Jozef Siroka

Jozef Siroka - Auteur
  • Le blogue de Jozef Siroka

    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
  • Lire la suite »

    Partage

    Lundi 30 mars 2009 | Mise en ligne à 14h00 | Commenter Commentaires (4)

    Les «non-acteurs» de Soderbergh

    sasha-girlfriend-exp

    Mise à jour : vous pouvez voir l’affiche du film ici.

    The Girlfriend Experience est le second d’une série de six films expérimentaux à très petit budget que Soderbergh s’est engagé à tourner pour la boîte indépendante 2929 Entertainment. Le caractère générique du projet consiste à ramener les techniques de tournage à leur forme la plus épurée dans le but d’obtenir un résultat des plus naturalistes.

    La première de ces «expériences», le glauque mais captivant Bubble, avait été tourné et monté en moins de trois semaines en locations réelles, avec une équipe réduite au minimum et une distribution composée exclusivement d’acteurs non professionnels.

    Pour The Girlfriend Experience, le réalisateur de Sex, Lies and Videotape a employé sensiblement la même formule. Le seul membre «professionnel» de sa troupe d’acteurs est une star du XXX, Sasha Grey. À noter que la jeune femme, qui vient de célébrer ses 21 ans, est une véritable cinéphile : elle cite parmi ses cinéastes favoris Michelangelo Antonioni, Werner Herzog, et Lars von Trier. À ses débuts, Grey a même songé à adopter le pseudonyme Anna Karina, en référence à la muse de Jean-Luc Godard. Elle cultive d’ailleurs un fort intérêt pour la philosophie existentialiste…

    En entrevue au Village Voice, Soderbergh fournit des détails sur son film très attendu et parle de sa relation avec les acteurs :

    Nous avons construit tout le film autour d’elle [Grey] et nous nous sommes accommodé à sa personnalité, je crois que les gens seront surpris de la voir aussi confortable et normale à l’écran – à quel point son interprétation n’est pas maniérée. Si tu ne prends profites pas de qui elle est, alors tu ne l’utilises pas vraiment bien.

    Quel est le truc pour obtenir de bonnes performances de la part d’acteurs inexpérimentés?

    Ce que j’ai appris au cours des années en engageant des «non-acteurs» – un drôle de terme – est que tu les laisses s’exprimer avec leurs propres mots, ils sont bien plus confortables ainsi. Les problèmes surviennent lorsqu’ils tentent de mémoriser. Ça les bloque. Si tu crées la bonne atmosphère, tu peux leur dire : «Écoute, tu peux dire ce que tu veux. Parles comme si tu te retrouvais dans une situation similaire dans le monde réel. Tu n’as pas à t’inquiéter de te tromper, parce que c’est comme ça que je veux que ça marche».

    J’ai toujours trouvé impertinentes les déclarations du style : «Wow, ces non-acteurs jouent tellement juste!» J’opterais plutôt pour : «Wow, qu’ils sont bien dirigés!» La direction d’acteurs est un art en soi. Lorsqu’il est question de non-professionnels, certains réalisateurs se pètent la gueule tandis que d’autres ont la touche magique. Je pense à Kiarostami, Kusturica, Bresson et surtout à Ken Loach; en particulier l’actrice de Ladybird, Ladybird, Crissy Rock, qui nous offre une des meilleures interprétations de l’histoire du cinéma.

    The Girlfriend Experience devrait prendre l’affiche aux États-Unis le 22 mai.


    • C’est comme en musique, l’arrivée du médium numérique et le non-coût des prises multiples sinon superfétatoires rend possible de hisser un ‘amateur’ à un niveau plus élevé, pour peu qu’il y ait un monteur allumé derrière la console. C’est en ‘live’ après que ça se dégrade, mais c’est une autre histoire.

      Filmez des amateurs jouant tout l’après midi, et au montage, gardez le meilleur 17 secondes. Sur pellicule, c’est hors de prix, alors il faut impérativement des gars du Actor’s Studio pour faire ça ‘one take’. Envoyez pas ces amateurs jouer au théâtre, par contre…

      En plus, le montage ‘vidéoclip’ est moins exigeant que des scènes à plan fixe de 7-10 minutes comme dans les années soixante… Bref, effectivement, on verra de plus en plus de ‘no-name’ crédibles sur les écrans.

      C’est la deuxième fois que vous nous parlez de cette jolie petite Sacha Grey, mon cher Jozef… Mais bon, c’est une chose d’avoir lu Camus à 17 ans et de s’amuser à babiller un truc ou deux là-dessus que d’en faire un post-doc ! Mais bon, elle est titillante, j’en conviens.

    • Que dire des acteurs dans Quiconque meurt, meurt à la douleur de Robert Morin. Dans plein de ses films d’ailleurs, les acteurs amateurs sont vraiment excellent.

    • Bruno Dumont possède une excellente maîtrise de direction d’acteurs non-professionnels et ce, dans tous ses films.

    • “À l’ouest de Pluton” est aussi très impressionnant du point de vue de la direction d’acteurs non-professionels. Je dirais même, à couper le souffle.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • publicité

  • Calendrier

    novembre 2013
    L Ma Me J V S D
    « oct   déc »
     123
    45678910
    11121314151617
    18192021222324
    252627282930  
  • Archives

  • publicité