
Alors que Barack Obama a dit et répété qu’il fallait tourner la page sur les présumés crimes de
son prédécesseur, George Clooney semble dire «pas si vite». Pour sa quatrième réalisation, il réexaminera le procès Hamdan c. Rumsfeld, dans lequel la Cour suprême s’est prononcée en faveur de Salim Hamdan, cet ancien chauffeur d’Oussama Ben Laden emprisonné à tort à Guantanamo, qui a poursuivi le secrétaire à la Défense de l’époque, Donald Rumsfeld.
Selon WikiPedia, la jurisprudence peut se résumer ainsi :
En 2006, la Cour suprême juge que le gouvernement n’avait pas le droit de faire juger les détenus par des commissions militaires, et qu’il s’agissait d’une violation de l’article 3 de la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre. Cet article stipule que les prisonniers capturés sur le front doivent être traités de façon humaine et doivent être jugés au cours d’un procès équitable devant «une cour régulièrement constituée offrant toutes les garanties judiciaires».
Provisoirement intitulé The Challenge, le film sera écrit par Aaron Sorkin, le «libéral le plus puissant d’Hollywood», et surtout connu comme le créateur de la télé-série à succès The West Wing. Le héros du film, l’avocat Charles Swift, sera incarné par Matt Damon.
Le nouveau projet de Clooney fait certainement penser à son plus bel achèvement, Good Night, and Good Luck (2005), qui relate le combat d’un présentateur télé contre la purge anti-communiste menée par le sénateur Joseph McCarthy dans les années 1950.
Pareillement, dans The Challenge, on retrouvera une institution fragile mais indispensable à la démocratie – après les médias, le système judiciaire – lutter contre les abus de pouvoir et l’intolérance du gouvernement.
Malgré l’issue favorable de cet important procès, je ne crois pas qu’il faille s’attendre à une dramatisation triomphaliste ou mélodramatique. Clooney devrait opter pour la sobriété et l’élégance caractéristiques de Good Night, and Good Luck.
Après tout, Hamdan c. Rumsfeld ne représente rien de plus qu’une petite victoire dans le long et pénible processus pour rétablir un État de droit chez nos voisins du Sud. Et, avec le désir d’Obama de poursuivre et même de légaliser les pratiques douteuses instaurées par Bush, l’avenir des sympathisants des droits de l’homme est loin d’être rose.
Comme on dit, ceux qui ferment les yeux sur le passé sont condamnés à le répéter. Et si les politiciens mous d’aujourd’hui insistent pour nous garder dans le noir, on ne peut que féliciter les artistes comme George Clooney et leur honorable désir de conscientisation collective.
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