert dans 640 cinémas en même temps (selon box office mojo), etc.

      Pour le paradigme du requin, je ne suis pas certain, mais je crois que ça s’est fait avant. Ce qui me semble plus nouveau chez Jaws, et qui a été largement repris, c’est la structure petite communauté prise avec un Mal que seul le héros prévoit, mais personne ne veut l’écouter jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

    • @Josef
      Tout comme Jon8, j’aimais bien l’idée de pouvoir être identifié avec un nom d’utilisateur et l’adresse du blog en question.

      Je vous envoie le lien de mon blog ciné, hébergé sur le portail Bang Bang. Au plaisir de vous y voir !
      http://ventredudragon.bangbangblog.com

    • @ cinematographe

      Une des jolies ironies entourant Jaws, c’est que le requin devait être bien plus présent et actif à l’origine. Finalement, des contraites techniques (le requin mécanique ne marchait pas, ou très mal) ont forcé Spielberg à changer d’approche, à avoir recours à une mise en scène plus «artistique».

      Et pour ce qui est du paradigme, en effet, ça s’est vu avant. Ebert :

      In keeping the Great White offscreen, Spielberg was employing a strategy used by Alfred Hitchcock throughout his career. “A bomb is under the table, and it explodes: That is surprise,” said Hitchcock. “The bomb is under the table but it does not explode: That is suspense.” Spielberg leaves the shark under the table for most of the movie. And many of its manifestations in the later part of the film are at second hand: We don’t see the shark but the results of his actions. The payoff is one of the most effective thrillers ever made.

      Par contre, pour ce qui est de la «structure petite communauté», il y a eu au moins un précédent : Invasion of the Body Snatchers en 1956.

    • “Le duel” du même Spielberg est excellent…

    • Merci Jozef pour l’ajout du lien de mon blogue, je pousse ici l’audace jusqu’à te remercier:

      http://gliese1214b.blogspot.com/2010/06/blog-day-two.html

      Ne sous-estime pas l’impact de la pub que je fais pour toi et ton boss. Je suis rendu à presque 4 lecteurs si j’inclus ma maman.

      @ supercorm

      Excellente remarque. Je n’irais pas jusqu’à responsabiliser Spielberg et sa gang pour le massacre des requins, mais disons que ça n’a pas aidé la population à contrer son ignorance des choses dont elle a peur.

      J’ai justement visionné un documentaire là dessus (massacre des requins) mais je ne me souviens pas du titre…

    • @jozef

      Oui, je pensais à Hitchcock justement, et à tous ces films de série B qui n’avaient simplement pas les moyens de montrer leur bébitte. The Birds aussi serait un exemple de petite communauté, mais ce qui me semble nouveau dans Jaws, c’est le gars qui essaie d’alerter tout le monde, mais le maire veut rien savoir parce qu’il perdrait trop d’argent (bien des films catastrophes reprennent ça aussi). Ça fait longtemps que j’ai vu Body Snatchers, si mes souvenirs sont bons c’est seulement dans les cinq dernières minutes qu’il tente d’alerter la population, en courant sur l’autoroute, avant personne ne sait vraiment ce qu’il se passe. D’une manière ou d’une autre, premier ou pas, ce sont des méthodes de suspens que Jaws a perfectionné, c’est l’un des films les plus brillants et inventifs de Spielberg à mon avis.

    • La chose dans “The Thing from Another World”(1951) d’Howard Hawks est aussi montrée assez tard dans le film et avec beaucoup de retenue. Jacques Tourneur va encore plus loin dans “Night of the Demon”(1957), où le monstre n’apparaît que dans la scène finale. Même “It’s Alive” de Larry Cohen, fait un an avant “Jaws”, nous laisse imaginer le bébé mutant assez longtemps. Et que dire de la mère dans “Psycho”? Je ne crois pas qu’il y ait un avant-Jaws et un après-Jaws en ce qui a trait au degré d’exposition des monstres/créatures au cinéma, Spielberg ne fait qu’appliquer (particulièrement bien, d’ailleurs) une technique de mise en scène reconnue à son requin.

      Je ne crois pas non plus que ce choix soit plus valable ou automatiquement plus efficace que celui de montrer la menace au grand jour. Dans “The Thing”, John Carpenter nous met en face de sa chose assez rapidement avec la scène des chiens, pourtant le film reste tout aussi effrayant par la suite. Les films de zombies, par exemple, misent aussi beaucoups sur l’effet du nombre de monstres présents à l’écran pour nous apeurer, et non le mystère.

    • “In keeping the Great White offscreen, Spielberg was employing a strategy used by Alfred Hitchcock throughout his career. “A bomb is under the table, and it explodes: That is surprise,” said Hitchcock. “The bomb is under the table but it does not explode: That is suspense.” Spielberg leaves the shark under the table for most of the movie. And many of its manifestations in the later part of the film are at second hand: We don’t see the shark but the results of his actions. The payoff is one of the most effective thrillers ever made.”

      Il me semble que ce n’est pas tout à fait vrai. Hitchcock plaçait définitivement ses bombes sous la table, à l’abris du regard des personnages, mais plus souvent qu’autrement la caméra dévoilait le dessous de cette table au spectateur. Le suspense Hitchcockien donne souvent une longueur d’avance au spectateur sur ses personnages: la scène insoutenable du garçon inconscient qu’il transporte une bombe dans le sous-estimé “Sabotage” est un parfait exemple.

    • Jaws n’est pas le deuxième long métrage de Spielberg, mais le troisième. Le deuxième étant Sugarland Express.

    • @supercorm

      Vous serez peut-être intéressé de savoir que, vers la fin de sa vie, Peter Benchley, l’auteur du roman dont le film est inspiré, se portait à la défense des requins et disait que s’il réécrivait son livre, son approche serait très différente. Si vous voulez en savoir plus : http://news.nationalgeographic.com/news/2002/06/0606_shark5.html

      Maintenant, ne vous faites aucune illusion, le trafic d’ailerons de requins n’a rien à voir avec le succès du film.

    • @ martymartin

      Exact.

      Et le premier: DUEL, à mon avis son film le plus habile et le plus étonnant.

      JAWS est un film parfait, un deadlock du début à la fin. Malheureusement le talent de Spielberg est réduit de plus en plus aux premières vingt minutes de la plupart de ses plus récents films (sauf MUNICH). Par exemple, le début de la GUERRE DES MONDES est époustouflant, une expérience de pur cinéma. Ensuite, le convenu et le déjà vu s’installe rapidement. Dommage…

      Josef, dans ROSEMARY’S BABY, on ne voit JAMAIS le diable, le personnage principal.

      Et ÇA, c’est terrifiant!

    • … après avoir visionné ROSEMARY’S BABY, certains spectateurs ont même juré l’avoir VU!

      Plutôt fort, non?

    • Belle comparaison avec Rosemary’s Baby: Je l’ai réécouté dernièrement et j’étais sur et certain qu’on voyait le bébé à la fin. J’avais le souvenir de ses méchants yeux jeunes et noir, de son teint morbide, de ses lèvres noirs. Et rien !

      J’en parlais avec un de mes amis et il me disait: “T’as tort ! t’as dû écouter une version censuré du film parce que je suis sur et certain qu’on voit le bébé”.

      C’est le pouvoir subtil du cinéma.

    • @ martymartin

      Jaws est son deuxième long métrage. Duel est un film télé.

    • Jaws est un succès phénoménal mais aussi le pire film de l’histoire pour les répercussions amenés contre une espèce. Le requin est persécuté sans aucune raison et cette merveille de la mer est en voie de disparaitre à cause de l’ignorance des hommes. Jaws est un monstre, non pas le requin mais bien le film et son apologie de requin mangeur d’homme.

      Si la vie marine et la protection des océans vous interresses
      www.seashepherd.com

    • @ tous ceux qui blâment Jaws pour l’impact sur les requins

      C’est faux et archi-faux. Ce n’est pas la version occidentale du requin mangeur d’homme qui tue les requins, mais bien la pêche commerciale atroce qu’effectuent les Japonais pour ne manger que leurs ailerons… Ils coupent les ailerons et rejettent le requin encore vivant à l’eau! Et tout ça pour faire de la soupe ou des aphrodisiaques.

      Vous voulez une preuve que ce n’est pas Jaws qui crée le phénomène? Les baleines sont encore aujourd’hui surpêchées par les mêmes Japonais malgré tout le capital sympathie qu’elles ont. Ça ne change rien.

      Bien sûr, on essaie de faire des pressions pour les baleines. Pas pour les requins et c’est peut-être là que Jaws fait mal: on a peu de sympathie pour ces bêtes somme toute magnifiques et d’une importance capitale à l’écosystème marin…

      @gkaplan

      Je n’irais pas à dire que c’est un “sport”… mais oui, ce serait resté réservé pour l’élite. Cela dit, c’est sûr que si ça n’avait pas été Jaws ça aurait été un autre film… Jaws et les autres blockbusters (de bonne qualité s’entend) sont des portes d’entrée pour les amateurs au cinéma. Ça nous met en appétit pour un film plus poussé, d’auteur…

    • @ Jozef

      Certes, Duel était un film conçu pour télé, mais c’est tout de même un long métrage.

      Après sa diffusion à la télé, il fut distribué en salle.

      Il a d’ailleur remporté le grand prix au premier festival de film fantastique d’Avoriaz en 1973. (deux après sa sortie à la télé).

    • @lordcraft

      Votre argument est plein de sens mais Jaws à créer un sentiment de peur non valide envers une espèce. La populace ne s’en préoccupe pas ou peu car la perception de l’espèce est fausse, ce qui encourage les compagnies et pays à massacrer car personnes ou presque n’ose proterster. C’est quand même drôle de voir les gens hurler contre le massacre des dauphins car on sait tous que le dauphins et gentils et beau. Idem pour les bébés phoques dont la population est sans danger et pourtant les gens sont révoltés.

      N’oubliez pas les événements récents du Husky versus le bébé, je promène mon chien à tout les jours et je me fais poser la question si mon chien est méchant car vous savez la le husky tueur d’enfant!!!

      Appliquer cette recette avec le succès de Jaws et vous allez constater que ce film est un message de propangande envers les requins.

    • Dans le premier prédateur, on ne voit pas clairement le monstre avant la fin du film et ça fonctionne beaucoup mieux que dans Predator 2, qui est principalement mauvais parce qu’on le voit tout le long!

    • La comparaison avec Rosemary’s Baby n’est pas vraiment adéquate: l’important dans le film de Polansky, c’est l’ambiguïté, la psychologie de Mia Farrow, le dilemme folle ou pas folle. C’est par cette ambiguïté que Polanski peut jouer sur les thèmes de l’angoisse parentale; montrer le bébé aurait été nié toute la réflexion précédente. On le voit un peu d’ailleurs, il y a un rapide fondu enchaîné vers la fin, on voit ses yeux jaunes pendant une fraction de seconde, c’est pourquoi on s’en rappelle, juste assez subtil pour garder l’ambiguïté.

      Jaws, au contraire, c’est un film de monstre, donc par définition, on est dans le régime de la monstration. Voir le requin, c’est l’un des enjeux de la mise en scène, il s’agit de trouver comment le montrer, et c’est à ça que Spielberg excelle.

    • @ cinematographe

      Bon point concernant Rosemary’s Baby. Mon propre exemple de la mère dans Psycho ne tient pas la route non plus. Elle nous est cachée ou esquissée tout au long du film à des fins narratives, non par un simple choix de mise en scène comme dans les autres exemples que j’ai avancé.

    • @lordcraft

      “Bien sûr, on essaie de faire des pressions pour les baleines. Pas pour les requins et c’est peut-être là que Jaws fait mal: on a peu de sympathie pour ces bêtes somme toute magnifiques et d’une importance capitale à l’écosystème marin…”

      Tu viens de comprendre pourquoi ce n’est pas faux et archi-faux ;-)

      et du même coup tu peux comprendre l’histoire avec les bébés phoques…

    • ça me fait penser que j’aimerais bien voir un Spielberg en forme…

    • @heinzblutz et jon8

      Évidemment, je l’ai même dit dans mon commentaire que l’on a moins de sympathie pour les requins que pour les baleines. Et oui, Jaws a probablement aidé à cette mauvaise réputation (qui n’est pas totalement fausse non plus… les requins ne sont pas des monstres comme Jaws certes, mais ce sont tout de même des prédateurs dangereux.) Mais mon point n’était pas là: ce n’est pas Jaws qui tue des milliers de requins par année, mais bien la surconsommation asiatique. Comme les baleines. En ce sens, c’est faux que Jaws en est la cause. Arrêtons de blâmer un simple film et agissons!

      Quant aux bébés phoques… pfffft…

    • Le dernier Spielberg que j’ai trouvé génial doit bien remonter à Minority Report.

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