
La semaine dernière, Francis Ford Coppola donnait une entrevue à Bloomberg News dans le cadre du Festival de cinéma de Beyrouth :
Le cinéma tel qu’on le connaît est en train de s’effondrer. Nous vivons une période de changement incroyable. On connaissait dans le temps six ou sept grandes compagnies. En ce moment, chacune d’entre elles vivent un grand stress. Probablement que deux ou trois vont faire faillite et que les autres vont faire des films à la Harry Potter – essentiellement, essayer de faire encore et encore Star Wars, parce que les affaires ce sont les affaires.
Pour ceux qui voient dans ces sombres prédictions un sermon défaitiste typique d’un has been qui essaie de justifier ses propres déboires artistiques, peut-être préféreriez vous consultez des chiffres?
Le Guardian s’est récemment entretenu avec le directeur d’une compagnie spécialisée dans le financement de films. Les données sont assez frappantes : l’industrie du cinéma américain va couper son taux de production d’un tiers. Et ce, dès l’année prochaine! D’un nombre record de 606 films produits cette année, Hollywood en comptera moins de 400 en 2010. «Et ça risque de baisser dans le futur». Pendant ce temps-là, les ventes de DVD connaîtront une chute de 25%…
Selon le Guardian, tous ces chamboulements auront un effet négatif pour les spectateurs, qui verront l’offre s’homogénéiser : «Une plus grande proportion de ces ressources désormais réduites iront dans des champs plus étroits comme les films de science-fiction ou de super-héros».
Mais la crise économique, l’Internet et la révolution numérique ne devraient pas être tenus comme seuls responsables du présumé déclin d’Hollywood. Dans une conférence sur l’avenir du cinéma indépendant largement citée sur le web, Bill Mechanic, l’ancien PDG chez Fox Filmed Entertainment (qui s’est fait saquer par Rupert Murdoch quand Fight Club n’a pas rapporté les profits escomptés), affirme que l’industrie n’a qu’elle même à blâmer pour ses déboires.
Reconnu pour sa franchise, Mechanic dissèque avec grande acuité ce qui ne va pas avec la philosophie hollywoodienne. Je traduis ici quelques extraits, tout en vous recommandant fortement de lire le discours dans son intégralité (quelques morceaux choisis ici) :
Ce fut la plus étrange des leçons pour moi [du temps qu'il fût PDG]. Que le milieu indépendant, qui devrait avoir pour objectif de faire les choses mieux et différemment que les studios, n’a pas ce mandat du tout. La seule chose que les distributeurs et les financiers indépendants recherchent c’est LA MÊME CHOSE. Ça coûte peut-être moins cher que les majors, mais ils veulent ce que les studios veulent ou, dans le jargon de Fight Club, ils veulent des copies d’une copie.
Je comprends maintenant que les choix les plus conventionnels comme X-Men ou Ice Age auraient à peine une chance d’être produits de manière indépendante. Pourquoi? Parce que dans le temps, ces films ne ressemblaient à rien d’autre.
C’est irrespectueux pour ne pas dire stupide de penser que le public ne peut faire la différence entre l’original, qui à l’occasion peut même avoir de nouveaux visages, et la copie, qui est presque toujours remplie de pneus rechapés. C’est comme penser qu’on peut vendre les nouvelles de la veille avec une manchette différente.
Les entrées en salle connaissent un déclin ces dernières années et, peut-être le plus troublant dans tout ça, le public pour lequel Hollywood consacre la majorité de son temps, les moins de 25 ans, sont justement ceux qui trouvent autre chose à faire. [...] Au cours de la dernière décennie, les admissions chez le groupe-cible ont chuté de 21% et de 24% dans l’autre catégorie-clé, les 25-39 ans.
Et oui, cette grille force une autre question : si le public change, pourquoi le produit ne change-t-il pas aussi? Nommez-moi cinq films commerciaux qui ont réussi à atteindre avec succès les plus de 30 ans cette année?
Pour terminer, je propose la conclusion de l’essai de David Thomson, qui adopte une approche plus socio-philosophique du sujet:
Les stars, les genres, l’artisanat et la confiance des entreprises n’existent plus. Pourtant, quiconque a déjà vu un film, revient toujours à un besoin fondamental : racontez-moi une histoire que je n’ai jamais entendue auparavant. À moins que – et il s’agit de la plus grave des anxiétés – nous ne reconnaissons plus l’équation entre les nouvelles histoires et l’espoir pour le monde. En 1939, Gone With the Wind fut ce qu’il fut parce que le public craignait la guerre et la faim. Le film a prospéré parce que la romance de l’espoir était encore vivante. Si les films sont aujourd’hui en recul, est-ce parce que notre capacité d’espérer s’est flétrie?










Silverr
19 octobre 2009
16h18
J’espère qu’Hollywood va s’écrouler.
nickoleterrible
19 octobre 2009
16h31
La très grande majorité du temps je le trouve niaiseux les films hollywoodiens. Scénario insipide, plein d’invraisemblances, avec une petite leçon moralisatrice à la con. C’est même plus des films c’est des caricatures.
Dire que j’ai déjà aimé ça !
Et aller au cinéma pour se faire défoncer les tympans ?
rogiroux
19 octobre 2009
16h43
Quand tu apprends qu’on veut faire *Independance Day 2*…
Tu comprends que la machine a de sérieux ratés!
Daniel_Dumais
19 octobre 2009
16h46
C est dans la norme des choses d arreter d aduler d autres etres humains “ben ordinaire”…Je souhaites que Hollywood disparaisse pour un monde meilleur. Fini les egos, et les mirages qui rendent tout le monde malheureux!
martinbi
19 octobre 2009
16h50
Pourquoi pas s’écrouler oui… pour mieux rebondir?
(c’est ce que j’aurais fait avec GM et autres au lieu d’y investir des milliards et de voir les É.-U. poindre vers un déficit de 1400 G$… mais quand il y a des enjeux aussi pécuniaires que des emplois dans des marchés assez pauvres merci, facile à dire mais pas à faire).
jppaquin
19 octobre 2009
16h58
Le cinéma hollywoodien s’est engagé dans un cycle infernal gros budget = gros effets spéciaux = grosses recettes, et on gonfle la facture à chaque fois pour aller chercher sa part d’un gâteau qui rétrécit.
Mais c’est confortable pour les producteurs, puisque les effets spéciaux sont la seule dimension qui soit fiable et proportionnelle au budget. Plus de $$$ = plus d’effets spéciaux, de meilleure qualité. Par contre, le talent et un bon scénario, c’est plus difficile à acheter. Sinon, on achète une affiche qui a déjà sa propre notoriété (Harry Potter, par exemple).
Je ne suis pas amateur de cinéma d’auteur ou puriste de l’image, mais je constate que j’apprécie beaucoup plus de films français ces temps-ci, des films sans prétention (comédies, drames ou autres), avec de bonnes histoires souvent bien racontées.
C’est la formule à laquelle Hollywood semble avoir généralement renoncé, ce qui nous laisse à essayer de trier les quelques rares films (il y en a, parfois!) qui sortent du moule et peuvent encore nous apporter un bon divertissement…
rafc
19 octobre 2009
17h02
Avec l’essai de Thomson, on comprend mieux l’oscar offert (plutôt que donné) à Slumdog. Hollywood cherche à recréer une époque où les grands films trouvaient un public masse: casablanca, rear window, sound of music, chinatown… Oscarisation d’un désespoir!
cinematographe
19 octobre 2009
17h27
Le déclin d’Hollywood, ça ne m’inquiète pas, on trouvera moyen de se relever, c’est pas l’argent qui manque.
Je trouve plus inquiétant ce texte de Ann Thomson sur le cinéma indépendant américain: http://blogs.indiewire.com/thompsononhollywood/2009/09/19/toronto_film_festival_winners_and_losers/ rapporté par Rogert Ebert qui le discute ici: http://blogs.suntimes.com/ebert/2009/09/indie_alert_level_severe.html#more
Comme le dit Mechanic, le cinéma indépendant, ça n’existe pas vraiment, mais le problème risque d’aggraver vu le nombre déclinant de distributeurs. Hollywood va toujours placer ses produits, mais c’est de moins en moins sûr pour ses compétiteurs.
johnnythewolf
19 octobre 2009
17h38
“Probablement que deux ou trois d’entre elles vont faire faillite et que les autres vont faire des films à la Harry Potter – essentiellement, essayer de faire encore et encore Star Wars, parce que les affaires ce sont les affaires.”
Je n’aurais jamais cru Francis Ford Coppola aussi lucide.
franssu
19 octobre 2009
17h53
Entre le cartel des majors et celui des guildes professionnelles, Hollywood est un monstre d’inefficacité économique. D’un côté des majors qui sont devenu tellement allergiques au risque qu’elles ne sortent plus que des navets, et d’un autre des syndicats qui tuent la concurrence au niveau des travailleurs, le tout nuit gravamant à la capacité de l’industrie à se moderniser.
Avec les coûts de distribution numérique très bas qui changent totalement la donne et des dinosaures qui ont de la misère à s’adapter à internet et à la mondialisation des échanges et des cultures (la stupidité des sorties limitées géographiquement est un exemple d’inadaptation), oui les vieux dinosaures vont mourir s’ils ne s’adaptent pas.
Est-ce une si mauvaise nouvelle ? Les indépendants et les producteurs étrangers sont déjà à l’affût. Des collaborations internationales permettent à des projets très ambitieux de voir le jour en dehors de Hollywood… L’industrie va connaître une sacrée secousse, mais il était plus que temps.
ExxportA
19 octobre 2009
17h55
Tant qu’il y aura un Guy Ritchie de ce monde, je serai comblé.
c’est vrai que les super grosses productions hollywoodiennes commencent à me taper sur les nerfs.
Les gros block busters de cet été ont manqué leurs coup. Transformers était strictement réversé au muet, de même pour G.I. Joe… ce genre de film qui ne sert à rien de comprendre mais juste de regarder et comprendre que dans le fond, c’était pour les effets spéciaux et non l’histoire elle-même.
Le pire c’est que le budget de ces films pourraient régler le problème de Santé/Éducation/whatever du Québec entier.
goupil
19 octobre 2009
17h59
Le modèle économique-idéologique-esthétique d’Hollywood serait en péril?
Big news!
Personne n’a vu aller l’industrie du disque ces dernières années?
La plupart des produits hollywwoodiens sont formatés pour les ados.
Et les ados, ils téléchargent.
Se foutent pas mal de payer le billet ou d’acheter le DVD. Se foutent pas mal de la piètre qualité des téléchargements.
Mot d’ordre : je paye déjà mon ordi et ma connection (ou papa le paye). Pourquoi payer pour le contenu?
2e mot d’ordre : je le veux tout de suite!
Je suis toujours étonné de voir des gestionnaires de studios payés si cher pour faire l’autruche et nier la réalité.
Mais Hollywood ne s’est-il pas construit sur la négation de la réalité?
Si le box-office n’a pas trop diminué en $ c’est l’augmentation du prix des billets qui le masque. Et les médias de masse martèlent chaque semaine le top 10 du BO en $.
En Europe, on calcule le nombre d’entrées, de billets vendus.
Et si les indépendants, un peu moins englués dans la routine et davantage au fait des technologies de téléchargement, tiraient leur épingle du jeu?
jacqo
19 octobre 2009
18h29
C’est très simple, ça fait des années que le je répète. HOLLYWOOD et le cinéma en général paient des salaires de fous à des acteurs et artistes qui sont loin de mériter ces revenus, et on tente de refiler la facture aux consommateurs.
C’est incroyable de tenter de vendre un DVD navet à $35 ou $40. Ça ne vaut même pas $5.00. Payer $20 millions de dollars a un acteur et ce pour un tournage de 3 mois est indécent. Et ce, sans compter les profits faramineux pris dans la chaine des carnivores.
savgen
19 octobre 2009
18h56
Je suis dans la tranche 25-39 ans et je n’écoute presque jamais de films hollywoodiens. Je ne me rappelle même pas la dernière fois où j’ai eu hâte qu’un film prenne l’affiche. Aussi j’imagine très bien comment je pourrais avoir autre chose à faire si j’étais adolescente entre la télévision, les jeux-vidéos et internet. Au moins ceux qui téléchargent illégalement ont encore assez d’intérêt pour regarder leurs navets, et ce n’est pas comme s’ils avaient une alternative légale. Plutôt que d’envoyer des mises en demeure aux pirates ils auraient pu offrir une alternative légale depuis le temps. Franchement qu’ils se serrent la ceinture s’ils ne sont pas capable de s’adapter à la clientèle, pour ce que ça me fait…
pierre79
19 octobre 2009
19h07
C’est la monté des indépendants comme Peter Jackson en Nouvelle-Zélande ou Guillormo Deltoro avec le Labirynth de Pan en Espagne et le savoir faire de nouvelles compagnies Européene. La mondialisation du cinéma est rendu une très bonne nouvelle. Les gens ont besoin de changement de nouveauté.
mattgilles
19 octobre 2009
19h12
En tout cas tant qu’on est pas pris avec les films français je désespère pas.
vlrglqqf
19 octobre 2009
19h37
Lors de l’avènement du cinéma parlant, ce fut la panique totale. Plusieurs gros noms du cinéma muet se se jetés dans le vide à la queue leu leu (acteurs, actrices et majors inclus). Idem pendant la fameuses crise de 1929. Si Hollywood tombe, il se pourrait que le même scénario se produise à nouveau. Ce ne sera pas pour autant la fin du monde.
La plupart de$ entrepriSeS actuelle$ sont déjà touchée$, il faut du sang neuf dans à peu près tous les domaines. Pourquoi Hollywoot serait-elle épargnée? Le XXIe siècle sera un tournant dans l’Histoire de l’Humanité. Tout deva être modifier en fonction de tous ces changements majeurs: de la façon de penser, de travailler et de décider surtout, tous les métiers vont y passer sans égard aux titres ou aux privilèges. Les dernières technologies et celles à venir en sont la preuve.
syncope
19 octobre 2009
20h35
j’espèere aussi qu’Hollywood s’écroule, mais ce n’est pas demain la veille…
Pour ma part, le Cinéma en salle c’est TERMINÉ. Me faire vendre un billet un prix de fou, me faire ranconner par la concession alimentaire avec des marges de plus de 1000% pour ensuite me faire assèener de la pub èa un niveau de décibel dangereux le tout dans des hordes d’adolescents incultes pour voir mon choix limité à 100 films hollywoodiens pour un seul alternative étrangèere / indépendante cela suffit. Financer des nabab juifs d’hollywood et des stars au train de vie indecent, financé par un monopole de l’offre, des idées et de la vertu… bah ! je me réfugie derrièere mon écran plat et je revisite l’histoire du Cinéma pcq Hollywood n’a plus rien èa m’offrir d’intéressant !
stevevallee
19 octobre 2009
21h55
Je ne consomme que très rarement du cinéma d’Hollywood actuel, mais je ne comprends pas pourquoi on voudrais le voir disparaitre. C’est comme de voir la destruction du plus puissant ordinateur au monde simplement parce que son actuel propriétaire ne l’utilise que pour générer des sons de flatulence.
Bien sûr Hollywood ne va pas disparaître. Elle a passé au travers de l’effondrement du “studio system” de la première moitié du siècle dernier en changeant radicalement. C’est ce qu’elle va faire une fois de plus, assurément, mais pas sans douleur.
Le cinéma est le plus beau des arts, et d’une grande accessibilité autant pour Joe Bine, l’élite intello et tout le monde entre les deux. Il saura toujours s’adapter.
patrk
19 octobre 2009
22h41
OUI
jon8
19 octobre 2009
23h36
Le problème se situe au niveau de la distribution/diffusion et du respect des droits d’auteur.
Si la gratuité devient acquise pour la ”clientèle”, alors peu importe que ce soit les bonzes d’Hollywood ou l’indie; un profond nivellement vers le bas va s’opérer. À plusieurs niveaux.
Qu’on le veuille ou pas, le cinéma est l’art qui coûte le plus cher à produire. Si les gens n’acceptent pas de payer pour consommer cet art, il ne sera plus possible pour les artisans d’en vivre. Et même dans un cas ou la production se ferait à 100% bénévolement (!) le problème de la distribution resterait entier.
Il y a, dans ce milieu, des lois économique qu’il est impossible de tricher. Et ce n’est même pas une question d’avidité, mais de survie.
felicio_de_parma
19 octobre 2009
23h45
Les signes du déclin américain sont nombreux ! MDR
beachball
20 octobre 2009
07h32
c est flagrant
le cinema fait a hollywood depuis plusieurs annees est mauvais.
quelques exceptions ici et la, mais la tendance est a la mediocrite.
Jean_Saisrien
20 octobre 2009
08h24
Hollywood devrait peur-être penser à couper un peu le budget d’effets spéciaux ou sacrifier une ou deux têtes d’affiche pour investir dans des scénarios originaux de qualité.
Les “re-dos” de remakes et les remakes de re-dos me semble qu’on en a soupé.
Que quelques gros tombent n’aura que des bienfaits pour les moyens et les petits qui font des films de meilleures qualité d’années en années.
En passant: Roman Polanski reste en prison et c’est très bien ainsi! ;-)
Charkie
20 octobre 2009
09h14
@Exxport A
”Tant qu’il y aura un Guy Ritchie de ce monde, je serai comblé.
c’est vrai que les super grosses productions hollywoodiennes commencent à me taper sur les nerfs.”
Ah parce que Guy Ritchie ne donne pas dans la grosse production Hollywoodienne?
Et Sherlock Holmes, c’est quoi vous pensez?
fruitloops
20 octobre 2009
10h50
Hollywood Hummer est en transition technologiquement. Pourquoi j’irais voir un BATMAN sur grand écran, qualité DIVX gonflé quand je peux me le tape dans mon salon sur un 50 po (bientôt 100 po), avec un excellent son, et personne qui tape du pied dans le dossier du banc? Et en plus je peux visionner des DIVX téléchargés de partout dans le monde (eh oui, il n’y pas qu’Hollywood) La solution est holographique: pour me ramener dans une salle, il va falloir qu’il ME mette dans le film.
freeportguy
20 octobre 2009
11h24
Comparaison: pendant plusiers années, General Motors a appliqué une stratégie simple: surtout se concentrer sur les véhicules qui rapportent le plus de profit par unité: SUV, pick-up et autres camions. A un tel point qu’ils ont pratiquement laissé surtout aux japonais le créneau des petites et moyennes voitures qui rapportaient moins.
Or, dès que les prix du pétrole ont grimpé, ils se sont retrouvés “gros jean comme devant” avec trop de gros modèles, et seulement de la m…. comme petits et moyens modèles. On connait la suite: chute de GM.
Hollywood a appliqué le même modèle économique: maximiser le profit coûte que coûte. Pour chaque film original et de qualité, on a produit des dizaines de reprises, remakes et autres navets selon des recettes éprouvées, en autant que ca rapporte.
Avec l’avènement de plus petits studios indépendants destinés à CREER des produits de qualité, avec l’internet, etc., le marchés change: cinéphiles deviennnent plus difficiles à satisfaire, et surtout plus difficiles à manipuler. Et si Hollywood n’y voit pas, il y aura un autre GM à l’horizon…
Dragoniade
20 octobre 2009
12h38
Si ça veut dire moins de films épais où des sois-disant héros État-Uniens sauvent la planète d’une menace étrangère, alors tant mieux. Ce sera des films de propagandes en moins.
unholy_ghost
20 octobre 2009
12h44
“La solution est holographique: pour me ramener dans une salle, il va falloir qu’il ME mette dans le film.”
Fruitloops, c’est exactement ce que va faire Hollywood. Quand la télévision est arrivée, les Studios ont répliqué avec l’écran large et le Cinéorama (installé à l’Impérial à l’époque). En ce moment, Hollywood prépare une révolution 3D intégrale, c’est-à-dire généraliser le cinéma Imax 3D. Comme le montrait dernièrement les Cahiers du cinéma, la prochaine année sera celle de la multiplication des productions 3D, à commencer par Avatar de Cameron qui sera au 3D ce que Le Chanteur de jazz fut au son (pas le premier film parlant, mais une espèce de “statement” de l’industrie). Hollywood ne fait pas cela pour le plaisir de la chose, mais justement pour avoir un avantage comparatif par rapport au cinéma-maison. Il est vrai que le 3D sera aussi intégré à la télévision, comme c’est déjà le cas au Japon, mais le cinéma a un avantage certain dans l’”expérience” 3D: la largeur de l’écran. En effet, plus un écran est grand et englobe le spectateur, plus l’effet 3D est important (puisque les objets qui entrent dans l’espace du spectateur ne peuvent le faire que dans la pyramide formée des quatre coins de l’écran et du sommet qu’est l’oeil du spectateur).
vlrglqqf
20 octobre 2009
13h38
@ unholy_ghost
Pouvez-vous me dire pourquoi on a cessé de produire des films dans le genre “How the west vas won” 1962 de Henry Hathaway? Je parle du procédé de trois caméras distinctes filmant simultanément la même scène. Ce qui allait devenir le Cinérama. Mais il s’est avéré visuellement que l’expérience était loin d’être concluante puisque esthétiquement parlant, les raccordements entre les trois sections de l’écran n’étaient pas nécessairement heureux.
Est-ce qu’aujourd’hui ce même système pourrait être mieux développé?
vlrglqqf
20 octobre 2009
13h46
PS: Un simple rappel du résultat du film Canada “360″ présenté à EXPO 67 au pavillon de Bell Canada justement. Un avant-goût des photos bulles.
vlrglqqf
20 octobre 2009
14h10
@ Josef Siroka
Il n’est pas interdit d’y mettre votre grain de sel vous aussi. Merci.
adamantine
20 octobre 2009
14h12
Moi, ce sont les comédies de Hollywood qui me déçoivent maintenant. Il y a longtemps qu’un film m’ait arraché un rire sincère. On dirait que les scénaristes jouent sur les malaises et la stupidité pour faire rire les gens. Avant, c’était de l’humour pur. Maintenenant, on dirait qu’ils ne savent plus quoi faire pour nous faire rire. Enfin, c’est mon opinion.
mikhail_boulgakov
20 octobre 2009
14h13
C’est de la mauvaise analyse économique.
Coupez une mégaproduction hollywoodienne de 25 %, même 40 % si vous voulez : ça fera toujours bien plus de 100 millions pour produire 1 heure 30 de divertissement… Objectivement bien en masse. Et le cachet de Tom Hanks passera de 20 millions à 15. Hon ! Un peu plus de rigueur fera passer le nombre de ‘fours’ de 1 sur 10 à 1 sur 15. Ça obligera juste à des proportions moins débiles…
Hollywood est en abus de position dominante (ils fourguent leurs séries B quand on achète les A), face à une demande relativement inélastique (public captif captif en plus). Le rituel de sortir le vendredi voir un film va s’étioler un peu, Internet oblige, mais c’est une industrie qui a une immense marge de manoeuvre.
unholy_ghost
20 octobre 2009
14h34
Virgiqqf, non, je ne crois pas si cela pourrait être amélioré aujourd’hui. De toute façon, le système Imax et le 3D a rendu tout cela caduque.
Je crois qu’à la base c’est Abel Gance qui a parti ce procédé avec Napoléon et, bien avant, Grimouin-Sanson avec son fameux Cinéorama de l’exposition 1900 (12 caméras).
D’ailleurs, je me suis trompé, dans les années 50, c’est le “Cinérama” et non Cinéorama.
Le problème c’était les joints entre les projecteurs: les objets en arrière-plan était correct, pas ceux en avant-plan.
How the West Was Won (1962) était bel et bien un film Cinérama. Il y avait d’ailleurs trois cinéastes: Hathaway, mais aussi John Ford et George Marshall. C’est le dernier film Cinérama (remplacé ensuite par le 70 mm) mais aussi le dernier western classique.
Pour l’anecdote, Kubrick voulut appeler 2001 How the Solar System Was Won…
unholy_ghost
20 octobre 2009
14h36
Sur les écrans larges: http://www.widescreenmuseum.com/
teamstef
20 octobre 2009
14h41
Hollywood est en mutation mais survivra.
À ceux qui souhaite la mort d’Hollywood, vous devirez avoir honte. Parmi les produits insipides, Hollywood réussi quand même à produire des films de grandes qualités.
Et si Hollywood produit ce genre de blockbuster qui vous répugnent tant, c’est que ce sont ces films qui vendent. Ce n’est pas Hollywood qui dicte le succès d’un film, ce sont les spectateurs, donc c’est nous. Je n’aurai pas la prétention de certains de me voir tellement plus intelligent que tout les reste du monde. Hollywood produit ce qui vend afin de faire des profits, il n’y a rien de honteux là. Et ce sont ces profits qui leur permettent de prendre certains risques avec des films comme Fight Club, mentionné dans l’article.
Effectivement, les films les plus populaires ne sont pas orientés vers les 30 ans et plus. J’ai été surpris de vérifier les recettes du box office de 2009 et de devoir attendre la 15ième position pour trouver un film orienté vers les 30 ans et plus et c’était Angels & Demons. Mechanic demande de nommer 5 films ayant atteint les 30 ans et plus avec succès et c’est vrai que c’est difficile. Il y a eu Angels & Demons en 15ième position du box office, Inglourious Basterds en 17e, Public ennemies en 22e, The taking of Pelham 123 en 35e (mais je ne suis pas certain qu’il était vraiment pour les plus de 30 ans), My sister’s keeper en 49e.
Vraiment, le box office cette année donne raison au fait que les films à succès sont orientés soit vers les enfants, les ados ou les jeunes adultes. Voici le top 30 du box office pour votre propre plaisirs….ou découragement: Encore une fois, ce sont les spectateurs qui dictent la direction d’Hollywood….
1 Transformers: Revenge of the Fallen $402,111,870
2 Harry Potter and the Half-Blood Prince $301,153,382
3 Up $292,810,074
4 The Hangover $276,276,785
5 Star Trek $257,730,019
6 Monsters Vs. Aliens $198,351,526
7 Ice Age: Dawn of the Dinosaurs $196,112,522
8 X-Men Origins: Wolverine $179,883,157
9 Night at the Museum: Battle of the Smithsonian $177,220,561
10 The Proposal $163,802,563
11 Fast and Furious $155,064,265
12 G.I. Joe: The Rise of Cobra $149,645,921
13 Paul Blart: Mall Cop $146,336,178
14 Taken $145,000,989
15 Angels & Demons $133,375,846
16 Terminator Salvation $125,322,469
17 Inglourious Basterds $119,073,469
18 G-Force $118,302,194
19 District 9 $115,238,926
20 Cloudy with a Chance of Meatballs $108,201,645
21 Watchmen $107,509,799
22 Public Enemies $97,104,620
23 He’s Just Not That Into You $93,953,653
24 Julie & Julia $93,081,747
25 Tyler Perry’s Madea Goes to Jail $90,508,336
26 The Ugly Truth $88,915,214
27 Knowing $79,957,634
28 Hannah Montana The Movie $79,576,189
29 Coraline $75,286,229
30 Hotel for Dogs $73,034,460
Quand on voit qu’un film comme Two Lovers n’a engendré que $3 millions ou que A Serious man n’a été lancé que dans un nombre limité de salles et qu’il n’a raporté que moins de $2 millions, on peut comprendre pourquoi les producteurs sont moins attirés par les films “adultes”.
Mais les recettes en salles ne disent pas tout puisque je crois que les 30 ans et plus préfèrent louer un film et le regarder sur le cinéma maison.
unholy_ghost
20 octobre 2009
14h54
Teamsteaf, c’est un cercle vicieux: les 30+ ne vont plus au cinéma parce que le public visé est de 13 ans et que l’expérience ressemble de plus en plus à une soirée à la Roulathèque (je parle d’un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas comprendre…).
unholy_ghost
20 octobre 2009
14h57
Je viens de lire que l’inventeur du Cinerama, Fred Waller, a aussi inventé le ski nautique…
teamstef
20 octobre 2009
15h14
@unholy_ghost
On cite Aznavour en ce froid après-midi d’octobre. T’inquiètes pas mon chèr, j’ai 35 ans et je peux comprendre.
Mais ce que je disais, c’est que des films pour 30+, il y en a mais ils n’attirent pas les foules dans les salles. Si, en 2009, les films les plus populaires avaient été les films que j’ai nommé, quels genres de films pensez-vous qu’Hollywood réaliserait l’année prochaine?
Jim777
20 octobre 2009
16h20
Je regardais des TONNES de films en VHS, puis en DVD durant les années 90 et jusqu’à 2005, parfois jusqu’à 15 par semaine .
Mais après avoir vu tant de formules, de clichés, de prédictabilité, de scénarios insipides et de mauvais acteurs, aujourd’hui je ne regarde que 2 ou 3 films par mois, et plutôt des classiques.
Je ne regarde plus non plus la télé depuis plusieurs années.
De plus c’est trop passif tout ça, il y a bien plus de plaisir à avoir en étant l’acteur d’un jeu vidéo ou lors d’une conversation sur le net ou avec du vrai monde autour d’un café.
C’est pas juste hollywood qui nous a saturés avec sa bêtise, c’est aussi nous tous qui avons plus d’intérêts de qualité qu’avant…
vlrglqqf
20 octobre 2009
16h45
La question qui tue: Tom Hanks vaut-il vraiment 20 millions de dollars?
Autre question qui peut tuer: Comment déceler le vrai talent chez une personne qui n’a à peu près pas d’envergure?
Ce sont peut-être les stars qui tuent Hollywood. C’est à discuter.
Merci à unholy_ghost pour l’hyperlien.
twolaneblacktop
20 octobre 2009
19h14
@teamstef et unholy ghost
ha ! Moi j’ai 45 ans, alors imaginez ! De voir tous ces re-makes de films que j’ai vu dans leurs versions originales dans les annees 70 (LAST HOUSE ON THE LEFT, TEXAS CHAINSAW MASSACRE, etc.) et auxquels on a retire l’inventivite pour y ajouter une surdose de de CGI : bof !
Ma solution : je me retape le 50 ANS DE CINEMA AMERICAIN de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon, je prends des notes et je telecharge tous ces chefs-d’oeuvre meconnus grace aux torrents !
J’en ai probablement pour 20 ans encore avant d’avoir tout vu …
fruitloops
21 octobre 2009
10h26
Fantôme excommunié, l’holographie va sans doute me ramener dans une salle, mais il va toujours falloir une histoire pour m’intéresser — pas juste me dépeigner. Par contre, si je me fie au trailer d’AVATAR de Cameron, une sorte d’hybride en attendant, ben, ça s’annonce plate en sacrament: le scénario semble calorie vide et la conception 2D archi convenue-déjà-vu, pire qu’AI (la plupart des jeux vidéos sont de loin plus intéressants graphiquement) le format 3D va être sans doute éblouissant… pour les 5 premières minutes du film Bref, au final, 315 millions down the drain. On sauvera pas l’industrie avec ça, et l’holographie a du plomb dans l’aile pour un bout de temps malhereusement.
vlrglqqf
21 octobre 2009
13h20
Personne n’a donné suite à mon précédent commentaire. Je ne suis pourtant pas hors sujet, ni arrogant non plus. Bizarre.
unholy_ghost
21 octobre 2009
14h26
Virgiqqf, je trouve que Hanks est le pire acteur du monde…
En fait, comme les films s’adressent à un public cible de 13 ans et demi, on peut pas s’attendre que les acteurs ont des rôles très subtils à développer.
snooze
21 octobre 2009
18h59
@Jim777
Merci … Le meilleur commentaire ici.
Personne dans l’industrie du film, ni Coppola ni les PDG des Majors ni les comédiens ni les critiques de cinéma n’oseront dire un truc pareil …
Pourtant, vous avez tout à fait raison.