Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Jeudi 26 février 2009 | Mise en ligne à 14h15 | Commenter Commentaires (15)

    L’auteur de Watchmen regrette

    peanuts_watchmen-1

    Jim Emerson de scanners a mis en ligne deux entrevues pour le moins surprenantes avec Alan Moore, le créateur des romans graphiques Watchmen (1987-1988). Reconnu pour avoir rendu les comic books plus «matures et littéraires», le légendaire auteur de BD regrette néanmoins que le public considère les histoires de superhéros avec autant de sérieux. En particulier celle de Watchmen, dont l’adaptation au grand écran le rend pour le moins indifférent. Tel le Dr. Frankenstein, Moore observe, impuissant, les ravages qu’a engendrés sa propre création.

    Je traduis quelques passages de son entrevue à Wired (la seconde, bien plus brève, examine l’aspect idéologique du superhéros américain) :

    Il semble que des éléments qui étaient présentés de manière satirique ou critique sont maintenant interprétés au premier degré. Alors oui, je vois d’un mauvais oeil tout ce concept du «justicier masqué».

    L’existence de Watchmen a pas mal ruiné l’industrie du comic book destiné au grand public des 20 dernières années. Ces histoires très sinistres et souvent prétentieuses semblent incapables de contourner cette pierre d’achoppement psychologique que Watchmen est devenue.

    Ce n’était jamais mon intention de démarrer une tendance «sombre». [...] Mon but était de faire des comics qui pourraient attirer un garçon de 13 ans ainsi que l’homme de 40 ans qui a du temps à tuer. Je voulais faire des comics accessibles au plus grand nombre possible, mais qui resteraient tout de même intelligents même s’il s’agit essentiellement d’histoires d’aventures pour enfants.

    En passant, les critiques de Watchmen sont sorties. Pour l’instant ça augure plutôt bien, avec une moyenne de 76% sur le TomatoMeter (notons que le film affichait 94% quelques heures plus tôt).

    À lire :

    > Watchmen : 20 ans après


    • Alan Moore, pardonnez-moi l’expression, est un vieux chiâleux. C’est vrai que les adaptations de ses BD au cinéma sont mauvaises, jusqu’ici, surtout La Ligue. V for Vendetta ne donne pas sa place non plus dans le genre lourd, plate et nono. Mais quand même, il est enfermé chez lui et insulte tout le monde. Il devrait écrire d’autre chef d’oeuvres à la place.

    • La phrase «même s’il s’agit essentiellement d’histoires d’aventures pour enfants» est en bold dans votre texte. Est-ce volontaire? Vous cherchez à nous faire passer pour des pauvres types ou quoi?

    • @ saucierp

      Oui c’est volontaire et, non, je n’essaie pas de vous faire passer pour des «pauvres types». Je constate seulement que l’un des créateurs de BD les plus populaires lance un argument qui, normalement, serait une cause suffisante pour que les fanboys appellent au meurtre.

      Pour ce qui est de ma propre opinion, pour être franc, je n’en ai aucune sur ce sujet. J’aime les bons films, point. Qu’ils soient destinés aux enfants ou à l’âge d’or.

    • Cette citation est tordante pour n’importe quel fan qui a déjà lu Alan Moore. Horreur, pornographie, concepts philosophiques et scientifiques, textes extrêmement denses… Moore doit être le pire écrivain pour enfants de toute l’histoire!

      La science-fiction, la vraie, celle de 2001: A Space Odyssey et non celle de Star Wars, est destiné aux adultes et non aux enfants. Moore est un écrivain de science-fiction qui utilise le comic comme médium et, dans certains cas, les super-héros comme personnages. Il n’y a rien qu’il ait écrit qui soit le moindrement convenable pour les enfants et même la plupart des ados. Nier le fait que son travail soit destiné aux adultes, c’est nier l’existence d’une littérature pour adultes!

      Alan Moore est beaucoup plus intelligent que moi mais il a aussi un caractère de cochon qui lui fait dire des conneries. Son point ne tient tout simplement pas la route!

    • Ça dépasse le cadre du cinéma, mais puisqu’on est dans le sujet…

      Ce qui me rend perplexe, c’est de constater que l’écrasante majorité des romans graphiques américains est consacrée à des héros ou vilains super-musclés et aux super-pouvoirs. Et ça fait 60 ans que ça dure! Alors que la bande dessinée franco-belge (et québécoise aussi) est si riche et diversifiée. Comment expliquer ça?

    • La bande dessinée américaine est aussi très diversifiée mais il faut comprendre qu’au Québec, il y a moins d’anglophones et le marché est plus restreint. Alors qu’il faudrait regarder les compagnies indépendantes, tout ce qu’on reçoit vient de Marvel ou DC Comics.

    • Je ne sais pas d’où vient le fait que Watchmen est autant adulé. Je trouve tellement que c’est un comic book moyen, un gros melting pot de plein de trucs déjà connus, c’est tout. Dans les 80’s c’était cool, oui, mais c’est tellement dépassé…. Je suis bien content d’avoir la série dans ma collection, OK, mais ce n’est certainement pas ma préférée, et de loin. Il y a plus de bon que de mauvais dans Watchmen, d’accord. Mais cette sortie, avec une “attente” fabriquée médiatiquement, ne m’attire pas du tout.

      Pour le voir, je vais attendre la sortie DVD…

    • “Ce qui me rend perplexe, c’est de constater que l’écrasante majorité des romans graphiques américains est consacrée à des héros ou vilains super-musclés et aux super-pouvoirs. Et ça fait 60 ans que ça dure! Alors que la bande dessinée franco-belge (et québécoise aussi) est si riche et diversifiée. Comment expliquer ça?”

      C’est un bon point et, dans l’entrevue, Moore explique justement qu’à l’époque où il a créé Watchmen, il espérait justement que le succès de son oeuvre permettrait de décoincer les mentalités et encouragerait les gens à innover. Sauf qu’évidemment, ce n’est pas exactement ce qui s’est passé…

      Moore soulève par ailleurs un bon point : comment se fait-il que les gens prennent autant au sérieux les histoires de superhéros? On a vu récemment jusqu’où ça peut aller avec The Dark Knight, qui déjà en partant semble avoir beaucoup de mal à s’assumer.

      Les créateurs de la série Batman, dans les années 60, avaient bien compris le problème (peut-être involontairement) et l’avaient résolu en jouant à fond la carte du second degré.

    • @nic-olas
      >>C’est vrai que les adaptations de ses BD au cinéma sont mauvaises…

      Vous oubliez le Phantom, difficile de faire pire!

    • Euh… j’ai déjà écouté pire que the Phantom : Blankman, avec Damon Wayans
      http://www.imdb.com/title/tt0109288/

    • Je ne sais pas si c’est une adaptation, mais c’était franchement mauvais,

    • J’ai un peu de misère avec les auteurs qui ne veulent pas assumer qu’il ont produit un chef d’œuvre, ou simplement créé un culte. Ça les dépasse peut-être, mais reste qu’un jour il faut bien se dire: oui, sur ce coup la, j’ai été pas pire pentoute. Moore, on dirait qu’il se dit: vous capotez tous pour rien, c’est juste des dessins. FAUX, Watchmen, c’est le A la recherche du temps perdu de la BD (ouais j’abuse un peu, mais je m’amuse bien).

      Bref, j’irai voir le film et on verra. Mais je vais voir La Vie Moderne et Nightwatching avant.

    • Ce n’est pas parce qu’une oeuvre contient des superhéros qu’il y a des règles coulés dans le béton. A-t-on dit à Sergio Leone que les films de cowboys ne devrait pas se prendre au sérieux, à Coppola et Scorsese que les films de gangsters n’étaient que du divertissement? Le problème de Batman et Robin n’est pas que le film ne se prenait pas au sérieux, le problème c’est que c’était un mauvais film, tandit que le Batman avec Adam West était très réussi.

      Un cinéaste ou auteur qui voudrait utiliser des superhéros devrait avoir le droit de décider lui-même s’il veut créer un oeuvre sérieuse ou non sans se faire dire par d’autre qu’est-ce qu’il devrait faire. Malgré ce que vous pensez johnnythewolf, The Dark Knight assume pleinement son identité qui lui est propre, c’est-à-dire un divertissement sérieux. Que vous aimiez ou non est votre droit le plus strict, aussi strict que celui de Chris Nolan de faire le film qui lui plait!

    • Arrow a le point le plus valide, à mon humble avis. L’archétype du super-héros est omniprésent dans le comic parce qu’il est littéralement une des manifestations les plus anciennes de la littérature elle-même. Il représente un vecteur d’une richesse thématique inouïe permettant à l’auteur de se connecter aux plus vieilles légendes de l’histoire humaine selon une perspective moderne.
      Au delà du mercantilisme entourant le film de Watchmen, n’en déplaise au génie mystique qu’est Alan Moore, il y a le désir de perpétuer une des histoires les plus riches du 20ème siècle, rien de moins, dans un autre médium.
      Et oui, plusieurs allumés sont fascinés par ce sujet:

      http://7eantiquaire.blogspot.com/

    • “Malgré ce que vous pensez johnnythewolf, The Dark Knight assume pleinement son identité qui lui est propre, c’est-à-dire un divertissement sérieux. Que vous aimiez ou non est votre droit le plus strict, aussi strict que celui de Chris Nolan de faire le film qui lui plait!”

      Désolé, mais je trouve que c’est n’importe quoi. Je ne suis pas le seul à trouver absurde l’approche de Nolan. Sur ce blogue, même des fans du film ont abondé dans ce sens.

      Il faut lire Nolan parler en mal de personnages pourtant relativement réalistes comme Le Pingouin et Robin, simplement parce qu’il ne les trouve pas assez SÉRIEUX. Ce qu’il oublie, c’est qu’un riche frustré qui se déguise en chauve-souris et qui joue aux ninjas avec une longue cape (tellement pratique) et une voix de Rottweiler, c’est pas forcément très sérieux. Encore moins un psychopathe omnipotent qui se maquille en clown et qui passe son temps à raconter sa vie à ses ennemis.

      Comparé à Sam Raimi, qui aime Spiderman jusqu’à l’excès, Nolan, lui, semble être embarrassé par Batman, comme si sa présence était une condition fixée par les producteurs. Déjà, dans Batman Begins, ça prenait presque une heure pour que le film commence à ressembler vaguement à Batman. Là, dans TDK, le personnage est rendu tellement une sorte de sous-James Bond (Lucius Fox étant son Q) vêtu d’un costume inefficace et qui oeuvre dans un Gotham propre et peuplé de bons citoyens, à l’exception de quelques mafieux et du Joker. Pour citer ce dernier, why so serious?

      On est en droit de demander où est passé le “super” du mot “superhéros” dans de telles conditions.

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