Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Samedi 29 mai 2010 | Mise en ligne à 14h05 | Commenter Commentaires (67)

    Dennis Hopper (1936-2010)

    Dennis Hopper dans «Easy Rider» - (Everett Collection)

    Dennis Hopper dans «Easy Rider»

    TMZ nous apprend il y a moins d’une heure la mort de Dennis Hopper, qui luttait depuis plusieurs mois avec le cancer de la prostate.

    En cette triste occasion, je reprends un billet que j’ai rédigé à son sujet en avril :

    DANS LE NOIR AVEC DENNIS HOPPER

    L’anecdote est relativement célèbre : après avoir lu le scénario de Blue Velvet (1987), Dennis Hopper téléphone David Lynch pour lui dire : «Tu dois me laisser jouer Frank Booth. Je suis Frank Booth!». L’acteur, dont la carrière était au plus bas, et qui venait de sortir d’une longue cure de désintox, a obtenu son salut en incarnant un des psychopathes les plus inquiétants de l’histoire du cinéma.

    Dans un très beau portrait paru la semaine dernière dans le New York Times, Manohla Dargis parle du courage de sa démarche :

    Si le plaisir de sa performance est teinté de malaise, c’est parce que M. Hopper n’a apparemment jamais eu peur d’avoir l’air ridicule – une qualité importante pour tout interprète. Peu d’acteurs peuvent naviguer sur la ligne entre la terreur et la comédie de manière aussi déconcertante, comme le démontre son hypnotisante exécution dans Blue Velvet de David Lynch. Où est-ce que ce personnage se termine et M. Hopper commence? On ne le sait pas, et cet état de fait est l’espace dans lequel travaille M. Hopper.

    Aujourd’hui, Dennis Hopper est âgé de 73 ans et souffre d’un cancer en phase terminale. Il sera intéressant de voir quel aspect de sa carrière sera souligné avec le plus de vigueur lorsque viendra le temps des hommages. Artiste multidisciplinaire (il est aussi réalisateur, photographe et peintre), Hopper aura laissé une trace dans divers pans de l’univers du cinéma sans toutefois jamais s’établir dans un courant en particulier. On l’a vu aux côtés de légendes comme James Dean (Rebel Without a Cause, Giant) et John Wayne (The Sons of Katie Elder, True Grit). Il a fait la fête (et des films) avec Andy Warhol et a commencé sa légendaire collection d’art en achetant pour 75$ une des premières versions de ses Boîtes de soupe Campbell. Il a été L’ami américain pour l’Allemand Wim Wenders. Il a récité avec maestria les mots de Quentin Tarantino…

    Et, surtout, il a été présent à la naissance et à la mort de la belle période des movie brats. En effet, en réalisant (et en jouant dans) Easy Rider (1969), un road-movie sur des motards hippies à la recherche de l’Amérique perdue, il lançait le «Nouvel Hollywood» et ses cinéastes-garnements qui ont eu libre cours pour faire des films artistiques à l’intérieur du studio system. Cette utopie commença à s’effriter au milieu des années 1970 avec la nouvelle ère de blockbusters (Jaws, Star Wars) pour finalement s’effondrer définitivement en 1980 avec le désastre commercial Heaven’s Gate. Une année plus tôt, cependant, on pouvait voir Hopper faire une apparition dans un des derniers chef-d’oeuvres de cette génération d’auteurs, Apocalypse Now, dans lequel il jouait un sympathique tripeux avec une ribambelle d’appareils photo accrochés autour du cou. «Où est-ce que ce personnage se termine et M. Hopper commence?»

    Revenons pour terminer au rôle définitif de sa carrière d’acteur, celui de Frank Booth. S’il y a un «moment Dennis Hopper» qui restera gravé à tout jamais dans ma mémoire, c’est bien lorsqu’il dit «Now it’s dark». Ces quatre mots sont, en ce qui me concerne, les plus significatifs que j’ai entendus dans un film. Il me serait difficile d’expliquer exactement pourquoi. Disons que cette citation fonctionne à plusieurs niveaux. D’abord, dans le contexte de la scène, le noir tient pour la terreur que Booth inflige à sa victime, Dorothy (Isabella Rossellini). Ensuite, il représente une facette d’un des thèmes prépondérants dans l’oeuvre de Lynch, à savoir le contraste entre le côté lumineux et le côté obscur des gens. Enfin, et c’est là le plus intéressant, «Now it’s dark» parle à tout cinéphile qui entre dans une salle et qui attend que les lumières s’éteignent pour pouvoir pénétrer dans un monde où tout est possible.

    Ah oui, parlant de dialogues mémorables, il y a aussi ça :


    • Se pourrait-il que vous ayez confondu John Ford avec John Wayne ?

      Pour ma part, Hopper reste d’avantage associé à ‘Easy Rider’, film dont il est l’auteur, le scénariste et la vedette et qui est emblématique d’une certaine génération. Hopper est excellent dans ‘Blue Velvet’, mais le film appartient et porte surtout la marque de son réalisateur.

    • @ chandelier

      Bien vu! C’est corrigé à présent.

    • Dennis Hopper est un être complexe : acteur, artiste, réalisateur, collectionneur d’art contemporain, etc.

      Sa filmo de réalisateur est très bonne, sinon excellente. Chef d’oeuvre : Easy Rider. Il a aussi joué dans des films discutables pour payer les dépenses comme on dit. Surtout des rôles de «méchants». Mais ses méchants étaient toujours dans l’esprit de Hitchcock : «meilleur est le méchant, meilleur est le film» Il n’hésitait pas à se caricaturer lui-même : le chef des «smokers» dans Waterworld, le terroriste de Speed, etc.

      Il a aussi réalisé un bijou de film noir contemporain : The Hot Spot.

      Mais mon grand fantasme Dennis Hopper, ce serait de voir le film maudit qu’il a réalisé avec l’argent de Easy Rider : The Last movie.

      Quelqu’un a-t-il un lien sur ce film?

    • Dennis Hopper est, en effet, remarquable dans Blue Velvet. Pour ma part, l’un des psychopathes les plus effrayants que j’ai vu au cinéma est surnommé Booth dans le film et c’est pas des blagues! Il s’agit de John Malkovich dans le thriller (très bon, mais en rien remarquable), In the Line of Fire, de Wolfgang Petersen avec Clint Eastwood dans le rôle d’un ancien garde du corps de JFK qui reprend du service. Le personnage joué par Malkovich insiste pour se faire appeler Booth, du nom du tueur du président Lincoln, car Mitch Leary (c’est le vrai nom du personnage) veut aussi tuer un président.

      Malkovich vaut le prix d’entrée du film à lui seul. Une performance magistrale. Et je pèse mes mots. Il noue avec le garde du corps présidentiel, joué par Eastwood, une étrange relation au téléphone. Ce qui rend le personnage de Malkovich encore plus inquiétant, c’est le contraste saisissant entre la douceur voire la presque mièvrerie de sa voix et ses intentions meurtrières. Ce contraste est mis en lumière dans une scène très réussie qui doit tout au jeu de Malkovich. Celui-ci teste un revolver de sa fabrication face à un lac. Alertés par les coups de feu, deux chasseurs s’empressent de se rendre au bord du lac. L’un deux, intrigué, demande à voir le revolver et l’assassin lui remet l’objet et le mec en profite pour tuer un canard. S’ensuit alors un court monologue de Malkovich, dit d’une voix douce et inquiétante tout à la fois, puis Malkovich les abat tous les deux. Et il se détourne sans l’ombre d’un remords ou sans froncer ne serait-ce qu’un bout de sourcil. Complètement impassible. Comme si rien n’était survenu. J’ai encore cette scène en mémoire tellement elle fut marquante. John Malkovich est certes l’un des acteurs les plus talentueux de sa génération et aussi l’un des plus sous-estimés.

      Pour ce qui est de Dennis Hopper, j’ai toujours admiré son intensité et cette forte présence physique qui lui permet non pas d’incarner un personnage, mais de le hanter. Avec les années i.e. bien après Giant ou même Easy Rider, je crois qu’il est devenu un acteur plus substantiel. Plus habité. Et donc encore plus convaincant car, tout comme le peintre qu’il est, il savait colorer ses personnages et leur donner une folle palette de nuances. Quand je dis qu’il hante un personnage, je veux dire qu’il s’en empare comme le ferait une sorte de poltergeist. Hopper a toujours soutenu qu’il avait tout appris de James Dean. Il disait qu’avant de le rencontrer, il se croyait le meilleur d’entre tous, malgré son très jeune âge. Je me mets parfois à penser ce que serait devenu l’acteur James Dean s’il n’était pas mort aussi jeune. S’il était l’idole de Hopper avec tout ce que cet acteur est devenu, on peut croire qu’un Dean de 60 ans + aurait fait des merveilles. On en a eu un aperçu dans Giant avec le personnage de 60 ans + qu’il jouait vers la fin du film. Bien plus convaincant que Rock Hudson, il va sans dire.

    • Personnellement, je crois que c’est le monologue qu’il envoie a Martin Sheen, prisonnier d’une cage de bambou, dans APOCALYPSE NOW ! qui passera a l’histoire (si ce n’est pas deja fait, si on en juge cette scene geniale du film NIL BY MOUTH dans laquelle un mec reproduit la scene en question devant ses potes !) :
      http://www.youtube.com/watch?v=hi7W_NAvdP8&feature=related

      “What do you think they’re gonna say about him ? That he was a KIND MAN ? HE WAS A WISE MAN ? THAT HE HAD PLANS ? “

    • @ chandelier

      Dennis Hopper a bel et bien tenu un rôle au côté de John Wayne dans “True Grit” (un petit rôle cependant).

      Pour moi, mon moment Dennis Hopper restera sans aucun doute la scène dans “True Romance” où il donne la réplique à Christopher Walken.

      http://www.youtube.com/watch?v=tqccyUpnZwA

    • Blue Velvet. Easy Rider. Apocalypse Now. The Hot Spot. Tous des petits ou grands classiques. Sa dernière apparation dans The Elegy donne toute la mesure de son talent. Son personnage, même absent de la majeure partie du scénario est pivotal, et son interprétation lumineuse parvient à insuffler un peu d’âme à ce film froid et mal dirigé.

    • Entièrement d’accord avec Mr Cash.

      La scène de True Romance demeure l’un des plus beaux moments en carrière de Dennis Hopper.

    • Un des films de Dennis Hopper qui m’a marqué est Paris Trout avec Ed Harris….brrrrrrrrrrrr….frisson…………

    • Quel personnage déjanté dans APOCALYPSE NOW et BLUE VELVET! Et dans la vraie vie, il ne semblait pas être trop tranquille non plus…

      Son héritier spirituel semble être Sean Penn, atteint du même niveau de folie mais en plus canalisée, plus politisée.

      Heureusement…

    • Hopper restera toujours gravé dans ma mémoire pour la scène des siciliens dans True Romance. Lui et Walken ont créés une scène magistrale du cinéma au point de devenir une scène culte.

      Il était évidemment absolument génial dans Blue Velvet. Lorsqu’il passe de Daddy à Baby pendant une nuit typique avec Dorothy, il faut le faire.

      Et je sais que vous allez me trouver bizarre mais je l’ai bien aimé dans Red Rock West au côté de Nicolas Cage. D’ailleurs, ça fait bien longtemps mais je me souviens avoir beaucoup aimé ce film. Un petit tour au club vidéo dans les prochains jours….

      On ne parlera pas de sa présence dans Super Mario Bros….

      Alors, je me souviendrai principalement de la scène de True Romance et son Frank Booth, un des meilleurs méchants de l’histoire. Quels autres méchants m’ont marqués autant ou plus?
      - Hannibal Lecter (Hopkins)
      - Normand Bates (Perkins)
      - Alex (Clockwork orange)
      - Jack (The Shinning)
      - Alonzo (Washington dans Training day)
      - Booth (Malkovich dans In the line of fire)
      - Marietta Fortune (Ladd dans Wild at heart)
      - The Joker (celui de Ledger a même surpassé celui de Nicholson)
      - John Doe (Spacey dans Seven)
      - Max Cady dans Cape Fear (autant Mitchum que DeNiro)
      - Hal 9000 (2001)
      - Mr. Blonde (Madesn dans Reservoir dogs)

      Et 2 des plus mauvais méchants qui me viennent en tête pour une raison quelconque….
      - Biff dans les Back to the future mais si j’ai beaucoup aimé le premier film….
      - Bullseye (Farrell dans Daredevil)

    • goupil

      Nous partageons le même désir: voir The Last Movie. Il suffit de lire un peu sur ce film pour qu’une obsession débute… Désolé, aucun lien à te proposer mais espérons que le négatif est bien conservé et que Criterion est en train de s’y mettre ! Mon idée qu’il s’annonce une grande redécouverte de ce film qui pourrait être encore plus moderne et avant-gardiste qu’Easy Rider. Ne vendons pas la peau…

      Quelqu’un, ici, il y a quelques semaines, proposait un lien vers un site critique où la première page était destinée justement à Last Movie; quelqu’un s’en rappelle ? ça m’échappe.

    • Info The Last movie

      http://www.sancho-asia.com/articles/the-last-movie

      http://www.excessif.com/cinema/actu-cinema/dossiers/le-coin-du-cinephile-the-last-movie-dennis-hopper-4978766-760.html

      Et si vous avez 1000$ à mettre pour l’acquisition du film….Est-ce qu’on part un “pot”???

      http://www.amazon.com/Last-Movie-VHS-Julie-Adams/dp/6301475534/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=dvd&qid=1271357639&sr=1-1

    • Je ne sais pas de quel site vous parlez rafc, mais il y a un article intéressant dans le Village Voice par J.Hoberman, datant de 2006:

      http://www.villagevoice.com/2006-08-08/film/drugstore-cowboy/

      D’après cet article, ça semble vraiment plus avant-gardiste qu’Easy Rider. Je veux voir maintenant moi aussi!

    • http://7eantiquaire.blogspot.com/2009/03/la-longue-traversee-du-desert-de-dennis.html

      Le 7ème Antiquaire (une émission de web radio sur les ondes de Choq.fm) a fait une émissions à propos l’homme durant une période très riche de sa vie; sa disparition dans le désert après une orchestration saugrenue d’art-concept avec de la dynamite et son retour en phénix déplumé dans les années 80. En 86, Hopper apparaît dans rien de moins que 6 films et plusieurs de ces performances sont les meilleures de sa carrière, bien qu’elles soient aux antipodes l’une de l’autre.

    • @ teamstef, rafc et cinématographe

      Merci pour les mots et les liens. Ça fait plus de 20 ans que je n’avais pas lu autant de stuff intéressant sur The Last Movie.

      Mais je ne suis quand même pas assez fétichiste pour mettre 1000$ sur un VHS usagé.

      Comme ce cher Dennis Hopper est à l’article de la mort, et comme l’industrie est nécrophile, je miserais plutôt sur une réédition posthume dvd/blueray de l’ensemble de son oeuvre. À prix plus abordable.

      Il faut créer un buzz sur The Last Movie, n’est-ce pas Jozef?

    • Je me souviendrai toujours de cette scène dans True Romance, avec Christopher Walken, alors que le personnage d’Hopper explique à celui de Walken (un parrain Sicilien) l’origine des Siciliens. Remarquez Tony Soprano qui est dans la pièce et quin’était alors qu’un vulgaire homme de main:

      http://www.youtube.com/watch?v=tqccyUpnZwA

    • Oui, Last Movie est l’un des films non vus qui me font rêver.

    • De ce que j’ai vu de cet acteur en film c’était très bien.
      RIP

    • Mes hommages à Dennis “Billy the Kid” Hopper.

    • moi c’est le voluptueux doigt d’honneur qu’il fait au red neck dans easy rider… vroum vroum… quelle belle époque

    • Je me souviendrai toujours Dennis Hopper pour son rôle dans le film Easy Rider. C’est un véritable classique des années 1960.

    • Le cinéma indépendant américain doit énormément à Hopper et son Easy Rider. Il a ouvert de lourde portes…

    • Mais vers la fin, s’est-il vendu aux majors, je veut dire Speed et Waterworld ? pas des mauvais roles cependant.

    • cr**** qu’il va me manquer!

    • Parmi les interprétations inoubliables de Mr. Hopper je n’oublierai jamais sa performance dans le rôle d’un barman déjanté dans le superbe film Indian Runner de Sean Penn. Dommage que ce film magnifique soit passé inaperçu. A voir absolument.

    • Hopper devait jouer, semble-t-il, Sinatra.

      Sinon, Teddybear, si Waterworld est un supernavet, Speed est un chef-d’oeuvre conceptuel, l’un des meilleurs films d’action hollywoodiens.

    • Question: quel est le rapport entre Dennis Hopper et Dominique Michel?

    • j’ai adoré détester certains personnages de cet acteur !

      tellement dommage qu’on l’ai perdu.

      il va me manquer. il peut maintenant se reposer sans souffrir.

    • @ teddybear

      Ça veux tellement rien dire “vendu aux majors”. C’est bien beau être un grand acteur de petits films indépendants à petit salaire, mais si des producteur se présentent aux 2 ou 3 ans avec des contrat de quelques millions pour 1 mois de travail sur un major, il faudrait être débile pour refuser :-)

      Sur ce …

      “Don’t be a good neighbor anymore to her. I’ll have to send you a love letter! Straight from my heart, fucker! You know what a love letter is? It’s a bullet from a fucking gun, fucker! You receive a love letter from me, and you’re fucked forever! You understand, fuck? I’ll send you straight to hell, fucker!… In dreams… I walk with you. In dreams… I talk to you. In dreams, you’re mine… all the time. Forever. ”
      - Frank Booth

    • Dans la politique américaine, on a surnommé Bill Clinton ”the comeback kid” parce qu’il avait un talent inné pour se relever après un échec politique ou un scandale de moeurs. Dans le monde du cinéma, Dennis Hopper mériterait ce surnom. Sa carrière d’acteur est parsemée de tels retours en force. Comme plusieurs blogueurs, je suis intrigué par The Last Movie (titre prophétique?), surtout parce que je me demande si ce film a une valeur réelle sur le plan artistique. Au fond, on ne connaît que certains faits, dont ceux-ci. Hopper a éprouvé de graves problèmes avec les autorités péruviennes sur les lieux du tournage qui auraient été liés à l’abus de drogues et de sexe. Hopper a mis environ un an à monter ce film car il abusait des drogues et de l’alcool. Après sa sortie en salles, le film fut retiré très vite et le nom de Hopper fut inscrit sur la liste noire des producteurs hollywoodiens pendant près de 10 ans.

      Comeback de Hopper dans Apocalypse Now même si son personnage écopa au montage. Double comeback en 1986 (ET NON 1987, M. SIROKA) avec Blue Velvet, mais aussi avec Hoosiers qu’on ne commente pas suffisamment. Or, Gene Hackman et Dennis Hopper sont formidables dans ce film qui a valu une nomination à Hopper comme meilleur acteur de soutien aux Oscars. Ce film à propos d’une équipe de basketball d’une école secondaire de l’Indiana marque deux comebacks, en fait. Celui de Hackman dans le monde de la fiction et celui de Hopper dans le monde réel. C’est vous dire combien avec Hopper la vie semble être indissociable de l’oeuvre. À ce sujet, dans la scène fameuse où le personnage de Nicholson parle de liberté,. je me demande si ce n’est pas Hopper qui s’adresse lui-même, par l’entremise de ce personnage, aux bonzes des studios. Liberté politique qui se confond avec liberté artistique. (Du reste, Hopper a toujours soutenu qu’Easy Rider n’était pas un film sur les motards ou un road movie, mais plutôt un film politique ancré dans la réalité d’alors aux USA.)

      Car, durant toute sa vie, Hopper fut précisément cela : un homme libre. Un artiste aux mille talents. Et aussi un homme hanté par ses démons. Un homme qui a vécu tout autant des échecs professionnels que sentimentaux (je ne savais pas qu’il avait été marié … pendant huit jours à la belle Michelle Phillips des Mammas and the Pappas). M’est avis qu’il ne regrette rien et que si on lui avait demandé s’il aurait mené sa vie différemment à certains égards, il aurait sans doute répondu qu’il n’y aurait rien changé. Si oui, c’est bien ainsi car son legs cinématographique est bien plus riche (même si morcelé) que bien des acteurs célébrés et patentés d’hier et d’aujourd’hui.

    • De Rebel Without A Cause à Easy Rider à Apocalypse Now.

      SWAMP.

      http://www.youtube.com/watch?v=zHd6m_cirrU&feature=related

      Ride Free.

      JP Gagnon

    • Il fut le seul moment amusant de ce navet qu’a été Waterworld.
      Bon voyage, monsieur Hopper.

    • quel est le rapport entre Dennis Hopper et Dominique Michel?

      J’attend la réponse moé la .

    • @ ankh, pouvez-vous élaborer? :))

      teddybear, résultat de google search, nous sommes tombés dans une boucle infinie, merci unholy_ghost:

      » Dennis Hopper (1936-2010) | Jozef Siroka
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      29 mai 2010 … Mais mon grand fantasme Dennis Hopper, ce serait de voir le film …. Question: quel est le rapport entre Dennis Hopper et Dominique Michel? …
      blogues.cyberpresse.ca/moncinema/…/dans-le-noir-avec-dennis-hopper/”

    • Ça me fait vraiment c**** de l’avouer, mais je n’ai f****** aucune idée de ce qui lie Dennis Hopper à Dominique Michel!

    • @imoi. Désolé, mais je ne comprends pas votre question.

    • Je tenterais ceci: Dodo faisait la voix française de Hopper dans le doublage de The Trip de Roger Corman !

    • Lien entre Domini

    • Lien entre Dominique Michel et Dennis Hopper ? Euh … En 1986, ils ont tous les deux joué le rôle de leur carrière (et fait un comeback) : Elle dans LE DÉCLIN DE L’EMPIRE AMÉRICAIN, lui dans BLUE VELVET … ??

    • C’est simple, Hopper et Michel jouent grosso modo le même rôle… Dans quoi?

    • Dans le même esprit oecuménique qui nous a fait faire tourner la vie de Mario Pelchat par Fellini, je propose le film de ce matin (et au passage, j’invente un titre long pour être dans le sujet de la semaine dernière):

      La Diva et les jumeaux démoniaques ou Comment une jeune Cendrillon bling-bling devient la Reine en enfantant avec le nain Chauve, un film de Mario Bava.

    • Ha! mais, les femmes chez Bava sont beaucoup plus belles et sexy que la Diva. Pour le physique de suppôt par contre – Angélil / Telly Savalas / nain Chauve – c’est très fécond; verra-t-on les yeux des jumeaux à la fin?

    • Je verrais plutôt un prince chevelu dans le rôle du méchant…

    • Je cherche THE ADVENTURES OF A YOUNG WIDOWER dans la filmographie de Hopper, mais je ne trouve pas … ;)

    • @rafc Les plus belles femmes chez Bava sont réunies dans son chef-d’oeuvre qu’est BLACK SABBATH (les trois visages de la peur) – Michele Mercier, Susan Andersen, … Allez voir ça sur Youtube !! (Meilleure image en tapant : i tre volti della paura)

    • @Jozef Siroka

      Je sais, c’est être pointilleux, mais Blue Velvet est une production de 1986!

    • Le chevelu est la méchante soeur qui fait travailler les deux jumeaux avant que ceux-ci se vengent en le transformant en citrouille végasienne.

      En plus, ça marche, la Diva est est presque un anagramme de Cendrillon…

    • @ Eraserhead

      Merci pour le lien.

      Les femmes n’ont jamais été aussi belles que dans les années soixante. À preuve, remarquez comment les sublimes actrices de MAD MEN sont magnifiées par leurs vêtements, leur coiffure, leur maquillage…

    • Mad Men, c’est plutôt les années 50 tardives… (comme on dit que le 19e a continué jusqu’en 1914)

    • Eraserhead, vous faites une comparaison des versions américaine et italienne de Black Sabbath sur votre blogue, Films Cultes, et c’est très intéressant. En particulier cette lettre du segment Le Téléphone qui, dans sa version originale italienne suggère le lesbianisme des personnages (en ‘63, ’50s tardives); suggestion totalement évacué de la version américaine …!

    • Finale inoubliable (avec la non moins inoubliable Susan Andersen) du conte LE WURDALAK du chef-d’oeuvre de Mario Bava BLACK SABBATH/LES TROIS VISAGES DE LA PEUR :
      http://www.youtube.com/watch?v=QTFV-FWHtNo&feature=related

    • Joseph, faites un poste sur la décision de Del Toro d’abandonner le Hobbit. C’est une putain de grosse nouvelle. Verra-t-on Jackson reprendre les rennes?

    • «Mad Men, c’est plutôt les années 50 tardives…»

      Pas d’accord. La présidence de Kennedy et la crise des missiles cubains, qui servent de toile de fond à la série, avaient bel et bien mis un terme aux années cinquante.

      Et puis, Cassavetes vient de faire SHADOWS, Kerouac a publié ON THE ROAD en 57, Warhol et Lichtenstein font exploser le Pop Art… À Harvard, en 1960, Timothy Leary commence à faire la promotion du LSD. C’est aussi en 1961 que Dylan fait ses débuts au Café Wha?. En Europe, la Nouvelle Vague bat son plein…

      Sinon, le voyage que Draper effectue en Californie à la fin de la deuxième saison est un pur trip sixties…

    • …et il y a un Rothko dans le bureau de Sterling qui consterne les employés. Mais toute la série est là, illustrer la zone grise délimitant deux époques. Les cendres des années 50 sont encore brûlante dans la première saison.

    • “Et puis, Cassavetes vient de faire SHADOWS, Kerouac a publié ON THE ROAD en 57, Warhol et Lichtenstein font exploser le Pop Art… À Harvard, en 1960, Timothy Leary commence à faire la promotion du LSD. C’est aussi en 1961 que Dylan fait ses débuts au Café Wha?. En Europe, la Nouvelle Vague bat son plein… ”

      Justement, pour moi, c’est justement le génie particulier des années 50: Beat, rock n roll, nouvelle vague, cinéma direct, new folk, Pop art. Les années 60 commence avec les Beatles et la mode hippie, pas avant. Jean Seberg dans son habit de matelot d’A bout de souffle, c’est fifties pour moi, comme Marilyn, Betty Page et les pin up girls, les grosses voitures, le pastel, la photo noir et blanc, etc. Pas loin de préférer cela aux sixties…

    • Les années 50 c’est l’innocence et la croyance en le progrès. Les sixties c’est le désenchantement et la révolte. L’assassinat de JFK et le psychédélisme, c’est les sixties. Oui, il y a des germes avant, mais ce n’est pas généralisé. Esthétiquement parlant, Mad Men c’est fifties.

    • À tout prendre et le Chat dans le sac, c’est fifties. Wow et Où êtes-vous donc, c’est sixties.

    • Et il faut attendre 69 pour voir le fleuron des sixties qu’est Easy Rider.

    • “la zone grise délimitant deux époques”

      Oui, c’est ça: montrer une époque peu vue au cinéma, le début des sixties. Encore les fifties, pas tout à fait les Sixties telles qu’on se les représente. C’est la même chose avec American Graffiti de Georges Lucas: tout le monde pense que c’est un film fifties, alors qu’il se passe en 1963 si je ne m’abuse.

    • C’est vrai que, symboliquement, les sixties ne démarrent réellement qu’avec l’assassinat de JFK.

      Sauf que notre débat n’en est pas vraiment un. Les zones grises dont parle Rafc s’étirent et se rétractent au gré de perceptions fluctuantes. Rien de trop clair en somme…

      Ceci dit, si je suis assez d’accord pour dire que les fifties sont marquées par l’innocence et que les sixties le sont, elles, par le désenchantement, je n’arrive pas, en revanche, à associer les beatniks, la Nouvelle Vague et le Pop Art à une sorte de naïveté fifties. Bien au contraire: il y a chez Kerouac, comme chez Godard ou Warhol, une inquiétude et une mélancolie qui ne cadrent pas du tout avec l’optimisme des années cinquante.

      Sinon, je dirais aussi que, esthétiquement parlant, la première partie des sixties me semble de plus en plus séduisante, au détriment de la seconde qui avait nettement mes faveurs quand j’étais plus jeune.

    • Les zones grises se révèlent plus intéressantes dans la particularité d’une oeuvre que dans une tentative d’analyse historique. La toile de Rothko dans le bureau du patron Sterling montre que les passages entre époques ne se font pas nécessairement au même moments pour tous. Rothko était avant-gardiste dans les années 50, dans les 60 il est déjà un artiste de commande; il est le progrès de la génération passée qui maintenant dirige. Progrès qui consterne la majorité des jeunes employés, excepté l’écrivain et l’artiste dans le placard, qui y pressentent quelque chose comme le psychadélisme peut-être… Ce sont différentes vagues de fond qui ne bougent pas exactement au même moment et créent des remoux.
      Rien de trop clair, tu as raison Astyanax, mais dans l’arbitraire d’une année précisément évoquée dans une oeuvre on doit essayer de se débroussailler.
      Comme par exemple: se demander qu’est-ce qui annonce les années 70 dans Easy Rider?

    • C’est vrai, Rafc, qu’il faut tenter de débroussailler. Mais, dans le cas des sixties, la tâche n’est pas si simple…

      Je parlais plus tôt de la mort de JFK comme d’une borne historique placée sous le signe de l’inquiétude et de la perte des illusions. Or, quels sont les événements qui sont souvent cités parmi ceux qui auraient sonné le glas des années 60? EASY RIDER, comme tu le mentionnes, le concert des Stones à Altamont, le choc pétrolier de 73 et, parce que je suis fan, j’ajouterais aussi LA MAMAN ET LA PUTAIN. Tu me vois venir avec mes gros sabots (hollandais et jaunes): Comment une ère de désenchantement peut-elle se terminer dans le… désenchantement?

    • Et si l’assassinat de JFK avait plutôt engendrer la courte période utopique des 60s ‘peace and love’ (la culpabilité qui suit le meurtre rituel dirais l’ami Freud) court-circuité par les glas que tu énumères. Délà l’absurdité de la fusillade qui clos Easy Rider. Et l’inquiétude, elle était déjà là en 50 sous la forme d’une inquiétante étrangeté (salut l’ami) avec la menace nucléaire, le racisme irritant …

    • Je me suis trompé: la perte de l’innocence ne débouche pas nécessairement sur le désenchantement (plus seventies, finalement). Les sixties c’est la sortie du cocon doux de l’innocence et l’expérimentation, la révolte ouverte.

      L’innocence est dans la culture générale. Il est vrai que certains artistes sont plus mélancoliques que la masse dans les fifties (c’est d’ailleurs les futures vedettes sixties, tiens, tiens). Mais tu m’accorderas que A bout de souffle est plus optimiste et innocent que disons Week-End.

    • «Mais tu m’accorderas que A bout de souffle est plus optimiste et innocent que disons Week-End.»

      Oui.

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