Jozef Siroka

Archive, juin 2010

Mercredi 30 juin 2010 | Mise en ligne à 15h45 | Commenter Commentaires (54)

Qui sont les stars d’aujourd’hui?

George Clooney et Cary Grant.

George Clooney et Cary Grant.

Avec la sortie cette semaine de la comédie d’action Knight & Day, on souligne le retour sur grand écran de celui qui fut pendant une longue période la plus grande vedette du monde : Tom Cruise. Le fait que son film n’a pas fait sauter la banque ne surprendra personne : les stars – tant celles qui sont établies que les has-been – ne garantissent plus le succès au box-office depuis plusieurs années. Pourtant, elles existent et continuent à occuper un rôle fondamental dans le façonnement de l’image hollywoodienne, l’atout le plus précieux de l’industrie.

Chez Cinematical, on a analysé la liste des acteurs qui ont rapporté le plus d’argent en carrière jusqu’à présent pour tenter de déterminer qui est l’héritier de Tom Cruise. La réponse n’est pas si simple. Les deux premiers noms, Tom Hanks et Eddie Murphy, doivent leur place enviable en grande partie à leurs voix (les méga-franchises Toy Story et Shrek). D’autres personnalités, comme Harrison Ford (#3), Samuel L. Jackson (#7), Bruce Willis (#8), ou Julia Roberts (#12), n’ont pas porté de hits sur leurs épaules depuis longtemps.

On peut dire que, parmi les mieux classés sur la liste, Will Smith (#9) et Johnny Depp (#11) ressemblent le plus à ce qu’on peut définir comme stars contemporaines. Au-delà de leur rentabilité, ils dégagent ce rare charisme capable de séduire tant la gent féminine que masculine, les jeunes et les moins jeunes, les Nord-Américains et les Sud-Asiatiques, etc. Dans cette catégorie, on retrouve également Matt Damon (#21), Brad Pitt (#28), Robert Downey Jr. (#47) et Leonardo DiCaprio (#62).

Mais si je devais choisir l’ultime superstar de notre époque, celle qui m’incite à voir ses films de par sa seule présence au générique, ce serait George Clooney (#79). À mon avis, il est le seul acteur de sa génération qui dégage cette prestance, cette classe, cette aura qui caractérisaient les principales figures du star system de l’Âge d’or d’Hollywood.

En même temps, il est très différent des Cary Grant, Gregory Peck ou Henry Fonda à qui on le compare régulièrement. Comme l’argumente un portrait largement cité publié dans Time il y a deux ans, Clooney est très calculateur : il s’amuse à jouer la star, et ce, davantage en public que sur grand écran. Il refuse de suivre les règles du star system, de devenir une marque, comme Tom Cruise l’a été durant sa période de gloire (avant de très publiquement perdre les pédales).

Clooney est en somme une star post-moderne; constamment au courant de son propre statut, il s’en dissocie et le commente à sa guise. Il vit sa célébrité sans effort et de manière si désinvolte parce qu’il sait exactement ce qu’elle représente et comment s’en servir. Comme le conclut l’article de Time, «Clooney est une star de cinéma parce qu’il est le plus heureux lorsqu’il contrôle comment tous ceux qui l’entourent se sentent».

Pour avoir rencontré Clooney à quelques reprises, je confirme ce que tout le monde dit à son propos : il est la star la plus terre à terre et la plus sympathique qui soit. Lors du tournage à Montréal de son premier film, Confessions of a Dangerous Mind (2002), il louait régulièrement le Buonanotte pour y divertir son équipe et ses amis VIP. Je n’étais qu’un busboy, pourtant il m’appelait toujours par mon prénom, m’invitait à joindre sa compagnie, me payait des verres, semblait vraiment écouter ce que j’avais à dire et laissait des pourboires particulièrement généreux. Il était la célébrité préférée des vétérans du resto-bar, qui en ont vu bien d’autres. Tout le monde l’aimait et il rendait cet amour en retour – notamment à une des serveuses à qui il a donné un rôle dans son film. Contrairement à la plupart des stars, ce qui stimule Clooney par dessus tout lorsqu’il rentre dans une pièce, ce n’est pas le fait d’impressionner les gens en tant que star, mais en tant que personne tout court. C’est là, je crois, le rôle dont il est le plus fier.

L’Américain

Dans son prochain film, qui prendra l’affiche le 1er septembre, Clooney incarne an tueur à gages qui se rend en Italie pour un dernier contrat. The American est le deuxième long métrage d’Anton Corbijn, qui nous a offert il y a 3 ans Control, un poétique biopic sur le chanteur de Joy Division.

À lire aussi :

> Tom Cruise : il était une fois une superstar
> Le déclin des stars

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Lundi 28 juin 2010 | Mise en ligne à 16h30 | Commenter Commentaires (35)

La domination du cinéma pour enfants

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Dans deux brefs billets, le commentateur politique Andrew Sullivan compile des citations à propos de la domination du cinéma pour enfants/d’animation dans les multiplexes, que ça plaise ou non.

Il cite le blogueur du Los Angeles Times Steven Zeitchik qui note que, cette année plus que jamais, les grosses productions destinées principalement aux 12 ans et moins (How to Train Your Dragon, Shrek Forever After, Alice in Wonderland, The Karate Kid, Toy Story 3) ont complètement surclassé au box-office les films visant les ados/jeunes adultes/fanboys/adultes (Hot Tub Time Machine, Get Him to the Greek, Cop Out, Prince of Persia, The A-Team, Sex and the City 2, Kick-Ass, Clash of the Titans, The Wolfman, The Bounty Hunter, Killers).

(Il est d’ailleurs plutôt révélateur que le #2 au box-office cette semaine derrière Toy Story 3 est Grown Ups, un film au titre ironique qui célèbre l’incapacité à véritablement grandir d’un groupe d’amis qui se retrouvent dans la quarantaine).

Les conséquences sont inévitables : les studios, qui ont déjà vu leur production globale chuter d’un tiers (!) comparé à l’an dernier, vont davantage homogénéiser leur produit. «Faire un film pour n’importe qui sauf des familles implique prendre un immense risque», conclut Zeitchik.

Le cinéma pour «toute la famille» est vendeur pour une raison pratique : il y a toujours au moins un adulte pour accompagner l’enfant. Au moins deux billets d’achetés pour combler le désir d’un seul client. Le génie des studios, c’est d’avoir su transformer l’accompagnateur en client autonome en assaisonnant ce type de films de thèmes plus matures, parfois osés, exprimés à l’aide de sous-entendus. Ainsi, de plus en plus d’adultes vont au cinéma voir ce genre de films, parfois, on l’imagine, en confiant leurs enfants à un service de garde…

Ceci dit, la domination du cinéma pour enfants ne s’évalue pas seulement en terme de retombées financières. Selon un critique non-identifié cité par Sullivan :

How to Train Your Dragon et Toy Story 3 ne sont pas juste des films familiaux. Il dépassent en qualité et en sophistication la plupart des films destinés au public adulte. Les films d’animation, quoique intrinsèquement plus artificiels, nous procurent des histoires plus humaines et stimulantes que ce que l’on trouve dans les prises de vues réelles. En ce moment, les films familiaux sont parmi les meilleurs qu’on trouve dans les multiplexes.

Je ne doute pas de la véracité de ces propos, mais n’y a-t-il pas quelque chose de dérangeant dans cette notion que les films populaires les plus engageants pour la tête et le coeur d’aujourd’hui comportent TOUJOURS un happy end et se déclinent régulièrement en cadeaux de happy meal? Sans vouloir faire le nostalgique d’une époque qui ne m’appartient pas, je constate que, dans le bon vieux temps, nombre de films qui attiraient les masses – les French Connection, Taxi Driver ou The Deer Hunter – se démarquaient par des thèmes sombres et anticonformistes qui feraient pleurer n’importe quel membre du sacro-saint groupe des 12 ans et moins… En tant que cinéphile, je préfère être ébranlé que rassuré.

Au moins il y a (ou avait) The Wire. Un grand amateur de la meilleure télé-série de tous les temps réplique chez Sullivan :

Je n’en ai rien à faire de Toy Story. Ceci étant dit, il est grand temps que les enfants d’Amérique apprennent sur les zones grises et sur les désolantes complexités sociales du trafic de drogue moderne et des efforts politiques et législatifs entrepris pour le combattre dans un format qui leur est accessible et plaisant. De plus, l’émission devrait s’appeler Hamsterdam et présenter des hamsters animés. Évidemment.

En cette ère célébrant l’infantilisation, on a peut-être trouvé un compromis :

À lire aussi :

> De la précocité du cinéma pour enfants
> Totoro, le plus grand

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Vendredi 25 juin 2010 | Mise en ligne à 22h30 | Commenter Commentaires (71)

Le Top 6 de Woody Allen, selon… Woody Allen

Match Point

Match Point

En entrevue au Times de Londres, Woody Allen évalue sa propre filmographie («Il y en a quelques uns meilleurs que d’autres, une demi-douzaine, mais on retrouve une surprenante rareté de pellicule valable») et fournit un Top 6 presque déconcertant :

The Purple Rose of Cairo (1985), Match Point (2005), Bullets Over Broadway (1994), Zelig (1983), Husbands and Wives (1992) et Vicky Cristina Barcelona (2008).

On s’entend, on ne trouve pas de navets dans cette liste, loin de là! Mais s’agit-il vraiment de ses meilleurs films?

Permettez-moi de proposer mon Top 6 du cinéma de Woody Allen :

1 - Hannah and Her Sisters (1986)
2 - Annie Hall (1977)
3 - Crimes and Misdemeanors (1989)
4 - Manhattan (1979)
5 - Deconstructing Harry (1997)
6 - Another Woman (1988)

D’autres suggestions?

> La filmographie de Woody Allen

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