
Comme souvent avec les grandes oeuvres, Raging Bull est un film qui a failli ne jamais voir le jour, qui s’est matérialisé à la suite d’un concours de circonstances pas des plus heureux.
Martin Scorsese, affaibli par un franc insuccès (New York, New York), des sessions de montage épuisantes (The Last Waltz), un récent divorce et des problèmes d’asthme chronique qui ne faisaient qu’empirer à mesure que sa consommation de cocaïne augmentait, n’était pas disposé à écouter le nouveau projet que son ami Robert DeNiro lui proposait avec insistance.
«Un film de boxe, je ne connais rien à la boxe» disait-il. Peu de temps après, sa santé fragile finit par flancher et il se retrouva cloué dans un lit d’hôpital, touchant la mort de près. Et c’est là qu’il vit la lumière : Il était Jake LaMotta! Il se reconnut dans se personnage auto-destructeur, qui négligeait de manière égoïste son propre entourage. Raging Bull sera un tournage «kamikaze». Scorsese mettra tout ce qu’il a dans ce film-exutoire, le dernier de sa carrière qu’il se disait.
Le critique de cinéma Richard Schickel a signé dans le dernier numéro de Vanity Fair une intéressante chronique sur ce qui est considéré comme le chef-d’oeuvre de Scorsese, ainsi que le meilleur film des années 1980. Un extrait :
Almost everyone knows that as an adolescent Scorsese briefly aspired to the priesthood and that his adult life has been marked by spiritual questioning, spiritual longing. De Niro came from a much more secular background, but like Scorsese he was an Italian-American formed by the same, well, yes, mean streets; he too knew something about the longing for grace by people who had no words to express that longing. Scorsese says, “It’s the old line from The Diary of a Country Priest,” the Georges Bernanos novel about a clergyman who utterly fails to redeem his greedy, ungodly parish yet dies absolved: “God is not a torturer. He wants us to be merciful with ourselves. And Jake kind of gets there.”
But inexplicably so. Looking back on the film’s writing process, we can see that the entire effort was to strip this story down to its primal elements, to reveal states of being, not states of mind. The controlling idea was never to step back and explain anyone’s behavior; it was to plunge the audience into it, to make us feel, viscerally, every blow Jake La Motta delivered or absorbed in the ring and outside of it. The 40s and 50s, for example, were a period when Hollywood discovered Freud. Picture after picture, as Scorsese puts it, “explained that this guy did this because of that. But you can’t explain any human being with one Freudian term. I said, ‘Let’s take all that out. I don’t want to do any of that.’”
Voici la première partie (sur huit) du making-of de Raging Bull que l’on trouve
dans l’édition spéciale du DVD :
On peut voir les autres vidéos ici.
À lire aussi :
> Shutter Island : Scorsese a-t-il abdiqué?
> À propos de la fin de Goodfellas
> Scorsese réalisera un film pour enfants
> Lutte à trois pour décrocher le rôle de Sinatra
Lire les commentaires (6) | Commenter cet article




