Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Samedi 21 février 2009 | Mise en ligne à 21h00 | Commenter Commentaires (9)

    La question de Marc Cassivi

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    - The Reader est cité dans la catégorie du Meilleur film aux Oscars.

    «I Knew We Lost». Voilà la réaction qu’a eu Spike Lee lorsqu’il a appris que son magnifique
    4 Little Girls était confronté à The Long Way Home, un film sur l’Holocauste, dans la course
    pour l’Oscar du Meilleur documentaire. Sans surprise, sa prédiction s’est avérée juste.

    Ce n’est un secret pour personne, Hollywood, qui été fondé par des juifs américains de la seconde génération, a un faible pour tout ce qui a trait à l’Holocauste. Dans sa chronique de samedi, Marc Cassivi explore cet état des choses :

    Il est vrai que récemment, plusieurs longs métrages de fiction portant sur la Shoah, sans compter quantité de documentaires, ont été salués par la soirée strass et paillettes du cinéma américain. Schindler’s List de Steven Spielberg a reçu sept Oscars en 1994, La vie est belle de Roberto Benigni en a obtenu trois en 1999, comme Le pianiste de Roman Polanski en 2003. L’an dernier, Les faussaires de Stefan Ruzowitzky a remporté l’Oscar du meilleur film étranger.

    «Il faut le dire: la raison pour laquelle il y a tellement de films sur l’Holocauste est qu’ils sont des appâts pour obtenir des récompenses», a regretté récemment le rédacteur en chef adjoint du journal The Hollywood Reporter, Andrew Wallenstein, à la radio publique NPR, en déplorant «l’exploitation» cinématographique de cette tragédie.

    Exploite-t-on une tragédie lorsqu’elle nous inspire une grande oeuvre? Une question à méditer.

    En effet.

    ***

    La scène de l’émission Extras mentionnée dans la chronique :

    La scène, d’un humour noir, caustique et désarmant, m’a beaucoup
    fait rire. D’autant plus que par un détour comique du destin, Kate Winslet
    se retrouve en nomination aux Oscars, à peine trois ans après la diffusion
    dudit épisode, pour un rôle d’ancienne gardienne de camp de concentration,
    dans The Reader de Stephen Daldry.


    • C’est vrai, on ne peut pas le nier.

      Je crois cependant que ça ne serait pas un si grand problème si l’Holocauste n’était pas un sujet tenu encore aussi “chaud” par l’interminable barbarie Israël-Palestine. Je ne peux pas m’empêcher de voir dans toutes ces références à l’Holocauste un geste politique très… actuel. Est-ce que c’est un problème? Il me semble que quand le cinéma commence à trop ressembler à de la propagande, oui.

      Et puis, ça a un côté pernicieux. À force d’y faire référence, on crée un mythe autour d’événements bassement et salement humains. On rend les personnages “plus grands que nature” et on s’empêche ainsi, avec la répétition, d’y voir des gens un peu comme nous, au fond (comme Jonathan Littell l’a assez bien montré dans ses “Bienveillantes”).

      Après ça, il y a évidemment des bons et des mauvais films sur l’Holocauste, mais c’est un autre sujet.

    • On fait des films sur l’Holocauste pour s’attirer des récompenses ?

      Peut-être

      Allez faire un tour dans une bibliothèque et regardez le nombre de romans qui s’inspirent du sujet.

      Faites le même exercice dans une bibliothèque universitaire. J’ai étudié en histoire. Vous n’avez pas idée combien il y a d’historiens qui ont écrit et qui continuent d’écrire sur le nazisme, la Shoah et la Seconde Guerre mondiale. Par exemple, il existe de nombreuses biographies concernant tous les hauts dirigeants du IIIe Reich. Ministres, généraux, fonctionnaires, chefs SS, ils y sont tous.

      La vérité c’est que le nazisme et les horreurs qu’il a perpétrées fascinent plus que tout autre tragédie. Et le cinéma n’échappe pas à ce courant.

    • Merci Monsieur Siroka pour ce petit clip de The Extras… Savoureux!

    • Le problème n’est pas tant les “sujets payants” (et oui, cet épisode de The Extras est génial), que la question de la pertinence de primer “le meilleur film”, ou “le meilleur acteur”…
      Ca veut dire quoi exactement “le meilleur film”?
      Vous souvenez-vous qu’après que Woody Allen ait remporté une couple d’oscars pour Annie Hall, il n’en a plus jamais gagné pendant plusieurs années. Ses films étaient-ils devenus moins bon? Non. Simplement, comme il ne jouait pas “le jeu”, on l’a banni des oscars.
      Qu’est ce que cela avait à voir avec la qualité se ses films? Rien.

      La situation s’est quand même améliorée ces dernières années mais il rest que les oscars, comme les grammies et comme tout ce type de célébration, n’ont pas grand chose à voir avec la création cinématographique. Je ne crois pas qu’il s’agisse de snobisme simplement de voir les choses comme elles le sont.
      Sérieusement, a-t-on besoin de voir Kate Winslet recevoir un oscar pour savoir qu’elle est une bonne actrice?

    • Vivement un Ricky Gervais a la barre d’une émission de tv plutôt que dans des films très moyen.

    • Excellent le clip, juste pour ca, elle mérite de gagner ce soir. J’adore ca quand on mèle réalité et fiction, en passant, ce soir a Télé Québec le film Les acteurs,un bon film qui exploite le meme filon.

    • Two thumbs up pour l’extrait d’Extras: trop bon!

    • Oui, et alors? Il y a plein de film qui s’inspirent d’évènements ou tragédies de l’histoire. Polytechnique, Elephat Man, Elephant de Gus Van Sant, Saving Private Ryan, Monster, Dear Hunter, Full Metal Jacquet, Lawrence of Arabia, Changeling, Iwo Jima, The thin red line, etc, etc, etc. L’important est de trouver la bonne façon de traiter le sujet. Et si le film est rentable, quel est le problème? Y-a-t-il quelqu’un sur cette planète qui réalise quelque chose en espérant perdre de l’argent?

    • Le problème de revenir sans cesse sur l’holocauste c’est qu’il y en a encore des tragédies de guerres et de haine de nos jours qui mériteraient davantage d’être dénoncés. Plusieur villes d’amérique centrales et du sud ont connu 500 000 meurtres en 5 ans à cause des problèmes de mafia, gangs et atres. C’est pas du génocide. cela? Les conditions de vie en Arabie Saoudite, qui va oser en parler?? Combien de gens dans ce monde sont musulmans car ils n’ont pas le choix? Si il a des sujets favoris à Hollywood, cela ne fera que discréditer leurs choix face à l’histoire. Il est clair que depuis quelques temps ces choix se heurtent à la fois contre les choix populaires (blockbusters) et les choix fait dans le milieu plus intellectuel des festivals et cercles de critique. Aux Oscars, les remises qui créent le plus d’émoi sont les trophées pour l’actresse et l’acteur. 5 présenteurs, tous les gens se lèvent dans la salle, etc.. C’est frappant de superficialité. Et tout ce fla-fla à propos des robes, ça craint. C’est de l’égo mal déguisé. Ce n’est vraiment pas sérieux.

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