Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Jeudi 23 octobre 2008 | Mise en ligne à 7h30 | Commenter Commentaires (6)

    W. ne nous apprend rien. Et alors?

    w

    Je suis allé voir W. avec en tête un passage de la chronique de Marc Cassivi :

    W. n’est pas tant une oeuvre cinématographique qu’une démonstration, lourde, empesée, laborieuse, des ratés de la présidence Bush fils. Pour peu qu’on s’intéresse à la politique américaine, on n’y apprend rien ou presque.

    Je ne suis pas certain si cette dernière partie est un reproche ou une simple constatation, il reste que cette notion d’apprentissage me laisse perplexe. J’ai depuis lu de nombreuses critiques de W., tant les positives que les négatives, pour y retrouver toutes les variantes possibles du «on n’y apprend rien ou presque».

    Quand je vais au cinéma, je ne recherche pas la même expérience que lorsque je lis le New Yorker ou que je regarde Bill Moyers. J’y vais plutôt avec l’attente d’être ému, surpris, séduit. Pas pour être instruit. Pour cela, je préfère faire un tour à la bibliothèque.

    L’idée qu’un film soit considéré comme une source valable d’enseignement est à la limite inquiétante. Surtout lorsqu’on parle d’un film d’Oliver Stone!

    Pour revenir à W., il s’agit sans doute du film le plus léger, retenu et simple que Stone ait jamais fait. Le ton du film, tantôt satirique, tantôt mélodramatique, contraste énormément avec la gravité des actions de George W. Bush, qu’on associe invariablement à tous les maux de la planète.

    L’approche de Stone est judicieuse. Après huit années de misère, il sait que le public n’est pas disposé à voir sur grand écran une exploration pessimiste et approfondie de leur actuel président. Contrairement à ses épiques politiques JFK (1991) et Nixon (1995), W. est une oeuvre mineure, une oeuvre qui s’assume comme telle.

    Privé de perspective historique, Stone raconte sobrement le récit classique d’un fils obsédé par le besoin de se prouver à son père. W. est avant tout un film de moeurs. Mis à part George Jr. (Josh Brolin), les personnages les plus développés sont issus de la famille Bush; le père (James Cromwell), la mère (Ellen Burstyn) et la femme (Elizabeth Banks). On pourrait aussi y inclure Karl Rove (Toby Jones), surnommé Bush’s Brain, le plus fidèle allié du président. Les membres du cabinet de guerre, qui pourraient chacun faire l’objet d’un long métrage, font quant à eux de brèves apparitions. Ils n’existent qu’à travers le regard de Bush et contribuent, par extension, à souligner les diverses facettes de sa personnalité.

    Passionné de mythologie grecque, Stone a réalisé une sorte de tragi-comédie de chambre. L’action se déroule pour l’essentiel derrière des portes closes. Un peu à la manière de La chute, le controversé film allemand sur les derniers jours de Hitler. W. se montre cependant bien moins ambitieux. Stone considère que le temps n’est pas venu pour réfléchir sur la pleine signification du 43e président. À travers ce portrait impressionniste, il initie plutôt une tentative de réconciliation avec le douloureux passé immédiat de sa nation.

    W. ne passera certainement pas à l’histoire. On peut même argumenter qu’il ne s’agit pas d’un très bon film. Je le vois davantage comme un prologue ou une esquisse qui annonce le Grand Film sur George W. Bush. Qui sait, peut-être sera-t-il réalisé par Oliver Stone lui-même?


    • “L’idée qu’un film soit considéré comme une source valable d’enseignement est à la limite inquiétante. Surtout lorsqu’on parle d’un film d’Oliver Stone!”

      Le problème, c’est que Stone, lui, a toujours eu cette prétention-là, justement. Il suffit de l’avoir entendu déblatérer sur les thèse conspirationnistes qu’il illustre dans JFK.

      Et j’ai toujours trouvé cette façon de faire du film “historique” extrêment dangereuse.

    • Comme la majorite des films de Stone, ou il donne sa vision ce qui n’est pas mal en soit, mais qui souvent est errone, ex: the Doors , JFK

    • Un bon divertissement et un grande performance d’acteur de la part de Brolin. Personnellement, je considère que j’en ai eu pour mon agent. Case close.

    • Oliver Stone a le mérite d’exposer son point de vue, de se commettre. Ça se tient ! Mais comment faire un grand film avec un pareil «abruti»?

      J’aurais pris l’angle de la métaphore. Il tripe sur la Bible. Justement, dans la Bible, il est dit de ne pas jeter ses perles aux cochons. W est un cochon qui a piétiné, voire mutilé les valeurs américaines, ce qui expliquerait la récente crise financière. Les Américains dans leur obsession ou prétention, cest selon, à se voir comme un pays modèle, se sont perdus à vouloir se montrer plus fins qu’ils ne le sont.

      W, c’est le modèle de la société américaine des sitcoms de l’époque de Dallas. C’est le fils à papa qui veut venger son père et qui envahit l’Irak, sans tenir compte des changements profonds qui ont bouleversé cette société, qui a fait l’envie de toute une génération d’après-guerre.

      Quand un Noir est on ne peut plus près du pouvoir, alors qu’il y a trente ou quarante ans, cela aurait été impossible, c’est un signe que la société américaine a changé, mais aussi qu’elle s’est perdue, parce que W a défoncé le mur porteur de la maison, convaincu que de laisser monter le prix du baril de pétrole, était la solution, alors qu’elle n’est que sa vision très étroite de son monde de producteurs de pétrole texans.

      Il n’a aucune capacité de se regénérer, pas plus que le peuple américain qui fait face à la menace asiatique. Si les Chinois prennaient le dessus… W est pour moi le reflet d’une société qui comme les Russes autrefois, avait un modèle qui a fait ses preuves, mais aussi son temps.

      In God We Trust est la devise de ce peuple dont W croyait naïvement être le digne représentant, alors que ce peuple catastrophé par les événements du 11 septembre 2001, s’est mis à douter de l’estime que lui portait le monde entier. Pas toujours aux mêmes de tout avoir !

    • Même les documentaires ne sont pas toujours aussi instructifs qu’on levoudrait. C’est une source parmi d’autres.

      Je ne connais pas l’histoire de le jeunesse de Dubya. J’irai peut-être voir W.

    • >films de Stone, ou il donne sa vision ce qui n’est pas mal en soit, mais qui souvent est errone, ex: the Doors

      Euh… le film The Doors se base sur la biographie de Hopkins et Sugerman, No one here gets out alive.

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