
La moindre des choses que l’on puisse dire du scénariste de Battlefield Earth, récemment lauréat du Razzie du pire film de la décennie, c’est qu’il possède un sacré sens de l’autodérision. Dans une lettre désopilante publiée dans le New York Post dimanche dernier, J.D. Shapiro raconte ce qui l’a mené à écrire, en ses propres mots, «the suckiest movie ever».
Tout a commencé, comme c’est souvent le cas, par le cul. Ou, du moins, son anticipation. En effet, Shapiro avait lu un article dans Premiere vantant le Celebrity Center de l’Église de Scientologie comme étant la place de choix pour rencontrer des femmes à Los Angeles. Sa quête ne s’est finalement pas avérée des plus concluantes, mais il y a néanmoins rencontré la présidente du centre, une grande fan de son récent film Robin Hood : Men in Tights. Cette dernière lui a éventuellement proposé d’adapter pour le cinéma une oeuvre de L. Ron Hubbard, le fondateur de la Scientologie, qui a écrit de nombreux récits de science-fiction.
Avant d’accepter, Shapiro a effectué des recherches sur la secte pour s’assurer qu’il ne contribuerait pas à «endoctriner les gens». Il a même pris quelques cours, dont le Purification Rundown, qui consiste à se bourrer de vitamines et à suer dans un sauna. Sur son chemin, il a fait quelques rencontres, dont celle d’une jolie prêtresse qui a signé un contrat d’un milliard d’années moyennant une rémunération de 50$ par semaine (mais, étonnamment, sans possibilités d’avance sur paie). En fin de compte, malgré les rencontres avec les vedettes et les expéditions en yacht privé, Shapiro n’a jamais succombé à la Scientologie. On lui a quand même fait confiance pour mener à bien le projet.
Son adaptation du roman Batllefield Earth (le préféré de Hubbard parmi ses propres écrits), a été accueilli avec joie par John Travolta, qui surnommait le scénario «Le Schindler’s List de la science-fiction». Mais, malgré cet enthousiasme initial, les choses ont rapidement pris une tournure amère :
Mon scénario était très, TRÈS différent de ce qui a finalement abouti à l’écran. Il était plus sombre, réaliste et avait une histoire fascinante avec des personnages riches. Ce que mon scénario n’avait pas, c’était des ralentis à chaque recoin, des angles obliques, des dialogues affectés, des extra-terrestres portant des bottes KISS, et tout le monde portant des perruques de Bob Marley.
Shapiro s’est fait renvoyer du film lorsqu’il a refusé d’intégrer des notes venant du «camp de John». Son nom est cependant demeuré dans le générique, même s’il avait songé à le remplacer par son pseudonyme, Sir Nick Knack, ou carrément l’enlever, chose que son avocat lui a fortement déconseillée.
Avec les années qui ont passé, Shapiro retire maintenant une certaine fierté d’avoir participé au pire film de la décennie (et peut-être même de tous les temps). Bon joueur, il est même allé en personne accepter le Razzie lors de la cérémonie en mars dernier.
Et qu’est-ce qu’il en aujourd’hui de la raison initiale qui l’a amenée à s’embarquer dans l’avenure?
Est-ce que la Scientologie m’a aidé à tirer un coup? Qu’est-ce que vous en pensez? D’aucune manière ne pourrais-je obtenir de l’action en proclamant audacieusement à une femme : «J’ai écrit Battlefield Earth!». Bien au contraire, j’essaie d’embouteiller cela pour en faire un contraceptif. Je vais faire des affaires en or!
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Voici Roger Ebert qui se fait un malin plaisir à descendre ce qu’il considère comme
«un des films les plus laids et incompréhensibles» qu’il a jamais vu :
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