Jozef Siroka

Archive, avril 2010

Jeudi 29 avril 2010 | Mise en ligne à 15h45 | Commenter Commentaires (33)

Commando, le remake

Hollywood poursuit sa razzia de remakes totalement superflus en jetant cette fois-ci son dévolu sur Commando (1985) de Mark Lester, probablement le plus grand plaisir coupable de tous les temps. Selon le scoop de Nikki Finke, la nouvelle version, qui reprend la même prémisse que l’original, présentera un héros «moins musclé mais plus habile en tactiques de camouflage et en armement». (Quelqu’un a dit Adrien Brody?)

Le film sera écrit et réalisé par David Ayer, un ancien soldat de l’US Navy qui a signé les scénarios des polars sombres Training Day (2001) et Dark Blue (2002), avant de se lancer dans la réalisation avec l’efficace Harsh Times (2005) et le mal-aimé Street Kings (2008). Ayer, qui a connu une enfance trouble dans le quartier violent de South Central à Los Angeles, est chargé d’apporter une «tournure réaliste» au classique du 80s Action.

Le résultat final n’aura certainement rien à voir avec le cachet cheezy qui a fait de Commando ce film unique en son genre dont on aime se moquer affectueusement, et qu’on ne se lasse jamais de revoir. Comme le dit Finke, «on espère que la nouvelle version va retenir l’esprit badin de l’original, la première de plusieurs collaborations entre Schwarzenegger et le producteur Joel Silver dans lesquelles ils font tout sauter sur leur chemin». Sinon, quel est le but de reprendre le même tire? Ah oui, comme se plairait à me faire remarquer tout adepte du marketing, il ne faut pas oublier la fameuse «identification du produit»…

Enfin, j’enjoins tous les amateurs de Commando à lire l’analyse ultime du film, gracieuseté de Ruthless Reviews.

À lire aussi :

> On s’ennuie d’Arnold!

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Mardi 27 avril 2010 | Mise en ligne à 15h05 | Commenter Commentaires (49)

Up in the Air : Jason Reitman, vendeur de bullshit

Tavis_Coburn_BAFTA_UpInTheAir

Up in the Air est le Slumdog Millionaire de son année : un film indépendant censément profond et spirituel qui a emballé autant le public, la critique et les membres de l’Académie. Quoique bien supérieur à l’abject conte de Danny Boyle, le drame romantique de Jason Reitman se présente à mes yeux comme rien de plus qu’un divertissement correct servi par une morale douteuse. En d’autres mots, un produit hollywoodien ce qu’il y a de plus typique. Pourtant, c’est ce même Up in the Air qui s’est retrouvé au premier échelon de nombre de Top 10 de 2009. Allez savoir!

Vous aurez compris que ce n’est pas tant ce film – très conventionnel et inoffensif d’un point de vue narratif et dramatique – qui m’a incommodé que les réactions étrangement extatiques qu’il a suscitées, surtout en ce qui a trait à un supposé portrait juste et poignant du climat social de l’après-crise économique.

À la fin d’Up in the Air, on nous présente une demi-douzaine de (vraies) personnes récemment licenciées qui affirment sensiblement toutes la même chose : «La perte de mon emploi m’a permis de me rapprocher de ceux que j’aime, de renforcer mes valeurs». En alignant uniquement les extraits les plus optimistes et porteurs d’espoir, Reitman s’assure de valider sa vision mielleuse d’une situation particulièrement brutale; il enjolive la réalité pour les besoins d’un happy end.

Dans le dernier paragraphe de sa critique, Stephanie Zacharek de Salon note la suprême ironie qui découle de la méthode du réalisateur :

Ce que Reitman ne semble pas saisir c’est que tous ces témoignages issus du vrai monde ne se trouvent pas si loin des sournoiseries – «Perdre votre job est la meilleure chose pour vous. Vraiment!» – dans lesquelles le personnage de Ryan Bingham [George Clooney] se spécialise. Quand Ryan débite ces sages paroles préfabriquées, ce sont de perfides faussetés; quand de vraies personnes les utilisent pour tirer le meilleur parti d’une mauvaise situation, c’est l’illumination. Reitman ne peut même pas voir la condescendance dans cela. En mettant ces visages devant nous – des visages de gens qui ont, très probablement, subi des moments assez durs dans la vraie vie – il ne fait pas un grand exposé sur le monde précaire dans lequel on vit; il transforme le malheur des autres en une astuce, un crochet commode sur lequel accrocher son film. Cela le rend moins honorable que son anti-héros beau parleur de haut vol. Au moins, Ryan Bingham sait qu’il nous vend de la bullshit.

Un film d’actualité?

Il ne faut pas se leurrer : Up in th Air n’a pas grand chose à voir avec la crise économique et ses contrecoups (pour cela, louez-vous The Girlfriend Experience). Il s’agit plutôt d’un plaidoyer pour un retour à un mode de vie plus traditionnel. Dans son excellente critique parue dans Village Voice, J. Hoberman décrit avec justesse (et sarcasme) la morale du film : «Les cruautés du libre marché peuvent être améliorées par une foi sentimentale dans les Valeurs Familiales». Je crois en effet n’avoir jamais entendu le mot «famille» aussi souvent dans un film.

Il faut admettre cependant que Reitman s’applique à nuancer son propos. Il se moque par exemple de la vision idéalisée de la famille qu’entretient le personnage d’Anna Kendrick, l’ingénue ambitieuse tout droit sortie de l’université qui se voit déjà mariée avec maison-auto-chien, avant de se faire larguer par son copain par texto…

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Mais c’est à travers son portrait éminemment précieux des membres de la belle-famille de Bingham – les véritables héros du film – qu’on voit où logent les convictions du réalisateur. Ces petites gens terre à terre du Midwest, avec leurs moeurs simples et leurs vêtements démodés de friperies, représentent l’anti-thèse de Bingham et de son style de vie «superficiel». Et ils vont s’assurer de le culpabiliser jusqu’à ce qu’il rentre dans le droit chemin. Lorsque Bingham propose d’accompagner sa soeur dans l’allée pendant la cérémonie de mariage, une bonne femme aux traits tendus et un panier de linge sous le bras (son autre soeur?) lui dit que non, qu’il «n’a pas été très présent pour la famille». Et moi j’ai le goût de crier : «C’est sa p***** de job qui fait en sorte qu’il est toujours à l’extérieur!! Et d’ailleurs, il la fait bien, en retire un excellent salaire et, je n’en serais pas étonné, a même largement contribué à payer tout ce mariage».

Pour être franc, j’aime bien le Bingham «sans âme» de la première partie du film, celui qui ne recherche pas d’attaches. Il a l’air d’avoir du bon temps et, même s’il agit comme un ange de la mort corporatif, il ne faut pas oublier qu’il n’a rien à voir avec les décisions de larguer des employés. Son karma est intact. Bien sûr, au troisième acte il se transforme, se rapproche des «vraies valeurs» et tout le monde est heureux. Je n’ai rien contre la vie de famille, mais ce regard moralisateur, accusateur proféré par le film sur un style de vie «en marge» me rebute au plus haut point.

Tout ceci étant dit, je peux très bien comprendre qu’Up in the Air, en tant que comédie romantique/drame de moeurs, peut plaire à bien des gens (ce n’est simplement pas mon genre). Par contre, lorsqu’on essaie de me le vendre comme un «film d’actualité» des plus pertinents, je décroche. Le critique du New York Times A.O. Scott, que je respecte énormément, dresse un parallèle entre Up in the Air et des classiques inspirés par la Grande Dépression comme Meet John Doe (1941) de Frank Capra ou le formidable Sullivan’s Travels (1941) de Preston Sturges. Dans son émission At the Movies, Scott déclare que dans 50 ou 60 ans les gens se fieront au film de Reitman pour comprendre cette époque «étrange et anxieuse de la fin de la décennie». Je crois plutôt que le message sur la société d’aujourd’hui dans ce cas-ci est très faible et inintéressant, et j’appuie entièrement le bel argument de Hoberman :

Comme Juno [le précédent film de Reitman], Up in the Air évoque une troublante réalité avant de faire comme si elle n’existait pas [...] Une satire vierge de colère, Up in the Air flotte au-dessus de la douleur.

>>> Cet article du Chicago Reader tente de comprendre pourquoi Up in the Air a généré un buzz aussi disproportionné. Un extrait évocateur : «So when good, smart people bite into Up in the Air and find out it’s a baloney sandwich, a fair number of them are going to be grateful it’s not a shit sandwich.»

(Illustration : Tavis Coburn)

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Vendredi 23 avril 2010 | Mise en ligne à 16h30 | Commenter Commentaires (21)

Le court du week-end: Forrest Gump

Après les repas surgelés et le speed-dating, voici un nouveau concept qui saura certainement plaire à l’individu moderne toujours en quête de rentabilité : le film-minute. Ci-dessus, une version bien plus digeste de Forrest Gump, réalisée en une prise par un groupe d’étudiants britanniques ma foi ingénieux.

Si vous avez aimé, vous serez également séduit par leurs pastiches-minute Kill Bill 1 & 2, ainsi que 28 Days Later.

- Via Cinematical

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