Jozef Siroka

Archive, janvier 2010

Vendredi 29 janvier 2010 | Mise en ligne à 14h00 | Commenter Commentaires (3)

Lectures «délirantes» du week-end

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Deux textes intéressants qui pourraient vous occuper en ce week-end glacial.

Vanity Fair publie dans son présent numéro Madness in Morocco, un extrait du nouveau livre de Peter Biskind, Star : How Warren Beatty Seduced America, qui se penche sur la douloureuse production d’Ishtar (1984), une comédie mettant en vedette Warren Beatty et Dustin Hoffman. Le film est considéré comme un des majeurs fiascos de l’histoire d’Hollywood, tant d’un point de vue créatif que financier.

Un passage qui illustre bien l’absurdité de l’entreprise :

Ah, the camels. One saga instantly became the stuff of Hollywood legend: the hunt for the blind camel, called for in May’s script. Actually, the hunt was for a blue-eyed camel that would register blind on film. (Or blue-eyed camels—the producers figured they needed four, in case one broke a leg.) The first stop was the camel market in Marrakech, where the animal trainer, Corky Randall, and his assistant found just the right camel, for about $700. But being shrewd traders, they didn’t want to buy the first camel they stumbled on—they thought they could do better. So they told the camel trader, “Thanks a lot, we’ll get back to you.” But, as it turned out, blue-eyed camels were a rarity. None of the subsequent camels Randall came across measured up to the first. As was reported at the time in New York Magazine, “The humps would be too large or too small. The facial hair would be beige or brown. It was always something.” Finally, the trainers gave up and went back to the first dealership to buy the perfect camel. “Remember us? We’d like to buy that camel of yours that we looked at the other day.” “Sorry,” the dealer replied. “We ate it.”

- D’autres textes de Biskind – notamment sur Heath Ledger; la lutte aux Oscars entre Coming
Home et The Deer Hunter; le tournage de Reds de Beatty; ou Woody Allen – se trouvent ici.

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Pour demeurer dans le thème de l’absurde, mais du côté fictif de la chose, je propose Udder Madness, un récit signé Woody Allen paru dans le New Yorker de la semaine dernière qui
raconte le désir d’une vache de tuer un réalisateur pompeux à lunettes…

Un extrait :

As the accumulation of single malt took its toll on his capillaries, he slurred invective against the New York critics for failing to consider his last movie, “Louis Pasteur Meets the Wolfman,” for honors. By now he had begun eyeballing the comelier types, and, clasping some actress’s hand with his rodent’s paw, whispered, “Little minx, I sense by those high cheekbones that you have Cherokee blood in you.” Tact personified, the woman somehow resisted the impulse to grab his nose with her fist and give it several turns counterclockwise till it made a ratcheting noise.

- D’autres textes de Woody Allen dans le New Yorker ici.

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Jeudi 28 janvier 2010 | Mise en ligne à 16h45 | Commenter Commentaires (22)

Wall Street 2 : la rédemption?

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- Photo : Vanity Fair

Dans ce paysage saturé de remakes, reboots et suites qu’est Hollywood, aucun univers ne semble plus adéquat à revisiter que celui de Wall Street (1987) d’Oliver Stone. En effet, le fameux adage Greed is good lancé par Gordon Gekko (Michael Douglas) il y a plus de 20 ans a été appliqué à la lettre par les cowboys de la finance, avec les résultats désastreux qu’on ne connaît que trop bien aujourd’hui.

Dans Wall Street : Money Never Sleeps, qui réunit de nouveau le réalisateur et la star de l’original, Gekko sort de prison après une longue sentence et tente de se rapprocher de sa fille (Carey Mulligan). Pour ce faire, il s’associe avec le fiancé de cette dernière, un ambitieux opérateur de fonds alternatifs (Shia LaBeouf), qui finira par le considérer comme une figure paternelle. Mais Gekko devra faire gaffe à un conseiller en fusions-acquisitions sans remords (Josh Brolin), un type qui lui rappelle immanquablement lui-même dans sa propre jeunesse…

Le monde a bien changé et Gekko, qui n’a rien perdu de sa touche après une si longue absence, se voit forcé de modifier son refrain au goût du jour : «Someone reminded me I once said “greed is good.” Now, it seems it’s legal.». Essaiera-t-il cette fois-ci de réparer ses erreurs du passé pour faire avancer le «bien commun» ou répondra-t-il de nouveau à son infâme instinct reptilien?

Pas de pitié pour les porcs

Écrit par Allan Loeb, un courtier en bourse licencié, Wall Street 2 promet d’être un film bien ancré dans l’actualité, plus encore que le premier; la Réserve fédérale y tiendra un rôle essentiel et on verra des caméos de la part de l’homme d’affaires le plus célèbre de la planète, Donald Trump, ainsi que du gourou controversé des médias financiers, Jim Cramer. Stone promet également, sans surprise, d’inclure de la «politique contemporaine» dans son film. Connaissant sa déception vis-à-vis la première année d’Obama, on a bien hâte de décortiquer son éditorial cinématographique.

Fils d’un courtier financier, Stone a dû se faire convaincre (par Douglas et le producteur du film de 1987) pour retourner sur Wall Street. Le cinéaste de 63 ans, qui croyait que tout cet excès allait prendre fin durant les années 1980, est abasourdi et fasciné par la «richesse superficielle» amassée aujourd’hui. Il déclare en entrevue à USA Today : «Je dirais que le krash, qui a eu lieu entre-temps, a rendu le projet plus intéressant. Mais je ne veux rien faire pour glorifier les porcs. Parce qu’il on été des porcs, et nous le savons».

Le film prend l’affiche le 23 avril. En attendant, voici le premier teaser :

> W. ne nous apprend rien. Et alors?

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Mercredi 27 janvier 2010 | Mise en ligne à 16h30 | Commenter Commentaires (25)

Clint Eastwood, le préféré des Américains

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Clint Eastwood a été nommé la vedette de cinéma préférée des Américains en l’an 2009, selon un sondage Harris publié annuellement depuis 1994. L’acteur et réalisateur de 79 ans, qui a connu la gloire dans les années 1960 en incarnant «L’homme sans nom» dans la Trilogie du dollar pour ensuite se tailler une place dans la mythologie américaine avec son portrait de l’impitoyable inspecteur Dirty Harry (1971), déloge Denzel Washington qui trônait au sommet durant les trois dernières années.

Voici le Top 10 :

1. Clint Eastwood
2. Johnny Depp
3. Denzel Washington
4. Sandra Bullock
5. Tom Hanks
6. George Clooney
7. John Wayne
8. Meryl Streep
9. Morgan Freeman
10. Julia Roberts

- Via The Guardian

Même s’il continue à réaliser (son Invictus est en salle et il tourne présentement Hereafter avec Matt Damon), Eastwood a probablement fait sa dernière apparition devant la caméra avec Gran Torino, sorti à la fin 2008.

Malgré un succès considérable au box-office, ce magnifique chant du cygne a été très mal compris par le public en général à mon avis. Je vous propose donc un long extrait de l’excellente analyse du film par le Cinématographe, à ma connaissance le blogueur cinéma le plus pertinent du Québec :

Gran Torino, peut-être moins réussi que d’autres, reste son plus personnel et sûrement le plus important dans sa propre mythologie. Il termine ici son parcours d’acteur avec une grâce et une élégance rare. Eastwood retravaille le même personnage depuis les westerns de Leone, personnage qu’il peaufine de rôle en rôle, ou plutôt qu’il fait cheminer moralement : de tueur sans nom, il apprend peu à peu à se distancier de cette violence qui a fait sa marque, jusqu’à Unforgiven où la violence finale n’est employée qu’à regret.

Gran Torino, c’est une réplique à Unforgiven, Eastwood corrige une dernière fois son œuvre : la situation est la même, il faut faire acte de vengeance parce que l’ennemi est allé trop loin, il y aura duel. Dans Unforgiven, Eastwood s’abandonne à la violence qu’il avait repoussée jusque-là, mais dans Gran Torino, enfin, il fait le bon choix, il refuse tout acte violent.

La finale de Gran Torino est extrêmement émouvante dans le contexte de l’œuvre d’Eastwood et en ce sens le symbolisme assez appuyé (figure christique, l’acteur qui se sacrifie) n’est pas caricatural : ce n’est pas seulement au jeune vietnamien qu’Eastwood lègue son vieux char, c’est aussi à nous spectateur; ce n’est pas simplement Kowalski qui se sacrifie, c’est Eastwood lui-même qui nous signifie ainsi son don, qui tue officiellement son personnage puisqu’il est rendu au bout de sa course, qui nous lègue de la sorte son dernier enseignement.

***

(Photo : The New York Times)

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