Jozef Siroka

Archive, octobre 2008

Mardi 28 octobre 2008 | Mise en ligne à 18h00 | Commenter Commentaires (62)

Les magiciens de la caméra

Martin Scorsese

Martin Scorsese

Tout blogue de cinéma qui se respecte se doit de présenter un jour sa liste des meilleurs plans-séquence de l’histoire (définition WikiPedia: «Un plan-séquence est une séquence filmée en un seul plan, et restituée telle quelle dans le film final, c’est-à-dire sans montage ou interruption de point de vue».) J’ai cru bon de soumettre ce post «à longue consommation» en ce moment, alors que Plan d’ensemble prend quelques semaines de congé.
Lire le reste de cet article »

Lire les commentaires (62)  |  Commenter cet article






Dimanche 26 octobre 2008 | Mise en ligne à 15h10 | Commenter Commentaires (5)

Le goût des candidats

VivaZapataPoster-774574

Lors d’un de ses récents discours de campagne, Sarah Palin a accusé la présentatrice Katie Couric de l’avoir mal fait paraître dans son infâme entrevue à CBS. «J’ai été agacée par ses questions qui n’avaient rien à voir avec la sécurité nationale» a déclaré la colistière de John McCain. «Mais il y a une réponse que j’ai donnée dont tout le monde pourrait approuver, qui démontre où se situe mon coeur, elle m’a demandé la question pertinente: Quel est mon film préféré? Et j’ai dit Hoosiers

Drame sportif mettant en vedette Gene Hackman, Hoosiers (1986) raconte l’histoire vraie d’une équipe de basketball d’une région rurale de l’Indiana qui se rend jusqu’en finale des championnats nationaux en 1954. La route vers le succès est assurée par un entraîneur au passé louche et par l’ivrogne du village. Le tagline du film est : «Ils avaient besoin d’une deuxième chance pour finir premiers». Les parallèles avec la campagne McCain-Palin sont assez intéressants, surtout si on considère les rumeurs que Palin pense déjà à se présenter pour les élections de 2012. Si seulement Couric avait demandé d’élaborer sur cette question.

Selon Roger Ebert, la réponse à la question «Quel est votre film préféré?» en dit bien plus sur la personne qu’on ne voudrait le croire. Dans un billet publié le mois dernier, il analyse les goûts cinématographiques des candidats à la présidence des États-Unis. Citant une entrevue de Entertainment Weekly avec John McCain, Ebert semble franchement impressionné par les connaissances du sénateur républicain. Il qualifie d’ailleurs les choix d’Obama de «raisonnables», une caractéristique maintes fois associée au prétendant démocrate.

La liste de John McCain

- Viva Zapata!
- Letters From Iwo Jima
- Some Like It Hot

La liste de Barack Obama

- Casablanca
- Godfather I et II
- Lawrence of Arabia
- One Flew Over the Cuckoo’s Nest

(Ah oui, et Bush c’est Field of Dreams. Pas de surprise de ce côté-là)

Conclusion, chacun des films en haut de liste présentent des héros anti-conformistes (maverick). Une image que les candidats se doivent de générer s’ils veulent remporter la Maison-Blanche en ces temps de désillusion politique. Une image que McCain semble avoir beaucoup de misère à vendre.

Hollywood à l’attaque

L’équipe républicaine étant à cours d’idées dans ses attaques anti-Obama, elle a demandé à des réalisateurs de renom de produire des publicités négatives pour aider leur campagne. Voici les spots de John Woo, Kevin Smith et Wes Anderson (mon préféré).

Lire les commentaires (5)  |  Commenter cet article






Jeudi 23 octobre 2008 | Mise en ligne à 7h30 | Commenter Commentaires (6)

W. ne nous apprend rien. Et alors?

w

Je suis allé voir W. avec en tête un passage de la chronique de Marc Cassivi :

W. n’est pas tant une oeuvre cinématographique qu’une démonstration, lourde, empesée, laborieuse, des ratés de la présidence Bush fils. Pour peu qu’on s’intéresse à la politique américaine, on n’y apprend rien ou presque.

Je ne suis pas certain si cette dernière partie est un reproche ou une simple constatation, il reste que cette notion d’apprentissage me laisse perplexe. J’ai depuis lu de nombreuses critiques de W., tant les positives que les négatives, pour y retrouver toutes les variantes possibles du «on n’y apprend rien ou presque».

Quand je vais au cinéma, je ne recherche pas la même expérience que lorsque je lis le New Yorker ou que je regarde Bill Moyers. J’y vais plutôt avec l’attente d’être ému, surpris, séduit. Pas pour être instruit. Pour cela, je préfère faire un tour à la bibliothèque.

L’idée qu’un film soit considéré comme une source valable d’enseignement est à la limite inquiétante. Surtout lorsqu’on parle d’un film d’Oliver Stone!

Pour revenir à W., il s’agit sans doute du film le plus léger, retenu et simple que Stone ait jamais fait. Le ton du film, tantôt satirique, tantôt mélodramatique, contraste énormément avec la gravité des actions de George W. Bush, qu’on associe invariablement à tous les maux de la planète.

L’approche de Stone est judicieuse. Après huit années de misère, il sait que le public n’est pas disposé à voir sur grand écran une exploration pessimiste et approfondie de leur actuel président. Contrairement à ses épiques politiques JFK (1991) et Nixon (1995), W. est une oeuvre mineure, une oeuvre qui s’assume comme telle.

Privé de perspective historique, Stone raconte sobrement le récit classique d’un fils obsédé par le besoin de se prouver à son père. W. est avant tout un film de moeurs. Mis à part George Jr. (Josh Brolin), les personnages les plus développés sont issus de la famille Bush; le père (James Cromwell), la mère (Ellen Burstyn) et la femme (Elizabeth Banks). On pourrait aussi y inclure Karl Rove (Toby Jones), surnommé Bush’s Brain, le plus fidèle allié du président. Les membres du cabinet de guerre, qui pourraient chacun faire l’objet d’un long métrage, font quant à eux de brèves apparitions. Ils n’existent qu’à travers le regard de Bush et contribuent, par extension, à souligner les diverses facettes de sa personnalité.

Passionné de mythologie grecque, Stone a réalisé une sorte de tragi-comédie de chambre. L’action se déroule pour l’essentiel derrière des portes closes. Un peu à la manière de La chute, le controversé film allemand sur les derniers jours de Hitler. W. se montre cependant bien moins ambitieux. Stone considère que le temps n’est pas venu pour réfléchir sur la pleine signification du 43e président. À travers ce portrait impressionniste, il initie plutôt une tentative de réconciliation avec le douloureux passé immédiat de sa nation.

W. ne passera certainement pas à l’histoire. On peut même argumenter qu’il ne s’agit pas d’un très bon film. Je le vois davantage comme un prologue ou une esquisse qui annonce le Grand Film sur George W. Bush. Qui sait, peut-être sera-t-il réalisé par Oliver Stone lui-même?

Lire les commentaires (6)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • publicité

  • Calendrier

    octobre 2014
    L Ma Me J V S D
    « sept    
     12345
    6789101112
    13141516171819
    20212223242526
    2728293031  
  • Archives

  • publicité