Jozef Siroka

Archive du 17 décembre 2009

Jeudi 17 décembre 2009 | Mise en ligne à 21h00 | Commenter Commentaires (62)

Le chef-d’oeuvre obscur de la décennie

Photo : Alliance

Photo : Alliance

«On dit que The New World (2005) n’a pas des fans; il a des disciples, des partisans et des fanatiques. Je suis un de ceux-là et mon fanatisme demeure tout aussi incandescent après quelque 30 visionnements. The New World est un film sans fond, d’une beauté et d’une harmonie formelle presque indescriptibles. [...] Cela pourrait sembler une exagération, mais avec The New World le cinéma a atteint sa culmination, son apothéose.» C’est ainsi que s’exprime John Patterson dans un article passionné publié dans le Guardian.

En ce qui me concerne, j’entre définitivement dans la catégorie des «fanatiques» du film de Terrence Malick. La première fois que je l’ai vu, ma réaction ne s’est pas seulement manifestée de manière émotionnelle et intellectuelle, mais aussi physique : je ressentais tour à tour des papillons et des crampes dans le ventre; une sensation qui n’est pas sans rappeler un premier amour. Rarement le cinéma m’avait offert quelque chose d’aussi pur.

Ceci étant dit, j’en vois déjà qui froncent les sourcils à se donner un mal de tête! En effet, si The New World suscite de très fortes réactions, elles ne sont pas nécessairement positives. Le film est un véritable Sarah Palin cinématographique : soit on adore, soit on déteste. Il n’y a pratiquement pas d’entre-deux. Pour s’en convaincre, il suffit de consulter l’avis du peuple : j’ai nommé la section «critiques» de CinémaMontréal, où The New World obtient la cote emblématique de 5.1 sur 10.

On y retrouve beaucoup de 10/10 :

Je suis une cinéphile avertie et visionne beaucoup de films. The New world est le meilleur film que j’ai vu depuis longtemps. J’avais déjà apprécié “Bad Lands” et “The Thin Red Line” de Terence Malick. Dans ce film-ci, il laisse beaucoup de place à l’espace, au silence. Tout est merveilleux, costumes, paysages. La spiritualité des amérindiens y est soulignée avec élégance et émotion. Le casting est excellent. Un chef d’oeuvre.

Ce qui arrive avec des chefs-d’oeuvre comme NEW WORLD de Terrence Malick c’est que ce n’est pas un film comme la rupture, click, ou bien Miami Vice. C’est un genre d’antihollywoodien qui nous fait réaliser ce qu’un homme avec une vision comme Malick peut faire. Regarder les décors, Regarder les figurants, Les magnifiques prises de vues qui valent a elles seulent le 10 $ que j’ai payé pour aller voir ce chef d’oeuvre. Bref, C’est un film pour les cinéphiles ou pour les gens qui sont près à voir derriere le premier niveau. Malick a réalisé un chef d’oeuvre dommage que certaines personnes se soient fermés les yeux…

Ce film est un tableau magnifique de l’épopque de la colonisation. Un questionnement sur le sens réel de la vie et de notre façon de vivre. Ce n’est toutefois pas un film d’action pour les barbares sans culture.

Trop rare, Terrence Malick nous offre ici un film extraordinaire qui mérite toutes les éloges. On Y retrouve tous les thèmes qui lui sont chers (la nature, l’amour, la guerre, la foi, la rencontre) rythmés par des voix off aux questionnements métaphysiques et poétiques. Souhaitons qu’il nous fasse encore d’autres films.

Mais aussi beaucoup de 1/10 :

Jamais j’ai écouté un film nul a chi… comme lui au cinéma je suis très déçue d’avoir payé pour ce film.

Oh mon dieu ce film es un des plus ‘P O C H E’ que j’ai jamais vu de ma vie. Après 1h et demi je voulais arrêter de le visionné mais j’ai poursuivi car je croyais qu’il y allait avoir quelque chose de bon mais non je me suis fait totalement trompé. C’est ahurissant comment ce film es désastreux.

C’est le film le plus long, plate, endormant, insipide, ennuyant, somnifère, désagréable, assomant, monotone, soporiphique, somnolent, barbant, banale, morne, incolore, inintéressant et inconsistant!

À éviter absolument. J’ai quitté avant la fin, ce que je ne fais jamais, et c’est après m’être endormi à deux reprises. Aucune action, aucun entrain des comédiens, histoire à dormir debout, vraiment très désagréable.

C’est juste plate… dégeulasse… ennuyeux… sans but… musique plate… je classe pas sa un film mais une torture.

Je crois que ce qui a contribué à toute cette vive déception c’est la promotion fallacieuse du film.
On a essayé de leurrer des spectateurs dans les salles en leur vendant une aventure romantique intercontinentale avec les jolies gueules de Colin Farrell et Christian Bale, un Pocahontas en prise de vues réelles. Pourtant, même si The New World peut être emballé comme tel grâce à une bande-annonce manipulatrice (voir plus bas), le fait est que Malick dispose d’une sensibilité radicalement anti-hollywoodienne.

Il ne propose pas une structure en trois actes (exposition, conflit, dénouement) typique de 99% des films en salle; son montage, son utilisation du son et de la musique sont quasi-expérimentaux. Le public peut difficilement s’associer à ses personnages qui ne sont pas munis d’une psychologie concrète, mais qui servent comme un canal à des idées plus abstraites. Enfin, Malick n’est pas un moralisateur (plutôt, un philosophe). Il n’y a pas de gentils ni de méchants, donc pas de résolution claire. «Ce n’est pas un film sur de Nobles Sauvages, sur l’effet empoisonné de l’arrivée de l’Homme Blanc et de la terreur de la Poignée de Main Colombienne» précise Patterson dans un segment qui se penche sur les fausses préconceptions que peut susciter The New World.

Les gens qui s’attendaient à mettre leur cerveau à off en allant voir un film commercial bonifié d’une leçon de vie ont donc forcément vécu un choc. Pour s’apprécier pleinement, The New World nécessite un engagement actif de la part du spectateur. Ce dernier doit «trouver» le film et pas s’attendre à ce qu’il vienne à lui. Un exercice qui peut s’avérer exigeant mais qui donne lieu en fin de compte à une merveilleuse révélation.

***

Pour ceux que ça intéresse, j’ai écrit il y a près de quatre ans dans Ciné-Bulles un essai sur le cinéma de Terrence Malick – et The New World en particulier. J’en propose donc quelques extraits. Vous pardonnerez certains traits naïfs qu’on peut imputer à un jeune écrivain en plein apprentissage, (un apprentissage, suffit-il de le dire, qui est loin d’être terminé!).
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Jeudi 17 décembre 2009 | Mise en ligne à 13h45 | Commenter Commentaires (14)

Séparées à la naissance

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À gauche : l’affiche récemment dévoilée du nouveau film de Christopher Nolan, Inception.

À droite : une affiche du dernier film de Christopher Nolan, The Dark Knight.

La ressemblance est frappante, jusque dans les détails (observez comment les lignes formées par l’écume des vagues à gauche renvoient aux colonnes des lampadaires à droite).

Quelle a été la logique derrière ce concept? Amadouer de manière subconsciente tous les fans du dernier Batman et ainsi répéter un exploit au box-office? Dans tous les cas, Movieline a réussi à dévoiler le subterfuge…

Pour revenir au film, Inception se déroule dans un univers où «Les corporations ont développé une technologie pour entrer dans les rêves de certaines personnes afin de leur soutirer de l’information. Un PDG (Leonardo DiCaprio) entre dans des rêves et les choses commencent à s’intensifier et à s’empirer».

Le casting, particulièrement allécheant, comprend également Ken Watanabe, Cillian Murphy, Michael Caine, Ellen Page, Marion Cotillard, Joseph Gordon-Levitt et Tom Berenger.

Inception prend l’affiche le 16 juillet.

***

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