Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Jeudi 17 décembre 2009 | Mise en ligne à 21h00 | Commenter Commentaires (63)

    Le chef-d’oeuvre obscur de la décennie

    Photo : Alliance

    Photo : Alliance

    «On dit que The New World (2005) n’a pas des fans; il a des disciples, des partisans et des fanatiques. Je suis un de ceux-là et mon fanatisme demeure tout aussi incandescent après quelque 30 visionnements. The New World est un film sans fond, d’une beauté et d’une harmonie formelle presque indescriptibles. [...] Cela pourrait sembler une exagération, mais avec The New World le cinéma a atteint sa culmination, son apothéose.» C’est ainsi que s’exprime John Patterson dans un article passionné publié dans le Guardian.

    En ce qui me concerne, j’entre définitivement dans la catégorie des «fanatiques» du film de Terrence Malick. La première fois que je l’ai vu, ma réaction ne s’est pas seulement manifestée de manière émotionnelle et intellectuelle, mais aussi physique : je ressentais tour à tour des papillons et des crampes dans le ventre; une sensation qui n’est pas sans rappeler un premier amour. Rarement le cinéma m’avait offert quelque chose d’aussi pur.

    Ceci étant dit, j’en vois déjà qui froncent les sourcils à se donner un mal de tête! En effet, si The New World suscite de très fortes réactions, elles ne sont pas nécessairement positives. Le film est un véritable Sarah Palin cinématographique : soit on adore, soit on déteste. Il n’y a pratiquement pas d’entre-deux. Pour s’en convaincre, il suffit de consulter l’avis du peuple : j’ai nommé la section «critiques» de CinémaMontréal, où The New World obtient la cote emblématique de 5.1 sur 10.

    On y retrouve beaucoup de 10/10 :

    Je suis une cinéphile avertie et visionne beaucoup de films. The New world est le meilleur film que j’ai vu depuis longtemps. J’avais déjà apprécié “Bad Lands” et “The Thin Red Line” de Terence Malick. Dans ce film-ci, il laisse beaucoup de place à l’espace, au silence. Tout est merveilleux, costumes, paysages. La spiritualité des amérindiens y est soulignée avec élégance et émotion. Le casting est excellent. Un chef d’oeuvre.

    Ce qui arrive avec des chefs-d’oeuvre comme NEW WORLD de Terrence Malick c’est que ce n’est pas un film comme la rupture, click, ou bien Miami Vice. C’est un genre d’antihollywoodien qui nous fait réaliser ce qu’un homme avec une vision comme Malick peut faire. Regarder les décors, Regarder les figurants, Les magnifiques prises de vues qui valent a elles seulent le 10 $ que j’ai payé pour aller voir ce chef d’oeuvre. Bref, C’est un film pour les cinéphiles ou pour les gens qui sont près à voir derriere le premier niveau. Malick a réalisé un chef d’oeuvre dommage que certaines personnes se soient fermés les yeux…

    Ce film est un tableau magnifique de l’épopque de la colonisation. Un questionnement sur le sens réel de la vie et de notre façon de vivre. Ce n’est toutefois pas un film d’action pour les barbares sans culture.

    Trop rare, Terrence Malick nous offre ici un film extraordinaire qui mérite toutes les éloges. On Y retrouve tous les thèmes qui lui sont chers (la nature, l’amour, la guerre, la foi, la rencontre) rythmés par des voix off aux questionnements métaphysiques et poétiques. Souhaitons qu’il nous fasse encore d’autres films.

    Mais aussi beaucoup de 1/10 :

    Jamais j’ai écouté un film nul a chi… comme lui au cinéma je suis très déçue d’avoir payé pour ce film.

    Oh mon dieu ce film es un des plus ‘P O C H E’ que j’ai jamais vu de ma vie. Après 1h et demi je voulais arrêter de le visionné mais j’ai poursuivi car je croyais qu’il y allait avoir quelque chose de bon mais non je me suis fait totalement trompé. C’est ahurissant comment ce film es désastreux.

    C’est le film le plus long, plate, endormant, insipide, ennuyant, somnifère, désagréable, assomant, monotone, soporiphique, somnolent, barbant, banale, morne, incolore, inintéressant et inconsistant!

    À éviter absolument. J’ai quitté avant la fin, ce que je ne fais jamais, et c’est après m’être endormi à deux reprises. Aucune action, aucun entrain des comédiens, histoire à dormir debout, vraiment très désagréable.

    C’est juste plate… dégeulasse… ennuyeux… sans but… musique plate… je classe pas sa un film mais une torture.

    Je crois que ce qui a contribué à toute cette vive déception c’est la promotion fallacieuse du film.
    On a essayé de leurrer des spectateurs dans les salles en leur vendant une aventure romantique intercontinentale avec les jolies gueules de Colin Farrell et Christian Bale, un Pocahontas en prise de vues réelles. Pourtant, même si The New World peut être emballé comme tel grâce à une bande-annonce manipulatrice (voir plus bas), le fait est que Malick dispose d’une sensibilité radicalement anti-hollywoodienne.

    Il ne propose pas une structure en trois actes (exposition, conflit, dénouement) typique de 99% des films en salle; son montage, son utilisation du son et de la musique sont quasi-expérimentaux. Le public peut difficilement s’associer à ses personnages qui ne sont pas munis d’une psychologie concrète, mais qui servent comme un canal à des idées plus abstraites. Enfin, Malick n’est pas un moralisateur (plutôt, un philosophe). Il n’y a pas de gentils ni de méchants, donc pas de résolution claire. «Ce n’est pas un film sur de Nobles Sauvages, sur l’effet empoisonné de l’arrivée de l’Homme Blanc et de la terreur de la Poignée de Main Colombienne» précise Patterson dans un segment qui se penche sur les fausses préconceptions que peut susciter The New World.

    Les gens qui s’attendaient à mettre leur cerveau à off en allant voir un film commercial bonifié d’une leçon de vie ont donc forcément vécu un choc. Pour s’apprécier pleinement, The New World nécessite un engagement actif de la part du spectateur. Ce dernier doit «trouver» le film et pas s’attendre à ce qu’il vienne à lui. Un exercice qui peut s’avérer exigeant mais qui donne lieu en fin de compte à une merveilleuse révélation.

    ***

    Pour ceux que ça intéresse, j’ai écrit il y a près de quatre ans dans Ciné-Bulles un essai sur le cinéma de Terrence Malick – et The New World en particulier. J’en propose donc quelques extraits. Vous pardonnerez certains traits naïfs qu’on peut imputer à un jeune écrivain en plein apprentissage, (un apprentissage, suffit-il de le dire, qui est loin d’être terminé!).

    Voie de Heidegger et voix off

    Avant de se consacrer au 7e art, Terrence Malick étudiait assidûment la philosophie sur les bancs de l’Université de Harvard puis sur ceux de Oxford où il a écrit une thèse sur le philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976). Comme c’est le cas, à un certain degré, entre Woody Allen et Freud, le cinéma de Malick est profondément empreint par la pensée de Heidegger. Dans ses paroles : «L’homme est un poème que l’Être a commencé» sied l’essence du cinéma de Terrence Malick.

    Selon Heidegger, les hommes tels qu’on les connaît ne sont qu’un fragment, une entité inachevée de la création alors que l’Être en est la représentation absolue. L’Être n’est pas un surhomme mais plutôt l’essence même de tout ce qui existe. Il agit comme un Dieu (non religieux) omniprésent qui observe et interprète le monde. Dans les films de Malick, l’Être est toujours le personnage principal et se manifeste par la voix off du ou des narrateurs. Il est important de comprendre que les propos de cette voix n’appartiennent pas exclusivement aux personnages auxquels on les associe. Ils sont partagés avec l’Être qui s’approprie en partie ces propos leur attribuant ainsi une double fonction : celle d’informer sur l’état et les actions de l’individu en question et celle de rendre compte de l’incidence de leur existence dans une perspective universelle. En d’autres mots, la voix off tient lieu d’impressions subjectives et objectives en même temps.

    Ceci pourrait expliquer pourquoi, dans chacun des quatre films, il y a une impression de décalage entre ce que décrit la narration en voix off et la représentation du narrateur dans l’action. Dans les deux premiers films, un seul personnage dicte la voix off (une adolescente dans les deux cas). Le ton de leurs voix sonne désintéressé et l’argument des propos semble émotionnellement inconséquent. Par exemple dans Badlands, juste après avoir vu son père se faire exécuter par son copain et se préparant à prendre la fuite, Sissy Spacek dit banalement : «Il me demanda d’emporter mes cahiers pour que je ne prenne pas de retard dans mes études». Ce genre de remarque offre un contrepoint ironique où une critique objective du personnage serait alimentée par ses propos subjectifs tragiquement quotidiens. Parfois, d’autres personnages prêtent leurs impressions au narrateur comme Sam Shepard qui évoque ses sentiments pour une femme par la bouche de Linda Manz dans Days of Heaven : «Le fermier, il a peut-être pas compris quand il l’a vue la première fois pourquoi il était attiré vers elle». Ici, cette remarque agirait inversement à la précédente alors que c’est le propos objectif du narrateur qui permet de saisir la subjectivité de l’objet observé (et observant).

    Le rôle de l’Être gagne en importance dans les nouveaux films. Les deux donnent même une voix à l’Être sans l’intermédiaire d’un personnage-narrateur. Une voix off qui vient de nulle part et de partout à la fois entame et The Thin Red Line et The New World. Une séquence monumentale dans le film de guerre implique une tuerie dans un village japonais par les Américains et cette voix off omnisciente qui y va de réflexions métaphysiques : «Ce grand Mal, d’où vient-il? De quelle racine a-t-il poussé?». Parfois, la voix off interpelle directement le spectateur : «Cette noirceur, se retrouve-t-elle en toi aussi?». Divergeant du ton monocorde des narratrices des deux premiers films, la nouvelle voix off est articulée, voire zen, et énonce des phrases sèches mais remplies d’un puissant pouvoir de révélation. Malick sert maintenant avec une éloquence des plus vives l’idéal annoncé par Tarkovsky : «Le but de tout art est de donner un éclairage, pour soi-même et pour les autres, sur le sens de l’existence, d’expliquer aux hommes la raison de leur présence sur cette planète, ou, sinon d’expliquer, du moins d’en poser la question.» La ligne floue entre l’objectif et le subjectif a laissé sa place à des commentaires plus clairs et encore plus en retrait de l’action, se rapprochant davantage du contrat du pur philosophe : celui d’observer la nature humaine.

    Nature et naturels

    Pour revenir à la phrase de Heidegger, il faudrait se pencher sur la signification du terme « poème » en relation aux films de Malick. Pour le philosophe allemand, le moyen le plus efficace de rendre compte de cet homme absolu et vierge de toute corruption, de cet homme à l’état naturel (donc foncièrement bon comme le dirait Rousseau) serait à travers une expression d’ordre poétique ou artistique. L’art réussirait en effet de permettre à l’homme tel qu’on le connaît un abandon de soi favorisant sa connexion primaire au monde. Et c’est ce que le cinéma de Malick propose.

    Cette recherche de notre vraie nature présuppose que celle-ci a subi une modification pour le pire. À travers deux séquences homologues dans The Thin Red Line et dans The New World, Malick pose la question légitime à savoir à quoi ressemblait cet homme bon. Qui est cet homme entamé par l’Être?

    Les deux sergents déserteurs de The Thin Red Line ne supportent plus une guerre horrifique se déroulant dans un endroit paradisiaque et passent du temps avec les indigènes locaux. Parallèlement, le colon John Smith se fait capturer par les Naturels (un autre qualificatif pour les Amérindiens) dans The New World. Juste avant de se faire exécuter, une jeune fille lui sauve la vie lui permettant ainsi de continuer à vivre un certain temps au sein de sa communauté. Ces deux séquences ont clairement des résonances utopiques. De courtes vignettes juxtaposées à l’aide d’un montage elliptique sur fond de musique envoûtante montrent l’euphorie d’une telle existence pour les soldats et pour Smith. On rit, on joue avec les enfants, on se sert des ressources à notre disposition pour s’abriter, se vêtir et se nourrir. Et surtout, on ne connaît pas le désir de possession, qu’il soit d’ordre matériel ou moral. Smith, émerveillé, dit : «Ils ne connaissent pas la jalousie».

    L’idéalisme, à première vue naïf, de ces séquences ne fait pourtant pas référence à une possible harmonie entre deux peuples que tout sépare mais que la nature approche. La vision de Malick est plus ambitieuse et évoque le paradis perdu remémoré par l’Être par l’entremise des hommes. Un paradis révélateur des possibilités existentielles de l’homme en tant que simple élément plutôt qu’exploitant de la nature. Ici, Malick le poète se permet d’imaginer, le temps d’un moment, l’homme en tant que source et non en tant que destructeur de vie.

    Afin d’illustrer cette idée de mémoire hypothétique de l’Être, ces séquences sont pertinemment oniriques et, de fait, les personnages impliqués se rappellent de leur expérience comme on se rappelle nos rêves. L’aventure des deux soldats prend fin subitement, comme un réveil où le choc de la conscience prenant le dessus sur l’inconscience peut gravement déstabiliser. Cet effet est rendu par une coupe inattendue où l’on passe radicalement d’un village indigène lumineux à un bateau militaire filmé en contre-jour déversant sa fumée noire contre un paysage exotique. Le soldat capturé dit : «J’ai vu un autre monde. Des fois je crois qu’il s’agit juste de mon imagination». Smith, de retour dans son fort miteux, fait directement allusion à un rêve qu’il n’admet pas avoir véritablement expérimenté. Il se base sur cette déception lorsqu’il choisit de ne pas aller revoir la fille naturelle dont il est tombé amoureux. Il n’y croit plus.

    ***

    À lire aussi :

    > Terrence Malick et les dinosaures


    • Merci. Je n’avais pas l’intention de voir ce film. La bande-annonce m’en avait dégouté. Ma réaction a été: on ne dirait pas un film de Malick. J’ai alors cru à une commande qui lui permettrait de financer son prochain vrai film, puis je n’y ai plus repenser.
      Je vais maintenant assurément le regarder.

    • Ce me donne le goût de l’écouter, j’espere juste que ce n’est pas un autre Magnolia!

    • Bonjour M. Siroka. Dire que j’avais évité ce film en salle parce que je craignais une histoire à l’eau de rose après avoir vu la bande-annonce. Je vais essayer de le louer, si je le trouve dans mon patelin !

      Votre billet m’a fait pensé à un autre film que j’adore et que je revois avec plaisir une fois par année au moins : l’homme sans passé du finlandais Kaurismaki. Moi aussi je lui avais donné un 10 / 10 alors que sur les sites de cinéma, il y a beaucoup de 1/10 et de 10/10 mais presque rien entre les 2. Des amis à qui je l’avais conseillé m’en veulent encore… Ceux qui ne l’aiment pas n’ont qu’un seul mot pour le décrire : Plate ! Plate à mort ! Le jeu minimaliste des acteurs en déconcerte plus d’un. Moi je le regarde quand j’ai besoin de me réconcilier ave le genre humain. Un vrai «feel good movie».

    • Je vais me permettre de reproduire un commentaire que je viens juste de pondre pour le blogue de MA Lussier.

      Curieusement, j’évoquais The New World, en contrepoint d’un film que je n’ai pas encore vu : Avatar.

      Je donnais cet automne un cours sur le cinéma hollywoodien et j’ai présenté The New World comme contre-exemple de la production standard. (autres filmes présentés dans le cours : Spiderman, Casablanca, Raiders of the Lost Ark, Forrest Gump).

      Les réactions de mes étudiants (3 groupes de 36) face au film de Malick ont été conformes à ce que vous écrivez : extrêmement tranchées.

      Une moitié qui geint de la «torture» que je leur ai imposée de voir ce film si loin de leurs habitudes de consommation et l’autre moitié qui a vraiment découvert une dimension insoupçonnée du cinéma.

      Je pense que cela en valait la peine!

      Voici mon commentaire sur Avatar qui fait un lien clair avec The New World : (le sujet du blogue est la toune d’Avatar et son clip)

      «Quand on investit autant d’argent sur une production, il est clair qu’il faut «fédérer» les différents publics.
      La toune et les images du clip sont faites pour aller chercher le public féminin, traditionnellement pas très fan de la sf héroïque. Aucune image de guerre et d’explosions dans le clip, qui sont pourtant au centre du film. La plupart des filles n’aiment pas les images de guerre.

      Pas encore vu le film, mais mon hypothèse est la suivante :

      Imaginez The New World de Terrence Malick, relooké au montage et images aux stéroïdes de Cameron, et si le personnage de John Smith décidait de rejoindre le clan de Pocahontas.

      Cameron nous donnerait une relecture de l’histoire de la conquête de l’Amérique par les occidentaux très déculpabilisante (ce qui rejoint l’idée que le film, pour couvrir ses frais, se doit d’être consensuel).

      Mais les images de la fin du clip donnent à penser que le héros «avatardé» retourne à la fin dans sa tribu occidentale et que la jolie stroumphette se console dans les bras d’un pandorien pure laine avec un mohawk.

      Vous qui avez vu le film, M. Lussier, suis-je dans le champ?»

      Je reviendrai plus tard avec plus de matière sur The New World, en particulier sur sa structure, qui est, selon moi, tout à fait conforme à la bible du scénario en trois actes.

      L’intérêt du film est ailleurs.

    • C’est drôle, la bande annonce m’avait convaincu de la superficialité de ce film, qui me paraissait être une rencontre en Pocahontas et The Patriot. Merci d’avoir parler de ce film, je le regarderai assurément durant les vacances! Il de ces films que peu de gens apprécient en raison de leur caractère différent. Vous auriez dû voir les gens se sauver la fois que je suis allé voir Ghost Dog de Jarmush, alors que j’étais rivé à mon siège, un adolescent qui découvrait une nouvelle forme d’art! Je suis loin d’être un cinéphile, aussi je serais ravi d’avoir d’autres suggestions de films ayant pu passer sous notre radar.

    • @ lukerl

      J’ai 35 solides suggestions de films qui s’en viennent lundi ou mardi. Vous reviendrez me voir!

      Sinon, voici 100 suggestions de films dans l’esprit de Noël :

      http://blogues.cyberpresse.ca/moncinema/siroka/?p=632

    • J’ai vu un film hier qui m’a divertit au plus haut point, je n’avais pas pu allez voir le commando des batard au cinéma mais je l’ai loué en dvd hier et aucunement décu, il y a bien longtemps que je n’avais pas eu du plaisir a écouté un film. Très bonne performance de Waltz en commandant allemand et brad pitt en bâtard ;) Ari vederchi!! trop bon1

    • Je me rappelle de la sortie de ce film et il était définitivement passer en dessous de mon radar. Je ne me rappelle pas qu’il aie fait grandes vagues à l’époque non plus, mais j’ai été très surpris de le voir apparaître sur des listes de meilleurs films de la décennie. C’est intriguant!

    • M. Siroka,

      Il faut comprendre que sur cinemamontreal, plus un film est mauvais et plus les 10/10 sont nombreux. Inversement, plus le film est remarquable et plus les notes sont mauvaises. À vrai dire, la constante est telle que j’ai eu l’idée saugrenue de baser un site ouèbe la-dessus.

      Exemple d’un film mauvais d’un point de critique mais remarquable d’un point de vue de “cinécruche” : http://bit.ly/6IO7N5

      Exemple d’un film remarquable d’un point de critique mais nul d’un point de vue de “cinécruche” : http://bit.ly/8bUjc2

      Veuillez noter que si vous allez sur mon site, il est TRÈS IMPORTANT de prendre son contenu au deuxième degré ;-)

    • @ acquiesce

      J’ai rigolé à me pisser dans les culottes. J’envoi la facture de nettoyage à quelle adresse ?

    • Ah bon. j’y avais vu un film nunuche. C’est pour cette raison que je n’avais pas été le voir. Mes préjugés habituel. Vous me donnez le gout de le voir. Cette semaine pas plus tard.

    • Est-ce qu’il est permis de dire qu’un tramway nommé Désir et citizen kane sont deux films ennuyant ?Que les films sans réponses ne font que flatter l’ego des intellos à la noix qui pensent avoir compris qqc. 10 sur 10 pour The new world.

    • À codex : des films sans réponses ??? Faut des réponses ? “Pensent avoir compris quelque chose”, décidément vos processus cognitifs sont sur le mode “comprendre”. Vous avez l’air de ne rien comprendre à rien. Citizen Kane, un film ennuyant ?

    • @ acquiesce : Je suis un peu confus: je déteste tous les films de Malick, mais je sais accorder les participes passés. Me méprisez-vous un peu, beaucoup ou passionnément?

    • Ah, Cinéma Montréal… je me souviens d’être tombé sur une critique fort négative d’Innocence: Ghost in the Shell 2, rédigée par ce qui avait tout l’air d’être une mère de famille. Elle disait grosso modo que le film était raté, que l’animation était mauvaise, que ses enfants avaient détesté et qu’il ne valait rien comparativement aux chef-d’oeuvres de Pixar.

      Comme quoi il existe vraiment une tranche de public qui ne jure vraiment que par le cinéma grand public.

    • L’Ëtre, Dieu, Conscience …
      Les films de Malick touchent en nous cette dimension caché par notre ego, oubliée par la course infernale de l’homme “moderne” qui ne sais plus qu’il devrait faire UN avec la nature ….

    • Ce n’est pas surprenant que The New World ait déclenché de telles polémiques. Il faut connaître le moindrement le septième art pour y soutirer du plaisir. Accepter les lenteurs, les réflexions philosophiques, se laisser transporter par les images et la musique. Cela peut être difficile chez des gens qui ne sont pas habitués à ça, qui ne regardent par ce type de film, que ce soit par choix (c’est sûr, Lord of the Ring a plus d’action), ou justement, car le film n’arrive pas sur leurs écrans et qu’il n’y a aucune copie dvd. Sans éducation cinématographique, les gens vont continuer à aller voir Avatar et dire que c’est un grand film, alors que ce n’est qu’un spectaculaire jeu vidéo.

      En revanche, autant The New World est intéressant, autant il n’a pas le même charme que Badland, Days of Heaven et The Thin Red Lines, les récits précédents du cinéaste qui s’avèrent nettement supérieurs.

    • Ayant adoré The Thin Red Line, je ne me pouvais plus d’attendre lasortie de The New World lorsque j’avais vu la bande annonce me disant que j’aurais droit à du grand Malick. Malheureusement, après 1 heure à voir Colin Farrell et Pocahontas courir et se rouler dans l’herbe longue au ralenti, je n’étais plus capable. Je suis content pour ceux qui y ont trouvé leur compte, pour ma part, ce film ne fut que déception.

    • J’ai adoré The Thin red line qui est dans mon top 30 mais pour ce qui est de The new world, je n’ai pas réussi à me rendre à la fin à l’époque et je ne me suis jamais ré-essayé. Peut-être que je n’étais pas dans un bon état d’esprit et que je devrais lui redonner une autre chance….je vais y penser. Mais j’avais trouvé ce Malick ennuyant et, de plus, je n’aime vraiment pas Colin Farrell, ce qui nuit à ma motivation de lui donner une autre chance….

    • @jon8:
      Malheureusement, arrangez-vous avec vos troubles. On vous avait prévenu :-)

      @bully:
      Je ne vous connais pas. Et je dis ça sous toute réserve. Mais vous êtes sans doute l’exception qui confirme la règle. Sinon, Days of Heaven c’était pas mal non ?

      @codex:
      Citizen Kane ennuyant ? Vous cependant, pas de doutes, vous avez de la graine de “cinécruches”. Ça ou allez prendre des cours d’anglais.

    • Je réponds rarement à ce blogue même si je le suis assidument…j’attends avec impatience votre liste M. Siroka.

      Je n’ai pas vu New World parce que franchement je trouvait que ça avait l’air d’un ramassis de scènes réchauffées, mais je vais faire comme plusieurs et le mettre sur ma liste de films à voir dans le temps des fêtes (avec Inglorious basterds & Goodfellows)

      J’apprécie lire les critiques, mais je me méfie toujours des opinions tranchées méprisant les goûts des autres…C’est tellement subjectif. Pour moi, un film doit susciter une émotion pour que je l’apprécie. Des films pourtant considérés par certains comme des chefs d’oeuvre (there will be blood) n’y sont pas parvenus (même j’ai trouvé l’aspect visuel éblouissant, je n’ai pas tellement aimé le film) Ca ne veut pas dire que je n’aime que des films hollywoodiens au contraire…Ça arrive qu’un film ne me touche pas, c’est comme ça. Je ne peux pas me forcer à aimer, même si quelquefois je revisionnerai une oeuvre pour voir si mon opinion changera.

      Les gens qui ne jurent que par les films intellos me sont tout aussi suspects! Voyons …on peut s’amuser avec un bon film américain bien ‘propagandiste!’ C’est tordant (J’ai ri tout au long de 2012; j’ai un penchant coupable pour les films catastrophes. Paradoxal, mais je n’ai pas détesté ce navet, mais disons que ce n’est pas le film de l’année non plus)

      Honnêtement, je suis néophyte en matière cinéma, mais je m’y connais un peu en littérature: on y observe le même phénomène -pas moyen de dire qu’on n’a pas aimé un grand roman, ou d’avouer qu’on a lu Bridget Jones, sans passer pour une inculte pour certains intellectuels (qui selon moi lisent des oeuvres ‘interdites’ en cachette!)

      Bon cinéma 2010 à tous !

    • @cathou_76
      C’est normal que vous ayez ri tout au long de 2012. C’est un film drôle.

      Ceci dit, qu’est-ce qu’un film intello ? La source ? Vertigo ? Incubus ? Hitchcock était méprisé par la critique américaine. Et louangé par les intellos de la Nouvelle Vague.

      A mon humble avis, il n’y a pas de film intello (ou commercial). Il n’y a que des films classés entre 1 et 7.

    • @acquiesce

      Des films classés entre 1 et 7? Comme chez Médiafilm? Ou un film terriblement ordinaire comme The Young Victoria obtient un 3? Ou que le mélo à la Aurore de Precious obtienne un 3? Et que dire du 2 d’Atonement? C’est du n’importe quoi, ce sont des cotes de «consensus», une balance déréglée… Mais bon, ça fait toujours plaisir de voir un 6 pour le désastreux 2012! ;)

    • @acquiesce

      J’opposais effectivement les films intellos (Citizen Kane, 2001…) aux commerciaux. Effectivement on peut se perdre dans une catégorisation intello/commercial sans grand intérêt et simplement classer les films de 1-7 (quoiqu’il risque d’y avoir une certaine disparité là aussi)

      Je revendique par contre mon droit de détester certains films classés 1 et d’aimer des films classer 7 (ça risque d’arriver moins souvent!)…signé: cinécruche (juste des fois!) :0)

    • @chihiro
      Bon, des fois Médiafilm est dans le champ aussi. Surtout depuis la mort de Bérubé dans les années 90. (Je dois avouer aussi que je m’explique mal la cote 2 de Atonement; personnellement j’aurais coté ça 3) Mais, plus souvent qu’autrement Mediafilm vise (assez) juste. En tk, je préfère nettement les cotes de Mediafilm au jugement péremptoire du critique d’Echo Vedettes. ;-)

      @cathou_76:
      Bien sur, on le droit inaliénable de prendre un plaisir certain à se taper “Plan 9 from Outer Space” (ou la filmographie complète de Yves Desgagnés tant qu’à y être). Mais il faut quand même admettre, en toute objectivité, que c’est excessivement mauvais ! :-)
      Concernant les films cotés 1; je me force TOUJOURS pour les aimer. Je me dis que si c’est coté 1; doit bien y avoir une raison. :-)

    • Et voilà ! Les gens sont divisés ici aussi ! The New World n’est pas un film parfait, mais je pense qu’il y en a plusieurs qui ont été déçu dans leurs attentes.

      Certain croyaient voir un film historique hollywoodien comme The Patriot, mais il y en a d’autres qui voulaient revivre l’expérience The Thin Red Line. Il est possible que ce film soit supérieur à The New World et qu’il lui fasse de l’ombre. Au jeu des comparaisons, The New World sembe en sortir perdant. C’est comme si on disait à chaque Kubrick que tel ou tel film est moins bon que 2001. Pourtant The New World parle pour lui-même, il contient ses propres richesses. Alors, oui ce film est sous-estimé. C’est un magnifique poème !

      Il serait intéressant d’opposé The New World au nouveau film de Cameron, Avatar, dont un critique fait le rapprochement avec les deux films : «Même s’il s’affiche en film de science-fiction (avec la présence tutélaire de Sigourney Weaver, qui intégra l’univers du réalisateur dans Aliens), c’est du western que vient le nouveau film de Cameron, et singulièrement d’histoires comme celle de John Smith et Pocahontas. Histoires de batailles, de choc des cultures mais aussi de contacts, d’échange et même d’amour métissé. La comparaison avec The New World de Terrence Malick relève de l’évidence, sinon que l’un des deux cinéastes avance en poète, et l’autre en maître du divertissement.»

      M. Siroka, préférez-vous la version longue ou la version originale de The New World ?

    • Je dois dire que, comme plusieurs intervenants, j’avais à l’époque perçu la bande-annonce comme tentant de nous vendre un autre de ces films sirupeux à souhait. Je vais tenter ma chance !

      @acquiesce

      Hilarant ! Je suis “tombé” sur votre site il y a une semaine ou deux, je ne me rappelle plus comment. Mon commentaire préféré est sans-contredit de top-tele-maximum à propos de 2001 : “Du déjà-vu, comme lors des scènes de combats de singes, maladroite reprise de Jackie Chan.” Ça c’est du WTF ???

      @bully

      Je pense que vous comprenez mal le concept. Il ne s’agit pas de trouver stupides les commentateurs en raison de leurs problèmes d’orthographe, syntaxe et grammaire, mais d’évaluer la nature même de la logorrhée (même s’il semble parfois y avoir une certaine corrélation entre les deux…, mais pas systématiquement). Comme l’indique l’extrait présenté.

      @cathou_76

      Je comprends parfaitement votre point de vue. Bien que jouisse à me fendre d’un Éluard, Artaud, Gombrowicz, Duras ou Pavese, je me tape un Etxebarrìa, Brautigan ou Bobin secrètement à l’occasion… Par contre, ce qui m’horripile, c’est que l’attitude inverse passe plus facilement comme acceptable dans la majorité des cercles, quels qu’ils soient. Plus moyen de dire qu’on a détesté la mièvrerie du dernier truc populaire et qu’on ressent une certaine admiration pour un film soi-disant intellectuel (quoique cela puisse signifier) sans se faire accuser de snobisme, de masturbation mentale et, à la limite, de malhonnêteté. Car il ne faut pas s’y tromper : affirmer qu’autrui aime des trucs “intellectuels” et méprise des trucs “populaires” afin de se donner une image, c’est insinuer que cette personne est malhonnête et qu’elle frime. Et cette situation est souvent considérée acceptable même dans les “cercles intellectuels” puisque plusieurs d’entre-eux revendiquent fièrement leur droit à ne pas bouder leur plaisir. C’est une façon d’affirmer sa liberté de pensée, comme s’ils étaient plus affranchis que d’autres parce qu’ils sont capables d’aimer des objets douteux.

      Au final, aimez ce que vous voulez, il n’y a pas de honte à se pelotonner dans un coin du divan devant les Filles de Caleb. Mais, de grâce, soyez capable de formuler un commentaire plus probant que “je trippe, c’est full romantique” ou “c’est super poche, y avait pas d’animaux qui parlent ni de fat suit” (il s’agit ici d’un “vous” impersonnel qui ne s’adresse à personne en particulier).

    • Votre billet m’a interpellé aujourd’hui puisque nous partageons la même opinion sur ce film lumineux. A mon avis, Malick a effleuré la perfection avec cet opus filmique. Nous avons affaire à un maître. Tous les ingrédients y sont : musique, image, cadrage, éclairage, montage, etc. En sortant de la projection, j’avais l’impression d’avoir rêvé, de m’être élevé au dessus de ma conditon d’homme pour vivre une expérience autant sensorielle qu’intellectuelle. C’est le dessein ultime de tout objet filmique, à mon humble avis.

    • Bon. Merveilleux. Comment passer pour un imbécile de première en critiquant l’écriture d’autrui et soi-même glisser quelques erreurs bien senties. Morale : ne pas rédiger avant le troisième café.

    • @franbot
      Vous résumez d’une façon remarquablement éloquente — d’une façon remarquablement plus éloquente que je ne saurais le faire moi même –, le fond de ma pensée. Très franchement, je vous admire.

    • @franbot
      Vous êtes trop dur envers vous-même. Votre texte était admirable. Vraiment. ;-)

    • @franbot 100% d’accord avec vous.

      Ne vous en faites pas pour ce qui est de l’écriture: je me targue de connaître la littérature et mes interventions précédentes sont truffées de quelques fautes grossières et de répétitions. Pas terrible! La structure des phrases demeure l’essentiel de la communication et les vôtres sont admirablement bien tournées!

      Vous avez raison, beaucoup de gens qui ne jurent que par le cinéma grand déploiement vont cracher sur tout ce qui leur semble trop lent, incompréhensible ou qui n’apporte pas de réponse s’apparentant aux dogmes établis. Je me souviens d’avoir recommandé ‘Låt den rätte komma in’ à une amatrice de films d’horreur qui l’a loué en même temps que l’innénarable ‘twilight’. En bref, mon film ne lui arrivait pas à la cheville…elle se reconnaissant tellllllment plusse dans l’autre (Je me demande bien comment une femme de 30 ans peut se ‘reconnaître’ dans un film d’ados sur les vampires, mais je dois avoir manqué quelque chose)

      Argumenter avec ce genre de personnes se révèle être une tâche herculéenne. Tout comme il m’a été impossible de prouver à un groupe de fervents admirateurs de ‘Taken’ pourquoi ce film était nul à souhait.

      Il me reste les blogues…et quelques amis triés sur le volet

    • Oh oui, pour ceux qui aimeraient faire semblant d’aimer “The New World” (pour des raisons qui les concernent) ou le cinéma d’auteur en général, je vous soumets ce lien : http://bit.ly/8lqzZh (Pis après j’arrête, promis !) ;-)

    • @cathou_76 :
      “Comment une femme de 30 ans peut se ‘reconnaître’ dans un film d’ados sur les vampires ?”
      C’est un des mystères de la nature humaine. Particulièrement celle de ma sœur qui est cent pour-cent full “TEAM EDWARD”. :0)

    • @ centaure

      Je n’ai vu que la version qui était projetée en salle (3 fois). J’ai le DVD par contre que je n’ai pas encore sorti de l’emballage…

      @ lauzan

      Si vous aimez ce type de films où on «s’élève au dessus de notre conditon d’homme», allez voir Andrei Rublev.

      @ codex

      Vous sentez le troll. Si vous n’apportez pas des arguments plus solides que «c’est poche» pour descendre Citizen Kane, laissez faire.

      @ acquiesce

      Votre site est génial, je l’ai placé dans mon blogroll.

    • @Jozef Siroka

      Je suis touché. ;-)

    • @ acquiesce

      Votre site trahi une condescendance ignoble envers les gens qui n’ont pas eu la chance d’avoir été instruit correctement. C’est cruel et gratuit. J’adore!

    • J’ai adoré The New World que j’ai regardé plusieurs fois, je ne les compte plus. Pour ce qui est de Citizen Kane c’est autre-chose, j’ai essayé mais la désuètude du film est un frein trop important pour l’adhésion à son propos, habitué que je suis à la cinématographie moderne. La Chevrolet 57 est peut-être bien la meilleure voiture jamais construite mais force est d’admettre qu’elle ne fait pas le poids devant n’importe quel modèle d’aujourd’hui; pour l’apprécier il faut relativiser… Je ne suis pas prêt à cet exercice pour le cinéma.

      The New World 10/10

    • Y a-t-il au moins consensus que le jeu de Ferrell est franchement mauvais?

      Presque aussi raté que son interprétation d’Alexandre.

    • Je note que la base de données de IMDB recommande “Andréi Rublev” à ceux qui ont aimé “The New World”.

      Troublante coïncidence connaissant la dévotion de Josef pour Rublev et prenant acte de son commentaire sur “New World”.

      Coïncidence ou lien intime entre ces deux films? Quelle est l’essence commune entre ces deux films qui viennent toucher des cinéphiles comme Josef? Un jeu de montage similaire? Le cinéma au service d’une quête philosophique? Laquelle? Malick s’est-il inspiré du Rublev? Une ouverture qui contraste avec le reste du film, un scénario laissé sans réponse, je peux voir des similitudes, mais je serai curieux de vous entendre là-dessus (et Josef au premier rang).

    • @ pellem

      Je crois que ces deux cinéastes réussissent à soutirer un maximum des possibilités du langage cinématographique, qu’il essaient de provoquer une expérience sensorielle universelle, accessible à tous. Ils ne font pas que «raconter une histoire» comme le font malheureusement la plupart des films. Pour cela, je préfère lire un roman.

      Enfin, là je m’exprime un peu mal parce que je suis pressé, mais je vous propose de lire ce billet que j’ai écrit sur le sujet il y a quelques temps (où je cite Tarkovski par ailleurs) :

      http://blogues.cyberpresse.ca/moncinema/siroka/?p=919

    • @pellem
      Le jeu de Farell n’est pas mauvais: il est neutre, comme le veut Malick, comme Gere dans Days of Heaven. La psychologie, chez Malick, passe par le montage, l’émotion des personnages est transmise par la nature avec laquelle le cinéaste les associe constamment. Ses films sont subtilement subjectifs, toute la mise en scène consiste à nous faire vivre les mêmes émotions, à nous spectateur, que les personnages ressentent, l’acteur n’a pas besoin, en plus, de les jouer.

      Le lien avec Tarkovski est plus dans la spiritualité évoquée par les deux cinéastes, leur rapport à Dieu et à la Nature, leur humanisme.

    • M. Siroka,

      Que pensez-vous de cette critique pour le moins acerbe des trois derniers (premiers?) épisodes de la série Star Wars?

      http://www.youtube.com/watch?v=FxKtZmQgxrI&feature=player_embedded#

    • @ ToothPic

      C’est drôle, j’ai stocké hier les liens dans mon dossier «en attente», je pense que ça ferait un bon post dans le temps des fêtes, quand les gens auront le temps d’écouter 70 (!) minutes de critique vidéo. Mais je ne l’ai pas encore fait moi-même.

    • M. Siroka,

      Pour ma part, je dois avouer les avoirs regarder rapidement, mais la critique faite de certains éléments, dont la construction peu orthodoxe du récit et le manque de profondeur des personnages (pour moi, Obiwan est celui qui déçoit le plus), sont particulièrement frappant… Et je dois avouer qu’il met le doigt sur plusieurs irrégularités interne à la série. La voix du critique est par contre, très déplaisant…

      Bon temps des fêtes!

    • The New World , quel film magnifique! Il vaut bien 10/10.

    • Je me considère comme un cinéphile. J’ai adoré The thin red line pour les mêmes raisons que M. Siroka a aimé The New World. Je me suis par contre franchement ennuyé en visionnant ce dernier. Plutôt que de plonger de le film et de me laisser aller à des réflexions sur cette rencontre entre deux mondes, j’ai plutôt flairer les “tentatives” de créer de ” effets”. Il faut dire que j’avais beaucoup d’attentes,,, Malgré un grand respect de l’auteur pour la philosophie amérindienne, je suis resté sur mon apétit,… Pas aussi réussi que les rencontres entre soldats américains et japonais dans son précédent film ou entre Turcs traditionalistes et turc “rock and roll” comme dans De plein fouet
      (génial!) de Fatih Akin. Mais surtout, je me rappelle d’un Farell insipide (Ce film aurait mérité un acteur de la trempe de De Niro dans The Mission)

      Mais à cause des arguments deM. Siroka et des autres blogueurs, je vais revisionner le film et j’espère me laisser séduire cette fois-ci.

    • Bonjour,
      Pour ma part, je me demande si l’opposition systématique entre “cinéma d’auteur” (intello/plate) et “cinéma hollywoodien” (pour mou du bulbe rachidien) se justifie. De nombreux films dits “commerciaux” en tout cas ne possèdent-ils pas un contenu profond et intéressant ? Ce n’est pas le cas de tous, sans doute, mais…
      Par exemple, considérons “Aliens” de James Cameron, considéré par la critique (US, au moins) comme le meilleur film de la série (apparemment ils ont zappé le premier). J’ai longtemps considéré pour ma part ce film comme le plus mauvais des quatre. Pour moi, James Cameron avait détruit la belle et fragile construction édifiée par Ridley Scott et le problème de leurs successeurs fut qu’ils se retrouvèrent écartelés entre l’approche “artistique” de Scott et celle “bourrin” de Cameron. Sans doute qu’en tant que metteurs-en-scènes, rêvaient-ils de refaire “Alien” mais que le public attendait d’eux, majoritairement, qu’ils refassent “Aliens”. Résultat, l’aliénation (ha, ha) des deux groupes.
      Mais, Cameron n’a t-il pas pris volontairement et consciemment le parti-pris de Scott ?
      On pourrait dire, en effet, que “Alien” est un film “féministe” : les astronautes pénètrent dans le vaisseau étranger par des ouvertures en forme de vagins. Kane sera le spermatozoïde qui fécondera l’oeuf alien. L’étranger lui-même est une sorte de “sur-mâle” (voir son crâne à la forme fort évocatrice). Ne s’en prend-il pas en priorité aux mâles du Nostromo, ses concurrents directs ? Sa première et seule victime féminine, Lambert, on ne la voit pas vraiment mourir, on l’entend et ce que l’on entend ressemble étrangement à des ébats amoureux. En somme elle meurt de ne pouvoir supporter le membre gigantesque de l’alien. Ripley, elle, parviendra à préserver sa “virginité” en expulsant la créature du blanc Narcissus.
      Avec “Aliens” maintenant, Cameron semble vouloir réaliser un film “masculiniste”. Il envoie une troupe de sur-hommes bourrés aux stéroïdes (même les femmes sont bâties comme des bucherons) affronter les aliens armés d’énormes engins cracheurs de feu. Le croiseur lui-même ressemble à un flingue géant, symbole éminemment phallique. Malheureusement, leur “papa” le lieutenant les émascule rapidement en leur refusant l’autorisation de se servir de leurs puissants engins. Engins, qui seuls seraient capables de “pénétrer” la sur-femme, la “bitch” que représente la reine alien, que seule, finalement Ripley parviendra à battre. Et on retombe alors dans le schéma féministe. Puisque les mecs sont incapables d’assurer, aux femmes de sauver la situation…
      Donc, voilà pour moi un exemple de film hollywoodien de type “blockbuster” qui semble finalement avoir un contenu.
      Bien sûr, il est possible que je fasse dans la sur-analyse et que James Cameron n’ait voulu rien d’autre qu’un gros film bien bourrin, plein de gros flingues et qui pète bien, à destination d’un public d’ados…

    • @ fylouz

      Wow… c’est rare de tomber sur des internautes qui ont été déçus par Aliens. Je me sens un peu moins seul.

      En tout cas, votre analyse d’Aliens n’est pas bête du tout, mais à peu près personne ne la remarque ou n’en parle, contrairement au symbolisme d’Alien, donc il y a fort à parier qu’il ne s’agit que d’une grosse coïncidence. Malheureusement, le genre de commentaires qui revient le plus souvent est du genre « Aliens est un excellent exemple de suite, car il est complètement différent du premier » (ce qui est archi-faux) et « Aliens est une métaphore du Vietnam » (ce qui est probablement vrai).

      En tout cas, je serais curieux de connaître votre interprétation symbolique du 3 et du 4!

    • “The New Word” est un film excellent pour l’histoire, le scénario, la mise en scène et surtout les très belles images. Mais il y a un mais, le rythme est d’une lenteur quasi dérangeante. Apprécier ce film à sa juste valeur requiert beaucoup de patience intellectuelle.

    • Il est clair que The New World déstabilise les habitudes de consommation d’un public formaté depuis les années 80 par un montage frénétique et la prolifération d’images-choc issues de l’esthétique publicitaire.

      Quand vous êtes habitués au McDo, si vous allez dans un bon restaurant, vous serez probablement choqués que les plats goûtent «trop», ou que le service est trop lent.

      Nous sommes habitués à un bombardement sensoriel frénétique (images et sons) qui nous dispense de réfléchir.

      On devrait peut-être installer un nouveau service aux multiplexes : une sorte de vestiaire pour les cervelles avec des bocaux numérotés pour entreposer notre cerveau le temps de la projection ;-)

      The New World, prend clairement position pour les amérindiens. Le vrai personnage principal est «Pocahontas» (même si ce nom n’est jamais dit dans le film).

      Sa voix-off (heidegerrienne?) ouvre la narration par une prière. Elle sauve John Smith d’une mort certaine, se fait initier à la langue anglaise, est répudiée par son peuple, va vivre chez les Blancs et parachève son assimilation (nouveau nom, vêtements, mariage avec le colon John Rolfe, voyage en Angleterre et mort loin de la terre de ses ancêtres.

      Le parcours de Pocahontas résume celui des peuples autochtones : ouverture, trahison, assimilation, disparition.

      John Smith est un homme de la frontière, compétent mais instable, problématique et révolté. Il arrive d’ailleurs en Amérique en tant que prisonnier. Il aurait pu vivre définitivement chez les autochtones mais il est littéralement «chassé du paradis». Il sait qu’il est condamné à errer, qu’il ne fera jamais un bon mari. Smith repart d’ailleurs en exploration pour trouver la route des Indes et laisse délibérément croire à Pocahontas qu’il est mort. Il sait que le choc des civilisations sera fatal aux autochtones. Mais contrairement au personnage d’Avatar, ne choisit pas le camp des «sauvages».

      L’autre «amour» de Pocahontas, John Rolfe (Christian Bale) est le prototype du futur «américain». Il incarne le meilleur des valeurs religieuses et morales de puritains et des Quakers fondateurs des USA. Travailleur, fidèle et juste, il n’est cependant pas intéressé par la «vie sauvage», son attirance pour Pocahontas/Rébecca est davantage une illustration du mythe fondateur USA de la civilisation vs sauvagerie, qui annonce l’invention d’un homme meilleur au contact d’un peu de sauvagerie, qui se purifie des origines pourries de la vieille civilisation européenne au contact du nouveau monde.

      Dans Avatar, Cameron propose une réécriture de la conquête de l’Amérique avec un happy end pour les autochtones, à travers des héros beaucoup moins problématiques que The New World.

      C’est beaucoup plus rassurant pour le public.

    • Brit Murphy décédée :-(

      Noon je l’aimais bien, elle!

      32 ans, c’est mon âge ca…

    • @ goupil

      Un vieux routier comme moi est forcément plus sélectif dans ses choix de divertissements. C’est-à-dire que je soupèse le plaisir visuel ou auditif anticipés, ce qui est fort logique. Tout comme un ado je peux saisir toutes les nuances dans l’évolution du spectacle choisi sans pour autant me lancer ventre à terre pour paraître plus “in”.

      Tenez, en visionnant The New Word, je pensais à l’art lyrique japonais, le NO long à ne plus en finir. Etant dans l’impossibilité de fuir, j’ai alors pratiqué ma patience intellectuelle. Du grand Art, que je vous jure!

    • @vlrglqqf

      NO problemo!
      Comme dirait un autre personnage de JC.

    • Un film comme New World ne demande-t-il pas au contraire de mettre son cerveau à off, du moins la partie intellectuelle, puisque le plaisir principal du film se situe à un niveau sensuel, affectif? Le temps de la projection, il est plutôt préférable de “se laisser aller”, de s’abandonner au film. Le cinéma contemplatif s’adresse aux sens avant l’intellect. Le travail de décodage vient par après, une fois hors de la salle, où l’on peut “rallumer” le cerveau et tenter de comprendre ce qui vient de se passer. Le cinéma lent passe d’abord par une expérience audio-visuelle, qu’il me semble préférable d’intellectualiser, si on y tient vraiment, a posteriori plutôt qu’in media res.

    • @ cinematographe

      Quand je parle de «cerveau», je ne fais pas nécessairement référence à son côté rationnel. Mais, en effet, j’aurais pu mieux m’exprimer.

      Comme d’habitude, votre commentaire vient nettement enrichir mon propos initial. Merci de votre collaboration.

    • Euh,désolé,mais je n’ai pas trouvé ce film génial du tout.

      Du tout.

      Plus ou moins une copie du thème utilisé,beaucoup mieux à mon avis,dans le classique “Dances with the wolves”.

      Le fameux méchant blanc qui fraternise avec le bon amérindien,pour ce rendre compte au final combien est vraiment méchant le blanc et à quel point est vraiment bon le “sauvage” amérindien…

      Pour ma part,le classique passé sous silence:INTO THE WILD,de SEAN PENN.

      Bien sûr,sur le même thème qu’Easy Ryders,mais bon…

      À écouter seul,pas en gagne.Aussi non,impossible d’apprécier ce qui à mon avis,est un chef d’oeuvre inconnu,et basé sur une histoire vraie en plus.

      http://www.youtube.com/watch?v=2LAuzT_x8Ek

    • @jozef

      Merci de votre appréciation. En passant, je cherchais depuis un bout de temps une approche à Malick (il semble que l’on n’a pas écrit beaucoup sur le monsieur), et vous venez de me lancer un gros bonbon avec Heidegger et le narrateur objectif-subjectif, c’est le fil conducteur qui relie mes idées éparses, alors je vous en suis pas mal gré… D’ailleurs, je ne savais pas qu’il y avait des textes substantiels dans Cinébulles, faudrait que je regarde ça.

    • Bonjour,
      J’aimerais vous remercier pour cet article! Cette même soirée je regardais le film!
      Je suis tombée sous le charme et j’ai complètement adoré cette production que je n’avais pas vraiment entendu parler à sa sortie!
      La profondeur et la spiritualité qui s’y dégage ainsi que la beauté des images… j’ai tout simplement adoré!
      Merci encore et passez de belles fêtes!
      R

    • The New World est en effet un grand film.

      Malick réussi à aborder le sujet de la découverte du ‘Nouveau Monde’ avec une approche poétique et romantique, et de la peindre avec de subtiles touches visuelles.

      Une approche géniale compte tenu de la manière dont les Amérindiens ont historiquement étés traités dans notre culture (soit en tant que “sauvages”, intellectuellement et culturellement inférieurs; soit en tant que peuple pur au rapport idyllique avec la nature (voir: Avatar)). C’est une progression du racisme au paternalisme, et Malick navigue ces eaux troubles avec le courage d’un artiste en pleine possession de ces moyens.

      En effet, en présentant l’amour impossible entre Pocahontas et Smith comme une métaphore du massacre des populations Amérindiennes, il réussi à présenter ce pan d’histoire comme quelque chose d’aussi simple que 2 personnes tombant en amour, et qui se trahissent mutuellement car leurs cultures sont trop différentes et intolérantes pour coexister.

      @cinematographe
      Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites. Selon moi, dans le cas de The New World, les scènes contemplatives ont une fonction précise. En les juxtaposant au bref dialogue, on se rend compte qu’il y a des émotions et des sensations qui se transmettent sans avoir à les exprimer et qui, en fait, ne s’expriment pas avec le dialogue.

    • La version “extended” est en fait un nouveau montage du réalisateur.

      Il n’y a pas seulement des scènes ajoutées, mais bien certaines sont remontées.

      C’est encore plus lent ! Mais je crois que c’est la version définitive.

    • très intéressant votre post, merci (je fais partie des ultra-malickiens qui trouvent ce film éblouissant). J’avais lu l’article du Guardian, contestable parce qu’il semble que le type n’apprécie pas La Ligne rouge à sa juste valeur, mais qui avait le mérite de rendre au Nouveau monde son importance.

      “Smith, de retour dans son fort miteux, fait directement allusion à un rêve qu’il n’admet pas avoir véritablement expérimenté. Il se base sur cette déception lorsqu’il choisit de ne pas aller revoir la fille naturelle dont il est tombé amoureux. Il n’y croit plus.”
      C’est exactement ça. Smith rencontre l’Eden, le vit, mais une fois de retour chez les siens ne parvient pas à se convaincre qu’il l’a réellement expérimenté. L’homme retrouve le paradis mais refuse d’y croire, et donc le perd à nouveau.
      Comme l’Eden ne peut subsister qu’en étant regardé comme tel, et les hommes venant après Smith ne le regardant pour la plupart qu’avec rapacité, la corruption (au sens biblique) du nouvel eden est consommée. Bref une chance est offerte que l’homme ne saisit pas, non pas malgré mais à cause de l’éblouissement sur-naturel que cette vision littéralement incroyable provoque – les conquistadors ne l’avaient pas mieux saisie, puisque ce monde n’est qu’en partie nouveau.
      Cela dit, il faudrait pas faire pour autant de Malick un militant panthéiste de l’acte de foi (bref un bigot), mais ce type a réussi à digérer et à rendre si puissamment, de façon si intuitive et sensorielle ce qui aurait pu être d’une pesanteur infinie, qu’on ne peut parler que de grâce pour définir son oeuvre.

      Autre truc, on a toujours tendance à négliger la seconde partie, avec Bale, qui est tout aussi riche.

      http://rogue-site.over-blog.com/

    • Je viens de lire ce billet, 3 ans plus tard… :)
      Je suis un grand fan de Malick, j’ai adoré ses 5 films; je crois que chacun est un chef d’oeuvre en soi.

      Ceci étant dit, vous donnez quelques exemples de 10/10 et de 1/10… je ne sais pas si c’est causal comme relation, mais il y a beaucoup de fautes d’orthographes dans les commentaires 1/10 !!

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