Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mercredi 12 août 2009 | Mise en ligne à 7h45 | Commenter Commentaires (77)

    District 9 : un très beau prix de consolation

    d9

    Imaginez un peu : vous n’avez pas 30 ans et un des cinéastes les plus puissants de la planète vous offre tout son support pour faire le film de vos rêves. C’est ce qui est arrivé au réalisateur sud-africain Neill Blomkamp lorsque Peter Jackson lui a proposé, en 2006, de réaliser une adaptation du jeu vidéo à succès Halo. L’histoire n’a malheureusement pas connu le dénouement souhaité : les studios associés ont perdu les droits du jeu (qui sont retournés à Microsoft) et le projet s’est écroulé.*

    Dépité de voir son nouveau protégé soudainement les mains vides, Jackson «a décidé de transformer une défaite en une victoire». 24 heures plus tard, District 9 était en développement. À l’âge de 29 ans seulement, Blomkamp se voyait décerner une bourse de 30 millions $ ainsi que les clés de Weta Digital, le studio néo-zélandais fameux pour avoir produit les effets visuels de la trilogie The Lord of the Rings et, dernièrement, ceux d’Avatar.

    District 9 est basé sur Alive in Joburg (voir ci-dessous), un court métrage de Blomkamp fait en 2005 au coût de 15 000 $. Le récit des deux films : des extra-terrestres en forme de crustacés atterrissent à Johannesburg pour se butter à un accueil plutôt hostile. En effet, leurs hôtes – qui apparemment ne partagent nullement l’exaltation des humains de Close Encounters of the Third Kind – se dépêchent de les interner dans des ghettos pour ensuite exploiter leur main d’oeuvre et leur technologie. Une parabole, en somme, de l’histoire ségrégationniste de l’Afrique du Sud.

    Si Blomkamp avoue avoir été particulièrement marqué par l’apartheid, n’allons pas croire cependant que la question socio-politique domine son approche. District 9 est d’abord et avant tout un film de genre destiné au grand public, en particulier au marché nord-américain. On y retrouve des «conventions de science-fiction, de fantastique et d’horreur : le cinéma vérité de Cloverfield; les vaisseaux spatiaux colossaux de Independence Day; la métamorphose visqueuse du Fly de David Cronenberg».

    «J’ai essayé de rendre la science-fiction vaguement familière. La composante sud-africaine, elle, est intentionnellement étrangère» a déclaré le jeune réalisateur.

    D’après ce que j’ai lu, District 9, qui prend l’affiche ce vendredi, s’annonce comme un divertissement de qualité. Il pourrait aussi s’agir, et c’est là le plus important, d’un des rares films à pop-corn non infantilisants de l’été. Dans ce cas, on lui souhaite un franc succès!

    - Via The New York Times et The Wall Street Journal

    ***

    Alive in Joburg :

    ***

    La bande-annonce de District 9

    * Halo pourait finalement voir le jour grâce à Steven Spielberg


    • Ce que j’aime dans la promotion faite autour de District 9, c’est qu’on en a a peine entendu parlé depuis le début de l’été. Et on nous arrive, il y a quelques jours, avec une campagne de pub de taille normale, mais avec un solide trailer, ça me fait beaucoup salivé tout ça.

      Suis-je le seul a qui ça rapelle (tout l’environement visuel) la (meilleure) série de jeux Half Life? Juste un petit peu, mais quand même.

    • Je ne comprends pas. Qu’est-ce que c’est censé être comme film? Un faux documentaire, un film de science-fiction à la Star Trek (la série, pas le reboot) ou un film d’action?

    • C’est de loin le meilleur film de l’été avec The Hurt Locker. Et le meilleur film de Sci-fi des 10 dernières années.

      @johnnythewolf

      C’est un film de… .action? Je dirais que c’est dans le même genre que les autres Jackson. Drole, des fois touchant, mais assez féroce coté action quand le temps y est de mise.

      Les bouts de documentaire sont des scenes insérées surrtout au début pour “grounder” le film. Et notez que ca couterais apparement 30-40 millions, et que le effets spéciaux sont si bon (merci WETA) qu’ils se “blend” avec les décors. On les discernent à peine.

      À revoir en fin de semaine.

    • à force de vouoir le qualifier, p-e plus un film de Science-fiction, mais il mélange bien différent style. La tonalité me rappelle Braindead (switchons l’horreur pour la sci-fi).

    • De Jackson, je ne connais que la trilogie du Seigneur des anneaux. Je n’ai pas vu Brain Dead, alors je ne suis pas sûr de comprendre la référence.

      Est-ce que ça veut dire que le film est une grosse épopée avec des batailles rangées à ne plus finir ou s’agit-il plutôt d’un suspense à la Children of Men, dans lequel les héros se trouvent pris dans l’action sans y prendre part?

    • Ni un ni l’autre. La reference à Braindead est que Jackson est apte à bien mélanger les styles.. C’est un thriller (pour tes références, ca se compare vraiment pas) avec de l’action. Mais j’insiste pour dire que c’est de la même catégorie de qualité que The Hurt Locker, mon #1 de l’année. Tout le monde a été sur le cul après la représentation.

    • je me garde un petit doute…

      tel les histoires d’amour insérées dans les films, la dénonciation politique fait parfois du tort au cinema.
      les préviews sont loin de me mettre l’eau a la bouche comme l’avaient fait Cloverfield, Independance day et meme dernierement, le reboot de Star Trek.

      le type qui recoit ”un agent contaminant” sur la gueule, me donne vraiment pas envie d’aller le voir.

      @ dusk
      je ne vois rien de brain dead dans le preview, a la limite dans Alive in Joburg… (le côté amateur)

    • Cela me rappelle le film “Alien Nation” (1988), adapté au goût du jour.

    • Je vais me repeter: c’est un film de science-fiction avec de bon éléments d’humour, de bon personnages et une bon script. La référence à Braindead est celle-là. Y’a pas de zombie.

      Et il s’agit d’un trailer. Un trailer, ca doit vendre le film. that’s it.

      Ca se compare pas à Cloverfield (excellent trailer, film correct) Independance Day (dans la meme catégorie que GI Joe) et Star Trek (très bon, mais avec un script plein de trous)

    • @johnnythewolf Faut-il absolument catégoriser le film absolument dansune catégorie précise bien délimitée? Est-ce que ça pourrait être un film d’action/science-fiction avec élément d’horreur et certains bouts “faux documentaire”. C’est intéressant quand un film passe d’un genre à l’autre. Je prends par exemple “I am Legend”: Au début, c’est un film “post-apocalyptique” typique (”A boy and his dog”, “Mad Max”, etc) , avec quelques éléments comiques, qui raconte la vie quotidienne d’un homme et son chien, puis ca devient vite un film à suspense, immédiatement transformé en un film d’horreur à la sauce zombie pour se terminer carrément en film d’action.

      Quant au film lui-même, le seul doute que j’ai face à ce film, c’est que j’ai peur que l’analogie politique et les ‘messages” soient peu subtiles.Un message trop évident, c’est comme une blague qu’on explique après, ca perd son punch et ca infantilise. Mais bon, je vais attendre de le voir avant le juger.

    • @ nic-olas

      La campagne de promo… C’est parce que vous l’avez manqué mon cher. Site internet. http://www.district9movie.com/ Dizaines de faux blog avec la communauté anti-MNU. Poster avec l’avertissement ”For Human only”. Malheureusement j’en ai pas vu à MTL. Mais il y en a eu un peu partout dans le monde, En France notamment.

      Bref, vous ne l’avez pas remarqué parce que vous n’aviez pas entendu parlé du film avant. Je peux vous dire que ça fait longtemps que je n’avais pas vu un aussi gros buzz sur internet pour la sortie d’un film.

    • @dusk: “C’est de loin le meilleur film de l’été avec The Hurt Locker. Et le meilleur film de Sci-fi des 10 dernières années.”

      Vous l’avez vu ??

    • @ merchillio

      “Faut-il absolument catégoriser le film absolument dansune catégorie précise bien délimitée?”

      Non, mais ça aide à donner une idée de la teneur du film et surtout si ça vaut la peine d’aller le voir.

    • J’ai remarqué des affiches “For Humans Only” cet été aux États-Unis, notamment à l’entrée de commerces à Lake George (NY). J’avais deviné qu’il s’agissait d’une campagne de pub “mystérieuse” mais je n’avais pas encore entendu parler de ce film.

    • Quelque chose me dit pareil que ça va être le nom de Peter Jackson sur l’affiche et non la campagne de marketing viral qui va vendre le film au public. Je ne sais pas pour la plupart des gens, mais moi, c’est en m’informant sur le film que j’ai appris l’existence des pubs.

    • @bertrandcremeux

      Oui…. La semaine dernière à Toronto… D’où le fait que je compare le film à d’autres film. C’est pas mon genre à coter un film sans l’avoir vu.

      Il y a beaucoup de screenings un peu partout. À voir le film je comprend pourquoi: le word-to-mouth est excellent, et le film génere de bonnes critique.

    • En fait, District 9 est un intéressant mélange de genres, qui va avoir ses détracteurs et ses admirateurs. De la grosse série B jouissive avec un message politisé, qui rappelle effectivement Alien Nation (et pas trop l’horrible Cloverfield, sauf pour la première partie), mais qui ne cherche rien d’autre qu’à divertir. Il ne faut toutefois pas avoir d’attentes démesurées. Le meilleur film de science-fiction des 10 dernières années? Il ne faut pas exagérer, non? Le meilleur film de l’année en compagnie de The Hurt Locker (qui était correct, sans plus)? Vraiment pas. Ça serait oublier Les plages d’Agnès, Entre les murs, Il Divo et la liste est très longue. Mais il s’agit sans aucun doute d’une des meilleures sorties de la semaine, derrière le magnifique Ponyo de Miyazaki et The Departures.

    • The Hurt Locker, correct?

      Wow.

    • S’il est aussi intéressant que l’extraordinaire Cloverfield, je veux bien. Mais du point de vue scénario, ça ressemble plutôt à la série V. Qqn se souvient?

    • J’Espere que Jackson a eu l’idée d’engager des documentaristes pour faire un film sur les difficultés de cette première réalisation “blockbuster” de ce sud-africain (un peu comme le documentaire “Operation Filmmaker” qui suivait les tribulations d’un jeune irakien engagé pour travailler sur le plateau de “everything is illuminated”.)

    • Pour ma part je trouve intéressant un film d’extra-terrestre venu sur Terre dont l’action principale ne se passe pas au États-Unis.

    • @dusk

      Chanceux … ca fait des mois que j’attends sa sorti !!!

    • Hmmm, à voir les commentaires, les avis sont très partagés sur les films en question… District 9 (dont les précédents trailers m’ont peu intéressé), Hurt Locker, Cloverfield (ça va de “extraordinaire” à “horrible”…. wow. je penche plus vers la 2eme option, cependant), Independance Day (c’était pas si mauvais) et autres…

      Mais j’hésiterais également à dire que District 9 est le meilleur film de Sci-Fi de la décennie… Malgré que les amateurs de science-fiction, dont je fais partie, n’ont pas été très choyés depuis peu!

    • @unholy_ghost,
      j’ai immédiatement pensé à “V” en voyant ces grosses soucoupes au-dessus des villes. Je me souviens que le début de la série “V” avait des allures de reportage, avec des images mal cadrées et une caméra nerveuse. Par contre, la situation de réfugié des extraterrestres et le fait qu’ils sont enfermés dans des ghettos glauques et rejetés par les humains, correspond assez fidèlement au scénario de “Alien Nation”.

    • @lordcraft

      C’est justement pour ca que je disais ca. C’est pas Blade Runner, mais c’est quand même très efficace, et bien que les références à l’Apartheid sont là (le réalisateur est Sud-Africain….), on n’est pas assomé constament par ceux-ci. Ce qui prime,c’est les personnages et l’histoires, avec les effets spéciaux en arrière. Ca fait un bout que c’était pas arrivé. Le dernier bon film de Science-fiction était Primer…. en 2004

      Le film, en effet, a des airs de Alien Nation. Pas très V (de toute facon, ABC en fait un remake)

      Et Cloverfield est bon pour un film de Kaiju, mais c’est pas un grand film. Disons que ca vaut une soirée au cinema à 5$. Indépendance Day est le meilleur de Rolland Emmerech, mais avec sa filmographie, c’est peu dire.

    • @dusk

      Tous les goûts sont dans la nature… Blade Runner me laisse un peu froid, bien fait, mais beh, un peu ennuyant par moments… Mais je suis soulagé de voir que l’histoire et les personnages priment dans ce film.

      Je ne connais pas Primer…

    • Ah non, le meilleur de Roland Emmerich, c’est StarGate!

      En tout cas, si vous me dites que les passages “faux-documentaire mal filmé” ne constituent pas l’intégralité du film, contrairement à Cloverfield, alors déjà, ça m’a l’air intéressant.

      Et pis, rien que pour son contexte, le film, divertissement ou pas, risque pas mal d’avoir une plus grande profondeur que l’adaptation envisagée d’Halo.

    • j’attend ce film depuis des mois, j’ai vraiment hâte à vendredi prochain!

      disons juste que les bon films de sci-fi sont plutôt rare et personnellement star-trek est rendu beaucoup trop cliché.

    • @ draeron

      Et surtout, pas assez « cool », si on en juge la tournure qu’a pris le reboot.

    • @lordcraft

      Primer est le 1er film sur le voyage dans le temps qui fait du sens, si on peu dire. Tourné avec un budget ridicule, c’est vraiment une révélation. À voir. Pour Blade Runner, c’est juste par référence que je le mentionnait. Et apparement que le nouveau (de cet été) film Moon est dans une catégorie à part. Du genre Top 10 of the year.

      @johnnythewolf
      Ah oui, Stargate. Les séries sont tellement à chier qu’elles ont effacé mes souvenir du film .C’est vrai, c’était son meilleur.

    • J’ai vue un reportage sur une chaine américaine ou des critiques ont été voir le filme avant toulmonde.. ils ont été interviewer a la sortit de la représentation et les commentaires etaient vraiment bien… ils ont tous fait par dun “twist” majeur.

    • @dusk

      Ah bon, je jetterai un oeil à Primer.

      Mais, comme je disais, tous les goûts sont dans la nature! Pour moi, la série Stargate est bien meilleure que le film qui est tout de même un bon film.

    • Johnnywolf, réduire Cloverfield à un “faux-docu mal filmé” est un peu mince, pour ne pas dire complètement à côté de la plaque (sensible). Alors que c’est au contraire une marque dans l’histoire du cinéma (et si je ne m’abuse, le film de l’année 2008 dans les Cahiers du cinéma).

    • @ unholy_ghost

      Le concept de Cloverfield, c’est de donner l’impression que le film a été tournée par un amateur avec une petite caméra maison. Ce n’est pas du tout à côté de la plaque de qualifier le film de « faux-documentaire mal filmé ».

      Mais une marque dans l’histoire du cinéma? C’est accorder trop d’honneur au film. Rien dans Cloverfield n’est original : c’est un film de monstres filmé façon Blair Witch Project. Comme toujours, le gros point fort de l’équipe de J. J. Abrams, c’est le marketing viral, qui est finalement plus marquant que le produit qu’il est censé vendre.

    • Pas une grosse date, mais une date quand même. Un faux-documentaire est donc faussement mal filmé, à moins de vouloir le réduire à son aspect superficiel.

      Un film de monstre filmé à la Blair Witch Project, c’est déjà profondément original, puisque les films-catastrophe sont tournés avec de gros moyens et force plans de grue monumentaux. L’idée de J.J. Abrams est de capter la nouvelle donne des images contemporaines à l’ère de la youtubisation du monde. Le marketing viral vient justement singé Youtube et autres Facebook. Les films-catastrophe sont presque toujours des films qui réfléchissent au politique, au vivre-ensemble, puisqu’ils parlent de nos peurs collectives. C’est le cas ici dans la mesure où Cloverfield est aux États-Unis ce que Godzilla est au Japon: une métaphore cathartique de l’horreur provoquée par 9/11 comme Godzilla est celle de Hiroshima (le monstre japonais est né de radiations atomiques, ne l’oublions pas, comme tous ces animaux difformes qui surgirent après le passage d’Enola Gay). D’un ground zero à l’autre, il y a le passage du film z japonais au naturalisme Web de Cloverfield.

      Il y a aussi une réflexion politique sur l’après 9/11, avec tous ces soldats grotesques qui se battent dans New York comme des soldats de plomb et qui renvoient à l’Irak, avec en prime la fermeture du héros sur lui-même, son besoin narcissique de se filmer et de trouver sa copine, comme l’Amérique de Bush. Pas étonnant que le premier méfait de ce Godzilla américain est d’arracher la tête de la Statut de la liberté (éclairant le monde): l’Amérique en se refermant sur elle-même n’a plus même la capacité d’éclairer le monde. On est mûr pour un certain Obama.

      Un film absolument passionnant: gros tour de manège et réflexion en direct sur l’état des images.

    • Astyanax, en vacances?

    • J’essaie de me mettre dans la tête de J. J. Abrams lorsqu’il vient à avoir l’idée que le monstre décapite la statue de la liberté.

      “Oh oui, ce sera une métaphore sur l’Amérique se refermant sur elle-même et qui n’a plus la capacité d’éclairer le monde!”

      Hmmm. On parle bien de J. J. Abrams, oui? Alors, ce serait peut-être…

      “Ce serait HYPER-COOL que le monstre décapite la Statue!!!!”

      PLus sérieusement, ne serait-ce pas accorder trop d’importance à un film qui, comme bien d’autres, n’est qu’un divertissement. Bien sûr il y a des films à messages. Bien sûr il y a des films à allusions, à symboles… Mais Cloverfield, d’entre tous? Pas sûr…

    • @chihiro

      Il Divo :) :) :)

    • Je donnerais une chance a ce film, qui sait.

    • Et quand le montre recrache la caméra de CNN, c’est encore HYPER-COOL et non un symbole? Le moins que le puisse dire en ce qui a trait à J.J. Abrams c’est que c’est loin d’être un con: il ne fait que ça des allusions érudites, dans ses séries ou dans ses films.

      Pour raccorder cut avec ce que je disais sur Spielberg et la Shoah, vous ne voyez pas l’allusion dans Star trek avec l’extermination des Vulcains, un “peuple du livre” ou c’est juste encore une fois HYPER-COOL…

      On peut bien sûr de ne pas se poser de questions devant un film hollywoodien, mais alors il faut de ne pas avoir la légèreté de penser que ce genre de film est vide ou léger juste parce que notre réflexion ne fait pas l’effort d’aller plus loin.

    • @unholy_ghost

      ça revient au débat de la semaine dernière avec le billet de m. Siroka; Taken et les neo-con…

    • Simonlebon, effectivement, sauf que Cloverfield est une merveille formelle ET un grand film politique, et non un film tourné n’importe comment ET un machin décérébré de droite.

      Sinon, une blague entendu: le nom du monstre? Al-Qaedzilla!

    • Si un film (un livre, une sculpture …) par ses symboles et métaphores fait naitre un commentaire plus large qui dépasse les intentions de l’auteur, tant mieux pour chacun. Mais la plupart du temps, dans chaque détails d’une oeuvre, aussi divertissante soit-elle, se cache une intention, consciente ou inconsciente. Vive la raciocination élégante!
      Pas besoin de toujours faire un My Dinner With André pour parler du narcissime exacerbé.

    • Une autre allusion ironique: le héros de Cloverfield faisait une fête pour son départ au… Japon!

    • Ce qui est fondamentalement brillant avec le filmage naturaliste à la Youtube dans Cloverfield, c’est que traditionnellement les films de monstre sont des allégories pas réalistes du tout, des fables pour drive-in; alors que le parti pris de JJ Abrams est de nous faire ressentir que ça arrive “pour de vrai”, de la même façon que la violence et la guerre pour les Américains ne sont que de la violence pour de faux, des guerres fictives en pellicule, alors qu’un bon matin d’un certain mois de septembre, pour la première fois l’horreur arrivait “pour de vrai” sur le sol américain. Si Hollywood avait depuis des décennies préfilmé le 9/11 (La tour infernale, True Lies, Die Hard…), les Américains furent incrédules quand Ben Laden a mise en scène pour de vrai leur pire cauchemar.

      Le travail de métaphorisation de JJ Abrams est d’une grande subtilité.

    • L’art de passer de District 9 – un film imparfait mais rigolo qui ressemble à un jeu vidéo nettement plus plaisant que G.I. Joe – à Cloverfield – une production lourde et vide, bien pâle à côté de Blair Witch Project, de REC, de The Host… Rien pour marquer l’esprit cinéma comme un There Will Be Blood, un Valse avec Bachir ou Un conte de Noël.

      P.s : Oui, en passant, Primer est un grand petit film, verbeux mais si fascinant. Tellement plus que le pompeux The Traveler’s Wife qui reprend ce concept de voyage dans le temps.

    • @ tous ceux qui l’on vus !

      Est-ce qu’ils se sont arranger pour que le district9 ressemble a la zone51 ?? il y a til un lien a faire ?

    • C’est intéressant le lien avec Godzilla, parce que pour les Américains la Shoah c’est un peu loin pour eux: Hiroshima et Nagasaki c’est après tout leur crime majeur avec l’esclavage et le génocide amérindien. Beaucoup de leurs films de science-fiction et d’espionnage ne parlent que de ça: Terminator, Aliens, True lies, Star Wars, 24 chrono, les James Bond, etc. Il n’y a pas de vraiment de culpabilité comme les Allemands avec la Shoah, mais ça les hante quand même beaucoup.

    • Ah! There will be blood, Cloverfield et Conte de Noël, mes trois films préférés l’an passé… L’esprit souffle où il veut…

    • « Les œuvres ne sont pas bonnes parce que populaires ou nulles parce que populaires. La critique sérieuse doit s’appliquer avec la même rigueur à toutes les œuvres, celles relevant du grand art comme celles livrées aux forces du marché, je dirais même que les dernières, relevant de ce qu’on appelle les industries culturelles ont encore plus besoin du regard critique pour leur permettre de s’émanciper de ces logiques marchandes. » Sylvain Bourmeau

    • La couronne du meilleur Sci-Fi de cette décénnie reviens à mon avis à Children of Men, avec Sunshine (sans la finale) pas trop loin. J’ai hâte de voir ce que District 9 va offrir. Il a l’air un peu trop orienté sur l’action, mais en revanche je suis beaucoup attiré par la symbolique du problème de racisme.

      Ça a souvent été un des éléments fort de la Science Fiction: traiter de véritable problèmes sociales, mais en prenant une distance “fantaisiste” (comme ici avec des extra terrestres).

      N’empêche, je suis un peu jaloux de ce Blomkamp. J’aimerais bien recevoir une si belle opportunité. Espérons qu’il ne devienne pas un nouveau Troy Duffy… (le documentaire “Overnight” est à voir absolument).

    • @stevevallee: totu a fait d’accord avec vous, Children of Men passe souvent innapercu. Hors, c’est de la science-fiction a l’etat pur. Serieux, sombrem intelligent et surtout, meme si tres differtissant, ne prend pas son auditoire pour une bande de crevettes comme trop souvent les films de sicence-fiction le font.

    • Sunshine”? Oh non, surtout pas. Ce film est un échec, non pas parce qu’il est foncièrement mauvais, mais parce qu’on avait mis la barre très haut (vu ses ambitions artistiques). Or, tout comme dans “Mission to Mars”, “Sunshine” rend tellement hommage à ses inspirations, qu’il en devient un espère de pastiche ultra sérieux qui tombe à plat. La scène de démontage de l’ordinateur rappelle “2001″, celle du saut entre les deux sas est calquée sur “Abyss” ou sur “2001″ (au choix), les effets visuels du méchant de la fin sortent tout droit de “Jacob’s Ladder” ou de n’importe quel slasher movie vaguement psychédélique produit depuis. Etc. Etc. Et je ne commencerai pas à énumérer la quantité phénoménales d’invraisemblances contenues dans ce film, allant de la gravité artificielle qui fonctionne malgré une panne de tous les systèmes, jusqu’au “manque d’air” (cliché!) que la présence d’un volume d’oxygène atteignant au moins le kilomètre cube dans les soutes ne semble pas compenser. Un film bien amorcé, à la superbe facture visuelle, qui dérape au beau milieu et qui mène à une finale style film d’horreur ado mal ficelée. Manque de cohérence, panne d’imagination, malgré un style très léché.

      Et je crois, moi aussi, que “Children of Men”, avec ses très longs plans-séquences et ses passages à la poésie brutale, est un bon candidat au titre de meilleur film de SF des 5 dernières années.

    • Sans doute que Sunshine n’est pas le meilleur Boyle (difficile de battre Shallow Grave et Trainspotting), mais cela se laisse tout de même bien regarder.

      En effet, Children of Men est techniquement fort intéressant. Mais je ne sais pas, la fin est moyenne, il y a beaucoup trop de grandiloquence et très peu d’émotions.

      Comme meilleur film de science-fiction des 5 dernières années, j’opterais plutôt pour Paprika de Satoshi Kon, une merveille à mi-chemin entre Lynch et Gilliam.

    • Comment se tromper avec Halo? XD

    • (…) un des rares films à pop-corn non infantilisants de l’été (…) J’aime bien! Vivement Halo en film! En revanche, District 9 ne me dit absolument rien. Via la bande-annonce en tout cas.

    • Halo, c’est un peu rendu n’importe quoi. Le premier n’était pas trop mal, malgré des niveaux souvent à chier. Les deux autres volets, en revanche, semblent tomber dans l’épopée space-opéra classique, avec les méchants n’extraterrestres qui envahissent la Terre, le héros-Messie, les parasites insectoïdes… Du réchauffé, en somme.

      Ce qui serait BEAUCOUP plus intéressant mais également BEAUCOUP plus difficile à adapter, c’est la trilogie Marathon, prédécesseure d’Halo. Les jeux en soi sont relativement basiques (une sorte de DooM-like pour Mac), mais le scénario est beaucoup plus original et cérébral (surtout le troisième volet, Infinity). Même que Halo repompe tellement d’éléments de Marathon (en les simplifiant, bien entendu) qu’on pourrait parler d’un reboot déguisé.

    • @unholy_ghost

      “Pour raccorder cut avec ce que je disais sur Spielberg et la Shoah, vous ne voyez pas l’allusion dans Star trek avec l’extermination des Vulcains, un “peuple du livre” ou c’est juste encore une fois HYPER-COOL…”

      Ah? Je croyais que c’était une allusion au massacre des Rwandais? des Amérindiens? de l’Homme de Néanderthal?

      Et puis je crois qu’il reste des juifs, non? Ils vivent en Israel je crois… J’en vois même de temps en temps ici dans Outremont! Alors qu’il ne reste qu’un seul Vulcain (Spock)…. OH! Je sais! C’est le dernier des Mohicans!!!

      Franchement. On peut faire dire n’importe quoi à un film quand on veut. Vous avez vraiment de l’imagination et, comme souvent, pas de preuves. Montrez moi une entrevue avec Adams qui dit que c’était ça que c’était supposé représenter, alors je vous présenterai mes excuses.

      Mais vous avez raison sur un point: l’extermination des Vulcains n’était pas HYPER-COOL, c’était un “plot-device” très cheap et à la longue peu intéressant.

      Quant à dire qu’un film comme Cloverfield ne comporte pas de message, je n’irai pas jusque là. Votre exemple de la caméra de CNN est intéressant. Mais il y a tout de même une limite… Vous me faites penser à un prof que j’ai eu en cinéma d’horreur qui comptait les codes barres sur les cannages dans la cuisine de Shining pour trouver un sens caché… HÉ! C’est une canne de binne!!!

      Oh, et le fait que le héros s’en allait au Japon n’était pas une “allusion ironique”, mais bien un clin d’oeil pas très subtil aux films de monstres japonais.

    • En effet, Children of Men est le meilleur Sci-Fi des 5 dernières années. J’ai tendance à l’oublier, mais c’était mon préféré de 2006.

      @fokof

      Non. Aucun lien à faire avec Area 51.

      @chihiro
      Je veux croire qu’on aime les animés, et certain comme Parika sont de très bonne qualité, mais Paprika fait pale figure comparé à Children of Men.

      Au juste, quand avez-vous vu District 9( à Montreal? si je me souvient bien, les screenings ici était cette semaine.)

    • Salut Ghost!

      J’étais, oui, en vacances, sous la tente, dans quelque forêt profonde du joli Vermont, bien loin de tout écran lumineux.

      À ce que je vois, tu en as eu plein les bras avec les philistins pendant mon absence! Curieux tout de même ce refus presque agressif d’accepter qu’une oeuvre puisse échapper en partie à son auteur. Curieux aussi ce refus d’accorder à l’oeuvre son existence propre. Enfin, qu’est-ce qu’on en a à cirer de ce que JJ Abrams ou Michael Mann ont voulu faire? Leurs films sont assez éloquents EN EUX-MÊMES. De toute façon, un artiste échoue toujours une partie de son travail parce que, justement, il ne peut pas en contrôler tous les aspects, ET C’EST TANT MIEUX COMME ÇA! Plus personne ne lirait Zola s’il avait réussi son projet de faire du roman un nouveau terrain d’observation sociale rigoureusement scientifique. Zola était en effet trop «écrivain» pour ça, et c’est parce que son souffle d’écrivain a dépassé et corrompu son projet initial qu’il est encore aujourd’hui un auteur passionnant. On ne lit pas GERMINAL pour en savoir plus sur les conditions de travail du secteur minier dans la France du Second Empire, on le lit parce qu’il s’agit d’un ROMAN exceptionnel, point. Toute la grandeur de l’art repose sur cet échec, sur l’écart entre ce que l’artiste arrive à contrôler et ce qui lui échappe. À ce sujet, il y a, dans MAÎTRES ANCIENS de Thomas Bernhard, ce très beau passage: «Nous devons écouter Bach et entendre comment il échoue, écouter Beethoven et entendre comment il échoue, même écouter Mozart et entendre comment il échoue.»

      Et puis il y a toute cette part inconsciente des films, surtout les films hollywoodiens je dirais. Comme il s’agit ici d’une industrie, et donc qu’il faut d’abord et avant tout VENDRE des films, l’analyse de ces films est souvent passionnante parce qu’elle révèle ce que le public, inconsciemment, demande et aussi quels besoins sont assouvis par ces films. Par exemple, il ne faut pas être particulièrement perspicace pour constater qu’une grande partie des films hollywoodiens d’aujourd’hui sont fondés sur le principe baroque du trompe-l’oeil. Les films de M. Night Shyamalan pour ne citer qu’un exemple parmi des dizaines. Ces histoires qui finissent toutes par se retourner comme un gant sont trop nombreuses pour n’être pas profondément représentatives d’une civilisation inquiète, engluée dans un relativisme qui efface toute forme de repère, une civilisation saoulée d’images dont le foisonnement semble brouiller l’idée même de réalité. Ces films me disent clairement que le monde auquel j’appartiens est sans doute aussi angoissé et confus que l’Europe des XVI et XVII siècles qui a vu naître les oeuvres du Caravage, de Rubens ou de Vélasquez. Autrement dit, si vous voulez comprendre où en est l’Amérique d’aujourd’hui, ce sont des films comme CLOVERFIELD qu’il faut regarder. Évidemment, il faut savoir le faire avec un certain effort de culture, de sensibilité et d’ouverture d’esprit…

      CLOVERFIELD est évidemment un film magnifique, l’un des plus beaux de l’an dernier avec, oui, UN CONTE DE NOËL, THERE WILL BE BLOOD et… LA GRAINE ET LE MULET. (N’es-tu pas d’accord pour ce dernier film, Ghost?) Un film au complet qui tient dans son seul hors-champ, faut le faire! D’ailleurs, le seul reproche que j’aurais à formuler sur ce film, c’est d’avoir montré le monstre vers la fin. Ce que le film aurait perdu en vraisemblance en ne le montrant pas, il l’aurait largement gagné en expressivité, il me semble. C’est comme, pour reprendre un exemple discuté ici récemment, dans ROSEMARY’S BABY. Le film est plus fort en cachant le bébé qu’en le montrant.

      Bon, ça suffit pour maintenant. À bientôt cher fantôme qui n’est pas sain(t?).

    • Grand Dieu, re-bienvenue Astyanax. Quelle belle éloquence.
      Vous me faites revenir à l’esprit la fameuse définition du roman par Stendhal, ce miroir que l’on promène le long du chemin. N’est-ce pas ça le cinéma? Comment contrôler à la perfection ce qu’un miroir réfléchit? Et comment ne pas échouer toute représentation dès lors qu’il y a un cadre pour la clore? C’est toujours ce qui échappe à l’auteur qui reste comme pronfondeur signifiante. Cet inexplicable et profonde noirceur du monolithe de 2001 qui agit tel un hors-champs à l’intérieur du cadre; voilà! Ça me rappelle une anecdote de tournage contée par Altman lors de 3 Women. La jupe de Shelly Duval qui, lorsqu’elle ferme la porte de sa voiture, reste toujours un peu sortie à l’extérieur. Un cinéaste contrôlant aurait ajusté ce détail dérangeant mais, Altman lui, choisit toutefois de le laisser à chaque coup. Tout le personnage s’explique intuitivement par ce menu détail.

    • @Astyanax

      Ah mais justement, ce qui m’agace, c’est surtout l’intention que l’on donne au réalisateur d’avoir voulu faire ceci, faire cela. L’interprétation que l’on en fait, par la suite, est notre opinion et n’engage que nous. Évidemment que l’on peut voir des sens cachés dans Cloverfield et autres, mais de là à dire que Abrams a tout voulu ça? Non. Par la suite, si j’en fais l’analyse du portrait des Américains d’aujourd’hui, grand bien m’en fasse! C’est mon droit, le vôtre, etc. Mais prétendre que le réalisateur voulait amener à cette conclusion? Non.

      Je ne suis pas d’accord avec vous cependant en disant que Cloverfield est un film magnifique. Toutefois, je suis d’accord sur l’idée que ne pas montrer le monstre aurait été bien meilleur. D’autant plus que le monstre était, en soi, bien décevant… Même Jaws ne montrait pas Bruce dans son ensemble comme Cloverfield et les minces apparitions du requin étaient calculées afin qu’elles aient un impact maximum. Mais malgré tout, il reste qu’à la fin de Jaws, on a bien moins peur qu’au début…

    • @dusk
      Il faudra revoir Paprika, car il dépasse Children of Men sur tous les points: la folie imaginative, le scénario délirant, le mélange d’humour de drame et de suspense, la réflexion sur le monde moderne. Le tout avec une trame sonore d’enfer et une trame narrative qui emprunte autant à Carroll qu’à Assimov, Lynch, Gilliam et Cronenberg.

      Mais bon, j’ignore pourquoi, tout ce qui est dessins animés, animes, science-fiction, horreur (le film de genre quoi), est immédiatement déprécié, comme l’ami PARK Chan-Wook et son excellent films de vampires. Pourtant, on regarde seulement cette semaine, et la meilleure sortie au cinéma est, et de loin, Ponyo. Une animation. Sinon, pour District 9, j’ai dû le voir la semaine dernière ou cette semaine (le temps passe si rapidement!).

      J’abandonne cependant le débat sur Cloverfield. J’ignore toutefois comment on peut parler des grands films de 2008 (comme There Will Be Blood, Un conte de Noël et La graine et le mulet qui se retrouvent tous dans mon top) et faire mention de Cloverfield, qui, personnellement, n’est même pas dans mon top 200. Pour moi, un grand film, c’est The Edge of Heaven, Lumière silencieuse, My Winnipeg, Séraphine, Naissance des pieuvres ou, si on veut vraiment des films américains, Standing Operating Procedure, The Dark Knight, Wall-E…

    • @ rafc

      Stendhal et son miroir: bien vu!

      @ lordcraft

      Je ne suis pas certain de bien vous suivre, vous semblez dire une chose et son contraire. Ce que j’écrivais, c’est que je me fous complètement de ce que JJ Abrams a voulu ou n’a pas voulu faire dans son (assez beau) STAR TREK. Je n’ai pas besoin de ses commentaires pour apprécier et comprendre son film. Qu’Abrams ait consciemment choisi de parler de la Shoah dans son film ou qu’au contraire il trouverait parfaitement grotesque la lecture d’ Unholy_Ghost, par exemple, ne m’importe absolument pas. Je trouve pour ma part la remarque de Ghost tout à fait juste. Elle «fait sens» parce qu’il en fait une proposition que je peux comprendre et partager parce qu’elle est démontrée rationnellement. Il ne faut jamais oublier que dès qu’une oeuvre est soumise à des spectateurs, elle cesse complètement d’appartenir à son auteur et c’est au spectateur de la faire sienne. C’est ce que Ghost a fait avec beaucoup de pertinence. Il n’existe aucune interview de William Shakespeare; et pourtant, cela n’a pas empêché des générations d’exégètes de son oeuvre de nous proposer des lectures pénétrantes et éclairantes de ses pièces. À la limite, on pourrait presque dire que le seul mérite d’un auteur est d’avoir pondu son oeuvre, point barre.

      @ chihiro

      UN CONTE DE NOËL, LUMIÈRE SILENCIEUSE, LA NAISSANCE DES PIEUVRES, STANDING OPERATING PROCEDURE… Vous avez du goût! Comment diable avez-vous pu passer à côté de CLOVERFIELD?

    • Rebienvenue Astyanax!

      La question du vouloir-dire et de l’intentionnalité est complexe. Un signification peut être explicite, c’est-à-dire soulignée au marqueur. C’est clair pour les Philistins mais ce n’est vraiment de l’art, plutôt de la communication, du cinéma “à message” (”Nommer un objet, c’est supprimer les trois quarts de la jouissance du poème qui est faite du bonheur de deviner peu à peu ; le suggérer, voilà le rêve. Mallarmé).

      Ensuite, une signification peut être implicite, suggérée par l’auteur, et là il faut interpréter, comprendre l’intention de l’intérieur, ce qui demande une certaine sensibilité et une culture, désolé. Rien ne sert de demander au cinéaste car il ne rendra jamais explicites ses significations implicites pour ne pas déflorer le mystère pour les autres spectateurs.

      Par ailleurs, il y a toutes les significations inconscientes qui concernent le coeur de la poétique d’un artiste, dans la mesure où il s’agit de ses névroses, obsessions et lapsus, ce qu’on appellera poliment des thèmes (”Finalement, chaque homme fait dans sa vie l’expérience d’un conflit unique qui réapparaît constamment sous des déguisements différents. Rilke”). Un cinéaste ne peut pas vraiment connaître cette partie immergée à moins de faire une psychanalyse (au risque de perdre le moteur de son art). Mais quand un critique fait l’analyse d’une oeuvre et qu’il construit le cinéaste comme “auteur”, il ne fait rien d’autre qu’essayer de comprendre cette partie impensée, immergée, inconsciente.

      Dans l’analyse de Star Trek, il est évident que l’on ne parle pas des Amérindiens ou du Rwanda, dans la mesure où les Vulcains sont explicitement montrés comme le “peuple du livre” (avec cette culture du savoir érudit qui renvoie au Talmud); alors leur extermination est implicitement celle des Juifs (et dire qu’il y a encore des Juifs en Israël est ridicule – on est pas dans la référence scientifique terme à terme mais dans la métaphore affective et suggérée).

      Donc, en résumé, Lordcraft, non seulement ton commentaire fait montre d’une méconnaissance de ce qui est en jeu dans une oeuvre d’art, mais on y devine une volonté de garder le cinéma du côté de la non-pensée, du “fonnne”, loin de la prise-de-tête-car-c’est-un-divertissement.

      PS: Mea maxima culpa, je n’ai pas vu la Graine et le Mulet! Une série de rendez-vous manqués.

    • Comme toute grande oeuvre d’art, un grand film est un film qui dépasse son auteur. Les petits malins sont plus intelligents que leur oeuvre; les grands artistes sont dépassés en intelligence par leur création.

    • Lordcraft, tu m’avais promis des excuses: http://www.pinenet.com/~rooster/v-salute.html

    • @ Chihiro

      Décidément nos vues sur Paprika et Children of Men ne concordent pas du tout. Pour citer un critique d’Orlando: “Visually fantastic, logically flawed and incredibly dull. Just like your friend’s dreams.” C’est pile-poil l’impression que j’ai eu de ce film. Pas que les étrangetés me rebutent, au contraire. J’ai récemment raffolé de ERASERHEAD, difficile de faire plus étrange. Mais alors que Lynch est capable d’hypnotisme avec ses visions déjantés, le responsable de Paprika n’a réussis qu’à me faire regarder ma montre sans arrêt.

      Children of Men par contre. Quel film. :-)

    • @Astyanax

      Je suis d’accord avec votre approche, mais je ne partage pas votre opinion de la Shoah dans Star Trek comme Unholy_ghost le prétend. Toutefois, voyez la différence: vous offrez votre vue, votre opinion, votre interprétation et ouvrez la porte à une discussion. De l’autre côté, Unholy_Ghost présente le tout comme un fait accompli, comme ce que J.J. Abrams a voulu dire. Cela, j’en doute.

      @unholy_ghost

      Évidemment que c’est ce que je veux, garder le cinéma comme du divertissement, parce que dans le fond, c’est ce que C’EST. Et vous ne pouvez pas prétendre le contraire. Je ne suis pas sans culture, comme vous le prétendez, et je sais bien que certains films présentent des sens cachés, des intentions pas évidentes. Mais Star Trek? Cloverfield? Pas à mon avis et c’est là que je trouve que vous suranalysez.

      D’autre part, votre article ne prouve rien, autre que le signe vulcain est une invention de Nimoy (ce qui était connu) qui était juif et qu’il a pris inspiration sur des symboles juifs (ça, vous me l’apprenez). Mais de là à dire que l’extermination des Vulcains est un symbole de la Shoah, il y a une marge. Des excuses? non, parce que je n’ai encore rien vu qui me dise que votre point est exact. Sans parler que j’ai peu envie de m’excuser envers quelqu’un qui me considère un “Philistin” et avec “méconnaissance de ce qui est en jeu dans une oeuvre d’art”…

    • @ Ghost

      À ce que vois, tu es toujours au poste pour compléter mes idées, et même les présenter mieux que je ne saurais le faire moi-même. Merci!

      Et puis, ces dorés?

      @ lordcraft

      «Évidemment que c’est ce que je veux, garder le cinéma comme du divertissement, parce que dans le fond, c’est ce que C’EST. Et vous ne pouvez pas prétendre le contraire.»

      Voilà des paroles qui me semblent se prêter assez mal à la discussion… Je crois que vous êtes bluffé par les codes du cinéma populaire. Si ça a l’air d’un film grand public, c’est qu’il s’agit assurément d’un divertissement qui ne saurait souffrir la moindre analyse, c’est bien ça? Personnellement, le pur divertissement, je n’y crois pas, et ce essentiellement pour les raisons que j’ai évoquées plus haut. De toute façon, ce clivage entre cinéma populaire et cinéma d’auteur est complètement faisandé si vous voulez mon avis.

    • Je n’ai jamais dit que c’est ce que Abrams a voulu dire, relisez-moi.

      Vous voudriez en résumé que toutes les opinions se valent pour laissez libre la discussion mais depuis le début vous dites que je suranalyse parce que j’ai une grande imagination. Il faudrait vous brancher…

      En somme, vos seuls arguments, c’est que Abrams ne l’a pas dit en entrevue et que ce film est du divertissement sans réflexion (on parle de Star Trek, non?). Ce qu’il vous faudrait en somme c’est que JJ Abrams vous mâche la becquetée et vous dise que c’est bel et bien ça. Mais enfin, vous avez un acteur juif qui a intégré des symboles juifs à son personnage; ce personnage fait partie d’un peuple du Livre qui passe son temps à des études érudites comme dans les écoles talmudiques; ce peuple se veut ethniquement pur et a de rares contacts avec les autres peuples; Spock est considéré comme différent et souffre d’ostracisme car sa mère est humaine (chez les Juifs, l’appartenance vient par la mère); cette culture est exterminée en partie par les Romuliens (on sait que ce sont les Romains en détruisant le Temple de Salomon en 70 qui vont créer la diaspora juive; le fondateur de Rome s’appelle Romulus); à la fin du film, Spock veut partir fonder une colonie (Israël?) pour la diaspora vulcaine; pour finir, le cinéaste est un Juif pratiquant marié à une catholique comme le père de Spock. Vous avez besoin de quoi de plus?

      Vous pensez vraiment qu’un cinéaste juif parle de l’extermination d’un peuple, quel qu’il soit, sans qu’il y ait quelque part dans le fond de son inconscient une petite cloche qui sonne et lui dit de traiter la chose avec un minimum d’affect et de respect?

      Vous voudriez qu’il y ait d’un côté le cinéma artistique, où il y aurait des sens cachés, et de l’autre un cinéma de divertissement, où il n’y aurait strictement rien à analyser, seulement mettre à disposition votre temps de cerveau disponible. Je suis désolé, mais cette façon de voir le cinéma est fausse et non avenue, on le sait depuis au moins depuis les articles de Truffaut, Rivette et cie dans les années 50. Divertissement et réflexion ne sont incompatibles, bien au contraire.

      Pour ce qui est de “Philistin”, ne le prenez pas mal, ce n’est après tout que mon point de vue et je suranalyse beaucoup…

    • Ces dorés? Une saloperie à arranger! Mais avec des bolets bicolores, ça devrait le faire…

    • @astyanax

      Très bien, dites-moi, quel est le message qu’a voulu véhiculer Transformers? Ice Age? Night at the museum?

      Je suis d’accord que la coupure ne se fait pas nette entre “cinéma populaire/cinéma d’auteur”, mais tout de même… Puis je suis d’avis que même pour certains films, il faut arrêter à un certain point d’analyser, puisqu’on y perd tout intérêt à apprécier le film pour ce qu’il est. J’ai l’impression d’être avec vous en train de regarder une toile et de l’analyser à un point tel que je ne vois plus la beauté de la toile, mais seulement le détail des traits…

      @unholy_ghost

      “Je n’ai jamais dit que c’est ce que Abrams a voulu dire, relisez-moi.”

      Ça y ressemble fortement.. puis vous continuez de le faire dans votre argumentation par la suite.

      Une petite chose… Je suis curieux, avez-vous vu autre chose de Star Trek que les films? Les séries, plus spécifiquement? Je me le demande, parce qu’un point apparaît très gros dans votre argumentation… Les Romuliens (qui sont, évidemment, une allégorie sur les Romains: Y’a Romulus, comme vous le dites, mais y’a aussi Remus. Les officiers romuliens sont des centurions. Leur chef suprême s’appelle Praetor, etc.) sont aussi des Vulcains exilés. Hmmm, ça, ça ne cadre pas avec la Shoah, n’est-ce pas?

      De plus, Amok Time, l’épisode original avec le salut vulcain, date de 1967. Star Trek est de 2009. Plus de 40 ans entre les deux et vous dites que c’est un argument pourquoi l’extermination des Juifs est une allégorie sur la Shoah? Non désolé, mais c’est trop gros comme argument. Puis les métis dans toutes les ethnies ont toujours subi une forme d’ostracisme. Je ne me rappelle pas avoir entendu Spock vouloir fonder une colonie… Je croyais de toute façon que les deux Spocks étaient les seuls Vulcains restants? J’ai peut-être mal compris…

      Le seul argument valable, c’est le fait que Abrams soit lui-même juif et cela donne effectivement du poids à votre idée… Mais en même temps me remplit d’une amertume: Si c’est effectivement le cas et que l’extermination des Vulcains est une allégorie sur la Shoah, alors je crains que ce ne soit une erreur pour Star Trek, la franchise… Je peux vous dire, étant Trekker moi-même, que les fans n’ont vraiment pas aimé l’extermination des Vulcains. Alors que ça ait été fait simplement une faire une allégorie sur la Shoah, sujet qui a maintes et maintes fois été remâché?… Quelle déception… Cela me fâche même, à un certain point…

      “Pour ce qui est de “Philistin”, ne le prenez pas mal, ce n’est après tout que mon point de vue et je suranalyse beaucoup…”

      En effet…

      Hmmm… on parlait pas de Cloverfield, en premier?

    • Les Vulcains n’étaient pas tous présents sur leur planète au moment de la destruction. Logiquement il devrait y en avoir un peu partout dans le voisinage galactique…

    • Lordcraft,

      J’avais bien compris que vous êtes un Trekker… Or, JJ Abrams n’en est pas. C’est justement l’intérêt conceptuel du film qui est à la fois un prequel (l’histoire avant l’histoire) et un reboot (refondation de la série sur de nouvelles bases). Or, et c’est là que c’est brillant, le film parle de retour dans le temps grâce à une découverte de Spock. Il est explicitement dit que le passé nouveau crée un monde parallèle avec une ligne de temps alternative et donc que dans ce passé il est possible que les Vulcains furent exterminés et que dans une autre ligne de temps (les autres films, autrement dit) ce ne soit pas le cas. Paradoxe antique des futurs contingeants et technique moderne des incompossibilités (voir le Théodicée de Leibniz)… “The futur begins”, comme disait le slogan… Un artiste fait ce qu’il veut et n’a de compte à rendre qu’à son art. Comme JJ Abrams se fout royalement que les Romuliens soient d’anciens Vulcains – il a d’ailleurs poussé au maximum la dissemblance, beaucoup plus que dans la série. Si vous voulez absolument penser comme un scientifique et non comme un artiste, probablement que l’on pourrait prouver que les Romains et les Juifs ont des ancêtres communs… Encore là, une métaphore n’est pas une opération terme à terme (quand on dit que Michel Bergeron c’est le Tigre, on n’est pas en train de dire qu’il a du poil orange rayé!) mais une sélection de traits pertinents (agressivité, etc.).

      Même si Abrams n’a pas VOULU dire signification, ce n’est pas pour autant que le film ne le dit pas. Si vous lisiez des entrevues de cinéastes quelque fois, il est très fréquent que ceux-ci répondent “génial, je n’y avais pas pensé mais c’est vrai”. Un film, je le répète, dépasse son créateur dans la mesure où une bonne partie de la création est inconsciente. Comme dans le travail du rêve, un créateur déplace (un objet est signifié par un autre) et condense (plusieurs objets sont remplacés par un seul). Vos arguments bidons sont pour moi équivalents à si vous m’aviez dit que ce ne peut pas être la Shoah parce que les Juifs n’ont pas des oreilles pointus – méconnaissance du fonctionnement d’une oeuvre d’art, je le répète. Et inconséquence: faire de la Shoah “un sujet maintes et maintes fois remâché” vous juge plus qu’autre chose.

      Sinon, oui, l’Ambassadeur Spock (Nimoy) va aider à fonder une nouvelle colonie de Vulcains. Eyes wide shut…

      Une dernière: vous avez remarqué que Superman est Juif?

      PS: en quoi continuer d’analyser et de réfléchir sur un film pourrait nous en faire perdre l’intérêt?

    • “Vos arguments bidons sont pour moi équivalents à si vous m’aviez dit que ce ne peut pas être la Shoah parce que les Juifs n’ont pas des oreilles pointus – méconnaissance du fonctionnement d’une oeuvre d’art, je le répète. Et inconséquence: faire de la Shoah “un sujet maintes et maintes fois remâché” vous juge plus qu’autre chose.”

      Me juge? Non, j’ai plutôt l’impression que c’est vous qui me jugez et le ton de la conversation devient de plus en plus désagréable, parce que l’on est passé d’une discussion sur un film à une discussion sur mon système de valeurs…

      Sachez que je trouve vos arguments aussi “bidons” que vous trouvez les miens et que je n’ai nullement l’intention de continuer ce sujet après cet envoi, parce que j’y ai perdu tout intérêt et que oui, continuer à suranalyser un film le rend moins agréable pour moi. Et OUI, je sais que Superman a été créé par 2 juifs. Et que très rapidement, ils ont perdu tout contrôle sur le personnage. À votre tour: saviez vous que Schuster et Siegel voulaient faire de Superman un vilain, au début?

    • Restons-en-là donc. À Romulus on fait comme les Romuliens…

      PS: Pour Superman, ce n’est pas ce que je voulais dire, mais bon…

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