Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mercredi 30 septembre 2009 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (26)

    Clooney c. Rumsfeld

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    Alors que Barack Obama a dit et répété qu’il fallait tourner la page sur les présumés crimes de
    son prédécesseur, George Clooney semble dire «pas si vite». Pour sa quatrième réalisation, il réexaminera le procès Hamdan c. Rumsfeld, dans lequel la Cour suprême s’est prononcée en faveur de Salim Hamdan, cet ancien chauffeur d’Oussama Ben Laden emprisonné à tort à Guantanamo, qui a poursuivi le secrétaire à la Défense de l’époque, Donald Rumsfeld.

    Selon WikiPedia, la jurisprudence peut se résumer ainsi :

    En 2006, la Cour suprême juge que le gouvernement n’avait pas le droit de faire juger les détenus par des commissions militaires, et qu’il s’agissait d’une violation de l’article 3 de la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre. Cet article stipule que les prisonniers capturés sur le front doivent être traités de façon humaine et doivent être jugés au cours d’un procès équitable devant «une cour régulièrement constituée offrant toutes les garanties judiciaires».

    Provisoirement intitulé The Challenge, le film sera écrit par Aaron Sorkin, le «libéral le plus puissant d’Hollywood», et surtout connu comme le créateur de la télé-série à succès The West Wing. Le héros du film, l’avocat Charles Swift, sera incarné par Matt Damon.

    Le nouveau projet de Clooney fait certainement penser à son plus bel achèvement, Good Night, and Good Luck (2005), qui relate le combat d’un présentateur télé contre la purge anti-communiste menée par le sénateur Joseph McCarthy dans les années 1950.

    Pareillement, dans The Challenge, on retrouvera une institution fragile mais indispensable à la démocratie – après les médias, le système judiciaire – lutter contre les abus de pouvoir et l’intolérance du gouvernement.

    Malgré l’issue favorable de cet important procès, je ne crois pas qu’il faille s’attendre à une dramatisation triomphaliste ou mélodramatique. Clooney devrait opter pour la sobriété et l’élégance caractéristiques de Good Night, and Good Luck.

    Après tout, Hamdan c. Rumsfeld ne représente rien de plus qu’une petite victoire dans le long et pénible processus pour rétablir un État de droit chez nos voisins du Sud. Et, avec le désir d’Obama de poursuivre et même de légaliser les pratiques douteuses instaurées par Bush, l’avenir des sympathisants des droits de l’homme est loin d’être rose.

    Comme on dit, ceux qui ferment les yeux sur le passé sont condamnés à le répéter. Et si les politiciens mous d’aujourd’hui insistent pour nous garder dans le noir, on ne peut que féliciter les artistes comme George Clooney et leur honorable désir de conscientisation collective.


    • Je rêve du jour où Rumsfled, Bush, Cheney, Rice, Rove et tout le reste de ces criminels de guerre seront pendus haut et court publiquement.

    • Moi je suis surtout content que Clooney reviennent au cinéma politique. Good night and good luck, c’était grand.

    • maddog

      je suis avec vous!

      Bon article M. Siroka!

    • @ M. Siroka,

      Vous dites:
      “on retrouvera une institution fragile mais indispensable à la démocratie (après les médias, le système judiciaire) lutter contre les abus de pouvoir et l’intolérance du gouvernement.”

      Les médias avant le système judiciaire? Vraiment? Ou voulez vous dire que Clooney se tourne, après GNGL (média) vers le domaine juridique?

      À mon sens, nos médias ne valent pas grand chose comme institution indispensable à la démocratie…

    • @ Toothpic

      Je me suis peut-être mal exprimé. Je parle en fait des thèmes successifs des deux films de Clooney cités dans mon texte.

      Et, en effet, les médias ont perdu toute crédibilité à mes yeux (surtout aux USA). Mais dans le contexte de Good Night and Good Luck, la télé était un support naissant, qui se cherchait, et le héros du film, Edward Murrow, en a été un fier représentant qui a su l’utiliser dans l’intérêt public.

      À propos, voici ce que Jon Stewart a dit lorsqu’il a animé les Oscars en 2006 :

      Capote, of course, addressed very similar themes to Good Night, and Good Luck. Both films are about determined journalists defying obstacles in a relentless pursuit of the truth. Needless to say, both are period pieces.

    • Le pire enfant de salaud que l’histoire politique américaine ait jamais connu. Brave George!

    • “Après tout, Hamdan c. Rumsfeld ne représente rien de plus qu’une petite victoire dans le long et pénible processus pour rétablir un État de droit chez nos voisins du Sud. ”

      Rétablir un État de droit… Ouf ! Heureusement que vous bloguez sur le cinéma avec mastria, M. Siroka, sinon on pourrait franchement douter de votre jugement politique ! Comme s’il n’y avait plus d’État de droit aux États-Unis. Voyons donc. Qu’on soit anti-Bush, je veux bien, mais faut pas délirer…

      Vous tolérez des appels au lynchage (pour ne pas dire au meurtre) sur votre site ?! (ref : chien enragé ?) Vraiment, Condoleezza Rice pendue publiquement ?

    • @ mikhail

      Selon WikiPedia :

      «L’état de droit est une situation juridique dans laquelle chacun est soumis au respect du droit, du simple individu jusqu’à la puissance publique.»

      Quand les politiciens peuvent commettre les crimes qu’ils veulent, on n’est plus, par définition, dans un État de droit.

      Et SVP, lâchez-moi avec vos accusations d’anti-Bush! Ça n’a rien d’idéologique ce que je dis. Obama n’est pas mieux dans ce cas-ci.

      Franchement, vous êtes de mauvaise foi. Et vous le savez.

    • ??!

      Quel télescopage de définitions ! Spectaculaire. Zéro mauvaise foi, vous m’en voyez bien désolé. Je crois sincèrment que vous êtes très loin dans le champ… gauche !

      L’État a le monopole de la violence légitime… Depuis déjà quelques millénaires. Ce qui est défini comme ‘légitime’ dépend évidemment de qui ‘gagne’ ou ‘perd’. À ce compte, Churchill, de Gaulle, Roosevelt, Kennedy, McKenzie King, nommez-les, tous, sont tous des ‘criminels’. Ils ont tous signé des papiers qui ont causé mort d’homme.

      Mais il l’ont fait dans un cadre légal. L’État broie, l’État tue. Hier encore, notre Canada a tué du monde en Afghanistan… Il emprisonne des innocents, etc. Il faut bien qu’une ‘main’ actionne ces leviers. Ce sont les politiciens qui deviennent hommes d’État. Et qui ont le droit de faire ça.

      On ne parle pas d’un cas hypothétique où Rumsfeld, par exemple, aurait abusé d’une petite fille en 1977 et s’en serait tiré.

    • Oui, mais dans tous ce chaos, il y a des règles à suivre, comprises dans la convention de Genève. Il se peut que vous considériez ce document comme un torchon et c’est votre droit. Seulement, cessez de parler comme si vous aviez la vérité infuse. Vous émettez une opinion, rien de plus ni de moins. Comme moi d’ailleurs.

    • Si je dis que je préfère Obama à Rumsfeld (et c’est le cas), c’est une opinion.

      Si je dis que Rumsfeld ou autre n’a contrevenu à aucun article du droit international (incluant Genève), c’est du factuel.

      Trouvez-moi l’article de la Convention de Genève que Rumsfeld a enfreint (pour mériter d’être ‘pendu’)…

      Bottom line : le droit international ne s’applique pas aux terroristes.

      Je reconnais qu’on est un peu loin du cinéma… Mais encore faut-il y rester dans le post originel !

    • boulgakov!

      Mais qu’est ce que c’est que ces conneries que vous me sortez là? Quelqu’un n’est pas un terroriste simplement parce que Dick Chebey n’aime pas sa tronche! Mais vous délirez ou quoi! Savez-vous combien d’innocents ont été torturés à Guantanamo? Et dans les dizaines de black sites un peu partout à travers la planète.

      Dites-moi que vous blaguez!

    • Je suis plutôt d’accord avec votre coup de gueule M Siroka, n’en déplaise à votre interlocuteur de ce blogue, M. Boulgakov. Il y a comme une odeur de “guerre civile” larvée aux USA, le pays est coupé en deux et l’état de droit est en lambeaux depuis Bush-Cheney, d’après moi aussi. Et pas sûr qu’Obama soit intéressé à redresser la situation tant que ça.

      C’est une bonne nouvelle qu’il se fait encore du cinéma d’opinion de centre-gauche aux USA; Ça nous ramène à une certaine tradition du cinéma américain des années soixante-dix (pré-”Star Wars) et socialement impliqué, dont “All The President’s Men” pour ne nommer que celui-ci, ou encore “The Deer Hunter”.

    • Guantanamo c’est à peu près 400 types pris au hasard. L’Irak c’est le premier pays que les USA avaient ’sous la main’ après s’être fait éborgner.

      Ces 400 types et l’Irak ont servi pour intimider le reste du terreau du fondamentalisme islamique radical. ‘Si tu fais juste penser une seule seconde à me faire un autre 11-Sept,. c’est ça qui t’arrive. Et ça pourrait même t’arriver si c’est ton voisin qui y pense’.

      Comme quand le bully de la cour d’école ramasse le premier venu pour passer un message aux autres. C’est pas important c’est qui. C’est même encore mieux quand c’est inique. C’est le message qui est important. Comme quand Israël bombarde une école et dit ‘oups’.

      Guantanamo, l’Irak, c’est de l’intimidation pure. C’est laid ? Yessir. Ça marche ? Assez bien : pas un attentat aux USA depuis 10 ans. Comment intimider, du reste, un ennemi kamikaze qui a pas peur de mourir ? Il a p-ê peur de se retrouver dans une cage à poule à écouter du Mariah Carey pendant 20 ans…

      C’est cette lecture de la logique d’État qui m’a fait conclure, en janvier dernier, que Obama fermerait pas Guantanamo… Et j’ai eu raison, même si je passais pour un fou auprès de mes amis. C’est leur seul levier. Et ces 400 types passent aux pertes de l’intérêt d’État.

      Je dis pas que je suis pour…

    • “Guantanamo, l’Irak, c’est de l’intimidation pure. C’est laid ? Yessir. Ça marche ? Assez bien : pas un attentat aux USA depuis 10 ans.”

      WOW! Comment argument taré… Difficile de faire mieux!

      Pourquoi les terroristes se fendraient la pêche en quatre pour frapper les États-Unis quand Junior, Cheney, Rumsfeld et les autres ont fait tout le boulot pour eux depuis les attentats du 9/11…

      L’économie américaine est sur le dos, les libertés fondamentales en ont pris pour leur rhume et le prestige international américain ne vaut pas plus cher que leur monnaie.

      Le terreau du fondamentalisme islamique radical est à l’oeuvre en Inde, au Pakistan et partout où ces terroristes peuvent foutre le bordel facilement.

    • Et je dis pas que je suis pour non plus!!

    • mikhail_boulgakov

      http://www.icrc.org/dih.nsf/CONVPRES?OpenView

      bonne lecture cher incrédule!

    • “Je dis pas que je suis pour…”

      Tu ne dis pas que tu es contre non plus…

      Pour le reste, ce n’est pas Guantanamo qui a empêché des attentats aux USA. Pensée magique.

    • @lefranc

      Je déteste les arguments d’autorité, mais bon… J’ai une maîtrise en droit international… Je suis un peu au courant, merci.

      D’abord, la croyance populaire à l’effet que le droit international est ‘au-dessus’ du droit interne, un comme le rapport unissant la Cour Suprême à une Cour d’appel, est erronée. Vous me brandissez ces Traités à la face comme un flic brandit le Code de la route à un chauffard. Ça marche pas d’même…

      Je vous épargnerai un pitch théorique sur la mécanique qui unit le droit interne au droit international (essentiellement, le droit international doit être intégré au droit interne pour être effectif), mais le bottom line, c’est que, en 2009, le principe de la souveraineté de l’État reste entier. Pas aussi entier qu’en 1648 (quand il a été instauré par le Traité de Westphalie) mais pas loin…

      La notion de ‘illégal en vertu du droit international’, répétée à l’envi par les journalistes depuis 2001, est une sottise. Le concept de ‘légalité’, au sens strict, reste à définir à l’échelle des nations (à l’exception de l’UE, et encore). Ce sera une grande avancée civilisationnelle quand ce le sera. Non, ces documents ne sont pas des ‘torchons’, bien au contraire. Ils sont un peu de lumière dans les ténèbres. Mais encore faut-il les appliquer dans le contexte.

      De toute façon, le Conventions de Genève ne s’appliquent pas aux ‘militants’ (terroristes au résistants selon le point de vue). Et les ‘militants’ du FIR ne s’en embarassent pas quand ils décapitent du journaliste juif égaré…

      S’il faut absoluement faire un arguement légal plutôt que géopolitique, Guantano, en fait, est contre le droit interne américain, mais puisque c’est à l’étranger et que des étrangers sont captifs, il y a là une immense zone grise qui permet cette ‘pression’ dégeulasse mais néanmoins logique, au sens de logique d’État.

      @ghost

      Le lien de cause à effet est en effet réducteur, je te l’accorde. Mais dans les circonstances, les USA ont eu une réaction extrêmement modérée face au 11-Sept.

      Je ne pourrai te faire part de ce pouquoi ‘je suis pour’, puisque sur les blogues de cyberpresse on tolère les appels au meurtre de politiciens américains, mais on a intérêt a pas être trop méchant pour les islamistes radicaux…

    • Guantanamo et les prisons secrètes n’ont pas empêché les six attentats d’Al-Qaida dans le monde occidental depuis 2001. Ils n’ont pas empêché non plus les quelques attentats déjoués sur le sol nord-américain par les services secrets et le FBI. Faire le pire, le plus abjecte – la torture – à des être humains, pour une bonne partie des innocents, en espérant que ça va faire peur à des fondamentalistes psychopathes qui espèrent se suicider, c’est non seulement improductif, c’est aussi stupide et abjecte. En plus, c’est exactement ce que voulais Ben Laden, Bush a fait exactement son jeu, était entendu que le 9/11 était un attaque stratégique (il n’espérait pas détruire les USA).

      Rabaissez les démocraties au niveau du fascisme d’Al-Qaïda n’est pas une solution. Tu devrais moins te servir de ta maîtrise et davantage de ton humanité parfois. Quand on déshumanise un ennemi, fut-il islamiste radical, c’est soi-même qu’on déshumanise.

      PS: Les appels au meurtre de politiciens américains est aussi rabaisser la démocratie.

    • “Le lien de cause à effet est en effet réducteur, je te l’accorde. Mais dans les circonstances, les USA ont eu une réaction extrêmement modérée face au 11-Sept.”

      *Une réaction extrêmement modérée*…??

      Vous irez dire cela aux Irakiens!!

    • Quand on (je dis ‘nous’, pcq le Canada était partie de cette alliance) a aplati le Japon en ‘45 (mais littéralement : 60 % et + des 50 premières villes furent dértuites et massacrées) et l’Allemagne à peu près pareil (100,000 morts en une nuit à Dresde), les démocraties étaient sans doute pas loin des ‘fascismes’ d’un certain point de vue.

      Mais ç’a été fait. Et ça pourrait l’être encore.

      Les Irakiens n’ont rien vu, l’Irak c’est une opération de police manquée comparé à ça.

    • Il y a juste un petit détail: les Irakiens n’ont rien à voir avec le 9/11.

    • De toute façon, la réaction “modérée” aurait été beaucoup moins modérée si les gens de bonne volonté ne s’étaient ligués pour dire leur désapprobation envers les saloperies de l’administration Bush.

      Pour ce qui est de Obama, je sais qu’il prend son temps pour ne pas créer une déroute du genre Vietnam, mais il commence à être temps qu’il livre la marchandise.

    • Les petits bébés pulvérisés de Yokohama et de Dresde n’ont plus n’avaient rien à voir. Tu n’as pas suivi mon propos : l’Irak n’a (presque) rien à voir là-dedans, mais ça change rien à l’affaire.

      En 1944-45, tu aurais sans doute été de ceux à dénoncer les ’saloperies’ de Roosvelt et de Truman… Comme la plupart des Québécois de l’époque. Saloperies de guerre qui servaient aussi à « passer des messages », comme aujourd’hui. La gestion du monde dépasse de loin notre narcissisme insulaire…

      Les “modérés” américains étaient ceux au pouvoir. Ç’aurait été mille fois pire avec ce messianique de Gore. Dans les heures qui ont suivi le 11-Sept, Cheney a menacé le Pakistan, entre autres, d’être ramené à l’âge de pierre. Les « modérés » là-bas ont compris le message et ont collaboré. C’est pour ça que la réaction a été « modérée ». Pcq que les anti-islamistes arabo-musulmans coopèrent pour éradiquer ce fascisme.

      Obama ne fera rien de fondamentalement différent. Aussi Président soit-il, l’engrenage macro-historique dans lequel il est pris le dépasse carrément, comme nous tous.

    • Bon c’est Gore qui est messianique maintenant…

      Le macro est une bonne façon de ne pas pas voir les saloperies du micro. C’est vrai qu’à partir d’un B52, les êtres humains ont l’air de fourmis.

      Pour moi Dresde, est aussi un crime de guerre. Mais tu ne peux pas excuser un crime par un autre, sinon aussi bien retourner au monolithique.

      Le monde entier n’était pas contre le guerre en Afghanistan et les menaces envers le Pakistan. Mais punir les Irakiens pour les crimes de Ben Laden, c’était ni morale ni brillant (Al-Qaida n’était pas en Irak, mais maintenant ils s’en donnent à coeur joie).

      Ta défense de Bush est hallucinante.

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