Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mardi 30 septembre 2008 | Mise en ligne à 17h20 | Commenter Commentaires (7)

    Che et la volonté de Soderbergh

    soder

    Après sa première mondiale à Cannes et sa première nord-américaine à Toronto, Che (la version de 4 heures) a été projeté au Festival du Film de New York, lundi. En conférence de presse, Steven Soderbergh rappelle qu’il n’a pas exactement sauté a pieds joints dans le projet au départ : «Parfois on dit oui, mais on n’est pas certain pourquoi [...] je me suis embarqué dans le projet davantage avec l’idée de ce que je ne voulais pas faire que de ce que je voulais faire».

    La genèse de Che se situe aux environs de 1999 sur le plateau de tournage de Traffic, alors que Soderbergh, Benicio Del Toro et la productrice Laura Bickford parlent d’un film sur le révolutionnaire argentin. Au gré de leurs recherches, ils apprennent que Terrence Malick a travaillé comme reporter en Bolivie en 1966 et l’engagent comme scénariste. Ce dernier démontre tellement de passion que Soderbergh songe à le laisser réaliser le film. Finalement, les finances n’étant pas au point, Malick part tourner The New World et le scénario, qui ne traitait que de la campagne de 1966-67 en Bolivie, est à repenser.

    Dans l’excellent reportage de Film Comment signé Amy Taubin, les propos ambivalents de Soderbergh présagent ceux de sa conférence de presse de lundi : «C’était un projet auquel je ne pouvais dire non, ce qui est différent de dire oui. Je ne peux pas dire que je voulais le faire. Tout ce que je sais c’est que je devais le faire».

    deltoro.jpgCette curieuse approche, qui semble davantage répondre d’une impulsion professionnelle que d’un désir émotionnel, explique peut-être le traitement froid du protagoniste, tel que rapporté par bien des critiques. Malgré la performance remarquable de Del Toro, disent-ils, on n’apprend pas grand chose sur son personnage et, pire, on ne s’y attache pas.

    Selon Taubin, ce genre de reproches oublient de prendre en compte la vision artistique plus large de Soderbergh, un réalisateur qui se nourrit de contradictions. Sa méthode, croit-elle, sera encore plus saisissante lorsque le film sera divisé en deux :

    Le principe structurel sous-jacent à ses films est la contradiction, pas dans le sens Marxiste du terme, mais comme une esthétique dont l’objet est défini par ce qu’il n’est pas. La contradiction ne détermine pas seulement la forme de ses films individuels mais également la relation entre ceux-ci. [...] Ce que Soderbergh nomme la relation «appel et réponse» entre The Argentine et Guerilla est intrinsèque à leur forme et à leur signification.

    Soderbergh lui-même semble avoir saisi le sens de son entreprise sur le tard :

    Ce n’est qu’après avoir terminé les films, autour de Cannes, que j’ai réalisé… c’était sur l’engagement versus le désengagement. À chaque jour de nos vies, nous prenons des décisions. Voulons-nous participer, ou voulons-nous observer? Et j’ai réalisé que ce qui m’était irrésistible au sujet du Che est que lorsqu’il a décidé de s’engager, il s’est engagé pleinement.

    Tout cela peut sembler bien théorique autour de ce qui est essentiellement un (deux) film d’action. Enfin, on a bien hâte de voir le résultat : The Argentine risque de prendre l’affiche sur nos écrans fin 2008, début 2009.

    Le mot de la fin à Mme Taubin :

    En conférence de presse à Cannes, Soderbergh faisait remarquer que ce qui le fascinait le plus au sujet du militant latino-américain était sa volonté. [...] Malgré le fait qu’une révolution, comme Mao le réprimandait, «n’est pas une fête conviviale, ni un essai, ni une peinture» [...], la volonté de Soderbergh – façonner tous les aspects du projet, de sa conception à sa diffusion – est palpable dans Che, un film qui le range parmi les maîtres.

    ***


    • Quel est le seul point commun entre Che-le-trotskyste et Hollywood-la-capitaliste?

      Il y en a un, de taille: les 2 systèmes veulent imposer leur idéologie sur la planète entière, par la force des armes s’il le faut.

      Pour le reste, quelle bouffonerie! J’imagine déjà les figurines du Che offertes à l’achat d’un pop-corn size extra-obèse à l’entrée du ciné.

      Vous inquiétez pas! Les T-Shirts Nike avec la face du Che fabriqués par des esclaves ‘communistes’ chinois sont déjà en vente près de chez vous à 25$! C’est Staline qui doit rigoler…

      Pour couronner le tout, Soderbergh (dont j’apprécie par ailleurs les films) se fend d’une petite pensée molle qui restera gravée dans les grands livres d’histoire:
      “ce qui me fascinait le plus au sujet du militant latino-américain était sa volonté”

      Sa volonté? Traduction: le désir de dépassement américain. Un exemple. Pour Steven, le Che aurait été trader à Wall Street s’il avait été ‘du bon côté’ des bombes ‘intelligentes’ ;-)

      Le Che et Michael Phelps, même combat? Please…

      Je vois déjà quelques cerveaux lobotomisés trempant la figurine

      Finalement, le système

    • @germanicus

      Je trouve ce genre d’argument pour attaquer le Che tellement ridicule.

      Comme si c’était lui qui avait crée tout ça et qu’il en tirait profit !

      Je ne vois pas en quoi le fait que les capitalistes utilisent le Che pour faire de l’argent le discrédite. Je trouve ridicule de blâmer quelqu’un pour quelque chose qui se passe après sa mort et sur laquelle il n’as aucun contrôle et qu’il aurais condamné s’il était vivant !

      Qui abuse de son image pour faire du fric ? Les capitalistes, ben soyez logique et blâmez les capitalistes et non le Che !

      Au sujet de sa volonté, je pense que vous n’avez rien compris: “lorsqu’il a décidé de s’engager, il s’est engagé pleinement.” On parle d’un médecin bourgeois qui as tout laissé tomber pour risquer sa vie au nom d’une cause.

      Rien à voir avec le dépassement à l’américaine comme vous dites.

    • Oublions l analyse artistique de cet article pour creer plus de confusion sur la realite et dans les esprits des personnes qui n aiment pas lire l histoire du ” Che “. et celle des evenements sociaux depuis Adam et Eve….. Pourquoi le ” Che ” maintenant en 2008. Le capitalisme est dans la kakafouilla. Il recherche une porte de sortie. Les medias capitalistes se rendent compte que leur propaganda pro capitalisme et contre le socialisme a perdu de son efficacite. Les peuples de plus en plus instruits voient plus claire lakakafouilla creee par le systeme capitaliste. Le controle prochain de l espace par les chinois…On les prenait pour des incompetents dans le domaine de la high tech…On vient de realiser les que les capitalistes n ont plus la superiorite en High Tech…! 20% de la population de la planete vit dans l abondance et 80% du reste de la planete a de la difficulte a survivre. Le capitalisme veut garder le statut quo alors on fait appel a la peur…le socialisme ou le communisme…faire peur aux peuples sois disant democratique….la democratie capitaliste a l americaine…Si on veut se presenter aux elections…Mccain et Obama…faut depenser presque un milliard de $$ Pas d argent …? Peut pas etre candidat….Je ne veux pas elabore sur tous les cotes nefastes du system capitaliste neo liberal de ces derneiers annees…100.000 malades qui meurent chaque annee en amerique du nord car pas d argent pour acheter les medicaments…A Montreal les meres monoparentales qui font la queue l hiver avec – 40 degres pous aller chercher de la bouffe dans les eglises et les centres de distribution…Tousles ingredients pour une revolte sont en place dans ce systeme capitaliste…alors faut faire peur…Voyez le ” Che ” un loser…un perdant….Alors faites nous confiance et surtout et faites confiance a wall Street…

    • tu sais karlmarx,,,,a montreal il y a aussi des gens qui font la queue l’hiver à moins quarante, et en plus pas de manteau sur le dos, pour entrer dans un bar …… le capitalisme a ses point faibles, le socialisme aussi.. alors pour la propagande… on repassera…

    • Pourquoi les liens de Mr.Jozef sont-ils toujours ou souvent vers des sitesAnglo?

    • Étant donné que je couvre surtout le cinéma américain, les infos pertinentes sont presque exclusivement en Anglais, un peu comme dans le cas de M. Hétu. (Je m’efforce souvent de traduire des passages assez consistants, cependant).

      Je garde un oeil sur les sites francophones (Figaro, Libé, Inrocks), mais leurs sujets m’intéressent moins souvent et sont rarement d’actualité.

    • Lorsque vous nous envoyez des liens de films.Pourquoi ne pas nous dirigé sur Wikipédia ?

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