
Les affiches de films telles qu’on les connaît remplissent généralement des fonctions utilitaires, reflétant l’esprit corporatiste dans lequel baigne l’industrie du cinéma. L’affiche sert essentiellement à vendre le film. Le concept est très simple et varie rarement : les acteurs occupent la majorité de l’espace, l’échelle des plans de leur visage correspondant à leur degré
de célébrité. Le tout est accompagné d’un tagline accrocheur et, parfois, d’un bref extrait critique élogieux (provenant de médias plus ou moins fiables, dépendamment de la qualité du film).
À l’autre extrémité du spectre se trouve l’affiche en tant qu’oeuvre d’art autonome. Dans les pays d’Europe de l’Est, et plus particulièrement en Pologne, il s’agit d’une tradition qui se poursuit avec passion. L’esthétisme de ces affiches souvent abstraites et sinistres trouve son origine dans le courant subversif de l’époque communiste. Aujourd’hui, le climat politique est bien différent. Si le régime soviétique est mort, l’art dont il a été la principale source d’inspiration est quant à lui toujours bien vivant.
À titre d’exemple, consultez cette fascinante série d’affiches polonaises.
Mise à jour : Plus (beaucoup plus) d’affiches ici.
- Merci à Patrick pour le tuyau










lavoial
17 septembre 2008
20h14
Pour la très grande majorité des affiches, renversé de tant de beauté et d’autant d’originalité, sans parler de ”l’esprit ‘ du film parfaitement restitué.
le_gaucher
17 septembre 2008
20h20
Wow! C’est drôlement plus inspirant que les affiches de films d’ici… Surtout qu’ici, elles sont censurées lorsqu’elles dépassent les «limites» (voir l’un des billets précédents de M. Siroka).
Par contre, quelque chose me chicotte… Je peux bien accepter que Raging Bull ou Apocalypse Now inspire suffisamment un artiste pour lui permettre d’accoucher d’une affiche originale et éclatée, mais comment Weekend at Bernie’s peut-il avoir le même effet? Non mais, Weekend at Bernie’s? Peut-être que ce film est devenu un grand classique en Pologne alors que nous, les Nord-Américains, n’avons pas su comprendre son message profond, ne voyant dans ce film que deux nigauds qui traînent un cadavre avec des lunettes de soleil en faisant croire à tout le monde qu’il est vivant…
petitepeste
17 septembre 2008
21h57
C’est du grand art ! Bravo !
personafilms
18 septembre 2008
00h37
Excellent point. Je suis un des rares collectionneurs d’affiche à Montréal. Je possède certaine très raes polonaises des enfants du paradis, une danoise de Jour de colère, Et des visconti italienne etc… Je ne comprends pas à quel point les affiches peuvent être moches ici, aux usa et maintenant en france. Probablement que ça suit la tendance du cinéma contemporain. Qui sait? Mais à noté qu’aux années soixantes au québec c’était assez intéressant (Il ne faut pas mourir pour ça, À tout prendre etc.)
simonon
18 septembre 2008
05h08
La “fascinante série” est intéressante mais il faut noter la scandaleuse absence d’artistes incontournables tels Lenica et Cieslewicz.
Une galerie à Montréal, la Galerie Malbork (dans le Vieux Montréal), propose un éventail intéressant d’affiches polonaises originales, notamment une très judicieuse sélection d’affiches très récentes, illustrant parfaitement le renouveau de l’art de l’affiche en Pologne.
simonon
18 septembre 2008
05h12
Personafilm
Les producteurs imposent leurs propres designs, jugés commercialement plus efficaces (pour nous, c’est une tragédie évidemment!). Les chef-d’oeuvre des artistes affichistes ont été jugés trop abstraits, commercialement, c’est-à-dire pas assez vendeurs. Même en Pologne, les producteurs ont failli compromettre cette admirable spécificité (le génie des affichistes polonais) mais ces derniers ont diversifié leurs objets. L’affiche, dans l’ensemble, se porte trè bien en Pologne. Autant que je sache, mieux que n’importe où ailleurs.
Kewl
18 septembre 2008
16h00
C’est quand même curieux de vendre le punch de Planet of the Apes sur l’affiche polonaise…
rogersoda
29 septembre 2008
16h01
Vraiment beau.
J’aime tout particulièrement celle de Stroszek.
Il n’est pas trop tard pour importer cet art ici. Il en suffirait d’un pour partir le bal…