Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 2 novembre 2009 | Mise en ligne à 9h30 | Commenter Commentaires (35)

    À propos de la fin de Goodfellas

    goodfellas

    Je pensais intituler mon billet quelque chose comme «Godfather ou Goodfellas?», et ensuite sonder les gens quant à leur préférence entre les deux classiques du cinéma de gangsters. Si la proposition tient toujours, je constate, après avoir revisité le film de Scorsese (en particulier cet épilogue chargé de références et d’intertextualités), qu’une certaine analyse s’impose afin d’ajouter à la pertinence de ma question initiale.

    Les derniers instants de Goodfellas (voir plus bas) dénotent une volonté – presque agressive – de s’établir dans la large tradition des films de gangsters. Il y a d’abord l’insert de Tommy tirant à bout portant vers la caméra qui se veut un hommage à The Great Train Robbery (1903) d’E.S. Porter, le premier western de l’histoire du cinéma et l’ancêtre du découpage technique moderne. Il y a ensuite la dernière action de Henry dans le film, lorsqu’il ferme la porte de sa maison de banlieue (et qu’il dit adieu à sa vie de hors-la-loi). Son geste renvoie directement au moment final du plus fameux des films de gangsters, The Godfather. On y voit l’homme de main de Michael fermer la porte qui sépare le bureau où se trouve son patron et la pièce d’où la femme de ce dernier, plus isolée que jamais, observe son mari assumer ses responsabilités en tant que nouveau parrain.

    Si Scorsese reconnaît l’apport considérable des films cités, il avance en même temps que, à l’aube des années 1990, le genre a atteint une nouvelle étape dans son progrès. Développement en grande partie redevable au cinéaste lui-même; lorsque Henry «brise» le quatrième mur et s’adresse directement au public, il assume pleinement son côté fictif, état factice qui annonce les truands post-modernes de Reservoir Dogs (1992), Pulp Fiction (1994) et autres clones tarantinesques. Le gangster cinématographique est devenu un des éléments les plus cool de la culture populaire.

    600full-goodfellas-photo.jpg

    L’analogie avec la fin de The Godfather est conçue dans un esprit de rupture (la porte qui claque chez Scorsese en opposition à la porte qui se referme doucement chez Coppola). Goodfellas se donne comme objectif, entre autres, de décaper le vernis de noblesse, d’élégance et de bonnes intentions instauré par The Godfather dans l’univers du crime au grand écran. Le gangster de Scorsese est un être mesquin, macho, imbu de lui-même; ni plus ni moins un gamin immature qui abuse de son pouvoir mais, il faut l’admettre, qui le fait avec style.

    Si la vie de criminel peut sembler séduisante, c’est en grande partie dû à l’ultime machine à fantasme : le cinéma. Grâce à une mise en scène extrêmement colorée, rappelant constamment la nature fabriquée de l’univers dépeint, Scorsese médite tout autant sur les codes du cinéma de gangsters à travers l’histoire que sur la paradoxale attraction qu’éprouve le public envers le genre. Alors qu’au début du film Henry et son entourage semblent aussi glamour que des vedettes hollywoodiennes, ils perdent petit à petit de leur lustre au fur et à mesure que l’intrigue avance : ils nous répugnent par leurs accès de violence et nous choquent par leurs choix destructeurs. En fin de compte, nos héros se transforment en zéros. On est loin de l’approche romanesque – ou même shakespearienne – préconisée par Coppola, qui a tendance à agrandir ses personnages à mesure que la tragédie approche.

    Tout ceci étant dit, très loin de moi l’idée de vouloir diminuer The Godfather de quelque manière que ce soit! Et, pour revenir à ma question initiale, je ne sais toujours pas quelle serait ma réponse. Le fait est que les deux films sont des chef-d’oeuvres qui abordent un sujet similaire de manière sensiblement différente. Fait intéressant à rappeler : Coppola voulait que son bon ami Scorsese réalise The Godfather : Part II, avant que les studios rejettent catégoriquement la suggestion. Le destin a finalement décidé que Scorsese méritait sa fresque de gangsters mais, pour paraphraser les paroles de la chanson de Sid Vicious qui clôt judicieusement Goodfellas : He did it his way.

    ***

    La fin de Goodfellas :

    La fin de The Godfather (la scène de la porte survient vers 3:18) :

    La gangster de The Great Train Robbery tire sur le public :

    La version intégrale du film (moins de 11 minutes) est ici.

    À lire aussi :

    > Les meilleurs films de gangsters
    > Réflexion sur le mal


    • Intéressant aussi à relever, Godfather II présente d’ailleurs un monde plus froid de gangsters, où Micheal multiplie les décisions d’affaire avant la famille… Il en vient à tuer son frère, il s’ostrasice sa femme, etc… Comparé à Don Corleone qui lui, était tellement plus près de sa famille. On pouvait à un certain point admirer Don Corleone pour son sens de la famille, mais on ne pouvait également oublier les gestes qu’il a posé. Micheal Corleone? Non, c’est un truand froid et calculateur. Fier héritier de son père pour les affaires, loin d’être aussi habile en famille. On se sent étranger vis à vis Micheal Corleone. On le méprise.

      Goodfellas? Mon sentiment à la fin du film était plutôt… de la pitié. Pauvres eux, ils se sont fait avoir royalement.

    • A mon avis, il y a film qui fait la transition entre Godfather et Goodfellas dans le répertoire de films de gangster: Once Upon a Time in America. Il illustre le truand quelque part entre la vision du personnage modèle et chevaleresque et du vil truand. En effet, je crois que Once Upon a Time in America est un film qui mérite sa place dans une discussion des films de gangsters. La seule faiblesse de ce film est la bande sonore qui ne passe pas le test du temps (contrairement à la plupart des autres bandes sonores de Morricone), mais ça reste mon film de gangster préféré. La scène où De Niro viole Connely est une puissante cassure du bon truand qu’on nous avait introduit et qui était réminescent de Godfather, et celui de vrai criminel sans principe.

      Finalement, même si je compare des pommes et des oranges, à mon avis la quintessence du gangster est Tony Soprano. De qualité cinématrographique, cette série télé permet vraiment de décrire le ganster comme aucun film ne pourrait le faire.

    • Thématique absente, par contre, celle de la retombée dans la condition sociale initiale, qui sera la clef de the THE ROARING TWENTIES

      http://www.ecouterlirepenser.com/textes/pl_ci_roaring.htm

      Le film de gangster contemporain avilit dans la mort, mais ne punit pas dans la déchéance sociale…
      Paul Laurendeau

    • - “Leave the gun…..Take the cannolis.”
      - “I’ll make him an offer he can’t refuse.”
      - “All right, you just shot ‘em both. Now what do you do?………Sit down and finish my dinner.”
      The Godfather est un film grandiose. Mais que dire de Goodfellas?
      - “but I’m funny how, I mean funny like I’m a clown, I amuse you? I make you laugh, I’m here to ****in’ amuse you? What do you mean funny, funny how? How am I funny?”
      - “Whenever we needed money, we’d rob the airport. To us, it was better than Citibank.”
      - “I thought he’d never shut the **** up! ”

      C’est peut-être à cause de mon âge mais j’ai préféré Goodfellas….un peu! Ce sont 2 grands films de 2 grands réalisateurs. J’ai adoré les 2 films mais j’ai une petite préférence pour Goodfellas.

      On compare quand même 2 chefs d’oeuvre qui sont dans mon top 15 de mes films préférés.

    • C’est effectivement deux très grands films, que dis-je trois très grands films qu’on ne se lasse jamais de revoir. Par contre j’ai vraiment un faible pour Goodfellas. Pour moi c’est un film de gangsters où on ne peut pas être plus près de la vérité. Godfather c’est exceptionnel évidemment.

      Mais Godfather ils faisaient de l’imporatation d’huile d’olive alors que Goodfellas c’était de la coke…très différent comme point de vue.

      Et le My Way de Sid Vicious à la fin vient justement rappeler ça, la cassure avec Sinatra et les gangster gentlemen. Magique.

    • @past2904

      Justement, les 2 films sont aussi liés par le fait que les chefs de clan ne veulent rien savoir du commerce de la coke. Il s’agit de la limite à ne pas franchir, celle du commerce de drogues dures.

      Pour ce qui est de la comparaison entre les 2, à mon avis Godfather domine totalement Goodfellas. Rationnellement, c’est difficile à expliquer, mais je crois que j’apprécie davantage la progression psychologique de Michael que celle de Henri. Peut-être cela vient-il du fait que le premier est joué par Al Pacino (!) alors que le deuxième est personnifié par Ray Liotta (?)…

    • Il ne faut pas oublier non plus que The Godfather était purement fictif et inspiré d’histoires entendues entre les branches, tandis que Goodfellas est tiré d’une histoire vécue.
      http://en.wikipedia.org/wiki/Goodfellas

      De là le pourquoi je crois que Goodfellas était un cran au dessus de la trilogie de Godfather, bien que je n’enlève absolument rien à la série. Mais qui dépeint le gangsterisme comme quelque chose de cool et génial versus la réalité que Goodfellas apporte et que la plupart des mafiosis ont connus la prison, les bas de la drogues, les tueries, et plus.

      Goodfellas pour moi.

    • Jay_Jay:
      “…mais je crois que j’apprécie davantage la progression psychologique de Michael que celle de Henri. Peut-être cela vient-il du fait que le premier est joué par Al Pacino (!) alors que le deuxième est personnifié par Ray Liotta (?)…”

      N’oublions pas ue Godfather est purement inventé sur des histoires diverses de plusieurs mafiosis, alors le progrès de Micheal est purement fictif, il est bâti et apporté d’un jeune qui vit à l’extérieur des activités famillales au plus grand parrain, qui meurt sur sa chaise un vieil homme déchu par la mort de sa fille. C’est un mélange complet de plusieurs gangsters.

      Tandis que Goodfellas nous apporte dans l’univers réel de la Mafia. Alors c’est certain qu’on n’y voit pas la autant de progression des personnages, mais plutôt la dégringolade qu’aporte la paranoia d’être pris.

      Mais d’accord avec toi sur le fait que Godfather est cinématographiquement meilleur vu la montée du jeune jusqu’à sa mort.

    • J’aime beaucoup les deux, mais je n’ai aucune difficulté à choisir The Godfather.
      Pour moi, ce n’est pas qu’un film de gangster, c’est aussi l’histoire d’une famille italo-américaine. Le côté tragique et “saga familiale plus grande que nature” de The Godfather me plaît beaucoup. Simple question de goût. C’est peut-être mon côté romantique… ;)

      Le propos de Goodfellas sur les gangster est peut être plus approprié par rapport au sujet traité, ce qui le rendrait plus “correct” moralement.
      Toutefois, j’ai toujours trouvé que The Godfather avait un propos plus fort sur le capitalisme en général. Goodfellas est un monde de gangster clôt, qui intérragit beaucoup moins avec le reste de la société. Godfather 1 et 2 montre à de nombreuses reprises.

      La ligne est peut être facile, mais le “we’re both part of the same hypocrisy, Senator” lancé par Pacino à un Sénateur réclamant un pot de vin, est assez symptomatique du propos de Coppola sur le système américain. Ça fait très génération Vietnam comme propos, mais il est là et je le trouve aussi intéressant que celui de Goodfellas.

      Autre points de comparaison: le jeu des acteurs est bien meilleur dans The Godfather. La musique y est aussi meilleure.

    • ces deux films sont dans mon top 5, auquel j’ajoute le godfather II

      mais je préfère goodfellas pour la truculence, la violence sans fard, et la progression du rythme de la caméra tout au long du film. L’ascension du héros est appuyée par une caméra très fluide, la séquence sans coupure de la scène de l’entrée d’henry et sa blonde au copacabana par les cuisines est un classique. Sa chute est par contre marquée par un montage saccadé, un cadrage serré, voir la scène où Henry prépare la popotte, tire une ligne, va chercher la gardienne et se fait arrêter. wow.

      mon filme préféré que je revois une fois par année.

    • Les deux films sont très forts.

      Je donne toutefois un avantage pour Godfather, principalement pour quatre raisons.
      1) Le jeu d’acteur. Sans rien enlever à Goodfellas, le jeu d’acteur de Godfather est selon moi le meuilleur pour un film du genre.
      2) Les nombreuses références à la réalité. Godfather réussit plus à nous plonger dans l’univers mafiosi dû aux références culturels bien réels de cet organisme.
      3) L’histoire tourne autour des “tops” dans Godfather, ce que j’aime bien. On peut voir plus facilement le point de vue des “boss” que dans Goodfellas, qui focus un peu plus sur les homme de mains. Je préfère donc l’intrigue politique de Godfather.
      4) La complexité du scénario de Godfather.

      Ceci étant dit, j’ai beaucoup de respect pour les deux films et font parti de mon “top”.

    • Moi je préfère Goodfellas surtout pour son côté humour noir particulièrement dans la première parti du film quand par exemple Henry subit son “Baptème de taule” et quand les gangster sont réuni pour l’acclamer où plus tard quand ils sont emprisonné et que se sont eux ni plus ni moins qui contrôle la prison en vivant presque comme dans un palace et finalement quand les ganster se pavane comme des millionnaire fière de leyur derniers coup alors qu’on leur avait demandé de resté discret. Toutes ces scènes font un ballant avec des scènes plus dramatiques et rend le film beaucoup plus supportable à visionner.

    • Je préfère Requiem pour un beau sans coeur. Le côté Rashomon (Kurosawa) des points de vue multiples. Scorcese et Coppola ne sont rien comparé au maître du genre, Roberto Morini ;-)

    • Cet article tombe à point : j’ai revu les deux films tout récemment. Mon favori : Goodfellas, pour sa haute voltige technique (plan-séquence dans le restaurant, montage éblouissant, usage de la trame son – je n’enlève rien à l’excellente musique de Godfather), ses touches d’humour noir, sa violence glaciale (je pense à l’intro et à la scène où Henry casse le nez d’un voisin avec la crosse d’un pistolet – ouf!).

      Dans le roman Malavita de Tonino Benacquista, le narrateur raconte qu’il déteste Goodfellas parce que ce film montre les gangsters pour ce qu’ils sont vraiment : des crapules. Le personnage, en revanche, adore The Godfather et pleure chaque fois qu’il voit la scène de la mort de Don Corleone.

    • Meilleur film de gangster:

      Les élections municipales à Montréal!

    • @ draeron
      Quelle excellente joke. Chapeau bas.

    • @Dralibor
      Voilà un point de vue intéressant qui est souvent mentionné par des critiques de cinéma, mais que j’ai de la difficulté à comprendre totalement.

      Je pourrais très rarement argumenté que j’aime un film plus qu’un autre parce qu’il est légèrement plus réussit d’un point de vue technique (à moins que la différence soit vraiment importante).

      Ex: le plan séquence du restaurant dans The Goodfellas est admirable, mais j’ai toujours trouvé que ces extravagances techniques sont des éléments secondaires comparativement à l’histoire, aux personnages (jeux des acteurs), à l’ambiance, , aux émotions etc. que nous fait ressentir un film.

      Personnellement, je ne trouve pas le personnage de Ray Liotta très intéressant. Ceux de Joe Pesci et de Robert de Niro le sont bcp plus.

      Concernant le fait que ça ressemble davantage aux crimes organisés et qu’il serait donc pour cette raisons “supérieure moralement”. Il est probablement vrai de considérer que Goodfellas est plus proche de la réalité du crime organisé, car c’est tiré de la vie d’un véritable criminel. Toutefois, je trouve que la comparaison est difficile à faire complètement pour deux raisons.
      1) Goodfellas se penche sur des hommes de mains, pas sur les têtes dirigeantes
      2) les époques couvertes dans les deux films ne sont pas les mêmes.

      Aussi, d’un point de vue moral, il faut prendre en compte plusieurs aspects:
      D’abord, je trouve qu’il ne s’agit pas non plus d’un des critère les plus pertinent pour juger de la valeur d’un film. À moins que le film ne soit complètement abject à ce sujet.
      ceux qui se sont mis à idéaliser le monde criminel avec Godfather n’ont en réalité pas compris grand chose à l’idée derrière le film. Si on considère que Michael Corleone est une figure tragique, ce n’est pas pour rien. Dès la fin du premier, cette idée d’idéalisme brisé devient très claire. De plus, on ne peut dissocier complètement Godfather 1 du deuxième à ce sujet. La figure tragique devient en effet beaucoup plus évidente.

      Enfin, plusieurs ont mentionnés la manière dont la violence est traité dans Goodfellas.

      Toutefois, je tiens à souligner, qu’à mes yeux, Godfather est loin de la “glamouriser”.
      Que ce soit la balle à travers la lunette, le trou dans la tête de Solozzo, la centaine de balles que reçoit Sonny Corleone ou bien le couteau de Vito Corleone qui traverse toute la cage thoracique du Don sicilien, pour l’époque, on est loin de la violence aseptisée.

      Vous remarquerez également que Coppola s’attarde régulièrement sur la scène des crimes pendant quelques secondes après que celui-ci ait eu lieu. Ce n,est certainement pas un hasard.
      Il y a une question de contexte qui intervient ici. Nous sommes beaucoup plus insensibles à la violence que les spectateurs des années 1970 pouvaient l’être. À cet égard, je me permet d’émettre une hypothèse: le simple fait de montrer pendant quelques secondes les suites de ces actes violent étaient peut-être bien suffisant, à l’époque, pour rendre beaucoup moins glamour l’image de la mafia.

    • mmmh…

      Godfather est un film culte, une sorte de BIBLE du cinéma !

      Goodfellas a moin d’importance que Godfather et cela sans le moindre doute ! Beaucoup de films ressemblent à Goodfellas !

    • Pour rester sur le “He did it his way”, on se souviendra que Sergio Leone était à l’origine supposé être le réalisateur de Godfather, mais a décidé de se retiré afin de faire (plus tard) une oeuvre plus personnelle (Once Upon a Time in America). Décidément des géants ont gravités autour de ce Godfather.

      Coincé entre Godfather et Goodfellas, ou plutôt dans l’ombre de ceux-ci, se trouve Once Upon a Time in America, film sublime.

    • @Unspoken_Request

      Juste une petite précision, la scène où le jeune Vito Corleone (DeNiro) plante son arme blanche dans le thorax de Don Ciccio apparaît dans le Parrain II

    • @Unspoken_Request

      Cela dit, ton commentaire est très pertinant!

    • @gazzola
      Je sais, mais cette scène participe du même traitement de la violence par Coppola. Ce traitement n’est pas complaisant, ni “glamourisant”.

      D’ailleurs, selon moi, on peut difficilement dissocier les deux oeuvres. Je le mentionne pour un autre sujet dans mon texte.

    • Il ne faut pas oublier que le Godfather est une fresque / trilogie de 6 heures minimum, que la réalisation fabuleuse est classique à la manière des maîtres italiens tels Visconti, De Sica, Zifferelli de la belle époque. Que le sujet est celui de l’immigration de la mafia italienne vers l’Amérique et qu’à l’origine, la mafia italienne était un pouvoir parallèle qui compensait pour l’ineptie et la corruption du pouvoir officiel, une sorte de bien-être social un peu radical assorti d’un volet redevance. Ce n’était pas que des malfrats purs et durs: ils avaient aussi un petit côté robin des bois, macho romantique, un attachement profond à la mama et à la famille. Il avait aussi les valeurs de l’Amérique et étaient des cathos, comme les Kennedy, ce qui nous les rendaient quand même sympathiques.
      Dans Goodfellas, la réalisation est rock and roll, très MTV. les héros sont des brutes, zéro culture, zéro éducation: des petites frappes un peu épaisses. Exit la noblesse, la fresque historique, l’honneur, le classicisme italien. Reste le cash, le pouvoir, les règlements de compte et les coups bas. Le gore, quoi. Goodfellas est une comédie: c’était la seule façon de faire passer — et faire aimer du spectateur — une historie sur des punks pareils. Satire, dérision et virtuosité de la réalisation. C’est comme si Scorsese avait dit à Coppola: je vais te montrer de quoi ont l’air TES bums dans leur vraie nouvelle vie, en Amérique, attache ta tuque!
      Pour enfoncer le clou, cela a donné par la suite Les Sopranos — dans le quel Scorsese a même fait une apparition.
      Récemment, on a eu droit à des règlements de compte dans le quartier italo St-Michel, probablement reliés au crime organisé… eux-mêmes relié à la mairie de Montréal. Lorsque les policiers sont arrivés pour enquêter, les mafiosos locaux leur ont gentilment demandé de se retirer et de leur laisser régler ça. Si c’est pas du Goodfellas, ça?

    • The godfather de Coppola a permis a Scorsese avec Good fellas de poursuivre sous un angle différent l’univers du crime organisé. Mon choix va pour The Godfather car grâce a Coppolla tout comme Lucas pour le 1ier Star Wars) il a définit un genre qui était devenu moribond.Qui se rappelle du film The Brotherhood avec Kirk Douglas? (1968) Scorsese s’en ait tout de même inspiré. Car, en 1973 Scorsese avait essayer son film de pègre avec Mean Streets qui n’était pas dans la même ligue de The Godfather. Ceci étant dit, se sont 2 grands films. A mon avis, le scandale étant que Good Fellas n’est pas remporté la statuette pour Scorsese. Et, que l’académie lui ai donné pour une niaiserie comme The Departed.

    • @Jozef Siroka
      “On voit l’homme de main de Michael fermer la porte qui sépare le bureau où se trouve son patron et la pièce d’où la femme de ce dernier, plus isolée que jamais, observe son mari assumer ses responsabilités en tant que nouveau parrain”

      Vous dites que cette scène a inspiré la dernière action de Goodfellas, je n’y avais jamais pensé.

      De mon côté, je pense être tombé il y a 2 semaines sur la scène qui a inspiré cette scène du Godfather. J’avais téléchargé “Les grandes familles”, avec Gabin et Bernard Blier.

      Gabin joue le rôle d’un patriarche immensément riche, gros banquier qui joue à la bourse et finit par provoquer son fils au suicide en voulant lui donner une leçon sur le dur monde des affaires.

      Aprenant le suicide de son fils, il est prêt à tout abandonner quand son petit-fils en bas âge survient, ce qui lui donne envie de tout continuer.

      La scène suivante est exactement ou presque la même scène que The Godfather. Gabin est dans son bureau de dos et tient son petit-fils dans ses bras. À côté de lui, il y a son bras droit Blier. La caméra filme de l’extérieur de la pièce et la mère du garçon est à l’extérieur de la pièce et regarde cet homme qui lui a enlevé son mari. Si un jour vous avez l’occasion, vous constaterez que c’est presque la même scène.

    • @ groucho

      J’approuve entièrement votre argument quant aux Oscars!

    • Godfather ou Goodfellas?

      Once Upon a Time in America, assurément…

    • Beatles ou Rolling Stones?

      Beach Boys…

    • Fichu question…
      Je suis un brin plus Godfather, mais….

      En fait ces 2 films sont un peu les 2 cotés d,une même pièce.
      Ils représentent un concentré de tout ce que la mafia était, est et sera.

    • Personnellement, je trouve Godfather beaucoup plus sombre et pessimiste que Goodfellas.

      Dans Godfather, tout est sombre, sans but et fatal. du 1er au 3e, la famille ne peut échapper au tourbillon du crime et Michael sera prisonnier de ce cycle jusqu’à la mort de sa fille, sorte de prix à payer pour sortir de l’engrenage. La police et les autorités sont impuissants face à la mafia, il n’y a jamais d’espoir dans ce film. Kate est brisée morceau par morceau. La seule lueur de bonheur est la réussite du fils de Michael, mais remarquez qu’elle se fait par le biais d’un retour en Italie, comme si le rêve américain des Corleone était un échec.

      Dans Goodfellas, on sent que les hommes ont un peu plus de prise sur les choses, qu’ils peuvent influer sur le destin. La femme de Henri échappe au piège de Jimmy, Henri dénonce ses anciens amis qui finissent en prison, il quitte la vie de gangster, amer certes, mais il sort de l’engrenage contrairement à Michael.

      Par ailleurs, Ray Liotta n’était pas prêt pour ce rôle selon moi. Il n’estpas mauvais, mais Pesci et De Niro sont trop gros pour lui. J’imagine que Scorcese voulait un acteur moins connu pour jouer Henri… Et si je ne me trompe pas, il n’a pas vraiment tourné par la suite. Quelqu’un sait pourquoi? Aurait-il sapé sa réputation par son jeu ou durant le tournage?

    • Normal que Ray Liotta n’ai pas eu la même stature que les deux autres car ca va dans l’esprit du film Henry était un novice entrainer par les autres qui était déjà des vétéran alors je suppose qu’il ont pris un acteur moins connu pour Henry afin que ca transparaisse comme dans le film.

    • @ gaetanjulien

      Oui, j’imagine que c’était le but recherché, mais il me semble qu’un rôle aussi important dans un film de Scorcese devrait lancer une carrière. pourtant, Liotta n’a pas semblé profiter de cette chance et est resté un acteur de second ordre toute sa carrière, contrairement à un Al Pacino par exemple, qui est devenu une star après son rôle dans le Parrain, malgré qu’il cotoyait des grands comme Brando, ou même Caan.

    • Blasphème! Impossible de comparer un autre film de Gangster au magistral “Godfather”, c’est presque indécent. : ) Du moins, le premier des trois films.

      La brochette d’acteurs, le travail de la caméra, la grandiose scène du baptême, j’ai apprécié “Goodfellas” mais aucune comparaison s’il-vous-plaît. : )

    • Ni un ni l’autre!

      Mon préféré, c’est Godfather Part II

      Suivent ensuite de très près Godfather Part I & Goodfellas

      Viennent ensuite Carlito’s Way et the Departed pour boucler mon top 5 (je n’ai pas particulièrement adoré Godfather part III).

      Ce sont de toute façon tous de très bons films; ils figurent aisément dans mon top 25, voire mon top 10!

      Mentions honorables à Eastern Promises, Public Enemy et Casino.

      Une grosse différence entre tous ces films, c’est l’époque : je crois effectivement que la mafia sicilienne/américaine du boom de l’immigration était plus “loyale”, “majestueuse”, “bienfaisante” et axée sur la famille; plus les décennies passent, plus cet aspect ira en diminuant. On peut clairement voir ce “manque de respect” total pour autrui dans Goodfellas, Casino et Carlito’s Way.

      Bref, autre époque, autres moeurs!

    • @unholy_ghost

      “Beatles ou Rolling Stones?

      Beach Boys…”

      No way! Pink Floyd… et The Wall !!

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