
George Clooney et Cary Grant.
Avec la sortie cette semaine de la comédie d’action Knight & Day, on souligne le retour sur grand écran de celui qui fut pendant une longue période la plus grande vedette du monde : Tom Cruise. Le fait que son film n’a pas fait sauter la banque ne surprendra personne : les stars – tant celles qui sont établies que les has-been – ne garantissent plus le succès au box-office depuis plusieurs années. Pourtant, elles existent et continuent à occuper un rôle fondamental dans le façonnement de l’image hollywoodienne, l’atout le plus précieux de l’industrie.
Chez Cinematical, on a analysé la liste des acteurs qui ont rapporté le plus d’argent en carrière jusqu’à présent pour tenter de déterminer qui est l’héritier de Tom Cruise. La réponse n’est pas si simple. Les deux premiers noms, Tom Hanks et Eddie Murphy, doivent leur place enviable en grande partie à leurs voix (les méga-franchises Toy Story et Shrek). D’autres personnalités, comme Harrison Ford (#3), Samuel L. Jackson (#7), Bruce Willis (#8), ou Julia Roberts (#12), n’ont pas porté de hits sur leurs épaules depuis longtemps.
On peut dire que, parmi les mieux classés sur la liste, Will Smith (#9) et Johnny Depp (#11) ressemblent le plus à ce qu’on peut définir comme stars contemporaines. Au-delà de leur rentabilité, ils dégagent ce rare charisme capable de séduire tant la gent féminine que masculine, les jeunes et les moins jeunes, les Nord-Américains et les Sud-Asiatiques, etc. Dans cette catégorie, on retrouve également Matt Damon (#21), Brad Pitt (#28), Robert Downey Jr. (#47) et Leonardo DiCaprio (#62).
Mais si je devais choisir l’ultime superstar de notre époque, celle qui m’incite à voir ses films de par sa seule présence au générique, ce serait George Clooney (#79). À mon avis, il est le seul acteur de sa génération qui dégage cette prestance, cette classe, cette aura qui caractérisaient les principales figures du star system de l’Âge d’or d’Hollywood.
En même temps, il est très différent des Cary Grant, Gregory Peck ou Henry Fonda à qui on le compare régulièrement. Comme l’argumente un portrait largement cité publié dans Time il y a deux ans, Clooney est très calculateur : il s’amuse à jouer la star, et ce, davantage en public que sur grand écran. Il refuse de suivre les règles du star system, de devenir une marque, comme Tom Cruise l’a été durant sa période de gloire (avant de très publiquement perdre les pédales).
Clooney est en somme une star post-moderne; constamment au courant de son propre statut, il s’en dissocie et le commente à sa guise. Il vit sa célébrité sans effort et de manière si désinvolte parce qu’il sait exactement ce qu’elle représente et comment s’en servir. Comme le conclut l’article de Time, «Clooney est une star de cinéma parce qu’il est le plus heureux lorsqu’il contrôle comment tous ceux qui l’entourent se sentent».
Pour avoir rencontré Clooney à quelques reprises, je confirme ce que tout le monde dit à son propos : il est la star la plus terre à terre et la plus sympathique qui soit. Lors du tournage à Montréal de son premier film, Confessions of a Dangerous Mind (2002), il louait régulièrement le Buonanotte pour y divertir son équipe et ses amis VIP. Je n’étais qu’un busboy, pourtant il m’appelait toujours par mon prénom, m’invitait à joindre sa compagnie, me payait des verres, semblait vraiment écouter ce que j’avais à dire et laissait des pourboires particulièrement généreux. Il était la célébrité préférée des vétérans du resto-bar, qui en ont vu bien d’autres. Tout le monde l’aimait et il rendait cet amour en retour – notamment à une des serveuses à qui il a donné un rôle dans son film. Contrairement à la plupart des stars, ce qui stimule Clooney par dessus tout lorsqu’il rentre dans une pièce, ce n’est pas le fait d’impressionner les gens en tant que star, mais en tant que personne tout court. C’est là, je crois, le rôle dont il est le plus fier.
L’Américain
Dans son prochain film, qui prendra l’affiche le 1er septembre, Clooney incarne an tueur à gages qui se rend en Italie pour un dernier contrat. The American est le deuxième long métrage d’Anton Corbijn, qui nous a offert il y a 3 ans Control, un poétique biopic sur le chanteur de Joy Division.
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