
«Le pouvoir du cinéma va renverser le Troisième Reich» – Quentin Tarantino
Ce sont peut-être les Alliés qui ont libéré l’Europe du nazisme mais, dans l’univers parallèle de Quentin Tarantino, c’est bel et bien le cinéma (métaphoriquement et littéralement) qui permet de nous délivrer du Mal. Fantaisie sur la Seconde Guerre mondiale à la fois grandiose et impertinente, Inglourious Basterds est essentiellement une ode au septième art.
Le film marque également un retour en forme bienvenu pour Tarantino, qui commençait à suffoquer dans des huis clos fabriqués de plus en plus superficiels. Pour son septième long métrage, il allie pour la première fois de sa carrière un contrepoint historique à sa sensibilité postmoderne. Le résultat est des plus intéressants.
Tarantino donne à l’Histoire un tour de montagnes russes duquel elle ne ressort pas indemne. Les juifs se trouvent soudainement en position de force et terrorisent et mutilent les Nazis à coups de battes de baseball et de scalps. Le haut commandement nazi, lui, goûte à sa propre médecine lorsqu’il se fait piéger dans une salle de cinéma convertie pour l’occasion en chambre à gaz improvisée des plus dantesques. À noter que la salle/purgatoire est incendiée à l’aide d’un matériau filmique : de la pellicule nitrate. Le pouvoir (libérateur) du cinéma ne connaît pas de limites.
Bien sûr, l’interprétation libre d’un événement aussi grave que l’Holocauste a de quoi déstabiliser certaines âmes plus ou moins conformistes. Manohla Dargis du New York Times parle d’un film «extrêmement vulgaire»; David Denby du New Yorker traite Tarantino d’«idiot de la cinémathèque»; tandis que l’éminent critique Jonathan Rosenbaum, qui nous a habitués a des arguments raffinés et érudits, va jusqu’à charger Inglourious Basterds d’aider la cause des négationnistes. Rien de moins!
Mais accuser Tarantino de profaner l’Histoire c’est, à mon avis, refuser de saisir le réel propos de son film : une réflexion sur la représentation historique au cinéma. L’idée est pourtant rendue de manière explicite dès le début avec l’inscription «Once Upon a Time… in Nazi Occupied France». À première vue, la référence concerne l’oeuvre de Sergio Leone qui, en tant que premier cinéaste postmoderne, a clairement influencé Tarantino (qui lui rend un hommage senti à travers la magistrale séquence d’ouverture). Mais au-delà du clin d’oeil de cinéphile se trouve une déclaration plus tranchante : le cinéma est le lieu de l’imagination et du fantasme, non pas du compte rendu soi-disant objectif, comme prétendent le faire nombre de films qui placent en exergue le sacro-saint «Basé sur une histoire vraie».

Je me demande d’ailleurs ce que constitue un film approprié sur la Seconde Guerre mondiale aux yeux des bien-pensants : des Alliés plus blancs que neige confrontés à des Nazis qui s’expriment, l’écume à la bouche, dans un anglais avec un accent (un code hollywoodien justement répudié par Tarantino)? La vérité factuelle est un concept pour le moins suspect lorsqu’il est question de représentation artistique. Si l’on accepte le fait que le cinéma ne sera – et ne devra – jamais être considéré comme une source valable de documentation historique, alors il ne devrait pas être difficile d’accepter le fait qu’une seule version de l’Histoire importe dans un film, à savoir celle de son/ses auteurs(s).
De plus, ce n’est pas comme si Tarantino révolutionnait le genre dans son utilisation désinvolte de la fiction dans un contexte historique. Il ne fait que pousser la logique jusqu’au bout. Y a-t-il vraiment une différence, d’un point de vue éthique, entre Chaplin qui danse avec un globe terrestre dans l’«approprié» The Great Dictator et le corps d’Hitler criblé de balles dans Inglourious Basterds? Certainement pas pour quelqu’un qui considère le cinéma comme un remède valable aux maux du passé. Et, à ce titre, la démarche de Tarantino me semble aussi sincère qu’elle est passionnée.
François Truffaut a lutté pendant des années avec sa fameuse question : «Le cinéma est-il plus important que la vie»? On connaît désormais, sans l’ombre d’un doute, la réponse de Tarantino.

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steevesim
1 septembre 2009
06h27
tarantinoa un style bien a lui derangeant certes, mais combien original et decapant c’est du pur genie, les regards et les dialogues sont sublimes pour les fans seulement et non pas pour les chialeux comme je les appelle
allonsvoyons
1 septembre 2009
07h45
Ça me rappelle quand j’étais allé voir “Crouching Tiger, Hidden Dragon” avec un ami. Tout se passait bien jusqu’au premier combat, où les acteurs flottent et volent légèrement, de façon très artistique. Mon ami s’est mis à pouffer de rire et à dire “mais c’est ridicule!!! ils volent!!!”. Et ce, à chaque combat du film!!! Pourtant, c’était une belle touche de fantaisie qui n’enlevait rien du tout à cette histoire épique d’amour et de combat.
J’ai vu Inglorious Basterds et je n’ai pas eu de problème avec la dérive historique. Je crois que ce film ne vit que pour soi-même. **SPOILER** Par exemple, la longue, longue conversation au bar où l’identité allemande de certains est mise en doute. Toute cette conversation est sublime, mais en bout de ligne inutile puisque tout le monde meurt!!! Néanmoins, elle servait simplement à divertir, mettre une ambiance, etc.
martinbi
1 septembre 2009
08h49
M. Siroka,
Je vais me faire un plaisir de lire votre billet — surtout le film Inglourious Basterds que j’ai tant apprécie, que de mordant, de cynisme, d’originalité, de musique lyrique dans ce film, et quelle mise en abîme à la fin… — mais dites-moi pourquoi je lis parfois le titre du film sans u dans Inglourious, surtout que sur le site imdb.com il y a cette voyelle?
http://www.imdb.com/title/tt0361748/
Au plaisir
Jozef Siroka
1 septembre 2009
08h52
@ martinbi
Merci, c’est corrigé.
gofrankiego
1 septembre 2009
08h56
Curieux que certaines critiques n’aient pas voulu admettre qu’il s’agissait bel et bien d’une fiction et non une vision négationnsite de la réalité historique… J’ai regardé ce film avaec beaucoup de plaisir et, c’est dire ma mentatlité parfois…, j’ai éprouvé un plaisir terrible à voir combien on ridiculisait le reich : «Nein,Nein, Nein, Nein» gueulait-il en scandant du poing sur son bureau ses Nein Nein. J’ai aussi bien aimé les allusions au côté M’as-tu vu d’adolf. Mais le summum c’est qund on le voit crever dans ce cinéma, quel plaisir brut…
N’empêche que, pour ce qui est de la vérité historique il semblerait bien , à ce que j’ai entendu, que ce commando ait bel et bien existé. Je n’ai pas vérifié et quant à savoir si cet américain réclamait réellement le scalp des bochs, je ne sais pas…
Bref, quand j’ai décidé de visionner ce film, à aucun momnet je n’ai cru voir un film de nature historique, je davais que j’allais voir un pur délire de Tarantino et c’est ce que j’ai vu et je l’ai apprécié pour ce qu’il était, un délire sur Adolf !
Je comprend mal pourquoi les critiques ont sorti des arguments de ce genre…
martinbi
1 septembre 2009
09h01
Merci M. Siroka,
Je viens de lire votre billet avant de commencer à travailler et il y a quelques points avec lesquels je suis plus que d’accord, dont le titre « le cinéma comme combustible », qui peut ratisser large dans les circonstances. Pour ma part, le cinéma évacue tout stress, toutes ondes négatives; imaginez aller au cinéma lorsque je pète le feu (sans jeu de mots! Le cinéma est une délivrance, et avec Tarantino nous sommes non seulement divertis (rire jaune…), mais nous réfléchissons aussi (dont l’apport du cinéma au film, l’importance de ce média dans la vie de Tarantino), alors rares sont ceux qui amalgament deux états d’âme avec autant de facilité et d’aisance.
AVERTISSEMENT — la scène finale semble faire l’unanimité : une mise en abîme tout ce qui a plus sensé et qui confère à cette oeuvre de Quentin tout l’amour du cinéma qu’il y dépeint, c’est assez phénoménal, avec la mordante référence à Scarface, c’est jouissif et brillant.
note : je suis persuadé qu’il y a d’autre(s) référence(s) à la fin du film, mais je ne les vois pas; probablement d’anciens films que je n’ai pas vus, alors s’il y en a qui peuvent nous (me) renseigner, merci d’avance!
Je me reconnecterai…
andreane83
1 septembre 2009
09h14
La plupart des films dits historiques se permettent de mêler fiction et faits. Je pense à Gladiator, à Braveheart entre autres. Peut-être est-ce parce que la 2e Guerre mondiale est encore fraîche en mémoire que le sujet demeure plus sensible? Sans doute. Au moins,Tarantino,lui, annonce ses couleurs.
unholy_ghost
1 septembre 2009
09h42
Merci pour ce texte. Très intéressant.
melo_carmelo
1 septembre 2009
09h48
Bonjour Mr. Siroka, content que vous ayez vous aussi apprécié ce film, que j’ai vu cette semaine et immensément apprécié (Je dis cela car on entend ici et là de nombreux commentaires négatifs de “chiâleux”). J’ai été vraiment étonné de la puissance de ce film : il nous tient en haleine pendant deux heures et demie sans aucun problème : tension, dialogues, magnifique jeu d’acteurs, la totale. Vivement que sorte le dvd.
diclo
1 septembre 2009
10h04
@ martinbi
La scêne des nazi dans le cinema est semblable à la scêne final de “Douze salopard” ou les nazi sont aussi enfermé dans une piêce pendant qu’il se font tirer et “grenader”. Peut-être une référence voulu ou accidentel.
vene777
1 septembre 2009
10h22
M. Siroka, Inglourious Basterds est le sixième long métrage de Tarantino et non le septième. 1. Reservoir Dogs 2. Pulp Fiction 3. Jackie Brown 4. Kill Bill 5. Death Proof 6. Inglourious Basterds. Pour les autres films dans lesquels il est impliqué, il a seulement réalisé des segments ou écrit les “screenplays”.
diclo
1 septembre 2009
10h29
@ vene777
Il y a aussi ” My Best Friend’s Birthday ” mais le film n’a jamais été mis en marché.
unholy_ghost
1 septembre 2009
10h30
Kill Bill 1 et 2?
vene777
1 septembre 2009
10h41
@diclo: tu l’as dis “My Best Friend’s Birthday” n’a jamais vu le jour (outre quelques festivals). Également, la version présentée est de 36 minutes. Donc, ce n’est pas un long métrage. Mais bon, je ne vais pas faire un “big deal” avec ça. À moins de considérer Kill Bill comme deux films, Tarantino a réalisé six long métrages.
fruitloops
1 septembre 2009
10h44
Tarentino fait de la BD cinématographique, genre Marvel Comics. Sa supposée érudition me fait bien rire et sa cinématographie me fait beaucoup plus penser aux PAFS! et au POUFS! de la vielle série télévisée Batman. Son dernier opus est amusant (pas négationniste, pas positiviste, pas génial), juste amusant. Il m’est apparu un peu long parce que sa mécanique tournait un peu à vide et que malheureusement cela me donnait le temps de réfléchir, surtout vers la fin : l’exécution gore et hystérique par deux juifs déchaînés du haut d’un balcon sur les dignitaires nazis séquestrés relèvent effectivement du fantasme porno juif, et c’est totalement risible. Hitler a été l’objet d’une centaine de tentatives d’assassinats et le seul qui y soit parvenu est… Adolf lui-même, et on le remercie chaleureusement encore pour ça. Imaginer un seul instant qu’un rat packs de nazis armés jusqu’au dents se seraient laisser tués par deux dingos yuppies américains sans riposter est parfaitement invraisembable! Mais dans la BD, la vraisemblance on s’en fout. Le seul problème est d’utiliser l’histoire comme terrain de jeu, là les critiques t’attendent. RESERVOIRS DOGS et PULP FICTION sont mieux écrits et mieux structurés. De vrais bijoux, comme rarement on en voit au cinéma (Par ex. : DR. STRANGELOVE, LE DÎNER DE CON, FARGO…) !
unholy_ghost
1 septembre 2009
10h54
Fruitloops, toujours dans les clichés, tu es incorrigible.
diclo
1 septembre 2009
10h55
@ vene777
Sans vouloir partir une chicane, juste pour rire. Disont que si on prend ” My Best Friend’s Birthday “, la séquence de Four Room ainsi que les autres participation on arrive à un long métrage pour faire 7 films… Blague à part, je considère Kill Bill comme un seul film étant donné qu’à l’origine il devait sortir en un seul morceau.
Donc, ok pour 6 long métrage.
En dehors de ça, avez vous vu la question de “martinbi”. Moi aussi je recherche des clins d’oeil et des références à divers film dans Inglorious Basterd. Outre que les noms des personnage font référence à divers acteur-réalisateur. Si vous avez des idées…
vene777
1 septembre 2009
11h11
Inglorious Bastards et Dirty Dozen. Évidemment, il n’y a pas de références directes à ces films mais l’histoire de base est inspiré par ces films et d’autres films de guerre. Également, il y a les “shots” inspirés par Sergio Leone comme M. Siroka l’a mentionné. Désolé, je n’arrive pas à trouver des références directes, j’imagine que je connais pas asser le cinéma.
fruitloops
1 septembre 2009
11h24
Au fantôme qui veut pas mourir… BOU!
renaud_1
1 septembre 2009
11h32
Personnellement j’ai beaucoup aimé Inglourious, définitivement un des meilleurs de Tarantino.
Je m’attendais a quelque chose de plus violent avec une histoire qui gravitait essentiellement autour de Brad Pitt et des Basterds mais finalement les Basterds ne sont pas si importants que ca dans l’histoire et le film est surtout axé sur les dialogues.
Et ca pour moi ca été une agréable surprise. Les dialogues sont vraiment bons, les acteurs sont excellents (particulièrement Christoph Waltz) et ils sont dirigés de main de maître par Tarantino.
Également j’avais certains doutes quand j’ai appris que Tarantino avait décidé de faire parler tous les personnages dans leur langue d’origine mais finalement ca passe vraiment bien. Tarantino s’est amusé a jouer avec les différentes langues et ca rend le film meilleur.
Ca a même donné deux des meilleures scènes du film.
Celle ou le ‘Jew Hunter’ parle a Brad Pitt a ses gars pour écouter leur accent Italien (qui est surement la scène la plus drôle du film) et celle dans le bar dans le sous-sol ou le gars se fait détecter a cause de son mauvais accent Allemand.
C’est également le fun de voir des acteurs talentueux plus ou moins connus travailler dans leur langue d’origine.
eraserhead
1 septembre 2009
11h35
@Diclo et Vene777
Référence directe : THE GOOD, THE BAD AND THE UGLY pour la scène d’ouverture (voir ici : http://filmscultes.blogspot.com/2009/08/inglorious-basterds-2009.html#comments)
unholy_ghost
1 septembre 2009
11h38
“Au fantôme qui veut pas mourir… BOU!”
Hey, ne recommence plus ça, j’ai vraiment eu peur!
Jozef Siroka
1 septembre 2009
11h39
@ fruitloops et unholy_ghost
Merci d’échanger avec des arguments et non des injures.
eraserhead
1 septembre 2009
11h40
Je devrai revoir METROPOLIS, car plusieurs ont mentionné que l’apparition du visage de Shosanna sur l’écran de cinéma (et dans la fumée) serait une allusion au classique de Fritz Lang.
(Visage de Brigitte Helm ? À vérifier …)
http://www.filmscultes.blogspot.com/
Jozef Siroka
1 septembre 2009
11h43
Pour les références, une qui m’a soufflée est celle au cinéma de John Ford, lorsqu’on voit Soshanna prendre la fuite à travers le cadre de porte de sa maison.
Voici un plan typique issu de The Searchers :
http://ardfilmjournal.files.wordpress.com/2008/08/the-searchers.jpg
Aubordunord
1 septembre 2009
11h49
@Jozef Siroka
Vous êtes de retour en force.
martinbi
1 septembre 2009
12h03
@ M. Siroka,
« soufflée » dans le sens qui vous a ébahi, impressionné, ou dans le sens trop qui est poussée?
En tout cas, je n’ai pas vu le film en question mais connaissant le genre de film westers des années passées, je crois que la majorité doivent contenir ce genre de plan.
unholy_ghost
1 septembre 2009
12h06
Les références:
SPOILER
Searchers pour la fuite de Soshanna, cité d’ailleurs par Spielberg dans Saving Private Ryan quand la mère apprend que ses fils sont morts sauf un (les Dreyfus meurent tous sauf Soshanna).
Métropolis pour Brigitte Helm effectivement.
La scène du cinéma cite To be or not to be de Lubitsh.
La scène de la forêt à la fin cite Miller’s Crossing qui lui-même cite le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville (suggérant un mise à mort).
L’homosexualité suggérée du Jew Hunter fait penser aux Bienveillantes?
Jozef Siroka
1 septembre 2009
12h06
@ martinbi
J’ai vraiment adoré, littéralement ressenti des frissons. Une sensation que j’ai revécue à quelques reprises durant le film, notamment lors de l’intro au chapitre 5, alors que Shosanna se prépare pour son ultime combat au son de David Bowie!
lordcraft
1 septembre 2009
12h22
Comme tous les films de Tarantino, les avis sont partagés… parfois même par les fans de Tarantino! Ma bien-aimée, qui m’a fait découvrir Tarantino, n’a pas aimé du tout. Moi, soyons honnête, j’ai aimé le film mais il est facile de voir des points faibles… La longueur de certaines scènes, le côté fantasme juif de la scène finale comme l’a souligné fruitloops et bien, le réalisme de certaines opérations… Par contre, les acteurs sont excellents et OUI, DIEU MERCI, les dialogues sont jouissifs, comparé à Deathproof… Cela dit, ce n’est pas Pulp Fiction, Kill Bill, Jackie Brown ou Reservoir Dogs. Mais c’est le retour du Tarantino que l’on aime, à mon avis. Pas celui qui va faire une faveur à son pote Rodriguez dans ses films ou qui ne fait que la moitié d’un film…
Mes parties préférées: la scène du début dans la ferme française et celle dans le bar. Bravo à Tarantino de faire jouer les acteurs dans leur langue d’origine! Quelle belle touche!
Cependant, j’ai totalement détesté Mike Myers qui n’avait rien à voir là. Et j’aurais aimé voir un peu plus du personnage de Eli Roth.
frederic_clement_qc
1 septembre 2009
12h26
lordcraft a écrit :
“Et j’aurais aimé voir un peu plus du personnage de Eli Roth.”
S’il font un “action figure” du Bear Jew (avec batte incluse!), je me la procure assurément.
maxg
1 septembre 2009
12h37
spoiler:
le maudit nazi savait aussi parler italien
héhéh cette scene était excellente
unholy_ghost
1 septembre 2009
12h41
Finalement, les deux films du moment, District 9 et Inglourious Basterds, parlent du même sujet: ce que l’Homme peut faire de pire à l’Homme (Apartheid et la Shoah respectivement) dans une apologie bien sentie de la bâtardise, de la mixité, de l’impureté illégitime (des cultures, des races, des langues, des genres cinématographiques), contre toute forme de pureté qui se voudrait glorieuse.
jasonbeliveau
1 septembre 2009
12h51
Inglourious Basterds n’est qu’une série de huis clos fabriqués. Les setpieces sont géniaux, dirigés, écrits avec une attention toute particulière pour la progression, la montée, le suspense qui passe par les dialogues et les regards croisés. Mais c’est trop dans des boîtes, ça ne respire pas, C’est la somme de scènes qui donne un tout pas assez homogène. Le choix de séparer en chapitres romanise le récit – on est dans le fantasme c’est clair, Tarantino est à mille lieux des débats sur l’holocauste – mais le rend en même temps statique.
unholy_ghost
1 septembre 2009
12h54
Au contraire, je crois qu’il est au centre même des débats sur le rapport entre Shoah et cinéma, mais il prend le débat à revers. C’est d’une ambition folle.
astyanax
1 septembre 2009
12h59
J’ai proposé hier une discussion autour des BASTERDS, mais, depuis, je n’arrive pas à trouver le temps d’y participer vraiment (je tape avec mes seuls index, pénible).
Deux mots, tout de même, à propos des références et des citations dans I.B. La citation qui m’a sauté à l’esprit est tellement évidente que je m’étonne qu’elle n’ait pas encore été identifiée (mais, peut-être l’a-t-elle été, je n’ai pas lu tous les posts.) C’est la scène de l’ouverture avec les draps que fait sécher la jeune Lapadite. N’est-ce pas là très exactement une copie de la scène d’ouverture de ONCE UPON A TIME IN THE WEST avec Claudia Cardinale?
Pour ce qui est de l’homosexualité (subtilement suggérée) du Jew Hunter, je ne crois pas qu’elle réfère aux seules BIENVEILLANTES. En fait, c’est tout l’imaginaire nazi qui semble hanté par des fantasmes homosexuels. En témoignent, par exemple, les films de Leni Riefenstahl. Voir aussi LES DAMNÉS de Visconti. Bref, les exemples sont nombreux il me semble.
Pourquoi je suis profondément choqué par le massacre final du DOGVILLE de Lars Von trier, mais pas du tout par celui d’INGLORIOUS BASTERDS? Je ne sais pas trop. Peut-être est-ce parce qu’il y a un humour chez Tarantino qui sauve la mise. Contrairement à ce v**** c** d’Alain Finkielkraut (dans le Nouvel Obs de cette semaine), je ne suis pas du tout gêné par les libertés que prend Tarantino avec l’histoire. Chez lui, l’art et le style prive l’Histoire de son caractère sacré. Il me semble tout aussi ridicule de lui reprocher son Hitler mitraillé que d’affirmer que la fin de KILL BILL 1 est violente. La scène de KILL BILL n’est pas une scène de violence, c’est purement et simplement de la chorégraphie. Vous me suivez?
Sinon, I.B. est un film merveilleux. Dès le début, cette fenêtre fordienne (merci Jozef), cette profondeur de champ, on a droit à des plans de cinéma comme on en voit trop rarement de nos jours (me semble-t-il). Et puis cette (ceci n’est pas une) pipe, CETTE PIPE!!! Vous avez dit phallique?
Il y a aussi cette construction si particulière du récit chez Q.T. On a toujours l’impression qu’il nous donne à voir certains moments d’un film colossal qui se déroule dans sa tête. C’était particulièrement vrai de KILL BILL 2, ça l’est encore ici. Peut-être Tarantino a-t-il simplement du mal à faire coller les scènes ensemble, mais moi je reste assez fasciné par ce type de collage.
Je ne sais pas si c’est le meilleur film du Quentin. Je reste très attaché à DEATH PROOF qui demeure pour moi ce qui ressemble le plus, au cinéma, au fantasme de Flaubert «d’écrire un livre en entier qui ne porterait sur rien». Ceci dit, il faut saluer le film d’un réalisateur qui, près de vingt ans après son premier film, n’a absolument pas calmé son rapport obsessionnel avec le cinéma, ni la ferveur juvénile qu’il en tire.
unholy_ghost
1 septembre 2009
13h08
Pour ce qui est de l’homogénéité du film et pour emprunter une métaphore mélomane, Tarantino ne fait des albums-concept mais des compilations maniéristes, où chaque chanson trouve sa place tout en créant un clash avec ce qui l’entoure. Impureté encore…
unholy_ghost
1 septembre 2009
13h12
SPOILER
Une autre chose dans le film qui m’a enchanté: même dans un film sur la Deuxième Guerre Mondiale, le cinéaste continue à parler de son rapport à la culture noire et à la mixité (le couple mixte et la blague hénaurme sur l’esclavage/King Kong), l’un de ses sujets de prédilection.
unholy_ghost
1 septembre 2009
13h13
Finkelkraut? Tu parles du type qui avait descendu en flammes Underground sans l’avoir vu?
unholy_ghost
1 septembre 2009
13h16
Sinon, je ne vois pas comment la longueur de certaines scènes peut être un point faible dans la mesure où c’est justement le principe interne du film, cette dilatation extrême jusqu’à l’explosion.
Vincent_B
1 septembre 2009
13h18
J’ai vu le film, j’ai apprécié malgré plusieurs longueurs, mais ma question est la suivante: si film propose un décodage qu’il faut pouvoir faire pour en comprendre les nuances, est-ce qu’il est bon, ou pas parce qu’il devrait pouvoir être en soi une oeuvre complète, sans devoir aller lire un texte par-ci par-là pour comprendre ce qu’on a vu? Je trouve spécial de devoir lire un texte comme celui-ci pour comprendre ce que le directeur a voulu faire passer comme messages…
martinbi
1 septembre 2009
13h22
@ M. Siroka,
Il sera intéressant pour moi d’aller le revoir et en anglais cette fois-ci, bien que la traduction n’ait pas été si massacrée. Il est fort possible que j’apprécie encore plus ce film pour tenter d’y deceler d’autres références cinématographiques, de me laisser baigner par la trame sonore toujours en appui aux scènes, et pour tenter d’y faire ressortir les subtilités linguistiques (je ne suis pas expérimenté dans les langues parlées, mais je vais me gaver du mieux que je pourrai…). Mais a posteriori, il n’y a pas à dire que ce film renferme son lot de références propres à Tarantino : cadrage, musique omniprésente, division de l’histoire en chapitres, personnages louches, etc.
unholy_ghost
1 septembre 2009
13h33
Sur le site d’Helen Faradji, le grand Jonathan Rosenbaum répond aux critiques qu’on lui adresse! Comme le note un participant avec beaucoup d’humour, cela fait penser à Woody qui sort Marshall McLuhan de derrière une plante dans Annie Hall…
jasonbeliveau
1 septembre 2009
14h18
@ unholy_ghost
Oui le débat est là, mais Tarantino lui ne prend pas une position en tant que polémiste. Il a voulu faire un film sur la Deuxième Guerre parce que le genre cinématographique l’intéresse. La difficulté historique est collatérale, même en entrevue il évite d’en parler. Le rapport à l’Histoire, Tarantino s’en fiche, c’est un non-débat pour lui. Si le cinéma est tout puissant dans Inglourious Basterds, c’est que Tarantino a toujours vu la Deuxième Guerre à travers ses films. C’est l’histoire du cinéma qui est ici en cause et non celle avec un grand H.
Je n’ai pas été choqué ou offusqué par les libertés prises par QT, au contraire. C’est assumé et respectable. Les critiques qui l’ont accusé d’irresponsabilité, ou de que sais-je, doivent être conscient que le cinéaste nous propose une vision parallèle et totalement auto suffisante de ce que fut réellement la Deuxième Guerre.
Le thème sous-jacent qui m’a le plus intrigué pendant le visionnement est celui du pouvoir du cinéma – oui assez simple – mais qui prend une tournure assez étrange à la fin du film. Le soldat nazi Frederick Zoller voit Nation’s Pride, l’objet de propagande dont-il est le héros. Au lieu de jubiler devant ses actions gonflées en exploits sur le grand écran, il ressent un malaise. Incapable d’en prendre plus, il monte dans la salle de projection pour discuter avec Mélanie, lui avouant même qu’il n’aime pas le film. Voilà donc un personnage cinéphile à l’os, dégoûté par l’utilisation que les nazis font du cinéma. Tarantino a-t-il écrit cette scène en traçant des parallèles avec son propre film? On nous demande d’applaudir quand Hitler se fait réduire en charpie par deux membres du commando – deux minutes plus tôt c’est Hitler qui applaudit en voyant un de ses soldats éliminer un bataillon entier.
unholy_ghost
1 septembre 2009
14h35
SPOILER
Jason, pas sûr de te suivre. Je ne crois pas que Tarantino s’identifie à Zoller, si c’est ce que tu insinue. J’y vois surtout, à l’instar du personnage de Waltz, l’idée que les Nazis étaient des être humains complexes comme les autres. Zoller commence en gentil cinéphile, se transforme en arme fatale héros du Reich, puis en type dégoûté par ses crimes, finalement en quasi-violeur, pour finir par tuer, comme la machine qu’il est, l’objet de son amour après être redevenu un amoureux transi et confiant. Six retournements pratiquement schizo, c’est presque un record, et à aucun moment on a l’impression que c’est artificiel – maestria incroyable de la Quentin’s touch.
melo_carmelo
1 septembre 2009
14h46
D’accord avec renaud_1, le film semble prendre une toute autre direction que celle à laquelle nous préparait l’ouverture et surtout la scène de présentation des basterds. Je pensais vraiment que le film suivrait le parcours des bâtards, un peu comme un road-movie mais avec les exécutions en prime, alors qu’on se rend vite compte que le film en entier n’est que la mise en place de son point d’orgue, c’est-à-dire la scène de la salle de cinéma. Déroutante, tout de même, cette manière d’éliminer des personnages auxquels on commençait à s’attacher (cf. la tuerie dans la cave où crèvent trois des “bons”).
Et comme l’a souligné en outre Roger Ebert, quelle richesse celle du personnage de Hans Landa (le chasseur de juifs), qu’on croit l’incarnation même de l’idéologie nazi, fidèle à sa mission et ses idéaux, alors qu’au fond il ne veut que s’en tirer avec son petit lopin de terre (et la gloire fini la guerre). En fait voilà une des raisons pour laquelle la tension du film fonctionne si bien, surtout dans la scène du face à face entre Aldo Raine et Hans Landa, car, étant habitués à ce que le cinéma reflète plus ou moins fidèlement le cours de la Seconde Guerre, on ne peut pas croire deux secondes au fait que l’Allemand puisse vendre tous ses supérieurs aux américains. On est ainsi emportés par l’émotion quand on voit les deux faux Italiens commencer à tuer des Allemands alors qu’on s’attendait à ce que les deux faux Italiens soient capturés et torturés devant nos yeux.
Lavallois1
1 septembre 2009
15h26
Encore un film de la machine a propagande Hollywodienne juive. Veulent nous faire avaler leur holocauste sans arrêt.
Faudrait que quelqu’un fasse un film sur les 3 millions d’allemands mort en 1946 par revanche. Faudrait faire un film sur le bombardement de Dresden, faudrait faire un film sur les survivants des 2 bombes atomiques. Mais non, les juifs qui controllent Hollywood ne le permettront pas. Seul LEUR holocauste compte et ils n’arretent pas de nous l’enfoncer dans le fond de ela gorge.
unholy_ghost
1 septembre 2009
15h31
Astyanax, je ne sais plus quel critique littéraire québécois avait écrit que les Bienveillantes n’est pas un roman crédible parce que l’homosexualité chez un nazi est impossible (fous rires). Du reste, l’homosexualité des Chemises brunes (Sturmabteilung), de certains hauts dignitaires et dans les jeunesses hitlériennes est bien connu. Quand on hypertrophie la masculinité, la peur de la féminité mène à l’homophilie, sinon à l’homosexualité refoulée. De la même façon que le racisme mène à l’inceste.
hdufort
1 septembre 2009
15h34
Tant qu’on ne prétend pas détenir La Seule Vérité, il n’y a rien de sacré. Tarentino est brillant, mais il est conscient de raconter UNE histoire, et inventée de surcroit. Dommage que certains journalistes et politiciens soient allergiques à la pleine liberté artistique. Dans un sens, ce sont eux les émules de Goebbels, qui voulait harnacher l’art et en faire un outil codifié, dont l’État aurait le monopole.
unholy_ghost
1 septembre 2009
15h51
Lavallois1, à part le fait que ton message serait plus seyant sur fond brun, tu as tout faut. Premièrement, les Juifs ne contrôlent pas Hollywood, même si plusieurs y travaillent (comme partout), à moins d’être parano et de faire dans un discours qui ressemble par trop à la propagande d’extrême-droite. Deuxièmement, on peut faire des films sur les sujets que l’on veut à Hollywood, dans la mesure où ce sont les profits qui comptent et non les sujets. Troisièmement, il y a somme toute peu de films américains sur l’Holocauste (les Allemands en ont fait beaucoup plus…): il est bien connu par exemple que Hollywood a systématiquement bloqué tout film sur le sort des Juifs durant les années 30 et Chaplin a dû financer The Great Dictator lui-même (du reste, Chaplin comme Tarantino ne sont pas Juifs). Quatrièmement, ce n’est pas seulement “leur” Holocauste, mais un événement capital qui concerne tous les êtres humains avec un minimum de décence. Cinquièmement, il y a des docus sur les évènements dont tu parles et compter les films de cette façon est indécent. Sixièmement, Hitler aussi parlait de “machine à propagande Hollywoodienne juive” (mais il devait faire moins de fautes). Septièmement, personne ne fait rien avaler à personne: tu n’es pas obligé d’aller voir un film.
eraserhead
1 septembre 2009
16h31
@melo_carmelo
Bien d’accord. Personnellement, j’ai eu l’impression que Tarantino nous disait un peu : “Oui, j’aurais pu vous faire plaisir et réaliser ce genre de film (i.e. un remake des DOUZE SALOPARDS à saveur Tarantinesque), et je vous en donne même un aperçu, MAIS je préfère vous raconter l’histoire de la vengeance de Shosanna qui est beaucoup plus intéressante, et si vous me faites confiance, vous resterez jusqu’à la fin et je vous le prouverai ! ”
Ce qu’il fait d’ailleurs, de façon magistrale … (Je parle pour moi ici, car dans mon cas, c’est bien l’histoire de Shosanna et de Landa qui m’intéressait le plus, mais je pourrais comprendre la déception de quiconque s’attendait à voir les exploits des Basterds, qui disparaissent dès qu’on commence à s’attacher à eux, ceux qui restent étant les moins intéressants …)
unholy_ghost
1 septembre 2009
16h35
Quelqu’un peux-tu me dire le locuteur de quelle langue prononcerait Inglourious Basterds au lieu d’Inglorious Bastards en anglais? Je ne suis pas très doué en langue mais j’ai l’impression que c’est la façon dont devait prononcer le grand-père italien de Quentin (après tout, l’Italien prononcé à l’anglaise est ce qui dénonce les Bâtards au Jew Hunter), une histoire familiale. Quand on lui demande, Tarantino dit qu’il ne veut pas expliquer la graphie du titre de son film. Tarantino a des origines italiennes, irlandaises et cherokee (comme Hendrix), ce qui explique son cinéma de l’impureté, du métissage.
astyanax
1 septembre 2009
17h00
@ Ghost
Bien sûr que Tarantino est le grand cinéaste de l’impureté. Mais est-ce que son cinéma métissé s’«explique» par ses racines multiples? N’y vas-tu pas un peu fort là?
Sinon, savais-tu que la scène de Marshall McLuhan dans ANNIE HALL avait d’abord été offerte à… Luis Bunuel, qui l’avait refusé? C’est Bunuel lui-même qui en parle dans ses mémoires, intitulés MON DERNIER SOUPIR. Voilà un cinéaste avec lequel je ne me sens pas beaucoup d’affinités, mais son livre est vraiment savoureux. Je l’ai même lu plusieurs fois!
effemmere
1 septembre 2009
17h25
Je rejoins Fruitloops sur le point que Tarantino fait du cinema de la BD personnelle. Un peu comme du mais soufflé pseudo-intellectuel.
Je n’arrive pas à saisir le contentement sinon l’adoration de plusieurs pour ce film qui comporte de nombreuses lacunes. La longueur encore des dialogues (marque habituelle de QT) à moment ne pondère pas avec scénario truffé d’action et de protagonistes comme ce film . L’ensemble final apparaît coincé et par moment trop précipité. Des revirements de situation trop faciles, je pense au moment impromptu et incohérent de tendresse de Shoshana pour le soldat Zoller après l’avoir tué sans aucun signe du genre d’un béguin sinon de sa nature. Je pense à la première scène où Landa change complètement de langue du français à l’anglais (sous prétexte qu’il ne parle pas assez bien le français et ce après avoir discouru déjà assez longuement avec un paysan qui d’ailleurs parle un peu d’anglais ! , mais non la Shoshana , exilée à Berlin, qui ne le parle pas ! ). L’invraisemblance encore d’un Hitler hystérique, désolé, traumatisé de voir un de ses soldats avec un swaztika sur le front (humanisé), mais galvanisé de voir Zoller dans le film Nation’s Pride mitrailler des alliés (démonisé de nouveau).
Je note cependant une direction photographique superbe, un personnage sublime en la personne du colonel Landa et une bonne performance d’acteur, des “intertextualités” cinématographiques géniales, mais pour l’ensemble c’est plutôt juvénile et raté .
kino57
1 septembre 2009
17h30
Bon choix de sujèt ce jour: la Deuxième Guerre Mondiale a éclaté
justement le 01 septembre 1939!
astyanax
1 septembre 2009
17h33
@ effemmere
Vous parlez de BD dans le cas d’I.B., mais vous déplorez l’hystérie d’un Hitler caricatural.
Vous parlez de photo «superbe», de personnage «sublime», de références «géniales», mais l’ensemble serait «raté» (?)
Cou’donc, décidez-vous!
unholy_ghost
1 septembre 2009
18h04
Oui, les racines n’expliquent rien, dans la mesure où il aurait pu faire un cinéma de la pureté contre ses racines. Mais serais-tu prêt à dire que les racines familiales n’expliquent pas – en partie, soyons plus juste – le cinéma de, au choix, Scorsese, Coppola, Jutra, Woody Allen, Truffaut, Hitchcock, je m’arrête…
Mon dernier soupir est l’un de mes livres de cinéma préféré…
PS à effemere: Vous ne comprenez pas pourquoi Landa vire du français à l’anglais?! C’est incohérent?!! (soupir) Retournez voir le film!
unholy_ghost
1 septembre 2009
18h17
J’ajoute qu’il aurait pu faire un cinéma de l’impureté sans être métissé.
Jozef Siroka
1 septembre 2009
18h23
@ effemere
En entrevue dans les Cahiers du Cinéma, si je me souviens bien, Tarantino donne une double explication à cette scène.
D’abord, c’est une question de stratégie de la part de Landa : il est sûr que des juifs se cachent dans la maison et veut s’assurer qu’ils ne comprennent pas ce qu’il dit.
Ensuite, il y a le commentaire sur le genre exploité; il se moque en effet de ce code hollywoodien absurde qui fait parler les Allemands en anglais sans aucune justification logique (si ce n’est celle d’éviter les «maudits» sous-titres).
chihiro
1 septembre 2009
18h27
On peut aimer ou pas le dernier Tarantino (personnellement, je trouve que c’est une oeuvre surestimée), mais la critique de la véracité historique est sans fondement. On est dans le cinéma, pas dans la réalité, point à la ligne. À partir de là, on dit ce qu’on veut, et on cherche à ne pas se censurer.
Cependant, à travers ce blogue, on parle des influences, des hommages, des clins d’œil, etc. Il n’y a que ça dans IB, mais justement, lorsqu’on enlève le tout, qu’est-ce qui reste ? Pas grand-chose. Le cinéma qui réinterprète la réalité ? Ok, mais ce n’était pas le fondement de Bowfinger de Frank Oz et plusieurs autres longs-métrages? Car derrière la très belle réalisation, le savoir-faire technique de Tarantino, les choix musicaux et l’interprétation du méchant polyglotte, la trame narrative est mince, les comédiens moyens et l’émotion, on la cherche encore. Mais bon, c’est Tarantino, c’est mal vu de ne pas adhérer à ce qu’il fait…
lordcraft
1 septembre 2009
18h28
@effemere
Petite note: Shoshana n’est pas “exilée” à Berlin, mais à Paris. Donc elle peut parler français, mais pas anglais.
astyanax
1 septembre 2009
20h39
Cher Ghost,
J’ai naïvement pensé que cette fois était la bonne. Que la généalogie compliquée de Tarantino allait nous servir de ring sur lequel nous aurions pu nous distribuer quelques baffes. Eh bien non! Tes précisions sur la question et les exemples éloquents que tu donnes me portent à constater que ce sera pour une prochaine fois…
P.S. Bravo pour la mesure et la patience avec lesquelles tu as répondu au post nauséabond de Lavallois 1. Un effet du petit avertissement servi par M. Siroka?
Jozef Siroka
1 septembre 2009
21h41
Toutes les références cinématographiques d’IB!
eraserhead
1 septembre 2009
22h17
Ils ratissent un peu large avec leurs references !
Le surnom de Shosanna (Emmanuelle) choisi par Tarantino comme reference “evidente” (!) a la serie des films Soft-Porn d’Emmanuelle ?? Vraiment ? ;)
Jozef Siroka
1 septembre 2009
22h21
@ eraserhead
En fait, la référence concerne l’actrice Yvette Mimieux, comme l’affirme Tarantino aux Cahiers. Un membre de sa famille a même travaillé sur Basterds (je vous reviens avec des précisions).
unholy_ghost
1 septembre 2009
23h01
Cher Astyanax, je t’assure, si tu cherches absolument à me donner quelques baffes pour me prouver que nous pouvons être ami, ce n’est pas la peine, tu as déjà prouvé ce point… Du reste, je ne suis pas sûr de passer le premier round face à ton éloquence jabbée. Je sens que tu t’es entraîné en altitude.
Sinon, tu as raison: le recours à la vie intime d’un artiste pour expliquer une oeuvre est chose piégée. La vie est toujours réfractée par l’art.
Pour ce qui est de ma réplique à Lavallois1er, je dois dire que le petit avertissement de M. Siroka m’a beaucoup fait réfléchir; j’ai eu un peu honte de m’être emporté contre fruitloops, qui après tout est un chic type, et je suis allé réfléchir dans mon coin. J’ai pensé à ce que j’allais faire de ma vie et et j’ai décidé de repartir sur des bases nouvelles, plein de pensées positives et d’empathie pour mes semblables.
eraserhead
2 septembre 2009
07h05
Tarantino a confirme le lien avec Yvette Mimieux aux Cahiers ?!!
Dans quel numero ??? Je veux en savoir plus
(Mon intuition etait donc la bonne ;) Ha ! Sacre QT !
Jozef Siroka
2 septembre 2009
11h10
@ eraserhead
Finalement, je ne suis plus sûr que c’était dans les Cahiers, mais la référence concerne le film Dark of the Sun – ou The Mercenaries – qui met en vedette Mimieux et Rod Taylor (qui joue ici Winston Churchill mais qu’on connaît principalement comme le héros dans The Birds).
vene777
2 septembre 2009
11h11
J’ai vu certaines personnes qui affirment que la fin du film fait référence à Miller’s Crossing. N’est-ce pas tirer par les cheveux? Miller’s Crossing est l’un de mes films favoris des Coen Brothers et je n’ai jamais fait le lien. D’accord, la forêt est très semblable, sinon il y a aucun lien à mon avis.
unholy_ghost
2 septembre 2009
11h25
vene777, oui il y a un lien car la scène dans la forêt de pins de Miller’s Crossing, elle-même inspirée du Cercle rouge de Melville, est la scène typique de règlement de compte dans les bois, ni vu ni connu. C’est brillant parce que cela instille le sentiment qu’ils n’obéiront pas aux ordres et qu’ils vont le buter comme un chien. La fin est d’autant plus surprenante. Si Tarantino ne faisait que citer des scènes telles quelles, ce serait peut-être un jeu intéressant pour les geeks, mais finalement sans intérêt. Quentin, en grand maniériste, joue avec ses citations, les décalent toujours.
vene777
2 septembre 2009
11h32
Ça reste une référence tirée par les cheveux à mon avis. Ceci étant dit, la scène de Miller’s Crossing fait partie de mes scènes favorites.
astyanax
2 septembre 2009
12h35
Je sens qu’il se dégage sur ce blogue un certain malentendu quant au site consacré aux citations et références présentes dans I.B. On y présente de réelles citations (comme celle de MILLER’S CROSSING que Ghost a bien défendue), mais aussi des analogies avec d’autres films dont les liens avec le film de Q.T. semblent plus ténus (AU REVOIR LES ENFANTS, par exemple) mais, qui sait, qui ont peut-être, d’une façon consciente ou non, influencé le cinéaste.
La référence à CARRIE de Brian DePalma, une vraie citation celle-là, est intéressante. Elle permet d’expliquer ce que j’ai (atrocement) présenté hier dans un l’un de mes posts. Impossible de ne pas penser à CARRIE lors de la scène finale d’I.B. Or, c’est justement l’évidence de la citation d’un film parmis les favoris de Q.T. qui sauve cette scène de l’indignité. Le fantôme du film de DePalma tire littéralement la scène du côté du cinéma et de l’art, l’éloignant de facto de l’Histoire où elle se serait trouvée en eaux troubles. Voilà bien ce qu’il faudrait expliquer à Monsieur l’abbé Finkielkraut…
Avez-vous revu CARRIE récemment? Je l’ai attrappé il n’y a pas si longtemps à la télé. Le choc. Une splendeur de chaque instant. Superbe, vraiment.
eraserhead
2 septembre 2009
13h37
@Astyanax
” … le fantôme du film de De Palma” ! Ha !
Pendant une seconde, j’ai cru que vous faisiez allusion au film “Le fantôme du paradis” de De Palma … ;)
Quoique … Le PHANTOM OF THE PARADISE comporte une scène où le fantôme (William Finley) place une bombe à retardement qui explose en pleine représentation théâtrale ! Tiens donc …
http://www.imdb.com/title/tt0071994/
unholy_ghost
2 septembre 2009
13h44
Beaucoup de fantômes ici…
unholy_ghost
2 septembre 2009
14h17
La pub de Participaction sur la page de Cyberpresse fait très 1981…
easymat
2 septembre 2009
14h52
J’ai trouvé Inglorious Basterds excellent, un grand Tarantino.
Toutefois, structurellement parlant, le film est très étrange.. En fait, la conclusion s’oppère sans que les Batards n’est jamais rencontré Shosana… toute l’épopée des batards est donc inutile a pars pour nous montrer des nazis qui se font buter. Le film pourrait d’ailleurs avoir lieu sans les batards puisque le gros de l’intrigue se passe au cinéma et autour de shosana !!!
astyanax
2 septembre 2009
15h15
«La pub de Participaction sur la page de Cyberpresse fait très 1981…»
Il me semble que 1980 ou 1982 auraient très bien pu faire l’affaire aussi.
Bushiste, va…
unholy_ghost
2 septembre 2009
15h42
Bushiste?
unholy_ghost
2 septembre 2009
15h46
Excellente analyse easymat. Il y a effectivement deux films en un. Mais les deux portent sur le même sujet: vengeance.
unholy_ghost
2 septembre 2009
15h58
Astyanax, je vais de ce pas écouter mon DVD de Carrie. Je dis de ce pas, car je n’ai pas trouvé en librairie de romans de N Baker.
astyanax
2 septembre 2009
17h10
Ben oui, Ghost, Bush comme dans Abu Ghraib, comme dans Guantanamo. 1981 comme dans Trogi, comme dans pas capab, comme dans TORTURE.
Dommage pour les romans de N.B… As-tu essayé Amazon? Ou fnac.com? Ou en anglais alors (si tu es moins paresseux que moi avec les livres en anglais)?
Tant mieux pour le film de DePalma par contre…
astyanax
2 septembre 2009
17h59
Je ne comprends pas: LA MEZZANINE vient tout juste d’être réédité. C’est vrai toutefois qu’on est loin du best seller (ça non plus je ne comprends pas)…
http://www.amazon.fr/mezzanine-Nicholson-Baker/dp/2221107004/ref=sr_1_2?ie=UTF8&s=books&qid=1251928429&sr=1-2
martind2
2 septembre 2009
18h04
Sans vouloir faire dévier le sujet, je regrette seulement qu’il n’y ait à Montréal aucune copie du film en v.o. sous-titrée en français. Comme ma copine ne comprend pas très bien l’anglais, je dois choisir : ou bien je l’accompagne et je me tape la version doublée ou bien je vais seul le voir en version originale.
Jozef Siroka
2 septembre 2009
18h04
@ astyanax
Je crois que vous vous trompez de blogue. Celui de Chantal Guy se trouve ici :
http://blogues.cyberpresse.ca/guy/
:)
astyanax
2 septembre 2009
18h39
@ Jozef
Moi qui croyais que ce post portait sur Tarantino, le prince de l’impureté et du mélange des genres?
cinematographe
2 septembre 2009
22h32
Pour ceux que ça intéresse encore, je parle de cette relation cinéma / histoire chez Tarantino en long et en large par chez nous:
http://www.ducinematographe.blogspot.com/
Et bon retour à vous Jozef!
unholy_ghost
2 septembre 2009
23h27
Mon cher Asty,
Tu me traites encore de Bushiste (l’horreur!), je n’hésiterai plus a sortir comme arme de destruction massive Venise Bomb… Un homme prévenu…
PS: Je prépare un gros truc sur le Quentin. A suivre…
rafc
12 septembre 2009
14h50
BASTERDS
C’est tout de même un film extra-ordinaire, donc pour quoi pas en parler en core un peu …..
Je viens de lire une critique dans le Brooklyn Rail par David Meyer. Il a vu le film en Géorgie du nord dans un complexe de banlieue. Les spectateurs, dit-il, manifestaient une satisfaction audible lorsque des propos un tant soit peu antisémites étaient émis par les vilains nazis; alors que, ils étaient complètement outrés par tout les aspects gore et cruels (bat de baseball, scalpe …). L’auteur s’imagine ensuite la réaction d’un public new-yorkais qui, à l’inverse, éprouve un léger malaise devant l’antisémitisme des personnages, et, comprend avec plaisir les clin-d’oeil de tous ces moments de violence.
L’ayant vu sur la côte est américaine, son imagination ne fait pas défaut. En effet la reception du film doit varier énormément en fonction de l’état américain. Au Québec, aucun problème avec le gore j’imagine … mais avec l’antisémirisme; y-at-il eu des variations de réception? Montréal-région-Québec … ?
Par ailleurs, le critique fait remarquer avec justesse selon moi, que IB marque la découverte de la métaphore pour Tarantino. À part la mystérieuse valise de Pulp Fiction (qui en fait était la métaphore de ‘l’absence de métaphore’) …il faut attendre IB pour que fleurisse d’un seul coup cette figure de style chez Quentin …. et tout un jardin!