
Selon le site InContention, la séquence d’ouverture d’Ali (2001) de Michael Mann constitue un des plus grands moments cinématographiques du 21e siècle. En effet, après avoir (re)vu le clip ci-dessous, difficile d’être en désaccord.
Un des plus grands esthètes du cinéma contemporain, Mann nous présente un très bel exemple de montage intellectuel, ou vertical. En d’autres mots, les différents plans qui s’enchaînent ne servent pas à avancer la narration, mais bien à exprimer une idée, à établir une atmosphère.
Pendant près de dix minutes, Mann mélange avec une formidable dextérité, et avec toute l’élégance qu’on lui connaît, différents flash marquants de la vie de Muhammed Ali, avant qu’il ne devienne le fameux champion de boxe et icône mondiale. Le principal fll conducteur de ce portrait impressionniste étant les chansons Don’t Fight It (Feel It) et Bring It On Home To Me de Sam Cooke, qui prennent la forme ici d’une performance live.
Le fait que Mann alloue autant de temps aux scènes de nightclub qui, à première vue, n’ont rien à voir avec le reste du montage, représente l’élément le plus intéressant de cette séquence. Le contraste entre ce lieu enjoué et le reste des scènes est assez saisissant. Pendant qu’un jeune Ali se dirige en arrière de l’autobus et constate la violence subie par son peuple, on voit des belles filles parées de bijoux et de gants de soie assises en avant, qui agissent comme si elles n’avaient aucun souci au monde.
Le constant choc entre ces différentes scènes sert à annoncer la complexité du personnage principal, qui est davantage qu’un grand sportif qui a été un symbole d’un mouvement social. La situation dans le nightclub se veut en fait une extension du showman exubérant, du charmeur inimitable, de celui qui s’auto-proclamait «The Greatest».
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