
John Turturro souffre de la page blanche dans «Barton Fink» des frères Coen.
Avant d’entamer la première saison de sa télé-série The Unit (2006-2009), David Mamet, un des dramaturges, scénaristes et scipt doctors les plus respectés de notre époque, a rédigé une note s’adressant à son équipe d’écrivains.
Récemment surgi sur le web, ce document constitue de l’or en barre pour toute personne s’intéressant de près ou de loin à la scénarisation, qu’elle soit télévisuelle ou cinématographique. On se demande cependant ce qui a motivé Mamet à tout écrire en majuscules (ce qui équivaut à CRIER en web-langage), surtout compte tenu du fait que sa leçon n’est d’aucune manière hargneuse. Il s’agit peut-être d’un moyen d’exprimer sa VIVE PASSION envers le sujet… Enfin, disons que, après ce cours condensé, vous saurez de quoi vous parlez lorsque vous invoquerez le concept de «DRAME».
Pour ceux qui ne seraient pas très familiers avec l’oeuvre de Mamet, on peut dire qu’il se spécialise dans l’exploration des recoins sombres de l’expérience humaine. Dialoguiste hors pair, il a donné la parole, à travers ses nombreuses pièces et scénarios, à une belle cohorte d’escrocs, de malfrats, de machos, de tueurs, de joueurs, de pervers ou d’agents immobiliers. Véritable styliste de la vulgarité, il est capable d’enduire de lyrisme la plus injurieuse des tirades. Mais, comparativement à un autre brillant dialoguiste comme Tarantino, avec ses personnages ironiques qui créent leur propre réalité, ceux de Mamet, malgré leur fougue, leur intelligence, leurs street smarts, échouent toujours à renverser la vague d’un cruel destin. On parle ici d’(anti) héros foncièrement tragiques.
Vous pouvez voir un bel exemple de ses qualités scénaristiques en regardant, en dessous de la note, un fameux extrait de Glengarry Glen Ross (1992), une de ses pièces qu’il a adaptée pour le grand écran.
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